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Actualités dans la prise en charge chirurgicale des cancers du côlon


Hépato-Gastro. Volume 14, 30-7, Numéro spécial : Traitement du cancer colorectal en 2007, Mini-revue

DOI : 10.1684/hpg.2006.0014

Résumé  

Auteur(s) : Karine Pautrat, Patrice Valleur, Xavier Dray, Marc Pocard , Département Médico-Chirurgical de Pathologie Digestive, hôpital Lariboisière, 2 rue Ambroise Paré, 75010 Paris.

Résumé : La prise en charge des cancers du côlon continue de progresser, la généralisation d’une vraie prise en charge multidisciplinaire constitue le progrès le plus marquant, répondant aux objectifs du plan cancer. En chirurgie, si les grandes règles carcinologiques sont toujours indispensables (résection « en-bloc », résection R0, curage lymphatique, contrôle des hémorragies, la cœlioscopie actuellement validée comme voie d’abord, est devenue indiscutable pour les petites tumeurs. L’autre grande évolution, quoique moins perceptible est l’évaluation des pratiques et la détermination de critères de qualité qui à terme vont structurer la prise en charge chirurgicale de ces cancers.

Mots-clés : cancer du côlon, chirurgie, traitement adjuvant, laparoscopie, chimiothérapie intrapéritonéale, ganglion sentinelle, qualité de vie

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Karine Pautrat, Patrice Valleur, Xavier Dray, Marc Pocard

Département Médico-Chirurgical de Pathologie Digestive, hôpital Lariboisière, 2 rue Ambroise Paré, 75010 Paris

La prise en charge des cancers du côlon représente de par sa fréquence et son caractère multidisciplinaire un des exercices les plus fréquents de la cancérologie digestive. La généralisation sur toute la France, d’une prise en charge de ce type, constitue probablement la vraie révolution des trois dernières années écoulées. Il s’agissait d’un des objectifs du Plan Cancer, mais surtout d’un travail très ancien mené par de nombreuses sociétés savantes.Parallèlement aux progrès récents du versant médical du traitement, allant des progrès de la coloscopie à ceux de la chimiothérapie, il existe de nombreuses évolutions en chirurgie qui, sans que les grandes règles de la chirurgie carcinologique soient changées, font évoluer et modifient la prise en charge actuelle de ces cancers. L’introduction validée de la cœlioscopie est probablement la plus visible de ces évolutions, mais d’autres sont en cours de validation comme l’utilisation de la tomographie par émission de positrons (TEP), ou elles sont limitées à des situations particulières comme la prise en charge des carcinoses péritonéales par chirurgie et chimiothérapie intrapéritonéale. Elles vont probablement modifier nos pratiques et justifient cette mise au point.

Des règles chirurgicales, anciennes mais toujours actuelles

Le traitement chirurgical des cancers coliques non compliqués est l’exérèse de la tumeur primitive avec des marges de côlon sain (exérèse R0), ainsi que la réalisation du curage lymphatique. Le problème de la marge de résection de part et d’autre de la tumeur colique est beaucoup moins important que pour le cancer du rectum. La ligature des vaisseaux à l’origine autorise une exérèse large du mésocôlon et des ganglions lymphatiques de drainage [1, 2]. La ligature des vaisseaux à l’origine permet l’exérèse du mésocôlon et des derniers relais ganglionnaires, qui sont envahis dans 2 à 17 % des cas. Le bénéfice de la ligature à l’origine de l’artère mésentérique inférieure n’est pas démontré en termes de survie [1]. L’existence de ganglions distaux est bien évidemment un facteur de mauvais pronostic ; Malassagne et al., dans une série rétrospective de 197 malades rapportent un taux de survie à 5 ans qui passe de 45 % à 17 % en cas d’atteinte des ganglions distaux [3]. Toutefois, ce taux de survie n’étant pas nul, la lymphadénectomie ne peut donc pas être considérée comme seulement informative puisque 17 % des patients ont été « guéris » par la chirurgie, alors qu’un curage limité laissant ces ganglions n’aurait pas permis ce résultat.

Au total, les grandes règles de la chirurgie carcinologique s’appliquent aux traitements chirurgicaux des cancers coliques : une résection « en-bloc » n’ouvrant pas la tumeur, une résection R0 (pas de lésion macroscopique résiduelle et marges saines), un curage lymphatique centré sur le vaisseau principal et un acte opératoire limitant au plus les hémorragies.

Cœlioscopie et cancer : possible si les critères pré et peropératoires sont optimaux

Critères carcinologiques : taux de survie et de récidive identiques

( Tableau 1 )Leung et al. dans une étude récente, portant sur 403 malades porteurs d’un cancer du sigmoïde et du haut rectum, rapportent un taux de survie globale à 5 ans de respectivement 76 % et 73 % dans les groupes cœlioscopie et laparotomie [4]. Les taux de survie à 5 ans sans récidive étaient respectivement de 75 et 78 %. Les taux de récidive locale ou péritonéale (6,6 versus 4,1 %), métastatique (18 versus 15 %), étaient semblables dans les 2 groupes. Concernant le respect des règles carcinologiques et chirurgicales, les 2 groupes étaient comparables en termes de marges proximale et distale, et du nombre de ganglions examinés (11 versus 12).

Cette dernière étude confirme, s’il en était besoin, les résultats des grandes études randomisées précédentes [5], notamment l’étude américaine [6] qui avait randomisé 872 patients par 48 équipes. Dans cette étude, les taux de récidive et de survie à trois ans étaient strictement identiques. Les taux de greffe tumorale pariétale, longtemps sujets d’inquiétude étaient évalués dans cette étude, et étaient similaires dans les groupes cœlioscopie et laparotomie (0,5 versus 0,2 %) [6].
Tableau 1 Extraits du texte publié par l’Anaes et la Haute Autorité de Santé en mars 2005 : évaluant l’apport de la cœlioscopie dans la prise en charge des cancers colorectauxhttp://www.anaes.fr.

Critère évalué

Nombre d’études retenues

Résultat

Niveau de preuve

Survie et récidive

3

Non-infériorité de la cœlioscopie

B

Respect des règles carcinologiques

6

Pas de différence pour les marges de résection et les curages

A

Greffe pariétale

22

Va de 0 % à 3,5 %, comparable à la chirurgie ouverte

D

Douleur postopératoire

5

Les douleurs postopératoires sont moindres après cœlioscopie qu’après chirurgie ouverte

B

Iléus postopératoire

5

L’iléus postopératoire est moins important après cœlioscopie

A

Réactions inflammatoire et immunitaire

9

Les modifications immunitaires seraient peu affectées par la technique utilisée

C

Critères cliniques : une amélioration modérée mais indiscutable en postopératoire

Dans cette même étude [6], la réalisation d’une cœlioscopie permettait de réduire d’une journée la durée d’hospitalisation, 5 jours versus 6 jours (p < 0,001) et également de réduire d’une journée le besoin d’antalgiques intraveineux (p < 0,001). L’ensemble des études s’accorde sur la supériorité de la cœlioscopie concernant l’importance de la douleur postopératoire, l’utilisation d’antalgiques ainsi que la reprise du transit [7](tableau 1). Si les gains sont selon les études modérés, ils sont constants.

Critères de sécurité : identiques

Aucune des neuf études randomisées actuellement publiées n’a rapporté de taux de mortalité périopératoire différent selon la technique ; de même, la morbidité ne semble pas modifiée. Dans un essai multicentrique récent, la morbidité était semblable dans les 2 groupes (32 % versus 32 %), avec cependant plus de complications pulmonaires dans le groupe laparoscopie [5]. Le taux de conversion est difficile à estimer car les populations des études sont hétérogènes. Dans une méta-analyse, le taux de conversion était évalué à 15 % [8]. Dans une méta-analyse de 12 essais randomisés, Abraham, et al. identifiaient comme causes fréquentes de conversion une tumeur localement évoluée, une dissection extra-anatomique, des adhérences intra-abdominales, des difficultés d’exposition, ou des complications peropératoires [9]. Si la conversion est réalisée en cas de difficultés, les pièces opératoires et les nombres de ganglions examinés sont identiques quelle que soit la technique. Seule la durée opératoire est significativement plus longue par cœlioscopie dans la quasi totalité des études, donnée qui ne représente plus un critère de qualité actuellement, mais qui doit par contre être incluse dans les calculs de coûts.

Au total, les résultats carcinologiques de la cœlioscopie dans le cancer colique ne sont donc pas différents de ceux de la chirurgie ouverte ; il est donc possible d’opérer les cancers coliques par cœlioscopie. Dans toutes les études, ces interventions sont plus longues qu’en laparotomie, l’avantage fonctionnel immédiat en postopératoire pour les patients est faible mais indiscutable. Enfin, après 6 mois, aucune différence ne semble persister [10] si ce n’est une cicatrice plus petite, elle aussi indiscutable. Néanmoins, il convient de rester prudent et de rappeler que tous les malades inclus dans ces études étaient sélectionnés, et que les chirurgiens participants avaient tous une expérience importante de la chirurgie colique par cœlioscopie.

Critères de qualité, évaluation des pratiques professionnelles : des notions nouvelles mais essentielles

Nous devons évaluer scientifiquement nos pratiques. A défaut de le faire, ceci est actuellement réalisé par voie de presse et ne repose que sur le volume d’activité, ce qui est probablement un critère très peu pertinent. Si, pour la chirurgie du rectum, l’importance du volume d’activité semble prouvée avec un bon niveau de preuve, elle reste discutable pour la chirurgie colique [11]. Plusieurs études ont évalué l’effet-volume en chirurgie colique avec des résultats contradictoires. Seules 2 études rétrospectives ont suggéré un effet-volume significatif [12, 13]. Ainsi, aucune étude n’a permis de mettre en évidence un volume annuel – seuil en dessous duquel la morbi-mortalité devient excessive. Le chirurgien n’est d’ailleurs pas l’unique facteur dans la morbi-mortalité de la chirurgie colique : il y a aussi le gastro-entérologue, le radiologue, le réanimateur et le personnel infirmier, qu’il convient de prendre en compte dans l’interprétation des résultats de la chirurgie [14]. Ainsi il est possible qu’in fine, aucun chiffre ne soit proposé par nos tutelles. En revanche, il est possible d’évaluer de façon plus globale la prise en charge des cancers colorectaux (CCR), avec la tenue systématique ou non d’une réunion pluridisciplinaire et le niveau de formation des praticiens, puisque les règles de la formation continue devraient s’appliquer. Les critères applicables à tous sont probablement peu nombreux. A titre d’exemple, le seuil d’au moins 8 ganglions jugé nécessaire à l’évaluation correcte du statut ganglionnaire selon la conférence de consensus française [au moins 12 pour l’UICC (classification TNM)] [15], n’est probablement un critère de qualité que pris de façon générale et non au cas par cas.

Au total, l’évaluation des pratiques professionnelles doit être mise en place, et si cela peut sembler complexe, elle doit être réalisée régulièrement par chaque équipe, car elle ne sera pertinente que réalisée par les praticiens.

Chimiothérapie postopératoire : décidée sur la clinique et l’histologie mais pas encore sur la génétique

Les recommandations actuelles sont de proposer une chimiothérapie adjuvante aux malades présentant une tumeur de stade III et en cas de tumeur de stade II à haut risque de récidive : tumeur perforée, en occlusion, peu différenciée, et selon la présence d’emboles vasculaires. Dans ce cas, il est indispensable que soit clairement expliqué aux malades le bénéfice modéré espéré de l’administration d’une chimiothérapie, les toxicités potentielles de celle-ci puisqu’il faut que le rapport bénéfice/risque soit évalué et exposé au mieux. Le choix de la chimiothérapie devra être guidé par ce rapport et la chimiothérapie interrompue en cas de toxicité excessive (Recommandations FFCD 2005). Ces notions doivent être connues de tous les chirurgiens puisqu’ils devront les premiers informer les patients en postopératoire, alors qu’ils sont dans une situation très particulière où la relation patient-chirurgien est particulièrement forte et ce, avant la consultation d’oncologie médicale.

La biologie cherche à améliorer la sélection des patients dans le but de traiter les stades II à risque de cancer du côlon et d’éviter de traiter les stades III déjà guéris par la seule chirurgie. Actuellement, cette « signature tumorale » du risque de récidive ou de métastase n’existe pas, même si cela semble de plus en plus proche [16]. De la même façon, il n’est pas encore possible de prédire une chimiosensibilité pour une des drogues utilisées en adjuvant sur des critères biologiques tumoraux, permettant d’orienter le choix de la chimiothérapie. Toutefois, toutes ces recherches ont permis de progressivement distinguer des types de cancers coliques.

Le profil d’une instabilité des microsatellites (MSI) est retrouvé dans 10 à 15 % des cancers du côlon. Il est secondaire le plus souvent à une hyperméthylation du promoteur de HMLH1 et s’observe plus fréquemment dans les tumeurs du côlon droit et chez les sujets âgés. Il apparaît que le profil MSI est associé à un meilleur pronostic et à un risque moindre de métastases ganglionnaires et/ou hépatiques [17, 18]. Les résultats concernant l’efficacité plus importante de la chimiothérapie sont contradictoires [19, 20]. Une étude française a montré le très bon pronostic de ces tumeurs MSI de stade T3N0M0 comparé aux tumeurs non MSI (dites MSS) ce qui pourrait orienter le choix thérapeutique [21].

Au total, chaque équipe doit actuellement envisager une démarche locale pour être capable, lorsque cela sera devenu impératif, de déterminer à quel type génétique de cancer colique appartient le cas pris en charge, d’autant plus que des thérapies ciblées sont possibles.

TEP scan : un examen incontournable mais dont la place reste à déterminer

La tomographie par émission de positrons (TEP) a l’avantage d’être une imagerie fonctionnelle et non plus seulement descriptive, couplée à une tomographie (TEP-scan). Ses avantages sont certains. Néanmoins, cet examen est coûteux, peu disponible, et doit donc être prescrit dans certaines indications : certaines ne seront pas traitées ici, comme le bilan d’une récidive ou de métastases, d’autres sont très spécifiques comme les cas d’élévation de l’ACE sans cause décelée par l’imagerie conventionnelle.

Élévation de l’ACE

Il n’est pas démontré que la surveillance, chez des malades opérés d’un cancer colorectal, par le dosage d’antigènes carcino-embryonnaires (ACE) améliore la survie. Néanmoins, lorsque ce marqueur est élevé, l’imagerie conventionnelle est parfois incapable d’identifier le site de récidive. Dans cette indication précise, il a été rapporté que la TEP permettait de localiser une récidive avec une sensibilité de 79 % [22]. Ces résultats imposent de réévaluer l’apport de la surveillance par dosage de l’ACE chez des malades opérés d’un cancer colorectal.

Sites difficilement explorables : un apport limité de la TEP

Le caractère tumoral d’une adénopathie est suspecté par l’imagerie conventionnelle sur des critères dimensionnels (> 1 cm) et morphologiques (sphéricité), critères le plus souvent approximatifs et donc peu fiables. Lai et al., dans une série de 34 malades sélectionnés pour la chirurgie de métastases hépatiques ont noté que 6 d’entre eux avaient des métastases ganglionnaires latéro-aortiques identifiées par la TEP et faisant récuser la chirurgie [23]. De la même façon, des résultats encourageants ont été rapportés pour la détection de carcinose péritonéale, mais ne sont pas confirmés par les séries comportant des explorations chirurgicales [24, 25].

TEP-scan et résécabilité limite : une pratique qui se généralise

Les progrès des techniques chirurgicales et de la chimiothérapie permettent d’envisager des résections chez un nombre croissant de malades ayant des récidives ou des métastases hépatiques, pulmonaires ou péritonéales. Tous ces cas de « chirurgie limite » nécessitent des explorations préopératoires les plus sensibles possibles afin d’éviter des interventions inutiles. Fong et al., dans une étude prospective portant sur 40 malades ayant des métastases hépatiques, ont montré que la TEP modifiait l’attitude thérapeutique dans 40 % des cas [26]. Une difficulté est représentée par les faux positifs, susceptibles de contre-indiquer la chirurgie d’exérèse chez des malades résécables. Le risque de sur-stadification dans des études récentes était de 5 et 6 %, du fait de foyers d’hyperfixation liés à d’anciens foyers infectieux [27, 28].

Au total, la TEP et maintenant le TEP-scan sont devenus indispensables lorsque la situation et la chirurgie sont inhabituelles. Par contre, une évaluation préopératoire d’une tumeur primitive simple ou une surveillance par cet examen, si elles sont possibles, ne sont pas encore validées.

La chirurgie de la carcinose associée à la chimiothérapie peropératoire : enfin validée, mais pour quels malades ?

Depuis 2003, la chirurgie de la carcinose péritonéale a été validée par une étude prospective randomisée réalisée en Hollande [29]. Cette étude a randomisé, en cas de carcinose d’origine colique prouvée histologiquement, 104 patients entre un traitement de référence par chimiothérapie de type LV 5-fluorouracile versus un traitement de chirurgie d’exérèse associé à une chimio-hyperthermie intrapéritonéale (CHIP) par mitomycine suivi d’une chimiothérapie systémique identique. Les courbes de survie sont rapportées sur la ( figure 1 ) et sont statistiquement significatives. En France, une étude de phase II réalisant pour des carcinoses d’origine colorectale une exérèse complète macroscopique (R1) puis une CHIP par oxaliplatine a permis d’obtenir des chiffres de survie encore plus élevés pour des malades très sélectionnés [30]( (figure 2) ). Le tableau 2( Tableau 2 ) essaye de définir les meilleurs critères cliniques pour réaliser ce type de prise en charge. Ces critères sont importants puisqu’ils doivent conduire auprés de patients jeunes chez qui on découvre une carcinose péritonéale non connue en préopératoire, donc le plus souvent limitée et extirpable, à surseoir à la résection chirurgicale. En effet, lorsque la barrière péritonéale est intacte, n’a pas été ouverte par la chirurgie ou la carcinose, les probabilités de succès de la CHIP sont plus grandes et la mortalité bien moindre.

Au total, les indications du traitement des carcinoses péritonéales sont maintenant connues et devraient induire de nouvelles attitudes thérapeutiques chez les chirurgiens ou les oncologues, référant les patients soit sans exérèse chirurgicale, soit alors que la carcinose est contrôlée par la chimiothérapie, avant un éventuel échappement [31].
Tableau 2 À quels patients proposer une chirurgie de carcinose péritonéale puis une chimio-hyperthermie intrapéritonéale ?

Données cliniques

Cancers colorectaux

Détails

Age

Age physiologique ≤ 65 ans

70 ans pour certaines équipes

Bilan d’extension

  • Pas de localisations
  • extra-péritonéales


Sauf 1-2 métastases hépatiques ?

Transit

Pas d’occlusion

Sauf si évolution favorable ?

Ascite

Pas d’ascite

En particulier se majorant sous chimiothérapie

Gravité de la carcinose

Carcinose modérée

Si description sur CRO, TR, TDM peu pathologique

Histoire de la maladie

Une maladie : chimiosensible

Y compris sur les marqueurs

Ganglion sentinelle : un concept applicable au côlon, mais pour des objectifs précis

L’intérêt d’une détection du ganglion sentinelle (GS) dans la prise en charge des CCR est un sujet toujours débattu. Le GS pourrait apporter trois types d’information.

Certains auteurs ont proposé de réorienter le curage en peropératoire par la réalisation d’une cartographie lymphatique ( (figure 3) ). Dans l’étude multicentrique de Saha et al., un drainage lymphatique aberrant a été rapporté chez 5 % des patients (11 cas sur 198) [32]. Cette utilisation peut voir son intérêt souligné en cas d’antécédents de chirurgie colique limitant les possibilités de conservation digestive à deux uniques pédicules vasculaires [33].

La démarche la plus fréquente a été de chercher, comme pour les cancers du sein, à éviter une analyse de toute la pièce opératoire en utilisant la seule information du GS. Dans ce type de démarche, la sensibilité et la spécificité sont les éléments majeurs. Pour certains, une cellule circulante positive en immuno-histochimie ou un signal en RT-PCR a été jugé comme un GS positif ce qui a conduit certains auteurs à défendre la technique comme informative [34]. Par contre, si on ne retient que la présence de cellules tumorales en histologie conventionnelle, la seule analyse du GS ne permet pas de se passer de l’analyse du GS car les faux négatifs sont très fréquents [35]. Le concept le plus innovant consiste à mettre en évidence des micrométastases en réalisant des coupes multiples du GS en histologie conventionnelle qui, comme elles, ne font pas appel à une technique inhabituelle (ce qui est le cas des métastases occultes détectées seulement par l’immuno-histochimie) et permettent « d’up grader » le stade histopronostique II en stade III (selon la classification UICC), et ce pour près de 10 % des cas selon les études, y compris en technique ex vivo [36].

Au total, la technique du GS doit permettre la découverte de micrométastases pour 10 % des cancers de stade II. Par contre, cette technique a un fort taux de faux négatifs et ne permet pas de se passer de l’analyse de toute la pièce opératoire.

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