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Chromoendoscopie colique


Hépato-Gastro. Volume 11, Numéro 6, 451-61, Novembre-Décembre 2004, Mini-revue


Résumé  

Auteur(s) : Denis Heresbach , Service des Maladies de l’appareil digestif, CHU Rennes.

Résumé : La chromoendoscopie est l’application de la coloration des épithéliums lors de l’examen endoscopique et repose en pratique sur des colorants absorbés ou de contraste.Au cours de la coloscopie, le colorant de contraste utilisé est l’indigo carmin qui renforce les structures superficielles ou les colorants absorbés qui sont le bleu de méthylène et le crésyl violet. La classification de Kudo dont l’aspect a été corrélé à l’analyse histologique par stéréomicroscopie décrit 7 stades. Ces aspects ont été regroupés en 5 types. I : puits de petite taille arrondis, très réguliers \; II : aspect stellaire ou papillaire (II \= aspect étoilé de petite et grande taille) \; III : puits de petite dimension, fins, tubulaires ou ronds (IIIs \= aspect des orifices ronds, petits et serrés et III-l : puits plus larges amplement tubulaires ou ronds) \; IV : puits tubulaires avec branchement ou circonvolués superficiels \; et V : aspect déstructuré ou de taille et configuration irrégulières.La coloration, par l’indigo carmin augmente de façon significative le taux de détection des adénomes de moins de 5 mm et le nombre de patients atteints d’au moins 3 adénomes. Une fréquence attendue de patients porteurs d’adénomes plans de l’ordre de 10 % à 30 % est également décrite dans les pays occidentaux après coloration par l’indigo carmin. Au cours de la rectocolite hémorragique (RCH), le nombre de lésions dysplasiques détectées est plus élevé après chromoendoscopie, comparé à un protocole de biopsies étagées et systématiques.Les recommandations de la RPC endoscopie digestive basse de 2004 sur les colorations au cours de l’exploration du côlon proposent que l’utilisation de colorant au cours de la coloscopie soit une aide au diagnostic et à la décision thérapeutique, en particulier en cas de suspicion de lésion « plane ». L’utilisation de l’indigo carmin est recommandée au cours du bilan des patients atteints (ou susceptibles d’être atteints) : d’un syndrome Hereditary Non Polyposis Colorectal Cancer (HNPCC) (grade B), de polypose familiale atténuée (grade B), de maladies inflammatoires chroniques intestinales dans le cadre d’une stratégie de surveillance à la recherche de néoplasie. Cette coloration ne permet pas de différencier avec certitude les polypes hyperplasiques des adénomes (grade C).

Mots-clés : coloscopie, colorant-vital, chromoendoscopie, colon

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) :, Denis Heresbach*

Service des Maladies de l’appareil digestif, CHU Rennes

La chromoendoscopie est l’application de la coloration des épithéliums lors de l’examen endoscopique et repose en pratique sur des colorants absorbés ou de contraste.

Méthode et classification

Technique

Au cours de la coloscopie, le colorant de contraste utilisé est l’indigo carmin (( figure 1A )) qui renforce les structures superficielles intestinales. Il est utilisé en solution aqueuse à 0,2 ou 0,5 % et ce colorant bleu foncé remplit de préférence les crevasses et les ulcères. Il permet ainsi de renforcer le contraste et la délimitation des berges des lésions. Les colorants absorbés utilisés au niveau colique sont le bleu de méthylène et le crésyl violet. Le bleu de méthylène est absorbé de façon active par les cellules épithéliales de l’intestin grêle et du côlon. Il est préférable au niveau de la zone à colorer de pulvériser au préalable une solution d’acétylcystéine à 10 % en vue de la débarrasser du mucus. Deux minutes après, le bleu de méthylène à 0,5 ou 1 % peut être vaporisé et au bout de trois minute, un lavage à l’eau permet d’éliminer l’excès de colorant. Le crésyl violet est également un colorant absorbé souvent utilisé en même temps que l’indigo carmin au niveau du côlon. Le crésyl violet à 0,2 % est appliqué après avoir vaporisé l’indigo carmin ce qui permet de renforcer la marge des plis et les puits de la muqueuse colique.

Classification

La classification de Kudo [1, 2, 3] repose sur l’observation entre 1987 et 1993 de 14 023 lésions chez 4 329 et 1 413 patients examinés respectivement pour polypectomie ou mucosectomie par coloscopie avec optique grossissante ou zoom dont l’aspect a été corrélée à l’analyse histologique par stéréomicroscopie (Kudo, J Clin Pathol 1994). Cette classification (tableau 1( Tableau 1 )) a décrit 7 stades; a) aspect d’orifice cryptique rond (muqueuse normale), b) orifices ronds mais petits et serrés (dysplasie évoluée ou carcinome), c) orifices petits et étoilés (muqueuse hyperplasique), d) orifices étoilés de grande taille (muqueuse hyperplasique ou adénome dentelé), e) orifices d’allure ovale (adénome), f) aspect cérébriforme ou circonvolué (tous les adénomes et la majorité des adénomes tubulo-villeux), g) absence d’orifice organisé (adénocarcinome). Ces aspects ont été regroupés en 5 types : I puits de petite taille arrondis, très régulier, II aspect stellaire ou papillaire (II = aspect étoilé de petite et grande tailles), III puits de petite dimension, fins, tubulaires ou ronds (IIIs = aspect des orifices ronds, petits et serrés), III l puits plus larges amplement tubulaires ou ronds (III l = aspect ovalaire), IV puits tubulaires avec branchement ou circonvolués superficiels et V aspect déstructuré ou de taille et configuration irrégulière. Une étude a proposé de séparer dans le grade V un sous-groupe Vi (aspect irrégulier et anarchique des orifices) et Va (aspect amorphe ou absence d’orifice visible) [7], afin de mieux estimer l’invasion sous muqueuse des lésions déprimées. La SFED a proposé d’adopter la classification de Eto [4] qui comprend 8 types d’organisation des orifices : 1, aspect normal, 2, aspect étoilé (polype hyperplasique) (( figures 2A et 2B )), 3, arrondi disposé régulièrement (polype hyperplasique ou inflammatoire), 4, arrondi disposé irrégulièrement (adénome tubuleux), 5 aspect allongé (adénome tubuleux) (( figure 3 )), 6 allongé ramifié ou cérébriforme (adénome tubuleux ou tubulo-villeux) (( figure 4 )), 7 orifices rares et irréguliers (carcinome sous-muqueux), et 8 aspect arrondi mais dense et en nid d’abeille (carcinome). À coté de ces 2 classifications, d’autres auteurs [5, 6] ont proposé des classifications comparables (tableau 1).
Tableau 1 Les différentes classifications en chromoendoscopie colique selon le type et l’aspect des orifices des cryptes.

Classification

Eto et al[4]

Tada et al[5]

Kudo et al[1]

Nagata et al[6]

Type et aspect histologie

(1984)

(1993)

(1994)

(2000)

Type O

----

rond, régulier

----

----

----

Muqueuse normale

----

----

Type I

normal

ovale ou allongé

rond

rond

----

Adénome tubuleux

Muqueuse normale

Muqueuse normale

Type II

étoilé

allongé, branché

étoilé, petit ou large

étoilé

Hyperplasie

Adénome tubulo-villeux

Hyperplasie ou adénome dentelé

----

Type III

rond, régulier

circonvolué

(s) petit et rond dysplasie ou carcinome

(s) tube ou rond mais plus petit que type I

Hyperplasie

Adénome tubulo-villeux

(l) ovalaire

(l) tube ou rond mais

adénome

plus grand que type I

Type IV

rond, irrégulier

petit, dense, régulier

circonvolué

branché, circonvolué

Adénome tubuleux

Adénome tubuleux

Adénome tubulo-villeux

----

Type V

allongé

irrégulier, absent

absent

(a) IIIs, IIIl, IV

Adénome tubuleux

Adénome tubulo-villeux

Carcinome

m, sm1*

(n) absent

sm2 ou sm3*

Type VI

ramifié, circonvolué

----

----

----

Adénome tubulo-villeux

----

----

----

Type VII

rare, irrégulier

----

----

----

Carcinome

----

----

----

Type VIII

rond, dense, en nid d’abeille

----

----

----

Carcinome

----

----

----

Corrélation chromoendoscopie et examen histologique

Plusieurs études ont corrélé les résultats de la chromoendoscopie à l’examen histologique des lésions ainsi détectées en particulier pour identifier les lésions néoplasiques (adénome avec ou sans dysplasie de classe 4 ou 5 de la classification de Vienne) ou pour prédire leur degré d’envahissement muqueux et sous-muqueux [6, 7]. Afin de rechercher un aspect particulier des adénomes tubuleux, les résultats d’une des plus larges séries de 1 613 néoplasies examinées entre 1980 et 1994 [3] ont montré qu’un aspect I et II était observé pour 46 des 1 381 adénomes tubuleux et jamais observé parmi des 64 adénomes villeux. L’application de la chromoendoscopie à l’examen des adénomes festonnés ou « serrated adenoma » n’a pas révélé de conséquence pratique en particulier leur nature festonnée ne pouvait être prédite par leur aspect après coloration [7, 8].

Résultats

Détection des lésions

Détection avant et après chromoendoscopie (étude cas-contrôles non randomisée)

Deux études ont évalué chez les mêmes patients la fréquence des polypes ou néoplasie avant et après chromoendoscopie. Dans une étude de 74 patients, la coloration par l’indigo carmin 0,2 % du rectosigmoïde d’apparence normale a permis de détecter 176 lésions dont 18 adénomes (10 %). Le nombre de polypes, d’adénomes et de carcinomes avant et après indigo carmin augmentait respectivement de 158 à 172, 18 à 60, et 0 à 2 [9]. Six des 25 patients (24 %) et 6 des 49 patients (12 %) avec et sans adénomes avant la chromoendoscopie présentaient des petits adénomes supplémentaires après indigo carmin. Dans l’étude de Kiesslich et al. [10], 48 des 100 patients inclus présentant une muqueuse sigmoïdienne normale à l’examen endoscopique ont eu une coloration systématique par indigo carmin à 0,4 %, suivie d’un examen par coloscopie de type haute résolution ou avec zoom. L’examen avant coloration ne mettait en évidence aucune lésion alors que 178 lésions apparaissaient après coloration (moyenne = 0,3 cm ; extrêmes = 0,1 – 0,5 cm) chez 27 des 48 patients. Seulement 13 des 178 lésions (8 %) étaient des adénomes dont 2 % étaient dysplasiques.

Détection au cours d’études randomisées (études contrôlées et randomisées) où chaque patient est son propre témoin

Avec une méthode similaire mais appliquée à la totalité du côlon [11], la coloscopie était réalisée avec un coloscope standard (n = 135) et comparée à une coloscopie réalisée après coloration à l’indigo carmin à 0,1 % avec un coloscope standard (n = 124). Avec et sans coloration, les pourcentages de patients ayant au moins un polype non néoplasique étaient respectivement de 41 % vs 25 % respectivement (RR = 1,63 ; IC 95 % = [1,14 – 2,34]), celui de patients ayant au moins un adénome de 33 % vs 25 % (RR = 1,31 ; IC 95 % = [0,89 – 1,93]) et celui de patients ayant au moins un adénome de moins de 5 mm de 29 % vs 19 %, soit une différence de 10% entre les deux groupes (RR = 1,56 ; IC 95 % = [1,00 – 2,45]). L’augmentation de fréquence des patients avec au moins un adénome de moins de 5 mm demeurait significative au niveau du côlon proximal (RR = 1,71 ; IC 95 % = [1,02 – 2,89]) mais ne l’était pas au niveau du côlon distal. Dans cette étude, le nombre de patients avec 3 adénomes ou plus augmentait significativement après coloration (12 % vs 2 %, p < 0,002).

L’étude de Saïtoh et al. [12] a dénombré chez 211 patients, 53 adénomes plans et 82 adénomes exophytiques, dont respectivement 33 (62 %) et 12 (15 %) n’étaient vus qu’après coloration par indigo carmin à 0,1 %. Dans cette étude, les 211 patients pour lesquels la coloration par indigo carmin était systématiquement réalisée dans le côlon gauche et, devant une suspicion de polype, dans le côlon droit, ont été comparés à 211 patients examinés classiquement sans coloration spécifique. Le nombre d’adénomes de moins de 5 mm était plus élevé dans le groupe avec coloration (79 % vs 38 % ; p < 0,001) ainsi que le nombre de patients porteurs d’adénomes de moins de 5 mm (35 % vs 9 % ; p < 0,001). Dans une étude randomisée [13] ayant comparé 147 patients avec chromoendoscopie à l’indigo carmin 0,5 % à 147 patients examinés sans coloration, le nombre total d’adénomes ou d’adénomes de plus de 10 mm n’était pas différent, bien que le nombre de patients avec un polype hyperplasique ait été plus élevé après chromoendoscopie (41 % vs 27 %, p < 0,01). Dans une troisième étude, la chromoendoscopie systématique et pancolique était randomisée avec la coloration ciblée sur des zones suspectes. Lors de l’examen avec coloration ciblée, les nombres de patients avec polypes hyperplasiques (67/128 vs 20/130), avec adénomes, avec plus de 3 adénomes (13/128 vs 4/130) ou avec adénome comprenant de la dysplasie de haut grade (22/128 vs 6/130) étaient significativement plus élevés qu’après chromoendoscopie systématique [14].

Cas des adénomes plans

Sept des dix études occidentales qui ont déterminé la fréquence des adénomes plans ont utilisé la chromoendoscopie selon des modalités variables (tableau 2( Tableau 2 )). Dans ces études, les adénomes plans représentaient 7 % [16] à 39 % [19] des polypes observés par chromoendoscopie (( figures 1B et 1C )). Quinze [17] à 57 % [14] des patients avec adénomes étaient atteints d’adénomes de type plan. Parmi ces études, seulement deux études ont évalué l’apport des colorations par l’indigo carmin systématique du rectosigmoïde ou du côlon gauche par rapport à un examen standard pour le diagnostic d’adénome plan [10, 12]. La première étude a révélé après coloration la présence de 178 polypes chez 27 des 48 patients sans lésion rectosigmoïdienne initiale dont 13 néoplasies : 11 d’aspect plan et 2 d’aspect plan à centre déprimé. La seconde étude a observé après coloration 188 lésions dont 66 était planes : 54 (82 %) de ces lésions étaient des adénomes plans alors que seulement 82 (67 %) des 122 lésions polypoïdes étaient des adénomes (p < 0,05).

Au total, la chromoendoscopie permet donc de détecter un nombre important de lésions ou polypes non vus lors de la coloscopie standard. La proportion d’adénomes est de 8 à 15 % ce qui augmente le pourcentage de patients avec adénomes de 8 à 10 % voire 26 % pour les petits adénomes. En terme de patient, les 5 études avec groupe contrôle ou randomisé ont montré une augmentation du nombre de patients ayant des polypes hyperplasiques et 3 études [10, 11, 12] ont montré une augmentation du nombre de patients avec adénome de petite taille (< 5 mm). Il est important de souligner que 3 études ont observé une augmentation du nombre de patients avec au moins 3 adénomes après examen par chromoendoscopie [11, 13, 14], ce qui modifie le délai du contrôle endoscopique ultérieur.
Tableau 2 Fréquence des adénomes plans dans les études endoscopiques prospectives occidentales.

Auteur

Coloration* Endoscopie inclusion

Polypes

Adénomes plans

Patients explorés

Patients avec adénome

Patients avec adénome plan

Patients avec adénome plan

n

n (%)

n

n

n

%

Lanspa [15] (1992)

Non faite

136

---

148

35

18

51

---

Prosp. 89-90

Jaramillo [16] (1995)

IC 0,5 %

352

109 (35)

232

96

55

57

HR (EC7HL2-HM2, CF 200HL, CF 200Z)

Prosp. 92-93

Hart [17] (1998)

Non

27

4 (11)

3 000

---

3

0,1

RSS de dépistage

Prosp.

Rembacken [18] (2000)

IC 0,2 %

321

119 (37)

1 000

225

---

---

OG (200L, 200Z)

Prosp. 95-99

Kiesslich [10] (2001)

IC 0,4 %

105

14 (13)

100

52**

---

---

HR ou OG (CF 140, XQ 200Z)

Prosp.

Saïtoh [12] (2001)

IC -0,1 %

137

53 (44)

211

102

48

48

Standard (CF 140 L)

Prosp.

Tsuda [19, 20] (2002)

IC - 01, %

973

66 (7)

1 189

337

52

15

OG (CF 200, CF 200 Z)

Prosp. 93-95

Samalin [20] (2002)

Non

321

32 (10)

---

136**

45

33**

Standard

203+

70 (32)+

Prosp.

Hurlstone [21] (2000)

IC – 0,5 %

1624

616 (39)

1850

---

---

---

Standard et HR (CF 240 Z)

Prosp.

*IC : indigo carmin ; HR : haute résolution ; OG : optique grossissant ; RSS : rectosigmoïdoscopie souple.

**Patient avec polype.

+Définition histologie de l’adénome plan.

Détermination de la nature néoplasique ou non néoplasique de la lésion endoscopique

L’apport des colorations pour évaluer la nature histologique des polypes ou l’envahissement muqueux et sous-muqueux des adénomes a été également évalué (tableau 3( Tableau 3 )). Dans une première étude, chez 24 patients présentant des polypes de moins de 10 mm, l’utilisation de l’indigo carmin à 0,2 % avec un coloscope à haute résolution a permis de différencier les adénomes des lésions non adénomateuses avec une sensibilité et une spécificité de 93 % et 95 %, et une valeur prédictive négative et positive de 98 % et 87 %, respectivement [22]. Les autres études (tableau 3) ont également retrouvé des valeurs prédictives négatives et positives comparables de 90 et 80 %. Bien que ces résultats soient issus d’études monocentriques réalisées par des équipes rompues à cet examen, ils montrent que dans 5 à 10 % des cas la chromoendoscopie évoque le caractère non dégénéré d’un polype. En outre, dans une étude multicentrique prospective [27] les valeurs prédictives négatives et positives pour les polypes de petite taille (< 5 mm) étaient de 88 et 75 % pour les polypes observés sur l’ensemble du cadre colique et de 89 et 69 % pour ceux situés dans le rectosigmoïde et susceptibles d’être observés par une rectosigmoïdoscopie de dépistage.
Tableau 3 Résultats de la chromoendoscopie pour le diagnostic de néoplasie et de leur degré d’envahissement.

Auteurs

Inclusion d’indigo carmin (%)

Lésion*(%)

Diagnostic de néoplasie (%)

Diagnostic néoplasie invasive (%)

sensibilité

spécificité

VPP

VPN

précision

sensibilité

spécificité

précision

Axelrad [22] (1996)

24 patients

55

93

95

87

98

82

---

---

---

IC 0,2%

14 (25)

0 (0)

Togashi [23] (1997)

1280 patients

923

92

73

94

85

88

---

---

---

IC 0,2%

704 (76)

37 (4)

Kato [24] (2001)

4445 patients

3438

42

99

---

---

75

82

99

85

IC 0,2%

3060 (89)

99 (3)

Tung [25] (2001)

141 patients

175

94

65

76

89

80

---

---

---

IC 0,2%

93 (43)

3 (1,5)

Eisen [27] (2002)

299 patients

480

82

82

75

88

82

---

---

---

IC 0,8%

193 (37)

0 (0)

Hurlstone [26] (2004)

1850 patients

1008

98

92

95

96

95

50

98

87

IC 0,5%

616 (61)

11 (1)

*Après chromoendoscopie nombre de lésion d’adénome et de carcinome.

Détermination de l’envahissement muqueux et sous-muqueux

Les auteurs japonais [6, 7, 28] proposent que les grades III-l, IIIs, et IV correspondent à des néoplasies non invasives, V irrégulier (Vi) ou mixte à des néoplasies muqueuses ou sous-muqueuses superficielles (sm1) et Vn ou amorphe (Va) à des néoplasies sous-muqueuses profondes (sm2 ou sm3) (tableau 1). Une des plus larges séries de néoplasies examinées après chromoendoscopie à l’indigo carmin 0,2 % a étudié 919 carcinomes avec envahissement muqueux et 268 avec envahissement sous-muqueux. Cent quatre-vingt-cinq des 919 lésions muqueuses présentaient un aspect IIIs ou V et 73 des 268 carcinomes sous muqueux présentaient un aspect III-l ou IV [2], ce qui souligne la mauvaise spécificité de la méthode pour prédire l’envahissement sous-muqueux.

Des petites séries suggèrent que la spécificité de l’aspect endoscopique pourrait être meilleure en subdivisant le grade V en fonction de l’organisation des cryptes. Dans l’étude séparant le grade V en grade Va (amorphe) et Vi (irrégulier) [7], les 9 lésions classées Va envahissaient la partie moyenne ou profonde de la sous-muqueuse (sm2 ou sm3) alors que 7 des 9 lésions Vi et aucune des 75 lésions III-l ou III-s n’atteignaient la sous-muqueuse. En adoptant une classification comparable, bien que le sous-groupe amorphe soit intitulé Vn et irrégulier Va (!), 36 des 38 lésions classées Vn (amorphe) et 7 des 37 lésions Va ( irrégulière) envahissaient la sous-muqueuse avec une invasion plus marquée (sm2 et sm3) pour les lésions Vn (amorphe) [6].

Bien que la classification de l’aspect des cryptes en 5 types après coloration à l’indigo carmin ait été proposée avec l’utilisation d’un coloscope à haute résolution avec ou sans optique grossissante pour le diagnostic d’adénome tubuleux ou de carcinome et de son degré d’envahissement sous-muqueux (tableau 3), ces études monocentriques sont extrêmement dépendantes des opérateurs. À partir d’une série de 13 004 polypes examinés entre 1985 et 2002, une équipe rompue à cette technique a observé un envahissement sous-muqueux dans respectivement 4 %, 0 %, 4 %, et 41 % des types IIIs, III-l, IV et V de la classification de Kudo [6, 7]. Dans cette série il existait par ailleurs une corrélation entre l’aspect chromoendoscopique et le type de néoplasie superficielle classée selon la classification de Paris en type 0-I (polypoïde), 0-II-a ou II-b (non polypoïde non déprimé) ou 0-II-c (non polypoïde déprimé) : dans ces trois groupes la fréquence du type V en chromoendoscopie était respectivement de 3,6 %, 3,8 % et 31 %. Cependant, la valeur prédictive de l’aspect des cryptes n’a pas été déterminée de façon prospective dans ces études puisque c’est la fréquence des différents aspects qui a été décrite en fonction du type histologique ou de l’envahissement pariétal de la lésion par ailleurs réséquée. Dans ces évaluations rétrospectives, la précision pour le diagnostic d’envahissement sous-muqueux est de l’ordre de 85 % [24, 26]. Une étude [29] a déterminé de façon prospective la sensibilité de la chromoendoscopie pour évaluer l’envahissement sous-muqueux : elle était de 86 % pour les 156 lésions envahissant la sous muqueuse (ou infiltrante c’est à dire de catégorie 5 de la classification de Vienne) et de 98 % pour les 2 951 lésions localisées à la muqueuse.

Recherche de dysplasie au cours des MICI

La chromoendoscopie a été également utilisée au cours des rectocolites ulcérées (RCH) en particulier pour leur surveillance à la recherche de dysplasie (tableau 4( Tableau 4 )).

Dans une première étude, chez 61 patients atteints de RCH explorés par coloscopie à optique grossissante et coloration à l’indigo carmin à 0,1 %, la corrélation entre le grade histologique d’activité de la RCH et l’aspect de la muqueuse après chromoendoscopie était meilleure (r = 0,807) que la corrélation obtenue avec l’aspect endoscopique observé en l’absence de coloration par l’indigo carmin (r = 0,665). L’aspect de la muqueuse après coloration par l’indigo carmin était classé en 5 grades : (grade 1) aspect arrondi des cryptes régulièrement réparties, (grade 2) aspect villeux des cryptes dont les orifices ne sont plus visibles, (grade 3) aspect d’érosion de l’épithélium sous la forme de petites dépressions entourées d’un œdème muqueux avec une irrégularité de la répartition des cryptes, (grade 4) aspect de dépôts ponctiformes jaunâtres et (grade 5) aspect irrégulier de la muqueuse en corail [31]. Un sous-groupe de 18 patients a été étudié prospectivement par coloscopie à optique grossissante et coloration à l’indigo carmin et suivi durant 6 mois. Une rechute clinique confirmée endoscopiquement était notée chez 16 des 18 patients. Sept des 9 patients ayant des érosions épithéliales après chromo endoscopie (lésions de grade 3) et 2 des 9 patients ne présentant pas cet aspect d’érosion épithéliale (lésions de grade 1 ou 2) ont présenté une rechute à 6 mois.

Études contrôlées et randomisées ou cas-témoins

Dans une étude contrôlée et randomisée chez 174 patients atteints de rectocolite évoluant depuis plus de 8 ans, 87 ont été explorés par endoscopie à optique grossissante avec coloration au bleu de méthylène à 0,1 % et comparés à 87 patients explorés par coloscopie classique sans chromoendoscopie. Dans ces deux groupes, les patients ont bénéficié en moyenne de 42 et 38 biopsies (ns) dont respectivement 14 et 4 (p < 0,01) de ces biopsies étaient dirigées vis-à-vis d’anomalies muqueuses repérées endoscopiquement [35]. L’utilisation d’un coloscope à optique grossissante et de la chromoendoscopie au bleu de méthylène permettait d’observer un nombre plus important de néoplasies intra-épithéliales (dysplasie de bas ou de haut grade ou cancer invasif) égale à 35 chez les patients explorés avec chromoendoscopie et 11 chez les autres (p < 0,005). En terme de « nombre de patients », il n’y avait pas de différence entre les 2 groupes (13/87 vs 6/87 patients, ns). Concernant l’aspect des lésions, 24 des 32 néoplasies du premier groupe et 4 des 10 néoplasies du second groupe étaient de type plan (p < 0,001).

Dans une seconde étude contrôlée randomisée [34] où 162 patients ont été explorés par endoscopie à optique grossissante avec coloration à l’indigo carmin à 0,1 % et comparés à 162 patients explorés par coloscopie classique sans chromoendoscopie, l’utilisation d’un coloscope à optique grossissante et de la chromoendoscopie permettait d’observer un nombre plus important de néoplasies (dysplasie de bas ou de haut grade ou cancer invasif) : 44 chez les patients explorés avec chromoendoscopie et 12 chez les autres (p < 0,005). Concernant l’aspect des lésions, 31 des 44 néoplasies du premier groupe et 6 des 12 néoplasies du second groupe étaient de type plan (p < 0,001). Ces 56 dysplasies étaient observées au total chez 38 des 324 patients mais il n’était pas précisé la répartition dans les 2 groupes ni une éventuelle augmentation du nombre de patients ayant une dysplasie colique sur RCH dans le groupe chromoendoscopie.

Dans une troisième étude [36] de 100 patients atteints de RCH, des biopsies coliques réalisées tous les 10 cm et non ciblées ont été comparées aux biopsies réalisées après coloration par l’indigo carmin à 0,1 % au cours d’une seconde coloscopie réalisée immédiatement après la première. Lors de la première coloscopie standard sans coloration, 2 904 biopsies « systématiques et à l’aveugle » ont été réalisées. Elles ne mettaient pas en évidence de dysplasie de bas grade alors que parmi les 43 biopsies dirigées ou associées à une irrégularité macroscopique, 2 lésions dysplasiques chez 2 patients étaient observées. L’examen avec chromoendoscopie à l’indigo carmin a permis d’observer sur 114 biopsies ciblées, 7 lésions dysplasiques chez 5 patients. Les biopsies dirigées sur des anomalies macroscopiques montraient de la dysplasie dans 4,7 % (2/43), l’utilisation de la chromoendoscopie, augmentait ce pourcentage à 6,1 % (7/114) (p = 0,06) alors que biopsies systématiques et étagées ne révélait pas de dysplasie (0/2904 ; p < 0,02) [33]. En termes de patients, l’examen après chromoendoscopie détectait 7/100 patients ayant de la dysplasie comparé à 2/100 (p < 0,06) pour la chromoendoscopie ciblée et à 0/100 patients (p < 0,02) pour les biopsies étagées systématiques.

Au total, ces études montrent que l’utilisation d’un colorant permet une meilleure définition de l’aspect endoscopique de la muqueuse colique qui peut modifier les modalités de biopsie et de surveillance des patients atteints de RCH et surtout, dans une des 3 études contrôlées, augmenter le nombre de patients porteurs de dysplasie colique. Son retentissement dans la surveillance ou la prise en charge des patients doit être précisé par d’autres études prospectives randomisées avant de recommander son utilisation systématique et surtout d’abandonner les biopsies systématiques et étagées à la recherche de dysplasie au cours de la surveillance colique des RCH.
Tableau 4 Résultats de la chromoendoscopie pour le diagnostic de néoplasie au cours de la rectocolite ulcéro-hémorragique.

Auteurs

Patients n

Matériel endoscopique

IC

n lésion plane/sessile

n patient avec dysplasie

n dysplasie(n carcinome)

diagnostic de dysplasie sens. spec. VPP VPN

Jaramillo [30] (1996)

85

FC7 HM2-HL2

+

104

38

23 (0)

---

CF 200 HL, 200Z

+

77/21

Fujiya [31] (2002)

61

CF 200Z

+

116

---

---

---

Matsumoto [32] (2003)

57

CF 240Z

+

116

11/12

25 (0)

86-89-16-99

CF 200-230

27/57

7/12

3 (0)

---

Hata [33] (2003)

----

----

+

35

---

123 (0)

100-57

Hurlstone [34] (2003)

162

CF 240Z

+

168

---

42 (2)

97-93-97-91

162

CF 240

31/--

---

11 (1)

Kiesslich [35] (2003)

87

EC 3831Z

+

42

13

32 (3)

93-93-83-98

87

EC3830 FK

8/--

6

10 (1)

Rutter [36] (2004)

100

CF 240

+

114*

7

7

---

CF 240

43*

2

2

---

CF 240

2904*

0

0

---

*114 biopsies ciblées après chromoendoscopie, 43 biopsies ciblées avant chromoendoscopie et 2904 biopsies étagées.

IC : + pour chromoendoscopie par l’indigo carmin

Cas particuliers (cancer colique héréditaire sans polypose, polypose colique familiale atténuée)

La chromoendoscopie a été également utilisée dans la surveillance de patients présentant une prédisposition héréditaire aux néoplasies coliques. Au cours de la polypose adénomateuse familiale atténuée, le recours à la coloration par l’encre diluée a permis de dénombrer le nombre de polypes à plus de 1 000 chez 4 patients qui initialement après coloscopie standard présentaient moins de 20 polypes [37].

Dans une série de cas [38], chez 12 patients porteurs d’un cancer héréditaire sans polypose explorés initialement par une coloscopie standard (avec un coloscope à haute résolution) puis avec coloration à l’indigo carmin à 0,4 %,14 polypes (2 plans, 10 sessiles et 2 pédiculés) étaient repérés chez 6 des 12 patients par la coloscopie seule. Après chromoendoscopie, 11 polypes supplémentaires (9 plans et 2 sessiles) étaient repérés chez 6 des 12 patients. Avant coloration, les lésions correspondaient à 4 adénomes et 11 polypes hyperplasiques et après coloration 4 adénomes (gain de 100 %) et 2 polypes hyperplasiques supplémentaires étaient visualisés.

Les aspects techniques

Comparaison chromoendoscopie et examen par échoendoscopie

L’utilisation de la chromoendoscopie pour estimer le degré d’envahissement muqueux et sous-muqueux des néoplasies coliques a été comparée à l’échoendoscopie par minisondes. La précision diagnostique pour juger le caractère invasif (sm2 ou sm3) de 123 néoplasies examinées était de 89 % pour la chromoendoscopie au crésyl violet (à 0,05 %) et 79 % pour l’échoendoscopie (p < 0,02). Cette précision était respectivement de 91 % versus 79 % pour les 75 lésions polypoïdes et de 88 % versus 79 % pour les 48 lésions planes [39]. Inversement dans une seconde étude [40], l’analyse de 22 et 28 néoplasies coliques avec envahissement sous-muqueux respectivement superficiel et profond a montré que la précision du diagnostic d’envahissement sous-muqueux profond était de 92 % pour l’échoendoscopie par minisonde (12 et 20 MHz) et de 63 % pour la chromoendoscopie au crésyl violet à 1 %.

Chromoendoscopie et coloscope à haute résolution et/ou à optique grossissante

Dans une première étude [41], la chromoendoscopie avec optique grossissante chez 321 patients a été comparée à la chromoendoscopie par l’indigo carmin à 0,1 % avec un coloscope classique mais la chromoendoscopie n’était réalisée que de façon ciblée sur des aspects inhabituels de la muqueuse colique. Le nombre de lésions (405 vs 407), d’adénomes (330 vs 312), de dysplasies de haut grade (34 vs 31) ou de lésions planes (147 vs 136) n’était pas significativement augmenté par l’utilisation du coloscope avec zoom mais pour le diagnostic de nature néoplasique des lésions, la sensibilité (97 vs 77 %) et la spécificité (73 vs 60 %) étaient meilleures après utilisation du zoom. Dans une seconde étude randomisée prospective [42], la coloscopie standard (n = 500) était comparée à la coloscopie avec chromoendoscopie à l’indigo carmin à 0,4 % ou au bleu de méthylène à 0,1 % en cas de suspicion de lésions (n = 250) ou à la coloscopie avec grossissement associée à la chromo endoscopie (n = 250).

Avec ces trois stratégies, 309, 214, et 212 polypes ont été respectivement repérés. Il existait une augmentation significative (p < 0,05) du nombre d’examens avec adénomes après coloration par l’indigo carmin avec (59 %) ou sans (55 %) utilisation du coloscope grossissant comparée à la coloscopie sans coloration (43 %). Comparées à l’examen anatomo-pathologique, la sensibilité et la spécificité pour le diagnostic d’adénome vs celui de polype non adénomateux étaient respectivement de 98 % et 74 % avec la coloscopie avec chromoendoscopie et optique grossissante et de 84 % et 68 % lors de la coloration avec chromoendoscopie et coloscopie standard.

Chromoendoscopie pancolique ou chromoendoscopie ciblée

La réalisation de la chromoendoscopie peut se faire de façon ciblée lorsque la première observation suspecte une discrète anomalie de relief ou de coloration ou inversement, de façon systématique, lors du retrait du coloscope.

Une étude randomisée a comparé le rendement de ces deux stratégies chez 132 et 128 patients examinés par chromoendoscopie respectivement pancolique ou ciblée avec l’indigo carmin 0,5% [26]. Le nombre de polypes hyperplasiques et d’adénomes était plus élevé après chromoendoscopie pancolique sans préciser si le nombre de patients ayant des adénomes était également plus élevé. Cependant, après chromoendoscopie pancolique systématique, il existait une augmentation significative du nombre de patients ayant 3 adénomes ou plus (p < 0,01) ou des adénomes présentant au moins une dysplasie de haut grade (p < 0,0006).

Indication et conclusion

En Europe, un panel d’experts a jugé que la coloration à l’indigo carmin (solution aqueuse à 0,2 %) était [39] :
  • inappropriée pour la détection de « larges lésions » ou de cancers colorectaux ;
  • utile pour évaluer la présence d’une dépression à la surface d’une lésion pour apprécier son invasion sous-muqueuse ;
  • nécessaire à la recherche de lésions néoplasiques de petite taille en particulier non polypoïdes ;
  • appropriée pour visualiser la persistance de résidus néoplasiques après exérèse endoscopique fractionnée de polypes coliques.

Les recommandations de la RPC endoscopie digestive basse de 2004 sur les colorations au cours de l’exploration du côlon proposent que l’utilisation de colorants au cours de la coloscopie soit une aide au diagnostic et à la décision thérapeutique, en particulier en cas de suspicion de lésion « plane ».

L’utilisation de l’indigo carmin est recommandée au cours du bilan des patients atteints (ou susceptibles d’être atteints) :

  • d’un syndrome HNPCC (grade B) ;
  • de polypose familiale atténuée (grade B) ;
  • de maladies inflammatoires chroniques intestinales dans le cadre d’une stratégie de surveillance à la recherche de néoplasie. Cette coloration ne permet pas de différencier avec certitude les polypes hyperplasiques des adénomes (grade C).

Pour conclure, la coloration, par l’indigo carmin à 0,2 % ou à 0,4 % au cours de la coloscopie, augmente de façon significative le taux de détection des adénomes de moins de 5 mm en particulier au niveau du côlon proximal et pourrait également augmenter le nombre de patients porteurs d’adénomes visualisés chez les patients examinés par coloscopie, en particulier des patients atteints d’au moins 3 adénomes. Une fréquence attendue de patients porteurs d’adénomes plans de l’ordre de 10 % à 30 % est également décrite dans les pays occidentaux après coloration par l’indigo carmin. Au cours de la RCH, le nombre de lésions dysplasiques est plus élevé après chromoendoscopie – ainsi que le pourcentage de dysplasies planes – et elle permet d’augmenter significativement le nombre de dysplasies comparé à un protocole de biopsies étagées et systématiques1.

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1 Les photographies 2,3 et 4 ont été réalisées en collaboration avec le Dr JC Letard (Poitiers).


 

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