ARTICLE
Auteur(s) : Guillaume Jondeau
Service de cardiologie, hôpital Ambroise-Paré, 9 avenue
Charles-De-Gaulle, 92104 Boulogne-Billancourt Cedex
<guillaume.jondeau@apr.aphp.fr>
Propriétés pharmacologiques
Le peptide natriurétique de type B (BNP ou brain natriuretic
peptid) peut être produit depuis peu par recombinaison
génétique. Non absorbable par voie orale, il nécessite une
administration intraveineuse ou éventuellement sous-cutanée [1].
Son développement est basé sur le fait que ses propriétés
vasodilatatrices mixtes, sans stimulation hormonale réflexe
(puisque le BNP a un effet suppresseur sur les système
rénine-angiotensine et sur le système sympathique), associées à des
propriétés diurétiques, en font une drogue théoriquement idéale
pour le traitement de la décompensation cardiaque aiguë.
L’existence d’une action antihypertrophique pourrait également la
rendre intéressante au long cours.
Les études hémodynamiques ont montré que le BNP intraveineux
provoquait une vasodilatation dose-dépendante. L’effet observé
associe une baisse des pressions de remplissage (pression de
l’oreillette droite et pression capillaire pulmonaire) et une
diminution de la pression artérielle. Cette hypotension ne
s’accompagne pas d’une tachycardie réflexe, ce qui différencie le
BNP injectable de la nitroglycérine. L’hypotension résulte d’une
baisse des résistances systémiques puisque le volume d’éjection
systémique (et donc le débit cardiaque en l’absence de modification
de la fréquence cardiaque) augmente légèrement. Un effet diurétique
existe également, dont il est difficile d’affirmer s’il résulte
d’une action directe ou s’il est la conséquence d’une amélioration
de l’état hémodynamique. Liste des abréviationsBNP : peptide
natriurétique de type BFEVG : fraction d’éjection
ventriculaire gauche.
Sur le plan hormonal, la perfusion de BNP tend à diminuer le
taux d’aldostérone (y compris en réponse à la stimulation de la
sécrétion d’aldostérone par le furosémide dans un modèle animal
[2]) et n’augmente pas le taux de rénine plasmatique, contrairement
à la nitroglycérine. Le taux d’endothéline 1 pourrait également
diminuer [3]. Enfin, sa demi-vie est assez courte (modèle
bicompartimental avec t 1/2 10 minutes puis
15 minutes), mais plus longue que celle de la nitroglycérine
[1].
À ce jour, peu d’études randomisées ont été réalisées avec le
BNP et aucune démonstration d’un bénéfice sur la mortalité n’est
disponible.
| Liste des abréviations |
| BNP : peptide natriurétique de type B |
| FEVG : fraction d’éjection ventriculaire
gauche |
Études disponibles
Étude Natrecor
Cette première étude randomisée en aveugle a comparé
3 doses de BNP perfusées pendant 24 heures chez
74 patients (bolus de 0,25 μg/kg puis perfusion de
0,015 μg/kg/min ; n = 22, bolus de 0,5 μg/kg
puis perfusion de 0,03 μg/kg/min ; n = 26, et bolus de
1 μg/kg puis perfusion 0,06 μg/kg/min ; n = 26)
à du placebo (n = 29) chez des patients en insuffisance cardiaque
de stade III ou IV de la NYHA, avec dysfonction systolique
ventriculaire gauche (FEVG < 35 %), stables (ils étaient
hospitalisés et la sonde de Swan-Ganz posée pour les besoins du
protocole) [4]. L’étude hémodynamique a confirmé l’effet sur
les pressions de remplissage et les résistances systémiques, sans
tachycardie réflexe (figure 1). L’effet
hémodynamique était maintenu pendant les 24 heures de
perfusion (absence de phénomène de tolérance) et l’arrêt prématuré
de la perfusion de BNP au cours de ce protocole était en rapport
avec son efficacité : baisse de la pression capillaire (n = 3)
et hypotension artérielle (n = 3) dans le groupe recevant de fortes
doses. La perfusion de BNP ne s’est pas accompagnée d’une
augmentation significative de la diurèse.
Cette étude a permis d’établir que l’effet hémodynamique du BNP
était déjà observé après une heure de perfusion (premier temps de
mesure) et se poursuivait pendant 24 heures. Enfin, les
mesures réalisées à l’arrêt de la perfusion n’ont pas apporté
d’argument pour un effet rebond.
Étude Nésiritide
La deuxième étude a été réalisée chez les patients lors d’une
décompensation cardiaque [5]. Elle comprenait deux bras.
La sous-étude ou le bras « d’efficacité » comportait
un monitoring hémodynamique. Elle était réalisée en double aveugle
et le critère principal était l’évolution de la pression capillaire
pulmonaire à 6 heures. Les 127 patients inclus avaient
une FEVG moyenne de 22 %, une pression capillaire pulmonaire
de 28 mmHg et un index cardiaque de 1,9 L/min/m2. Le BNP
était supérieur à 1 000 pg/mL. Quarante-deux patients recevant
un placebo ont été comparés à 43 patients recevant
0,015 μg/kg/min de nésiritide en perfusion après un bolus de
0,3 μg et à 42 patients recevant 0,030 μg/kg/min de
nésiritide en perfusion après un bolus de 0,6 μg (les fortes
doses de l’étude précédente ont été abandonnées). Les résultats
hémodynamiques, rapportés dans le tableau 1 reflètent l’effet
vasodilatateur veineux et artériel, proportionnel à la dose, sans
tachycardie réflexe.
Tableau 1. Modifications des
paramètres hémodynamiques à 6 heures dans l’étude
hémodynamique (d’après [5])
| |
Placebo |
|
Nésiritide |
|
|
| Variables |
n = 42 |
0,015 μg/kg/min
n = 43 |
|
0,030 μg/kg/min
n = 42 |
p |
| Pression capillaire pulmonaire
(mmHg) |
+ 2,0 ± 7,2 |
- 6,0 ± 7,2 |
|
- 9,6 ± 6,2 |
< 0,001 |
| Pression auriculaire droite
(mmHg) |
+ 0,4 ± 4,6 |
- 2,6 ± 4,4 |
|
- 5,1 ± 4,7 |
< 0,001 |
| Résistances vasculaires
systémiques (dyn.sec.cm-5) |
+ 161 ± 481 |
- 247 ± 492 |
|
- 347 ± 499 |
< 0,001 |
| Index cardiaque
(L/mn/m2) |
- 0,1 ± 0,47 |
+ 0,2 ± 0,49 |
|
+ 0,4 ± 0,69 |
< 0,001 |
| Pression artérielle systolique
(mmHg) |
+ 0,3 ± 11 |
- 4,4 ± 10,2 |
|
- 9,3 ± 12,6 |
0,001 |
| Pression artérielle pulmonaire
systolique (mmHg) |
+ 1,7 ± 8,2 |
- 9,4 ± 10,3 |
|
- 12,9 ± 12,5 |
< 0,001 |
| Pression pulmonaire moyenne
(mmHg) |
+ 2,0 ± 5,9 |
- 7,0 ± 6,9 |
|
- 7,7 ± 7,6 |
< 0,001 |
| Résistances vasculaires
pulmonaires (dyn.sec.cm-5) |
+ 26 ± 197 |
- 62 ± 100 |
|
- 2 ± 142 |
0,03 |
| Fréquence cardiaque
(bpm) |
+ 1,4 ± 7,5 |
- 1,6 ± 7,1 |
|
+ 0,0 ± 8,8 |
0,22 |
L’étude hormonale a montré que l’aldostérone diminuait sous
traitement par rapport au placebo et que le taux des catécholamines
n’était pas modifié. L’effet sur la diurèse était modéré (diurèse
de 6 heures de 380 mL dans le groupe placebo, 560 mL
et 659 mL dans les groupes recevant le nésiritide). La
tolérance de la plus forte dose de nésiritide semblait imparfaite
avec 3 arrêts du traitement avant 6 heures de perfusion
(hypotension artérielle, chute de la pression capillaire, oligurie)
contre 1 arrêt dans le groupe faible dose (aggravation de
l’insuffisance cardiaque) et 1 dans le groupe placebo (trouble du
rythme).
L’originalité de cette étude est la démonstration d’une
amélioration plus fréquente du statut clinique sous nésiritide que
sous placebo, tant du point de vue du patient (faibles doses,
fortes doses et placebo 60 et 67 % versus 14 %
respectivement) que de celui du médecin (55 et 77 %
versus 15 % respectivement). La dyspnée et la fatigue
ressenties par le patient étaient également mieux améliorées par le
nésiritide. Ce qui confortait l’importance de l’hémodynamique dans
la prise en charge des patients en souffrance cardiaque
décomposée.
La sous étude ou le bras sans monitoring hémodynamique comparait
en ouvert (n = 102) le traitement habituellement donné
par l’investigateur pour une décompensation cardiaque aiguë
(dobutamine 57 %, milrinone 19 %, nitroglycérine
18 % dans cette étude américaine) aux deux mêmes doses de
nésiritide que l’étude hémodynamique. En outre, ces doses étaient
comparées en double aveugle entre elles (n = 103 et 100
respectivement). Il n’y avait donc pas de groupe placebo dans cette
sous-étude (difficile à justifier d’un point de vue éthique). La
perfusion de nésiritide pouvait être maintenue pendant
7 jours, à la discrétion de l’investigateur. Les critères de
jugement étaient le statut clinique global et les symptômes. Aucune
différence n’a été trouvée entre les 3 groupes, aussi bien sur
l’amélioration du statut global que sur la perception de la
dyspnée, la fatigue, mais il faut bien noter que l’étude n’avait
pas la puissance pour établir l’équivalence d’efficacité des
traitements. Il s’agit d’un résultat négatif, à la différence de ce
qui a été fait pour l’étude VALIANT par exemple (dans laquelle
l’équivalence du valsartan et du captopril dans le post-infarctus a
pu être établie) [6]. Seule l’utilisation d’un diurétique
était moins fréquente dans le groupe de patients recevant le
nésiritide. Une hypotension artérielle symptomatique était notée
chez 11 et 17 % des patients recevant le nésiritide (faibles
et fortes doses) contre 4 % dans le groupe traitement
classique.
Cette étude confirme donc l’effet vasodilatateur dose-dépendant
du nésiritide, avec une hypotension artérielle symptomatique plus
fréquente chez ces patients hospitalisés pour décompensation
cardiaque.
La sous-étude sans surveillance hémodynamique a fait l’objet
d’une analyse a posteriori, comparant le sous-groupe des
patients ne recevant pas le nésiritide mais de la dobutamine aux
patients qui ont reçu du BNP [7]. La durée d’hospitalisation était
identique, mais il y avait une tendance à la surmortalité à
6 mois avec la dobutamine, confirmant l’effet potentiellement
délétère des inotropes positifs dans la prise en charge des
décompensations cardiaques (avec les réserves d’usage pour les
analyses a posteriori) [7]. La supériorité de l’utilisation
d’un vasodilatateur tel le BNP sur un inotrope a également été
illustrée par l’augmentation du nombre de tachycardies
ventriculaires, ESV pairées ou isolées par la dobutamine alors
qu’il n’y avait pas d’augmentation des événements rythmiques sous
BNP injectable [8].
Étude VMAC
La troisième étude, la VMAC (Vasodilation in the Management
of Acute Congestive heart failure), portait sur des patients
hospitalisés pour décompensation cardiaque chez lesquels un
traitement intraveineux était nécessaire du point de vue de
l’investigateur [9]. La présence d’une dysfonction systolique
ventriculaire gauche n’était pas nécessaire (15 % de la
population avait une FEVG > 40 %). Le protocole était
un peu complexe (figure 2). Les
patients étaient répartis en fonction de l’utilisation d’une
surveillance hémodynamique dont l’indication était laissée à la
discrétion de l’investigateur. Les patients non cathétérisés
recevaient soit un placebo, soit de la nitroglycérine dont la dose
pouvait être modulée selon les souhaits de l’investigateur, soit du
nésiritide à une dose fixe (bolus de 2 μg/kg suivi d’une
perfusion de 0,01 μg/kg/min pendant les 3 premières
heures, une dose proche de la faible dose du protocole précédent),
en double aveugle, double dummy. Après 3 heures, les
patients du groupe placebo recevaient soit la trinitrine à dose
modulable, soit le nésiritide pendant au moins 24 heures. Dans
le groupe des patients qui avaient eu une sonde de Swan-Ganz, les
mêmes 3 groupes étaient constitués initialement, mais chez la
moitié des patients recevant le nésiritide, la dose pouvait être
augmentée si la pression capillaire pulmonaire était supérieure à
20 mmHg et la pression artérielle systolique supérieure à
100 mmHg.
La dose de nitroglycérine perfusée à 3 heures était plus
faible dans le groupe sans surveillance hémodynamique (1,7 ±
2,4 versus 2,5 ± 3,7 mg/h) et les
doses n’ont pas été augmentées entre 3 et 24 heures, à la
différence du groupe avec surveillance hémodynamique (à 3,4 ±
3,8 mg/h). La dose de nésiritide n’a été augmentée après
les 3 premières heures que chez 23 % des patients chez
lesquels cette augmentation était permise. Les doses de
nitroglycérine utilisées dans cette étude étaient donc faibles
selon les standards européens et les bolus de nitroglycérine (dont
l’efficacité est reconnue) non utilisés, alors que le nésiritide
était donné sous forme de bolus suivi d’une perfusion.
Dans le groupe avec surveillance hémodynamique, la baisse de
pression capillaire a été plus importante et rapide chez les
patients recevant du nésiritide (figure 3), la
baisse de la pression auriculaire droite également. La baisse de
pression artérielle systolique a été du même ordre avec la NTG et
le BNP injectable (-5,7 versus -5,6 mmHg) dans le
groupe avec surveillance hémodynamique, et les hypotensions
symptomatiques sont survenues chez 5 % de l’ensemble des
patients recevant la nitroglycérine versus 4 % de
l’ensemble des patients recevant le BNP. La durée des épisodes
hypotensifs était par contre supérieure chez les patients recevant
le BNP injectable (2,2 versus 0,7 heures pour
nitroglycérine ; p = 0,002).
Le deuxième critère principal était fonctionnel : le score
global de statut clinique tendait à être amélioré par le BNP, mais
non différemment de la nitroglycérine, et le score de dyspnée était
amélioré par le BNP par rapport au placebo, mais non différemment
d’avec la nitroglycérine.
La tolérance symptomatique du BNP était bonne, avec moins de
céphalées sous placebo (2 %) ou BNP injectable (5 %) que
sous nitroglycérine (12 %). Enfin les critères de sécurité
étaient similaires dans les groupes TNT et BNP injectable
(réhospitalisations à 30 jours : 23 versus
20 %, décès à 7 jours 0,5 versus 1,5 %, décès
à 6 mois 21 versus 25 %, respectivement groupe
nitroglycérine versus BNP injectable).
Ces études permettent de conclure au bénéfice de l’utilisation
de BNP recombinant pour le traitement des patients présentant une
décompensation cardiaque aiguë, indépendamment de la fraction
d’éjection ventriculaire gauche. La supériorité par rapport aux
inotropes positifs tels la dobutamine est établie et en accord avec
l’effet délétère reconnu de l’utilisation des inotropes
positifs [10].
Place du nésiritide dans l’arsenal thérapeutique
Le bénéfice du BNP injectable par rapport aux autres
vasodilatateurs tels la nitroglycérine est plus difficile à
établir : les deux ont un effet vasodilatateur veineux et à un
moindre degré artériel. L’importance de cet effet est directement
proportionnel à la dose utilisée décroissante au cours des années
(cf. supra). Les deux molécules ont un effet bénéfique sur
la circulation coronaire [15]. La perfusion de BNP ne s’accompagne
pas d’une tachycardie réflexe, alors que c’est le cas pour la
perfusion de TNT (mais dans l’étude VMAC qui comparait
nitroglycérine et BNP, l’évolution de la fréquence cardiaque n’est
pas rapportée et la démonstration de la différence entre les deux
molécules n’est donc pas disponible). L’utilisation de BNP
injectable ne produit pas d’activation du système
rénine-angiotensine, contrairement à ce qui a été montré pour la
nitroglycérine. Surtout, la perfusion de BNP ne semble pas
s’accompagner de phénomène d’échappement (peut-être au moins en
partie, car il n’est pas donneur de monoxyde d’azote et n’active
pas le système rénine-angiotensine) et les céphalées sont plus
rares avec la perfusion de BNP qu’avec la nitroglycérine. Le risque
d’hypotension artérielle existe avec tous les vasodilatateurs, mais
les épisodes d’hypotension artérielle sont plus prolongés avec le
BNP injectable du fait de sa plus longue demi-vie. À noter
qu’il n’a pas été montré d’effet natriurétique significatif du
nésiritide. Enfin, il n’existe pas à ce jour d’étude montrant le
bénéfice de l’utilisation de BNP par rapport à la trinitrine sur
des critères comme la mortalité ou le taux de réhospitalisation
après décompensation cardiaque. L’effet sur la mortalité du
nésiritide a fait l’objet d’une méta-analyse sur les 3 études
randomisant le nésiritide à un traitement témoin noninotrope (une
de ces études, PROACTION, n’est pas encore publiée) et qui
rapportaient la mortalité à 30 jours, soit 485 patients
traités par nésiritide, comparés à 377 traités par un traitement
autre. La mortalité à 30 jours n’était pas significativement
plus élevée sous nésiritide, mais la tendance est néanmoins en
défaveur de ce dernier (7,2 % versus 4 %, RR
= 1,74, IC95 % 0,97-3,12, p = 0,059) même
après ajustement (RR = 1,81, IC95 % 0,98-3,31,
p = 0,057) [12]. La nitroglycérine n’a cependant
pas bénéficié d’un programme de développement strict comme celui du
BNP recombinant, ni de bénéfice en termes de qualité de vie comme
le BNP injectable. C’est l’originalité des études réalisées avec
cette molécule d’avoir relié l’amélioration hémodynamique avec
l’amélioration fonctionnelle au cours de l’insuffisance cardiaque
aiguë, ce qu’on sait ne pas être vrai au cours de l’insuffisance
cardiaque chronique par dysfonction systolique ventriculaire gauche
en dehors des décompensations. Cette démonstration est d’autant
plus importante qu’elle n’a été possible avec aucune autre
thérapeutique de façon aussi probante. Les résultats de ces
différentes études ont permis la mise sur le marché du nésiritide
dans plusieurs pays dont les États-Unis.
La relation observée dans ces études entre amélioration
fonctionnelle et amélioration hémodynamique a été récemment remise
en cause par les résultats de l’étude VERITAS, comparant le
tezosentan, un anti-endothéline, au placebo [13]. Cette molécule a
amélioré les paramètres hémodynamiques des patients sans améliorer
les paramètres subjectifs de leur statut clinique (échelle de
dyspnée). Ces résultats récents soulignent l’importance de montrer
des bénéfices sur des critères d’évaluation tels la durée
d’hospitalisation, le taux de réhospitalisation et au mieux la
mortalité. Il est difficile cependant de montrer un tel bénéfice
pour un traitement de l’insuffisance cardiaque aiguë (actuellement
aucune molécule n’a pu montrer un tel effet). C’est dire qu’on
attend avec impatience la réalisation d’une telle étude avec le
BNP, qui rassemble beaucoup des propriétés que l’on attend d’un
traitement dans ce contexte.
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Insuffisance cardiaque aiguë
Les hospitalisations pour insuffisance cardiaque sont de plus en
plus fréquentes, et représentent le principal motif
d’hospitalisation au-delà de 60 ans [1, 2]. Les thérapeutiques
médicamenteuses dont on dispose sont les diurétiques, les
vasodilatateurs et les inotropes positifs. Le risque des inotropes
positifs a été largement souligné [3]. Les molécules
vasodilatatrices commercialisées sont anciennes : le
nitroprussiate est peu utilisé et la nitroglycérine (dérivés
nitrés) une vieille molécule. Des progrès ont été réalisés dans le
mode d’utilisation des vasodilatateurs (préférence sur les
diurétiques, sur les inotropes, utilisation de bolus), mais le
phénomène d’échappement, les céphalées, l’activation hormonale
qu’ils provoquent témoignent de ses imperfections [4].
L’évaluation du retentissement hémodynamique de l’insuffisance
cardiaque est effectuée à l’aide d’un algorithme diagnostique
(figure 1),
d’où l’on peut déduire l’intervention thérapeutique (figure 2). La présence
de signes congestifs est attestée par une orthopnée, une distension
jugulaire, la présence de crépitants, d’un reflux hépatojugulaire,
d’une ascite, d’œdèmes périphériques, d’une déviation à gauche du
bruit pulmonaire et de l’influence de la manœuvre de Valsalva sur
la pression artérielle. Le retentissement sur la perfusion est
évalué sur la présence d’une pression artérielle pulsée, pincée,
d’un pouls alternant, d’une hypotension artérielle symptomatique,
sans orthostatisme, des extrémités froides et des troubles de la
conscience. D’après ses promoteurs anglo-saxons, ce diagramme
évalue le profil hémodynamique des patients présentant une
insuffisance cardiaque, dans un délai très court, inférieur à
2 minutes. Son interprétation doit prendre en considération la
possibilité de la présence de signes d’hypoperfusion, alors que les
pressions de remplissage sont élevées (profil froid et sec) et
d’autres patients avec une élévation des pressions de remplissage,
sans réduction significative de la perfusion (chaud et humide). Il
est donc important d’évaluer avec attention les symptômes
d’insuffisance cardiaque au repos lors des efforts minimes, en
l’absence de signe en faveur d’une élévation des pressions de
remplissage ou d’hypoperfusion (chaud et sec) afin de s’assurer que
les symptômes sont bien liés à une insuffisance cardiaque.
Ariel Cohen
Références
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