Cet article issu du Centre interdisciplinaire des urgences du CHU de Lausanne
commente les recommandations que la PHTF (Public Health Task Force) américaine
a établies à partir d'une revue systématique de la littérature
:
- Les preuves sont suffisantes pour recommander dans les services d'urgence
l'aide au sevrage tabagique, les dépistages de l'abus d'alcool, de l'infection
par VIH et de l'hypertension artérielle, la vaccination contre le pneumocoque
chez les plus de 65 ans.
- La PHTF ne peut se prononcer pour ou contre le dépistage du risque
de chute chez les personnes âgées ou le dépistage du cancer
du col par frottis chez les femmes sexuellement actives.
- Les preuves sont insuffisantes pour recommander le dépistage de la
dépression, de la maltraitance des enfants, de la violence domestique.
- Le dépistage du diabète n'est pas recommandé.
Les auteurs soulignent que les services d'urgence hospitaliers sont des lieux
privilégiés pour mettre en uvre des activités préventives
du fait qu'ils s'adressent à des personnes à risque, notamment
dans la population la plus vulnérable, à un moment où elles
sont particulièrement réceptives (« teachable ») à
la prise de conscience d'un risque lié au comportement. Ils rapportent
diverses études montrant que ces patients semblent clairement comprendre
les messages de prévention qui leur sont ainsi adressés, et qu'il
s'agit d'une réelle demande. Ils concluent que la limite principale de
cette demande de « non urgent » vient du manque de ressources et de
temps des centres d'urgence, identique aux USA et en Europe.
Guessous J, Cornuz J, Hugli OW, Yersin B. Les urgences : une opportunité
d'accès à des interventions préventives en partenariat
avec les médecins de premier recours ? Rev Med Suisse. 2006;2:1854-8.
Les questions que se pose la rédaction
- Article « surprenant » : le titre des médecins du centre
des urgences de Lausanne laissait supposer en toute logique qu'il devait s'établir
une « connivence » entre médecine d'urgence et médecine
de soins primaires, puisqu'il s'agit bien ici de soins non urgents arrivés
« au hasard » dans un service hospitalier...
- Mais les auteurs échappent eux-mêmes à leur propre logique,
en demandant en fait des moyens supplémentaires pour faire face à
ces « non-urgences ».
- Faut-il vraiment tout faire pour que chaque urgence ressentie arrive à
l'hôpital ou tenter d'améliorer en amont une situation déjà
confuse et coûteuse ?
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