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Statut thyroïdien et morbimortalité du sujet âgé


Publiée dans la revue : Médecine. Septembre 2006. Volume 2Numéro 7,

Auteur(s) : Daniel Letonturier

La relation entre taux d'hormone thyréotrope sans manifestation clinique patente et risque cardiovasculaire a été observée dans une étude prospective de cohorte, la Cardiovascular Health Study : 3 233 sujets âgés de 65 ans et plus pour lesquels le taux de base d'hormone thyréotrope était connu ont été inclus en 1989-1990. Leur statut cardiovasculaire (apparition d'une fibrillation auriculaire, maladie coronarienne, pathologie cérébrovasculaire) ainsi que la mortalité toutes causes confondues ont été étudiées jusqu'en juin 2002 et reliées à leur fonction thyroïdienne pour laquelle 4 situations ont été considérées : euthyroïdie (82 %), hyperthyroïdie infraclinique (1,5 %), hypothyroïdie infraclinique (15 %), hypothyroïdie cliniquement manifeste (1,6 %).

Après exclusion des patients avec fibrillation auriculaire préalable, l'incidence de la fibrillation auriculaire est plus élevée chez ceux avec hyperthyroïdie infraclinique que chez ceux à fonction thyroïdienne normale (67 événements pour 1 000 personnes années versus 31). Aucune différence n'a été constatée entre sujets avec hyperthyroïdie infraclinique et euthyroïdiens concernant les coronaropathies, les pathologies cérébrovasculaires, la mortalité cardiovasculaire ou la mortalité globale. De même, il n'a pas été constaté de différence concernant la survenue d'événements cardiovasculaires ou la mortalité entre sujets ayant une hypothyroïdie qu'elle soit infraclinique ou patente et sujets euthyroïdiens. Il apparaît donc qu'en dehors de la relation hyperthyroïdie infraclinique et fibrillation auriculaire, il n'y a pas de lien entre dysthyroïdie (hyper- ou hypo-) infraclinique et d'autres anomalies cardiovasculaires ou la mortalité.

 


Cappola A et al. Thyroïd status, cardiovascular risk, and mortality in older adults. JAMA. 2006;295:1033-41.

Les questions que se pose la rédaction

- Les dysthyroïdies infracliniques sont fréquentes chez le sujet d'âge moyen et au-delà. Cependant, la relation souvent suggérée entre statut thyroïdien et pathologie cardiovasculaire est très imprécise du fait de nombreux facteurs confondants.

- Aucun essai clinique n'a pu montrer que la correction des anomalies thyroïdiennes améliorait le pronostic cardiovasculaire.

- Les données de la Cardiovascular Health Study suggèrent seulement l'association entre fibrillation auriculaire et dysthyroïdie infraclinique. Faut-il pour autant traiter ?

 


 

 

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