Auteur(s) : Jean-Luc Raoul , Département d’oncologie médicale, centre E.-Marquis, CS 44229, 35042 Rennes cedex, France.
Résumé : Le traitement palliatif des carcinomes hépatocellulaires est en pleine révolution depuis quelques années. La chimioembolisation, dont l’efficacité reste discutée, voit arriver de nouvelles modalités de réalisation qui la rendent plus reproductible. De nouvelles techniques utilisant des radioéléments semblent prometteuses. Les données les plus encourageantes viennent des traitements dits ciblés qui profitent des progrès de la biologie moléculaire. Pour la première fois, l’intérêt d’un traitement systémique, le sorafenib, inhibiteur de plusieurs tyrosines kinases vient d’être démontré \; le sorafenib est le premier d’une longue liste de nouvelles molécules prometteuses \; de plus, son utilisation dans d’autres situations qu’en traitement palliatif est en cours d’étude. En revanche, l’arrivée de ces nouvelles substances va nous faire modifier nos conduites avec le retour de la biopsie hépatique (travaux translationnels à la recherche de facteurs prédictifs de réponse aux nouveaux agents), l’apprentissage de la gestion de nouveaux effets secondaires, la modification de nos paramètres d’efficacité mais également des motifs d’arrêt du traitement. Tout cela doit nous engager pour aller plus vite à accélérer notre participation aux essais thérapeutiques.
Mots-clés : carcinome hépatocellulaire, traitement palliatif, formes avancées
Illustrations
Figure 1 Examen tomodensitométrique à la phase
artérielle d’un patient ayant un CHC multifocal. A, B) Aspect avant
la mise sous sorafenib ; C, D) coupes aux mêmes niveaux après
un mois de sorafenib ; noter l’aspect largement
hypovascularisé de la majorité des nodules tumoraux.
Figure 2 Syndrome main-pied sévère (grade 3) observé
sous sorafenib : épaississement cutané et cloques responsables
d’une impotence fonctionnelle devenant invalidante.