Mots-clés : FMC, :formation professionnelle continue, DPC, :développement professionnel continu, EPP, :évaluation des pratiques professionnelles, HAS, :Haute autorité de santé, FHF, :Fédération hospitalière de France, qui n'est pas notre employeur, Cnam, :Caisse nationale de l'Assurance maladie, CDO, :Conseil départemental de l'ordre des médecins, OGDPC, :Organisme gestionnaire du DPC, CNDPC, :Conseil national du DPC, CCIP, :Commission de coordination interprofessionnelle, CSI, :Commission scientifique indépendante, ODPC, :Organisme de DPC, FSM, :Fédération des spécialités médicales, FFP, :Fédération française de psychiatrie, CNP, :Conseil national de professionnels de spécialités, AEFCP, :Association pour l'évaluation et la formation continue des psychiatres, SIP, :Société de l'Information psychiatrique, SPH, :Syndicat des psychiatres des hôpitaux |
ARTICLE
Auteur(s) : Nicole Garret-Gloanec
Soit au total ceci :
Plus d'une dizaine d'années que nous courrons après la formation
médicale continue, reconnue comme une priorité pour les médecins.
Cette obligation a été introduite par une ordonnance du
24 avril 1996, complétée par un arrêté du 6 mai 1997,
confirmée par la loi du 4 mars 2002 : « La FMC a pour objectif
le perfectionnement des connaissances et l'amélioration de la
qualité des soins et du mieux-être des patients, notamment dans le
domaine de la prévention, ainsi que l'amélioration de la prise en
compte des priorités de santé publique. La formation médicale
continue constitue une obligation pour les médecins […]. » (Article
59 I 1° de la loi.)
Elle fut précisée par un décret du 14 novembre 2003 mais à
concilier avec une obligation nouvelle et complémentaire :
l'évaluation des pratiques professionnelles, introduite par la loi
du 13 août 2004 (art. 14) relative à l'Assurance maladie
Les trois Conseils nationaux de formation continue ont été mis
en place en novembre 2003, ainsi qu'un Comité national de
coordination émanant des trois CNFMC. Ils avaient quatre
missions pour cinq ans :
- – définition des orientations nationales de la FMC
;
- – agrément des organismes organisant des actions de FMC
;
- – évaluation de la mise en œuvre du dispositif de FMC
;
- – bilan annuel des actions de FMC suivies par les
praticiens.
Dans leur barème de validation de la FMC, les conseils avaient
introduit l'évaluation des pratiques professionnelles pour un
nombre de crédits de 100 sur 250 à obtenir en
5 ans.
Voici un an, nous apprenons, de la part de notre ministre, que
le dispositif est par trop complexe et qu'il devient
indispensable de l'alléger. Depuis, l'organisation de l'EPP s'est
régulièrement modifiée. Les associations scientifiques se sont
réorganisées pour se conformer aux diverses exigences des CNFMC et
de la HAS. Elles ont mis en place des organismes agréés.
La Société de l'Information psychiatrique avec le Syndicat des
psychiatres des hôpitaux et la revue l'Information psychiatrique
ont constitué l'Association pour l'évaluation et la formation
continue des psychiatres (AEFCP), reconnue comme organisme agréé
pour la FMC et l'EPP. Nous avons développé des séminaires de FMC,
d'EPP, contribué à l'élaboration de recommandations et soutenu de
nombreux établissements pour le processus d'EPP dans la
certification.
Dans le cadre de la loi HPST, le développement professionnel
continu (DPC) remplace la FMC et l'EPP. Désormais, le développement
professionnel continu se définit par l'analyse des pratiques
professionnelles du médecin ainsi que l'acquisition ou
l'approfondissement de ses connaissances ou de ses compétences, en
application de l'article L.4133-1. Il est caractérisé par une
démarche individuelle, permanente et collective.
Après multiples moutures du futur décret, la dernière, non
encore validée, définit ainsi l'obligation : « Le médecin satisfait
à son obligation annuelle de développement professionnel continu,
dès lors qu'il participe à un programme de développement
professionnel continu collectif. Les conditions qui permettent
d'apprécier la participation effective à un programme national de
développement professionnel continu sont précisées dans des
méthodes, validées par la HAS. »
L'organisation nouvelle du DPC, de compliquée est devenue
inextricable (figure 2).
Il n'y a pas moins de quatre structures pour s'occuper du DPC
:
- 1. L'Organisme de gestion du DPC (OGDPC) est composé des
représentants du ministre chargé de la santé, du ministre
chargé de la Sécurité sociale, du ministre chargé de l'emploi, des
représentants de l'Union nationale des caisses d'Assurance maladie.
Il est en charge de l'enregistrement des organismes de DPC
(ODPC), de l'élaboration du cahier des charges des programmes
(appel d'offres), du choix de ces programmes (lesquels sont
retenus, après avis de la CSI) et du financement de la DPC
(essentiellement pour les libéraux, nous déconseillerons nos
collègues des établissements publics de passer par cet
organisme).
- 2. Le Conseil national de DPC (CNDPC) est composé des
représentants syndicaux, les représentants des présidents de CME,
encadrés par les représentants des fédérations dont la FHF et
autres représentants divers dont le Conseil de l'ordre.
Ses missions sont de donner un avis sur les orientations
nationales (qui déterminent les programmes), proposées par la
CSI, d'évaluer le DPC sur le plan quantitatif et qualitatif et
d'avancer des améliorations.
- 3. Une commission de coordination interprofessionnelle
composée de membres des trois autres structures, chargée de la
coordination.
- 4. La commission scientifique indépendante est
représentée par la Fédération des spécialités médicales (FSM) dont
la Fédération française de psychiatrie (FFP) est une des
composantes depuis sa création (la SIP y étant également présente à
travers la FFP). Elle est chargée de proposer au CNDPC les
orientations nationales (programmes avec ses thèmes), d'évaluer les
organismes de DPC (ceux qui mettront en œuvre le DPC, la
SIP-SPH-Information Psychiatrique, à travers leur organisme agréé,
sont prêts à y concourir), de préparer le cahier des charges des
appel d'offres (suivant les méthodes validées par la HAS), de
donner un avis sur les réponses des appel d'offres (programmes
proposés par les ODPC pour concourir au DPC) et enfin de donner un
avis sur le cahier des charges des appels régionaux
(qui viennent en sus des nationaux).
Il suffira, ce jour, de vous donner ce qui nous semble être la
philosophie du système, les rapports de force et les enjeux.
Rapport de force entre la Cnam et la HAS cherchant à prendre la
main sur le DPC, l'un pour fixer les thèmes (ou orientations
nationales) des programmes de DPC, l'autre fixant les méthodes que
les programmes doivent suivre pour mettre en œuvre le DPC.
La sécurité sociale se serait félicitée de limiter
considérablement les thèmes des programmes DPC (obligatoires) et
d'y réduire le DPC, le ministère y voyant l'intérêt de concentrer
le financement et les obligations sur des priorités claires,
définies et « efficaces », la HAS allant dans le sens de concentrer
le DPC sur des exigences d'amélioration des pratiques, suivant
leurs méthodes (référencées à l'evidence based medecine).
Rapport de force entre les tutelles ou institutions officielles
(ministère, Cnam, HAS, FHF) et les professionnels.
Les syndicats ont vu leur part se réduire de façon
considérable dans la nébuleuse du CNDPC.
L'absence d'augmentation du financement du DPC par rapport à la
FMC dans le service public signifie clairement qu'il n'y aura pas
suffisamment d'argent pour assurer le DPC dans les établissements.
Ceux-ci cibleront les dépenses pour des DPC ne pouvant se faire en
interne (spécialité regroupant peu de praticiens, priorité de
l'établissement pour le développement d'une technique…), les autres
devant, dès lors, le réaliser en interne et sous forme simple d'EPP
(ce qui peut poser problème puisque le DPC n'est pas qu'EPP). Cette
limitation vient de l'exigence pour chaque médecin de satisfaire à
une obligation annuelle de développement professionnel continu en
participant à un programme de développement professionnel continu
collectif.
Libéralisation des appels puisque la dissolution des anciens
conseils nationaux de FMC s'est faite sous prétexte d'une directive
européenne (206/123CE) réaffirmant le libre accès des services.
Cela rendrait impossible la procédure d'agrément des organismes de
FMC et donc caduque tout le travail des CNFMC durant 5 ans.
Cette libéralisation renforce ce qui est déjà dans la loi : le DPC
est affaire de commerce dans lequel les sociétés scientifiques des
professionnels devront se situer.
L'industrie pharmaceutique retrouve toute sa place dans le
processus de FMC qui risque de voir sa part se réduire dans le DPC
au profit de l'EPP (dans les établissements). La moralisation,
par les pouvoirs publics, à laquelle nous sommes régulièrement
confrontés, est de pure façade. Elle s'évalue au peu d'intérêt
qu'ils portent à la FMC estimant qu'elle n'a pas de véritables
retombées en matière de santé, ou que l'industrie fait très bien
son travail de promotion. Les tutelles se penchent sur les
résultats selon ses méthodes (très limitatives), la procédure
de FMC étant dorénavant parfaitement libre d'un financement soit
par les laboratoires soit par les praticiens eux-mêmes.
La profession doit désormais s'organiser par spécialités à
l'intérieur de la FSM. La psychiatrie y est présente (J.-M.
Thurin psychiatre privé a été président de la FSM et N.
Garret-Gloanec en a été secrétaire général adjoint). Chaque
spécialité sera représentée par son conseil national de
professionnels, constitué des différents modes d'exercice, composé
des associations scientifiques, des organismes qualité et de
formation (DPC), d'une structure recherche et d'une composante
professionnelle (présence d'une représentation syndicale).
Il est essentiel que la profession prenne en main à parité, ni
sous tutelle universitaire seule, ni sous tutelle de la HAS, cette
organisation dont les bases sont réalisées depuis 18 ans par
la FFP, seule à garantir ces critères. Les syndicats,
maintenant unis, pourront y trouver la place qui leur revient comme
nouvelle représentation professionnelle indispensable.
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