ARTICLE
Auteur(s) : Renaud
Évrard1, Pascal Le Maléfan2
1Doctorant en psychologie, psychologue FPH,
Université de Rouen, PSY-NCA EA 4306, 17, rue Lavoisier,
76821 Mont-Saint-Aignan, France
2Professeur de psychologie clinique
Les « enfants indigo » est le nom générique donné par un
ensemble de mouvements New Age à des enfants considérés comme «
surhumains » et qui se présentent généralement avec des difficultés
censées découler de l'inadaptation de leur environnement à leur
supposé haut potentiel. En gestation depuis les années 1970,
le mouvement s'est vraiment formalisé dans les années 1990, et se
répand dans les pays francophones depuis 1999. Les organismes
de lutte anti-sectes ont déjà répertorié les nombreux dangers
accompagnant ce discours. Cet article n'est pas le lieu pour
rappeler ces conseils de prudence, même si quelques références
seront données sur ce point. L'intérêt de ce travail est de
produire une description plus générale des conditions d'émergence
et de développement des mouvements autour des « enfants indigo »,
de façon à situer leur « niche écologique ». Cette description sera
utile aux approches psychopathologiques infanto-juvéniles car ces
références culturelles pénètrent le champ de la santé mentale,
ainsi que l'illustrera le cas clinique de Victor.
Façonner un enfant indigo
Le concept d’« enfant indigo » a été inventé par Nancy Ann Tappe,
une voyante américaine affirmant observer des « auras » de
différentes couleurs autour de certaines personnes, dont la couleur
indigo. Elle reprend alors un thème classique de l'ésotérisme,
ouvrant un champ très large de différents profils psycho-spirituels
fondés sur le type d'aura. À noter que les thèmes des « avatars
bleus » sont un emprunt culturel aux racines profondes [8]. À
partir d'un best-seller dû à des « écrivains-thérapeutes » comme le
New Age en connaît beaucoup – Les Enfants indigo, enfants du
troisième millénaire [6], écrit par Lee Carroll et Jan Tober –,
l'idée s'est répandue que des « enfants indigo », des enfants «
mutants », nés depuis les années 1990, surdoués et rebelles,
seraient parmi nous pour nous aider à affronter la « grande
transition planétaire ». Des parents sont alors amenés à voir
dans le comportement « étrange » – à leurs yeux – de leur enfant et
souvent de leur adolescent, le signe d'aptitudes spirituelles
et paranormales particulières.
Ces affirmations sont certes portées par une sorte de
millénarisme, mais elles font écho à des réalités sociales et
culturelles qui ne peuvent désintéresser les psychopathologues.
Tout d'abord, Lee Carroll se prétend contacté par une entité
spirituelle, Kryeon, un ange annonciateur de l'apocalypse et
de sa solution : l'accueil des enfants indigo. Il y a donc une
source tout à fait sectaire1, ainsi qu'un marché du
livre New Age lucratif accompagnant ce mouvement. Mais il
existe surtout une convergence étonnante entre cette mise en avant
des « enfants indigo » et le diagnostic de TDAH (Trouble de déficit
de l'attention/hyperactivité2). Celui-ci est
généralement associé à la prescription de Ritaline®, un
stimulant ayant des effets paradoxaux sur les personnes
hyperactives, puisqu'il calme l'agitation et favorise l'attention.
Diagnostics et prescriptions ont subi une inflation très importante
outre-Atlantique depuis les années 1990, et progressivement dans
d'autres pays occidentaux. Ils occasionneraient une perception
nouvelle et pessimiste de la jeunesse, dont la réussite dans la vie
dépendrait de ces formes de soutiens biochimiques. Certaines
personnes pensent assister à une explosion inquiétante de la
demande de ce médicament pour des raisons extrathérapeutiques,
notamment sous l'insistance des parents ou à la demande des
enseignants. Pour d'autres, cette demande croissante s'explique par
une meilleure connaissance de la maladie et donc un meilleur
diagnostic. Quelle que soit l'issue de cette controverse, la
Ritaline® a glissé dans ce cliché du médicament comme
réponse sociale, soutenue par une biopolitique répressive. Or la
description quasi clinique des enfants indigo par leurs promoteurs
recoupe largement celle conduisant au diagnostic de TDAH. Tant et
si bien que l'on peut donner une double description du même enfant,
l'une offrant des promesses plus porteuses sur le plan narcissique.
Le même type de recouvrement permet de recatégoriser des
enfants en échec scolaire, autistes, dyslexiques, des « ados en
crise », voire même n'importe quel comportement trivial d'un
enfant, comme la frustration, l'impatience ou la bouderie. Russell
Barkley, professeur de psychiatrie à New York, rappelle que ces
check-lists donnant une description vague et générique de ce que
serait un enfant indigo sont facilement validées subjectivement,
selon un effet psychologique connu sous le nom d'effet Barnum-Forer
[22]. Les traits attribués aux enfants indigo pourraient en
réalité décrire n'importe qui.
Une autre convergence de taille est celle avec les surdoués ou à
haut potentiel. Sophie Cote, présidente de l'Association française
des enfants précoces (Afep), et Brigitte Bernadet, présidente de
l'Association nationale pour les enfants intellectuellement
précoces (ANPEIP), constatent que les descriptions des enfants
indigo recouvrent celles des enfants précoces [10, 20].
Ce chevauchement serait voulu par les tenants des indigos,
même s'il est perceptible qu'une dynamique similaire rapproche les
deux groupes : les parents font de plus en plus la démarche de
venir demander d'évaluer le QI de leurs enfants probablement
surdoués ou précoces, puisqu'en difficulté à l'école ou
incontrôlables à la maison. C'est la même espérance, et la même
plainte à propos d'enseignants et d'éducateurs qui ne traitent pas
l'enfant avec tous les égards qu'il mérite.
Le thème de l'inquiétante étrangeté de l'enfance est porteur. «
Ces enfants, qualifiés d'indigo, sont en fait une nouvelle version
de ces “enfants nouveaux” qui, depuis un certain nombre d'années,
semblent cristalliser tous les espoirs et les angoisses du monde
des adultes et désigner l'enfance comme le lieu d'une irréductible
et problématique altérité [32]. » Un exemple en est « l'enfant
téflon » inventé par le psychologue québécois Daniel Kemp [21] dont
l'opposition blindée à notre société dissimulerait une promesse
d'avenir. Ces enfants « nouveaux » (par rapport aux enfants «
anciens » qui, eux, peuvent s'adapter aux structures en place)
voguent entre le psychologique normal, le pathologique et le
merveilleux.
L'intérêt des tenants d'un « syndrome indigo » est manifestement
de mettre ces enfants ou adolescents sur le même plan que les
surdoués incompris, les génies artistiques, les penseurs
révolutionnaires en herbe, les humanistes ou les mystiques.
Les mouvements des enfants indigo leur injectent un nouveau
potentiel, pouvant se révéler dans un certain contexte éducatif,
par exemple la scolarisation à domicile ou les écoles spécialisées
(Montessori, Steiner, Freinet). Ce mythe contemporain jouerait
le même rôle que l'appellation de « l'enfant-ancêtre », dans
l'Afrique de l'Ouest, enfant dont le comportement est différent de
celui des autres, soit en négatif, soit en positif, parce que son
esprit est occupé par un ancêtre mort [28]. Cette injection de sens
dans le devenir de l'enfant (et sa perception par le parent) est un
des moteurs des mouvements indigo, malgré toutes les critiques
possibles de sa mise en forme.
Suite au premier livre, des parents ont reconnu leurs enfants
comme étant « indigo » et des adolescents ou adultes se sont
identifiés eux-mêmes comme tels. Le deuxième ouvrage de
Carroll et Tober – Célébration des enfants indigo [7] – est
d'ailleurs une compilation de témoignages, de récits et d'anecdotes
transmis par les lecteurs du premier livre. Des dizaines
d'ouvrages sur le sujet ont, depuis, été publiées et traduits.
La structure même des livres exprime l'ésotérisme contemporain
: renvois constants vers Internet, pour une activité en réseau et
participative, où on se bricole une croyance à la carte. Ainsi, le
lecteur est incité à sauter un chapitre du premier livre [6] si
celui-ci risque d'aller à l'encontre de sa religion occidentale
[32]. Et cela fonctionne : la communauté Internet est gigantesque
et des thérapeutes se regroupent autour du label de
l'EMF-Balancing, technique d’« harmonisation des champs
électromagnétiques ». Mais il est difficile de chiffrer le nombre
d'adeptes, comme l'explique la Miviludes, Mission
interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives
sectaires [20] : les mouvements New Age sont plus difficiles à
cerner que les sectes des années 1970, car la notion de groupe
a disparu, et il ne reste plus qu'un melting-pot de croyances
protéiformes, évolutives et faites sur mesure.
La France semble se montrer progressivement réceptive à ce
mouvement. Plusieurs analyses critiques du mouvement indigo
circulent déjà en français3, ainsi que de bonnes
analyses sociologiques [32]. Mais on peut se demander quels sont
les motifs psychologiques sous-jacents à la mise en place de
ces discours non sans effets sur la clinique, en ce qu'ils
viennent interroger l'incompréhension des générations et des formes
contemporaines de la psychopathologie. Ils révèlent également
les méfaits possibles d'une médicalisation de l'enfance et de
l'adolescence, d'une sur-thérapeutisation entrant dans une économie
de marché. Le phénomène des indigo serait donc à double
face.
Un effet délétère de la psychopathologisation
de l'enfance ?
Comme l'écrit le psychanalyste Norbert Bon [3] : « Il n'est pas
nouveau que des parents se saisissent ainsi d'un signifiant venant
connoter positivement les difficultés de leur enfant et, à cet
égard, ces auteurs [les tenants du syndrome indigo] ne manquent pas
de fustiger, à juste titre, l'inflation des diagnostics péjoratifs
d'ADD (attention deficit desorder) ou d'ADHD (hyperactivité), qui
viennent figer dans un dysfonctionnement neurobiologique les
difficultés de l'enfant. […] Pour le reste, dès que quelqu'un
souffre ou se trouve dans le désarroi, il se trouve un prophète
pour lui fournir le signifiant qui dans l'Autre orchestrerait sa
jouissance et parfaire ainsi sa méconnaissance. » La position
du psychopathologue est donc intermédiaire : il admet les problèmes
posés par la psychopathologisation de l'enfance et de
l'adolescence, mais il semble avoir du mal à évaluer la réponse
sociale qui en découle. Cependant, il est possible d'envisager
que les deux soient liées, l'émergence des « enfants indigo »
devenant une réaction aux données contemporaines de la
psychopathologie. C'est aussi à ce titre que ce thème doit
intéresser les cliniciens.
L'industrie pharmaceutique Novartis, qui fabrique la
Ritaline®, est au cœur d'une controverse quant à son
intervention présumée en faveur d'une hypermédicalisation de
l'enfance et de l'adolescence, afin d'écouler ses produits.
Le phénomène hante l'imaginaire social, après quelques
constats sur le lien ténu entre pharmaceutique, nosologie et
économie. Il existe en effet une très grande disparité des
chiffres de prévalence de ce syndrome selon les pays ou l'époque
étudiée, variant entre moins de 1 % (Hong Kong) jusqu'à 25 %
(États-Unis). L'explication de ces disparités n'est pas claire
: critères différents, facteurs culturels ? Il faut dire que
les psychologues américains sont habilités à faire le travail de
prescription réservé, en Europe, aux pédopsychiatres. Swanson
et al. [31] soulignent en 1998 que cette prévalence
semble parfois être corrélée à l'agressivité de la politique
marketing autour de la Ritaline®, conçu comme le
principal traitement. En cinq ans, le chiffre des ventes a été
multiplié par 40 : 0,7 million de cachets en 1995,
31 millions en 1999. Le néolibéralisme postmoderne
pousse justement à faire de la santé en général, et de la santé
mentale en particulier, un ensemble de marchés à conquérir [16].
Les acteurs du champ de la psychopathologie s'étonnent, et
parfois s'alertent, de la construction de nouveaux diagnostics pour
des raisons majoritairement extrascientifiques [29].
Le philosophe canadien Ian Hacking a donné ses lettres de
noblesse à l'étude de ces mutations des catégories dans les
sciences humaines et sociales. Il a repéré notamment des «
maladies mentales transitoires » qui vont subitement être de plus
en plus diagnostiquées pendant une période avant de quasiment
disparaître, à la fois sur la carte nosographique et dans le
territoire psychopathologique. Parmi les exemples, la monomanie
[15], les délires médiumniques [23], les troubles de personnalité
multiples [17]. Pour décrire le cadre complexe de facteurs en jeu,
Hacking utilise la métaphore de la « niche écologique » [18],
c'est-à-dire l'ensemble des conditions sociologiques,
philosophiques, économiques… qui permettent à une catégorie de
prospérer malgré une compétition avec d'autres.
Même si cette description reste une métaphore issue de la
théorie de l'évolution en biologie, elle essaye de rendre compte
d'une certaine efficacité. Suivant un mécanisme d'interaction et de
boucle rétroactive, ce qui peut être perçu comme une construction
de l'esprit peut concrètement « façonner les gens » et les conduire
à identifier leurs problèmes avec la description, temporairement
plus adaptée, qu'on leur propose. Ainsi, de ce point de vue, les
enfants indigo existent vraiment. Quelle que soit l'artificialité
de la catégorie qui les englobe, les enfants indigo ne sont pas des
artefacts : ils sont des êtres humains adaptés à une niche
écologique. Ce constat est important car il doit conditionner
la réaction du psychopathologue : plutôt que de nier en bloc
l'existence de cette catégorie, il se doit d'apprendre à
connaître sa niche écologique. Cela pourra le préserver de
simplement grossir le rang des opposants, renforçant la frontière
extérieure de ce discours, et par là même l'efficacité d'une
doctrine fondée sur une révélation opprimée. Il pourrait alors
« négocier » une thérapeutique adaptée.
Mais si la niche écologique des enfants indigo a accompagné
l'inflation du diagnostic de TDAH aux États-Unis, les mêmes
conditions infiltrent les systèmes de références européens, en
témoignent les controverses en France autour de la prévention de la
délinquance axée sur la détection de troubles du comportement dès
la naissance, ou encore l'aura actuelle des troubles de
l'apprentissage et autres « dysfonctions ». L'inflation de la
psychopathologisation de l'enfance renvoie, sur le plan de
l'imaginaire social, au mythe d'une psychiatrie répressive
privilégiant son rôle d'hygiène mentale au service du plus
puissant. Cela excite la production de réponses révoltées, prenant
parfois des voies marginales. Tels des parasites [18], les
mouvements des enfants indigo se greffent sur les arguments des
tenants d'une reconsidération de la psychopathologisation et de la
médicalisation de l'enfance et de l'adolescence. Ces parasites
jouent alors un rôle lors de ce flottement de notre vision
anthropologique de la jeunesse.
Victor, enfant doré et adoré ?
Victor, 7 ans, est décrit comme un « enfant doré », autre
appellation pour l'enfant « indigo ». En effet, il aurait
des « dons », notamment celui de guérir et celui de
communiquer par télépathie. Mais sa mère a encore du mal avec cette
catégorisation qu'elle a trouvé sur Internet. Elle souhaiterait que
son enfant « reste normal ». De la même manière qu'elle ne
veut pas qu'on teste son QI, alors que la maîtresse le dit
brillant, elle ne veut pas qu'il soit un cobaye des
parapsychologues. Si elle contacte le Service d'orientation et de
soutien des personnes sensibles aux expériences exceptionnelles, un
espace clinique développé par la plus ancienne fondation consacrée
à la recherche en parapsychologie en France, l'Institut
métapsychique international (IMI), c'est qu'elle cherche quelqu'un
capable d'entendre cette paranormalité. Elle est reçue par le
premier auteur (RE), l'un des deux psychologues engagés alors dans
ce service.
Lors du premier entretien, elle explique qu'elle a trouvé l'IMI
grâce à une amie belge elle-même médium. Cette amie serait en
contact télépathique permanent avec Victor : un jour, les deux
femmes étaient tellement prises dans une conversation téléphonique
que la mère de Victor allait arriver en retard à l'école. L'amie
belge proposa d'envoyer un message télépathique pour le prévenir.
Ensuite, lorsque sa mère l'appela, Victor aurait tout de suite
expliqué qu'il avait été « mis au courant » par l'amie belge.
Le psychologue est donc d'emblée mis en face du « fait
paranormal » et de sa réaction va dépendre la suite de la prise en
charge. Car s'il se contente d'expliquer le phénomène par une
coïncidence ou une inférence logique de Victor fondée sur les
informations infraverbales transmises au téléphone par la mère,
alors le psychologue ne ferait que plaquer son scepticisme sur ce
qui devrait plutôt relever de l'indécidable. Il sortirait
effectivement de sa neutralité en prétendant maîtriser un réel
qu'il n'a pas investigué. Il serait mieux inspiré d'entendre
ce besoin de convaincre dans ce qu'il évoque de narcissique et de
fantasmatique au sujet d'un enfant devenu « doré ». Ainsi, quelle
enveloppe psychique pour une mère qui pense que son enfant lit
dans ses propres pensées ? Comment l'enfant se structure dans cette
place où ses dons surpassent ceux de sa mère ?
Car sa mère n'est pas totalement hors de ce champ du paranormal
: depuis un an, elle vit des phénomènes paranormaux qu'elle dit
pouvoir désormais « gérer ». Ces phénomènes sont décrits comme des
« sorties du corps traumatisantes » : dans une zone intermédiaire
entre le rêve et l'éveil, elle sent son corps qui commence à
flotter. Des entités commencent à l'attaquer en se mettant à
califourchon sur elle, notamment un petit bonhomme avec un chapeau.
Elle reçoit des coups de poing, la lutte est terrible. Elle a
l'impression d'avoir la cervelle aspirée, le tout avec un bruit
d'ascenseur en marche et parfois des voix peu distinctes.
Heureusement, grâce à ses interlocuteurs virtuels, elle a appris à
les « bloquer ».
Là encore, le psychologue peut disposer d'un modèle explicatif :
celui de la paralysie du sommeil. Ce trouble, encore méconnu
par le grand public, touche environ 25 % de la population sans être
lié avec une psychopathologie [9]. Il s'agit, dit
grossièrement, d'un court-circuit hormonal qui fait réveiller
l'esprit alors que le corps est encore paralysé. Ce bref
passage entre deux états de conscience fait paniquer le cerveau,
qui se met à produire des hallucinations sensorielles et
psychiques. Mais la tentation de rassurer la mère avec cette
explication toute faite peut être dommageable : ne risque-t-on pas
de passer à côté des enjeux psychiques ? En l'occurrence, réduire
son vécu à un phénomène individuel viendrait fracturer la dimension
interpersonnelle du questionnement. Car la mère dit bien ne plus
souffrir de ces phénomènes, relativement contrôlés. Ce qui
vient adoucir ces vécus, c'est qu'elle a été confortée dans l'idée
qu'elle n'est pas folle grâce à du soutien trouvé sur Internet.
De plus, son fils vivant naturellement ses propres dons, toute
la problématique a donc glissé sur lui.
Le cours des entretiens amène, comme souvent, à
se décentrer des expériences exceptionnelles pour éclairer
leur contexte d'apparition. On apprend ainsi que la mère est
séparée depuis deux ans de son mari violent et adultérin. Voici
quelques mois, celui-ci a piraté son ordinateur découvrant alors
ses visites sur des sites ésotériques et ses échanges autour des
phénomènes paranormaux. On lui avait conseillé de faire de
l'écriture automatique pour découvrir quelle est l'entité qui la
guide, et de développer ses dons de « magnétisme ». Tout à fait
imperméable à ces aspects (« Il n'est pas très évolué
spirituellement », dira la mère), le père a crû que son ex-femme
était tombée dans une secte, entraînant son enfant dans des idées
folles, et a déclenché une enquête sociale. Il a également
exigé que Victor voie un pédopsychiatre, tout en manipulant ce
dernier pour qu'il lui rapporte tout. L'enquête sociale s'est
révélée négative. Mais la situation laisse facilement transparaître
la tension régnant dans la famille. La mère, humiliée,
accusant par ailleurs des échecs socioprofessionnels, a traversé
une phase dépressive. La position perverse et antiparanormal
du père a alors renforcé l'aspect fusionnel de la relation
mère-enfant, tout en divisant le corps social entre ceux à qui on
peut parler de paranormal et ceux à qui on ne peut pas.
Victor subit ce divorce et cette pression sans trop s'en
plaindre, comme pour protéger une unité familiale. Ses dons de
guérison peuvent s'inscrire dans ce désir d'être un palliatif, tout
comme la télépathie vient faire le lien entre des personnes
distantes mais affectivement liées. Or, toute cette problématique
de la paranormalité dans le fonctionnement psychique de la famille
ne peut être entendue nulle part. Victor a « vu » qu'il ne pouvait
rien en dire au pédopsychiatre, qui s'est contenté d'un entretien
pour dire que tout allait bien chez cet enfant. Victor et sa mère
partagent une même façade factice devant les enquêtrices sociales,
mettant en avant le problème manifeste des tensions suite au
divorce. Depuis peu, Victor va voir une psychologue à qui il confie
seulement – mais au moins – ses ressentis de la violence de son
père. Il faut dire que celui-ci lui a dit : « Ta mère est
folle, dis-lui d'aller voir un psy ! » Ce qui engage Victor
dans un abord biaisé de la consultation psychologique.
C'est ainsi que le circuit médico-psychologique traditionnel
peut passer à côté d'une portion de la vie psychique qui ne vient
pas se déposer dans n'importe quel dispositif. Et pourtant, ces
influences culturelles et interpersonnelles constituent une donnée
capable de faire vaciller un diagnostic. En effet, si Victor parle
enfin de ses contacts télépathiques, devrait-on diagnostiquer
une hallucination du côté de la psychose ? L'histoire de
Victor montre bien comment cette représentation de « l'enfant doré
», même présentée dans un mi-croire et un mi-dire, peut venir
combler une dissolution familiale, tout en soutenant l'enfant dans
une construction ambivalente de la place qui lui revient.
Une marginalité tentaculaire
Les mouvements indigo s'ancrent en général dans un syncrétisme
New-Age. Toutes les thématiques s'y retrouvent [19] : auras,
travail énergétique, gymnastique du cerveau, anges, fleurs de Bach,
cristaux, alimentation naturelle, homéopathie… Cette marginalité
est souvent mise en avant, afin de ridiculiser les doctrines
indigo. Mais le syncrétisme atteint par ces mouvements dépasse
encore ce cadre pour conquérir des zones frontières, où des
controverses laissent l'opinion publique dans une indécision.
Les tenants des enfants indigo s'emparent de ces débats, de
telle façon que les frontières culturelles deviennent troubles,
reflétant l'ambiguïté de la définition d'une secte dans son
opposition à une nouvelle spiritualité. Capables de réinterpréter
toute l'histoire des rapports de la jeunesse avec
l'occultisme, les mouvements indigo proposent un système
alternatif, aux aspects totalitaires. Il y a en particulier un
chantage au suicide qui piège les parents inquiets : si ceux-ci ne
tiennent pas compte du destin particulier de leurs enfants, ils
devraient se sentir coupables de leur malheur, voire de leur
suicide. Ce genre d'emprise négative va de paire avec des
réflexions holistes riches d'espérances, sur le système
pédagogique, sur l'écologie, sur les évolutions de la spiritualité,
sur la politique, sur la psychopathologie et en particulier sur
la science, par le recours aux disciplines marginales de
la parapsychologie et de l'ufologie (étude des objets volants
non identifiés).
Cette multiplicité ouvre à des dimensions qui débordent le
simple cadre de la croyance naïve, et touchent en réalité aux
problèmes modernes du lien social. Ainsi, les enfants indigo sont
associés aux rencontres rapprochées avec les extraterrestres
et aux récits d'enlèvements. Aux États-Unis, une importante
littérature a popularisé ces thèmes, provenant même de cliniciens
reconnus comme le psychiatre de Harvard John Mack (Pour une
critique, voir [26]). Une nouvelle théorie de l'origine s'est
répandue : le génome des enfants indigo aurait été modifié par
les extraterrestres. Cette idée n'est pas psychotique en elle-même,
car elle peut convenir à une constitution névrotique sous forme
d'un roman familial, ou à une psychose recréant une filiation
symbolique. Il faut donc entrer dans le détail de ce
questionnement de l'origine, et écouter les modalités du lien qui
sont en jeu. Ainsi, l'intervention des extraterrestres peut avoir
lieu à différents niveaux : soit en amont en « contactant »
les parents et modifiant par bio-ingénierie leur future procréation
; soit en aval en manipulant la structure de filiation, choisissant
les parents en fonction du potentiel de l'enfant ; ou encore en
enlevant l'enfant et en le « retouchant ».
Aussi incroyables qu'elles puissent paraître, ces explications
donnent un sens à différentes angoisses de parents, quitte à les
faire se courber d'admiration devant leur propre progéniture.
L'indigo est présenté comme un état, pas comme un défaut. « Nul
n'en est responsable : ni les enfants, ni les parents (qui sont
enfin rassurés). Il est donc tout à fait inutile de vouloir
changer ces enfants, il va falloir s'y faire et les adultes devront
agir en conséquence, en faisant preuve de douceur, de respect,
d'amour, de compréhension et de tolérance. Le parent qui aura
su devenir le complice de son enfant découvrira alors des joies
insoupçonnées et le bonheur lui est promis [32]. » Cette inversion
des rôles entraîne une autre gestion des responsabilités
éducatives, conduisant à suivre les préceptes et les cours bien
encadrés par les lucratives « écoles spécialisées » des tenants de
l'indigo, lesquels promeuvent une nouvelle codification du métier
impossible de parent.
L'un des introducteurs des enfants indigo, James Twyman, centre
plutôt la problématique autour de l'existence de capacités « psi »
(c'est-à-dire « parapsychologiques ») chez les enfants. Il a
participé à la mise en scène du film Indigo (2003), vend des livres
et des cours par Internet fondés sur cette question, tient des
conférences au prix de 300 dollars US par adulte [1].
Il fait explicitement référence au prestidigitateur
charismatique Uri Geller qui revendique, depuis les années 1970, le
pouvoir de plier des petites cuillères ou d'arrêter des montres
seulement par la pensée. On pénètre alors dans le champ
controversé de la parapsychologie, dont il est difficile de
reconstituer le fond de réalité. Ce prestidigitateur israélien
est devenu célèbre dans le monde entier suite à sa participation à
des expériences prétendument scientifiques (notamment publiées dans
Nature), au cours de ses nombreux déplacements généralement
accompagnés de performances grotesques sur les plateaux télé.
Le livre qui lui est consacré par le Dr Andrija Puharich
[30] a participé à la diffusion d'une mythologie autour de cette
icône d'un genre nouveau, vivant des expériences exceptionnelles
sur fond de politique intergalactique. C'est un héritage que
revendiquent tout à fait les tenants des enfants indigo, Colin
Wilson [33] rapportant par exemple que Puharich travaillait, à la
fin de sa vie, sur les « enfants supranormaux » qui semblaient
proliférer. Les « thérapeutes indigo » tentent par ailleurs de
recréer un dispositif qu'ils jugent apte à faire émerger les
facultés parapsychologiques latentes [5], à l'image du Mouvement
pour le potentiel humain des années 1960.
Avant même les enfants indigo, les prestations de Uri Geller ont
déclenché un phénomène sociologique mondial parfois comparé à une
épidémie [2]. Une cohorte d'adolescents se sont présentés aux
portes des studios télés et des instituts scientifiques, prétendant
être doués des mêmes pouvoirs que Geller. Dans les comptes rendus
des parapsychologues, on aperçoit par endroits le rôle des
parents. Ils sont parfois à l'origine de la démarche des «
mini-gellers », désirant reconnaître certaines capacités à leurs
adolescents et les conduisant vers les spécialistes présumés.
Ils peuvent aussi assister à certaines expériences, ou s'y
opposer. Ils tentent parfois de retirer l'enfant des mains des
expérimentateurs à qui ils les avaient confiés, montrant un
investissement ambivalent de l'image de « l'adolescent psychokinète
». Le contexte de l'époque semble aujourd'hui dépassé, mais
ses conditions d'apparition pourraient ressurgir. L'icône de Uri
Geller a agi à la manière d'un agent épidémique. Peu importe la
réalité de ses propres pouvoirs, ils ont néanmoins actionné un
ressort dans l'imaginaire social au niveau international. Si des
adultes ont également réagi en affirmant posséder les facultés
occultes de Geller, le phénomène s'est tout de même concentré sur
la gent adolescente. Or, il ne s'agit pas d'une pure
identification, car l'histoire de Geller ne laisse rien
transparaître d'un rapport de l'adolescence à l'occultisme. Sa
jeunesse est tout à fait normale, et ses premières prestations
d'illusionniste ont lieu après qu'il ait atteint la vingtaine.
C'est donc que cette mythologie est venue alimenter des fantasmes
déjà présents dans la culture.
L'adolescent mutant dans la culture
« La mue est un état de maladie normale » dans lequel serait plongé
l'adolescent, disait Dolto [13]. En plus de brouiller les cartes
des diagnostics, la métaphore d'un adolescent « mutant » introduit
une possibilité d'être surpris par une évolution pourtant annoncée.
L'étude historique des rapports entre l'adolescence et l'occultisme
[14] fait également ressortir cette configuration imaginaire
particulière. Le jeune serait porteur de nouvelles capacités,
inscrites sur le plan biologique mais également associées à une
forte spiritualité. Il incarnerait ainsi un progrès de
l'humanité, un « joker de la création » [6] selon Nancy Ann Tappe,
créatrice du concept d'enfant indigo. L'adolescent mutant se
révélerait lors de sa crise d'adolescence, désorientant ses parents
et toutes les institutions. Ce sont Les Enfants d'Icare (1953)
du romancier Arthur C. Clarke [11], les X-Men de Marvel Comics
(depuis 1963), la série télé des Tomorrow People (1972-2007),
l'incontrôlable Carrie (1974) du romancier Stephen King, et la
possédée de L'Exorciste (1973), les superhumains de Superboy
(1988-1992) et Smallville (depuis 2001), Sabrina l'apprentie
sorcière (depuis 1996), Kyle X.Y. (depuis 2006), etc.
Les exemples littéraires sont nombreux : une grande portion
des mangas adoptent le thème récurrent de l'enfant mutant. Harry
Potter raconte la vie d'élèves sorciers (depuis 1998), et dans
Phaenomen (depuis 2006), ces enfants doués doivent s'échapper de
l'enceinte psychiatrique où on les enferme.
On peut schématiser cette configuration imaginaire par ses trois
axes privilégiés :
- – l'opposition d'un monde visible et d'un monde
invisible. Les capacités en question agissent comme un
différenciateur. Elles ne touchent qu'une partie minoritaire des
humains, ce qui permet de distinguer ceux qui n'en sont pas de ceux
qui en sont (Par exemple, « Moldus » et « Sorciers » dans Harry
Potter). Ces derniers ont alors accès à un monde resté
invisible ou voilé aux yeux des autres ;
- – l'opposition entre « breaking down » et « breaking out
». La crise d'adolescence est considérée comme une
superposition de deux devenirs possibles. Il y a à la fois
l'aspect pathologique (breaking down comme rupture du développement
normal), et l'aspect créatif et libérateur (breaking out comme
évasion ou émergence). Souvent, le regard porté par les agents du
monde visible ramènera tout à l'aspect pathologique, tandis qu'une
minorité défendra l'aspect créatif et libérateur. La dynamique
d'opposition de deux mondes sera renforcée par ce conflit sur la
description de la crise. La question du diagnostic
différentiel est fortement sollicitée ;
- – les nouvelles transgressions et les nouvelles limites.
Ce qui donne son aspect « mutant » à cette configuration, et
ce par quoi le paranormal est introduit, reste la possibilité de
nouvelles transgressions. Elles impliquent alors un ancrage dans le
corps d'un signe de la mutation (absence de nombril de Kyle X.Y.,
cicatrice en forme d'éclair de Harry Potter, anormalité génétique
ou physiologique, etc.), comme si une mutation purement
psychologique responsabiliserait trop l'individu, d'où le besoin
d'une castration venant limiter une jouissance débridée. Forces et
faiblesses s'entremêlent.
Au final, ces structures imaginaires constituent une forme
typique rencontrée lors du passage adolescent. Selon l'analyse de
Pascal Le Maléfan [24], ces mutants incarnent des personnages
littéralement Autres que le commun, dotés de pouvoirs supposant un
monde gouverné par d'autres lois, et qui possèdent ce supplément
d'âme que l'adolescent entend recouvrer. Par ce fantasme d'Autres
mythologiques, l'adolescent reste fasciné par un impossible qui ne
l'est pas tant que cela, et qui indiquerait que la castration
pourrait être contrebalancée. Face à la chute de la croyance
infantile en l'incarnation imaginaire de l'Autre, le sujet en
adolescence a donc toujours la possibilité de créer des Autres
mythologiques. Ceux-ci vont pouvoir soutenir une opération
adolescente où flambe l'imaginaire, en même temps que l'épreuve de
réalité vacille par moments.
L'imagerie du mutant dans les cliniques adolescentes serait
l'effet de la conjonction entre des mouvements psychiques et de
nouvelles références sociales. Notre société postmoderne prétend,
grâce aux progrès de la science et des technologies, se passer des
dieux. Mais ceux-ci continueraient à hanter le psychisme humain. «
Comment alors le sujet, toujours soumis à ces maîtres de
l'infantile, fait-il face à l'absence des tuteurs divins, de
la référence ? » [25]. La première façon classique de se
débrouiller est de remplacer le « dieu » paternel de l'enfance par
des références sociales : professeurs, maîtres, leaders, etc. Mais,
selon Lesourd [25], il y aurait depuis 1970 des formes nouvelles de
création d'idole qui ont pris le dessus dans la réalité de notre
lien social. « En faisant de l'Homme la référence, le nouveau lien
social a libéré l'humain de la culpabilité qui était le limon de
toutes les religions, et il a mis en avant l'autre figure idéale
de l'homme, celle dans laquelle il se prend lui-même pour un
dieu, le moi-idéal issu de la toute-puissance hallucinatoire
infantile, si bien décrite par la psychanalyse anglo-saxonne. C'est
ainsi que, au temps du nécessaire désenchantement pubertaire des
dieux infantiles, les adolescents se vouent à la passion mystique
du nouveau dieu social : l'homme, c'est-à-dire eux-mêmes [25]. »
Il n'est donc pas anodin que les thèmes des facultés latentes
ou du « potentiel humain » croisent ceux de la latence et du
devenir adulte.
Conclusion : comment ne pas être un Moldu
La question des enfants indigo ne relève pas seulement d'une
réflexion anthropologique : elle pénètre aussi dans le champ
clinique. Ainsi, Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne
travaillant sur les surdoués ne compte plus les questions portant
sur les enfants indigo lors de ses conférences [10].
Les interrogations fusent également sur les forums Internet et
dans un circuit médico-psychologique parallèle. Même s'il s'agit
encore d'une marge de la psychopathologie, il est dommageable de ne
pas l'aborder pour les raisons déjà avancées ci-dessus.
La question se pose aussi du type de discours à tenir :
faut-il simplement dénoncer, comme le font déjà les missions de
lutte anti-sectes, les abus autour de ces mouvements New Age ?
Faut-il se positionner sur le plan scientifique et rejeter en bloc
la preuve de l'existence d'enfants indigo munis d'auras violacées
et d'ADN modifié ? Ne faut-il être que clinicien et attendre le
prochain patient indigo pour écouter toute la singularité de sa
problématique ?
Notre option a été de ne pas nous focaliser sur un aspect du
phénomène, qui lui-même est protéiforme ainsi qu'on a pu le
constater. Il s'agit de s'ouvrir à un maximum de dimensions,
couplant psychopathologie et anthropologie clinique. Cette
bienveillance permet de n'être pas un simple « Moldu », pour
utiliser le vocable de la saga Harry Potter et repris à leur compte
par certains protagonistes [22], désignant ceux qui ignorent et
stigmatisent de fait la magie. Ici, il s'agit d'accepter
l'existence d'enfants indigo, à la fois comme effets d'une
catégorie artificiellement construite que comme être humains
incarnant ces catégories. On se place alors dans la lignée des
épistémologies constructivistes d'une redoutable efficacité dans
les sciences sociales et humaines [4, 18, 27]. Les croyances
et promesses porteuses de ces mouvements ne doivent pas être
réduites immédiatement par une analyse critique fondée sur des
préjugés. En réalité, les tenants de ces mouvances ne sont pas les
seuls responsables de la niche écologique où elles prospèrent.
Faisant des mouvements indigo un véritable courant culturel,
bien que minoritaire et marginal, on se met enfin à portée des
problématiques et des références dans lesquelles sont plongées de
nombreuses personnes. Les psychologues ne doivent plus être «
les grands absents de ce débat », comme l'indiquait très justement
Claudie Voisenat en 2005 [32]. En suivant les préoccupations
de la clinique, on évite une vision bipolaire du phénomène qui
entrave les possibilités d'écoute et de soin. Mais à cette
bienveillance, il faut adjoindre toute la rigueur possible pour ne
pas se faire soi-même le promoteur de ces mythes parasites.
Il faut ainsi se donner les moyens de décrypter la fascination
sociale pour l'adolescent mutant, tout en ajustant le mieux
possible les outils de diagnostic différentiel pour n'oublier
aucune dimension de l'expérience humaine.
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12 janvier 2006. Disponible sur : <http
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25 Lesourd S. L'incontournable passion mystique de
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pratiques rituelles au carrefour des sciences humaines et des
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Attention-deficit hyperactivity disorder and hyperkinetic disorder.
Lancet 1998 ; 35 : 429-33.
32 Voisenat C, Lagrange P. L'Ésotérisme contemporain et ses
lecteurs : entre savoirs, croyances et fictions. Paris : BPI/Centre
Pompidou, « Études et recherche », 2005.
33 Wilson C. Alien Dawn: An Investigation into the Contact
Experience. Londres : Virgin Publishing, 1988. 1 Ce groupement est qualifié de secte en France mais
pas aux États-Unis. Son point fort est que les adeptes ne possèdent
pour objets de culte que leurs propres enfants, ce dont ils ne
peuvent se débarrasser [12].
2 Ce syndrome est caractérisé par des états
d'hyperactivité, des moments d'absence, des changements d'humeur,
des problèmes de concentration et d'impulsivité. 3 Deux travaux d'étudiants en zététique et approche
scientifique du paranormal sont disponibles sur http
://esprit.critique.free.fr/
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