ARTICLE
| Ces dossiers issus de Bibliomed ne résultent pas d'une
revue systématique de la littérature, mais d'une veille documentaire
en continu des principales revues médicales publiant des études
fondées sur les preuves, ou des recommandations en résultant.
Ils ont pour ambition de fournir au médecin généraliste
une actualisation des données sur les questions pertinentes pour
leur pratique retenues par le comité de rédaction. Ils rassemblent
des textes publiés chaque semaine depuis quelques années actualisés
si nécessaire en fonction des données les plus récentes.
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Médecin et patient n'ont pas souvent les mêmes objectifs
en ce qui concerne l'artérite oblitérante des membres inférieurs
: le premier souhaite limiter la morbi-mortalité coronarienne et vasculaire
cérébrale, sans négliger pour autant le risque local, alors
que la demande du second concerne d'abord la distance de marche et le risque
d'amputation. C'est entre ces deux données, générale et
locale, que se situe la problématique générale de l'AOMI...
et la difficulté de sa prise en charge : la prescription médicamenteuse
est toujours plus facile à faire accepter que les nécessaires
changements comportementaux.
Les questions auxquelles répond ce dossier ont fait l'objet de 4
publications de Bibliomed : numéros 417 du 9 mars 2006, 418 du 16 mars
2006, 419 du 23 mars 2006, 420 du 30 mars 2006.
Une épidémiologie à bien connaître pour le suivi
L'AOMI est le plus souvent d'origine athéromateuse et ce n'est que
celle-ci qui sera l'objet de ce texte. Elle atteint 12 % des personnes de plus
de 65 ans, 50 % de celles avec tabagisme et diabète. Des synthèses
anglo-saxonnes [2] et françaises [3, 4] nous permettent de faire le point
sur ces aspects.
Des données simples
Trois stades
Ils sont bien connus : des formes asymptomatiques (stade 1), à l'ischémie
d'effort, la plus typique étant la claudication intermittente (stade
2), puis l'ischémie critique avec douleur de repos et/ou troubles trophiques
(stade 3).
Une prévalence importante mais masquée
La majorité des patients sont asymptomatiques ou ont des symptômes
atypiques, la claudication intermittente ne concernant que 22 % environ des
patients avec AOMI. La prévalence globale après 55 ans varie dans
les études de 9 à 23 % [3]. Elle ne semble pas beaucoup plus faible
chez la femme. Elle augmente avec l'âge, le tabagisme, l'hypertension,
le diabète, allant jusqu'à 50 % en cas d'association diabète-tabagisme.
Bien plus de risques généraux que locaux
Sur 5 ans, 5 à 10 % des patients asymptomatiques deviennent symptomatiques.
La majorité des patients avec claudication intermittente restent cliniquement
stables, 25 % auront une accentuation des symptômes, 15 % évolueront
vers une ischémie critique, 1 à 2 % nécessiteront une amputation
[1, 2, 4].
Le pronostic est dominé par les événements cardiovasculaires.
Infarctus du myocarde (IDM) et AVC sont 3 fois plus fréquents en cas
d'AOMI, même asymptomatique, que sans AOMI [5], identique à celui
observé après IDM [2]. Dans les 5 ans, 25 à 30 % des patients
symptomatiques mourront d'IDM ou d'AVC. Globalement, près de 50 % des
patients avec claudication intermittente meurent d'IDM, 10 à 20 % d'un
AVC [4].
Mais trois niveaux d'interprétation
Le premier but du traitement proposé est de limiter la morbi-mortalité
coronarienne et vasculaire cérébrale, alors que la demande spontanée
du patient concerne sa distance de marche et le risque d'amputation. C'est dans
cet esprit qu'il convient d'analyser les thérapeutiques proposées
et les critères de jugement sur lesquels elles ont été
évaluées.
L'évaluation de la symptomatologie
Il s'agit d'une part de l'amélioration du périmètre de
marche (souvent sur épreuve de marche sur tapis roulant), d'autre part
du bénéfice sur la qualité de vie. Les études dans
ce domaine sont difficiles, l'effet placebo important, les résultats
peu marqués, les biais de publication nombreux (des études non
publiées). De ce fait, ces critères n'ont pas été
retenus dans certaines synthèses [1].
L'évolution locale
Il s'agit d'apprécier l'évolution vers l'apparition d'une ischémie
de repos, de troubles trophiques, d'une ischémie critique, les amputations.
Ces critères sont plus facilement objectivables.
Le risque cardiovasculaire
Il s'agit d'apprécier la réduction éventuelle du nombre
d'IDM, d'AVC, de mortalité cardiovasculaire et globale. La plupart des
études sont fondées sur ces critères de jugement.
Ces trois niveaux rendent plus malaisée pour le clinicien l'interprétation
des données des essais et l'appréciation du bénéfice
que peut retirer le patient de nos conseils et prescriptions. Ils nous imposent
une lecture attentive de ces essais.
Que conclure pour notre pratique ?
L'AOMI est un indicateur de gravité du risque cardiovasculaire,
ce qui implique de nombreuses conséquences pour nos décisions
diagnostiques et thérapeutiques :
*déceler une AOMI chez un patient porteur de facteurs de risque
cardiovasculaires permet d'améliorer l'appréciation du pronostic,
et par là le niveau des conseils thérapeutiques. Cette détection
est facilement réalisable au cours de la consultation ;
*traiter un patient porteur d'une AOMI aux stades 1 ou 2 impose d'associer
les approches symptomatiques et celles concernant les facteurs de risque,
en privilégiant les secondes. Il importe chez ces patients d'identifier
précisément ces facteurs de risque ;
*les traitements locaux de revascularisation sont réservés
aux ischémies critiques et/ou menaçantes.
Le pronostic de l'AOMI se situe plus au niveau général
que local. Nous reviendrons sur les trois points qui en découlent.
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Repérer cliniquement l'AOMI ?
En dehors de ses risques propres, l'AOMI est un indicateur d'athérosclérose
diffuse et de mortalité augmentée. Cependant, elle est sous-diagnostiquée,
les symptômes étant atypiques ou absents chez de nombreux patients.
Quelle est la valeur des signes cliniques pour le diagnostic d'une AOMI, et
pourquoi les rechercher ? Une synthèse américaine a fait le point
à partir de 51 études ayant évalué les signes cliniques
chez des patients symptomatiques ou non [5].
Un standard : l'index de pression systolique
L'index de pression systolique à la cheville (IPS) représente
le ratio pression systolique à la cheville/pression systolique au bras.
La mesure à la cheville nécessite un Doppler de poche, l'examen
prend environ 15 mn [6]. C'est la référence standard validée,
mais il est peu utilisé. Sa sensibilité est de 95 %, sa spécificité
proche de 100 %. L'AOMI est légère avec un IPS entre 0,90 et 0,71,
modérée entre 0,70 et 0,41, sévère en dessous de
0,40. Ischémie ou gangrène des extrémités sont associées
à un IPS < 0,20. Une cause d'erreur est rencontrée en cas d'artères
largement calcifiées et non compressibles, qui peuvent donner un IPS
élevé, supra-normal (> 1,30) et sont associées avec
une haute mortalité.
Les signes cliniques
La claudication intermittente à la marche est le symptôme
le plus spécifique : sa présence augmente la probabilité
d'AOMI pour tous les degrés d'IPS ; elle peut manquer chez des patients
sans activité physique ; les symptômes peuvent n'apparaître
qu'au stade d'ischémie critique avec des douleurs au repos et des modifications
locales. L'absence de claudication abaisse la probabilité d'AOMI modérée
à sévère.
Les modifications cutanées (peau froide, pâleur, ulcérations)
augmentent la probabilité d'AOMI, mais leur absence ne la réduit
pas.
L'examen des pouls
Les pouls fémoral, poplité, et tibial postérieur sont
aisément palpés, le pédieux parfois plus difficilement.
Il peut être absent chez 10 à 15 % des sujets normaux [6]. Le Doppler
portable peut les localiser mieux et permettre de mesurer l'IPS. Toute anomalie
d'un pouls augmente la probabilité d'AOMI : l'anomalie d'un pouls fémoral
ou tibial a la même valeur, celle d'un pouls pédieux une spécificité
moindre. Les patients sans anomalie des pouls ont une probabilité moindre
d'AOMI modérée à sévère, qu'ils soient symptomatiques
ou non. Mais cette probabilité est aussi liée à la prévalence
de l'AOMI dans la population étudiée.
Les bruits auscultatoires
La présence d'au moins une anomalie au repos au niveau de l'iliaque,
de la fémorale ou de la poplitée augmente fortement la probabilité
d'AOMI. À l'inverse, l'absence de toute anomalie réduit cette
probabilité. On ne peut se contenter de la seule fémorale.
La combinaison des données cliniques
La combinaison de données n'est pas supérieure aux données
isolées. Mais en l'absence de toute anomalie, la probabilité d'AOMI
est très faible, même dans les populations avec forte prévalence
d'AOMI.
Que conclure pour notre pratique ?
* L'AOMI est un indicateur d'athérosclérose diffuse
et de mortalité augmentée. Sa recherche systématique
est sous cet angle justifiée chez les patients ayant d'autres facteurs
de risque, notamment diabète et tabagisme.
* La clinique permet de sélectionner avec une valeur prédictive
satisfaisante les patients symptomatiques ou non justifiant des examens
complémentaires. Principaux signes validés : claudication
intermittente, une ou plusieurs abolitions de pouls, anomalies auscultatoires.
Un seul de ces signes cliniques nécessite des examens complémentaires
pour affirmer le diagnostic d'AOMI. À l'inverse, si aucun
n'est présent, on peut ne pas demander d'examens complémentaires.
* La mesure de l'IPS avec un Doppler de poche a une très
haute valeur prédictive et mériterait d'être plus
utilisée. Mais elle prend du temps et ne remplace pas un bilan
complémentaire.
* Le bilan complémentaire utilise l'écho-Doppler en première
intention. Mais il concerne autant sinon plus le risque coronarien et
vasculaire cérébral et les facteurs de risque d'athérosclérose
que les lésions artérielles périphériques.
C'est cela qui orientera le traitement.
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Traitements médicaux
Le traitement médical de l'artériopathie oblitérante
des membres inférieurs a un double but : d'une part traiter les symptômes
et prévenir l'aggravation locale, d'autre part prévenir le risque
cardiovasculaire des patients, dont on sait qu'il est très largement
majoré par la présence de l'AOMI, même asymptomatique. C'est
sous ce double angle que nous analyserons ces traitements.
Des mesures hygiéno-diététiques
L'arrêt du tabac au premier plan
Le tabac est le facteur de risque modifiable dominant. Son arrêt n'améliore
pas significativement le périmètre de marche en cas de claudication
intermittente, mais il réduit sa sévérité et le
risque d'ischémie critique [1]. Surtout il est vraisemblable qu'en améliorant
les facteurs de risque cardiovasculaire, il améliore la survie à
10 ans, malgré des études contradictoires [1].
L'exercice physique
Chez les patients avec claudication intermittente stable, il améliore
le périmètre de marche et la capacité globale de marche.
Il est plus efficace que l'angioplastie et que les antiagrégants et ne
diffère pas significativement du traitement chirurgical [1]. Une étude
récente [7] (malgré quelques limites soulignées par ses
auteurs) a montré que l'exercice physique autogéré était
aussi efficace que l'exercice supervisé : sur un suivi de 3 ans, un programme
de marche de 30 minutes, trois fois par semaine, est associé à
une réduction significative du déclin du périmètre
de marche, où de l'évolution clinique chez les AOMI asymptomatiques.
Ce bénéfice s'ajoute à une réduction de 24 % de
la mortalité CV liée à l'exercice physique [8].
Les traitements des facteurs de risque cardiovasculaires
Les statines
Dans l'étude 4S, la simvastatine réduit sur 5 ans l'incidence
de nouvelle claudication intermittente. Deux autres études ont montré
avec simvastatine et atorvastatine une amélioration du périmètre
de marche [1]. Dans l'étude HPS, chez 6 748 patients avec AOMI (avec
ou sans coronaropathie associée), la simvastatine est associée
à une réduction de 20 % des événements CV, même
en l'absence d'hypercholestérolémie [1, 3].
Les antihypertenseurs
Contrairement à des données anciennes, les bêtabloquants
ne semblent pas mal tolérés par les patients avec AOMI, mais ils
doivent être utilisés avec précaution [1]. Les IEC (captopril
et perindopril) peuvent améliorer le périmètre de marche
[1]. Sur la prévention du risque cardiovasculaire, l'efficacité
des antihypertenseurs est liée au niveau tensionnel atteint. Mais dans
l'étude HOPE, sur 1966 AOMI sous ramipril, la réduction de 25
% des événements cardiovasculaires est mal expliquée par
la seule baisse tensionnelle [1].
Le contrôle du diabète
Le contrôle strict du diabète améliore plus les complications
microvasculaires que macrovasculaires.
Les antiagrégants
Une méta-analyse de 195 essais (135 640 patients) montrait avec les
antiagrégants une réduction de 25 % de la morbi-mortalité
CV, notamment chez les 9 214 patients avec AOMI. Le clopidogrel avait un bénéfice
plus marqué que l'aspirine dans le sous-groupe avec AOMI de l'étude
Caprie. L'aspirine reste le plus étudié, recommandé aux
doses de 75 à 150 mg. Outre son effet préventif d'événements
CV, si elle n'améliore pas la claudication, elle en ralentit la progression
et réduit le besoin d'intervention [1].
Et les vasoactifs ?
Les incertitudes persistent. Le bénéfice sur les troubles fonctionnels
est mal documenté [1]. Il y a des biais de publication, avec des essais
non publiés [9]. Aucun essai n'a montré de bénéfice
sur les critères de morbi-mortalité cardiovasculaire CV [3]. Un
essai en cours de publication avec le buflomédil montrerait un bénéfice
[9].
Que conclure pour notre pratique ?
* Le périmètre de marche est amélioré
par l'exercice physique, par les statines et peut-être par les IEC.
* L'évolution de la maladie locale, symptomatique
ou asymptomatique, est ralentie par le sevrage tabagique, l'exercice physique,
les statines, les antiagrégants.
* La prévention des risques cardiovasculaires,
objectif sans doute le plus important et principale raison du repérage
des AOMI asymptomatiques, passe par le sevrage tabagique, l'activité
physique, les statines, les antihypertenseurs, le traitement du diabète,
les antiagrégants.
Rappelons la nécessité du bilan complémentaire
au moins lorsque les symptômes apparaissent au repos. Les mesures
comportementales, essentielles, sevrage tabagique et augmentation de l'activité
physique, sont souvent plus difficiles à faire adopter par le patient
[10] que la prévention médicamenteuse.
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Place de la revascularisation
Pour l'artériopathie oblitérante des membres inférieurs
au stade de claudication intermittente, les méthodes de revascularisation,
chirurgicales ou endovasculaires, semblent séduisantes. Mais par rapport
à l'évolution spontanée et au traitement médical,
quel est le rapport bénéfice/risque ? Quelles sont les techniques
à notre disposition et quels sont les résultats de leur évaluation
? Chez quels patients doivent-elles être proposées, et comment
les reconnaître ?
Deux grandes techniques
L'angioplastie avec ou sans stent
Elle s'adresse aux lésions localisées, iliaques et fémorales
superficielles. Au niveau iliaque le taux de succès immédiat
dépasse 90 % pour les sténoses, il est à 80 % pour les
reperméations d'oblitération iliaque. À 1 an la perméabilité
est de 80 %, à 5 ans de 60 %. Il y a 3,6 % de complications (embolie
distale, faux anévrisme, dissection) dans les sténoses, 6 % dans
les oblitérations. La mise en place d'un stent est réservée
aux résultats hémodynamiques incomplets, aux resténoses
après angioplastie, aux reperméations de sténoses iliaques.
Au niveau fémoro-poplité les taux d'échec immédiat
et à 1 an sont doubles, et à 5 ans la perméabilité
serait de 52 % [11].
Les techniques chirurgicales
La chirurgie proximale, aorto-ilio-fémorale, comporte un risque
supérieur à celui de la chirurgie distale, mais donne de meilleurs
résultats à distance. Dans une méta-analyse de 23 études
(8 000 opérés), la mortalité opératoire est de 3,3
%, et la perméabilité de 91 % à 5 ans, 86 % à 10
ans. Des troubles de la fonction sexuelle peuvent survenir dans 30 % des cas.
Le respect du sympathique pré-aortique les limite. À l'inverse,
la revascularisation peut améliorer des troubles sexuels préexistants.
La chirurgie sous-inguinale est celle du trépied fémoral
et de la fémorale profonde, et les pontages fémoro-poplités
sus-articulaires. Les pontages prothétiques sont en concurrence avec
les pontages veineux, avec une perméabilité d'environ 60 % à
5 ans [11].
Comparaisons chirurgie-angioplastie
Une revue systématique de 6 essais (700 patients) ne montre pas de
différence claire à distance entre chirurgie et angioplastie en
termes de périmètre de marche, taux d'amputations, mortalité,
progression de la maladie [12].
Quel bénéfice en attendre ?
Chez des patients avec claudication intermittente, deux essais
randomisés ont montré avec l'angioplastie un bénéfice
à court terme sur le périmètre de marche. À plus
long terme, le traitement médical, notamment l'entraînement à
l'effort, donne de meilleurs résultats sur le périmètre
de marche et la qualité de vie [8]. Aucune étude n'a montré
que les méthodes de revascularisation réduisaient la morbi-mortalité
cardiovasculaire (amputations incluses) plus que la simple approche médicale
[8]. Il semble y avoir consensus sur le fait qu'un geste local pourrait améliorer
la qualité de vie [8,11].
À quels patients les proposer ?
Après échec du traitement médical
Si après plusieurs semaines (lésion haute) ou mois (lésion
basse) de rééducation de la marche et de traitement de la maladie
athéromateuse la gêne fonctionnelle reste invalidante, l'écho-Doppler
est nécessaire.
En fonction de la topographie des lésions
* Les patients avec localisation aorto-iliaque sont les principaux
candidats : ils semblent être ceux qui bénéficient le moins
du traitement médical, le bénéfice de l'angioplastie est
plus durable chez eux, une reconstruction chirurgicale aorto-iliaque permet
un bénéfice en un temps pour les fréquentes atteintes bilatérales
[8]. Une sténose iliaque surtout de l'iliaque primitive, une oblitération
iliaque courte sont des indications licites pour une angioplastie.
* Devant une sténose localisée de la fémorale superficielle,
un geste endovasculaire n'est proposé que pour une gêne importante
et persistante malgré un traitement médical optimisé [8].
Que conclure pour notre pratique ?
* Le traitement médical optimisé, « the best medical
treatment » [8], avec sevrage tabagique, réentraînement
à la marche, traitement des facteurs de risque cardiovasculaire
reste le préalable à tout geste local. C'est en cas de résistance
à ce traitement que se discute un geste local.
* Les lésions aorto-iliaques sont les indications préférentielles
de l'angioplastie et de la chirurgie. Leur localisation bilatérale
est une indication particulière de la chirurgie de reconstruction.
Cette bilatéralité peut être suspectée cliniquement
par l'abolition des deux pouls fémoraux, ou l'existence de souffles
fémoro-iliaques bilatéraux.
* Le bilan lésionnel spécialisé est préalable
à toute décision. Il est urgent en cas d'évolution
vers une ischémie critique. La problématique des décisions
dans ce contexte est différente de celle analysée ici.
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Références
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chronique oblitérante des membres inférieurs. Données
factuelles 2006. Médecine. 2006;2:153-7.
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disease. JAMA. 2006;295:547-53.
- Perdu J, Lopez-Sublet M, Mourad JJ. Prise en charge médicamenteuse
du patient artéritique. STV. 2003;15:537-41.
- Léger P. Épidémiologie de l'artériopathie oblitérante
des membres inférieurs. Rev Prat. 2005;55:1181-3.
- Khan NA, Rahim SA, Anand SS, Simel DL, Panju A. Does the clinical examination
predict lower extremity peripheral arterial disease? JAMA. 2006;295:536-46.
- Mounier-Vehier C, Duquenoy S, Gras M, Lahousse M, Willoteaux S. Diagnostic
et évaluation non invasive d'un patient ayant une artériopathie
oblitérante des membres inférieurs. Rev Prat. 2005;55:1173-87.
- McGrae McDermott M, Liu K, Ferrucci L, Criqui MH, Greenland P, Guralnik
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- Burns P, Gough S, Bradbury AW. Management of peripheral arterial disease
in primary care. Br Med J. 2003;326:584-8
- De Backer TLM, Vander Stichele RH, Bogaert MG. Buflomedil for intermittent
claudication. The Cochrane Database of systematic review. 2001.
- Gallois P, Vallée JP, Le Noc Y. L'activité physique : Pourquoi
? Pour qui ? Comment la prescrire ? Médecine. 2006;2:20-4.
- Fiessinger JN, Sapova M, Julia P. Prise en charge d'un patient ayant une
claudication intermittente des membres inférieurs. Rev Prat. 2005;55:1190-7.
- Leng GC, Davis M, Baker D. Bypass surgery for chronic lower limb ischaemia.
The Cochrane Database of systematic review. 2000 Issue 3.
En résumé : l'artérite oblitérante des membres
inférieurs
- L'AOMI, le plus souvent d'origine athéromateuse, atteint 12
% des personnes de plus de 65 ans, 50 % de celles avec tabagisme et diabète.
- Elle est un indicateur de gravité du risque cardiovasculaire.
Son pronostic se situe plus au niveau général que local.
- La clinique permet de sélectionner les patients symptomatiques
ou non justifiant des examens complémentaires, dont l'écho-Doppler
en première intention. La mesure de l'IPS avec un Doppler de
poche mériterait d'être plus utilisée. Mais elle
prend du temps et ne remplace pas un bilan complémentaire.
- L'évolution de la maladie locale, symptomatique ou asymptomatique,
comme la prévention des risques cardiovasculaires (objectif sans
doute le plus important et principale raison du repérage des AOMI
asymptomatiques), passent par le sevrage tabagique, l'exercice physique,
les statines, les antihypertenseurs, le traitement du diabète,
les antiagrégants. Les traitements locaux de revascularisation
sont réservés aux ischémies critiques et/ou menaçantes.
- Les lésions aorto-iliaques sont les indications préférentielles
de l'angioplastie et de la chirurgie.
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