ARTICLE
Pour rassurer quelqu'un qui a peur de risquer d'être infecté par un virus «
qui risque d'être celui de la grippe aviaire qui risque de le faire mourir »,
mieux vaut procéder par étapes. Posez successivement les questions suivantes :
Question no 1 Depuis quand êtes-vous revenu de Turquie ?
Si le patient est revenu depuis plus de sept jours et qu'il ne présente aucun
signe d'infection grippale, inutile d'aller plus loin.
S'il est revenu depuis moins de 7 jours, passez à la question suivante.
Question no 2 Où êtes-vous allé en Turquie ?
Si le patient est passé dans les régions Est et Centre-Nord (Van, Idgir, Agri,
Kars, Erzurum, Ankara, Yozgat, Kastamonu, Corum, Zorguldak, Sivas et Samsum),
vous pouvez passer à la question suivante. Sinon, c'est inutile.
Question no 3 Depuis quand avez-vous quitté les régions où
sévit la grippe aviaire ?
Si le patient a quitté depuis plus de 7 jours les régions où des foyers de
grippe aviaire sont signalés et qu'il ne présente aucun signe d'infection grippale,
inutile d'aller plus loin.
S'il en est sorti depuis moins de 7 jours, passez à la question suivante.
Question no 4 Comment allez-vous ?
Si le patient a de la fièvre (38 oC ou plus), de la toux ou un essoufflement,
vous pouvez passer à la question suivante.
Si moins de 7 jours après le retour d'une zone où sévit l'épizootie de H5N1,
le patient présente une détresse respiratoire aiguë au décours d'un syndrome
grippal, ça vaut le coup de passer aux questions suivantes.
En dehors de ces deux situations, c'est inutile.
Question no 5 Avez-vous été en contact professionnel avec des
élevages infectés ?
Si le patient a répondu OUI aux questions no 1, 2, 3 et 4 et s'il
a fréquenté professionnellement des élevages de volailles dans une zone
où existait une épizootie (épidémie animale) ou des cas humains biologiquement
confirmés de grippe H5N1, il peut être considéré comme un cas suspect.
Question no 6 Avez-vous été en contact non professionnel avec
des élevages infectés ?
Si le patient a répondu OUI aux questions no 1, 2, 3 et 4 et s'il
a eu des contacts prolongés, répétés et à moins d'un mètre de distance
avec des volatiles (poulet, canard, oie, dinde, pintade, caille..., oiseaux
d'élevage ou sauvages), vivants ou morts, ou leurs fientes, dans une zone où
existe une épizootie ou des cas humains biologiquement confirmés de grippe H5N1,
il peut être considéré comme un cas suspect.
Question no 7 Avez-vous été en contact étroit avec un malade
chez qui l'infection par la grippe aviaire a été prouvée ?
Si le patient a répondu OUI aux questions no 1, 2, 3 et 4 et s'il
a eu des contacts très proches et répétés dans ces zones avec un cas humain
confirmé de grippe H5N1 ou fortement suspecté (détresse respiratoire aiguë sévère
ou décès inexpliqué), il peut être considéré comme un cas suspect.
Quand le patient est peut-être un cas suspect, mettez-vous en contact avec
le centre 15 pour qu'il vous aide à savoir rapidement si cette crainte est fondée.
Sinon, vous pouvez rassurer le patient et son entourage, et lui apprendre à
dire en turc « sakin olalim ! », restons calmes !
A propos, il n'y aucune raison actuellement de modifier ses projets de
voyage ou de vacances en Turquie. Mais ça, pour le faire comprendre àdes grands
angoissés...
Sources :
•GROG. http ://www.grog.org
•La liste des zones exposées et la définition des cas suspects sont
mises àjour aussi souvent que nécessaire sur le site de l'Institut de Veille
Sanitaire. La plus récente définition peut être consultée àl'adresse suivante
:
http://www.invs.sante.fr/surveillance/grippe_aviaire/définition_cas_110106.pdf
•Pour connaître la conduite àtenir, vous pouvez lire : http://www.invs.sante.fr/surveillance/grippe_aviaire/consuite.pdf
NDLR. Transmettez-nous les questions que vous posent vos patients. Signalez-nous
les comportements insolites et les rumeurs farfelues. Nous essaierons de vous
donner des informations précises pour vous aider à mieux jouer votre role
d'éducateur sanitaire.
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