ARTICLE
Auteur(s) : Olivier
Bouché
Hépato-gastroentérologie, CHU Robert Debré, avenue du Général
Koenig, 51092 Reims Cedex
Observation
Un homme de 59 ans consultait pour une odynophagie haute. Chez
ce fumeur de pipe, on retenait dans les antécédents un cancer
labial superficiel traité par radiothérapie de contact 6 ans
auparavant, et un éthylisme sevré depuis 2 ans. L’état général
était bon et le poids stable. L’examen clinique était sans
particularité. L’endoscopie mettait en évidence une lésion
granuleuse, discrètement surélevée, s’étendant sur environ
2 cm2 entre 25 et 27 cm des arcades dentaires.
L’examen des biopsies montrait un carcinome épidermoïde bien
différencié in situ, mais le chorion n’était pas représenté.
L’examen ORL, l’échographie sus-claviculaire, l’endoscopie
trachéobronchique et la tomodensitométrie (TDM) thoraco-abdominale
étaient normaux. La tumeur n’était pas visible sur le transit
baryté œsophagien. Après avis cardiologique et pneumologique,
l’anesthésiste ne trouvait pas de contre-indication à une
anesthésie générale. L’échoendoscopie standard montrait au niveau
du tiers moyen de l’œsophage un simple épaississement de la
2e couche hypoéchogène, avec respect des autres
couches ; aucune adénopathie n’était retrouvée. Cette lésion
superficielle de type 0-IIa, selon la classification endoscopique
japonaise, était donc classée usT1N0 en échoendoscopie.
Question 1 : Quel(s) autre(s) examen (s) demandez-vous
avant de présenter le dossier de ce malade à votre réunion de
concertation pluridisciplinaire ? (choix multiple)
- 1. Endoscopie pour coloration vitale au Lugol
- 2. Thoraco-laparoscopie
- 3. Dosage de marqueurs tumoraux
- 4. Tomographie par émission de positons (TEP)
- 5. Échoendoscopie avec une sonde haute fréquence
(20-30 MHz)
Réponses : 1, 4, 5
Chez ce malade, il était important de préciser l’extension en
surface et en profondeur, qui sont des éléments déterminants pour
le choix thérapeutique.
De nombreuses études ont montré qu’une coloration vitale au
lugol améliorait le diagnostic endoscopique du cancer de
l’œsophage, en révélant des cancers superficiels et des dysplasies
sévères méconnus par l’endoscopie simple, et en précisant
l’extension en surface de cancer connu [1-3]. Bien que recommandée
dans le bilan de tous les cancers épidermoïdes [4], cette
coloration reste peu utilisée.
Le risque d’envahissement ganglionnaire est lié à l’infiltration
pariétale et seules les tumeurs ne dépassant pas la muqueuse ont un
risque d’atteinte ganglionnaire quasi nul ; ce risque devient
croissant en fonction de l’infiltration tumorale dans la
sous-muqueuse [5] (( figure 1 )). Seules
les sondes de très haute fréquence (20-30 MHz), objectivant 9
couches en dédoublant la 2e couche hypoéchogène en
muqueuse et musculaire muqueuse, permettent de différencier dans
plus de 60 % des cas les tumeurs limitées à la muqueuse des
tumeurs infiltrant la sous-muqueuse [6-8].
Chez ce malade, le bilan locorégional devait donc se faire en 2
étapes [4] : a) une première échoendoscopie utilisant un
transducteur standard indiquant la superficialité de la lésion sans
envahissement ganglionnaire (usT1N0) ; b) puis, dans un
2e temps, une échoendoscopie utilisant une sonde de
haute fréquence afin d’essayer de savoir si la lésion était
strictement muqueuse ou si elle infiltrait la sous-muqueuse.
La tomographie par émission de positons au
[18F]-fluorodéoxyglucose (TEP) est recommandée en
complément du scanner et de l’échoendoscopie, pour l’évaluation
préthérapeutique des statuts ganglionnaire et métastatique des
cancers de l’œsophage a priori considérés comme résécables [9, 10].
En permettant une meilleure prédiction préopératoire des tumeurs de
stade IV, cet examen peut éviter certaines chirurgies inutiles [9].
Les résultats d’une étude belge ont montré que la TEP était moins
performante que l’association échoendoscopie + TDM pour
l’évaluation de la tumeur primitive et des adénopathies
péritumorales, mais plus fiable pour la détection de métastases
ganglionnaires à distance [11]. La séquence TEP couplée à la TDM
puis échoendoscopie pourrait être la meilleure [12]. Le bilan par
thoraco-laparoscopie a été prouvé fiable [13], mais cet examen
invasif a été supplanté par la TEP. Aucun marqueur tumoral n’a
démontré son utilité dans le bilan ou la surveillance [14].
Suite de l’observation
Après coloration au lugol, on visualisait une zone non colorée à
contours irréguliers, débordant la lésion connue, quasiment
circonférentielle entre 24 et 29 cm des arcades
dentaires ; les biopsies en zone iodo-négative correspondaient
à des aspects de carcinome in situ ou micro-invasif. La TEP ne
montrait pas de fixation. L’examen échoendoscopique avec une sonde
de très haute fréquence 20 MHz suspectait une infiltration
profonde de la sous-muqueuse avec respect de la musculeuse.
Question 2 : Quel traitement proposez-vous à ce malade
classé usT1sm3N0 ? (1 réponse)
- 1. Mucosectomie endoscopique
- 2. Œsophagectomie chirurgicale
- 3. Œsophagectomie précédée de radiochimiothérapie
néo-adjuvante
- 4. Œsophagectomie précédée de chimiothérapie
néo-adjuvante
- 5. Association radiochimiothérapie exclusive
Réponse : 2
Chez ce malade opérable, l’œsophagectomie était le traitement à
privilégier, compte tenu d’un risque d’envahissement ganglionnaire
pouvant être estimé supérieur à 45 % [5] (( figure 1 )). Le
traitement chirurgical permet une résection complète et une étude
ganglionnaire exhaustive. Chez les malades opérables, la
mucosectomie n’est recommandée que pour les cancers superficiels
intramuqueux (usT1m), non ulcérés (type 0-I ou 0-II) et peu étendus
(diamètre inférieur à 2 cm) [4]. Cette recommandation est
basée sur les résultats d’une grande enquête rétrospective
japonaise [5]. Certains auteurs japonais élargissaient l’indication
de la mucosectomie aux tumeurs avec envahissement superficiel de la
sous-muqueuse (T1sm1), compte tenu des résultats d’études non
randomisées [15]. Dans les cas douteux, la résection muqueuse peut
cependant être employée à titre diagnostique, pour confirmer
histologiquement les données écho-endoscopiques [4].
L’utilité des radiochimiothérapies néo-adjuvantes n’est toujours
pas prouvée. Les deux plus grands essais randomisés concluent à des
taux de survie identiques entre chirurgie seule et chirurgie
précédée de radiochimiothérapie [16, 17]. Dans un essai, le taux
plus élevé de décès postopératoire après radiochimiothérapie a
peut-être gommé un bénéfice potentiel sur la survie [16]. La
prescription d’une radiochimiothérapie préopératoire n’est donc
licite que dans le cadre d’essais prospectifs ; l’essai
FFCD-EORTC 9901 est en cours. L’indication de la
chimiothérapie préopératoire reste controversée compte tenu des
résultats contradictoires des deux grands essais randomisés [18,
19]. L’étude du MRC a montré chez 802 malades inclus un bénéfice de
survie significatif (médiane 16,8 vs 13,3 mois) dans le bras
où la chirurgie avait été précédée d’une chimiothérapie par deux
cures de 5- fluoro-uracile (5FU) continu et cisplatine [18]. Le
bénéfice semblait plus important dans le sous-groupe des cancers
glandulaires. En revanche, l’essai américain était négatif mais
avec un effectif plus faible, une chimiothérapie plus intensive
(trois cures) et seulement 60 % des malades réséqués [19]. La
réalisation de 2 cures de chimiothérapie par 5FU-cisplatine est
devenue une option à discuter pour les cancers T2, notamment
glandulaires [4]. Pour les cancers localisés, la
radiochimiothérapie exclusive n’est qu’une alternative à discuter
chez les malades non opérables compte tenu de leur terrain, ou pour
les cancers haut situés nécessitant une intervention mutilante
(pharyngo-laryngectomie associée à l’œsophagectomie totale) [4]. En
revanche, pour les cancers localement évolués, deux études
randomisées sont en faveur d’une équivalence entre la
radiochimiothérapie exclusive et la radiochimiothérapie d’induction
suivie de chirurgie [20, 21].
Question 3 : Quel type de chirurgie recommandez-vous pour
ce malade ? (1 réponse)
- 1. Voie transthoracique droite et anastomose thoracique
(2 voies)
- 2. Voie transthoracique droite et anastomose cervicale
(3 voies)
- 3. Voie transhiatale et anastomose cervicale (2
voies)
- 4. Exérèse avec curage ganglionnaire étendu abdominal,
thoracique et cervical (3 champs)
- 5. Exérèse par laparo-thoracoscopie
Réponse : 2
Chez ce malade porteur d’un cancer du tiers moyen, la technique
chirurgicale standard à recommander était l’œsophagectomie en bloc
par voie transthoracique comportant une laparotomie et une
thoracotomie droite, avec anastomose au sommet du thorax
(Lewis-Santy, curage 2 champs) [4]. La voie transhiatale oblige à
une dissection médiastinale à l’aveugle et à une anastomose
cervicale plus à risque de fistule, mais avec un risque moindre de
complications cardiorespiratoires [22]. Malgré une tendance
favorable à la voie transthoracique, la survie à long terme n’est
pas significativement différente dans les essais randomisés [22,
23]. Certaines équipes ont rapporté une diminution des récidives
loco-régionales après curage étendu à trois champs (abdominal,
thoracique et cervical), mais au prix d’une augmentation de la
morbidité [24, 25]. Le seul essai randomisé disponible n’a pas
observé de différence significative en termes de récidive ou de
survie entre les deux types de curages [26]. L’utilité du curage
cervical n’est donc pas démontrée, mais l’examen d’au moins 6
ganglions médiastinaux (recommandations de l’UICC 1997), voire d’au
moins 15 ganglions d’après la Conférence de consensus de Munich de
1994 [27], est nécessaire à l’évaluation correcte du statut
ganglionnaire. Des techniques de dissection microchirurgicale à
l’aide d’un médiastinoscope [28] ou d’exérèse par laparoscopie
et/ou thoracoscopie [29] ont été développées mais les données sont
insuffisantes pour affirmer les avantages théoriques de ces
techniques mini-invasives sur la chirurgie ouverte classique.
Suite de l’observation
Compte tenu de l’étendue de cette lésion superficielle (5 cm)
et surtout de la probabilité d’extension sous-muqueuse profonde
(usT1sm3), l’unité de concertation pluridisciplinaire a proposé une
exérèse chirurgicale avec éventuelle radiochimiothérapie
préopératoire dans le cadre de l’essai FFCD-EORTC 9901. Après
information éclairée, le malade a refusé non seulement son
inclusion dans l’essai mais aussi un traitement chirurgical ou par
radiochimiothérapie exclusive ; il préférait expérimenter
un nouveau traitement endoscopique dont il avait eu connaissance
sur Internet. Après information sur les risques de perforation, de
sténose et de traitement incomplet, il acceptait le principe d’une
mucosectomie endoscopique. Après repérage par coloration au lugol,
une mucosectomie circulaire était réalisée sur une hauteur de
5 cm. L’analyse histologique de la pièce de résection montrait
une infiltration superficielle de la sous-muqueuse (pT1sm1).
L’apparition rapide d’une dysphagie révélait une sténose justifiant
une première séance de dilatation de 12 à 15 mm par ballon.
L’analyse de biopsies effectuées au pôle supérieur montrait des
lésions résiduelles de carcinome intra-épithélial. La dysphagie
récidivait rapidement, justifiant des séances de dilatation
itérative.
Question 4 : Quel traitement proposez-vous à ce malade
porteur d’une lésion classée pT1sm1NxM0 R1 et qui refuse toujours
le traitement chirurgical que vous lui aviez proposé ? (1
réponse)
- 1. Photothérapie dynamique
- 2. Endocuriethérapie
- 3. Radio-chimiothérapie
- 4. Radiothérapie
- 5. Mise en place d’une endoprothèse auto-expansive non
couverte
Réponse : 3 ou 4
Compte tenu d’un risque d’envahissement ganglionnaire pouvant être
estimé supérieur à 25 % [5], les traitements à visée locale
n’étaient pas indiqués [4]. Ces traitements (photothérapie
dynamique ou endocuriethérapie) sont en revanche une alternative à
la mucosectomie pour les cancers superficiels intramuqueux étendus
[30-32], mais avec l’inconvénient de l’absence d’analyse
histologique. L’association radiochimiothérapie a été démontrée
supérieure à la radiothérapie seule, mais dans une population avec
prédominance de cancers localement avancés [33, 34]. Des auteurs
ont confirmé dans un essai de phase II l’efficacité de
l’association radiochimiothérapie dans les stades I non traitables
par mucosectomie [35]. Dans une autre étude comparative non
randomisée, la séquence mucosectomie puis radiochimiothérapie était
au moins aussi efficace à long terme qu’une résection chirurgicale
[36]. La radiothérapie seule est une option retenue par certains
experts pour ces cancers localisés [4].
Dans une grande série, les mucosectomies sur plus de trois
quarts de la circonférence étaient associées à un risque plus
important de sténose [37]. La résection sur plus de 3 cm de
hauteur augmentait la sévérité de ces sténoses. Cette complication
était traitée efficacement par des séances itératives de dilatation
endoscopique au ballonnet [37]. L’indication des endoprothèses
n’est actuellement validée que pour les sténoses en situation
palliative. De plus, les prothèses non couvertes sont pratiquement
impossibles à retirer, compte tenu de leur intégration complète
dans la paroi de l’œsophage.
Question 5 : Quel schéma de radiothérapie
recommandez-vous ? (1 réponse)
- 1. Continu délivrant une dose de 50 Gy
- 2. Split course délivrant une dose de 50 Gy
- 3. Continu délivrant une dose de 64 Gy
- 4. Sur une semaine délivrant 25 Gy
Réponse : 1
Les résultats d’essais randomisés ont permis de recommander la
radiothérapie selon un schéma continu étalé à des doses ne
dépassant pas 50 Gy. Dans l’essai FNCLCC-FFCD 9305, il apparaissait
qu’après irradiation en « split course », le contrôle
local, la survie à 3 ans et la survie sans récidive étaient
significativement diminués par rapport à l’étalement classique
[38]. L’interruption de l’irradiation pourrait favoriser la
repopulation tumorale ou l’émergence de clones radiorésistants. Une
autre étude a démontré qu’une irradiation à haute dose (64 Gy)
n’apportait pas de bénéfice par rapport à une dose standard de 50
Gy, avec même un effet délétère par augmentation des décès toxiques
[39]. Les schémas de radiothérapie hypofractionnée (réponse 4),
utilisés avant résection de cancers du rectum, doivent être
réservés à des indications symptomatiques palliatives chez des
malades avec faible espérance de vie à court terme.
Question 6 : Quel type de polychimiothérapie
recommandez-vous pour ce malade ? (1 réponse)
- 1. Association irinotécan-cisplatine
- 2. Association 5FU-cisplatine
- 3. Association 5FU-oxaliplatine (FOLFOX)
- 4. Association paclitaxel-cisplatine
Réponse : 2
Hors essai thérapeutique, la seule polychimiothérapie concomitante
à la radiothérapie recommandée reste l’association 5FU-cisplatine
[4] selon le schéma dit « Herskovic » [33]. Le schéma
modifié LV5FU2-cisplatine tous les 14 jours est une
alternative dont la toxicité digestive a été démontrée comme
moindre [40, 41]. Les résultats des essais de phase I et II
évaluant de nouvelles molécules sont prometteurs pour les
associations irinotécan-cisplatine [42, 43], 5FU-oxaliplatine [44]
ou paclitaxel-cisplatine [45, 46]. Après une étude pilote [47], les
résultats d’un essai de phase II français testant
irinotécan-cisplatine sont en attente. Après une phase I
préliminaire, un essai phase II-III randomisé FNCLCC-FFCD va
comparer les radiochimiothérapies par 5FU-cisplatine
et5FU-oxaliplatine (FOLFOX4). En attendant une éventuelle
modification d’AMM, la prescription de ces molécules n’est licite
que dans le cadre d’essais prospectifs.
Suite de l’observation
Après discussion, le malade a accepté d’être traité par une
association de radiothérapie (50 Gy en 5 semaines) et de
chimiothérapie (2 cures de 5FU-cisplatine). Une dysphagie a
justifié quatre nouvelles séances de
dilatation endoscopique ; les biopsies réalisées lors de
ces endoscopies ne montraient pas de lésions suspectes.
Question 4 : Quelle(s) est (sont) la (les) proposition(s)
exacte(s) parmi les affirmations concernant l’évaluation puis la
surveillance après radiochimiothérapie ? (choix multiple)
- 1. La négativité des biopsies endoscopiques permet
d’affirmer que la réponse est complète
- 2. L’évaluation de la réponse à la radiochimiothérapie
est une indication validée de la TEP
- 3. Un examen ORL annuel est justifié compte tenu de la
fréquence des cancers métachrones
- 4. La surveillance œsophagienne est inutile car les
mucosectomies de rattrapage ne sont pas réalisables sur les tissus
irradiés.
Réponse : 3
La négativité des biopsies endoscopiques ne permettait pas
d’affirmer que la réponse était complète. Dans l’étude de Brown et
al., l’endoscopie était en défaut dans plus de la moitié des cas
[48]. La capacité de la TEP à apprécier la réponse à un traitement
par radiochimiothérapie n’a pas été démontrée [9, 10, 49-51]. En
revanche, la mesure itérative de l’intensité de captation du
traceur (SUV) par la tumeur pourrait avoir une valeur pronostique
et prédire l’absence de réponse une à deux semaines après le début
du traitement, permettant ainsi une modification rapide de la
stratégie thérapeutique [51]. Après traitement à visée curative, un
examen ORL annuel est recommandé [4] compte tenu de la fréquence
des cancers métachrones [52, 53]. Bien que son utilité n’ait pas
été prouvée, une surveillance œsophagienne peut aussi être proposée
[4, 54]. En effet, des auteurs japonais ont démontré la faisabilité
des mucosectomies de rattrapage en territoire irradié [35, 55].
Fin de l’observation
Deux ans après la radiochimiothérapie, le malade était vivant sans
récidive et s’alimentait normalement ; un examen ORL de
surveillance a dépisté un cancer superficiel de la langue dont la
résection à visée curative a pu être réalisée.
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