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États dangereux, délinquance et santé mentale : représentations, insécurité et peurs sociétales comme sources de la stigmatisation des malades mentaux


l'Information Psychiatrique. Volume 83, Numéro 8, 655-62, octobre 2007, stigma (1)

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : Jean Louis Senon, Cyril Manzanera, Mikael Humeau, Louise Gotzamanis

Résumé : Les représentations de la violence et de la maladie mentale ne sont pas dissociables des courants qui infiltrent les sociétés démocratiques contemporaines. Les peurs et l’insécurité se développent depuis les années 1975 avec l’effondrement du modèle de l’état providence des années suivant la dernière guerre mondiale, construit sur le salariat et l’assistance sociale. L’augmentation du chômage de longue durée, les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes, comme le chômage tardif des seniors et l’émiettement de la protection sociale, renforcent la peur de l’avenir et les craintes du lendemain. L’insécurité est devenue la grande préoccupation des politiques et le législateur multiplie les lois sécuritaires en diffusant une politique de tolérance zéro qui fait du malade mental un bouc émissaire facile d’autant que son insertion est devenue plus aléatoire. Pour autant, il est indispensable que les équipes psychiatriques soient conscientes que les troubles mentaux graves sont à l’origine d’un risque majoré de violences ou même d’homicide, cela en dehors de tout abus de substance. Ce risque est majoré par toute rupture de soins et est plus important quand le patient a des antécédents de violence et dans les 20 semaines suivant sa sortie de l’hôpital. Il faut néanmoins se garder de confondre crime et maladie mentale en se rappelant par exemple que si, dans les pays industrialisés, le taux des homicides est compris entre 1 et 5 pour 100 000 habitants, les troubles mentaux graves ne seraient responsables que de 0,16 cas d’homicide pour 100 000 habitants, la maladie mentale ne concernant que moins de 1 homicide sur 20.

Mots-clés : violence, maladie mentale, insécurité, peurs, politique pénale

 

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