ARTICLE
Auteur(s) : Xavier Roblin,
Jean-Marc Phelip
Service gastroentérologie, CHU St Etienne
Le retour des helminthes mais in vitro
Summers et al. avaient jeté le trouble en montrant que l’apport
d’œufs d’helminthes (Trichuris suis) per os diminuaient l’activité
clinique et endoscopique et augmentaient les taux de rémission
clinique tant dans la maladie de Crohn (MC) que dans la rectocolite
hémorragique (RCUH). Les auteurs n’avaient en revanche pas étudié
les mécanismes moléculaires de ces helminthes au niveau tissulaire.
Blum et al. [1] montrent qu’in vitro, les helminthes
interagissent avec l’immunité innée permettant de protéger la
souris de colite expérimentale. La lamina propria des souris
parasitées produit moins d’INF gamma (0,21 vs 0,7 nanog/mL) et
d’IL17 (0,1 vs 0,3 nanog/ml) que celle des souris non parasitées
après ingestion de l’antigène responsable de colite
expérimentale.
Ce mécanisme pourrait expliquer plus clairement les résultats
cliniques favorables de Summers. Alors, doit-on prescrire ces œufs
d’helminthes ? On attend depuis plus de deux ans des études
cliniques complémentaires d’équipes indépendantes pour se faire une
idée.
Place de l’IRM dans le diagnostic de MICI de l’enfant
Le diagnostic de MICI de l’enfant impose comme chez l’adulte des
résultats endoscopiques, histologiques et souvent radiologiques,
ces derniers étant hélas « irradiants ». L’avantage de
l’IRM est justement de ne pas avoir ce type d’inconvénients et donc
de pouvoir être prescrite à nouveau en cas de besoin.
Ridder et al. [2] rapportent l’intérêt de l’IRM chez 33 enfants
suspects de MICI. Les résultats étaient comparés à trois gold
standards différents. Ils sont rapportés dans le tableau 1.
Lorsqu’on sépare les résultats entre MC et RCUH, autant l’IRM
est d’un appoint diagnostique net dans la MC, autant les résultats
pour la RCUH sont mauvais. A noter que la concordance entre les
observateurs était bonne dans ce travail.
Ces résultats ne sont pas surprenants et confirment les données
de l’adulte en prônant dans l’avenir une place non négligeable de
l’IRM dans le diagnostic de MC.
Tableau 1
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IRM
|
IRM/endoscopie
|
IRM/histologie
|
IRM/transit du grêle
|
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Sensibilité
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61 %
|
61 %
|
90 %
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|
Spécificité
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80 %
|
90 %
|
60 %
|
Azathioprine et MICI
De nombreux travaux ont été présentés sur l’aziathropine (AZA) au
cours des MICI. Il s’agissait plus d’« affinages » que de
scoops sur une molécule mise sur le marché en 1968.
Si la grossesse fait partie des contre-indications de
l’utilisation de l’AZA, de nombreuses publications sont rassurantes
sur les risques liés à l’AZA au cours des MICI et grossesse. Shim
et al. [3] apportent encore une pierre à cette pensée.
Les auteurs ont comparé l’évolution de la grossesse de 15 femmes
porteuses de MICI et traitées par AZA et de 61 femmes porteuses de
MICI sans AZA. Les pourcentages de prématurité, fausses couches ou
anomalies fœtales étaient comparables entre les deux groupes.
Ainsi, les risques liés à l’AZA (s’il y en a vraiment) sont
largement inférieurs aux risques de poussées de MICI si nous
choisissons d’arrêter la molécule pendant la grossesse. Mais il
faut l’expliquer à nos patients.
Concernant le métabolisme de l’AZA, beaucoup de travaux
ont été rapportés cette année. Le dernier consensus de l’AGA en
2006 proposait avant la mise sous AZA de pratiquer un génotypage et
un phénotypage de la TPMT (recommandations de grade B).
Daperno et al. [4] ont étudié les taux de mutation du gène de la
TPMT et son phénotype dans la population du nord de l’Italie. Pour
simplifier, les résultats sont superposables à ceux d’autres
populations. Les taux de mutation hétérozygote étaient d’environ
10 % comparables entre les populations avec et sans MICI. Les
auteurs sont surpris de retrouver une activité TPMT plus basse chez
les patients porteurs de MICI par rapport à la population générale
(p = 0,014).
On sait que l’AZA est une prodrogue qui conduit à différents
métabolites dont les plus actifs sont les 6-TGN. Ce métabolisme est
sous le contrôle d’une enzyme TPMT présentant un polymorphisme
génétique et une activité variable d’une personne à l’autre.
Schématiquement plus l’activité TPMT est élevée, plus le taux de
6-TGN est bas et inversement.
Il est probable que la baisse de l’activité TPMT observée au
cours des MICI par Daperno soit liée soit à une prise de 5ASA qui
en diminue l’activité, soit à une hyperhomocystéinémie fréquente au
cours des MICI !
L’association 5ASA-AZA peut-elle être à
« risque » ?
Les principales données de la littérature peuvent nous conduire à
répondre oui. En effet, de nombreux travaux ont montré que les 5ASA
diminuaient l’activité TPMT, augmentant ainsi les taux de 6-TGN qui
peuvent être myélotoxiques. Daperno et al. [5] ont étudié
l’activité TPMT et les taux de 6-TGN chez les patients traités par
les deux molécules (5ASA-AZA) en les comparant à ceux traités par
AZA seule. Si l’activité TPMT était plus basse sous 5ASA, la
différence n’était pas significative dans ce travail.
Alors doit-on comme les auteurs le concluent, se rassurer sur
cette association ? Sûrement pas. Des études dynamiques sont
les seules à pouvoir démontrer si les 5ASA agissent ou non sur la
TPMT en dosant les différents métabolites avant et après
l’introduction de 5ASA.
En attendant, restons prudents !
Épidémiologie des MICI
L’incidence des MICI au cours de la vie est bimodale. Environ
15 % sont découvertes après 65 ans.
Les auteurs [6] ont voulu étudier, à partir des principales
données de registre, les caractéristiques des MICI au-delà de
65 ans en les comparant à un groupe de patients MICI ayant
moins de 65 ans. Après 65 ans, les hospitalisations
représentaient 25 % des hospitalisations globales des MICI.
Après ajustement sur les principales comorbidités, les taux de
mortalité hospitalière étaient significativement plus élevés après
65 ans (OR = 3,91 ; IC95 % = 2,5-6,11). Les durées
d’hospitalisation postopératoires étaient plus longues. Enfin, les
coûts hospitaliers étaient, bien entendu, plus élevés.
D’où l’importance de mieux étudier la prise en charge
thérapeutique de ce groupe de patients.
L’évolution des colites gauches sur RCUH est mal connue.
Ce point est pourtant très important simplement si l’on se réfère
au risque de cancer en fonction de l’étendue au cours de la
RCUH.
Tremaine et al. [7] rapportent ainsi un travail rétrospectif de
population du comté d’Olmsted. Les auteurs ont ainsi isolé les
patients porteurs d’une colite gauche et ont étudié l’évolution de
l’extension avec le temps de cette atteinte. Après 5 ans
d’évolution, 44 % de ces patients ont vu leur maladie
s’étendre à une pancolite. Après une régression logistique, aucune
association n’était retrouvée (notamment avec les 5ASA en dose
cumulée). Seuls, des taux cumulés élevés de corticoïdes étaient
retrouvés comme facteurs associés à cette extension (p = 0,02)
constituant probablement plus les témoins d’une forme agressive que
leur cause. A noter que très peu de patients n’avaient d’anti-TNF.
Manifestement, les différents traitements n’arrivent pas —en dehors
peut-être de cette dernière classe— à changer l’histoire naturelle
de la maladie. Restons très vigilants dans la surveillance des
patients atteints de colite gauche car ce phénotype peut très
fréquemment changer avec le temps.
Cancer colorectal et MICI
De très nombreux travaux ont été rapportés sur ce thème. Même si la
conférence américaine d’experts a clairement identifié les
principaux facteurs de risque : étendue, ancienneté,
association à une cholangite sclérosante primitive (CSP),
antécédents familiaux de cancer colorectal (CCR) et présence d’une
inflammation chronique, des études récentes montraient qu’il
existait une probabilité importante de voir apparaître des CCR
malgré une surveillance adaptée et proposée par les différentes
sociétés savantes.
Lutgens et al. [8] rapportent les résultats d’une
méta-analyse sur les facteurs de risque de CCR au cours de
la RCUH et de la maladie de Crohn. Les risques cumulés de CCR à
10 ans, 20 ans et plus de 20 ans étaient
respectivement de 1 %, 4 % et 14 %. Ces taux étaient
plus bas dans les études de population (1 %, 3 % et
9 %) alors qu’ils étaient significativement plus élevés avec
les données des centres de références (1 %, 12 %,
44 %). Ce RR était plus élevé pour la RCUH (5,1) que pour la
MC iléocolique (3,6). Dans ce travail, la présence d’une colite
extensive (RR : 10,5) et le début de la maladie avant
30 ans (RR : 17,7) étaient les seuls facteurs
indépendants associés au risque de CCR.
L’association MICI, CSP est responsable d’un phénotype
particulier de MICI : mortalité plus élevée, MICI plus
quiescente, épargne rectale mais risque élevé de CCR.
Claessen et al. [9] rapportent les résultats d’un travail
rétrospectif, multicentrique. Le but était de rechercher s’il y
avait des caractéristiques cliniques des CCR en fonction ou non de
la présence d’une CSP au cours des MICI. Vingt-sept CCR sur
CSP-MICI et 127 CCR sur MICI sans CSP ont été inclus. Les facteurs
discriminants sont rapportés dans le tableau 2.
Les décès imputables au CCR sont superposables dans les 2
groupes (30 % vs 18 % ; p = 0,28).
L’hypothèse oncogène des sels biliaires dans cette association
se trouve renforcée par l’importance de l’atteinte colique
droite.
L. Beaugerie a montré en présentant les premières données de la
vaste étude CESAME une augmentation du risque de lymphome sous
AZA au cours des MICI.
Setshedi et al. [10] ont rapporté les résultats d’une cohorte de
MICI suivie dans un seul centre afin d’apprécier si l’AZA
augmentait le risque de cancer au cours des MICI. Mille deux-cent
dix-sept patients, dont 55 % ont été traités par AZA, ont été
suivis. Si les taux de cancer quel qu’en soit le type étaient
comparables entre les groupes avec et sans AZA, le taux de cancer
cutané était le double sous AZA (p = 0,01). En analyse multivariée,
deux facteurs indépendants étaient associés à un sur-risque de
cancer : la durée de la maladie (p = 0,001) et la durée de la
prise d’AZA (p = 0,018).
Nous allons attendre avec hâte les résultats de l’étude CESAME
dont la puissance est largement plus importante pour confirmer ou
non ces résultats.
Tableau 2
|
MICI-CCR
|
Avec CSP
|
Sans CSP
|
P
|
|
Survie à 5 ans
|
42 %
|
75 %
|
< 0,001
|
|
Décès
|
59 %
|
25 %
|
0,001
|
|
Cancer du côlon droit
|
66,7 %
|
35,4 %
|
0,005
|
L’utilisation de l’allopurinol avec l’AZA : une
combinaison d’avenir dans certains cas !
Sparrow et al. avaient publié des résultats très intéressants sur
l’efficacité et la sécurité d’emploi de l’allopurinol en
association avec l’AZA chez des patients MICI non répondeurs. Les
mêmes auteurs ont rapporté le suivi de ces premiers patients [11]
sur une durée moyenne de 34 mois. Les résultats en termes de
réponse clinique persistent avec le temps sans apparition de
complications hépatiques et avec un seul cas de pancytopénie après
augmentation de la 6-MP. Dans la seconde partie de cette
communication, les auteurs montraient chez 8 nouveaux patients
corticodépendants que les taux de 6-TGN bas à l’inclusion
s’élevaient de manière significative après apport d’allopurinol,
expliquant, d’après les auteurs, la réponse à cette association
thérapeutique. Les 6MMP baissaient significativement avec cette
association.
Ainsi ce choix thérapeutique ne peut se discuter que chez les
patients ayant une résistance « pharmacologique » à l’AZA
(ratio 6MMP/6-TGN très élevé) avec une efficacité à moyen terme
acceptable. Malgré tout, cela impose d’avoir la possibilité
d’obtenir les résultats des différents métabolites de l’AZA,
coûteux et non remboursés en pratique générale !
Les anti-TNF
Les principales communications ont eu lieu sur ce thème. Plus que
de vastes études nouvelles, celles-ci portaient sur des résultats
actualisés des principaux essais déjà rapportés.
Adalimumab
Sandborn et al. avaient rapporté il y a un an les résultats de
l’essai GAIN (résultats à 4 semaines). Il s’agissait de
patients en échec ou intolérants à l’infliximab. Les patients
étaient randomisés pour recevoir un schéma d’induction par
adalimumab (160 mg/80 mg) ou un placebo, bien entendu en
double aveugle. A S4, les auteurs montraient une supériorité
significative de l’adalimumab par rapport au placebo tant en termes
de réponse clinique que de rémission.
L’étude rapportée par Panaccione et al. [12] est le suivi à un
an de ces patients. Tous les patients inclus dans ce nouveau
travail acceptaient d’être traités en ouvert par adalimumab
40 mg/15 jours ou toutes les semaines en cas
d’échappement clinique. Les résultats sont rapportés dans le tableau 3 : le groupe ITT représente
l’ensemble des patients, quelle que soit la réponse après
induction, et le groupe répondeur, ceux ayant présenté une baisse
du CDAI de 70 points à S4.
Ainsi ce travail rapporte des taux de réponse soutenue
intéressants sous adalimumab après un échec de première ligne avec
l’infliximab. L’essai GAIN est transformé.
Tableau 3
|
Suivi à 12 mois
|
Groupe ITT : Nbre = 310
|
Groupe répondeur : Nbre = 126
|
|
Rémission
|
29 %
|
40 %
|
|
Réponse (baisse du CDAI ≥ 100)
|
44 %
|
66 %
|
Après GAIN, le suivi à 2 ans de l’étude CHARM
CHARM était un essai multicentrique, randomisé, en double aveugle,
comparant 3 bras thérapeutiques de maintenance (ADA :
40 mg/15 jours, 40 mg/semaine à un placebo) sur une
période de 56 semaines. Tous les patients avaient été traités
en ouvert par un schéma d’adalimumab (80 mg/40 mg). Les
patients inclus dans ce traitement de maintenance devaient
présenter une baisse du CDAI d’au moins 70 points après induction.
L’essai CHARM a permis de montrer une supériorité significative de
l’adalimumab tant en termes de réponse que de rémission clinique.
Le but de cette nouvelle présentation [13] était de rapporter
les résultats à 2 ans chez des patients ayant été traités en
ouvert par adalimumab un an de plus après l’essai CHARM. Chez les
145 patients en rémission clinique à S56 (fin de CHARM), 77 %
restaient en rémission clinique à 2 ans. Dans le sous-groupe
des 123 patients ayant répondu à S4 après le schéma d’induction,
ces patients restaient en rémission dans 79 % des cas à
2 ans.
Ces deux travaux montrent manifestement que la réponse à
l’adalimumab se maintient avec le temps. La question d’avenir est
de savoir quels patients pourraient être sevrés d’anti-TNF et au
bout de combien de temps. Une étude du GETAID est en cours pour
répondre à cette question.
La perte d’efficacité des anti-TNF sous infliximab à la dose
de 5 mg/kg/j. est une de nos préoccupations. Deux choix
sont possibles : optimiser l’infliximab en raccourcissant les
interdoses ou en doublant l’infliximab, ou changer d’anti-TNF et
passer à l’adalimumab selon le protocole GAIN. En cas de perte
d’efficacité de l’adalimumab, la molécule peut être prescrite
toutes les semaines mais que convient-il de faire si la perte
d’efficacité persiste ?
Allez et al. ont montré qu’une troisième ligne d’anti-TNF est
possible et peut-être un jour, pourrons-nous discuter dans cette
indication du natalizumab dont les résultats sont intéressants mais
qui comporte un risque non négligeable de leucoencéphalopathie
multifocale progressive (LEMP).
L’équipe de Rutgeerts et al. [14] rapporte les résultats
originaux de 3 doses d’adalimumab (80 mg par semaine pendant
3 semaines) pour « récupérer » une réponse clinique.
Vingt-cinq patients en échappement à l’adalimumab ont été inclus.
Quinze (60 %) ont présenté une réponse clinique (12 une
réponse partielle et 3 totale). Dix des 15 patients ont pu ensuite
maintenir la réponse clinique après baisse de l’adalimumab à
40 mg par semaine. Les taux sériques d’adalimumab ont été
dosés chez certains patients. Si, bien entendu, ces taux ont
augmenté après intensification de la dose, il n’y avait pas de
différence entre le groupe répondeur et le groupe non répondeur. Ce
travail d’intensification de doses est intéressant, mais il doit
être confirmé par une étude plus large.
L’infliximab
Step up, Top down : une suite avec la mise en exergue de
la cicatrisation muqueuse
L’article du Lancet rapportant les résultats des stratégies Step
up-Top down a été longuement discuté.
Baert et al. [15] rapportent le suivi sur 4 ans de patients
ayant eu un schéma thérapeutique soit Step up, soit Top down. A la
fin des 2 premières années, les patients inclus avaient une
endoscopie de contrôle avec calcul du score SES. Les patients
devaient être suivis pendant deux années supplémentaires.
Quarante-deux patients ont été suivis pendant les 4 ans de ce
travail (23 en Top down et 19 en Step up). Les patients présentant
une cicatrisation muqueuse à 2 ans (SES = 0) restaient en
rémission clinique de manière significativement plus fréquente
(68 % vs 35 % : p = 0,004) ; tous ces patients
sauf un ont pu être sevrés de l’infliximab. Les taux de rémission
durable étaient plus élevés en cas de cicatrisation muqueuse
obtenue en traitement Top down (76 % vs 40 % ; p =
0,27). Le faible effectif n’a sans doute pas permis d’obtenir la
significativité.
Deux conclusions en résultent : 1) la cicatrisation
muqueuse obtenue après un schéma Top down paraît changer l’histoire
naturelle de la maladie. Il faut se rappeler à l’inverse que la
cicatrisation muqueuse sous IS ou stéroïdes n’a jamais montré
qu’elle changeait cette histoire naturelle. Il est
possible que des différences moléculaires expliquent ces
différences ; 2) il s’agit là d’un élément complémentaire pour
l’attitude Top Down en attendant les résultats de l’essai
SONIC.
La cicatrisation muqueuse a été rapportée dans d’autres
travaux.
L’équipe de Louvain [16] a recherché si l’utilisation de
l’infliximab toutes les 8 semaines permettait d’obtenir plus
de cicatrisation muqueuse qu’un traitement épisodique par
infliximab. Les auteurs ont étudié rétrospectivement les données de
263 patients ayant eu une réponse clinique au schéma d’induction et
une surveillance endoscopique. Soixante et un pour cent des
patients ont présenté une cicatrisation muqueuse (40 % totale
et 21 % partielle) après une médiane de 4 perfusions.
L’utilisation d’un traitement continu toutes les 8 semaines
était fortement associée à une cicatrisation muqueuse :
OR : 2,75 ; IC 95 % = 1 ,45-4,88 ; p <
0,001. L’utilisation d’IS n’était pas associée à la présence ou non
d’une cicatrisation muqueuse ; enfin, la présence d’une
cicatrisation muqueuse était fortement associée à une réponse
clinique soutenue (p < 0,01).
Deux remarques : les résultats rapportés ne représentent
que les patients ayant répondu au schéma d’induction. Enfin, il
faut absolument avoir une définition consensuelle de la
cicatrisation muqueuse. Sans cela, il sera réellement difficile
d’avancer sur ce point.
La même équipe a recherché si l’utilisation de l’infliximab
diminuait au long cours le recours à une chirurgie majeure
(résection ou stricturoplastie). Les essais ACCENT 1 et 2 avaient
montré sur un suivi de 1 an que les patients sous infliximab toutes
les 8 semaines avaient eu moins recours à l’hospitalisation et
à la chirurgie.
Les auteurs [17] ont repris la cohorte des 61 patients traités
par infliximab depuis 1995. La figure 1 montre les taux de
chirurgie majeure en fonction de la réponse à l’infliximab.
Les différences dans chaque sous-groupe étaient significatives
(p < 0,05). Les auteurs montrent que le traitement continu
diminue le taux d’hospitalisation et de chirurgie.
Que faire devant une pochite réfractaire ?
C’est à cette question que Ferrante et al. [18] ont tenté de
répondre. La pochite est fréquente après colectomie avec AIA avec
réservoir (environ 50 % à un an). Les taux de pochites
réfractaires aux antibiotiques sont d’environ 20 % à
7 ans.
Les auteurs ont rapporté les résultats de l’infliximab chez 24
patients porteurs de pochites réfractaires (100 % d’échec aux
antibiotiques, 41 % avec en plus des 5ASA, 7 % des
probiotiques, 54 % de l’AZA et 26 % des corticoïdes). Ce
travail étant rétrospectif, un patient sur 2 seulement a eu le
schéma d’induction classique d’infliximab (S0, S2, S6). A
10 semaines, 88 % des patients présentaient une réponse
clinique et 33 % une rémission clinique. Lorsque le score PDAI
était calculé, celui-ci passait de 9 à 5 après infliximab (p =
0,002).
Ce travail est limité par son caractère rétrospectif et sa
faible puissance. Un travail prospectif et randomisé s’impose pour
confirmer ces résultats dans cette indication.
Le certolizumab
Résultats préliminaires de l’étude Welcome
Le but de ce travail multicentrique, prospectif présenté par
Vermeire et al. [19] était d’étudier l’intérêt du certolizumab chez
des patients en échec ou intolérants à l’infliximab. Le design de
l’étude était d’utiliser un traitement d’induction par certolizumab
en ouvert (400 mg à S0, S2 et S4) chez les patients inclus
(CDAI à l’inclusion entre 220 et 450). Ensuite, chez les patients
ayant répondu à cette induction, un travail randomisé, en double
aveugle, comparant deux schémas thérapeutiques de maintenance
(certolizumab : 400 mg toutes les deux ou quatre
semaines) est en cours. En ce qui concerne la présentation des
résultats préliminaires à S6, 539 patients ont été inclus. Les taux
de réponse clinique (baisse du CDAI de 100 points) et de rémission
clinique étaient de 62,2 % et 39,3%.
Il s’agit manifestement d’une nouvelle possibilité en cas
d’échec d’une première ligne d’anti-TNF à mettre en rapport avec le
regret qu’il n’y ait pas de groupe contrôle pour cette induction à
l’inverse de l’essai GAIN !
Des nouvelles concernant l’anti IL12-23p40 (Ustekinumab) dans
la MC
L’année dernière, dans un essai de phase 2a, Sandborn et al.
avaient présenté l’intérêt potentiel de cette molécule dans la
maladie de Crohn. Sous ce traitement, une histoplasmose avait été
rapportée ! En termes d’efficacité, les auteurs avaient
proposé plusieurs options (orales ou IV) en comparant leur
efficacité chez 104 patients. Les taux de réponse à S8 étaient
comparables (49 % vs 39,6 %).
Cette année, les auteurs [20] tentent d’apprécier s’il existe
finalement une corrélation entre l’efficacité de la molécule et une
CRP > 10. La figure
2 résume les résultats.
Ces résultats sont comparables chez les patients ayant eu de
l’infliximab au préalable. En cas de CRP > 10, les taux sont de
75 % vs 20 % si la CRP était inférieure à 10.
L’utilisation de la CRP > 10 pour trouver une supériorité de
la molécule par rapport au placebo nous rappelle le travail
princeps sur le certolizumab en induction de Schreiber et al. Un
essai de phase 2 n’est pas un essai de phase 3. Arrêtons d’en faire
des études de comparaison quand cela arrange les auteurs !
MICI et situations particulières : grossesse, récidives
postopératoires
Jharap et al. [21] rapportent les modifications des métabolites
de l’AZA chez la femme enceinte et les taux circulants chez le
fœtus. Dix femmes enceintes sous AZA à doses stables ont été
incluses. Les taux de 6-TGN ont varié considérablement pendant la
grossesse avec une baisse nette dans 8 cas sur 10 sans conséquence
clinique et une élévation franche responsable d’une leucopénie. A
l’inverse dans 3 cas sur 10, on notait une élévation franche des
dérivés méthylés responsable dans un cas d’une élévation des
transaminases réversible après l’accouchement. Chez l’enfant, les
auteurs relevaient des taux non négligeables de 6-TGN (la moitié de
la moyenne des taux maternels) mais l’absence de dérivés méthylés.
En pratique, la surveillance d’un traitement par les métabolites de
l’AZA est très hasardeuse pendant la grossesse. L’AZA passe le
placenta, en tout cas son métabolite actif. Pas de conséquence à
court terme mais les données à long terme comme d’habitude
manquent.
Concernant la récurrence clinique après colectomie et
anastomose iléoanale au cours de la MC, Reinisch et al. [22]
ont rapporté un nouvel essai de prévention. Les auteurs ont comparé
dans un essai multicentrique, randomisé en double aveugle
4 g/j de mésalamine à 2,5 mg/j d’AZA. Aucune différence entre
les deux bras n’était rapportée tant sur la récidive clinique (CDAI
> 200 et augmentation de ce score de plus de 70 points) que sur
l’aggravation du score endoscopique de Rutgeerts anastomotique.
Encore une fois, le design de l’étude (après le travail
d’Hanauer et celui d’Ardizzone) est discutable. Dans ce cas, on
aurait aimé que l’étude randomise les patients juste après la
chirurgie. Il est possible que finalement, la thérapeutique
proposée arrive trop tard !
Bien sûr, ce florilège de travaux n’est qu’un petit aperçu
biaisé par les auteurs de tous les travaux présentés sur le thème
des MICI cette année ; pour en savoir plus, les plus courageux
n’auront plus qu’à ouvrir l’épais Gastroenterology de tous les
abstracts.
Références
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the innate immune system to protect from murine IBD. DDW San Diego.
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Nievelstein RA, van Leewen M, Benninga MA,
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pediatric population. DDW San Diego. Gastroenterology 2008 ;
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3 Shim LS, Simring A, Murray H, Eslick GD,
Weltman MD. The effects of azathioprine or 6-mercaptopurine on
birth outcome in women with IBD. DDW San Diego. Gastroenterology
2008 ; 134(Suppl 1) : A344.
4 Daperno M, Canaparo R, Sostegni R,
Verneto A, Serpe L, Calvo PL, et al. Genotype
and phenotype analysis of TPMT in a northern Italian population.
DDW San Diego. Gastroenterology 2008 ; 134(Suppl 1) :
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Verneto A, Serpe L, Blanco I, et al. Mesalamine
does not impact on TPMT activity in IBD. DDW San Diego.
Gastroenterology 2008 ; 134(Suppl 1) : A205.
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in the ederly is associated with worse outcomes : A national
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2008 ; 134(Suppl 1) : A499.
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population based study. DDW San Diego. Gastroenterology 2008 ;
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Oldenburg B. A comprehensive metaanalysis of the risk of CRC
in IBD. DDW San Diego. Gastroenterology 2008 ; 134(Suppl
1) : A33.
9 Claessen MM, Lutgens MW, van Buuren H,
Oldenburg B, Tytgat K, Siersema PD, et al. More
right sided IBD associated CRC in patients withprimary sclerosing
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