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Les salicylés : quoi de neuf en 2008 ?


Hépato-Gastro. Volume 15, Numéro 6, 464-9, Novembre-Décembre 2008, Mini-revue

DOI : 10.1684/hpg.2008.0264

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Mathurin Kowo, David Laharie , Service d’hépatogastroentérologie, hôpital Haut-Lévêque, avenue de Magellan, 33600 Pessac cedex, France.

Résumé : Les salicylés restent à ce jour le traitement le plus souvent prescrit aux patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), en dépit de l’arrivée de nouvelles armes thérapeutiques telles que les immunosuppresseurs et les anti-TNF. Les acides 4- et 5-aminosalicyliques (4-ASA et 5-ASA) sont les principes actifs de cette classe thérapeutique historique. Ces dernières années, des progrès considérables ont été obtenus dans la compréhension du mécanisme d’action des salicylés. Ainsi, les effets anti-inflammatoires et antinéoplasiques du 5-ASA sont médiés par le récepteur gamma activé des proliférateurs de peroxysomes (PPAR-γ : peroxysome proliferator-activated receptor gamma). Ces données expérimentales viennent conforter les nombreuses études rétrospectives qui suggèrent que les salicylés auraient aussi un effet préventif sur le risque de dégénérescence colorectale des MICI. Enfin, de nouvelles formes galéniques de 5-ASA, caractérisées par un enrobage avec un polymère gastrorésistant et une libération progressive du principe actif, ont été récemment développées. Ces formulations pourraient permettre de réduire le nombre de prises médicamenteuses par jour et donc améliorer l’observance des traitements.

Mots-clés : aminosalicylés, MICI, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, cancer colorectal, chimioprévention

ARTICLE

Auteur(s) : Mathurin Kowo, David Laharie

Service d’hépatogastroentérologie, hôpital Haut-Lévêque, avenue de Magellan, 33600 Pessac cedex, France

Les salicylés constituent le traitement le plus fréquemment prescrit aux patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) dans notre pays. Cette classe thérapeutique historique est constituée des médicaments dont le composé actif est soit l’acide 5-aminosalicylique (5-ASA), soit l’acide 4-aminosalicylique (4-ASA). Il a en effet été montré, en 1977, que la fraction active au niveau intestinal de la sulfasalazine, premier agent de la classe à avoir démontré son efficacité, était la molécule de 5-ASA [1].

Depuis plusieurs années, l’efficacité des salicylés au cours des MICI a été évaluée par de très nombreuses études [2-4]. Si celle-ci est clairement établie au cours de la rectocolite hémorragique (RCH), que ce soit en traitement d’induction de la rémission ou en traitement d’entretien, elle reste discutée pour la maladie de Crohn (MC) [5]. Ainsi, malgré leur ancienneté et la mise à disposition de nouvelles classes thérapeutiques aux propriétés séduisantes telles que les immunosuppresseurs et les anti-TNF, les aminosalicylés restent la pierre angulaire du traitement de la RCH.

Des avancées notables ont été réalisées ces dernières années, tant dans la compréhension des mécanismes d’action des aminosalicylés que dans le développement de nouvelles formes galéniques. En 2008, il y a donc encore du neuf sur les salicylés.

Mécanisme d’action des salicylés

Pendant des décennies, les mécanismes d’actions des salicylés sont restés mal connus, au stade d’hypothèses, alors que ces molécules étaient très largement prescrites. Les travaux de l’équipe de Lille [6] ont permis de mieux appréhender les mécanismes d’action du 5-ASA, dont les effets sont principalement médiés par le récepteur gamma activé des proliférateurs de peroxysomes (PPAR-γ : peroxysome proliferator-activated receptor gamma). PPAR-γ fait partie d’une classe de récepteurs nucléaires impliqués dans le contrôle de l’inflammation, de la prolifération cellulaire, de l’apoptose et des fonctions métaboliques [6]. L’activation de la voie du PPAR-γ par le 5-ASA permet ainsi de relier l’effet anti-inflammatoire et l’effet antinéoplasique présumé de la molécule. En effet, comme l’aspirine, chef de file des aminosalicylés et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), le 5-ASA aurait des propriétés antinéoplasiques, ce qui pourrait élargir ses indications à la prévention du cancer colorectal (CCR) au cours des MICI.

Sur l’inflammation

Le 5-ASA agit par un effet topique direct et a une action anti-inflammatoire sur la muqueuse colique. Contrairement à l’aspirine, dont il est un métabolite actif, l’effet anti-inflammatoire du 5-ASA semble être indépendant de l’inhibition de la cyclo-oxygénase. C’est le développement de la biologie moléculaire qui a permis de comprendre que le 5-ASA agissait au niveau des voies de signalisation intracellulaire de l’entérocyte [6]. Celles-ci ont un rôle important dans la transcription des gènes codant pour la synthèse des cytokines pro-inflammatoires. Plusieurs facteurs nucléaires candidats ont été évoqués. Parmi eux, le facteur nucléaire kappa-B (NF-κB) et le PPAR-γ ont été les plus étudiés.

L’activation de la voie du NF-κB, longtemps présentée comme le principal mécanisme d’action des aminosalicylés, n’explique pas l’ensemble des mécanismes d’action proposés du 5-ASA [7]. Récemment, des travaux provenant essentiellement de l’équipe de Lille [6, 8, 9] ont apporté des arguments qui démontrent que le mécanisme d’action du 5-ASA dépendait de l’expression et de l’activation de PPAR-γ.

Les cellules de l’inflammation et de l’immunité non spécifique comme les monocytes, les macrophages, les cellules T et les cellules NK (natural killer) expriment les récepteurs PPAR-γ. Ces récepteurs jouent un rôle dans le développement et la différenciation cellulaire. L’activation de PPAR-γ par des agonistes inhibe la production des cytokines pro-inflammatoires et immunomodulatrices [10, 11]. Au niveau de la muqueuse colique, PPAR-γ est fortement exprimé par les entérocytes et régule la réponse inflammatoire [12]. La démonstration la plus séduisante a été faite à l’aide d’un modèle de colite chimique à l’acide trinitrobenzène sulfonique (TNBS) chez des souris hétérozygotes mutées pour PPAR-γ (PPAR-γ+ / PPAR-γ-) comparées à leurs témoins sauvages (PPAR-γ+ / PPAR-γ+). La colite était plus sévère chez les souris mutées, à la fois en termes macroscopiques et histologiques, que chez les animaux sauvages. En outre, le traitement des animaux par le 5-ASA ou d’autres activateurs du PPAR-γ diminuait l’intensité de la colite, et ce, uniquement chez les souris sauvages. L’absence d’amélioration de la colite chez les animaux mutés pour PPAR-γ traités par le 5-ASA suggère ainsi que ce récepteur soit mis en jeu dans la réponse inflammatoire aux salicylés [6, 12].

Des arguments supplémentaires en faveur de l’action du 5-ASA sur PPAR-γ ont été apportés par des études in vitro. Ainsi, la lignée cellulaire préadipocytaire 3T3-L1 exprime PPAR-γ et se différencie quand elle est stimulée par la rosiglitazone qui est un ligand de PPAR-γ. L’application de 5-ASA sur cette lignée cellulaire produisait une activité semblable à celle de la rosiglitazone [6]. L’effet du 5-ASA était également proche de celui de la rosiglitazone sur une lignée de cellules épithéliales intestinales et sur des cultures de cellules épithéliales prélevées chez des malades atteints de MICI et sur des sujets sains. Ces agents induisaient une augmentation de l’expression de PPAR-γ et de son gène cible NGAL (neutrophilic gelatinase associated lipocalvi) [6]. Enfin, le 5-ASA, à des concentrations correspondant à celles de la lumière colique après prise orale de mésalazine, déplaçait de façon compétitive deux ligands de PPAR-γ de leur site de liaison [6]. Ces résultats témoignent ainsi de la forte spécificité du 5-ASA pour PPAR-γ et montrent que l’action anti-inflammatoire des salicylés est dépendante de l’expression et de l’activation de PPAR-γ.

La liaison effective du 5-ASA à PPAR-γ induit une cascade d’événements dans la cellule épithéliale qui conduit à la translocation de PPAR-γ dans le noyau. Il existe alors une modification de la conformation de PPAR-γ qui permet alors le recrutement de coactivateurs transcriptionnels [13].

Sur le cancer

Plusieurs arguments ont été récemment apportés pour montrer que l’effet chémopréventif du 5-ASA, au cours des MICI, passe par un mécanisme qui pourrait, lui aussi, dépendre de l’expression et de l’activation de PPAR-γ [6].

En effet, il a tout d’abord été montré que les ligands du PPAR-γ, comme la troglitazone ou le GW-7845, avaient des propriétés antiprolifératives et proapototiques [14, 15]. Puis, que le 5-ASA réduisait significativement la croissance tumorale sur un modèle expérimental de tumeurs coliques chez la souris [16]. Enfin, que le 5-ASA, qui augmente l’expression du PPAR-γ, inhibait la voie de signalisation Wnt/β-caténine mise en jeu dans de nombreuses tumeurs [17].

Il est ainsi démontré, in vitro et chez l’animal, que le 5-ASA agit directement comme un ligand de PPAR-γ qui a une activité antitumorale directe plutôt qu’indirectement, de par son effet anti-inflammatoire.

Salicylés et prévention des cancers

Le CCR est une complication redoutée au cours des MICI. Il représente 1 à 2 % des cancers [18, 19] et est responsable de plus de 15 % des décès des patients atteints de MICI [20]. Ses facteurs de risques, partagés par la MC colique et la RCH, sont connus (ancienneté, activité inflammatoire et étendue de la MICI, association à une cholangite sclérosante primitive, antécédents familiaux…) [21], et les modalités de dépistage de la dysplasie et du cancer sont désormais bien codifiées [22].

Les salicylés, qui constituent encore le traitement de première ligne de la poussée minime à modérée de MICI, pourraient également avoir un effet sur la prévention du cancer. Ainsi, Velayos et al. ont repris, dans une méta-analyse publiée en 2005, 9 études rétrospectives (6 études cas-témoin et 3 études de cohorte) ayant évalué, chez 1 932 patients au total, l’effet des salicylés sur le risque de dysplasie et de CCR sur RCH [23]. Dans l’ensemble, le risque de développer un CCR était réduit chez les malades sous salicylés (OR = 0,51 ; IC 95 % = [0,37-0,69]). Cet effet protecteur n’était en revanche pas observé pour la dysplasie (OR = 1,18 ; IC 95 % = [0,41-3,43]). Une durée de traitement d’au moins 2-6 mois était associée à cet effet chémopréventif. Enfin, une dose de salicylé, d’au moins 1,2 g/j, était suffisante pour prévenir environ deux tiers des CCR d’après cette méta-analyse.

L’autre argument indirect, en faveur de l’effet préventif possible des salicylés sur le risque de dégénérescence des MICI, vient de l’évolution séculaire du risque de CCR. Dans les études épidémiologiques les plus récentes, ce risque semble moins élevé que dans les séries les plus anciennes [24]. La systématisation du dépistage et la diffusion des traitements salicylés pourraient expliquer cette tendance.

Il faut toutefois souligner l’absence de données prospectives évaluant l’effet préventif des salicylés sur le risque de dégénérescence colorectale au cours des MICI. En outre, parmi les études publiées (dont les principales sont rapportées dans le tableau 1 ), qui concernent essentiellement la RCH, certaines sont négatives [25]. Il n’existe donc pas à ce jour une démonstration robuste que les salicylés préviennent le CCR au cours des MICI [26]. De façon pragmatique, l’effet préventif présumé des salicylés et leur toxicité minime sur le long terme justifient bien souvent leur prescription au long cours à visée chémopréventive chez les patients atteints de MICI et ayant un risque élevé de dégénérescence.

Tableau 1 Principales études ayant évalué l’effet chémopréventif du 5-ASA au cours des MICI. Adapté de [23, 25].

Auteur, année

Type d’étude

Durée du traitement par 5-ASA

Risque relatif de CCR

Effet protecteur du 5-ASA

Moody, 1996

Cohorte

Jusqu’à 20 ans

NP

Oui

Lashner, 1997

Cohorte

≥ 6 mois

NP

Non

Lindberg, 2001

Cohorte

≥ 6 mois

NP

Non

Pinczowski, 1994

Cas-témoin

≥ 3 mois

NP

Oui

Eaden, 2000

Cas-témoin

5 à 10 ans

  • 0,19a
  • IC 95 % [0,06-0,61]


Oui

Rubin, 2006

Cas-témoin

NP

  • 0,28a
  • IC 95 % [0,09-0,85]


Oui

Van Staa, 2003

Cas-témoin

6 à 12 mois

  • 0,60a
  • IC 95 % [0,38-0,96]


Oui

Bernstein et al., 2003

Cas-témoin

≥ 2 mois

  • 1,46
  • IC 95 % [0,58-3,73]


Non

Rutter, 2004

Cas-témoin

≥ 3 mois

NP

Non

Terdiman et al., 2007

Cas-témoin

12 mois

  • 0,97b
  • IC 95 % [0,77-1,23]


Non

aRisque relatif ajusté.

bRisque relatif non ajusté.

Salicylés : les nouvelles formes galéniques

Parallèlement à ces avancées sur la compréhension du mécanisme d’action du 5-ASA, de nouvelles formes galéniques de salicylés ont été développées. En effet, comme pour toutes les affections chroniques, l’observance des traitements au cours des MICI est un problème crucial que de nouvelles formulations de 5-ASA pourraient améliorer.

Plusieurs travaux concernant l’observance des salicylés en traitement d’entretien de la RCH ont été récemment publiés. Ces travaux concernent les formulations standard de 5-ASA qui nécessitent une multiprise journalière de plusieurs tablettes. Ainsi, dans une étude prospective de l’équipe de Chicago incluant 99 malades ayant une RCH en rémission sous 5-ASA en entretien depuis au moins 6 mois, la compliance au 5-ASA était évaluée chez les patients dont la maladie rechutait au cours du suivi. Une mauvaise observance du traitement était signalée chez tous les malades qui rechutaient dans les 6 mois et chez 68 % de ceux qui rechutaient à 1 an [27]. De plus, en cas de mauvaise compliance, le risque de rechute de la RCH en rémission sous salicylés était multiplié par 5 (p < 0,001). Plusieurs facteurs associés à la mauvaise observance des dérivés salicylés ont été décrits chez les malades atteints de RCH : sexe masculin, célibat, emploi à plein-temps, RCH récente… Certains de ces facteurs, tels que la prise de 5-ASA trois fois par jour ou l’association avec plus de 4 autres traitements semblent directement liés au traitement [28]. De nouvelles formulations avec une réduction du nombre de tablettes administrées par jour et/ou la réduction du nombre de prises par jour pourraient alors permettre d’améliorer l’observance.

La mésalazine MMX, développée selon la technologie Multi-Matrix System™, est une nouvelle forme galénique de 5-ASA désormais commercialisée aux Etats-Unis. Elle est caractérisée par un enrobage avec un polymère gastrorésistant qui permet de cibler la libération du principe actif à partir de l’iléon distal et surtout au niveau du côlon [29, 30]. Cette formulation, qui permettrait ainsi une libération plus homogène du principe actif, est caractérisée par une monoprise quotidienne.

Deux larges études de phase III contre placebo ont démontré l’efficacité de cette formulation de 5-ASA lors de la poussée minime à modérée de RCH (définie par un score Mayo compris entre 4 et 10) (tableau 2). Dans l’ensemble, le taux de malades en rémission clinique et endoscopique, après 8 semaines de traitement, était de 40 % avec la dose de 2,4 g/j et de 29-41 % avec la dose de 4,8 g/j contre 13-22 % sous placebo. La différence entre les groupes traités et le groupe placebo était significative dans les deux essais.

L’étude de Lichtenstein et al. [29] comparait l’administration de la dose de 4,8 g/j de mésalazine MMX en une ou deux fois par jour. Il n’y avait pas de différence en termes de rémission à la semaine 8 (29 et 34 % respectivement).

Dans l’étude de Kamm et al. [30], outre les malades recevant la mésalazine MMX aux doses de 2,4 g/j ou de 4,8 g/j et le groupe placebo, il existait un quatrième bras qui recevait un traitement 5-ASA traditionnel (Asacol®, 2,4 g/j en 3 prises quotidiennes). Après 8 semaines, 32 % des malades de ce groupe étaient en rémission. Les résultats dans le bras Asacol®, qualifié de « comparateur » par les auteurs, n’étaient en fait comparés qu’au groupe placebo et la différence n’était pas significative. Cependant, cette étude était uniquement construite pour démontrer la supériorité de la mésalazine MMX sur le placebo. En termes d’efficacité, l’intérêt du bras 5-ASA classique dans cette étude multicentrique, contrôlée et randomisée qui a inclus 341 malades, est donc discutable et ne permet de faire aucune comparaison statistique entre la mésalsazine MMX et l’Asacol® [30].

En traitement d’entretien de la RCH mise en rémission par un traitement salicylé, un essai tout récemment publié a évalué la dose de 2,4 g/j de mésalazine MMX en maintenance qui était administrée soit en une, soit en deux prises par jour. Après 12 mois de traitement, les taux de rechute dans les deux groupes n’étaient pas différents : 11 et 7 % respectivement [31]. L’enjeu de cet essai de maintenance était avant tout d’étudier la tolérance de la mésalazine MMX. Parmi les 459 malades inclus et traités pendant 12 mois, 4,6 % interrompaient le traitement salicylé, le plus souvent en raison d’une intolérance digestive. Dans les deux études précitées de traitement d’attaque de la poussée de RCH, la tolérance était également satisfaisante [29, 30]. Dans l’étude de Kamm et al. [30], la fréquence des effets indésirables n’était pas différente entre les groupes traités par la mésalazine MMX et celui recevant l’Asacol®.

A ce jour, il n’existe pas de données sur l’observance du traitement d’entretien par mésalazine MMX en comparaison avec les salicylés classiques. Toutefois, le développement et la commercialisation de cette formulation – sous le nom de Lialda® aux Etats-Unis et de Mezavant® dans l’Union européenne – dans le traitement d’attaque et de maintenance de la RCH devraient permettre de savoir, dans les années à venir, si la réduction de la fréquence d’administration du traitement salicylé est associée à une meilleure observance.

Tableau 2 Efficacité de la mésalazine MMX en traitement de la poussée minime à modérée de rectocolite hémorragique (RCH) : résultats des essais contrôlés [29, 30].

MMX 1 × 2,4 g/j

MMX 2 × 2,4 g/j

MMX 1 × 4,8 g/j

Asacol® 3 × 0,8 g/j

Placebo

Lichtenstein et al.

Nombre

93

94

93

Rémission à S8

34 %

29 %

13 %

Kamm et al.

Nombre

84

85

86

86

Rémission à S8

40 %

41 %

32 %

22 %

Conclusion

La découverte récente du mécanisme d’action du 5-ASA, dont les effets anti-inflammatoires et antiprolifératifs sont médiés par PPAR-γ, pourrait permettre d’élargir les indications de cette classe thérapeutique à la prévention du CCR au cours des MICI. Il n’existe pas à ce jour de données prospectives et donc pas de démonstration ferme que les salicylés préviennent le CCR au cours des MICI [26]. Toutefois, leur bonne tolérance sur le long terme et la mise à disposition de nouvelles formes galéniques, permettant d’améliorer l’observance, pourraient justifier leur prescription au long cours à visée chémopréventive chez les patients atteints de MICI et ayant un risque élevé de dégénérescence. En 2008, les salicylés ont donc certainement encore des beaux jours devant eux.

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