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Des céphalées par surconsommation d'antalgiques et d'antimigraineux


Publiée dans la revue : Médecine. Septembre 2006. Volume 2Numéro 7,

Auteur(s) : Daniel Letonturier

Les premiers cas de céphalées chroniques par abus d'antalgiques et d'antimigraineux ont été rapportés il y a plus de 50 ans. Cette entité est maintenant bien définie et les mécanismes physiopathologiques responsables commencent à être précisés. Il s'agit d'une forme épisodique de migraine ou de céphalée de tension devenue progressivement chronique à la suite d'une surconsommation (avec un risque croissant) d'anti-inflammatoires antirhumatismaux, d'antalgiques simples, de triptans, de préparations avec du tartrate d'ergotamine, d'antalgiques combinés contenant de la codéine et de la caféine. La prévalence dans la population générale est de 1 à 2 % mais elle atteint 15 à 20 % dans les consultations spécialisées pour céphalées. La symptomatologie est en général réversible après sevrage médicamenteux.

Concernant les mécanismes responsables, des anomalies des systèmes monoaminergiques centraux ont été envisagées. Une étude par tomographie à émission de positons chez 16 patients avant et après sevrage a montré l'existence d'un hypométabolisme persistant du cortex orbitofrontal médial lequel joue un rôle capital dans la prise de décision et les dépendances. L'hypoactivité de cette zone pourrait prédisposer des sous-groupes de migraineux à entrer dans le cercle vicieux des céphalées par abus d'antalgiques et à récidiver après sevrage.

Au point de vue thérapeutique, le sevrage médicamenteux est un prérequis pour pouvoir espérer une efficacité des traitements de fond et une amélioration des céphalées. La majorité des patients peuvent être traités en ambulatoire à condition d'assurer un soutien psychologique efficace et de ne pas négliger de traiter éventuelles comorbidités, dont surtout la dépression.


Fumal A et al. Les céphalées par abus d'antalgiques et d'antimigraineux. Rev Med Liege. 2006;61:217-22.

Les questions que se pose la rédaction

Les céphalées chroniques quotidiennes ont fait l'objet d'une recommandation de l'Anaes en 2004. Médecine vous a proposé une mise au point reprenant les données essentielles de l'argumentaire sur ce sujet dans son numéro de mai.

 


 

 

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