ARTICLE
| Ces dossiers sont issus de textes publiés chaque semaine depuis
quelques années dans Bibliomed. Actualisés si nécessaire
en fonction des données les plus récentes, ils ne résultent
pas d'une revue systématique de la littérature, mais d'une
veille documentaire en continu des principales revues médicales publiant
des études fondées sur les preuves, ou des recommandations
en résultant. Ils ont pour ambition de fournir au médecin
généraliste une actualisation des données sur les questions
pertinentes pour leur pratique retenues par le comité de rédaction.
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Le programme de l'OMS développé en France dans le cadre de l'action
« Boire moins, c'est mieux » vise à intervenir de façon
précoce pour réduire les conséquences des consommations
excessives de boissons alcoolisées. Plusieurs études internationales
ont montré que cela était possible et efficace. Les médecins
généralistes assurent les deux tiers des actes médicaux
de la population française, sont en rapport chaque mois avec un quart
de la population, et chaque année avec les trois quarts. Il apparaît
de ce fait que toute action précoce pour être véritablement
efficace doit s'appuyer sur le réseau des généralistes
[1]. Il s'agit, dans ce cadre, de repérer de façon précoce
dans l'ensemble de la population les consommateurs à risque et leur proposer
une intervention brève. Ce repérage rencontre de nombreux obstacles.
Les questions auxquelles répond ce dossier ont fait l'objet de 4
publications de Bibliomed : 365 du 2 décembre 2004, 366 du 9 décembre
2004, 367 du 16 décembre 2004, 370 du 20 janvier 2005.
Qu'en est-il chez les consultants de médecine générale
?
Les conséquences immédiates ou à terme de la consommation
excessive de boissons alcoolisées représentent un enjeu considérable
de santé publique. De nombreuses études ont montré qu'une
action précoce auprès de ces patients « à risque »
pourrait être efficace. Il est possible de les repérer simplement
dans le cadre de la consultation habituelle. Une intervention brève auprès
d'eux est efficace. Cependant, ces pratiques restent inhabituelles [2, 3].
Trois types de conduites d'alcoolisation
Longtemps limitée à « l'alcoolisme », l'approche du
problème est maintenant centrée sur les conduites d'alcoolisation
et leurs risques [3]. En dehors de l'usage simple, trois conduites définissent
le mésusage :
- L'usage à risque : selon les données épidémiologiques,
le risque de troubles liés à l'alcool apparaît au-dessus
de 21 verres par semaine chez les hommes et 14 chez les femmes. Au-dessus de
ces seuils admis par l'OMS, il peut y avoir un risque immédiat (conduite
de véhicule, poste de sécurité...), ou différé
et cumulatif.
- L'usage nocif s'accompagne de dommage médical somatique, psychique
ou social lié à l'alcool, en dehors de la dépendance.
- La dépendance ne se définit pas par le dépassement
de seuils de consommation, mais par l'impossibilité de la maîtriser.
Le mésusage de l'alcool chez les consultants du généraliste
Il est rarement l'objet d'une demande de soins. Sur 3 760 consultations,
l'observatoire de médecine générale de la SFMG [4] en a
relevé 1,21 % dont le motif était un problème avec l'alcool
(1,97 % chez les hommes, 0,57 % chez les femmes).
Il est fréquent malgré l'absence de plainte : dans une
étude française [5], 137 généralistes de 7 régions
ont interrogé les 1 956 adultes ayant consulté un jour donné.
18 % des consultants de plus de 18 ans (29,5 % des hommes, 11 % des femmes)
avaient un mésusage. Parmi ceux-ci, un tiers étaient dépendants,
les autres se répartissaient entre usage à risque (> 28 verres
par semaine) et usage nocif (avec symptômes ou pathologies liés
à l'alcool). Une autre étude française [6], réalisée
un jour donné en 2000 chez les généralistes et à
l'hôpital, a concerné 50 372 patients de 1 844 généralistes
et 33 795 patients de 916 hôpitaux interrogés. Un mésusage
a été constaté chez 18 % des patients en médecine
de ville (32 % des hommes, 8,5 % des femmes) et 20 % à l'hôpital.
Ce mésusage était particulièrement important chez les patients
de 35 à 64 ans, concernant 2 hommes sur 5. La répartition entre
les trois types était voisine de celle de l'autre étude.
Une prévalence largement méconnue
Nous avons trouvé peu d'enquêtes sur la perception par les généralistes
de la fréquence du mésusage d'alcool chez leurs patients. Une
sous-estimation semble habituelle :
- 316 généralistes (10,4 % des sollicités) ont répondu
à une enquête en Languedoc [6] : un tiers ne donnaient aucune estimation
de cette prévalence du mésusage de l'alcool chez leurs patients
; les autres l'estimaient à 12 % chez les hommes et à 5 % chez
les femmes.
- Sur 2 301 réponses à un questionnaire du Centre de documentation
de l'Unaformec précédant l'envoi d'un module de formation en alcoologie,
50 % l'estimaient entre 1 et 5 %, 28 % à 10 %, 22 % à 15 % ou
plus [7].
Que conclure pour notre pratique ?
*Les études en médecine générale montrent
la grande fréquence d'un mésusage de l'alcool chez de nombreux
patients dont le motif de consultation « tout-venant » n'a aucun
lien évident avec l'alcool, et qui n'expriment aucune demande à
ce sujet. C'est à ces patients que s'adressent les programmes de
repérage et d'intervention brève promus par l'OMS et développés
en France par l'association nationale de prévention en alcoologie
et addictologie (ANPAA).
*Des outils ont été élaborés et validés,
leur utilisation dans le cadre d'une consultation habituelle de généraliste
a été évaluée. L'efficacité de ces
programmes a été démontrée. Pourtant, leur
mise en oeuvre en pratique courante se heurte encore aux difficultés
que rencontre le médecin pour aborder les problèmes d'alcool,
particulièrement en dehors de toute demande.
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Pourquoi est-il si difficile d'en parler ?
Avec un mésusage de l'alcool chez près d'un sur cinq de leurs
consultants, les généralistes sont au premier rang des professionnels
susceptibles d'engager une action de prévention dans ce domaine. Pourtant,
moins de 50 % de leurs patients en difficulté avec l'alcool sont identifiés
en tant que tels et le rôle de l'alcoolisation n'est souvent reconnu que
comme comorbidité, non comme facteur causal [1]. Plusieurs études
françaises, concordantes avec les études étrangères,
permettent de mieux comprendre les raisons de cette situation.
Des représentations culturelles et sociales
Le médecin est comme tout autre conditionné par les représentations
culturelles et sociales de l'alcool : alcool aliment, alcool bon pour la santé,
alcool symbole de convivialité et de fête. En miroir, consommation
pathologique et alcoolisme sont vécus de façon très négative
à travers les stéréotypes de l'alcoolique, la femme saoule...
Mais il n'existe aucune représentation de la progressivité des
risques et des consommations nocives. On passe sans transition de la consommation
valorisée socialement à l'alcoolisme de l'ivrogne [1, 9]. Tout
cela traduit un déni, habituel en alcoologie. Le déni
d'une consommation excessive est très fréquent chez les alcooliques
et on dit souvent que l'alcoolique est de mauvaise foi. Mais il a été
souvent constaté un déni ou une minimisation des consommations
excessives même chez les non-alcoolodépendants. Ce déni
s'apparente au déni des politiques et de la société dans
ce domaine [9, 10].
Des médecins insatisfaits
Plusieurs études ont mis en évidence cette perception négative
et sont convergentes [11-13]. Les généralistes se trouvent
insuffisamment formés tant dans le domaine de l'alcool que de
la relation ; ils ont un sentiment d'inutilité en raison
des échecs fréquents dans ces domaines ; ils redoutent un allongement
des consultations et manquent de temps ; ils ne se trouvent pas
rémunérés pour ce type de tâche ; surtout, ils ressentent
des difficultés pour aborder le problème alcool en
dehors de toute demande, craignant de s'immiscer dans l'intimité des
patients et qu'une telle demande soit mal perçue par eux. Pour eux l'alcool
reste toujours un sujet tabou [13].
Des patients bien informés et faisant confiance à leur médecin
Une enquête a été menée en Île-de-France
[14] sur un échantillon représentatif de 1 600 personnes. Les
répondants étaient bien informés sur les
seuils de risque pour la conduite automobile, moins bien pour ceux concernant
la santé. L'alcool était placé par plus d'une moitié
en tête des produits posant des problèmes dans notre société,
loin devant le tabac et l'héroïne. Parmi les répondants ayant
consulté leur généraliste dans l'année, 23 % avaient
eu avec lui une conversation sur l'usage d'un ou plusieurs produits psychoactifs
(25 % sur le tabac, mais seulement 7 % sur l'alcool et 4 % sur les drogues).
Parmi eux, plus de la moitié ont eu des conseils de modification, jugés
convaincants par 70 %. Près de 90 % des répondants jugent
que leur généraliste est dans son rôle en abordant avec
eux les questions liées au tabac, à l'alcool et le trouvent
bien informé dans ces domaines. Près de 80 % jugent facile de
parler d'alcool avec leur médecin (39 % très facile, 40 % assez
facile), 12 % seulement estiment qu'ils ont réellement été
« entendus » par leur médecin à ce sujet.
Que conclure pour notre pratique ?
*Aborder le problème alcool au cours d'une consultation habituelle,
en dehors de toute demande du patient, implique pour le médecin
d'aller, de sa propre initiative, au-delà de la question que pose
son patient. Cette démarche de prévention n'est
d'ailleurs pas spécifique au problème du mésusage
de l'alcool.
*Les obstacles sont multiples. Il faut du temps, dont
la consultation habituelle ne dispose pas nécessairement, et une
formation spécifique aux problèmes de l'alcool et
à la relation dans cette situation, que beaucoup de généralistes
disent ne pas avoir reçue. Cela dépend des représentations
: les médecins partagent les représentations culturelles
des patients envers l'alcool ; mais ils se méprennent sur les attentes
de leurs patients, comme le montrent les comportements différents
face au tabac et à l'alcool [14].
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Le repérage en médecine générale
La fréquence des mésusages de l'alcool et la difficulté
d'en parler en dehors d'une demande explicite ont conduit au projet français
« Boire moins, c'est mieux », proposant d'intégrer à
la consultation habituelle de médecine générale un repérage
élargi et une intervention brève chez les personnes avec consommation
à risque. Quelle est l'efficacité d'un tel programme ? Quels outils
sont proposés, sont-ils validés ? Comment diffuser et mettre en
oeuvre ce programme ? Des études étrangères et françaises
apportent des réponses.
Des méthodes efficaces sur la consommation
L'efficacité d'une intervention brève sur la consommation d'alcool
a été prouvée dans 7 des 9 méta-analyses des études
randomisées sur ce sujet. La réduction de consommation d'alcool
était de 20 à 40 % à 6 mois mais s'atténuait à
12 mois. Les groupes témoins avaient, dans la plupart des études,
reçu un questionnaire sur leur consommation : celle-ci baissait également
[15]. Le seul fait d'interroger un patient sur sa consommation, avec
le commentaire que cela comporte, paraît efficace [16].
Des outils de repérage validés
La consommation déclarée d'alcool (CDA), consommation
hebdomadaire en verres et quantité maximum par prise, est la méthode
la plus simple et la plus adaptée à un usage systématique
en médecine générale [17]. Les questionnaires Cage et Audit,
remis au patient par la secrétaire ou en salle d'attente, sont mal adaptés
à la situation française [17, 18]. Une version française
plus simple, le questionnaire Face, a été validée
par 41 généralistes d'Île-de-France, avec une sensibilité
et spécificité satisfaisante, identique à l'Audit [3].
Les marqueurs biologiques (GGT ou CDT) ont une sensibilité
et spécificité insuffisante dans ce domaine, et n'ont leur place
qu'en examens de complément [18].
Une mise en oeuvre individualisée
Quel que soit le contexte, il faut éviter tout ce qui semble jugement,
inquisition, stigmatisation et laisser la parole au patient. Un repérage
systématique est souhaitable, au moins avec la CDA. Il permet
de repérer les patients à risque et ceux ayant un usage nocif.
Dans l'idéal, il devrait concerner tout nouveau patient de plus de 15
ans et les autres tous les ans, au même titre que la consommation de tabac,
l'activité physique, les antécédents, être noté
dans le dossier médical, ce qui ne va pas sans difficultés en
pratique courante... Un repérage ciblé devrait concerner
les patients présentant des dommages liés à leur consommation
d'alcool, mais non identifiés comme tels (HTA, asthénie, troubles
digestifs, anxiodépressifs, sexuels, difficultés familiales ou
professionnelles, traumatismes...) et les patients chez qui toute consommation
peut avoir des conséquences néfastes (grossesse, conduite d'engins,
médicaments...). Si le repérage est en faveur d'un mésusage,
un questionnaire plus complet, la clinique et les examens biologiques permettent
d'en définir le type [17].
Une sensibilisation et une formation spécifiques
La méconnaissance habituelle de l'étendue du problème
et les obstacles rencontrés à la mise en oeuvre du repérage
font qu'un simple apport de connaissances est insuffisant. La formation doit
s'appuyer sur le ressenti et les expériences des médecins, en
particulier avec les alcoolodépendants, faire apparaître les différences
et l'acceptabilité du dialogue avec les patients sur ce sujet, travailler
sur des situations concrètes, des jeux de rôle [19]. Si le séminaire
de 48 heures est la méthode idéale, la séance de 2 heures
en soirée, de préférence en groupes de 8 à
10 personnes, est possible. Elle devrait être précédée
d'un recueil de pratiques et renouvelée à
distance pour analyser les difficultés rencontrées. Comme
l'ont dit les médecins dans l'étude qualitative de Samuel et Michaud,
analyser sa propre pratique est en soi formateur [13].
Que conclure pour notre pratique ?
*À lui seul le repérage a une efficacité
démontrée sur la réduction de la consommation. S'il
est l'étape préalable indispensable, l'intervention
brève, qui en est le complément, en augmente les chances
de bénéfice. Elle est réalisable sans difficulté
au prix d'une formation simple. Sa durée est compatible avec une
consultation ordinaire, car elle peut être vraiment brève
[19]. Se former dans ce domaine a de plus des retombées dans tous
les domaines de l'éducation à la santé qui passe
par la prise en compte des conditions du changement de comportement.
*Cette approche prendra de plus en plus d'importance dans le cadre de
la prise en charge des maladies chroniques et du développement
de la prévention dans l'exercice de la médecine générale.
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L'intervention brève en médecine générale
Étant donné la fréquence des mésusages de l'alcool
dans la clientèle du généraliste, la faisabilité
et l'efficacité du simple repérage malgré les obstacles
rencontrés, une intervention brève surajoutée dans le temps
d'une consultation habituelle, renforce-t-elle l'efficacité du simple
repérage ? C'est ce que montrent des études et synthèses
étrangères et françaises.
De quoi s'agit-il ?
L'intervention dure en principe de 10 à 15 minutes et peut être
répétée [2, 20, 21]. Le message doit être clair,
acceptable pour le soignant et le soigné, respectant le choix du patient.
L'objectif est de réduire les risques, la morbidité et autres
dommages liés au mésusage d'alcool. L'intervention brève
ne visant pas en principe les alcoolodépendants, on ne cherche pas l'abstinence
mais une réduction des consommations au-dessous des seuils à risque
et un changement durable de comportement face à l'alcool.
Les préalables
L'intervention brève prend en compte les étapes du changement
de comportement analysées par Proschaska [2, 20, 21] :
Rechercher la motivation est la première exigence. De
façon simple, il est possible d'en évaluer le niveau avec deux
questions : sur une échelle de 0 à 10, à quel point
considérez-vous qu'il est possible de changer votre consommation, à
quel point vous sentez-vous prêt à le faire [2] ?
L'intervention doit alors s'adapter au sujet :
- Il n'envisage pas de changer : on se contentera de mettre en évidence
l'ambivalence vis-à-vis de la consommation en évitant la confrontation.
- Il l'envisage dans un avenir proche : il pèse le pour et le contre
; l'objectif est alors d'augmenter sa motivation.
- La décision est prise ; il faut aider à la mise en oeuvre.
Utiliser les règles de l'entretien motivationnel [20] est la
seconde :
- Assurer l'empathie (climat de bienveillance sereine, sans critique
ni jugement, mais ferme et maîtrisée).
- Mettre à jour des contradictions, en faisant citer au patient
ce qui lui semble bon dans sa façon de boire, puis ce qui lui paraît
moins bon.
- Éviter la confrontation, en faisant parler le patient sur
sa vie, ses habitudes, ses craintes afin d'identifier le lien entre consommation
et état de santé.
- Diminuer les résistances en analysant et utilisant les répugnances
et l'ambivalence du patient
- Renforcer et valoriser la responsabilité et les capacités
du patient au changement, analyser avec lui les éventuels obstacles,
donner une vision positive aux décisions à prendre, accepter le
report si la motivation est insuffisante.
Les étapes
Restitution et échange sur les résultats du repérage.
- Explications et dialogue sur les risques de l'alcool, la notion de verre
standard, l'intérêt personnel de la réduction.
- Dialogue sur les méthodes pour réduire la consommation (occasions,
quantités, comportements alternatifs...).
- Dialogue sur les objectifs de réduction à décider par
le patient, sur les possibilités de réévaluation.
- Remise d'un livret (il peut être obtenu à l'Inpes) [2, 20,
21].
L'efficacité de l'intervention brève
Le seul fait de parler d'alcool avec le patient (repérage simple) permet
une réduction de la consommation d'alcool [15]. Plusieurs métaanalyses
des études randomisées comparant intervention brève versus
simple repérage ont prouvé que l'intervention brève apportait
une efficacité supplémentaire : la réduction de consommation
d'alcool se situait entre 20 et 40 % les 6 premiers mois, s'atténuant
à 12 mois.
Selon une étude qualitative, la formation des généralistes
doit tenir compte des expériences et des représentations des médecins
dans le domaine de l'alcool, donner des repères simples, utiliser des
mises en situations, jeux de rôles. Des formations de 2 heures en soirée
sont possibles, mais ont intérêt à être répétées
et couplées avec des recueils d'expériences [13, 19].
Que conclure pour notre pratique ?
*L'intervention brève est une méthode efficace qui
permet de réduire au plan individuel et de santé publique
les conséquences d'une consommation à risque des boissons
alcoolisées.
*Elle est facilement réalisable dans l'exercice
médical habituel du généraliste.
*Elle a aussi l'intérêt d'apporter une approche du
conseil et de l'éducation du patient utilisable dans bon nombre
d'autres situations.
*Se former à l'intervention brève est possible en
quelques heures, mais l'expérience et la demande des participants
ont montré l'intérêt de formations plus longues et
plus approfondies tant sont grands les besoins et les insuffisances de
la formation initiale dans ce domaine.
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Références
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Dans ces textes, nous avons privilégié les références
françaises, parce qu'elles nous ont paru plus pertinentes pour les pratiques.
Bien sûr, le problème est universel et les très nombreux
travaux internationaux qui nous ont servi pour l'argumentaire ne sont pas cités
ici pour ne pas alourdir. Ils sont utilisés par les auteurs des articles
référencés. Nous pouvons les fournir à la demande.
En résumé : repérage et intervention brève
des mésusages de l'alcool en médecine générale
- L'importance des conséquences médicales, psychologiques
et sociales de la consommation excessive de boissons alcoolisées
a conduit à développer un programme de prévention,
basé sur le repérage précoce des consommations à
risque et une intervention brève auprès de ces patients.
- La prévalence des consommations à risque est largement
méconnue : autour de 20 % parmi les consultants du généraliste.
- Le développement du repérage et de l'intervention brève
en médecine générale se heurte à de nombreux
obstacles liés à des représentations culturelles
et sociales, à une insuffisance de formation, et à des problèmes
d'organisation de l'exercice.
- Des outils simples et efficaces ont été proposés
et validés en médecine générale pour le repérage.
L'intervention brève, dans le cadre de la consultation normale,
en augmente l'efficacité.
- La formation à ces démarches est simple, même
si beaucoup souhaitent l'approfondir par la suite. Ce type de formation
et d'intervention peut être utilisé dans nombre d'autres
situations de dépistage et d'éducation du patient.
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