ARTICLE
Auteur(s) : Christian Mille*, Cécile Guyomard*, Nora
Niesen*
Exposé à la table ronde inaugurale Accueil et accès aux
soins des 2es rencontres annuelles de formation
continue en psychiatrie infanto‐juvénile. Paris, mars 2002
* Secteur universitaire de psychiatrie de l’enfant et de
l’adolescent, CMP, 2 bis, place au Feurre, 80000 Amiens.
Les changements constatés au plan de l’évolution des demandes de
soins et des modes d’expression symptomatiques, le poids accru des
facteurs environnementaux ont été largement soulignés depuis une
quinzaine d’années. Les pédopsychiatres abordant cette question
insistent sur les particularités de ces « nouveaux
enfants » qui brouillent les repères psychopathologiques
établis. Certains profils d’enfants qui se dégagent de nos
impressions cliniques viennent ainsi nous interroger sur la
pertinence de nos modèles psychopathologiques et incitent plus
encore à réactualiser les catégories cliniques usuelles.
Ainsi A. Lazartigues [15] affirme-t-il dans un article récent
que les enfants qu’on reçoit en consultation ne sont plus les
mêmes, notamment parce qu’ils agissent et ne parlent plus. Ces
mêmes préoccupations ont fait l’objet de multiples développements à
l’occasion du congrès de la SFPEA organisé en mai 2000 à Reims par
G. Schmit [24] sur le thème de la crise en
pédopsychiatrie.
Évolution des demandes
Les sollicitations des « psy » sont multiples et
pressantes. J.-Y. Hayez [11] parle de
« l’embrouillamini » des demandes qui nous arrivent
actuellement, puisqu’on ne sait pas trop « qui demande
quoi ». Avec l’intervention du scolaire, du social, du
médical, voire du judiciaire, les demandes sont assez mélangées, et
il est souvent difficile de s’y repérer. Concrètement, les
secrétaires des CMP ou des CMPP sont confrontées à un certain
nombre d’appels impérieux et urgents formulés par des parents
excédés et débordés, qui se sentent malmenés par leurs enfants et
en risque de réponses violentes, parents qui n’hésitent pas à
édifier leur interlocutrice par des sous-entendus très explicites
du type : « faites quelque chose ou un malheur va se
produire avant peu ». Cette menace de maltraitance
« défensive » constitue une façon, en général efficace,
pour obtenir un rendez-vous rapide malgré la très longue liste
d’attente. La dramatisation de ces demandes a pour effet de forcer
la porte lorsque plusieurs semaines de délai sont annoncées avant
la première consultation.
Les « transactions » de départ semblent se durcir.
Dans le déroulement des premières consultations, l’espace de
négociation s’est modifié grâce à la somme d’informations
préalables dont disposent les parents. Ils font parfois d’emblée
référence à l’abondante documentation qu’ils ont collectée sur la
pathologie dont est supposé atteint leur enfant. Les recherches sur
internet ont élargi les sources de renseignements et favorisé
indéniablement de multiples pré-interprétations des troubles
présentés ; dans cette dynamique, le rôle du médecin serait
surtout de confirmer le diagnostic et d’appliquer un traitement
standardisé. Les parents ont naturellement le souci d’obtenir les
meilleurs résultats au plan symptomatique et s’impatientent quand
les progrès escomptés se font attendre. Ils sollicitent volontiers
des avis complémentaires et s’efforcent parfois de mettre en
concurrence les différents spécialistes consultés. Cependant, le
classement des CMP n’est pas encore à l’ordre du jour et sont
exceptionnellement demandés en pédopsychiatrie les taux de réussite
de l’équipe de soins dans la mise en œuvre de ses protocoles
thérapeutiques ou la liste des publications du chef de service dans
le domaine concerné. Ces affirmations préalables, comme ce
questionnement suspicieux, ont le plus souvent une fonction
protectrice pour des parents cherchant à retrouver une certaine
maîtrise face à un praticien supposé mieux savoir répondre qu’eux
aux problèmes que leur pose leur enfant. La prise en compte de
l’angoisse mobilisée par les premiers entretiens et de la blessure
narcissique inhérente au vécu de mise en échec des fonctions
parentales suffit souvent à dissiper les risques d’affrontement et
de malentendus.
Les attentes à l’égard du « savoir psy » se sont
accentuées de manière sensible. Certains parents paraissent en
effet complètement démunis au plan des attitudes éducatives ;
ils ne savent pas ce qu’il convient d’exiger, refuser ou
tolérer ; ils redoutent les potentielles conséquences
préjudiciables de leurs erreurs d’appréciation et souhaitent être
guidés pour mettre en œuvre en toute circonstance la meilleure
réponse possible. Le souci de prévenir toute difficulté à
l’occasion d’événements réputés traumatiques, comme la naissance
d’un puîné, les incite à s’entourer de garanties scientifiques.
Catherine Mathelin [17], dans un essai intitulé : Mais
qu’est-ce qu’on a fait à Freud pour avoir des enfants
pareils ? dénonce avec humour cette attente de perfection
de « parents modernes » défendant leur « droit à un
enfant sans problème », parents qui recherchent les meilleurs
prestataires de service pour leurs enfants, pour finalement être
reconnus eux-mêmes comme exemplaires et irréprochables. Cette quête
d’informations et de conseils directement utilisables vient parfois
faire obstacle au déploiement d’un questionnement plus personnel et
authentique. Le praticien douloureusement confronté aux
« familles sans qualité » n’est pas nécessairement à
l’aise face aux « familles sans défauts ».
Les motifs de consultation font écho au discours sécuritaire
politico-médiatique actuel. Les manifestations d’agressivité, les
conduites d’exploration sexuelle, les défauts d’investissement
scolaire sont au premier plan des préoccupations des parents. La
fascination exercée par les déviances dénoncées par les médias
alimente les craintes exprimées à l’égard de leurs enfants supposés
menacés par la délinquance, la perversion ou le chômage. Les
plaintes visent parfois des enfants très jeunes qui mettent en
difficulté leur entourage par une opposition systématique, enfants
qu’on ne parvient pas à éduquer sans qu’ils soient pour autant
considérés comme inéducables et voués inéluctablement à un destin
de psychopathe. La diffusion d’un certain discours
« scientifique » contribue par ailleurs à la valorisation
des expressions symptomatiques réputées accessibles à un traitement
simple et codifié.
Évolution des modèles syndromiques
Les nouvelles classifications internationales des troubles
mentaux exercent une influence manifeste sur la présentation des
difficultés des enfants. Les tableaux symptomatiques sont organisés
conformément aux différents troubles individualisés dans le DSM IV
[3]. On connaît le succès du syndrome hyperkinétique rebaptisé
« déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité », il
est maintenant beaucoup question des TOC, des troubles spécifiques
de l’apprentissage, mis sur le même plan que les troubles
envahissants du développement dont le syndrome de Rett,
génétiquement déterminé. Le trouble panique tend à remplacer
avantageusement la spasmophilie chez les adolescents, et les
troubles bipolaires sont probablement appelés à occuper bientôt le
devant de la scène. Les hypothèses organiques implicites de ces
différents troubles signent la « victoire du modèle
déficitaire » et, comme le souligne A. Ehrenberg [5], le
« triple déclin des notions de névrose, de conflit et de
culpabilité ».
Le trouble oppositionnel avec provocation, plus récemment
individualisé dans le DSM IV, pourrait constituer un modèle
paradigmatique des formes d’expression psychopathologiques les plus
actuelles. Ce trouble ainsi officialisé au même titre que l’autisme
est en attente d’une solution thérapeutique probablement comparable
au méthylphénidate dans les troubles de l’attention, avec ou non
hyperkinésie. Dans la rubrique 313.81 du DSM IV ou F 91.3 de la CIM
10 [22], est décrit un ensemble clinique caractérisé par des
comportements négativistes, hostiles ou provocateurs. Pour porter
le diagnostic de trouble oppositionnel avec provocation, quatre des
symptômes listés doivent être retrouvés, pour une période
supérieure à six mois avec une altération du fonctionnement social
et scolaire. Il s’agit donc d’enfants qui font des colères à
répétition, mais qui sont aussi dans la contestation constante, qui
ne sont jamais d’accord, des enfants qui sont en opposition
systématique et donc en refus délibéré des conseils ou des ordres
qui leur sont donnés. Ce sont aussi des enfants dont le passe-temps
favori semble être d’ennuyer les autres, pour échapper à leur
propre ennui. Ils ne s’attribuent pourtant aucune responsabilité
dans les déboires qu’ils ne manquent pas de connaître et se
présentent toujours comme d’innocentes victimes. Ils sont
susceptibles, intolérants et ne supportent pas le dixième de ce
qu’ils font endurer aux autres. Enfin, ce sont des enfants qui sont
toujours de méchante humeur et qui peuvent se montrer méchants,
voire vindicatifs. Ce tableau clinique ainsi résumé à partir des
critères retenus dans le DSM IV est sans conteste assez évocateur
des difficultés souvent alléguées par des parents s’étonnant que la
crise d’adolescence puisse commencer dès la maternelle.
La perplexité des pédopsychiatres français devant ce trouble
oppositionnel avec provocation est patente si on en juge par leur
fréquent embarras à le situer dans la classification française de
troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent [22]. Certains
optent prudemment pour les variations de la normale tout en
s’engagent dans des suivis prolongés, ce qui a priori est
assez paradoxal. Il n’est pas beaucoup plus cohérent de situer ce
trouble durable dans le registre réactionnel. Il n’est pas plus
satisfaisant de choisir la rubrique « troubles du
caractère » dans la catégorie des organisations névrotiques,
car ces enfants donnent le sentiment de rester bien en deçà d’une
névrotisation des conflits ; on ne saurait pour autant se
résoudre à situer ce trouble dans le cadre des pathologies limites
dans la mesure où les enfants concernés ne semblent pas aussi
sévèrement entravés dans la construction de leur personnalité. Le
praticien confronté à cet affrontement permanent entre les enfants
fonctionnant sur ce registre et leurs parents se heurte surtout au
poids des facteurs environnementaux.
Évolution des incidences sociofamiliales
Face à un ensemble de troubles paraissant moins réactionnels que
situationnels, il importe de prendre en compte ce qui peut être lié
à des changements survenus dans la société, la composition de la
famille et probablement dans les attitudes éducatives. Ces
bouleversements des repères structurants semblent jouer un rôle non
négligeable dans l’éclosion de nouvelles formes
psychopathologiques.
La perte des repères sociaux est très largement soulignée dans
les travaux des sociologues ou des philosophes. Irène Thery [25]
décrit la disparition progressive des rituels sociaux dans les
groupes humains habités, précise-t-elle, par la passion de la
désymbolisation. Cornelius Castoriadis [2] déplore l’absence de
valeur accordée aux événements, l’impossibilité de structurer des
oppositions, de vivre les conflits qui plonge chacun dans
« l’insignifiance ». Se dégage finalement l’idée d’une
absence de modélisation des conflits propre à favoriser
l’affrontement stérile et les passages à l’acte. Le discours
triomphant de la science [24] contribue à l’effondrement de la
catégorie de l’impossible, les progrès techniques confortent
l’omnipotence et accentuent la vision solipsiste du rapport au
monde environnant. Pourtant, la morosité et le sentiment
d’insécurité semblent plus marqués que jamais.
La déstructuration des rapports interpersonnels au sein de la
famille est également mise en cause. La composition des familles a
changé, la « nuptialité » est moins importante et les
nouveaux couples ne sont que précairement engagés sur le mode d’un
contrat à durée déterminée ; il n’y a plus de titulaires dans
les affaires conjugales qui s’apparentent à des sociétés à
responsabilité limitée. Mais, alors que les liens institués tombent
en désuétude, les revendications affectives dans le couple sont de
plus en plus intransigeantes. Tout se passe comme si les couples
refusaient tout travail de désillusionnement après la période
passionnelle ayant présidé à leur constitution ; comme s’il
était préférable pour chacun de raviver l’espoir avec un autre
conjoint plutôt que de renoncer à l’accomplissement d’un idéal de
fonctionnement pourtant peu réaliste.
Cette redéfinition de la conjugalité va de pair avec une
« divortialité » accrue. Aux États-Unis, toujours
supposés à la pointe du progrès dans l’évolution des mœurs, près
d’un couple sur deux se sépare. Dans la période de pré-divorce, les
enfants, exposés aux conflits de leurs parents qui se déchirent,
sont profondément bouleversés par les écarts de conduite de leurs
modèles identificatoires. Le vacillement des repères actuels
compromet plus ou moins durablement l’appui rassurant sur les
imagos des parents conjugués. Il en résulte un effondrement parfois
intense au plan de leur sentiment de sécurité interne.
Au moment de la séparation, les enfants sont précipités dans un
travail de désidéalisation des fonctions parentales qui s’apparente
à un deuil à la fois prématuré et impossible. Leur fréquente
implication dans les accusations et rancœurs du couple, les
confidences qui leur sont faites par vengeance ou par souci de ne
rien leur cacher, le désarroi auquel ils sont confrontés sans
ménagement les bousculent dans leur statut d’enfants. La période de
flottement et d’incertitude au plan matériel et relationnel, qui
précède la réorganisation de la vie quotidienne, facilite le
rapprochement avec l’un des parents. L’enfant, conforté par le rôle
de consolateur qui lui est attribué, cherche à être reconnu comme
partenaire à part entière dans ce couple merveilleux qui s’est
ainsi constitué. L’arrivée d’un rival vient compromettre cette
relation privilégiée mais l’enfant est parfois mis en position de
complice des aventures amoureuses de son parent, de confident de
ses émois les plus intimes, voire de témoin de ses ébats sexuels.
Un vécu de trahison vient raviver son sentiment d’abandon tandis
que sa jalousie est cruellement exacerbée par l’excitation induite
par cette place d’observateur obligé qui lui est dévolue.
Par la suite l’enfant doit bien s’inscrire dans les familles
recomposées par chacun de ses parents. Son réseau relationnel s’en
trouve élargi et complexifié. Le risque de confusion s’accroît
quand s’ajoutent d’autres séparations, d’autres alliances
intermédiaires ou successives, quand s’imposent puis disparaissent
de multiples et fugitives figures d’attachement d’une constellation
familiale particulièrement instable. Sa perplexité est à son comble
quand sont organisées de grandes réunions où se côtoient
époux(ses), concubin(es) et amant(e), accompagnés des enfants
légitimes et illégitimes des différents couples éphémères qui se
sont énigmatiquement faits et défaits.
L’évolution des attitudes éducatives est manifeste. Les
« nouveaux parents », cherchant à s’affranchir de la
« loi des pères » [5], mettent implicitement en cause les
fondements mêmes du processus civilisateur. En occultant le rôle
des générations antérieures, en sous-estimant la place des idéaux
collectifs, ils délèguent le soin à l’enfant de
« fonder » la famille. Il revient à cet enfant, précieux
et libre comme ceux de Summerhill [23], de faire valoir son droit à
la jouissance avec, pour seules limites, celles qu’impose la
réalité commune ou les sautes d’humeur des adultes
« tutélaires ». Attitudes laxistes et réactions
d’intolérance sont aussi peu prévisibles que des variations
météorologiques. Nous avons affaire actuellement dans nos
consultations à des parents qui ont été des enfants des
« soixante-huitards » et qui n’exercent qu’une
« parentalité assez molle » [15]. Ils maintiennent un
rapport très ambivalent à l’égard de toute forme d’autorité et
aspirent surtout à être compris et aimés par leurs enfants. Ils
rejettent la fermeté et préfèrent convaincre qu’imposer. Ils
espèrent se faire entendre et aboutir au consensus, en multipliant
justifications et explications. Les « nouveaux pères » ne
veulent surtout pas être identifiés à des pères fouettards ou à des
« pères la pudeur ». De cette absence de barrières
intergénérationnelles structurantes, résultent pour les enfants une
faible intériorisation des règles et un niveau d’excitabilité
élevé. Ils restent encombrés par l’ambivalence de leurs sentiments
qui n’a pas droit de cité et par l’intensité de leurs
revendications pulsionnelles en quête infructueuse de refoulement
ou de sublimation. Faute de mise en forme et de champ
d’expérimentation adéquat, la haine ou l’excitation sexuelle
s’exprime souvent crûment au sein de la fratrie ou dans le groupe
des pairs. Aucun espace de négociation n’est amorcé, faute de
modèle disponible d’élaboration des conflits interpersonnels. Le
défaut d’initiation aux savoir-faire sociaux, l’insuffisante
valorisation de la maîtrise de soi et du respect d’autrui, de la
solidarité ou de la réciprocité se soldent par un manque
d’entraînement aux habiletés sociales [19]. Ces parents semblent
peu préoccupés de l’avenir social de l’enfant et l’initient
tardivement au partage des responsabilités dans la communauté. Or
on sait que les représentations, les connaissances concernant le
droit s’établissent très précocement chez les enfants [12]. Ils ne
sauraient être exemptés du passage par une phase de moralité de
contrainte, qui précède la moralité conventionnelle avant que
s’ouvre l’accès à la loi, impliquant une possible identification au
législateur. Or certains parents semblent attendre que leur enfant
s’identifie d’emblée au législateur pour se soustraire à la
nécessité d’assumer l’ingrat rôle répressif conditionnant
l’intégration des étapes préalables de la moralité de
contrainte.
Sans soutenir l’hypothèse d’une causalité directe, force est de
constater que l’infléchissement des principes éducatifs dans une
constellation familiale en profonde mutation n’est pas sans
incidence dans l’éclosion de ces nouvelles formes d’expressions
psychopathologiques qui interrogent le clinicien.
Évolution de la réflexion psychopathologique
Les troubles du comportement qui motivent la demande de
consultation, souvent mis en lien avec un événement supposé
déstabilisant pour l’enfant, semblent plutôt révéler une
« déstabilisation » préexistante inhérente à un contexte
peu propice à l’intériorisation des conflits. Ce constat invite à
une reformulation de certains repérages au plan psychopathologique
et à une réactualisation des hypothèses au plan
étiopathogénique.
Les pathologies situationnelles
Certains troubles peuvent certes être qualifiés de réactionnels,
en particulier quand ils surviennent au moment de la séparation du
couple parental. Il s’agit alors de troubles des conduites ou de
troubles fonctionnels transitoires qui s’estompent dès que les
parents retrouvent leur disponibilité psychique et parviennent
ainsi à faciliter pour l’enfant l’élaboration des événements
récents en prenant en compte le malmenage auquel il a été
soumis.
Les troubles persistants s’avèrent plus situationnels que
simplement réactionnels. Ils concernent des enfants durablement
soumis aux attentes et réponses inadéquates de leur entourage,
enfants qui restent dans l’impossibilité de supporter la moindre
frustration et de différer l’obtention de la satisfaction. Aussi ce
père, constamment débordé par les exigences impérieuses de son
fils, se consolait en pensant que son garçon appartenait à la
génération Sony, définie par le slogan publicitaire bien
connu : « Vous l’avez rêvé, Sony l’a fait ». Il
serait pourtant plus exact de soutenir que, maintenant que Sony l’a
fait, il ne peut plus rêver et ce, d’autant que son père lui achète
tous les nouveaux gadgets électroniques avant même qu’il puisse
projeter de les acquérir au titre de cadeaux mérités.
L’immaturité constatée s’exprime certes dans le milieu familial
mais aussi dans le domaine scolaire. Les symptômes prévalents, à
type de colères, d’opposition et de provocation, s’accompagnent
souvent d’un faible investissement des connaissances, d’un intérêt
restreint pour la scolarité et d’une quasi-absence de recherche de
valorisation aux yeux des enseignants. Ce défaut apparent de
curiosité intellectuelle n’est pourtant pas en rapport avec un
mécanisme d’inhibition, s’inscrivant dans un contexte névrotique ou
dépressif. Il pourrait plutôt s’agir d’un mécanisme d’adaptation
qu’Anna Freud [6] caractérise sous le concept de « rétraction
du moi », mécanisme grâce auquel le sujet parvient à faire
l’économie, non seulement d’un refoulement supplémentaire, mais
aussi de l’inhibition finalement coûteuse en énergie de
contre-investissement. Cette rétraction du moi se traduit par une
stratégie d’évitement de toutes les situations susceptibles de
provoquer du désagrément. L’émergence de désirs incompatibles ne
provoque pas de refoulement ; l’enfant se contente d’éviter
globalement la situation délicate qui pourrait lui procurer du
déplaisir. En conséquence, il n’accepte que les épreuves dont il
sort victorieux sans effort et refuse d’élargir son champ de
compétences déjà acquises pour s’embarrasser d’un savoir jugé
superfétatoire. Il a déjà choisi son domaine d’excellence et ne
voit pas pourquoi il aurait à explorer d’autres domaines qui
l’ennuient et qui ne sauraient lui être d’aucun profit. Assuré de
son choix, il n’exprime aucun doute, aucun regret. Souffrance et
culpabilité semblent radicalement évacuées.
Comme on l’a dit, ces troubles situationnels sont précisément
difficiles à situer dans la classification française des troubles
mentaux de l’enfant et de l’adolescent. Aussi pourrait-il être
opportun de proposer la réhabilitation d’une conception développée
par Jean-Louis Lang, celle de « prénévrose » [14].
Les organisations pré-névrotiques
Elles seraient caractérisées par un « clivage
préphobique » représentant « structurellement un
compromis non névrotique entre diverses organisations
psychiques » [14]. Elles constituent un syndrome
composite, difficilement classable et ne doivent pas être comprises
comme une organisation provisoire préexistant à une structuration
névrotique. Elles s’apparentent certes aux pathologies limites,
telles que les conçoit Roger Mises [21], mais le clivage du moi y
occupe une place plus centrale et plus spécifique ; il
assure le déni de la castration et barre l’accès à la
névrotisation. Ce clivage est à comprendre pour J.-L. Lang comme un
processus de scission intrapsychique, intrasystémique
« permettant au conflit défensif de maintenir dans le moi
deux positions opposées » [14] et se distingue ainsi du
clivage au sens kleinien du terme.
Dans cette conception freudienne, le déni est conçu comme un
moyen dont se sert le moi pour supprimer les perceptions qui lui
révèlent les exigences du monde extérieur ressenties comme
pénibles. Mais il s’agit là de tentatives imparfaites pour détacher
le moi de la réalité et « le rejet est toujours doublé
d’une acceptation » [8] ; par ailleurs, les failles
narcissiques ne sont pas aussi profondes que dans les pathologies
limites.
Trois types de symptômes seraient assez spécifiquement
présents : une inhibition à concevoir comme un défaut
d’investissement intellectuel (lié à un mécanisme de rétraction du
moi), une forme étouffée, détournée de l’angoisse, se traduisant
par des colères et de « petites attaques d’excitation à
vide », enfin des troubles instinctuels incluant des
perturbations de l’appétit et du sommeil ou une masturbation
intempestive.
Sur le plan plus structurel, cette organisation de personnalité
se situe en deça de la structuration œdipienne. L’espace de
séparation est mal limité, les identifications secondaires floues
et la triangulation factice ; l’enfant ne s’appuie pas sur un
tiers extérieur structurant, mais maintient des relations duelles
avec chacun des parents. Le plus parlant est le rapprochement que
J.-L. Lang suggère entre les « pré-névroses » et les
névroses actuelles. Est souligné l’impact de la réalité de
transactions familiales aberrantes, de l’actualité de situations
stressantes qui incitent à considérer comme réactionnels les
troubles présentés. Il se produit toujours un « événement
relationnel » propre à déstabiliser l’enfant. « Tout
se passe comme si se perpétuait une dynamique suspensive comme
seule réponse possible aux tentatives de résolution d’un conflit
sans cesse réactualisé dans l’actuel » [14]. Il en résulte
un fonctionnement psychique ayant recours à des aménagements
précaires, fondé sur des expédients et accroché aux réponses de
l’entourage. Le schéma répétitif privilégié semble être purement
événementiel, sans préparation ni recul, de type action d’éclat,
réaction provoquée, action de représailles en retour, schéma
impropre au développement d’un espace de réflexion.
Les vicissitudes du travail de séparation [18]
Elles sont moins marquées que dans les pathologies limites. Les
enfants concernés ont bénéficié des capacités de contenance de leur
entourage, mais semblent avoir été insuffisamment soutenus au plan
de leur inscription dans le tissu social et dans leur processus
d’historisation. Le travail de leur moi social et de leur « je
historien » [1] a manifestement été gêné par l’incohérence des
attentes au niveau de la responsabilité individuelle, le défaut de
frayage des conduites de réparation, le brouillage des repères
généalogiques comme par la disqualification du rôle du père et de
la lignée des ascendants. Ne sont pas véritablement signifiées
« des positions à dépasser, des buts à atteindre, des
modèles à égaler » [18]. Faute du concours d’un surmoi
« héritier de l’dipe », le sentiment de culpabilité
semble absent. Ces enfants sont plutôt soumis à un idéal du moi
intraitable, proche d’un moi idéal, n’acceptant aucune
compromission. Le recours aux défenses maniaques est fréquent. Ces
enfants qui sont présentés comme ayant « commencé leur
adolescence à l’âge de la marche » restent indéfiniment
rebelles et contestataires. Ils paraissent rivés à la « phase
de rapprochements » décrite par M. Malher [16] comme une phase
critique du processus de séparation-individuation, au cours de
laquelle ils sont dans une position à la fois de séduction et de
tyrannie à l’égard de leur mère. Tout en expérimentant le plaisir
d’explorer le monde extérieur, ils ont le souci de maintenir leur
emprise sur l’objet maternel et ne tolèrent aucunement qu’il leur
échappe, tant ils aspirent à continuer de participer à la toute
puissance qu’ils lui prêtent. Ces grands enfants attachants, mais
exaspérants, seraient ainsi dans l’incapacité de dépasser le
conflit crucial d’ambitendance qui s’exprime toujours aussi
bruyamment faute d’élaboration de l’analité primaire.
Défaut de structuration anale ?
Comme y insiste A. Green dans La pensée clinique [10], la
relation anale joue un rôle important dans la constitution du soi
et dans l’établissement d’échanges harmonieux avec autrui. Le
sentiment de totalité n’est obtenu qu’au prix du sacrifice d’une
partie du soi, cédée à l’autre pour se faire aimer. La contrepartie
du sacrifice consiste aussi « en la capacité du moi à
maîtriser, différer. L’érotisation de la temporisation, du délai
s’oppose au plaisir sadique-anal de jouir de l’objet sans frein et
sans égard pour lui » [10]. Une fixation à l’étape de
l’analité primaire marquée par la prédominance de l’expulsion sur
la rétention, se traduit par « une ambivalence extrême
oscillant entre envie et rejet » [10]. L’opposition,
précise A. Green, est « vitale » pour certains sujets
auxquels « le narcissisme anal fournit un axe interne,
véritable prothèse invisible qui ne se maintient que par
l’érotisation inconsciente des conflits » [10]. Cette
défense acharnée du territoire subjectif s’expliquerait par la
crainte permanente d’empiètement de la part des autres. Le
« trouble oppositionnel avec provocation » pourrait se
trouver éclairé par cette référence aux aléas de l’analité primaire
liés au difficile renoncement à l’omnipotence symbiotique. Le refus
de « grandir » serait dans cette perspective en rapport
avec une « déception inguérissable » provoquée par la
perte d’une « première relation d’objet fusionnelle
extrêmement intense et passionnelle » [10]. Les contraintes de
cette configuration relationnelle ne sont pas sans incidence sur le
déroulement des premiers entretiens et la mise en œuvre des
réponses thérapeutiques.
Évolution du dispositif de soins
Les premiers entretiens se déroulent de manière caricaturale
quand il s’agit d’un enfant présentant typiquement un trouble
oppositionnel avec provocation. Le praticien est confronté, dès les
premières consultations, à une sorte de démonstration immédiate,
orchestrée par les parents, des conduites de défi qui les épuisent
et des vaines transactions qui en résultent habituellement. Il
importe que le consultant soit édifié par cette distribution des
rôles dans les inter-relations familiales. Il semble convoqué en
qualité de tiers exclu pour assister à différents modes d’échange,
manifestement pathogènes mais dont le déroulement stéréotypé paraît
déjà immuable. Il lui revient de constater qu’il s’agit bien d’un
enfant hors norme, doué d’une force de caractère propre à forcer
l’admiration. Faute de disposer d’une réplique immédiate lui
permettant d’entrer en scène avec la parole juste et tranchante,
signifiant à l’enfant sa place, il ne lui reste qu’à se ranger en
position de témoin impuissant à côté du père. Toutes les stratégies
éducatives ont été tentées et, de l’avis général, il n’est d’autre
solution que d’accepter une certaine soumission aux diktats de ce
troublion inintimidable et ce par crainte de la déflagration de
violence qu’il risque toujours de susciter chez l’adulte qu’il
provoque. La relation avec cet enfant despote, réputé insensible
aux menaces qui pèsent sur lui, s’avère toujours difficile à
établir authentiquement.
Le consultant est tantôt vécu comme un personnage insignifiant,
facilement maîtrisable, tantôt situé comme un personnage trop
puissant, à fuir ou à amadouer. Il est souvent nécessaire
d’intervenir activement pour aider l’enfant à réguler l’échange, à
trouver le mode d’expression adéquat de l’angoisse qu’il parvient à
dénier avec un certain succès. Il déroule des scénarios de
poursuite, d’affrontement et de bagarres au cours desquels les
représentants de la loi sont bafoués, mais surtout bafouent
eux-mêmes la loi qu’ils sont censés faire respecter. Le soutien des
capacités associatives de l’enfant, la mise en valeur de ses îlots
de discursivité interne sont particulièrement malaisés et ce,
d’autant que l’existence d’une telle conflictualité propre n’est
pas « pensable » pour l’entourage.
Le travail avec les parents s’avère incontournable dans un tel
contexte. N’y a-t-il pas tout intérêt, dans ces cas de figure, de
repréciser avec eux ce que Didier Houzel [12] appelle les
« enjeux de la parentalité », de les aider à mieux
distinguer les trois plans essentiels que constituent exercice,
expérience et pratique de la parentalité ? L’exercice, qui se
situe au niveau symbolique, a trait aux droits et devoirs attachés
aux fonctions parentales, figure l’organisation du groupe et des
liens généalogiques ; « il inclut l’autorité parentale
mais ne se résume pas à elle » [12]. L’expérience de la
parentalité se joue plus sur le plan de la vie affective et
imaginaire, celui des sentiments et des fantasmes inhérents au
processus de parentification tel qu’il se déploie d’une génération
à l’autre. La place de l’enfant contestataire est nécessairement
prédéterminée par les attentes déçues, les revanches à prendre, les
défis à relever. Elle vient s’inscrire dans l’histoire
relationnelle qui lui a préexisté. Il s’agit enfin de faire en
sorte que la position de parents ne se résume pas à la pratique de
la parentalité, ne soit centrée que sur les tâches et les attitudes
éducatives, que la consultation ne se réduise pas à une demande de
recettes illusoires ou de conseils impossibles à suivre. Le premier
temps de ce travail familial vise à mobiliser les ressources de
chacun, ouvrir d’autres perspectives, dénouer la paradoxalité des
attentes et exigences, soutenir un espace d’intercréativité.
L’accompagnement thérapeutique ne saurait être dogmatiquement
établi. Face à un enfant entravé par la toute puissance qu’on lui
prête, face à des parents tourmentés par la crainte de le
traumatiser, le thérapeute ne peut, sans risque, se laisser
attribuer le pouvoir de résoudre sans délai ce malentendu profond.
Quelques bonnes paroles ne suffisent pas à « réintroduire
l’enfant aux lois humaines de façon structurante et non
normative » [17]. Les objectifs de départ seront
nécessairement plus modestes et il importe de se donner le temps de
débroussailler le foisonnement des questions explicitement ou
implicitement soulevées avant d’engager une parole à visée
interprétative ou de préconiser une réponse thérapeutique plus
standardisée. Accepter un certain bricolage est d’autant plus
inévitable que les enfants bénéficient parfois déjà de psychotropes
dont la prescription, certes investie de manière ambivalente par
les parents, n’est pas inutile pour endiguer une symptomatologie
envahissante. La psychothérapie est peu envisageable d’emblée. En
effet, comme le laisse entendre A. Green, dans une situation dans
laquelle tout a déjà été essayé, la toute puissance prêtée à
l’analyste ne laisserait d’autre issue à l’enfant analysant et à
ses parents que de lutter contre le transfert et de
« refuser tout pouvoir à l’objet transférentiel »
[10]. Dans un tel contexte, le dispositif analytique risque
toujours d’être considéré comme une « machine à influencer,
à manipuler pour satisfaire l’omnipotence de l’analyste »
[10]. Il est plus prudent de s’en tenir à un certain panachage des
réponses thérapeutiques, le temps nécessaire à la remise sur le
métier des contraintes familiales inélaborées, qui empêchent
l’enfant de s’engager dans un salutaire « travail de
civilisation » [4]. À l’inverse, une approche purement
médicale, fondée essentiellement sur des prescriptions
médicamenteuses, est vouée à l’échec.
Il suffit pour s’en convaincre et pour conclure de faire état de
la statistique récente rapportée par Rachel Gittelman-Klein [9] sur
le devenir de deux cents enfants new-yorkais, ayant présenté un
syndrome hyperkinétique traité par la Ritaline® mais
aussi par des thérapies comportementales : 95 % de ces
jeunes patients ont été revus, à l’adolescence, voire même à l’âge
adulte. Or, malgré l’application correcte des indications
thérapeutiques codifiées, 49 % des enfants concernés
présentaient à distance des troubles des conduites sociales très
préoccupants, s’inscrivant dans un registre quasi psychopathique.
Leur niveau scolaire était très insuffisant. Aussi R.
Gittelman-Klein concluait-elle son étude par le souhait de voir
réhabilitée la « guidance parentale ». N’est-ce pas
finalement la délicate et litigieuse question qui préoccupe à
nouveau le pédopsychiatre confronté à ces enfants déroutants et
rebelles mettant durement à l’épreuve leurs constellations
familiales actuelles aux limites si incertaines ?
Références
1. Aulagnier P.
L’apprenti-historien et le maître-sorcier : du discours
identifiant au discours délirant. PUF : Paris, 1984.
2. Castoriadis C. La montée de
l’insignifiance, Seuil : Paris, 1996.
3. DSM IV. Manuel diagnostique et statistique des
troubles mentaux. Paris : Masson, 1976.
4. Dupeu
JM. Processus éducatif et processus psychanalytique, penser leurs
articulations. Psychiatr Enfant 2001 ; 44 : 503-30.
5. Ehrenberg A. La fatigue d’être
soi, dépression et société. Paris : Odile Jacob, 1998.
6. Freud A.
Le Moi et ses mécanismes de défense. PUF : Paris,
1973.
7. Freud S.
Malaise dans la civilisation. PUF : Paris, 1976.
8. Freud S.
L’appareil psychique et le monde extérieur. In : Abrégé
de psychanalyse. PUF : Paris, 1973.
9. Gittelman-Klein R. Devenir du trouble
déficitaire de l’attention. Congrès international de recherche
en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Lille, décembre
2001.
10. Green
A. L’analité primaire : relations avec l’organisation
obsessionnelle. In : La pensée clinique. Odile Jacob :
Paris, 2002.
11. Hayez
JY. L’évolution des demandes et des pratiques en psychiatrie
d’enfants et d’adolescents. Neuropsychiatr Enfance Adolesc
2001 ; 49 : 277-86.
12. Houzel
D. Les enjeux de la parentalité. Eres : Paris, 2001.
13. Kourilsky C. Socialisation
juridique ; la naissance d’un champ de recherche et d’un
concept aux confins de la sociologie, du droit et de la
psychanalyse. In : Malewska-Peyre H, Tap P, La
socialisation de l’enfant et de l’adolescent. PUF : Paris,
1991.
14. Lang
JL. Clivage pré-phobique et organisations prénévrotiques chez
l’enfant. Psychologie médicale 1991 ; 23 :
363-8.
15. Lazartigues A. La famille
contemporaine « fait »-elle de nouveaux enfants ?
Neuropsychiatr Enfance Adolesc 2001 ; 49 :
264-76.
16. Mahler
M, Pine F, Bergman A. La naissance psychologique de l’être
humain. Symbiose humaine et individuation. Payot : Paris,
1990.
17. Mathelin C. Qu’est-ce qu’on a
fait à Freud pour avoir des enfants pareils ? Notes aux
parents épris de psychanalyse. Denoël : Paris, 2000.
18. Mille
C, Cassagne C, Moroy
F, et al. : Approches psychodynamiques et psychanalytiques de
travail de séparation. Neuropsychiatr Enfance Adolesc
1994 ; 42 : 348-68.
19. Mille
C, Phan O. La
responsabilité dans l’espace thérapeutique en pédopsychiatrie.
L’Information Psychiatrique 2000 ; 76 :
1039-46.
20. Mille
C. Histoire des
classifications et perspectives nouvelles en psychiatrie de
l’enfant. La lettre du Grape 2001 ; 43 : 91-7.
21. Mises
R. Les pathologies limites de l’enfance. PUF : Paris,
1990.
22. Mises
R, Quemada N. Classification française des troubles mentaux de
l’enfant et de l’adolescent. Classification internationale des
troubles mentaux et du comportement (chapitre V de CIM 10- OMS),
CTNERHI Éd : Paris, 1993.
23. Neill
S. Libres enfants du Summerhill. Maspero : Paris, 1970.
24. Schmit
G. Crises dans la crise : entre souffrance au quotidien et
malaise dans la civilisation, quels liens ? Neuropsychiatr
Enfance Adolesc 2001 ; 49 : 483-91.
25. Thery
I. Peut-on parler d’une crise de la famille ? Un point de vue
sociologique. Neuropsychiatr Enfance Adolesc 2001 ; 49 :
492-501.
|
Mille C, Guyomard C, Niesen N. Évolution des formes
psychopathologiques et des modalités d’accès aux soins en
pédopsychiatrie. L’Information Psychiatrique 2003 ;
79 : 675-82.
|
Kes, de Ken Loach (1969). Photo : Les
Cahiers du Cinéma.
|