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Les processus communicationnels dans les représentations sociales de la santé mentale


l'Information Psychiatrique. Volume 83, Numéro 10, 801-5, décembre 2007, stigma (2)

DOI : 10.1684/ipe.2007.0258

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Sylvie Parrini-Alemanno , Maître de conférence en science de l’information et de la communication à l’Université de Nice-Sophia Antipolis, psychologue clinicienne, Ex DRH d’un groupe d’établissements de santé, chercheur au laboratoire I3M de Nice-Toulon et au Ceric de Montpellier..

Résumé : La sécurité que donne l’incessant remaillage représentationnel, la nécessité pour chaque acteur d’emprunter toujours le même code, ce sont cette « intention » des acteurs ou la « guidance » (ou tyrannie !) des représentations qu’il paraît utile et intéressant d’étudier dans le cas de la stigmatisation de la maladie mentale, de même que son corollaire, le danger de changer un système dont l’équilibre tient, même si cela est aux dépens d’une partie des acteurs. Le système des représentations contient la résistance au changement envers et contre la connaissance et l’information scientifiques. L’enquête de l’OMS montre bien la mécanique de l’exclusion qui renvoie par degré de « déséquilibre » perçu de plus en plus à la famille qui se dit prête à garder un membre de sa famille. Appréhender les représentations sociales de la santé mentale comme processus communicationnel, c’est intégrer chacun des acteurs à l’intérieur du système responsable d’attitude d’exclusion. Ce point de vue systémique hérité de l’école de Palo Alto, repris et développé récemment par Alex Mucchielli, met l’accent sur l’importance du processus de contextualisation dans lequel nous replaçons les effets des changements de regard, celui de la reconnaissance institutionnelle, celui des médias, celui affectif sur le modèle de la famille. Les configurations communicationnelles, à la faveur des changements de ces regards, retentissent sur la stigmatisation et les attitudes qu’elle associe.

Mots-clés : santé mentale, stigmatisation, représentation sociale, communication

ARTICLE

Auteur(s) : Sylvie Parrini-Alemanno1

1Maître de conférence en science de l’information et de la communication à l’Université de Nice-Sophia Antipolis, psychologue clinicienne, Ex DRH d’un groupe d’établissements de santé, chercheur au laboratoire I3M de Nice-Toulon et au Ceric de Montpellier.

Problématique de la contextualisation de la stigmatisation

Dans une société, stigmatiser consiste à marquer les uns du sceau de la déviance, en l’occurrence le groupe des malades mentaux, et générer vulnérabilité, honte, violence chez ces derniers (théorie de l’étiquetage ou labeling theorie, décrite par S. Becker [1]) par d’autres du grand groupe, des non-malades de cette maladie-là. Car la stigmatisation ne touche pas uniquement les malades mentaux mais tous les groupes dont une caractéristique au moins suscite une répulsion collective. Depuis Alfred Schutz et la sociologique compréhensive, le lebenwelt constitue le support des représentations que les individus construisent et se renvoient en interagissant.

Les études sur les représentations sociales, tout au long du XXe siècle, présentent un certain nombre de voies d’accès pour la recherche et ses incidences sur la réalité sociale, dont la notion d’attitude dans son contexte communicationnel. Cette notion comprend les rejets qui motivent la stigmatisation. Selon une vision systémique, les représentations sociales sont les « raisons » des attitudes en action dans le système de communication sociale. Les travaux étant bien avancés sur les structures de la personnalité qui supportent les représentations qu’un individu se fait de son monde environnant, nous voulons évoquer le contexte de communication dans et par lequel s’exercent les attitudes dans ses permanences et ses changements, moteurs des communications sociales dans un monde saturé d’informations, en nous appuyant sur deux réflexions. La première est celle du devenir d’un savoir scientifique (diffusion des informations sur la maladie mentale) quand il entre dans le sens commun (cf. les travaux de Serge Moscovici publiés en 1961 sur les représentations sociales de la psychanalyse [7]) et qu’il meut les attitudes au sens de Willem Doise [2], celles relatives à un système individuel et aussi à un système de rapport sociaux. Le second est celui attaché aux changements potentiels et possibles de ces attitudes par un phénomène d’aller et retour des représentations qui les motivent, soumises elles-mêmes au système représentationnel tout entier des individus.

En effet, quel pourrait être l’intérêt pour les individus souffrant d’une maladie mentale, pour les individus non souffrants et pour le groupe, acteurs du système social, de changer les éléments de leur contexte environnant ? Car cela reviendrait à bousculer les étayages de leurs comportements ou encore à changer les représentations qu’ils ont de leur monde ? Posée ainsi, l’asymétrie de la relation apparaît car qu’est-ce qui pousse un individu à changer d’attitude vis-à-vis d’un autre, à accepter cette différente vue chez l’autre, lisible sur son corps, ses postures, ses attitudes ? Nous supposons que les résistances au changement d’attitude vis-à-vis de la stigmatisation que subissent les malades mentaux, de la part des individus relèvent de cette asymétrie dans les communications et que les messages corporels viennent renforcer le rejet. Les représentations de la maladie mentale sont aussi celles du corps parcouru variablement par la maladie et qui envoie aux autres des signaux que chacun interprète en fonction du contexte global psychologique, social et collectif. Le contexte fait fonctionner le système, lui donne un sens qui assigne chacun à une place dont il est difficile de sortir ; il est « interprétatif » [8].

Éléments de théories sur les représentations sociales

Les représentations sociales ou plutôt collectives comme l’on dit au début, sont définies et pensées tout au long du XXe siècle suivant l’approche compréhensive relative à une réalité individuelle et sociale. Émile Durkheim (1898) crée la psychologie sociale en posant les représentations comme interface entre le collectif et le social. Henri Wallon montre, dans sa description des stades du développement de l’enfant, l’importance d’une dialectique entre l’affectif et l’intelligence qui conduit à la formation, vers 11 ans, des catégories mentales, socles de ses représentations. Jean Piaget affirme quelque temps plus tard l’existence de schèmes organisateurs de la pensée fondés sur la base corporelle. Pour Michel Foucault, les phénomènes intellectuels ne sont pas détachables des réalités sociales et des contextes où ils s’exercent. Dès lors, la conjugaison des phénomènes intellectuels et des réalités sociales élaborées au cours des échanges interpersonnels dès le début de la vie des individus se constitue en représentations internes et en attitudes.

La deuxième partie du XXe siècle d’ailleurs, sera occupé par des travaux princeps [3, 4, 7] sur les représentations, notamment la structure et ses articulations à la réalité pour construire le système social. Or les auteurs de ce courant constructionniste placent le concept de représentation sociale « au carrefour d’une série de concepts sociologiques et psychologique » [7] car ce courant recouvre plusieurs niveaux d’analyse de phénomènes sociaux d’un niveau externe. De la représentation comme forme picturale à la représentation sociale, sorte de projection sur le réel d’une construction interne du sujet, à la modélisation et à l’intégration d’un savoir pratique sur un sujet donné servant à un ajustement pratique, à un niveau plus interne, le système des représentations est un système d’interprétation régissant notre relation au monde et aux autres, orientant et organisant les conduites et les communications sociales [7]. Le concept est à étages ; il mélange la construction comme résultat, soit l’image finale possédée de la réalité, et la base de connaissances (cf. la personnalité de base, Kardiner, 1945 et l’école culturaliste), comme une « structure interprétative des choses du monde » [7]. Le courant constructionniste propose une autre conception des réalités communicationnelles au cœur desquelles s’ancre la stigmatisation des maladies mentales. En effet, la structure psychique interne entretient des constructions antérieurement élaborées mais des éléments externes constitutifs de la situation présente interviennent − parfois violemment − dans la construction de la réalité des individus.

Le processus communicationnel comme processus de contextualisation

Il s’agit bien pour nous d’observer les interactions et les attitudes qui en découlent, car nous situons le processus de stigmatisation au cœur même du système des représentations comme une reconstruction sociale de la réalité contextuelle, au sens que lui donne Alex Mucchielli [8], mais amputée d’une partie des acteurs. Dans un système, chaque composant n’existe pas en tant que tel mais seulement dans sa relation avec les autres et avec un contexte extérieur. À ce titre, cette part des représentations où se niche la stigmatisation, notamment celle de la maladie mentale, peut s’appréhender aussi ou se comprendre dans un emboîtement de processus de communication qui fait participer plusieurs acteurs au sens palo-altien du terme. Toute construction de la réalité sociale se joue dans l’inter-expérience des interactions et, comme le dit Laing, de jeux de miroir [5]. On croit ce que l’on voit et l’on finit par voir uniquement ce que l’on croit. Les médias (journaux, télévision, affiches) opèrent un contre-poids à cette imagerie sur la maladie mentale quand ils sont contrôlés par les non-malades professionnels et donc objectivants ou par les associations issues des familles tout aussi en souffrance sinon plus que les personnes affectées de maladie mentale. La plupart du temps donc, un groupe dominant impose une définition de la réalité aux groupes minoritaires et non normés, notamment les malades mentaux.

C’est à partir de ce point de vue que se construisent les règles du contexte englobant qui régiront les attitudes des acteurs. Ce contexte englobant assigne nécessairement, par le regard porté sur les uns et les autres, normaux et malades mentaux, des places dans l’interaction sociale qui ne font que se renforcer (Rosenhan, cité par Watzlawick [9]). Les processus de communication dépendent totalement de ces codifications, d’autant plus si elles sont installées depuis longtemps.

La sociologie interprétative, la psychologie sociale clinique et la phénoménologie sociale ont défini des mondes internes et privés comme une construction de sens et d’interprétations au fur et à mesure des interactions et de la communication, que celles-ci soient fondées sur les « déjà-là » ou non. Alex Mucchielli propose d’aller au-delà de ces constructionnismes et interroge l’utilisation de ces éléments externes à l’intérieur des processus de contextualisation [8] Il propose une compréhension de l’opération de construction de la réalité suivant les deux processus de contextualisation, l’un primaire, le second consubstantiel du premier, dit « processus communicationnel de contextualisation » [8]. Le primaire consiste en la constitution, l’élaboration d’un contexte explicatif pour les phénomènes que l’individu est amené à saisir, puisé dans son système de pertinences et dans son contexte interprétatif culturel standard (cf. E. Goffman et le cadre primaire de l’expérience). Le second se constitue de façon volontaire dans la recherche d’un sens plus précis des phénomènes, proche de l’opération communicationnelle de « recadrage » de l’école de Palo Alto. Il aide à faire changer, ou évoluer, les sens d’une interrelation pour les acteurs concernés au moyen d’une figuration différente de la situation pour une compréhension globale de la situation et des phénomènes de communication s’y rattachant par des acteurs en co-présence, l’objectif étant un sens partagé commun. Or, si la communauté de sens s’entend pour un groupe donné, le groupe social en fait partie, si grand soit-il, et les malades mentaux en font partie aussi.

Actuellement, les représentations de la maladie mentale telles qu’elles apparaissent dans les résultats de l’enquête de l’OMS (cf. le compte rendu de J.-L. Roeland, 2007), subissent un découpage qui induit des attitudes différentes et non homogènes. Elles témoignent de résidus de représentations très anciennes des fous, d’interprétations de données médiatisées sur la dépression et d’images de sociopathes relayées par les commentaires de la presse (par exemple l’affaire de Pau) et les fictions de films (par exemple le Silence des agneaux). Trois formes de regard donc nous paraissent significativement porteuses du problème relatif à la stigmatisation et en même temps de potentialité de changement.

Premier changement de regard dû aux bouleversements socio-politico-culturels

Pour donner un exemple fort de changement d’attitude relatif au contexte englobant, nous pouvons évoquer la position de la psychiatrie sous l’influence de Philippe Pinel peu après la Révolution française de 1789. Pour passer du traitement moral à la prise en compte du psychisme humain, il aura fallu le contexte de la Révolution, l’esprit des progressistes, les avancées de la clinique pour amorcer l’évolution du regard porté sur les malades mentaux, grâce sans doute à l’émergence de la psychiatrie comme discipline médicale. On se souviendra que le sort réservé « aux hommes et aux femmes présentant des troubles persistants du comportement social, quel qu’en fût la nature » (P. Pichot, 1983) se règle sur mesure de police par le grand renferment ordonné en 1656 par Louis XIV, faisant naître les deux plus grands hôpitaux parisiens, la Salpêtrière et Bicêtre. Cette donnée historique montre les possibilités de stigmatisation collective d’un régime politique et d’un peuple ignorant, volontairement ou non, en tout cas plus attachés à résoudre des problèmes immédiats de guerre imminente, de famine des paysans, de reconnaissance du pouvoir d’une classe naissante qui allait faire basculer le pouvoir royal. Elle montre aussi la puissance nécessaire au changement du contexte ambiant pour une déstigmatisation mais dans une société calme, au changement des structures et des prises en charge de la maladie mentale, à la reconnaissance officielle des institutions, comme le montre l’exemple du décret promulgué par Pinel de séparer les fous des délinquants.

Deuxième changement de regard dû aux modifications de la relation au corps

La relation que nous avons à notre corps trouve un marquage, une estampille dans les médias. Le marketing et la publicité forment et reforment notre relation au corps à ses critères de santé, de beauté, de jeunesse, le tout dans un amalgame, nouveau paradigme identitaire (spots télévisuels et affiches publicitaires de sous-vêtements qui dénudent le corps des femmes et des hommes à la vue de tous, les films sur les « gentils » ou « merveilleux » fous souvent psychotiques ou trisomiques ou sur les pires et fascinants assassins, ouvrages littéraires souvent biographiques sur la dépression…). Les formes de médiatisation du dépressif, du fou, du malade mental, crées-construites puis imposées, non issues de la rencontre, de l’échange direct, génèrent un contexte qui devient d’une pertinence toute relative à cette communication persuasive des images (cf. les travaux sur l’influence de la télévision sur les attitudes de F. Jost en 1999, D. Courbet en 2003 et 2004 et de I. Fontaine, 2006) par imprégnation du message.

À l’opposé, un travail comme celui de S. Malysse [6] parle des images de la folie en asile, des femmes en l’occurrence et la façon dont leurs corps s’exposent. L’auteur montre comment le regard change la relation au corps, au discours, aux interprétations collectives ; il est une épreuve de réalité où la réalité, parce qu’elle est vécue, peut se construire. Pour cet anthropologue visuel, le champ des interactions sociales se trouve bousculé par la rencontre de l’image que l’on se fait de la folie et qui se diffuse dans nos représentations, par le rapport au corps que vivent les malades mentaux qui s’imposent à notre vue. Mais il s’agit moins selon nous d’une attaque du lien social, lequel dans le fond n’existe pas entre les stigmatisés et les normaux, que de modalités interactionnelles conjoncturelles, situationnelles et vécues. Sans la rencontre, la stigmatisation demeure lovée dans le système représentationnel. C’est la « corporisation » de l’interaction dans le temps de la rencontre qui est susceptible de contenir les germes d’une évolution des stigmates vers le constat de la différence. « Le spectacle de la folie offre à la vue une totale déconstruction et décontextualisation d’actions et de gestes, qui restent souvent aux frontières des actions et des gestes les plus élémentaires et anodins de la vie quotidienne […]. Dans l’état de folie, la personne vit une relation fantasmatique avec son corps, qui devient visiblement ce réel-plein d’irréel dont parle souvent Merleau-Ponty » [6]. C’est là que reparaît l’asymétrie de la relation dans la construction de notre réalité dans laquelle il faut que l’autre puisse trouver avec sa corporéité une place confortable. Quelle place les personnes non touchées par la maladie mentale, non en relation familiale avec des malades, non professionnels au service des malades mentaux, peuvent-ils accorder dans le système social où ils puisent le sens de leur contexte de vie ?

Troisième changement de regard dû aux modifications de la relation affective

L’enquête de l’OMS montre que les représentations sociales de la maladie mentale déterminent les attitudes et les pratiques sociales au-delà de la connaissance médicale ou scientifique de cette maladie mentale. La notion de dépressif, de fou puis celle de malade mental nous placent sur le nuancier de la maîtrise de soi jusqu’à sa perte vers l’irresponsabilité. La donne sociale se situe là, au point extrême de l’irresponsabilité, irrespect de la vie humaine qui finit par se mesurer à l’aune de la dangerosité. Et il y a fort à penser que la peur bloque la dynamique représentationnelle aidée par le contexte culturel (télévision, livres, films…) qui se charge d’ancrer l’image de la dangerosité du fou pour la plus grande fascination de tous et la souffrance incommensurable du dépressif pour la plus grande compassion de tous. Le système entraîne chacun des acteurs dans la constitution d’éléments d’un sens qui répond au monde intérieur et mobilise les attitudes dans la configuration communicationnelle où le fou est loin de soi, éventuellement enfermé, autrement dit il n’apparaît pas, ne se montre pas. Il peut être enfermé à l’hôpital ou en famille, dans un cercle familial ou professionnel qui protège le malade comme il protège le groupe social. L’ouverture où la rencontre peut se faire fait peur car aucun n’a les codes d’accès au système de l’autre. C’est pourquoi seuls les systèmes institutionnels ou le système de la famille peuvent voir, accueillir et rencontrer le système du malade mental.

Constat et conclusion provisoires

Le système représentationnel compose la réalité des objets, de leur environnement et de leurs interactions en « concourant à la construction d’une réalité commune à un ensemble social » dit D. Jodelet [4]. Nous serons d’accord sur cette constatation, de même que sur l’organisation de ce système fait d’éléments périphériques autour d’un noyau. Il paraît essentiel au groupe social de renforcer ce noyau pour la conservation de son identité. Dès lors, si l’on considère qu’un acte de communication met en présence des acteurs, il est possible d’envisager que chacun œuvrera pour la conservation des composants du noyau représentationnel tout en s’ouvrant à la rencontre à d’autres différents.

Références

1 Becker HS. Outsiders. Études de sociologie de la déviance. Paris : Edition Métailler, 1985.

2 Doise W. Attitude et représentation sociales. In : Jodelet D, ed. Les représentations sociales. Paris : PUF, 1989.

3 Herzlich L. Santé et maladie, analyse d’une représentation sociale. Paris : Editions EHESS, 2005.

4 Jodelet D. Les représentations sociales. Paris : PUF, 1989.

5 Laing RD. Soi et les autres. Paris : Gallimard, 1867.

6 Malysse S. Images et représentations de la folie, De l’autre côté du miroir de la normalité. www.zwyx.org/diffusion/malysse/.

7 Moscovici S. La psychanalyse, son image et son public. Paris : PUF, 1976.

8 Mucchielli A. Approche par la contextualisation. Paris : Armand Colin, 2005.

9 Watzlawick P. L’invention de la réalité, Contribution au constructivisme. Paris : Seuil, 1988.


 

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