ARTICLE
Auteur(s) :, Denis
Heresbach*
Service des Maladies de l’appareil digestif, CHU Rennes
La chromoendoscopie est l’application de la coloration des
épithéliums lors de l’examen endoscopique et repose en pratique sur
des colorants absorbés ou de contraste.
Méthode et classification
Technique
Au cours de la coloscopie, le colorant de contraste utilisé est
l’indigo carmin (( figure 1A )) qui
renforce les structures superficielles intestinales. Il est utilisé
en solution aqueuse à 0,2 ou 0,5 % et ce colorant bleu
foncé remplit de préférence les crevasses et les ulcères. Il permet
ainsi de renforcer le contraste et la délimitation des berges des
lésions. Les colorants absorbés utilisés au niveau colique sont le
bleu de méthylène et le crésyl violet. Le bleu de méthylène est
absorbé de façon active par les cellules épithéliales de l’intestin
grêle et du côlon. Il est préférable au niveau de la zone à colorer
de pulvériser au préalable une solution d’acétylcystéine à
10 % en vue de la débarrasser du mucus. Deux minutes après, le
bleu de méthylène à 0,5 ou 1 % peut être vaporisé et au
bout de trois minute, un lavage à l’eau permet d’éliminer l’excès
de colorant. Le crésyl violet est également un colorant absorbé
souvent utilisé en même temps que l’indigo carmin au niveau du
côlon. Le crésyl violet à 0,2 % est appliqué après avoir
vaporisé l’indigo carmin ce qui permet de renforcer la marge des
plis et les puits de la muqueuse colique.
Classification
La classification de Kudo [1, 2, 3] repose sur l’observation entre
1987 et 1993 de 14 023 lésions chez 4 329 et
1 413 patients examinés respectivement pour polypectomie
ou mucosectomie par coloscopie avec optique grossissante ou zoom
dont l’aspect a été corrélée à l’analyse histologique par
stéréomicroscopie (Kudo, J Clin Pathol 1994). Cette classification
(tableau 1( Tableau 1 )) a
décrit 7 stades; a) aspect d’orifice cryptique rond (muqueuse
normale), b) orifices ronds mais petits et serrés (dysplasie
évoluée ou carcinome), c) orifices petits et étoilés (muqueuse
hyperplasique), d) orifices étoilés de grande taille (muqueuse
hyperplasique ou adénome dentelé), e) orifices d’allure ovale
(adénome), f) aspect cérébriforme ou circonvolué (tous les adénomes
et la majorité des adénomes tubulo-villeux), g) absence d’orifice
organisé (adénocarcinome). Ces aspects ont été regroupés en
5 types : I puits de petite taille arrondis, très
régulier, II aspect stellaire ou papillaire (II = aspect
étoilé de petite et grande tailles), III puits de petite dimension,
fins, tubulaires ou ronds (IIIs = aspect des orifices
ronds, petits et serrés), III l puits plus larges amplement
tubulaires ou ronds (III l = aspect ovalaire), IV puits
tubulaires avec branchement ou circonvolués superficiels et V
aspect déstructuré ou de taille et configuration irrégulière. Une
étude a proposé de séparer dans le grade V un sous-groupe Vi
(aspect irrégulier et anarchique des orifices) et Va (aspect
amorphe ou absence d’orifice visible) [7], afin de mieux estimer
l’invasion sous muqueuse des lésions déprimées. La SFED a proposé
d’adopter la classification de Eto [4] qui comprend 8 types
d’organisation des orifices : 1, aspect normal, 2, aspect
étoilé (polype hyperplasique) (( figures 2A et 2B
)), 3, arrondi disposé régulièrement (polype hyperplasique ou
inflammatoire), 4, arrondi disposé irrégulièrement (adénome
tubuleux), 5 aspect allongé (adénome tubuleux) (( figure 3 )),
6 allongé ramifié ou cérébriforme (adénome tubuleux ou
tubulo-villeux) (( figure 4 )),
7 orifices rares et irréguliers (carcinome sous-muqueux), et
8 aspect arrondi mais dense et en nid d’abeille (carcinome). À
coté de ces 2 classifications, d’autres auteurs [5, 6] ont
proposé des classifications comparables (tableau 1).
Tableau 1 Les différentes classifications en
chromoendoscopie colique selon le type et l’aspect des orifices des
cryptes.
|
Classification
|
Eto et al[4]
|
Tada et al[5]
|
Kudo et al[1]
|
Nagata et al[6]
|
|
Type et aspect histologie
|
(1984)
|
(1993)
|
(1994)
|
(2000)
|
|
Type O
|
----
|
rond, régulier
|
----
|
----
|
|
----
|
Muqueuse normale
|
----
|
----
|
|
Type I
|
normal
|
ovale ou allongé
|
rond
|
rond
|
|
----
|
Adénome tubuleux
|
Muqueuse normale
|
Muqueuse normale
|
|
Type II
|
étoilé
|
allongé, branché
|
étoilé, petit ou large
|
étoilé
|
|
Hyperplasie
|
Adénome tubulo-villeux
|
Hyperplasie ou adénome dentelé
|
----
|
|
Type III
|
rond, régulier
|
circonvolué
|
(s) petit et rond dysplasie ou carcinome
|
(s) tube ou rond mais plus petit que type I
|
|
Hyperplasie
|
Adénome tubulo-villeux
|
(l) ovalaire
|
(l) tube ou rond mais
|
|
adénome
|
plus grand que type I
|
|
Type IV
|
rond, irrégulier
|
petit, dense, régulier
|
circonvolué
|
branché, circonvolué
|
|
Adénome tubuleux
|
Adénome tubuleux
|
Adénome tubulo-villeux
|
----
|
|
Type V
|
allongé
|
irrégulier, absent
|
absent
|
(a) IIIs, IIIl, IV
|
|
Adénome tubuleux
|
Adénome tubulo-villeux
|
Carcinome
|
m, sm1*
|
|
(n) absent
|
|
sm2 ou sm3*
|
|
Type VI
|
ramifié, circonvolué
|
----
|
----
|
----
|
|
Adénome tubulo-villeux
|
----
|
----
|
----
|
|
Type VII
|
rare, irrégulier
|
----
|
----
|
----
|
|
Carcinome
|
----
|
----
|
----
|
|
Type VIII
|
rond, dense, en nid d’abeille
|
----
|
----
|
----
|
|
Carcinome
|
----
|
----
|
----
|
Corrélation chromoendoscopie et examen histologique
Plusieurs études ont corrélé les résultats de la chromoendoscopie à
l’examen histologique des lésions ainsi détectées en particulier
pour identifier les lésions néoplasiques (adénome avec ou sans
dysplasie de classe 4 ou 5 de la classification de
Vienne) ou pour prédire leur degré d’envahissement muqueux et
sous-muqueux [6, 7]. Afin de rechercher un aspect particulier des
adénomes tubuleux, les résultats d’une des plus larges séries de
1 613 néoplasies examinées entre 1980 et 1994 [3] ont
montré qu’un aspect I et II était observé pour 46 des
1 381 adénomes tubuleux et jamais observé parmi des
64 adénomes villeux. L’application de la chromoendoscopie à
l’examen des adénomes festonnés ou « serrated adenoma »
n’a pas révélé de conséquence pratique en particulier leur nature
festonnée ne pouvait être prédite par leur aspect après coloration
[7, 8].
Résultats
Détection des lésions
Détection avant et après chromoendoscopie (étude cas-contrôles
non randomisée)
Deux études ont évalué chez les mêmes patients la fréquence des
polypes ou néoplasie avant et après chromoendoscopie. Dans une
étude de 74 patients, la coloration par l’indigo carmin
0,2 % du rectosigmoïde d’apparence normale a permis de
détecter 176 lésions dont 18 adénomes (10 %). Le
nombre de polypes, d’adénomes et de carcinomes avant et après
indigo carmin augmentait respectivement de 158 à 172,
18 à 60, et 0 à 2 [9]. Six des 25 patients
(24 %) et 6 des 49 patients (12 %) avec et sans
adénomes avant la chromoendoscopie présentaient des petits adénomes
supplémentaires après indigo carmin. Dans l’étude de Kiesslich et
al. [10], 48 des 100 patients inclus présentant une
muqueuse sigmoïdienne normale à l’examen endoscopique ont eu une
coloration systématique par indigo carmin à 0,4 %, suivie d’un
examen par coloscopie de type haute résolution ou avec zoom.
L’examen avant coloration ne mettait en évidence aucune lésion
alors que 178 lésions apparaissaient après coloration
(moyenne = 0,3 cm ;
extrêmes = 0,1 – 0,5 cm) chez 27 des
48 patients. Seulement 13 des 178 lésions (8 %)
étaient des adénomes dont 2 % étaient dysplasiques.
Détection au cours d’études randomisées (études contrôlées et
randomisées) où chaque patient est son propre témoin
Avec une méthode similaire mais appliquée à la totalité du côlon
[11], la coloscopie était réalisée avec un coloscope standard
(n = 135) et comparée à une coloscopie réalisée après
coloration à l’indigo carmin à 0,1 % avec un coloscope
standard (n = 124). Avec et sans coloration, les
pourcentages de patients ayant au moins un polype non néoplasique
étaient respectivement de 41 % vs 25 % respectivement
(RR = 1,63 ; IC 95 % = [1,14 –
2,34]), celui de patients ayant au moins un adénome de 33 % vs
25 % (RR = 1,31 ; IC
95 % = [0,89 – 1,93]) et celui de patients ayant au
moins un adénome de moins de 5 mm de 29 % vs 19 %,
soit une différence de 10% entre les deux groupes
(RR = 1,56 ; IC 95 % = [1,00 –
2,45]). L’augmentation de fréquence des patients avec au moins un
adénome de moins de 5 mm demeurait significative au niveau du
côlon proximal (RR = 1,71 ; IC
95 % = [1,02 – 2,89]) mais ne l’était pas au niveau
du côlon distal. Dans cette étude, le nombre de patients avec
3 adénomes ou plus augmentait significativement après
coloration (12 % vs 2 %, p < 0,002).
L’étude de Saïtoh et al. [12] a dénombré chez 211 patients,
53 adénomes plans et 82 adénomes exophytiques, dont
respectivement 33 (62 %) et 12 (15 %) n’étaient vus
qu’après coloration par indigo carmin à 0,1 %. Dans cette
étude, les 211 patients pour lesquels la coloration par indigo
carmin était systématiquement réalisée dans le côlon gauche et,
devant une suspicion de polype, dans le côlon droit, ont été
comparés à 211 patients examinés classiquement sans coloration
spécifique. Le nombre d’adénomes de moins de 5 mm était plus
élevé dans le groupe avec coloration (79 % vs 38 % ;
p < 0,001) ainsi que le nombre de patients porteurs
d’adénomes de moins de 5 mm (35 % vs 9 % ;
p < 0,001). Dans une étude randomisée [13] ayant
comparé 147 patients avec chromoendoscopie à l’indigo carmin
0,5 % à 147 patients examinés sans coloration, le nombre
total d’adénomes ou d’adénomes de plus de 10 mm n’était pas
différent, bien que le nombre de patients avec un polype
hyperplasique ait été plus élevé après chromoendoscopie (41 %
vs 27 %, p < 0,01). Dans une troisième étude, la
chromoendoscopie systématique et pancolique était randomisée avec
la coloration ciblée sur des zones suspectes. Lors de l’examen avec
coloration ciblée, les nombres de patients avec polypes
hyperplasiques (67/128 vs 20/130), avec adénomes, avec plus de
3 adénomes (13/128 vs 4/130) ou avec adénome comprenant de la
dysplasie de haut grade (22/128 vs 6/130) étaient significativement
plus élevés qu’après chromoendoscopie systématique [14].
Cas des adénomes plans
Sept des dix études occidentales qui ont déterminé la fréquence des
adénomes plans ont utilisé la chromoendoscopie selon des modalités
variables (tableau 2( Tableau 2 )). Dans ces études, les adénomes
plans représentaient 7 % [16] à 39 % [19] des polypes
observés par chromoendoscopie (( figures 1B et 1C
)). Quinze [17] à 57 % [14] des patients avec adénomes étaient
atteints d’adénomes de type plan. Parmi ces études, seulement deux
études ont évalué l’apport des colorations par l’indigo carmin
systématique du rectosigmoïde ou du côlon gauche par rapport à un
examen standard pour le diagnostic d’adénome plan [10, 12]. La
première étude a révélé après coloration la présence de
178 polypes chez 27 des 48 patients sans lésion
rectosigmoïdienne initiale dont 13 néoplasies :
11 d’aspect plan et 2 d’aspect plan à centre déprimé. La
seconde étude a observé après coloration 188 lésions dont
66 était planes : 54 (82 %) de ces lésions étaient
des adénomes plans alors que seulement 82 (67 %) des
122 lésions polypoïdes étaient des adénomes
(p < 0,05).
Au total, la chromoendoscopie permet donc de détecter un nombre
important de lésions ou polypes non vus lors de la coloscopie
standard. La proportion d’adénomes est de 8 à 15 % ce qui
augmente le pourcentage de patients avec adénomes de 8 à
10 % voire 26 % pour les petits adénomes. En terme de
patient, les 5 études avec groupe contrôle ou randomisé ont
montré une augmentation du nombre de patients ayant des polypes
hyperplasiques et 3 études [10, 11, 12] ont montré une
augmentation du nombre de patients avec adénome de petite taille
(< 5 mm). Il est important de souligner que
3 études ont observé une augmentation du nombre de patients
avec au moins 3 adénomes après examen par chromoendoscopie
[11, 13, 14], ce qui modifie le délai du contrôle endoscopique
ultérieur.
Tableau 2 Fréquence des adénomes plans dans les
études endoscopiques prospectives occidentales.
|
Auteur
|
Coloration* Endoscopie inclusion
|
Polypes
|
Adénomes plans
|
Patients explorés
|
Patients avec adénome
|
Patients avec adénome plan
|
Patients avec adénome plan
|
|
|
n
|
n (%)
|
n
|
n
|
n
|
%
|
|
Lanspa [15] (1992)
|
Non faite
|
136
|
---
|
148
|
35
|
18
|
51
|
|
---
|
|
|
|
|
|
|
|
Prosp. 89-90
|
|
|
|
|
|
|
|
Jaramillo [16] (1995)
|
IC 0,5 %
|
352
|
109 (35)
|
232
|
96
|
55
|
57
|
|
HR (EC7HL2-HM2, CF 200HL, CF 200Z)
|
|
|
|
|
|
|
|
Prosp. 92-93
|
|
|
|
|
|
|
|
Hart [17] (1998)
|
Non
|
27
|
4 (11)
|
3 000
|
---
|
3
|
0,1
|
|
RSS de dépistage
|
|
|
|
|
|
|
|
Prosp.
|
|
|
|
|
|
|
|
Rembacken [18] (2000)
|
IC 0,2 %
|
321
|
119 (37)
|
1 000
|
225
|
---
|
---
|
|
OG (200L, 200Z)
|
|
|
|
|
|
|
|
Prosp. 95-99
|
|
|
|
|
|
|
|
Kiesslich [10] (2001)
|
IC 0,4 %
|
105
|
14 (13)
|
100
|
52**
|
---
|
---
|
|
HR ou OG (CF 140, XQ 200Z)
|
|
|
|
|
|
|
|
Prosp.
|
|
|
|
|
|
|
|
Saïtoh [12] (2001)
|
IC -0,1 %
|
137
|
53 (44)
|
211
|
102
|
48
|
48
|
|
Standard (CF 140 L)
|
|
|
|
|
|
|
|
Prosp.
|
|
|
|
|
|
|
|
Tsuda [19, 20] (2002)
|
IC - 01, %
|
973
|
66 (7)
|
1 189
|
337
|
52
|
15
|
|
OG (CF 200, CF 200 Z)
|
|
|
|
|
|
|
|
Prosp. 93-95
|
|
|
|
|
|
|
|
Samalin [20] (2002)
|
Non
|
321
|
32 (10)
|
---
|
136**
|
45
|
33**
|
|
Standard
|
203+
|
70 (32)+
|
|
|
|
|
|
Prosp.
|
|
|
|
|
|
|
|
Hurlstone [21] (2000)
|
IC – 0,5 %
|
1624
|
616 (39)
|
1850
|
---
|
---
|
---
|
|
Standard et HR (CF 240 Z)
|
|
|
|
|
|
|
|
Prosp.
|
|
|
|
|
|
|
*IC : indigo carmin ; HR : haute
résolution ; OG : optique grossissant ; RSS :
rectosigmoïdoscopie souple.
**Patient avec polype.
+Définition histologie de l’adénome plan.
Détermination de la nature néoplasique ou non néoplasique de la
lésion endoscopique
L’apport des colorations pour évaluer la nature histologique des
polypes ou l’envahissement muqueux et sous-muqueux des adénomes a
été également évalué (tableau 3( Tableau 3 )). Dans une première étude, chez
24 patients présentant des polypes de moins de 10 mm,
l’utilisation de l’indigo carmin à 0,2 % avec un coloscope à
haute résolution a permis de différencier les adénomes des lésions
non adénomateuses avec une sensibilité et une spécificité de
93 % et 95 %, et une valeur prédictive négative et
positive de 98 % et 87 %, respectivement [22]. Les autres
études (tableau 3) ont également retrouvé des valeurs
prédictives négatives et positives comparables de 90 et
80 %. Bien que ces résultats soient issus d’études
monocentriques réalisées par des équipes rompues à cet examen, ils
montrent que dans 5 à 10 % des cas la chromoendoscopie
évoque le caractère non dégénéré d’un polype. En outre, dans une
étude multicentrique prospective [27] les valeurs prédictives
négatives et positives pour les polypes de petite taille
(< 5 mm) étaient de 88 et 75 % pour les
polypes observés sur l’ensemble du cadre colique et de 89 et
69 % pour ceux situés dans le rectosigmoïde et susceptibles
d’être observés par une rectosigmoïdoscopie de dépistage.
Tableau 3 Résultats de la chromoendoscopie pour le
diagnostic de néoplasie et de leur degré d’envahissement.
|
Auteurs
|
Inclusion d’indigo carmin (%)
|
Lésion*(%)
|
Diagnostic de néoplasie (%)
|
Diagnostic néoplasie invasive (%)
|
|
sensibilité
|
spécificité
|
VPP
|
VPN
|
précision
|
sensibilité
|
spécificité
|
précision
|
|
Axelrad [22] (1996)
|
24 patients
|
55
|
93
|
95
|
87
|
98
|
82
|
---
|
---
|
---
|
|
IC 0,2%
|
14 (25)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
0 (0)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Togashi [23] (1997)
|
1280 patients
|
923
|
92
|
73
|
94
|
85
|
88
|
---
|
---
|
---
|
|
IC 0,2%
|
704 (76)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
37 (4)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Kato [24] (2001)
|
4445 patients
|
3438
|
42
|
99
|
---
|
---
|
75
|
82
|
99
|
85
|
|
IC 0,2%
|
3060 (89)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
99 (3)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Tung [25] (2001)
|
141 patients
|
175
|
94
|
65
|
76
|
89
|
80
|
---
|
---
|
---
|
|
IC 0,2%
|
93 (43)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
3 (1,5)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Eisen [27] (2002)
|
299 patients
|
480
|
82
|
82
|
75
|
88
|
82
|
---
|
---
|
---
|
|
IC 0,8%
|
193 (37)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
0 (0)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Hurlstone [26] (2004)
|
1850 patients
|
1008
|
98
|
92
|
95
|
96
|
95
|
50
|
98
|
87
|
|
IC 0,5%
|
616 (61)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
11 (1)
|
|
|
|
|
|
|
|
|
*Après chromoendoscopie nombre de lésion d’adénome et de
carcinome.
Détermination de l’envahissement muqueux et sous-muqueux
Les auteurs japonais [6, 7, 28] proposent que les grades III-l,
IIIs, et IV correspondent à des néoplasies non invasives, V
irrégulier (Vi) ou mixte à des néoplasies muqueuses ou
sous-muqueuses superficielles (sm1) et Vn ou amorphe (Va) à des
néoplasies sous-muqueuses profondes (sm2 ou sm3) (tableau 1).
Une des plus larges séries de néoplasies examinées après
chromoendoscopie à l’indigo carmin 0,2 % a étudié
919 carcinomes avec envahissement muqueux et 268 avec
envahissement sous-muqueux. Cent quatre-vingt-cinq des
919 lésions muqueuses présentaient un aspect IIIs ou V et
73 des 268 carcinomes sous muqueux présentaient un aspect
III-l ou IV [2], ce qui souligne la mauvaise spécificité de la
méthode pour prédire l’envahissement sous-muqueux.
Des petites séries suggèrent que la spécificité de l’aspect
endoscopique pourrait être meilleure en subdivisant le grade V en
fonction de l’organisation des cryptes. Dans l’étude séparant le
grade V en grade Va (amorphe) et Vi (irrégulier) [7], les
9 lésions classées Va envahissaient la partie moyenne ou
profonde de la sous-muqueuse (sm2 ou sm3) alors que 7 des
9 lésions Vi et aucune des 75 lésions III-l ou III-s
n’atteignaient la sous-muqueuse. En adoptant une classification
comparable, bien que le sous-groupe amorphe soit intitulé Vn et
irrégulier Va (!), 36 des 38 lésions classées Vn
(amorphe) et 7 des 37 lésions Va ( irrégulière)
envahissaient la sous-muqueuse avec une invasion plus marquée (sm2
et sm3) pour les lésions Vn (amorphe) [6].
Bien que la classification de l’aspect des cryptes en
5 types après coloration à l’indigo carmin ait été proposée
avec l’utilisation d’un coloscope à haute résolution avec ou sans
optique grossissante pour le diagnostic d’adénome tubuleux ou de
carcinome et de son degré d’envahissement sous-muqueux
(tableau 3), ces études monocentriques sont extrêmement
dépendantes des opérateurs. À partir d’une série de
13 004 polypes examinés entre 1985 et 2002, une équipe
rompue à cette technique a observé un envahissement sous-muqueux
dans respectivement 4 %, 0 %, 4 %, et 41 % des
types IIIs, III-l, IV et V de la classification de Kudo [6, 7].
Dans cette série il existait par ailleurs une corrélation entre
l’aspect chromoendoscopique et le type de néoplasie superficielle
classée selon la classification de Paris en type 0-I (polypoïde),
0-II-a ou II-b (non polypoïde non déprimé) ou 0-II-c (non polypoïde
déprimé) : dans ces trois groupes la fréquence du type V en
chromoendoscopie était respectivement de 3,6 %, 3,8 % et
31 %. Cependant, la valeur prédictive de l’aspect des cryptes
n’a pas été déterminée de façon prospective dans ces études puisque
c’est la fréquence des différents aspects qui a été décrite en
fonction du type histologique ou de l’envahissement pariétal de la
lésion par ailleurs réséquée. Dans ces évaluations rétrospectives,
la précision pour le diagnostic d’envahissement sous-muqueux est de
l’ordre de 85 % [24, 26]. Une étude [29] a déterminé de façon
prospective la sensibilité de la chromoendoscopie pour évaluer
l’envahissement sous-muqueux : elle était de 86 % pour
les 156 lésions envahissant la sous muqueuse (ou infiltrante
c’est à dire de catégorie 5 de la classification de Vienne) et
de 98 % pour les 2 951 lésions localisées à la
muqueuse.
Recherche de dysplasie au cours des MICI
La chromoendoscopie a été également utilisée au cours des
rectocolites ulcérées (RCH) en particulier pour leur surveillance à
la recherche de dysplasie (tableau 4( Tableau 4 )).
Dans une première étude, chez 61 patients atteints de RCH
explorés par coloscopie à optique grossissante et coloration à
l’indigo carmin à 0,1 %, la corrélation entre le grade
histologique d’activité de la RCH et l’aspect de la muqueuse après
chromoendoscopie était meilleure (r = 0,807) que la
corrélation obtenue avec l’aspect endoscopique observé en l’absence
de coloration par l’indigo carmin (r = 0,665). L’aspect
de la muqueuse après coloration par l’indigo carmin était classé en
5 grades : (grade 1) aspect arrondi des cryptes
régulièrement réparties, (grade 2) aspect villeux des cryptes dont
les orifices ne sont plus visibles, (grade 3) aspect d’érosion de
l’épithélium sous la forme de petites dépressions entourées d’un
œdème muqueux avec une irrégularité de la répartition des cryptes,
(grade 4) aspect de dépôts ponctiformes jaunâtres et (grade 5)
aspect irrégulier de la muqueuse en corail [31]. Un sous-groupe de
18 patients a été étudié prospectivement par coloscopie à
optique grossissante et coloration à l’indigo carmin et suivi
durant 6 mois. Une rechute clinique confirmée endoscopiquement
était notée chez 16 des 18 patients. Sept des
9 patients ayant des érosions épithéliales après chromo
endoscopie (lésions de grade 3) et 2 des 9 patients ne
présentant pas cet aspect d’érosion épithéliale (lésions de grade
1 ou 2) ont présenté une rechute à 6 mois.
Études contrôlées et randomisées ou cas-témoins
Dans une étude contrôlée et randomisée chez 174 patients
atteints de rectocolite évoluant depuis plus de 8 ans,
87 ont été explorés par endoscopie à optique grossissante avec
coloration au bleu de méthylène à 0,1 % et comparés à
87 patients explorés par coloscopie classique sans
chromoendoscopie. Dans ces deux groupes, les patients ont bénéficié
en moyenne de 42 et 38 biopsies (ns) dont respectivement
14 et 4 (p < 0,01) de ces biopsies étaient
dirigées vis-à-vis d’anomalies muqueuses repérées endoscopiquement
[35]. L’utilisation d’un coloscope à optique grossissante et de la
chromoendoscopie au bleu de méthylène permettait d’observer un
nombre plus important de néoplasies intra-épithéliales (dysplasie
de bas ou de haut grade ou cancer invasif) égale à 35 chez les
patients explorés avec chromoendoscopie et 11 chez les autres
(p < 0,005). En terme de « nombre de
patients », il n’y avait pas de différence entre les
2 groupes (13/87 vs 6/87 patients, ns). Concernant
l’aspect des lésions, 24 des 32 néoplasies du premier
groupe et 4 des 10 néoplasies du second groupe étaient de
type plan (p < 0,001).
Dans une seconde étude contrôlée randomisée [34] où
162 patients ont été explorés par endoscopie à optique
grossissante avec coloration à l’indigo carmin à 0,1 % et
comparés à 162 patients explorés par coloscopie classique sans
chromoendoscopie, l’utilisation d’un coloscope à optique
grossissante et de la chromoendoscopie permettait d’observer un
nombre plus important de néoplasies (dysplasie de bas ou de haut
grade ou cancer invasif) : 44 chez les patients explorés
avec chromoendoscopie et 12 chez les autres
(p < 0,005). Concernant l’aspect des lésions,
31 des 44 néoplasies du premier groupe et 6 des
12 néoplasies du second groupe étaient de type plan
(p < 0,001). Ces 56 dysplasies étaient observées
au total chez 38 des 324 patients mais il n’était pas
précisé la répartition dans les 2 groupes ni une éventuelle
augmentation du nombre de patients ayant une dysplasie colique sur
RCH dans le groupe chromoendoscopie.
Dans une troisième étude [36] de 100 patients atteints de
RCH, des biopsies coliques réalisées tous les 10 cm et non
ciblées ont été comparées aux biopsies réalisées après coloration
par l’indigo carmin à 0,1 % au cours d’une seconde coloscopie
réalisée immédiatement après la première. Lors de la première
coloscopie standard sans coloration, 2 904 biopsies
« systématiques et à l’aveugle » ont été réalisées. Elles
ne mettaient pas en évidence de dysplasie de bas grade alors que
parmi les 43 biopsies dirigées ou associées à une irrégularité
macroscopique, 2 lésions dysplasiques chez 2 patients
étaient observées. L’examen avec chromoendoscopie à l’indigo carmin
a permis d’observer sur 114 biopsies ciblées, 7 lésions
dysplasiques chez 5 patients. Les biopsies dirigées sur des
anomalies macroscopiques montraient de la dysplasie dans 4,7 %
(2/43), l’utilisation de la chromoendoscopie, augmentait ce
pourcentage à 6,1 % (7/114) (p = 0,06) alors que
biopsies systématiques et étagées ne révélait pas de dysplasie
(0/2904 ; p < 0,02) [33]. En termes de patients,
l’examen après chromoendoscopie détectait 7/100 patients ayant
de la dysplasie comparé à 2/100 (p < 0,06) pour la
chromoendoscopie ciblée et à 0/100 patients
(p < 0,02) pour les biopsies étagées
systématiques.
Au total, ces études montrent que l’utilisation d’un colorant
permet une meilleure définition de l’aspect endoscopique de la
muqueuse colique qui peut modifier les modalités de biopsie et de
surveillance des patients atteints de RCH et surtout, dans une des
3 études contrôlées, augmenter le nombre de patients porteurs
de dysplasie colique. Son retentissement dans la surveillance ou la
prise en charge des patients doit être précisé par d’autres études
prospectives randomisées avant de recommander son utilisation
systématique et surtout d’abandonner les biopsies systématiques et
étagées à la recherche de dysplasie au cours de la surveillance
colique des RCH.
Tableau 4 Résultats de la chromoendoscopie pour le
diagnostic de néoplasie au cours de la rectocolite
ulcéro-hémorragique.
|
Auteurs
|
Patients n
|
Matériel endoscopique
|
IC†
|
n lésion plane/sessile
|
n patient avec dysplasie
|
n dysplasie(n carcinome)
|
diagnostic de dysplasie sens. spec. VPP VPN
|
|
Jaramillo [30] (1996)
|
85
|
FC7 HM2-HL2
|
+
|
104
|
38
|
23 (0)
|
---
|
|
CF 200 HL, 200Z
|
+
|
77/21
|
|
Fujiya [31] (2002)
|
61
|
CF 200Z
|
+
|
116
|
---
|
---
|
---
|
|
Matsumoto [32] (2003)
|
57
|
CF 240Z
|
+
|
116
|
11/12
|
25 (0)
|
86-89-16-99
|
|
CF 200-230
|
–
|
27/57
|
7/12
|
3 (0)
|
---
|
|
Hata [33] (2003)
|
----
|
----
|
+
|
35
|
---
|
123 (0)
|
100-57
|
|
Hurlstone [34] (2003)
|
162
|
CF 240Z
|
+
|
168
|
---
|
42 (2)
|
97-93-97-91
|
|
162
|
CF 240
|
–
|
31/--
|
---
|
11 (1)
|
|
|
Kiesslich [35] (2003)
|
87
|
EC 3831Z
|
+
|
42
|
13
|
32 (3)
|
93-93-83-98
|
|
87
|
EC3830 FK
|
–
|
8/--
|
6
|
10 (1)
|
|
|
Rutter [36] (2004)
|
100
|
CF 240
|
+
|
114*
|
7
|
7
|
---
|
|
CF 240
|
–
|
43*
|
2
|
2
|
---
|
|
CF 240
|
–
|
2904*
|
0
|
0
|
---
|
*114 biopsies ciblées après chromoendoscopie,
43 biopsies ciblées avant chromoendoscopie et
2904 biopsies étagées.
†IC : + pour chromoendoscopie par l’indigo
carmin
Cas particuliers (cancer colique héréditaire sans polypose,
polypose colique familiale atténuée)
La chromoendoscopie a été également utilisée dans la surveillance
de patients présentant une prédisposition héréditaire aux
néoplasies coliques. Au cours de la polypose adénomateuse familiale
atténuée, le recours à la coloration par l’encre diluée a permis de
dénombrer le nombre de polypes à plus de 1 000 chez
4 patients qui initialement après coloscopie standard
présentaient moins de 20 polypes [37].
Dans une série de cas [38], chez 12 patients porteurs d’un
cancer héréditaire sans polypose explorés initialement par une
coloscopie standard (avec un coloscope à haute résolution) puis
avec coloration à l’indigo carmin à 0,4 %,14 polypes
(2 plans, 10 sessiles et 2 pédiculés) étaient
repérés chez 6 des 12 patients par la coloscopie seule.
Après chromoendoscopie, 11 polypes supplémentaires
(9 plans et 2 sessiles) étaient repérés chez 6 des
12 patients. Avant coloration, les lésions correspondaient à
4 adénomes et 11 polypes hyperplasiques et après
coloration 4 adénomes (gain de 100 %) et 2 polypes
hyperplasiques supplémentaires étaient visualisés.
Les aspects techniques
Comparaison chromoendoscopie et examen par échoendoscopie
L’utilisation de la chromoendoscopie pour estimer le degré
d’envahissement muqueux et sous-muqueux des néoplasies coliques a
été comparée à l’échoendoscopie par minisondes. La précision
diagnostique pour juger le caractère invasif (sm2 ou sm3) de
123 néoplasies examinées était de 89 % pour la
chromoendoscopie au crésyl violet (à 0,05 %) et 79 % pour
l’échoendoscopie (p < 0,02). Cette précision était
respectivement de 91 % versus 79 % pour les
75 lésions polypoïdes et de 88 % versus 79 % pour
les 48 lésions planes [39]. Inversement dans une seconde étude
[40], l’analyse de 22 et 28 néoplasies coliques avec
envahissement sous-muqueux respectivement superficiel et profond a
montré que la précision du diagnostic d’envahissement sous-muqueux
profond était de 92 % pour l’échoendoscopie par minisonde
(12 et 20 MHz) et de 63 % pour la chromoendoscopie
au crésyl violet à 1 %.
Chromoendoscopie et coloscope à haute résolution et/ou à
optique grossissante
Dans une première étude [41], la chromoendoscopie avec optique
grossissante chez 321 patients a été comparée à la
chromoendoscopie par l’indigo carmin à 0,1 % avec un coloscope
classique mais la chromoendoscopie n’était réalisée que de façon
ciblée sur des aspects inhabituels de la muqueuse colique. Le
nombre de lésions (405 vs 407), d’adénomes (330 vs 312), de
dysplasies de haut grade (34 vs 31) ou de lésions planes (147
vs 136) n’était pas significativement augmenté par l’utilisation du
coloscope avec zoom mais pour le diagnostic de nature néoplasique
des lésions, la sensibilité (97 vs 77 %) et la spécificité (73
vs 60 %) étaient meilleures après utilisation du zoom. Dans
une seconde étude randomisée prospective [42], la coloscopie
standard (n = 500) était comparée à la coloscopie avec
chromoendoscopie à l’indigo carmin à 0,4 % ou au bleu de
méthylène à 0,1 % en cas de suspicion de lésions
(n = 250) ou à la coloscopie avec grossissement associée
à la chromo endoscopie (n = 250).
Avec ces trois stratégies, 309, 214, et 212 polypes ont été
respectivement repérés. Il existait une augmentation significative
(p < 0,05) du nombre d’examens avec adénomes après
coloration par l’indigo carmin avec (59 %) ou sans (55 %)
utilisation du coloscope grossissant comparée à la coloscopie sans
coloration (43 %). Comparées à l’examen anatomo-pathologique,
la sensibilité et la spécificité pour le diagnostic d’adénome vs
celui de polype non adénomateux étaient respectivement de 98 %
et 74 % avec la coloscopie avec chromoendoscopie et optique
grossissante et de 84 % et 68 % lors de la coloration
avec chromoendoscopie et coloscopie standard.
Chromoendoscopie pancolique ou chromoendoscopie ciblée
La réalisation de la chromoendoscopie peut se faire de façon ciblée
lorsque la première observation suspecte une discrète anomalie de
relief ou de coloration ou inversement, de façon systématique, lors
du retrait du coloscope.
Une étude randomisée a comparé le rendement de ces deux
stratégies chez 132 et 128 patients examinés par
chromoendoscopie respectivement pancolique ou ciblée avec l’indigo
carmin 0,5% [26]. Le nombre de polypes hyperplasiques et d’adénomes
était plus élevé après chromoendoscopie pancolique sans préciser si
le nombre de patients ayant des adénomes était également plus
élevé. Cependant, après chromoendoscopie pancolique systématique,
il existait une augmentation significative du nombre de patients
ayant 3 adénomes ou plus (p < 0,01) ou des
adénomes présentant au moins une dysplasie de haut grade
(p < 0,0006).
Indication et conclusion
En Europe, un panel d’experts a jugé que la coloration à l’indigo
carmin (solution aqueuse à 0,2 %) était [39] :
- – inappropriée pour la détection de « larges
lésions » ou de cancers colorectaux ;
- – utile pour évaluer la présence d’une dépression à la
surface d’une lésion pour apprécier son invasion
sous-muqueuse ;
- – nécessaire à la recherche de lésions néoplasiques de
petite taille en particulier non polypoïdes ;
- – appropriée pour visualiser la persistance de résidus
néoplasiques après exérèse endoscopique fractionnée de polypes
coliques.
Les recommandations de la RPC endoscopie digestive basse de 2004
sur les colorations au cours de l’exploration du côlon proposent
que l’utilisation de colorants au cours de la coloscopie soit une
aide au diagnostic et à la décision thérapeutique, en particulier
en cas de suspicion de lésion « plane ».
L’utilisation de l’indigo carmin est recommandée au cours du
bilan des patients atteints (ou susceptibles d’être
atteints) :
- – d’un syndrome HNPCC (grade B) ;
- – de polypose familiale atténuée (grade B) ;
- – de maladies inflammatoires chroniques intestinales
dans le cadre d’une stratégie de surveillance à la recherche de
néoplasie. Cette coloration ne permet pas de différencier avec
certitude les polypes hyperplasiques des adénomes (grade C).
Pour conclure, la coloration, par l’indigo carmin à 0,2 %
ou à 0,4 % au cours de la coloscopie, augmente de façon
significative le taux de détection des adénomes de moins de
5 mm en particulier au niveau du côlon proximal et pourrait
également augmenter le nombre de patients porteurs d’adénomes
visualisés chez les patients examinés par coloscopie, en
particulier des patients atteints d’au moins 3 adénomes. Une
fréquence attendue de patients porteurs d’adénomes plans de l’ordre
de 10 % à 30 % est également décrite dans les pays
occidentaux après coloration par l’indigo carmin. Au cours de la
RCH, le nombre de lésions dysplasiques est plus élevé après
chromoendoscopie – ainsi que le pourcentage de dysplasies planes –
et elle permet d’augmenter significativement le nombre de
dysplasies comparé à un protocole de biopsies étagées et
systématiques1.
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1 Les photographies 2,3 et 4 ont été
réalisées en collaboration avec le Dr JC Letard (Poitiers).
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