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Un traitement intensif du diabète gestationnel améliore le pronostic fœtal


Médecine. Volume 1, Numéro 1, Octobre 2005, Brèves



Auteur(s) : Jean-Pierre Vallée, .

ARTICLE

New England Journal of Medicine - 9 juin 2005

Un traitement intensif du diabète gestationnel améliore le pronostic fœtal

En l'absence d'études randomisées concluantes, il n'existe pas de consensus sur la nécessité de dépister le diabète gestationnel chez la femme enceinte et sur l'intérêt d'une prise en charge intensive de ce syndrome (cf. l'article canadien page 8). Une étude australienne, l'Australian Carbohydrate Intolerance Study in Pregnant Women (ACHOIS) apporte quelques éléments de réponse: 1 000 femmes (entre 24 et 34 semaines de gestation) présentant un diabète gestationnel (glycémie à jeun normale, entre 1,4 et 1,98 g/L 2 heures après la prise de 75 g de glucose) ont été incluses ; 510 ont eu un suivi classique laissé à l'appréciation du praticien, 490 une prise en charge intensive associant conseils diététiques individualisés, autosurveillance de la glycémie et insulinothérapie en cas d'insuffisance des résultats sous régime seul : 20 % des femmes du groupe intervention ont reçu de l'insuline contre 3 % dans le groupe contrôle. Les complications périnatales sérieuses (décès, dystocie des épaules, fractures osseuses, paralysie par atteinte périphérique) ont été moins fréquentes dans le groupe intervention (1 % vs 4 %, p = 0,01), associées à une baisse moyenne du poids de naissance de 145 g (p < 0,001) et 2 fois moins de macrosomies. Le taux d'induction du travail supérieur dans le groupe intervention (39% vs 29%), avec un taux de césariennes identique dans les 2 groupes, les admissions en soins intensifs néonataux plus nombreuses (71% vs 61%). Un peu plus de la moitié des femmes de l'essai ont été interrogées à 3 mois : celles du groupe intervention avaient des scores de dépression inférieurs à celles du groupe contrôle.

Les auteurs de cette étude ainsi que les éditorialistes du NEJM soulignent l'intérêt de ces résultats. Il reste cependant de nombreuses inconnues.

Les seuils de prise en charge restent à déterminer. L'intérêt de ce type de prise en charge sur le pronostic à long terme, tant pour les enfants que pour les mères, n'est pas évident. Surtout, les données les plus récentes semblent indiquer que l'augmentation de prévalence du diabète gestationnel est surtout liée à celle de l'obésité maternelle, ce qui suppose une prise de conscience largement en amont de la grossesse.

Crowther C et al. Effect of treatment of gestational diabetes mellitus on pregnancy outcomes. N Engl J Med 2005 ; 352 : 2477-86.


 

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