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Quelles sont les interventions préventives recommandées dans les services d'urgences ?


Publiée dans la revue : Médecine. Octobre 2006. Volume 2Numéro 8,

Auteur(s) : Jean-Pierre Vallée

Cet article issu du Centre interdisciplinaire des urgences du CHU de Lausanne commente les recommandations que la PHTF (Public Health Task Force) américaine a établies à partir d'une revue systématique de la littérature :

- Les preuves sont suffisantes pour recommander dans les services d'urgence l'aide au sevrage tabagique, les dépistages de l'abus d'alcool, de l'infection par VIH et de l'hypertension artérielle, la vaccination contre le pneumocoque chez les plus de 65 ans.

- La PHTF ne peut se prononcer pour ou contre le dépistage du risque de chute chez les personnes âgées ou le dépistage du cancer du col par frottis chez les femmes sexuellement actives.

- Les preuves sont insuffisantes pour recommander le dépistage de la dépression, de la maltraitance des enfants, de la violence domestique.

- Le dépistage du diabète n'est pas recommandé.

Les auteurs soulignent que les services d'urgence hospitaliers sont des lieux privilégiés pour mettre en œuvre des activités préventives du fait qu'ils s'adressent à des personnes à risque, notamment dans la population la plus vulnérable, à un moment où elles sont particulièrement réceptives (« teachable ») à la prise de conscience d'un risque lié au comportement. Ils rapportent diverses études montrant que ces patients semblent clairement comprendre les messages de prévention qui leur sont ainsi adressés, et qu'il s'agit d'une réelle demande. Ils concluent que la limite principale de cette demande de « non urgent » vient du manque de ressources et de temps des centres d'urgence, identique aux USA et en Europe.

 


Guessous J, Cornuz J, Hugli OW, Yersin B. Les urgences : une opportunité d'accès à des interventions préventives en partenariat avec les médecins de premier recours ? Rev Med Suisse. 2006;2:1854-8.

Les questions que se pose la rédaction

- Article « surprenant » : le titre des médecins du centre des urgences de Lausanne laissait supposer en toute logique qu'il devait s'établir une « connivence » entre médecine d'urgence et médecine de soins primaires, puisqu'il s'agit bien ici de soins non urgents arrivés « au hasard » dans un service hospitalier...

- Mais les auteurs échappent eux-mêmes à leur propre logique, en demandant en fait des moyens supplémentaires pour faire face à ces « non-urgences ».

- Faut-il vraiment tout faire pour que chaque urgence ressentie arrive à l'hôpital ou tenter d'améliorer en amont une situation déjà confuse et coûteuse ?

 


 

 

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