ARTICLE
Auteur(s) : Emmanuel
de Becker
Cliniques universitaires Saint-Luc, avenue Hippocrate,
10 bte 2090, 1200 Bruxelles, Belgique
Introduction
Le champ de la psychiatrie infanto-juvénile appelé couramment
sociale est traversé par les nombreuses et diverses situations de
maltraitance.
Tant les médias que les scientifiques se penchent sur les
témoignages, drames et questions que l’enfant maltraité connaît et
suscite. Ainsi, la maltraitance est devenue au fil du temps un
sujet de préoccupations constantes [5, 7, 10].
Cela étant rappelé, nous constatons l’existence de défis
multiples quant aux « bonnes attitudes » à adopter selon notre
champ d’appartenance, notre éthique de travail, notre épistémologie
de référence. Déjà, au niveau de la définition de ce qu’est la
maltraitance (versus la bientraitance), il n’est guère aisé
d’obtenir un consensus, tant la singularité de chaque cas de figure
confronte systématiquement les repères des professionnels
concernés. À partir de là, les modalités d’accompagnement peuvent
se complexifier au point où les dysfonctionnements intrafamiliaux
se déplacent et atteignent le réseau des différents professionnels
impliqués dans la situation [12].
Combien de fois n’entendons-nous pas des cliniciens s’opposer à
d’autres, estimant qu’ils font montre d’incompréhension, de
partialité voire de militantisme inapproprié ? Les enjeux
entre équipes, les rivalités, conduisent à l’identification de «
mauvais objets persécuteurs », traduisant en fait les phénomènes de
clivage régulièrement à l’œuvre dans les fonctionnements familiaux
maltraitants.
L’article développe une réflexion sur la notion de diagnostic
dans ces tableaux de maltraitance intrafamiliale. Le terme
suscite encore souvent des réactions chez de nombreux
professionnels de crainte ou de vives oppositions. Depuis trente
ans, depuis la considération du statut de l’enfant dans ses droits
et ses devoirs, il est de bon ton d’accueillir le mineur d’âge
maltraité comme une victime de l’emprise d’adulte(s) en mal de
repères [9]. L’enfant est perçu comme la malheureuse surface de
projections de sujets qui voient en lui une proie facile et
dépendante. Dans cette perspective, l’aide et le soin se conçoivent
essentiellement comme un accompagnement de jeunes individus
psycho-traumatisés. Certes, un bilan médical centré sur les
éventuelles lésions somatiques est effectué mais habituellement
dans le cadre de démarches socio-judiciaires (examens réalisés par
le médecin légiste à la demande des autorités pénales). Une
dichotomie peut apparaître alors entre d’un côté le recueil de
preuves, d’éléments contribuant à la confrontation des
responsabilités et de l’autre, une attention soutenue au vécu et au
trauma, les deux logiques poursuivant leurs finalités dans leur
champ spécifique. Et l’enfant dans ces canevas ? Il n’est pas
impossible qu’il soit perdu dans un système vaste et nébuleux qui
alimente un clivage qui lui rappelle peut-être des aspects de son
histoire familiale [14, 19].
Pour notre part, sans prôner une dilution des logiques qui
amènerait indubitablement à une confusion dommageable, nous
estimons pertinent de respecter un temps de « diagnostic » dans la
prise en charge médico-psycho-sociale de l’enfant maltraité et de
sa famille [4].
Poursuivons la réflexion en nous appuyant sur la clinique, à
partir de l’expérience d’une équipe spécialisée dans les situations
de maltraitance. Ces équipes, pluridisciplinaires dans leur
composition, nommées « SOS-Enfants », assurent bilan et thérapie
des situations de maltraitance d’enfants.
Vignettes cliniques
Kevin et Jessica
Une mère se présente, affolée devant les confidences qu’elle vient
de recevoir de ses deux jeunes enfants. L’aîné, Kévin, âgé de huit
ans, et sa sœur Jessica âgée de six ans, ont semble-t-il, connu de
la maltraitance physique, sexuelle et psychologique de la part de
leur père, lors du dernier week-end du droit d’hébergement
secondaire. Madame souhaite que nous entendions rapidement les
enfants afin d’établir « un rapport destiné au juge ».
Voilà certainement un premier cas de figure loin d’être rare et
qui suscite embarras et malaise chez nombre de professionnels !
Comment « bien agir » et se donner les moyens de poser un
diagnostic dans un respect des individus et des règles en vigueur ?
Y a-t-il lieu de considérer qu’il y a urgence et/ou danger pour des
mineurs d’âge ?…
Ici, après avoir pris le temps d’écouter la mère retracer
quelques lignes de son histoire personnelle et celle des enfants,
nous proposons de rencontrer rapidement le père, c’est-à-dire
pratiquement avant le prochain week-end où ce dernier héberge Kévin
et Jessica.
À cette séance, Monsieur s’insurge, réfutant toutes les
accusations dont il est l’objet : « Depuis la séparation, voilà
cinq ans, elle n’arrête pas de m’accuser… elle court les médecins,
les avocats… elle n’a rien contre moi et pourtant elle continue…
elle veut me détruire et balayer de la carte le père pour garder
les enfants pour elle… »
Cela étant affirmé avec force, le père accepte l’idée d’une
évaluation autant pour tenter de clarifier et d’apaiser le climat
au bénéfice du développement des enfants que pour estimer les
allégations de maltraitance relayées par la mère.
Entre-temps, celle-ci a sollicité des rendez-vous médicaux chez
le pédiatre et son gynécologue. Ces médecins délivrent des
attestations indiquant que les enfants sont « en souffrance en lien
avec une maltraitance paternelle ».
Le processus s’emballe, les autorités judiciaires
protectionnelles sont saisies, une audition des enfants par les
forces de l’ordre est programmée, une enquête sociale est lancée,
une suspension des contacts entre le père et les enfants est
décidée, et un examen médico-psychologique est demandé à l’équipe
SOS-Enfants.
Changement de cadre, donc, qui d’une sollicitation à l’amiable
amène à une évaluation sous mandat, c’est-à-dire avec un rapport
détaillé concernant chaque enfant et leur milieu de vie.
Différents formats d’entretiens sont retenus, et plusieurs
modalités de rencontre diagnostique proposées. Au niveau des
enfants, autant Kévin manifeste de la rage extériorisée avec force,
autant Jessica, plus en retrait, confie que son père lui manque.
L’acmé de ces positionnements se marque lors des entretiens
père-enfants, où le garçon frappe son père au niveau du sexe, ne
parvenant pas à s’arrêter par lui-même. Sa sœur, quant à elle,
s’accroche à son père, pleurant à l’idée de le quitter… les
cliniciens doivent physiquement intervenir pour contenir Kévin et
Jessica, chacun dans son registre de débordement.
Les rencontres se succèdent, des tests complémentaires sont
proposés, dont, entre autres, une approche de la personnalité (test
du MMPI, Minnesota Multiphasic Personality Inventory) de chaque
parent.
Finalement, au bout de deux mois, le diagnostic d’aliénation des
enfants (essentiellement de Kévin, le fils aîné) est retenu en
corollaire à un fonctionnement psychotique maternel et à une grande
détresse générale. L’hypothèse de maltraitance paternelle est
infirmée. Cela étant dit, « presque tout reste à reconstruire » ;
l’évaluation doit conduire à un temps thérapeutique et, dans la
situation, se donner du temps et des moyens pour « désengager » les
processus pathologiques, du moins le tenter certainement au niveau
des enfants. Une modalité envisageable consiste à mettre en place
des lieux et temps de rencontre médiatisés entre père et
enfants.
Margaux
Les cliniciens référents d’une petite fille de deux ans et demi,
Margaux, hospitalisée pour anorexie en unité pédopsychiatrique,
contacte l’équipe SOS-Enfants, rencontrant quelques difficultés
pour estimer le bien-fondé du retour de l’enfant à domicile. En
fait l’équipe hospitalière est partagée entre mesure de protection
de Margaux, c’est-à-dire un placement, et un suivi ambulatoire avec
réintégration en famille. Margaux vit avec son frère aîné Matthieu,
âgé de quatre ans, et leurs deux parents. Ceux-ci, depuis le début
du couple, oscillent entre séparation conflictuelle et
retrouvailles passionnées, entre fusion et rejet, livrant devant
leurs jeunes enfants, toute l’intimité de leurs sentiments et
fantasmes, en l’occurrence sexuels.
L’équipe SOS-Enfants établit un cadre d’évaluation à l’amiable,
monsieur et madame, d’un commun accord, se disant prêts à
comprendre leurs inadéquations dans la perspective de « récupérer
le plus rapidement possible Margaux ».
Différents formats d’entretiens sont planifiés, impliquant les
quatre membres de la famille, des contacts réguliers sont maintenus
entre professionnels des deux équipes concernées. Durant
l’évaluation, l’enfant est hospitalisée la semaine et passe ses
week-ends en famille.
L’équipe SOS-Enfants est interpellée car Margaux manifeste une
intensification de son comportement anorexique accompagné
d’agitation et d’angoisses, et ce les débuts de semaine avec
apaisement progressif au fil des jours. Par ailleurs, nous
rencontrons Matthieu. Des contacts avec la structure scolaire
complètent utilement le bilan dans le sens où l’enfant est perçu
comme difficile, nerveux et agressif ; une mesure d’exclusion est
envisagée… Matthieu, rappelons-le, a quatre ans !
Lors des séances individuelles, le garçon confie : « J’aime mon
papa… mais il frappe maman ! » L’angoisse est perceptible, le
cortège symptomatologique est éloquent et nous considérons son
agitation comme une composante essentiellement « réactionnelle »,
défensive, mais au risque qu’elle imprègne la structure de Matthieu
et mobilise de l’énergie psychique au détriment de sa construction
identitaire.
Dans ce cas de figure, nous serons impressionnés par la faculté
des parents, de se présenter, dans leurs fonctionnements
individuels et de couple, différemment d’un entretien à l’autre, en
totale opposition avec eux-mêmes et entre eux, d’une fois à
l’autre.
Ainsi, lors d’une séance, c’est madame, froidement, qui estime
que « son couple est actuellement terminé, que monsieur doit partir
», affirmant calmement qu’elle doit réfléchir durant plusieurs
mois, avant d’éventuellement reconsidérer la reprise d’une vie
commune. Elle demande une thérapie de couple et individuelle pour
chacun. De son côté, monsieur, en larmes, demande pardon,
s’excuse pour ses débordements, promettant « tout et son contraire
» afin de maintenir sa famille unie.
Une semaine plus tard, après quelques échanges téléphoniques, le
tableau s’inverse complètement ; cette fois, madame pleure,
regrettant sa décision, prête à tous les caprices, entre autres
sexuels, de monsieur pour le « récupérer ». Celui-ci demeure
distant, silencieux.
Soulignons que l’un et l’autre déversent, à chaque occasion
possible, aux intervenants, qu’ils appartiennent à l’équipe
hospitalière ou à celle de l’évaluation, des affects de toute
nature.
L’ensemble des cliniciens sont soit traversés par la perplexité,
soit par certaines convictions au risque de « prendre parti » pour
l’un ou l’autre des parents. La perplexité peut également
conduire à des prises de position, amenant tension entre
équipes.
Une séparation du couple est, à un moment, actée par un Juge de
paix. Toutefois, dans l’après-coup, l’évaluation mettra en évidence
que les deux parents ont manipulé tous les intervenants, se
rencontrant régulièrement, poursuivant leur dynamique pathogène
pour Matthieu et Margaux. Les deux adultes ont, d’ailleurs,
lors des rencontres évaluatives, fait part de leurs souffrances
personnelles, de leur blessure narcissique sans réellement aborder
la portée de leurs dysfonctionnements à l’égard des enfants.
Carencés, infantiles dans leurs mécanismes psychiques, monsieur et
madame interagissent de manière perverse, dans le sens où l’autre,
l’enfant y compris, est instrumentalisé dans l’intérêt personnel.
Trop pris dans leurs attentes idéalisées et sans limite, ils
tiennent un discours convaincant qui peut induire en erreur le
professionnel par un côté sensible, émotionnel. Ce n’est que
par une évaluation croisée de plusieurs regards, qu’un diagnostic
sur les plans individuels et relationnels est possible. Dans la
situation, une interpellation des autorités judiciaires
protectionnelles est décidée, et autorise in fine, de soulager
chacun des parents, démunis et impuissants devant les propositions
d’aide à l’amiable formulées jusqu’alors.
Ghislaine
Une psychologue de PMS (centre psycho-médico-social) contacte
SOS-Enfants étant donné son désarroi par rapport aux confidences
d’une jeune de douze ans et demi, originaire d’Afrique centrale.
Démunie, la professionnelle ne voit pas trop comment réagir, que
dire à cette jeune qui lui a confié que son frère Andy, âgé de
seize ans et demi, l’agressait sexuellement depuis plusieurs
années. Ghislaine vit avec celui-ci, sa jeune sœur de huit ans et
leur père. Le père est décédé. La famille est exilée
depuis plusieurs années, ayant connu une guerre qui a décimé la
plupart des membres de l’entourage. Après analyse de la situation
et éclaircissement de la demande, nous retenons comme première
étape de prise en charge de rencontrer d’un côté la jeune et de
l’autre la mère, cela avec l’intervenante du PMS. Comme dans la
plupart des situations, nous sommes ici à un premier carrefour, si
on prend la métaphore d’un réseau de routes complexes qui
s’écartent, s’entrecroisent, débouchent parfois sur des impasses.
Après avoir rencontré Ghislaine et sa mère, nous retenons, pour
la suite, un cadre d’évaluation à l’amiable. Il est clair que
la mère ne s’attendait pas à un événement supplémentaire aussi
confrontant, après tout ce qu’elle a vécu précédemment ; mais elle
accepte l’idée de faire le point tout en croyant davantage les
propos de sa fille que les attitudes défensives de son fils qu’elle
interpelle rapidement. Et nous rencontrons Andy ; celui-ci nie,
arguant que sa sœur est « une mythomane… qu’elle se venge parce
qu’elle est une fille ».
Nous estimons avec la mère qu’il est opportun que les enfants ne
restent pas sous le même toit. Par ailleurs, nous pensons utile que
l’évaluation soit encadrée par une autorité sociale. Nous
travaillerons de concert avec le conseiller du SAJ (service d’aide
à la jeunesse) qui organisera un placement volontaire de
l’adolescent dans un centre d’accueil.
Notre évaluation va mobiliser plusieurs cliniciens de l’équipe
pour assurer d’un côté, les entretiens individuels avec chaque
membre de la famille (ils sont quatre) et de l’autre, les
rencontres dyadiques de fratrie et de famille afin d’évaluer
l’ensemble des interactions familiales. Des traumatismes sont
présents chez chacun, liés en grande partie aux événements de
guerre qu’ils ont vécus et qu’ils ont tous tus jusqu’alors.
Les angoisses sont présentes, les mécanismes de défenses
massifs. Il faudra déployer toute notre flexibilité, notre
souplesse pour tenter d’établir des relations de confiance. Seul,
le jeune adolescent de 16 ans gardera une méfiance par rapport
à notre intervention, se réfugiant dans le déni et le clivage.
Du côté de la jeune de douze ans et demi, victime d’une histoire
familiale traumatique, victime de l’emprise de son frère,
l’évaluation porte sur plusieurs axes. À côté des entretiens
cliniques dits classiques, nous réalisons un entretien filmé pour
établir un SVA (Statment Validity Analysis). Dans cette situation,
nous n’utiliserons pas de test projectif complémentaire étant donné
la cohérence et la convergence des différentes impressions
recueillies par les professionnels impliqués dans la situation.
Soulignons également un aspect important qui consiste à éviter les
confrontations entre la personne positionnée en tant que victime et
celle positionnée en tant qu’auteur des faits d’agression à l’égard
de la première. D’autres rencontres auront lieu, cela afin
d’affiner les impressions cliniques et de singulariser la situation
proprement dite. Il s’agit en fait de comprendre dans quel
contexte, dans quels enjeux relationnels, prend place un lien
abusif tout en estimant les séquelles traumatiques. Dans ce bilan,
comme dans tous ceux que nous menons depuis plusieurs années, nous
demandons un examen pédiatrique. Concrètement, que se passe-t-il ?
L’enfant est rencontré par une pédiatre expérimentée dans
l’approche des enfants victimes. La consultation prend du
temps et est donc loin d’être expédiée comme c’est malheureusement
parfois le cas dans d’autres structures, vu les contingences
matérielles. Cette rencontre spécialisée servira de bilan
somatique, ouvrira des questions sur le corps et, dans le cas de
figure, conduira à la réalisation d’un test de grossesse… qui se
révélera positif. Ghislaine a douze ans et demi.
La situation va se complexifier d’un cran et tout un dispositif
supplémentaire va être sollicité pour accompagner la jeune dans la
perspective d’un avortement. Médecins somaticiens, équipe
SOS-Enfants, membres du SAJ, vont se concerter pour intensifier le
maillage médico-psychosocial autour de cette jeune et de sa
famille. Parret parle dans ce cas d’enveloppe partenariale
[20].
Cela étant dit, de telles situations, comme celle de Ghislaine
et de sa famille suscitent beaucoup d’émotions et génèrent de
multiples représentations dans le chef des professionnels, à tel
point que des prises de position parfois arbitraires ainsi que des
clivages apparaissent. Ainsi, ici, pour d’aucuns, il est évident
qu’Andy est « le responsable ayant mis sa sœur enceinte ».
Ces mêmes cliniciens n’éprouvent aucun doute devant le mutisme
de la jeune adolescente. On parle alors de juge,
d’incarcération…
Avec le temps et dans le décours de l’interruption de grossesse,
en maintenant un lien de confiance avec Ghislaine, nous parvenons à
saisir les circonstances son état. Elle confie alors avoir
entretenu une relation avec un garçon avec lequel elle a eu trois
rapports sexuels non protégés. Angoissée et honteuse, Ghislaine a
tenu le secret et, lorsqu’elle a constaté les réactions de
l’entourage par rapport à son frère, elle a éprouvé une jouissance
vengeresse, laissant croire que celui-ci était responsable…
Le diagnostic de maltraitance
Mais qu’est-ce qu’un diagnostic ? Le Larousse donne du
diagnostic deux définitions [17]. La première concerne
l’identification d’une maladie par ses symptômes, tandis que la
seconde parle d’un jugement porté sur une situation, un état.
Par ailleurs, un auteur comme Houzel précise que l’analyse
psychopathologique doit amener le clinicien à « tenter de
comprendre la signification des symptômes sur le plan symbolique,
économique et évolutif, c’est-à-dire s’efforcer de repérer la
signification inconsciente des symptômes de l’enfant, pour lui-même
et pour chacun de ses parents, d’apprécier la charge affective
(libidinale et agressive) qui leur est attachée et qui se trouve
ainsi immobilisée et non disponible pour l’enfant, d’évaluer la
place des symptômes dans la trajectoire évolutive de l’enfant »
[13].
On peut lire aussi que le diagnostic est « l’aboutissement
logique d’une série d’investigations destinées à mieux comprendre
le comportement d’une personne, le fonctionnement d’un groupe.
[Il]… est un acte de première importance car il conditionne le
traitement de l’évolution ultérieure du sujet » [21].
Pour notre part, nous tentons d’intégrer l’apport des différents
points de vue, ciblés sur diverses composantes (ou niveaux)
considérant que le diagnostic est nécessaire pour préparer la phase
thérapeutique. Dans notre approche des situations de maltraitance,
au moins quatre champs diagnostiques sont pertinents :
- – le premier, est constitué par le diagnostic social ;
ici nous analysons le contexte général de l’enfant et de son
entourage. Le contexte, c’est la culture, les ancrages
sociaux, les conditions de vie socio-économiques ; c’est d’une
certaine façon tout le paysage singulier dans lequel prennent place
les différents protagonistes ;
- – ensuite, il y a le diagnostic systémique.
De nombreux auteurs ont tenté de catégoriser les familles
dites « maltraitantes ». Cette approche situe l’individu dans son
système d’appartenance, en observant la qualité des interactions et
en relevant les patterns interactionnels inadéquats, à côté des
ressources habituellement mises en sourdine ;
- – existe également le diagnostic pédiatrique, dans le
sens de l’examen somatique de l’enfant, qui tente de mettre en
évidence les lésions et de ré-humaniser le corps traumatisé ;
- – enfin, nous trouvons le diagnostic psychopathologique
qui met l’accent sur le fonctionnement psychique, les mécanismes
défensifs, les modalités relationnelles, les processus
d’identification…
Ces champs bien distincts se complètent utilement pour
construire un bilan complet, en tenant compte des différentes
composantes (ou niveaux) de la notion biopsychosociale du sujet sur
laquelle s’appuie notre conception du travail. Cette notion fait
écho à l’approche pluridisciplinaire retenue par toute équipe
SOS-Enfants. Si cette conception est valable pour les cas de figure
de maltraitance intrafamiliale en lien avec des dysfonctionnements
internes, elle l’est aussi, avec quelques nuances, lorsque
l’agression par un agent extérieur bouleverse le fonctionnement
familial.
Globalement donc, poser un diagnostic, c’est veiller à
l’intégration de divers regards qui va permettre une lecture et, in
fine, la meilleure compréhension possible d’un système familial en
difficulté [22].
Reprenons les composantes du diagnostic de maltraitance qui
recoupent les champs évoqués. Tout d’abord, la dimension sociale
renvoie à la question du cadre et réciproquement. Le cadre
intègre le fait que l’on travaille ou non à l’amiable avec
uniquement une famille ou des tiers comme les professionnels
scolaires, sociaux, médicaux, ou avec un mandant dans le contexte
d’un accord négocié à l’Aide à la jeunesse. Il peut exister
une contrainte quand le tribunal de la jeunesse ou le service
protectionnel judiciaire mandate l’équipe SOS-Enfants.
Le champ social aborde la question de l’extériorité, incluant
l’axe de la socialisation et de l’ouverture au monde ; cette
préoccupation est redoutée par de nombreuses familles : « Il ne
faut pas que l’on sache, on va régler ça entre nous… c’est nos
problèmes, ça ne regarde personne ! » La dimension sociale
touche également aux aspects de structure dans le sens de ce qui
contient, arrête, fait limite… On interroge aussi le champ
socio-juridique étant donné l’implication de nombreuses démarches
judiciaires, en parallèle ou en série, toujours en cours quand nous
intervenons, ou qui ont encore des retombées sur les événements
actuels, que ce soit au niveau civil, pénal, protectionnel.
Concrètement cette analyse s’appuie sur une « cartographie »,
chaque fois unique, de la situation d’un enfant et de son
environnement, précisant outre un génogramme, les différentes
sphères d’inscriptions sociales et scolaires. De façon
schématique, nous investiguons les trois sphères contextuelles
principales dans lesquelles l’enfant évolue et ce, dans les
perspectives diachronique et synchronique : comment vit-il dans sa
famille ? Comment intègre-t-il la vie scolaire (avec l’axe des
apprentissages et celui de socialisation) ? Comment se déroule
l’ensemble des activités parascolaires, sociales, ludiques,
sportives, culturelles ?
Notre expérience nous indique que si l’enfant parvient à
sauvegarder son fonctionnement (un certain équilibre) dans au moins
une des trois sphères, on peut estimer qu’il mobilise encore
suffisamment ses ressources internes, et que ses potentialités, son
élan vital ne sont pas totalement éteints.
L’enfant maltraité est un sujet dont il faut prendre en
considération le corps, certainement quand celui-ci est blessé,
agressé ; on se préoccupe également de l’enveloppe que l’enfant
investit avec plus ou moins de facilité, plus ou moins
d’inquiétudes. Il y a lieu d’entendre la manière dont l’enfant
se situe par rapport à ce corps, s’il se sent mal dans sa peau…
Les interrogations à ce niveau sont encore plus importantes
quand ce corps est malmené, maltraité et que l’enfant redoute ce
corps, ne l’investit plus, en a peur, ou craint pour son avenir.
Combien d’enfants en consultation n’osent s’interroger à ce niveau
ou sont traversés par des doutes à peine dicibles sur les
conséquences d’une agression physique et/ou sexuelle ? Parler de ce
corps représente en soi un élément certes précieux, incontournable
mais insuffisant. Il y a donc lieu de rencontrer l’enfant au
niveau de son corps, de lui permettre de mieux le comprendre, de
mieux l’accepter, de participer à sa « réparation », le cas
échéant.
Notre conception tient évidemment compte du psychisme de
l’enfant et ceux des membres de son entourage. Il s’agit
d’être attentif aux fonctionnements affectif autant que cognitif et
sensible aux impacts des dysfonctionnements familiaux et
relationnels qui entament la (re)construction de l’identité du
jeune. Les travaux sur la destructivité, la vulnérabilité et
la résilience [3] ont montré combien il existe de variations
interindividuelles des retentissements de la maltraitance sur les
fonctionnements humains. Certes, il y a lieu d’estimer comment
l’enfant survit suite à une maltraitance, en tenant compte de ce
qu’il dit, de ce qu’il montre ou non. Rencontrer un enfant
maltraité ou suspecté l’être, dans la dimension psychologique,
c’est d’abord et avant tout prendre le temps de l’accueillir comme
il est, cela afin de mieux l’accompagner par la suite.
Les risques ne sont pas négligeables si l’on force le temps,
si l’on impose un processus et que l’on cadenasse l’intervention
dans une dimension exclusive de soins. L’enfant est menacé par une
nouvelle emprise, celle de professionnels qui « pensent pour son
bien ». Accueillir, c’est écouter ce qui a pu se passer ou non,
c’est comprendre ensemble, en respectant les rythmes,
essentiellement celui de l’enfant, en considérant les tenants et
aboutissants d’un comportement, d’une allégation, pour en élaborer
un récit. Poser un diagnostic sur les plans psychologique et
psychiatrique, c’est participer à un processus d’historisation du
sujet dont le parcours de vie est émaillé par l’inadéquation.
Il y a lieu d’estimer également si le traumatisme a fait
effraction au point de constituer un trauma [6].
La question n’est donc pas de savoir s’il y a lieu ou non de
poser un diagnostic mais bien davantage de savoir jusqu’où il faut
mener celui-ci. Ici, les avis son divergents. Pour certains, on
peut se contenter d’une porte d’entrée générale et, pour d’autres,
l’important est d’objectiver pour permettre ultérieurement une
meilleure subjectivation possible. Évidemment, il y a toujours des
exceptions et des dérogations aux lignes de conduites que l’on se
fixe. Ainsi, on ne peut s’arrêter à l’étiquetage « maltraitance »
évoqué par un intervenant de première ligne généraliste, qui envoie
à SOS-Enfants pour un travail dit thérapeutique. En revanche, nous
ne prônons pas la répétition d’examens, d’épreuves pour un enfant
et sa famille qui ont déjà rencontré des cliniciens spécialisés.
Il s’agit dans ce cas de figure, d’établir une planification
entre membres de la famille, l’équipe qui a réalisé l’évaluation
dans un premier temps et l’autre qui sera amenée à assurer la phase
thérapeutique.
Modalités du diagnostic
Nous préconisons de structurer l’intervention de manière rigoureuse
en respectant trois temps successifs.
Le premier, l’analyse de la demande, doit éventuellement prendre
plusieurs unités de temps, si possible fixées de manière
rapprochée. Soulignons qu’il n’est jamais aisé pour quiconque de
passer la porte d’une équipe SOS-Enfants, que l’on soit
professionnel ou non. Il y a très clairement le temps de
l’urgence et l’urgence du temps. Certaines situations ne peuvent
souffrir d’être différées, tandis que d’autres demandent une
temporisation. Là, l’expérience des cliniciens intervient. Comment
jauger ? Ce n’est pas faute d’avoir tenté d’établir des
canevas, des listes de repères, mais… en vain. Chaque situation est
à considérer au cas par cas, vu les multiples niveaux et paramètres
qui interagissent. On sera amené à agir plus rapidement s’il s’agit
d’un très jeune enfant, s’il y a menace de mort ou risque de
passage à l’acte. Pour être plus pertinente, cette analyse de la
demande devait être idéalement effectuée par deux cliniciens de
disciplines distinctes mais complémentaires.
Cette analyse de la demande intègre rapidement le deuxième temps
qui est celui de l’établissement du cadre d’évaluation si la
situation est retenue pour un travail assuré par l’équipe SOS.
Le cadre, une notion maintes fois évoquée, renvoie
essentiellement à deux fonctions : celle de « contenant » et celle
de « tiers ». Deux fonctions qui sont finalement souvent mises en
défaut dans les familles à transactions maltraitantes. À propos du
cadre, bien des cas de figure se rencontrent, selon la porte
d’entrée, l’urgence, la crise… Abordons brièvement ces concepts
d’urgence et de crise. En effet, qui dit urgence, associe bien
souvent à la notion de crise. La crise n’est pas en soi
pathologique ; elle peut recouvrir une dimension salvatrice ou
correspondre à un mode de réaction face à un événement agressif,
anxiogène. La crise que l’on ressent habituellement comme
limitée dans le temps correspond à un écart par rapport à un point
d’équilibre, voire une rupture de l’équilibre d’un système, qu’il
soit familial ou contextuel. Des auteurs comme Marcelli,
Braconnier, Laudrin, définissent la crise comme un moment
temporaire d’instabilité et de substitution rapide remettant en
question l’équilibre normal ou pathologique du sujet [15, 18]. Pour
eux, l’évolution est ouverte, variable et dépend tout autant de
facteurs internes qu’externes. Dans cette acception, la crise ne
signe pas inévitablement une évolution dommageable. En revanche, la
notion d’urgence renvoie au sentiment de danger imminent, de risque
vital, de lutte contre la pulsion de mort. Elle rappelle que le
temps ne s’écoule pas de façon linéaire ; il connaît des
accélérations, voire des emballements. L’urgence pourrait alors se
définir comme une crise qui ne vise pas l’aboutissement à une
réorganisation favorable du fonctionnement psychique et relationnel
d’un groupe ; elle révèle le dysfonctionnement d’un système avec
stigmatisation d’un sujet. L’urgence correspond ainsi à l’échec
d’une tentative de réaménagement, de réorganisation d’un système.
Évidemment, toutes les situations ne se présentent pas à
SOS-Enfants dans un contexte d’urgence et/ou de crise. Autant
l’urgence met l’accent sur la priorité des aspects vitaux avec
habituellement une connotation péjorative, autant la crise revêt
une dimension de potentialités. Ailleurs, les cliniciens
rencontreront des résistances pour créer une crise ou la maintenir
face à l’inertie, à l’homéostasie de certains systèmes familiaux.
L’établissement du cadre englobe finalement toutes ces questions,
qui vont baliser le travail réalisé au sein de l’équipe SOS.
Le troisième temps qui découle des premiers se centre sur
l’évaluation proprement dite. Il s’agit de rencontrer un
enfant (ou des enfants, une fratrie), des parents, des
grands-parents, éventuellement des membres de la famille élargie ;
à chaque fois, nous composons différemment le type
d’accompagnement. La finalité générale vise à approcher la
matérialité des faits de maltraitance, l’implication de chacun
ainsi que les retentissements sur chaque membre d’une famille.
Un débat toujours d’actualité concerne le recueil de la parole
de l’enfant et le statut de celle-ci. Faut-il ou non recueillir la
parole révélant la maltraitance et doit-on en analyser le contenu ?
La question se complexifie quand il y a intrication des
démarches judiciaires et non judiciaires [23]. On entend souvent
affirmer qu’on ne peut réaliser un SVA quand un enfant est
auditionné par ailleurs par les autorités judiciaires. Mais la «
règle » qui consiste à ne pas multiplier les auditions ciblées sur
des questions similaires au risque sinon d’entraîner une
victimisation secondaire est-elle toujours pertinente ? N’y a-t-il
pas lieu plutôt de laisser « la porte ouverte » en s’interrogeant
sur l’intérêt pour un enfant et sa famille d’évoquer clairement les
faits. Une logique n’est pas l’autre, mais pour peu que l’on soit
clair et cohérent, l’enfant peut appréhender le bien-fondé de
démarches en parallèle. De plus, l’analyse du statut de
l’allégation représente un aspect de nos missions. Réaliser un
bilan complet, c’est effectivement partir d’une parole, d’un fait,
non pas pour rassembler des éléments de preuve mais davantage pour
rencontrer un enfant dans ce qu’il a vécu en nous souvenant que la
parole revêt deux dimensions que sont l’authenticité et la
fiabilité. Aujourd’hui, nous avons à notre disposition des outils
performants, aussi respectueux de l’enfant qu’un entretien clinique
classique, s’ils sont utilisés à bon escient. Une équipe
spécialisée est attendue à se situer par rapport à certaines
questions bien au-delà de ce que l’on peut attendre des
professionnels travaillant dans d’autres champs et mandats comme
celui de la guidance ou de la psychothérapie. Cette équipe a à
assumer la responsabilité d’une spécialisation non pas dans la
finalité « d’en savoir » le plus sur un enfant, mais bien de
concevoir un processus d’aide et de soin en intégrant un temps où
sa parole est pleinement prise en compte [11]. C’est ainsi que nous
partons en écrivant une histoire à partir d’une page blanche,
plutôt que de s’encombrer d’a priori ou de quelques vagues
impressions, qui finalement enferment l’enfant, son environnement
et l’équipe SOS [8].
Si le SVA est un outil, il doit le rester, n’étant pas en soi la
panacée. Nous demeurons pleinement des cliniciens avec nos
formations, nos épistémologies, et notre autonomie.
La rencontre avec l’enfant, qu’elle soit individuelle,
fraternelle, familiale, de réseau, conserve toute son importance.
Mais il est parfois souhaitable d’aller un pas plus loin et de
recourir à certains tests psychologiques… sans pour autant s’y
noyer ! Pour tenter d’estimer l’intrication des parts cognitives et
affectives, il s’avère aussi nécessaire de proposer une WISC IV
(Wechsler Intelligence Scale for Children), ou dans un autre
registre un CAT/TAT (Thematic Aperception Test), ou encore un test
centré sur le développement et/ou l’interaction comme le Bayley, le
Brunet-Lézine [16]. Par ailleurs, le MMPI (test de personnalité
éprouvé depuis les traumatismes de guerre) est un complément bien
souvent utile pour nous éclairer sur le fonctionnement psychique
des adultes autour de l’enfant. D’autres tests nous aident et
s’avèrent intéressants pour l’éclairage qu’ils apportent aux
cliniciens et aux protagonistes eux-mêmes. De loin en loin (et
c’est de moins en moins rare d’ailleurs), l’approche psychiatrique
et pédopsychiatrique permet de cerner les défaillances et
perturbations graves dans les fonctionnements mentaux. Combien
n’avons-nous pas rencontré d’adultes carencés, immatures,
psychotiques, voire pervers ? ! Il s’agit du reflet d’une
tranche de la population pour laquelle on peut s’interroger sur la
présence d’une forme d’anomie, par défaut de transmission de
valeurs et de repères. De même, au niveau des mineurs d’âge
rencontrés, nombreux sont traumatisés et/ou perturbés non pas tant
par l’impact des faits de maltraitance en particulier, que par
l’intensité des dysfonctionnements familiaux et leurs
répercussions.
Conclusion
Le constat semble évident. Nos communautés connaissent aujourd’hui
une profonde remise en question comparable à une lame de fond,
sorte de tsunami sociétal qui bouleverse et met à mal les
équilibres fragiles.
La santé mentale représente d’ailleurs une préoccupation des
instances politiques étant donné l’augmentation significative des «
maladies de l’âme ou de l’esprit ». Les plus vulnérables de la
société, les enfants, sont malheureusement identifiés comme bouc
émissaires et servent d’objets de décharge de frustrations diverses
et répétées [1].
Nous plaidons pour une évaluation large, certes complexe, mais
intégrant certainement les niveaux du réel, du symbolique et de
l’imaginaire, en permettant une dynamique constante entre eux, au
niveau personnel et groupal [2]. La rencontre individuelle
vise à approcher comment le sujet tisse des liens entre réalité et
représentations. La conception du monde personnel et
interactionnel représente en soi un élément du bilan mais plus
encore un axe à poursuivre lors de l’accompagnement thérapeutique.
Nous constatons régulièrement combien l’absence de dialogue, la
carence des mots, la présence de mode de pensée opératoire,
l’hégémonie de constructions fantasmatiques liées à la
toute-puissance… contribuent à faire précipiter des systèmes
humains dans l’inadéquation.
Enfin, n’omettons pas, dans cette phase de la prise en charge,
de réaliser l’examen somatique, décrit plus haut. La question
du corps n’est pas seulement abordée au niveau du réel ; le corps
est également parlé au niveau de ses représentations, comme objet
d’appartenance (est-il respecté en tant que corps propre ou
véhicule intrusé, instrumentalisé, inclus dans le processus
délirant ou dépressif d’un parent ?…).
Terminons en soulignant que le temps du diagnostic est un temps
d’arrêt dynamique qui orientera la destinée d’un enfant et de sa
famille. Un éloignement, une hospitalisation, une interpellation
judiciaire, un accompagnement à l’amiable… autant de suites
différentes qui découlent de ce que les cliniciens vont retenir en
tant que « bilan complet de l’enfant ».
Pour répondre de manière simple à cette question des diagnostics
de maltraitance, interrogeons-nous pour savoir si nous avons
suffisamment déployé les diverses modalités pour comprendre la
situation d’un enfant et de sa famille, cela afin d’être les plus
pertinents et les plus respectueux possibles dans l’accompagnement
thérapeutique.
Références
1 Berger M. L’Échec de la protection de l’enfance, 2004.
2 Conséquences des maltraitances sexuelles, les reconnaître, les
soigner et les prévenir. Conférence de consensus : Fédération
française de psychiatrie, Paris, 2003.
3 Cyrulnik B. Un merveilleux malheur. Paris : Odile
Jacob, 1999.
4 Delion P. La fonction parentale, temps d’arrêt. Ministère
de la Communauté française de Belgique, 2007.
5 Ferragut E. (dir.). Agressions et maltraitances.
Paris : Masson, 2006.
6 Gabel. Évaluation des maltraitances. Paris : Fleuves,
Psychopédagogie, 2002.
7 Gavarini L. La Passion de l’enfant. Hachette, 2001.
8 Gavin V. « Le courage d’être. La thérapie individuelle
par le jeu et la créativité chez l’enfant et le jeune victime
d’abus sexuels ». In : Cuyrulnik B, Seron C (dir.).
La Résilience ou Comment renaître de sa souffrance ? Fabert
Éditions, « Penser le Monde », 2003.
9 Godelier M. Métamorphoses de la parenté. Paris :
Fayard, 2005.
10 Haesevoets YH. Regard pluriel sur la maltraitance des
enfants. Belgique : Kluwer, 2003.
11 Hart SN, Binggeli NJ, Brassard MR. Evidence
for effects of psychological maltreatment. J Emotional Abuse
1998 ; 1 : 27-58.
12 Hayez JY, de Becker E. L’Enfant victime d’abus
sexuel et sa famille : évaluation et traitement. Paris : PUF,
1997.
13 Houzel D. « L’examen pédiatrique ». In : Lebouci, Biatkine,
Soule. Nouveau traité de psychiatrie de l’enfant et de
l’adolescent. Paris : PUF, « Quadrige », 1999, p. 615-631.
14 Kent A, Waller G. The impact of childhood emotional
abuse: an extension of the child abuse and trauma scale. Child
Abuse and Neglect 1998 ; 22 : 393-9.
15 Laudrin S, Speranza M. Crises et urgences en pédopsychiatrie.
Enfances et psy, dossier urgence 2001 ; n° 18 : 17-23.
16 Lempereur E. Utilité de l’échelle de Bayley dans la clinique
de la maltraitance. Conférence 06/12/07. ONE La Hulpe,
Belgique.
17 Le Petit Larousse, dictionnaire encyclopédique, 1992.
18 Marcelli D, Braconnier A. L’Adolescence aux mille
visages. Paris : Odile Jacob, 1998.
19 O’Hagan KP. Emotional and psychological abuse; problems
of definition. Child Abuse and Neglect 1995 ; 19 :
449-61.
20 Parret C. Accompagner l’enfant maltraité et sa famille.
Paris : Dunod, 2006.
21 Sillamy N. Dictionnaire de la psychologie. Paris :
Larousse, 1989.
22 Tange C. Le Placement des enfants : une bientraitance à
risque. De Boeck, 2003.
23 Yuille JC. L’entrevue par étapes progressives : protocole
pour l’entrevue des enfants et l’analyse de validité de la
déclaration : liste de vérification (traduction de Van Gijseghem
H), 1993.
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