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Traitement du carcinome hépatocellulaire : quelle place pour la chimiothérapie systémique en 2007 ?


Hépato-Gastro. Volume 14, Numéro 1, 37-46, Janvier-Février 2007, Mini-revue

DOI : 10.1684/hpg.2007.0035

Résumé  

Auteur(s) : Xavier Adhoute, Victor de Lédinghen , Service d’Hépato-Gastroentérologie, Hôpital Haut-Lévêque, 33604 Pessac Cedex.

Résumé : Malgré un meilleur dépistage des hépatites et un meilleur suivi des malades cirrhotiques, moins de 20 % des patients porteurs de carcinome hépatocellulaire (CHC) sont accessibles à un traitement potentiellement curatif (chirurgie ou radiofréquence). La chimioembolisation et l’injection intra-artérielle de lipiodol radiomarqué, seuls traitements palliatifs ayant montré une amélioration de la survie, sont des procédures invasives et s’adressent à un nombre limité de patients. La chimiothérapie systémique des CHC était représentée encore récemment par la doxorubicine et le cisplatine, médicaments potentiellement à risque chez le malade cirrhotique. Les taux de réponse ne dépassaient pas 20 %. Parmi les nouveaux cytostatiques (gemcitabine, taxanes, irinotécan, oxaliplatine, dérivés oraux du 5-Fu), aucun n’a montré une amélioration significative des résultats, y compris en association. Les polychimiothérapies à base de cisplatine et d’anthracycline sont toxiques, et ne peuvent être utilisées en pratique courante, même si des réponses complètes ou des résections secondaires ont pu être observées. L’utilisation de thérapies ciblées (anti-EGFR, inhibiteurs de tyrosine kinase, anti-angiogéniques), testées avec succès dans d’autres tumeurs digestives, paraît logique dans le CHC, vu la multiplicité des voies dérégulées. Les études précliniques ont montré une action antitumorale et une potentialisation de l’activité des cytostatiques. A ce jour, aucune chimiothérapie systémique n’a montré son efficacité au cours du CHC. Les études prospectives en cours avec les thérapies ciblées pourraient modifier la prise en charge thérapeutique palliative des CHC.

Mots-clés : carcinome hépatocellulaire, chimiothérapie, thérapie ciblée, récepteur de growth factor

ARTICLE

Auteur(s) : Xavier Adhoute, Victor de Lédinghen

Service d’Hépato-Gastroentérologie, Hôpital Haut-Lévêque, 33604 Pessac Cedex

Les tumeurs malignes primitives du foie sont dans la grande majorité des cas des carcinomes hépatocellulaires (CHC). Plus de 500 000 personnes à travers le monde sont atteintes chaque année par cette affection [1]. Exceptés les stades précoces, le CHC se caractérise par un pronostic sombre avec une survie à 5 ans inférieure à 5 %. Cette tumeur se développe dans plus de 80 % des cas sur un foie de cirrhose ou d’hépatopathie chronique, dont les principaux facteurs de risque sont les infections virales B et C et la consommation excessive d’alcool. Le CHC est la principale cause de décès des patients ayant une cirrhose compensée. Particulièrement présent en Chine et en Afrique subsaharienne où l’infection virale B est endémique, son épidémiologie s’est modifiée ces dernières années avec une augmentation de son incidence. Entre 1985 et 1998, le nombre annuel de CHC aux États-Unis a été multiplié par deux. Les hommes sont majoritairement atteints (80 % des cas) avec un diagnostic porté en moyenne à l’âge de 65 ans. Cette progression s’explique par un allongement de la durée de vie des malades cirrhotiques, un meilleur dépistage des hépatites C et par une incidence accrue des hépatopathies dysmétaboliques (NASH : non alcoholic steatohepatitis) [2]. Les estimations épidémiologiques concluent à une incidence maximale de survenue des CHC entre les années 2010 et 2020.Malheureusement, moins de 20 % des patients sont accessibles à un traitement potentiellement curatif par chirurgie (résection ou transplantation) ou par destruction tumorale percutanée (radiofréquence, alcoolisation, injection d’acide acétique) [3]. Et ces gestes, en dehors de la greffe hépatique, comportent un risque élevé de récidive estimée à plus de 50 % à cinq ans, première cause de décès chez ces patients, avec une rechute essentiellement intra-hépatique. Pour une majorité d’entre eux, l’extension tumorale et la fonction hépatique contre-indiquent une telle approche. Les multiples alternatives thérapeutiques proposées se sont révélées jusqu’à présent décevantes, hormis la chimioembolisation lipiodolée qui a montré, dans deux études comparatives européennes et asiatiques, une amélioration de la survie par rapport à un traitement symptomatique [4, 5]. Mais il s’agit d’une procédure invasive, réservée à des patients sélectionnés, sans thrombose de la veine porte principale, sans fistule artérioveineuse, sans maladie extra-hépatique.Les objectifs d’une chimiothérapie systémique pour les patients porteurs d’un CHC évolué sont d’améliorer leur qualité de vie et d’allonger leur survie, tout en préservant la fonction hépatique grâce à des protocoles peu toxiques.

Chimiothérapie systémique

Généralités

La plupart des publications portent sur des séries rétrospectives de faibles effectifs ou sur des essais non comparatifs, ce qui limite leur valeur. On remarque également que les populations sont souvent différentes notamment en ce qui concerne l’étiologie de l’hépatopathie, l’existence d’une cirrhose, la proportion de patients prétraités. Une des données essentielles à prendre en compte en matière de chimiothérapie des CHC est la gravité de la cirrhose sous-jacente qui conditionne la tolérance des cytostatiques, une insuffisance hépatique pouvant exposer les patients à une toxicité accrue. L’hypertension portale, parfois compliquée d’une pancytopénie et d’une insuffisance rénale fonctionnelle, restreint également l’utilisation de telles drogues. Les classifications les plus récentes du CHC (CLIP, BCLC) soulignent l’importance de ce paramètre en associant à l’extension tumorale, la fonction hépatique pour préciser le pronostic et orienter la décision thérapeutique. La chimiothérapie systémique des CHC était représentée il y a encore peu par les anthracyclines et le cisplatine, d’utilisation particulièrement délicate chez le cirrhotique. Mais l’arrivée de nouveaux cytostatiques testés avec succès dans d’autres cancers digestifs a relancé cette approche.

Le CHC étant une tumeur peu chimiosensible, les résultats obtenus avec des monochimiothérapies et les polychimiothérapies sont peu concluants (tableaux 1, 2( Tableau 1 )( Tableau 2 )). Les taux de réponse ne dépassent pas 20 % et aucun agent n’a montré de bénéfice réel sur la survie dans une étude de phase III. Cette chimiorésistance est en partie liée à la présence de glycoprotéines membranaires (Pgp-170), produits des gènes MDR-1 (multidrug resistance) [6], capables d’expulser hors de la cellule les agents anticancéreux d’origine naturelle (anthracyclines, épipodophyllotoxines).
Tableau 1 Monochimiothérapies systémiques dans le carcinome hépatocellulaire.

Auteurs

Cytotoxique

Nombre de patients

RO (%)

Lai 1988

Adriamycine

75

5

Falkson 1987

Cisplatine

35

17

Rougier 1997

Tomudex

26

0

Chao 1998

Paclitaxel

20

0

Stuart 1999

Nolatrexed

28

8

Pohl 2001

Epirubicine

44

9

Yang 2000

Gemcitabine

28

18

O’Reilly 2000

Irinotécan

14

7

Llovet 2001

Eniluracil + 5-Fu oral

45

0

Fuchs 2002

Gemcitabine

30

0

Boige 2005

Irinotécan

29

0

Valle 2005

Adriamycine liposomale

16

0

Hebbar 2006

Docétaxel

15

7


Tableau 2 Polychimiothérapies systémiques dans le carcinome hépatocellulaire.

Auteurs

Cytotoxiques

Nombre de patients

RO (%)

Cheng 1995

VP-16 + tamoxifène

33

24

Bobbio-Pallavicini 1997

Epirubicine + VP-16

36

39

Yang 2002

Gemcitabine + doxorubicine

34

12

Leung 2002

Cisplatine + adriamycine + 5-Fu + interféron α

149

17

Boucher 2002

Epirubicine + cisplatine + 5-Fu continu

21

14,5

Taïeb 2003

Gemcitabine + oxaliplatine

21

19

Yang 2003

Cisplatine + mitoxantrone + 5-Fu continu

63

24

Lee 2004

Doxorubicine + cisplatine

42

19

Ikeda 2005

Cisplatine + mitoxantrone + 5-Fu cont

51

27

Kim 2005

Epirubicine + cisplatine + UFT + lévovorine

53

17

Boige 2005

Capécitabine + oxaliplatine

50

8

Parikh 2005

Gemcitabine + cisplatine

30

20

Park 2006

Adriamycine + cisplatine + capécitabine

29

24

Zhu 2006

Gemcitabine + oxaliplatine + bevacizumab

32

20

Anthracyclines et principales associations

La doxorubicine, longtemps considérée comme un agent efficace dans cette pathologie, est l’une des drogues les plus étudiées. Dans les essais de phase II publiés dans les années 1970-1980, on a observé des taux de réponses supérieurs à 25 %, mais ces résultats n’ont pas été confirmés dans des séries plus récentes. Dans une étude randomisée de Cho Lai et al., l’administration de 60 à 75 mg/m2 d’adriamycine toutes les trois semaines à 60 patients porteurs d’un CHC inopérable n’améliorait pas la survie par rapport à un groupe contrôle sans traitement, et le taux de réponse était inférieur à 5 % [7]. Dans un essai randomisé publié par la même équipe réalisé chez 75 patients comparant un traitement par Interféron α à des perfusions de doxorubicine, la survie était similaire mais le taux de réponse était supérieur et la toxicité moindre avec l’interféron [8]. Dans une étude comparative de Llovet et al., réalisée chez 58 malades atteints de CHC inopérables, l’administration d’interféron α durant un an n’améliorait pas la survie par rapport à un traitement symptomatique. Diverses stratégies testées pour surmonter la chimiorésistance du CHC, comme l’utilisation de tamoxifène (capable de diminuer l’activité de la glycoprotéine Pgp-170 lors d’études précliniques) ou d’anthracyclines liposomales, n’ont pas apporté de gain. Malgré un profil de tolérance favorable, il n’y avait pas de réponse dans deux essais de phase II de faibles effectifs utilisant la doxorubicine liposomale à des posologies de 30 à 50 mg/m2 toutes les trois à quatre semaines [9, 10].

Dans un essai de phase II de Yang et al., utilisant l’association adriamycine–gemcitabine, on observait un taux de réponse de 11,8 %. Les survies médiane et sans progression étaient respectivement de 4,6 et 2,5 mois. Plus de 50 % des patients avaient une toxicité hématologique grade III/IV [11]. La même combinaison avec une anthracycline liposomale n’apportait pas de bénéfice.

L’épirubicine, utilisée en monothérapie dans des études rétrospectives ou de phase II, n’a pas montré d’activité supérieure à la doxorubicine. Le taux de réponse ne dépassait pas 10 % dans une série rétrospective de Pohl et al. réalisée chez 52 patients traités par des perfusions hebdomadaires de 20 mg/m2[12]. Dans une étude italienne testant l’association épirubicine (40 mg/m2, à J1–J28)–vépéside (120 mg/m2 à J1, J3, J5), le taux de réponse s’élevait à 39 % et 31 % des patients avaient une maladie jugée stable, après en moyenne sept cycles. La médiane de survie était de 10 mois et de 13 mois dans le sous-groupe des répondeurs. Mais plus de deux tiers des malades étaient porteurs d’un CHC Okuda I/II. Cette combinaison n’a pas fait l’objet d’une étude de phase III [13].

Fluoropyrimidines et principales associations

Au cours du CHC, le 5-fluoro-uracile a une activité modeste. Les taux de réponse varient de 7 % à 28 % lors d’essais de phase II utilisant le 5-Fu en bolus modulé par l’acide folinique [14, 15], schémas désormais dépassés. En raison d’une demi-vie courte et d’une cytotoxicité prédominant durant la phase S, l’administration du 5-Fu en perfusion continue s’est imposée. En contrepartie, elle nécessite la pose d’un site implantable à risque chez le malade cirrhotique exposé aux infections et aux troubles de la coagulation. Les dérivés oraux du 5-Fu permettent d’éviter ces complications. L’association 5-Fu oral-éniluracil (qui est un inhibiteur de la DPD (dihydropyrimidine déshydrogénase : enzyme dégradant le 5-Fu) dont l’activité est élevée dans le CHC) ne permettait pas d’obtenir de réponse tumorale dans deux essais incluant 36 et 46 patients atteints de CHC inopérables, mais seulement une stabilité de la maladie chez respectivement 25 % et 40 % d’entre eux [16, 17]. Toutefois, dans une étude de phase II de 48 malades évaluant un traitement par UFT (association uracil-tégafur [inhibiteur de la DPD]), il existait une amélioration significative de la survie dans le groupe UFT par rapport à un bras contrôle sans traitement (12 mois versus 6 mois, p < 0,01) [18]. Ces résultats n’ont pas été confirmés.

Autre dérivé oral du 5-Fu, la capécitabine, directement absorbée par la muqueuse intestinale, subit 3 étapes métaboliques avant sa conversion en 5-Fu par la thymidine phosphorylase, enzyme ayant une activité préférentiellement dans les tissus tumoraux. Ce métabolisme sélectif intratumoral permet de limiter sa toxicité. Les données concernant la capécitabine dans le CHC sont limitées. Le taux de réponse était de 11 % dans une étude réalisée chez 37 malades traités par 2 000 mg/m2/jour deux semaines sur trois. La toxicité était essentiellement marquée par un syndrome mains-pieds modéré [19]. Vu le bon profil de tolérance, mais la faible efficacité, les auteurs préconisent de tester les dérivés oraux en association à d’autres cytotoxiques.

Parmi les autres antimétabolites, deux inhibiteurs de la thymidylate synthase, appartenant à la classe des antifolates, ont fait l’objet d’essais de phase II dans le CHC avancé. Dans une étude de Stuart et al., incluant 28 patients traités une perfusion continue de nolatrexed, le taux de réponse était de 8 %. La médiane de survie globale était de 7 mois [20]. Dans une seconde étude randomisée de Mok et al., réalisée chez 54 malades traités soit par une perfusion continue de nolatrexed soit par 60 mg/m2 d’adriamycine, Il n’y avait pas de réponse. La médiane de survie était d’environ 4 mois [21]. Concernant le raltitrexed, aucune réponse tumorale n’était visible dans un essai de Rougier et al. [22] réalisé chez 26 patients.

Sels de platine et principales associations

Cisplatine

Ce cytostatique est surtout employé par voie intra-artérielle ou au sein de polychimiothérapies systémiques. Dans une étude de phase II réalisée chez 28 patients porteurs de CHC inopérables traités par 80 mg/m2 toutes les quatre semaines, le taux de réponse était de 15 % [23]. Les résultats étaient similaires dans une série de 35 patients menée par Falkson et al. avec 17 % de réponse. Un traitement par cisplatine (60 mg/m2)–doxorubicine (60 mg/m2) toutes les quatre semaines n’améliorait pas le taux de réponse (19 %) dans une série de 42 malades atteints de CHC métastatiques [24]. Dans un essai de phase III testant l’association cisplatine interféron α chez 30 patients atteints de CHC inopérables, la survie était améliorée par rapport à un groupe sans traitement (8 mois versus 3 mois, p = 0,001), malgré un taux de réponse de 13 % [25]. Ces résultats n’ont pas été confirmés. Un traitement évaluant l’administration prolongée de faibles doses de cisplatine (3 mg/m2/jour J1 à J5) et de 5-Fu (170 mg/m2/jour J1 à J7) chez 37 patients permettait d’obtenir 47 % de réponse. Le temps jusqu’à progression était d’environ 7 mois [26]. Ces données doivent être confirmées dans un essai de phase III.

Oxaliplatine

Ce sel de platine de 3e génération possède un large spectre antitumoral, différent du cisplatine, une résistance croisée limitée avec ce dernier et une synergie d’action avec divers cytostatiques (5-Fu, cisplatine, irinotécan, gemcitabine). Il n’est pas néphrotoxique mais présente une neurotoxicité sensitive limitante. Dans les études disponibles concernant le CHC, l’oxaliplatine a été testé en association. Dans une étude pilote de Taïeb et al., 21 patients (dont 18 au stade de cirrhose) porteurs d’un CHC évolué, prétraité dans 76 % des cas, ont reçu des perfusions de gemcitabine puis d’oxaliplatine toutes les deux semaines. En moyenne, sept cures ont été effectuées. Le taux de réponse était de 19 % et 48 % avaient une maladie stabilisée. Les survies globale et sans progression étaient respectivement de 12 et 5 mois. La toxicité essentiellement hématologique était moins marquée avec un schéma d’administration sur deux jours (Gemox 1 : 1 000 mg/m2 à J1 puis 100 mg/m2 à J2) [27]. Cette association, selon les mêmes modalités, a fait l’objet d’un essai de phase II réalisé chez 34 malades non prétraités. Le taux de réponse était comparable (5 réponses objectives (RO) sur 32 patients évaluables), de même que la médiane de survie globale (12,9 mois). Le taux de contrôle de la maladie était de 77 %. On observait 27 % de thrombopénie et 24 % de neutropénie de grade III/IV.

Dans un essai de phase I, la combinaison 5-Fu continu–oxaliplatine testée chez 31 patients était bien tolérée (pas de toxicité grade IV), avec des résultats prometteurs concernant l’efficacité (29 % de RO). Ils n’ont pas été confirmés. La réponse tumorale était inférieure à 10 % (3 RO sur 39 évaluables) avec un traitement par capécitabine (1 000 mg/m2, J1 à J14), oxaliplatine (130 mg/m2, J1-J21), réalisé chez 50 malades ayant un CHC inopérable sur cirrhose. Le taux de contrôle de la maladie était de 64 %. Six cycles en moyenne étaient effectués. Les survies globales et sans progression étaient respectivement de 9,3 et 4,8 mois. Il y a eu deux décès toxiques dont un compliquant une neutropénie fébrile [28].

Taxanes

Peu d’études cliniques sont disponibles, et malgré des résultats préliminaires intéressants sur des lignées cellulaires de CHC, on observait une seule réponse dans une série de 15 patients traités par 75 à 100 mg/m2 de docétaxel toutes les trois semaines et une toxicité hématologique marquée [29]. Il n’y avait pas de réponse dans un essai de phase II, réalisé chez 20 patients porteurs d’un CHC inopérable, traités par 175 mg/m2 de paclitaxel toutes les trois semaines. La survie médiane était de 3 mois et on notait deux décès liés au traitement [30]. L’administration hebdomadaire de paclitaxel, habituellement mieux tolérée, n’a fait l’objet qu’une étude de phase I. La posologie recommandée pour une phase II, était de 90 mg/m2. On observait une réponse partielle parmi les 16 patients inclus [31]. La faible activité et un métabolisme hépatique sont autant de difficultés à l’utilisation des taxanes dans cette pathologie.

Inhibiteurs de topoisomérases

L’irinotécan est un dérivé semi-synthétique de la camptothécine. Il agit comme inhibiteur spécifique de l’ADN topoisomérase 1. Il est métabolisé par la carboxylestérase dans la plupart des tissus en un dérivé actif : le SN-38. L’irinotécan possède un large spectre antitumoral expérimental, sa cytotoxicité a été démontrée sur des lignées cellulaires de CHC. Il est actif sur des tumeurs surexprimant la P-glycoprotéine issue des gènes MDR (multidrug resistance). En raison d’une excrétion en partie hépato-biliaire, l’utilisation d’irinotécan dans un contexte de cirrhose doit être prudente. Une élévation modérée du taux de bilirubine était un facteur de risque de myélosuppression dans une série de 287 malades porteurs d’un cancer colorectal recevant de l’irinotécan. Toutefois, cette toxicité se limitait aux patients traités selon un schéma hebdomadaire, et le taux de bilirubine n’influait pas sur les autres effets indésirables et sur l’efficacité du traitement [32]. Peu de données sont disponibles sur l’irinotécan dans le traitement du CHC. Dans un essai de phase II de O’Reilly et al. incluant 14 patients traités par des perfusions hebdomadaires de 125 mg/m2 d’irinotécan quatre semaines sur six, on observait une importante toxicité avec 43 % de neutropénie grade III et 50 % de diarrhée grade II/III. Une réduction de dose était nécessaire chez tous les patients. On n’observait qu’une seule RO. La médiane de survie était de 8 mois [33]. Dans un essai de Boige et al., l’administration de 350 ou 200 mg/m2 d’irinotécan (en fonction du taux de bilirubine) toutes les trois semaines jusqu’à progression à 29 patients, n’améliorait pas les résultats avec une seule réponse tumorale. Le temps jusqu’à progression était de 3,1 mois et la médiane de survie de 7,4 mois. La toxicité était essentiellement hématologique et digestive avec 57 % de neutropénie et 22 % de diarrhée grade III/IV [34].

L’index thérapeutique de l’irinotécan peut être mieux précisé par une évaluation de l’activité de l’UGT1A1 (UDP–glucuronosyltransférase 1A1), enzyme polymorphe transformant le SN-38 en un métabolite inactif : le SN-38-G (glucuroconjugué). Les personnes ayant un déficit de la glucuroconjugaison (syndrome de Gilbert), traités par irinotécan, sont exposées à une toxicité sévère.

L’étoposide, inhibiteur spécifique de l’ADN topoisomérase II, a montré un effet antitumoral limité dans le CHC avec un taux de réponse inférieur à 20 %. En raison d’une activité essentiellement en phase G2, Cheng et al. ont testé l’administration quotidienne de 50 mg/m2 d’étoposide, trois semaines sur cinq, associés à 40 mg/j de tamoxifène pour moduler la chimiorésistance. Les 33 patients principalement atteints de cirrhose virale B ont reçu en moyenne trois cycles. Le taux de réponse était de 24 %. La médiane de survie était de 8 mois chez les répondeurs et de 3 mois chez les non-répondeurs. Le profil de tolérance était favorable [35]. Ces données n’ont pas été confirmées.

Analogues nucléosidiques et principales associations

La gemcitabine a un effet antitumoral sur des lignées cellulaires de CHC et n’est pas inactivée par les tumeurs exprimant les gènes MDR. Dans un essai de phase II de Yang et al., réalisé chez 28 patients porteurs de CHC inopérables, traités par une perfusion hebdomadaire de 1 250 mg/m2 trois semaines sur quatre, on observait un taux de réponse de 18 % et 25 % de maladie stable. La médiane de survie globale était de 4,5 mois et de 8 mois chez les répondeurs. Le profil de tolérance était favorable avec 10 % de toxicité hématologique grade III/IV [36]. Ces premiers résultats n’ont pas été confirmés dans les études suivantes. Dans une série de Fuchs et al., incluant 30 patients traités par une perfusion hebdomadaire de 1 000 mg/m2 de gemcitabine, trois semaines sur quatre jusqu’à progression, aucune réponse n’a été obtenue. La médiane de survie globale était de 6,9 mois et le temps jusqu’à progression de 2,1 mois. La toxicité était essentiellement hématologique avec 47 % de neutropénies grade III/IV [37].

Dans une étude de Parikh et al., réalisée chez 30 patients, traités par une association gemcitabine (1 250 mg/m2, J1 à J8) cisplatine (70 mg/m2, J1 à J21), le taux de réponse était de 20 % et 43 % avaient une maladie stable. Le temps jusqu’à progression était de 18 semaines et la survie médiane de 21 semaines. La toxicité était essentiellement hématologique avec respectivement 13 % et 7 % de neutropénie et de thrombopénie grade III/IV [38].

Polychimiothérapies

De nombreuses associations ont été testées essentiellement dans des études de phase II, parfois avec certains résultats en termes de réponse, mais au prix d’une toxicité marquée. De tels schémas sont difficilement envisageables dans une perspective palliative. Le 5-Fu et le cisplatine sont fréquemment utilisés en association à un autre cytostatique. Le taux de réponse était de 24 % dans un essai de Yang et al., avec une polychimiothérapie (FMP) par cisplatine (80 mg/m2, J1), mitoxantrone (6 mg/m2, J1), 5-Fu continu (450 mg/m2, J1 à J5), avec un faible impact sur la survie évaluée à 4,9 mois [39]. La même combinaison (FMP) permettait d’obtenir 27 % de réponse dans un essai de Ikeda et al., réalisés chez 51 patients (inclus de 1993 à 2003) atteints d’un CHC métastatique, essentiellement pulmonaire et ganglionnaire. Les survies médiane et sans progression étaient respectivement de 11,6 mois et de 4 mois. Deux cycles en moyenne étaient effectués sur les six programmés. La toxicité était surtout hématologique avec 67 % de leucopénie grade III/IV et un décès toxique dans un contexte de neutropénie fébrile. Dans cette série, deux malades ont pu être secondairement opérés [40].

Le taux de réponse ne dépassait pas 17 % avec la combinaison cisplatine, doxorubicine, 5-Fu, interféron α (PIAF) dans une série rétrospective de Leung et al. incluant 149 malades. La survie médiane était d’environ huit mois. Trois patients avaient une réponse radiologique complète et seize patients ont pu être opérés secondairement avec une réponse histologique complète pour huit d’entre eux [41]. On observait 26 % de réponse avec cette combinaison dans une étude préliminaire réalisée chez 50 malades, mais au prix également d’une toxicité marquée avec 2 décès dans un contexte d’aplasie fébrile. Neuf résections secondaires ont été pratiquées, avec une réponse histologique dans quatre cas. Dans un essai de phase III publié en 2005, la même équipe comparait le régime PIAF à une monothérapie par doxorubicine. Malgré un meilleur taux de réponse dans le bras combiné (20 % versus 10 %), la survie médiane était comparable (8,6 mois versus 6,8 mois, p = 0,83) [42]. La combinaison capécitabine (2 000 mg/m2/jour, J1 à J14), cisplatine (60 mg/m2, J1 à J21), doxorubicine (60 mg/m2, J1) testée chez 29 patients atteints de CHC métastatiques donnait des résultats comparables avec un taux de réponse de 24 % et une survie médiane de 7,7 mois [43].

Au total, les résultats de la chimiothérapie systémique dans le CHC sont décevants. Les drogues les plus récentes, utilisées avec succès dans d’autres tumeurs digestives, n’apportent pas de bénéfice. Aucune chimiothérapie seule ou en association ne peut être recommandée en 2006, hors essai clinique.

Thérapies ciblées

Les progrès techniques permettent une meilleure compréhension du processus de cancérogenèse avec comme répercussion, d’autres options thérapeutiques qui ciblent les mécanismes impliqués. Parmi ces mécanismes figurent le récepteur de l’EGF (epidermal growth factor) et l’angiogenèse.

Traitement anti-EGFR

L’EGFR appartient à la famille des récepteurs à activité tyrosine kinase HER (human epidermal growth factor receptor) qui sont au nombre de quatre : EGFR ou HER1, HER2, HER3, HER4. HER1 est une protéine trans-membranaire comportant un domaine extracellulaire de fixation de ligands, une région d’ancrage à travers la membrane et un domaine intracellulaire ayant une activité tyrosine kinase. L’activation de cette enzyme résulte d’une homodimérisation ou d’une hétérodimérisation de HER1 avec un autre récepteur HER après fixation d’un ligand, parmi lesquels figurent l’EGF et le TGF-α (transforming growth factor alpha). Ce processus active des voies de signalisation intracellulaire, notamment la voie des MAP kinases (mitogen-actived protein kinase) impliquée dans la prolifération cellulaire, la voie du phosphaditylinositol 3-kinase (PI3K), de l’Akt (PI3K/Akt) et la voie Stat 3 (signal transducer and activator of transcription at 3) impliquées dans l’inhibition de l’apoptose. Ces réactions sont la transduction du signal EGFR au niveau du noyau cellulaire. L’activation du récepteur HER1 déclenche des phénomènes biologiques multiples : différenciation et prolifération cellulaire, résistance à l’apoptose, stimulation de l’angiogenèse. Dans différentes tumeurs solides, ce récepteur est surexprimé ou muté, suggérant sa participation dans la carcinogénèse. Trois mutants de l’EGFR ont été décrits dans les cellules tumorales, en particulier le mutant EGFRvIII, activé en permanence. Cette surexpression a été corrélée à la progression tumorale, à un pronostic défavorable et à l’apparition d’une résistance à la chimiothérapie.

HER1 est fréquemment exprimé dans les carcinomes hépatocellulaires (environ 70 % des CHC) en particulier dans les formes peu différenciées. Il est associé à une récidive précoce de la maladie après traitement radical et sa présence est corrélée à l’apparition de métastases.

Deux catégories de thérapies ciblées visant à inhiber les récepteurs HER sont actuellement utilisées :

  • les inhibiteurs de tyrosine kinase qui bloquent l’activité enzymatique du domaine intracellulaire. Parmi les molécules disponibles figurent l’erlotinib (Tarceva®) et le gefitinib (Iressa®) testées en particulier dans les tumeurs ORL et le cancer bronchique dans des essais de phases III, en monothérapie ou en association avec la chimiothérapie ;
  • les anticorps monoclonaux qui se fixent avec une haute affinité au domaine extracellulaire et préviennent l’activation du récepteur et par conséquent les voies de transduction en aval. Deux anticorps sont employés en cancérologie : un anti-HER2, le trastuzumab (Herceptin®) utilisé dans les tumeurs mammaires, et un anti-HER1, le cétuximab (Erbitux®) utilisé dans le cancer colorectal métastatique et prochainement dans les cancers ORL.

Les médicaments anti-EGFR offrent de nouvelles perspectives pour le traitement du carcinome hépatocellulaire. Des taux élevés d’ARNm codants pour ce récepteur ont été mis en évidence dans plusieurs lignées cellulaires d’hépatocarcinomes (Hep-G2, Huh-7). Ce recepteur participe à la carcinogénèse hépatique : l’activation du récepteur HER1 par l’EGF ou le TGF-β (transforming growth factor β) favoriserait la prolifération des cellules tumorales. Dans une étude préclinique, Höpfner et al. ont montré une inhibition de la prolifération des lignées Hep-G2 et Huh-7 exposées au gefitinib, qui agirait par un arrêt du cycle en phase G1/G0 et une induction de l’apoptose [44]. L’administration simultanée ou séquentielle de gefitinib et de cisplatine s’accompagnait d’une augmentation de l’activité antitumorale du cytostatique sur la lignée d’hépatocarcinome H22 dans une étude de Bu-Dong Zhu et al. [45]. L’erlotinib diminuait également la croissance des lignées Hep-G2 et Huh-7 dans une étude de A. Huether et al. Il existait un arrêt du cycle cellulaire et une augmentation de l’activité de la caspase-3, dose et temps dépendants. On observait une synergie d’action ou un effet additionnel avec plusieurs cytostatiques (doxorubicine, docétaxel, SN-38). L’effet antiprolifératif de l’erlotinib persistait sur les lignées résistantes au cisplatine [46]. La même équipe a obtenu des résultats similaires (en particulier pour la lignée Hep-G2) avec le cétuximab qu’il soit utilisé en monothérapie, en association avec l’erlotinib ou bien avec de la chimiothérapie (Doxorubicine®) dont il augmente la cytotoxicité, démontrant une synergie antitumorale [47].

L’administration combinée d’agents anti-EGFR est une stratégie prometteuse. Dans une étude de Huang et al., testant l’association cétuximab–erlotinib ou cétuximab–gefitinib sur des lignées cellulaires de cancers bronchiques, ORL et prostatiques, on observait une augmentation de l’activité antitumorale en comparaison à une utilisation du cétuximab ou des anti-tyrosine kinases en monothérapie. L’association des anti-EGFR avait un impact négatif supplémentaire sur la prolifération cellulaire, sur la stimulation des voies de signalisation intracellulaires (MAPkinases, AKT) et elle accentuait l’apoptose [48]. La combinaison de plusieurs thérapies ciblées paraît logique. L’EGFR est un des modes d’activation des voies Ras-MAPkinases et PI3kinase/AKT, de même que le VEGFR (vascular endothelial growth factor receptor), le PDGFR (platelet derived growth factor receptor) ou le récepteur c-kit.

D’autres molécules en cours de développement ont cette capacité d’inhiber plusieurs voies. Le BAY 43-9006 (Sorafenib®) cible un facteur clé du signal intracellulaire, la protéine Raf (activée par Ras), ainsi que le VEGFR. Cet agent a montré une réponse partielle chez un patient porteur de CHC. Le ZD6474, un inhibiteur sélectif du récepteur VEGF-2, dans une étude préclinique de Giannelli et al., diminuait la prolifération de lignées de CHC ainsi que leurs capacités d’adhésion, d’invasion et de migration, en combinant une action anti-EGFR (diminution du signal p-Erk1/2).

Traitement antiangiogénique

La croissance tumorale est dépendante de l’angiogenèse. Le potentiel métastatique des tumeurs est corrélé à la densité de la vascularisation tumorale. Ce processus de néovascularisation est orchestré par une variété d’activateurs sécrétés par les cellules tumorales, des facteurs pro-angiogéniques qui sont principalement des ligands des récepteurs tyrosine kinase parmi lesquels le VEGF (vascular endothelial growth factor) et le b-FGF (basic fibroblast growth factor). Ces facteurs induisent la prolifération et la migration des cellules endothéliales, inhibent l’apoptose. et augmentent la perméabilité vasculaire. Le carcinome hépatocellulaire est une tumeur hypervascularisée et plusieurs arguments suggèrent un rôle du VEGF et du b-FGF dans la carcinogenèse hépatique :
  • des taux élevés d’ARNm codants pour ces facteurs ont fréquemment été mis en évidence au sein de pièces opératoires de CHC chez l’homme et dans plusieurs lignées cellulaires d’hépatocarcinomes (Hep-1, Hep-G2, Hep 3). La surexpression du VEGF (stimulée par une hypoxie au sein de la tumeur) serait corrélée à la progression de la maladie et l’extension métastatique [49, 50] ;
  • la présence de ces facteurs angiogéniques et de leurs récepteurs (Flt-1, Flk-1/KDR) a également été retrouvée au sein de nodules cirrhotiques non tumoraux, avec des taux croissants des nodules hyperplasiques jusqu’aux nodules de CHC, ce qui suggère un rôle majeur et précoce de l’angiogénèse dans la carcinogénèse hépatique.

Une molécule antiangiogénique pourrait exercer un effet inhibiteur sur la croissance tumorale ainsi qu’un rôle prophylactique sur l’ensemble du foie.

Le bevacizumab est un anticorps humanisé dirigé contre le VEGF, cytokine centrale pour le développement de la néovascularisation tumorale. Il a été testé avec succès dans plusieurs tumeurs solides, son efficacité est prouvée dans une étude de phase III dans le cancer colorectal métastatique en 1re ligne en association à la chimiothérapie. Les effets secondaires les plus couramment observés sont une hypertension artérielle, une protéinurie modérée, des céphalées. Sont également rapportées dans moins de 5 % des cas, des hémorragies, des complications thromboemboliques et des perforations digestives.

Le bevacizumab est un agent prometteur mais les données concernant le CHC sont limitées. Dans un essai de phase II réalisé chez 33 patients atteints d’un CHC inopérable, traités par une association gemcitabine (1 000 mg/m2), oxaliplatine (85 mg/m2), bevacizumab (10 mg/kg) toutes les deux semaines, le taux de réponse était de 20 % avec 27 % de maladie jugée stable. Les survies médiane et sans progression étaient respectivement de 9,6 et 5,3 mois. Les principales toxicités de grade III/IV étaient une HTA (30 %), une neutropénie (42 %), une cytolyse (33 %). On relevait un cas de perforation digestive.

Parmi les autres voies d’intérêt figurent le cycle cellulaire et les inhibiteurs du protéasome. Le bon déroulement du cycle cellulaire est assuré par des complexes Cycline/Cdk (cyclin dependant kinase) qui permettent le passage d’une phase à l’autre, et la réalisation des événements du cycle par le biais de l’activité kinase des Cdk. Ces protéines régulatrices sont fréquemment mutées dans le CHC ainsi que les molécules intervenant au point de surveillance du cycle notamment p53, qui normalement freine la prolifération en stimulant la synthèse d’un inhibiteur (p21) de Cycline/Cdk.

Le PS-341 est un inhibiteur du protéasome, complexe enzymatique ayant pour rôle de dégrader de nombreuses protéines dont certaines impliquées dans le signal apoptotique. Le PS-341 induit un arrêt du cycle cellulaire en phase G2 – M, il agit en favorisant l’apoptose par de multiples voies : accumulation de molécules inhibant le cycle cellulaire (p27, p21), activation des caspases et activation de p53. Un essai de phase I testant le PS-341 dans le CHC a montré un bon profil de tolérance.

Conclusion

A ce jour, aucun traitement par chimiothérapie systémique n’a été validé dans la prise en charge des CHC non accessibles à une résection chirurgicale ou une destruction par radiofréquence. L’utilisation et la tolérance des chimiothérapies systémiques sont conditionnées par la fonction hépatique, la plupart des CHC se développant sur un socle de cirrhose. Aucune chimiothérapie ne peut actuellement être recommandée hors essais thérapeutiques. Compte tenu des études précliniques et de la multiplicité des voies dérégulées dans cette pathologie, le ciblage du récepteur EGF, les inhibiteurs de tyrosine kinase, les inhibiteurs de l’angiogenèse offrent de nouvelles perspectives et vont être testés dans le carcinome hépato-cellulaire [51].

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