Les auteurs japonais de cette étude ont examiné 4091 patients
des 11 028 membres de la cohorte AHS (Adult Health Study) des survivants des
2 explosions de 1945 acceptant une exploration thyroïdienne complète.
Des maladies thyroïdiennes ont été identifiées chez
44,8 %: 32,2 % des hommes et 51 % des femmes (p < 0,01). Il a été
observé une relation linéaire significative entre la dose d'irradiation
et la prévalence totale des tumeurs solides (cancers de la thyroïde,
nodules bénins et kystes): p < 0,01. En revanche, il n'a pas été
observé de relation avec la présence d'anticorps antithyroïdiens,
les hypothyroïdies auto-immunes ou la maladie de Basedow.
Les questions que se pose la rédaction
Les conclusions de cette étude japonaise sont-elles extrapolables ?
Comme le souligne l'éditorialiste du JAMA qui commente cette publication,
de nombreuses revues systématiques ont montré que le risque le
plus évident des radiations était celui d'une augmentation de
la prévalence des cancers papillaires de la thyroïde, d'autant plus
lorsqu'il s'agissait d'enfants de moins de 10 ans. En élargissant le
débat aux retombées de l'explosion de Tchernobyl (20 ans déjà...),
on peut surtout conclure... aux multiples incertitudes dans ce domaine. Mais
apparemment, les dysthyroïdies auto-immunes ne font pas partie de ces incertitudes.
Imaizumi M, Usa T, Tominaga T, Neriishi K, Akahoschi M, Nakashima E, et al.
Radiation dose-response relationships for thyroid nodules and autoimmune thyroid
disease in Hiroshima and Nagasaki atomic bomb survivors 55-58 years after
radiation exposure. JAMA. 2006;295:1011-22.
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