ARTICLE
Auteur(s) : Charles
Alezrah1
Ce rapport répond à une lettre de mission datée du 15 avril
2005 du ministre de l’Intérieur, du ministre de la Santé et du
ministre de la Justice.La mission, confiée à deux membres de l’Igas
(Alain Lopez et Gérard Laurand), deux membres de l’Inspection
générale de l’administration et deux membres de l’Inspection
générale des services judiciaires, se situe comme en grande partie
« liée aux événements de Pau de décembre 2004 et à
d’autres incidents graves ayant concerné différents établissements
de santé ». Les rapporteurs se sont déplacés dans cinq
départements et se sont inspirés d’expériences étrangères,
notamment en Suisse.Au-delà du strict objet de la mission, il en
ressort une analyse du dispositif de soins en psychiatrie publique
qui pourrait conférer à ce document une dimension plus large et
plus ambitieuse de (nouveau) rapport sur la santé mentale. Les
références à la psychopathologie sont nombreuses et pertinentes. On
y retrouve beaucoup d’informations précieuses qui aident à
percevoir d’une part la complexité de la situation et des enjeux,
d’autre part le poids des cloisonnements au sein de chaque
administration entre elles, mais également entre les différents
acteurs qui, sur des registres différents, ont parfois à prendre en
charge, en parallèle, les mêmes personnes…Ce rapport permet de
réaliser à quel point les questions de sécurité préoccupent
également les trois administrations concernées. La dangerosité est
abordée « au sens large ». Elle ne peut bien évidemment
se limiter à celle plus ou moins liée à des troubles mentaux.Loin
de desservir une approche soignante, le triple éclairage
justice-police-santé contribue au contraire à reposer, à partir de
constats partagés, de nombreuses questions régulièrement soulevées
par les professionnels du soin. Les rapporteurs reprennent ainsi
certaines de leurs demandes et en nuancent d’autres, en apportant
des propositions bienvenues de réponses sur le fond plutôt que des
solutions sécuritaires qui seraient de mise en œuvre rapide et
magique, renvoyant à l’illusion d’une efficacité à court terme. Ils
insistent sur l’importance de la prévention.
Généralités et modalités de prise en charge
Un premier chapitre est consacré à une approche générale de la
dangerosité et aux modalités de prise en charge sur différents
registres. Il est proposé comme définition du patient
dangereux : « une personne atteinte d’une pathologie
mentale, inscrite dans un parcours de soins ou en rupture de soins
qui, dans une phase imprévisible de décompensation, va porter
atteinte à son intégrité physique ou à celle d’autrui… ». Cela
nous semble un peu réducteur et oublie, entre autres, les passages
à l’acte inauguraux, révélateurs de pathologies mentales méconnues.
Il nous a semblé particulièrement bienvenu que soit rappelée
l’importance, dans une dimension préventive, de « la cohésion
de l’équipe de soins, les savoirs-faire des professionnels et leur
disponibilité, la compréhension des mécanismes psychopathologiques,
une attitude d’écoute et d’empathie ».
Il est souligné, à juste titre que « parmi les facteurs
responsables d’une situation de dangerosité, la forme prise par la
relation intersubjective entre un patient et un autre (soignant ou
non soignant) peut être déterminante. Aucune mesure protectrice ne
saura ici abolir un jour les risques liés à la rencontre de deux
subjectivités [...] seule la compréhension des mécanismes
réciproques qui se sont entraînés peut alors être utile au
soignant ».
Sur un plan général, les auteurs rappellent certaines mesures
prévues par la loi du 12 décembre 2005 relative au traitement
de la récidive des infractions pénales. Le prononcé par l’autorité
judiciaire de mesures de sûreté à type de surveillance après
l’exécution de la peine pour prévenir les récidives, évoqué à
travers les articles 723-29 à 723-37, nous fait penser à
d’autres mesures ante delictum dans le cadre de la relégation,
instaurée en 1885 et qui ont eu cours jusqu’au début des années
1950… Ils insistent sur la nécessité d’apporter à chaque situation
une réponse singulière et de respecter des principes fondamentaux
(liberté individuelle et du domicile, respect des procédures de
contention).
Réalité du problème
Un second chapitre s’attache à cerner la réalité du problème. Il
retient un sentiment d’insécurité grandissant chez les
professionnels de la santé, mais également de la justice :
« les magistrats rencontrés estiment que, dans l’ensemble, les
justiciables sont nettement moins respectueux à l’égard de
l’institution judiciaire ».
La « mesure » du sentiment d’insécurité s’avère
difficile malgré des systèmes d’information multiples mais
difficile à croiser (police, justice, observatoire des hôpitaux,
observatoire national de la DHOS…). À partir d’exemples dans
différents hôpitaux, se trouve posée la question de la
« perception de certains événements comme agressifs »
depuis l’événement indésirable, de plus en plus souvent signalé et
en nette augmentation, jusqu’aux agressions physiques dont le
niveau de déclaration est resté stable de 2000 à 2004. Les
professionnels soignants les plus exposés se retrouvent dans les
services de psychiatrie et aux urgences. Au niveau de la justice,
les personnels les plus exposés sont les agents d’accueil et des
greffes.
Très concrètement, il est retenu un « fort sentiment
d’insécurité des soignants dans leur quotidien ». Parmi les
facteurs qui nourrissent ce sentiment, certains sont liés aux
patients, mais d’autres à la moindre disponibilité en temps des
équipes soignantes, médicales et infirmières ou aux espaces fermés
et confinés par exemple. Les rapporteurs font le constat que ce
sentiment d’insécurité « peut être fortement réduit quand il
existe un véritable management médical ». Ils soulignent au
passage l’importance de désigner des objectifs et des procédures de
soins clairs, la nécessité de favoriser un travail d’équipe et la
cohésion de celle-ci, une réflexion clinique commune, une dimension
institutionnelle. Il s’agit là d’orientations que nous ne pouvons
qu’approuver en remarquant qu’elles sont (devraient être ?) à
la base de toute prise en charge dans un service et non seulement,
loin de là, réservées à la violence ou sa prévention…
Les soignants se révéleraient aujourd’hui moins tolérants devant
la violence et les incivilités. La violence les touche à titre
personnel, comme citoyen mais également comme professionnel du
soin, en venant signifier un échec susceptible de les culpabiliser.
Bien que le code pénal considère depuis 2003 la qualité de
« professionnel de santé » comme facteur aggravant en cas
d’atteinte aux personnes, la réponse des parquets est située comme
« non homogène sur l’ensemble du territoire national ».
Un élément maintes fois souligné dans plusieurs rapports
précédents est rappelé. Il s’agit du nombre de plus en plus
important de personnes présentant des troubles psychiatriques en
détention. Se trouve ainsi mise en lumière la question d’un
« transfert de prise en charge » du secteur médical vers
le secteur pénitentiaire.
Facteurs de risque
Le troisième chapitre, particulièrement riche et documenté, aborde
les facteurs de risque. Parmi ceux-ci, les auteurs passent en revue
différents paramètres, en commençant par une rapide description de
notre société postmoderne, individualiste et matérialiste, où le
sentiment « d’appartenance à un groupe » est de plus en
plus défaillant. Qu’il s’agisse de la famille, de l’entreprise et
de la solidarité au travail, ou de l’armée par exemple, les repères
traditionnellement structurants se font plus flous. Cette dimension
doit nous interroger au premier chef car les réponses, bien
évidemment, ne relèvent pas de l’appareil sanitaire. Et le
glissement vers une attente de réponses médicalisées à des
situations ne relevant pas du soin est constaté quotidiennement
dans les services de soins !
Les liens très insuffisants entre le sanitaire, le médicosocial
et le social sont soulignés, une nouvelle fois et à juste titre.
Certains sujets cumulent les mauvais facteurs. Il en va ainsi des
malades mentaux grandement marginalisés que l’on peut retrouver
dans la rue ou les CHRS et qui souvent se heurtent à la double
difficulté de trouver un hébergement stable d’une part, de
s’inscrire dans des soins au long cours d’autre part. Cette
question complexe mériterait un rapport à part entière tant la
situation est préoccupante. Notre expérience dans une structure
intersectorielle de « dépistage » destinée à des sujets
en situation de précarité fait apparaître un taux stable, année
après année, de près de 20 % de psychotiques sans réelle pris
en charge.
En abordant la difficile évaluation de la dangerosité, les
auteurs soulignent combien « prédire un destin, quelles que
soient les méthodes ‘scientifiques’ utilisées, laisse un doute
résiduel. Toute la question est alors de savoir si ce doute doit
condamner ou libérer, de savoir si le drame d’une victime putative
est plus intolérable que celui d’un responsable potentiel ».
Au moment où on parle de dépistage précoce chez l’enfant, où le
débat sur la prévention de la délinquance occupe une place
croissante dans notre société, ces questions sont essentielles à
poser, tout comme il nous semble indispensable de se défier d’une
approche néopositiviste du phénomène. Ni la théorie du criminel né
de Lombroso il y a un siècle, ni la phrénologie, ni le chromosome Y
surnuméraire n’ont permis, dans leur approche réductrice, de
répondre à cette question de fond.
La présentation des hospitalisations sous contrainte nous semble
un peu caricaturale. Notre expérience fait apparaître plutôt des
recours à l’hospitalisation d’office à la place d’hospitalisations
à la demande d’un tiers que l’inverse, mais le contexte et les
habitudes peuvent expliquer sans doute de grandes différences
d’un endroit à l’autre. L’analyse des pratiques en cas de sortie
d’essai nous paraît réductrice. Il nous semble en effet exister,
non seulement une obligation déontologique de signalement des
patients en fugue mais également une autre obligation de
recherche et d’intervention extérieure pour réintégration. La
demande d’une sortie d’essai engage la responsabilité du
certificateur et du service concernés. Il s’agit tout simplement
d’assumer cette responsabilité. Si certaines pratiques peuvent être
discutables, il est regrettable de les présenter comme
« généralisées »…
Dans une description des « défaillances des réponses
institutionnelles », il est abordé la diminution des capacités
d’hospitalisation ainsi que la dimension « qualitative »
des locaux d’hospitalisation souvent inadaptés : « le
patient voit dans la dégradation des lieux où il est hospitalisé la
représentation de sa propre déchéance, de son abandon par les
autres, de son statut d’être à part ».
La population carcérale est décrite comme en hausse constante, à
l’exception des prévenus. Cependant, une comparaison des taux
d’incarcération en France par rapport à d’autres pays montre un
taux voisin en Allemagne, de 50 % plus élevé en
Grande-Bretagne et 7 fois supérieur aux États-Unis.
La présentation des conditions de travail des magistrats, et
plus largement des personnels de l’administration judiciaire, fait
apparaître une augmentation très sensible des demandes, un
alourdissement des procédures, une aggravation des conditions de
travail et le sentiment particulièrement aigu d’un manque de
moyens, c’est-à-dire de temps. Cela ne peut manquer d’être mis en
parallèle avec le vécu des soignants en psychiatrie…
Le rapport souligne la « dispersion » des structures
de soins dans la cité et l’isolement des petites équipes soignantes
qui y exercent. Il est surtout constaté une évolution des lieux
d’hospitalisation à temps plein dans le sens d’une fermeture d’un
grand nombre d’unités mais également d’un recours plus fréquent aux
chambres d’isolement. Il est à noter que le même constat a pu être
fait par la récente conférence de consensus sur la liberté d’aller
et venir dans les établissements de santé. Plusieurs explications
sont avancées : malades agités et menaçants, moindres effets
sédatifs des nouveaux médicaments, hospitalisations plus nombreuses
de détenus… Mais une des raisons fortes quant au recours aux
chambres d’isolement concernerait « la différence des réponses
cliniques des équipes médicales et soignantes face à la violence
des patients selon les lieux […] le recours plus ou moins massif à
la MCI dépend des pratiques des équipes de secteur ». Nous
souscrivons pleinement à cette analyse qui ne devrait pas se
limiter au seul recours à l’isolement ! Cela nous semble
renvoyer directement aux références théoriques, à la philosophie du
soin et à leurs déclinaisons dans l’organisation institutionnelle
des services.
Une analyse intéressante des mesures de sécurité est proposée
avec le constat paradoxal que « les mesures de sécurité
excessives peuvent accroître les risques d’atteinte aux libertés,
mais aussi les risques de dangerosité ». Sont ainsi évoquées
les équipes de vigiles, la vidéosurveillance et la mise en place
d’unités fermées pour « malades perturbateurs ». Il nous faut
ici saluer le fait que, à contre-courant des idées reçues et des
effets de mode, les rapporteurs se montrent très critiques devant
« le risque de s’engager dans une course à ‘l’armement’,
transformant les hôpitaux en camps retranchés, génératrice de
violences […] Les pratiques sécuritaires font peser des contraintes
inutiles qui réduisent de fait la liberté de tous. Une stratégie de
prévention du risque permettrait de préserver la liberté d’aller et
venir, mieux que l’obéissance à un principe de précaution poussé à
l’extrême […] Les mesures de sécurité qui se multiplieraient, sans
qu’une évaluation objective en soit faite, conduiraient si on n’y
prend pas garde à deux types d’attitude particulièrement négatifs à
l’égard des patients susceptibles de présenter des risques de
dangerosité : le rejet vers des structures de plus en plus
lourdement sécuritaires (UMD, USIP, USI) dont on voit la difficulté
d’en sortir et de revenir dans un cadre de soins plus classique
d’un secteur, ou une sur-contention (création de chambres
d’isolement, fermetures des portes, caméras de surveillance,
sur-sédation, l’idée centrale étant qu’il s’agit avant tout
d’empêcher les malades de nuire) ». En clair, attention que
les remèdes proposés ne soient pas pires que le mal !
Un paragraphe relatif à la fragilité des personnels regroupe
plusieurs remarques fréquemment mises en avant par les psychiatres
hospitaliers et qui nous semblent essentielles :
- – la dilution et l’interpénétration des champs de
responsabilité et d’autorité à l’hôpital au fil des réformes, entre
la direction, le médecin chef de service et la direction des soins.
Le chef de service n’a de fait plus grande compétence pour
organiser le service. L’affectation des personnels, le contrôle de
leur activité, leur notation échappent à sa responsabilité.
« Il n’y a plus forcément congruence entre un projet clinique
(individuel et collectif) et une organisation du travail et de
l’hôpital qui appartient à la direction » ;
- – un potentiel humain affaibli depuis la mise en œuvre
des 35 heures. On pourrait également rappeler que l’effectif
moyen d’un secteur de psychiatrie avait déjà diminué de 8 %,
avant même la mise en place des 35 heures, passant de 86,8 ETP
en 1989 à 79,8 en 2000. Parallèlement, l’activité
« moyenne » n’a cessé d’augmenter…
- – comme l’analysent les rapporteurs, la question des
compétences infirmières depuis le nouveau diplôme se pose moins en
termes de formation théorique que d’immersion clinique dans des
stages en nombre insuffisant puis de compagnonnage avec des
infirmiers chevronnés. Mais la cohabitation de plusieurs
générations devient de plus en plus difficile du fait de départs
massifs à la retraite en quelques années ;
- – les lacunes dans la formation des jeunes psychiatres.
Cette formation s’appuie effectivement de plus en plus sur des
stages en CHU du fait de la réduction du nombre des internes. S’ils
bénéficient ainsi d’une excellente formation dans certains
domaines, ils s’y familiarisent moins avec une approche
institutionnelle et sectorielle. Il nous semble important de
rappeler que beaucoup d’hôpitaux « périphériques » ont
transformé leurs postes d’internes ces quinze dernières années,
faute de recrutement. Au moment où le numerus clausus s’ouvre, se
pose la question de la création de nouveaux postes et de leur
financement ;
- – les paradoxes du cadre posé par le législateur. Qu’il
s’agisse de la loi du 27 juin 1990 ou de celle du 4 mars
2002, les soignants se trouvent confrontés à des injonctions
contradictoires compte tenu de la nature même du fait
psychopathologique. Ils peuvent ainsi être poursuivis pour trop ou
pas assez d’interventionnisme : « La peur de la faute et
de la mise en cause pénale rend les conduites des soignants
incertaines » ;
- – il est souligné « les imprécisions des pratiques
médicales », notamment à partir de la conduite à tenir face à
un état d’agitation. Si les imprécisions et des politiques de soins
différentes existent, il faut cependant demeurer très prudent dans
la recherche de « normes de réponses élémentaires… ». La
clinique nous enseigne combien chaque agitation, mais au-delà,
chaque symptôme, peut appeler des réponses différentes d’un patient
à l’autre mais aussi chez le même patient à des moments
différents ;
- – il est dénoncé à propos de la sectorisation, l’écart
entre le discours théorique et sa mise en place ; la situation
du secteur psychiatrique est décrite comme ambiguë du fait des
derniers textes réglementaires. Les rapporteurs prennent cependant
clairement position quant à l’articulation entre dispositifs
intersectoriels et sectoriels : « la conception de
réponses spécifique adaptées aux besoins des malades est une
nécessité. Elle doit pouvoir se développer sans ruiner la fonction
généraliste du secteur qu’il faut continuer de préserver, pour être
certain de prendre toujours en charge les situations inclassables
susceptibles d’échapper aux structures spécialisées mises en œuvre
sur un territoire intersectoriel » ;
- – la question de fond de l’adaptation des moyens à
travers le financement de la psychiatrie est abordée. L’absence
d’un outil capable de décrire son activité de manière à la
valoriser sur le plan économique est soulignée. Il est fait
référence à la valorisation de l’activité en psychiatrie, en cours
d’élaboration. Cela induit une suspicion réciproque des financeurs
à l’égard des demandes des établissements et des professionnels à
l’égard des décisions budgétaires…
Nouveau pacte social
Le quatrième et dernier chapitre regroupe les propositions en
posant le principe d’un « nouveau pacte social », d’un
nouvel équilibre à trouver entre le soin des malades, la liberté et
la sécurité des personnes, avec le souci de l’insertion sociale des
patients. Ce nouveau pacte social « devrait porter sur la
prise en charge générale des patients ayant des troubles mentaux et
non spécifiquement sur la question de la dangerosité… ». Cela
est présenté à différents niveaux.
Mieux organiser l’offre de soins
- – en revenant aux principes de la sectorisation et en
adaptant leur application aux évolutions de notre système de
santé : « l’organisation de solutions spécifiques […]
doit cependant répondre aux besoins d’une population d’un espace
géographique donné. Cet espace peut être le territoire de santé. Il
peut être aussi l’agglomération, le département ou la région. C’est
là l’espace de l’intersectorialité qui ne doit pas être conçu à
partir d’un abandon des principes de la sectorisation, mais à
partir de leur réaffirmation aux échelles territoriales les plus
pertinentes » ;
- – en définissant des « pratiques médicales fiables
et consensuelles ». Il est proposé la tenue de conférences de
consensus sur les agitations et sur l’intervention en urgence des
équipes de secteur au domicile des patients. Il est encouragé le
développement de la recherche et l’incitation, pour les
laboratoires pharmaceutiques, à travailler sur les logiques de
coprescription, notamment dans le traitement des troubles du
comportement ;
- – en clarifiant les perspectives de gestion, en termes
de lits et places mais aussi de démographie médicale et de
rémunération des établissements prenant en compte leur
activité.
Mieux adapter les prises en charge à la situation du
patient
- – en dressant « un état plus complet des droits et
devoirs des soignants comme des soignés » à partir d’une
évaluation de la loi du 4 mars 2002 ;
- – en évaluant mieux la dangerosité pour orienter les
patients vers la prise en charge la mieux adaptée. Il est proposé,
entre autres, une conférence de consensus sur l’expertise
psychiatrique et une revalorisation des expertises ;
- – en encadrant la contention, lorsqu’elle est
nécessaire. Il est notamment clairement recommandé de ne pas
encourager la spécialisation de structures de soins ou d’équipes
soignantes dans les prises en charge de la violence ou des états
d’agitation. A titre personnel, nous ne pouvons que souscrire à une
telle prise de position, particulièrement courageuse dans un climat
plutôt sécuritaire ;
- – il est préconisé une réforme de la loi du 27 juin
1990 dans le sens du dernier rapport rendu en 2005 sur le thème,
rapport qui retenait beaucoup de mesures de bons sens (Alain Lopez
et Isabelle Yéni pour l’Igas, Martine Valdes-Boulouque et Fabrice
Castoldi pour l’Inspection générale des services
judiciaires) ;
- – en ayant « l’obsession de l’insertion
sociale ». Il est fait référence à l’exercice d’un emploi.
Cela mériterait des précisions et des engagements clairs au moins
au niveau du nombre et du fonctionnement des structures de travail
protégé qui, actuellement, ont plutôt tendance à hausser leur
niveau de recrutement pour accueillir des demandeurs d’emploi sans
priorité au handicap.
Renforcer les aptitudes des professionnels et développer les
coopérations
- – la question récurrente depuis plusieurs années des
« transferts de compétence », plus particulièrement en
direction des psychologues, pour pallier le déficit de psychiatres
se trouve posée. Il nous semble que cela supposerait au moins une
réflexion approfondie sur leur formation et une évolution de leur
statut précisant leur place, leur responsabilité et leurs
références hiérarchiques à l’instar de ce qui existe dans certains
pays ;
- – développer les coopérations entre institutions et
préciser l’action des différentes institutions en matière de
transport des malades, d’intervention au domicile, de fugues.
* Centre hospitalier Léon-Jean Gregory, route
de Castelnau, 66300 Thuir
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