La relation entre taux d'hormone thyréotrope sans manifestation clinique
patente et risque cardiovasculaire a été observée dans
une étude prospective de cohorte, la Cardiovascular Health Study : 3
233 sujets âgés de 65 ans et plus pour lesquels le taux de base
d'hormone thyréotrope était connu ont été inclus
en 1989-1990. Leur statut cardiovasculaire (apparition d'une fibrillation auriculaire,
maladie coronarienne, pathologie cérébrovasculaire) ainsi que
la mortalité toutes causes confondues ont été étudiées
jusqu'en juin 2002 et reliées à leur fonction thyroïdienne
pour laquelle 4 situations ont été considérées :
euthyroïdie (82 %), hyperthyroïdie infraclinique (1,5 %), hypothyroïdie
infraclinique (15 %), hypothyroïdie cliniquement manifeste (1,6 %).
Après exclusion des patients avec fibrillation auriculaire préalable,
l'incidence de la fibrillation auriculaire est plus élevée chez
ceux avec hyperthyroïdie infraclinique que chez ceux à fonction
thyroïdienne normale (67 événements pour 1 000 personnes
années versus 31). Aucune différence n'a été constatée
entre sujets avec hyperthyroïdie infraclinique et euthyroïdiens concernant
les coronaropathies, les pathologies cérébrovasculaires, la mortalité
cardiovasculaire ou la mortalité globale. De même, il n'a pas été
constaté de différence concernant la survenue d'événements
cardiovasculaires ou la mortalité entre sujets ayant une hypothyroïdie
qu'elle soit infraclinique ou patente et sujets euthyroïdiens. Il apparaît
donc qu'en dehors de la relation hyperthyroïdie infraclinique et fibrillation
auriculaire, il n'y a pas de lien entre dysthyroïdie (hyper- ou hypo-)
infraclinique et d'autres anomalies cardiovasculaires ou la mortalité.
Cappola A et al. Thyroïd status, cardiovascular risk, and mortality
in older adults. JAMA. 2006;295:1033-41.
Les questions que se pose la rédaction
- Les dysthyroïdies infracliniques sont fréquentes chez le sujet
d'âge moyen et au-delà. Cependant, la relation souvent suggérée
entre statut thyroïdien et pathologie cardiovasculaire est très
imprécise du fait de nombreux facteurs confondants.
- Aucun essai clinique n'a pu montrer que la correction des anomalies thyroïdiennes
améliorait le pronostic cardiovasculaire.
- Les données de la Cardiovascular Health Study suggèrent seulement
l'association entre fibrillation auriculaire et dysthyroïdie infraclinique.
Faut-il pour autant traiter ?
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