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L'hépatite E


Hépato-Gastro. Volume 5, Numéro 1, 21-6, Janvier - Février 1998, Mini-revues

Article gratuit  

Auteur(s) : Claude Molinié, Jean-Ariel Bronstein

Résumé : Le virus de l'hépatite E, petit virus à ARN, non enveloppé, sévit de façon endémique dans de nombreux pays en voie de développement, surtout tropicaux. Il y est parfois responsable d'épidémies de grande ampleur, frappant de façon préférentielle l'adolescent et l'adulte jeune. Il n'est pas exclu qu'un niveau d'endémie très faible, vestigial, persiste dans les pays développés où elle ne semble pas faire peser de menace collective. Les cas observés surviennent le plus souvent chez des voyageurs revenant d'un pays d'endémie. Le virus ingéré passe dans la circulation et se réplique dans le foie. Il est rejeté avec les selles. Le mode de transmission habituel est indirect, fécal-oral. La transmission interhumaine directe est rare, la transmission par voie sanguine probablement exceptionnelle. L'existence d'une transmission verticale a été documentée. Elle est cause de morts fœtales et d'avortements. L'hépatite E est une hépatite aiguë initialement indiscernable des autres hépatites aiguës. Elle évolue en général vers la guérison spontanée, sans séquelle. Cependant, les formes fulminantes sont plus fréquentes que dans les autres hépatites virales. Elles frappent avec prédilection la femme enceinte, entraînant chez elle une mortalité qui peut aller jusqu'à 20 %. Le diagnostic repose sur la mise en évidence des anticorps sériques spécifiques par des tests immuno-enzymatiques ou d'immunotransfert. Ces tests utilisent des protéines recombinantes ou des peptides de synthèse qui reproduisent la structure des épitopes majeurs, en partie communs à tous les génotypes du virus. La prophylaxie repose de façon primordiale sur l'hygiène de l'eau et des excréta. Les propriétés immunogènes des polypeptides antigéniques recombinants ouvrent des perspectives à la mise au point d'un vaccin.

Mots-clés : hépatite E, VHE.

 

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