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Contraception et adolescence. Une enquête un jour donné auprès de 232 lycéens (Caen)


Médecine. Volume 2, Numéro 2, 84-9, Février 2006, Vie professionnelle


Résumé  

Auteur(s) : Saïda Bennia-Bouraï, Isabelle Asselin, Marie Vallée, Sage-femme, CHU, Caen .

Résumé : Contexte : l'information et la prescription de la contraception, la nouvelle règlementation sur l'IVG des mineures, sont maintenant acquises. Dans ce contexte, que savent les adolescents de la contraception et comment l'utilisent-ils ? Objectif : évaluer les connaissances et les pratiques contraceptives des adolescents en classe de seconde, un an après les "cours obligatoires" de biologie sur ce sujet. Méthode : questionnaire à questions fermées (et possibilité de réponses ouvertes) auprès de 232 lycéens de la région de Caen (Calvados), explorant les connaissances théoriquement acquises de ces lycéens (notamment à partir de leur programme de biologie de l'année précédente) et leurs pratiques réelles. Résultats : tous les lycéens invités ont répondu au questionnaire sans réticence. Leurs connaissances sur la physiologie de la reproduction et sur la contraception étaient très incertaines. 30 % se disaient "sexuellement actifs" au moment de l'enquête (âge du premier rapport, qui concernait 40 % de l'échantillon : 16 ans et 6 mois). 90 % utilisaient un moyen contraceptif, le préservatif pour 66 % d'entre eux (garçons et filles), une fille sur 3 prenant la "pilule" (dans 1 cas sur 3 pour motif contraceptif). Les 3 grossesses déclarées (avec IVG) étaient attribuées à une rupture de préservatif ou une erreur de prise de pilule. Discussion : les données de cette enquête locale sont assez conformes à celles d'autres enquêtes du même type. Il apparaît que les progrès indéniables de l'information n'ont pas été suivis de l'effet attendu. La crainte du sida toujours sous-jacente ne suffit pas (plus ?) à l'utilisation systématique du préservatif, bien que le préservatif soit largement plébiscité par les adolescents, d'autant plus qu'il est simple d'accès. Pourtant, aucun de ceux (25 %) qui ont eu à subir une rupture de préservatif n'a envisagé le risque du sida. La prescription de contraception orale reste minoritaire, le corps médical étant d'ailleurs étonnamment absent du discours adolescent. Grossesses et IVG concernent les plus défavorisées de cette population. Conclusion : les adolescents connaissent encore mal la contraception, ne l'utilisent pas systématiquement, multiplient les "rattrapages" et subissent des échecs. Il reste globalement beaucoup de progrès à faire pour améliorer efficacement une situation qui reste plutôt précaire, surtout chez les moins favorisés.

Mots-clés : contraception, adolescence, préservatif, IST, éducation

Illustrations

ARTICLE

Introduction

En 1967, la première loi Neuwirth autorisait l'information sur les produits contraceptifs et leur prescription, jusqu'alors interdites par une loi de 1920. En 1974, la seconde permettait la prescription et la délivrance gratuite de produits contraceptifs aux mineures dans les centres de planification sans autorisation parentale. La même année, la loi Veil autorisait sous conditions l'interruption de grossesse. Les dernières modifications de cette loi, concernant notamment l'interruption de grossesse chez les mineures, datent de 2001. Dans ce contexte, que savent les adolescentes et adolescents de la contraception ? Qui les informe ? Comment appliquent-ils ces informations et si non, pourquoi ? Pour tenter de répondre àces questions, nous avons enquêté auprès de lycéens de la région de Caen.

Méthode

Le groupe d'adolescents de l'étude

L'enquête a été menée en décembre 2004 et janvier 2005 auprès de 232 élèves de 9 classes de seconde de la ville de Caen, filles ou garçons. Trois raisons ont motivé ce choix : la physiologie de la reproduction et les différentes méthodes contraceptives étant au programme de biologie de troisième, il était intéressant de savoir si, et comment, ils avaient intégré ces informations ; les infirmières scolaires signalaient que de nombreuses élèves de ces classes sont demandeuses de la « pilule du lendemain » ; en 2003, dans le secteur géographique concerné, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) a concerné au centre hospitalier universitaire de Caen une adolescente de 14 ans, 10 de 15 ans, 26 de 16 ans, 46 de 17 ans.

Le questionnaire utilisé

Il a d'abord été testé auprès de 10 adolescents ÃÊgés de 15 ans, puis distribué après présentation et explication du projet, insistant notamment sur la confidentialité absolue des données. Les lycéens y répondaient individuellement en salle d'examen. Ils disposaient d'une heure, pouvaient à tout moment demander toutes les explications nécessaires. Après un minimum « administratif » (section, sexe, ÃÊge), le questionnaire portait sur les deux questions que nous nous étions posées : le savoir d'une part (questions sur la reproduction et de la contraception élaborées notamment à partir du livre de biologie de troisième), les pratiques d'autre part (« Toi et la contraception »...). Chacune des questions, de type QCM, pouvait faire l'objet de commentaires libres le cas échéant.

Les proviseurs et infirmières scolaires des lycées retenus avaient donné leur accord de principe. Le projet a été soumis à l'autorisation des parents de chacun des élèves. Les données enregistrées ont été exploitées avec le logiciel Epi-Info.

Résultats

Caractéristiques des adolescents interrogés

Sur les 232 lycéens interrogés, 122 (52,6 %) étaient des filles, 110 (47,4 %) des garçons ; 98 (42 %) étaient en lycée général, 54 (23 %) en lycée professionnel et technique, 80 (34 %) en lycée technologique. Leur moyenne d'ÃÊge était de 16,1 ans (15 à 18 ans).

D'où tenaient-ils leurs informations ?

Cours de biologie, médias et interventions du centre de planification et d'éducation familiale (CPEF) sont les trois principales sources (tableau 1). Les lycéens s'estimaient dans l'ensemble plutôt satisfaits de leur information et affirmaient pouvoir facilement trouver des réponses ponctuelles à leurs questions sur la contraception : auprès de leurs proches d'abord (parents pour 40 %, frères et soeurs pour 18 %), du centre ensuite pour 33 %, du médecin scolaire pour 6 %, de leur médecin traitant pour 2 %.

Deux sur trois savaient où se procurer gratuitement des moyens de contraception (le CEPF était cité 144 fois, la pharmacie 118 fois, la médecine scolaire 40 fois).

Que savaient-ils de la reproduction et de la contraception ?

Le cycle menstruel était pour la majorité la période des règles (filles 86,9 %, garçons 81 %) ; les autres ne savaient pas ; 77,9 % des filles et 5,4 % des garçons savaient que ce cycle dure en moyenne 28 jours. Les autres réponses variaient entre 7 jours (17,7 %, uniquement des garçons) et 14 jours (5,7 % des filles et 35,4 % des garçons). La majorité des filles (83,6 %) et une minorité des garçons (15,5 %) savaient que l'ovulation se produit vers le 14e jour du cycle menstruel ; les autres ne savaient pas.

Seule une minorité avait connaissance de « méthodes naturelles » de contraception (méthode du retrait, courbe de température). Tous pensaient qu'elles n'étaient pas fiables, très peu étant capables d'expliquer pourquoi. Un garçon pensait impossible qu'une grossesse débute lors du premier rapport sexuel pénétrant « parce que les spermatozoïdes ne sont pas âÄúefficacesâÄÌ lors de ce premier rapport ».

Le tableau 2 résume les connaissances et croyances sur les différents contraceptifs.

 

Que disaient-ils de leur sexualité ?

Quatre adolescents sur 10 avaient eu un rapport sexuel complet : 34 filles (28 %) et 60 garçons (55 %). Lors du premier rapport sexuel, 68 avaient utilisé le préservatif, 10 la * Au total, 166 s'estimaient très informés, 66 moyennement informés...

pilule, 7 les deux ensemble, les 16 autres rien, soit parce qu'ils avaient peur d'imposer le préservatif àleur partenaire (4/16), soit parce qu'il y avait « trop plein d'émotion » au moment de ce premier rapport (11/16).

Au moment de l'enquête, 30,2 % (n = 70/232) des adolescents interrogés se disaient « sexuellement actifs » (une fille sur 4, un garçon sur 3) ; 90 % utilisaient un moyen de contraception : préservatif (66 %) lors de tous les rapports, pilule (24 %), double protection préservatif + pilule pour 5 adolescentes (4 %).

Des accidents de rupture du préservatif ont été rapportés par 27 des utilisateurs. ÃÄ chaque fois, la jeune fille avait utilisé la contraception d'urgence. Certains semblaient avoir secondairement pris conscience des risques encourus : 3/15 (20 %) des adolescents qui ne l'avaient pas utilisé lors du premier rapport disaient l'utiliser maintenant àchaque fois. Parmi la minorité (7/94) qui utilisait la double protection préservatif + pilule au premier rapport, 4 ont abandonné progressivement le préservatif, parce que leur relation s'était inscrite dans la durée : « J'ai confiance en lui (elle). »

Les 7 (10 %) qui n'utilisaient aucun moyen de contraception pratiquaient la méthode du retrait ; 4 d'entre eux disaient faire ainsi parce que leurs parents ne voulaient pas qu'ils aient de rapports sexuels àleur ÃÊge.

Au total, 48 des 122 adolescentes utilisaient la pilule pour différentes raisons, la contraception ne représentant le motif de prescription que pour 35 % des cas (autres : douleurs menstruelles et acné). Toutes avaient déjàeu un oubli dépassant 12 h.

Parmi les 34 adolescentes qui avaient déjàeu des rapports sexuels, 13 avaient eu recours àla contraception d'urgence , pour 6 parce qu'il y avait eu un oubli de pilule supérieur à12 h, pour 5 parce qu'il y avait eu rupture de préservatif, pour 2 parce que le rapport sexuel n'avait pas été protégé. Sept adolescentes y avaient eu recours une fois, 3 plus d'une fois par semestre, 2 plus d'une fois par trimestre, 1 plus d'une fois par mois.

Parmi les adolescentes interrogées, 3 avaient déjàeu recours àl'interruption volontaire de grossesse (IVG) , 2 après un oubli de pilule supérieur à12 heures (dont l'une malgré la prise de lévonorgestrel), 1 après rupture de préservatif.

Discussion

L'échantillon de l'enquête

Ces adolescents suivaient des cours d'enseignements différents, représentant les différentes modalités d'études secondaires. Ils ne sont pas nécessairement représentatifs de l'ensemble des adolescent(e)s du bassin de population bas-normand, même si l'on peut admettre que celui-ci présente une relative homogénéité. Il est plus important de noter que les adolescents déscolarisés après la troisième ne sont pas représentés.

Tous les élèves ont rendu un questionnaire rempli avec le plus grand sérieux, ce qui témoigne de leur intérêt pour le sujet, comme l'a montré la qualité du contact avec eux lors de la présentation de l'enquête et les échanges qui se sont instaurés àpropos des questions posées.

Les sources d'information sur la contraception

Le premier vecteur d'information était le cours de biologie, obligatoire, de troisième, cité par 100 % des lycéens de Caen. Par comparaison, une enquête analogue réalisée àBéziers en 1997 auprès de 406 jeunes de 15 à20 ans [1] montrait que cette information scolaire ne concernait que 70 % des adolescents. Le rapport Nisand [2], en 1999, montrait que le nombre d'IVG restait élevé chez les jeunes et que les adolescents étaient sous-informés sur la contraception. Le ministère de la Santé a depuis diffusé 12 millions d'exemplaires d'un « guide de poche » sur la contraception, une mallette pédagogique pour les enseignants et tous ceux qui interviennent en milieu scolaire (Le bonheur d'aimer, incluant une vidéo et des fiches sur les préservatifs, la contraception et la virginité) [3]. Il a été instauré dans les collèges et les lycées des actions d'éducation àla contraception, àla sexualité et àla vie (2 heures en 4e et 3e), ainsi que la mise en place d'une permanence téléphonique d'information. L'ensemble de ces actions éducatives explique probablement le passage de 70 à100 % : « les techniques et les méthodes qui permettent aux couples de choisir d'avoir ou non un enfant » sont au programme de biologie de la classe de 3e depuis 2000. Des séances d'information complémentaires peuvent être organisées sous la responsabilité des enseignants accompagnés de personnels d'éducation, d'assistantes sociales ou d'infirmières scolaires (loi du 4 juillet 2001).

Différentes campagnes télévisées ont sans doute aidé certains parents àprendre conscience de leur rôle éducatif : « La contraception est un droit fondamental » (Spot TV 1982), « La contraception, ça devient simple quand on en parle » (Spot TV 1991), « La contraception, àvous de choisir la vôtre » (Spot TV 2000), « la contraception, ne laissez pas l'imprévu décider àvotre place » (Spot TV 2002). Le recours aux proches familiaux est beaucoup plus important qu'àBéziers (45 % versus 28 % : particularité locale ou évolution sociologique ?). ÃÄ l'inverse, les adolescents caennais ont moins recours àleurs ami(e)s que dans une enquête du Comité français d'éducation àla santé (CFES) réalisée en 1997 auprès de 1 422 adolescents (27 % versus 45 %) [4].

Le recours aux médias (télévision, radios Fun-Radio ou Skyrock, magazines, internet) vient en second pour 3 adolescents sur 4, comme dans l'enquête du CFES [4].

Le centre de planification et d'éducation familiale (les CPEF ont été créés par la loi Neuwirth de 1967 et son décret d'application de 1972) est cité par 2 adolescents sur 3, ce qui reflète probablement le contexte local : selon la directrice du centre de Caen, les interventions dans les lycées et collèges sont nombreuses dans le cadre du programme ministériel [3]. Les 3 lycées de l'étude en bénéficient régulièrement.

Comme dans l'enquête du CFES [4], les médecins sont peu consultés (environ une fois sur 4). L'absence quasi-totale des médecins traitants pose certainement question. Cette enquête ne peut y répondre.

 

La qualité de l'information

Globalement, les adolescents sont satisfaits par les informations qui leur sont délivrées, la majorité s'estimant très bien informée... ce que démentent les nombreuses erreurs ou ignorances que montre le tableau 2. Sentiment de « toute puissance » propre àl'adolescence [5, 6] ? Les filles ont le mieux répondu aux questions portant sur la physiologie du cycle menstruel, probablement parce que l'information les concernait directement, mais dans l'ensemble, les connaissances « acquises » laissent àdésirer. Pourtant, un rapport ministériel rappelait en 2000 que la maîtrise de la contraception dépendait de la qualité des connaissances sur ce sujet [3].

Comme dans d'autres études, abstinence périodique et retrait sont peu pratiqués par les adolescents [7, 8]. La majorité a retenu comme message-clé méthodes naturelles = méthodes non fiables... Le préservatif et la pilule sont les méthodes contraceptives les plus connues , comme le constatait un rapport ministériel de 2001 [9]. Les connaissances plus vagues sur les spermicides sont logiques dans cette jeune population où ce mode de contraception n'est pas vraiment adapté [7]. Les imprécisions quant àla contraception d'urgence (même pour celles qui y avaient eu recours), la méconnaissance des implants contraceptifs, nécessitent des informations complémentaires. Il est intéressant de noter la différence de connaissances entre filles et garçons, qui montre qu'une information apportée n'est vraiment retenue que si elle rencontre un auditoire très concerné.

La mise en pratique des connaissances

L'ÃÊge moyen du premier rapport sexuel était dans notre enquête de 16,5 ans, proche de celui d'une enquête du CFES de 1995 [10] (17 ans et 3 mois pour les garçons, 17 ans et 6 mois pour les filles).

Comme dans différentes études [7, 10], près d'un adolescent sur 5 « sexuellement actif » n'utilisait aucun moyen de contraception lors de ce premier rapport, bien que tous connaissent, en théorie, l'importance de le faire. Dans toutes ces études, le moyen de contraception le plus utilisé au premier rapport sexuel est le préservatif (7 fois sur 10) puis la pilule (1 fois sur 10) parfois les 2 (moins de 10 %). Ces données n'ont donc pas changé entre 1995 et 2005. Les mêmes causes sont énoncées : manque de conscience des risques encourus, trop plein d'émotion, oubli, manque d'envie, ou peur d'imposer le préservatif, sentiment d'invulnérabilité et parfois de culpabilité vis-à-vis des parents [5, 7], pour lesquels la sexualité reste parfois un sujet tabou [11].

La contraception orale pose les problèmes très habituels d'oublis de pilule. Il est difficile d'interpréter l'insuffisance des connaissances sur la contraception de « rattrapage » et le fait d'utilisations répétitives de cette contraception d'urgence. Comme l'expliquait Françoise Dolto, les adolescents ne forment pas un groupe homogène [6].

L'observance des utilisateurs de préservatifs semble meilleure que celle des utilisatrices de la contraception orale. La facilité d'accès aux préservatifs, comparée àla nécessité d'une consultation gynécologique pour les utilisatrices de la pilule, est peut-être une des raisons qui expliquent cette différence, outre l'aspect contraignant que revêt la prise quotidienne de la pilule chez les adolescentes ayant des rapports sexuels irréguliers. Trois constats ont été faits dans notre enquête : 1) la prise de conscience du risque encouru s'est parfois faite après un premier rapport non protégé, 2) le préservatif est d'autant plus utilisé qu'il est facile d'accès, 3) le préservatif utilisé par la majorité des jeunes lors du premier rapport sexuel l'est beaucoup moins àdistance. C'était également observé dans l'enquête 1997 du CFES auprès de 6 020 adolescents, pour les mêmes motifs [4]. L'accident de rupture du préservatif, rapporté fréquemment dans cette enquête comme dans d'autres travaux [8] est peut-être dû àdes erreurs de pose. Si toutes les adolescentes àqui cet accident est arrivé ont pris la pilule du lendemain, aucun(e) n'a pensé àfaire un dépistage des IST, alors que tous affirmaient que le préservatif avait bien pour but de prévenir les IST et la grossesse. « Pensée magique » propre àl'adolescent [5] qu'une grossesse peut débuter mais qu'en aucun cas le partenaire choisi ne saurait transmettre une IST ?

 

La grossesse

Le nombre de grossesses signalées est proche des 2 % d'une enquête de la Fédération internationale de Pédiatrie en 2000 [12]. Ces grossesses n'étaient pas désirées. Selon les adolescent(e)s, elles correspondaient àun oubli de pilule ou une rupture de préservatif. Le cas particulier d'un échec de la contraception d'urgence montre l'importance d'insister sur ses modalités d'emploi au moment de la prescription. Ces trois grossesses ont débuté chez des jeunes filles du lycée professionnel, ce qui est également conforme aux données connues antérieurement [13, 14] : premier rapport plus précoce, nombre d'IVG plus élevé, IST plus fréquentes dans cette population souvent issue de milieux moins favorisés et qui entre plus précocement dans la vie active.

Conclusion

Les adolescents dans cette enquête comme dans d'autres n'utilisent pas systématiquement la contraception, multiplient les « rattrapages » et subissent des échecs. Leurs connaissances, malgré des progrès indéniables, ne sont pas suffisantes, la mise en pratique de ces connaissances très aléatoire. Le sentiment de « toute puissance » et d'invulnérabilité propre àl'adolescence, la peur des parents (crainte qu'ils sachent, peur d'essuyer un refus...), des réticences « psychologiques », représentations et autres mythes quant àla contraception orale, expliquent sans doute une part de ces insuffisances. Il reste globalement beaucoup de progrès àfaire pour améliorer efficacement une situation qui reste plutôt précaire, surtout chez les moins favorisés.

Références

Desmartin V, Boulahtouf B. ÃÈtude sur la contraception et la prévention des MST àl'adolescence : une étude par entretiens auprès des 15-20 ans àBéziers. Montpellier: ORS Languedoc-Roussillon; 1998.

Nisand I. Rapport sur l'IVG en France. Propositions pour diminuer les difficultés que rencontrent les femmes. Paris: DGS; 1999.

Aubry M. Présentation de la campagne sur la contraception. Ministère de l'Emploi et de la Solidarité. Paris, 2000.

Comité Français d'ÃÈducation àla Sexualité. Information sur la contraception. Fiche d'actualité scientifique. 1997;5:36-9.

Athea N. Proposition pour une politique de santé des adolescents. Paris: DGS; 1993.

Dolto F, Dolto-Tolitch C. Paroles pour les adolescents ou le complexe du homard. Paris: Hatier; 1990.

Serfaty D. Contraception. Paris: Masson; 1998.

Spira A, Bajos N. Les comportements sexuels en France. Rapport au Ministre de la Recherche et de l'Espace. Paris: la Documentation Française; 1993.

Toulemon L, Leridon H. Les pratiques contraceptives en France. Rev prat. 1995;45:2395-400.

Dressen C, Guilbert P, Gautier A. Vie affective et sexuelle. In: CFES, eds. Baromètre Santé 97/98. 1998 (p. 9-27).

Lagrange H. La famille malgré tout : l'adolescence, famille et morale sexuelle. Rev Panoramique. 1996;25:29-46.

Marcault G, Pierre F. Enquête de la Fédération Nationale de Pédiatrie. In: Acte du colloque de la 2e journée de Médecine et Santé de l'Adolescent. Poitiers: Firea éd; 2000 (p. 91-4).

Choquet M, Ledoux S. Adolescents. Analyse et Perspectives. Paris: Inserm; 1994.

Le Corre M, Thomson E. Les IVG en 1998. DRESS: ÃÈtudes et résultats. 2000;1:1-4.


 

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