ARTICLE
L'hémochromatose est une maladie autosomique récessive,
responsable, dans sa forme homozygote, d'une accumulation progressive
de fer dans l'organisme. Son expression tardive et l'existence d'un traitement
efficace, lorsque le diagnostic est porté tôt, en justifient
le dépistage.
Justification du dépistage
L'hémochromatose répond aux critères de l'OMS concernant
les maladies nécessitant un dépistage [1].
Prévalence
La maladie à dépister doit représenter un problème
de santé significatif. Les différentes études, basées
sur des critères phénotypiques, réalisées
dans des populations caucasiennes montrent une prévalence de surcharges
en fer de l'ordre de 2,2 , avec un intervalle de confiance à
95 % de 1,5 à 3 [2]. Deux récentes études,
l'une australienne [3], l'autre bretonne [4], donnent une prévalence
de l'homozygotie C282Y encore supérieure, de l'ordre de 5 .
Histoire naturelle et pronostic de la maladie
[5]
L'histoire naturelle de la maladie doit être bien connue et comprendre
une phase pré-symptomatique prolongée. Cette condition est
parfaitement remplie par l'hémochromatose. L'augmentation de l'absorption
digestive du fer entraîne progressivement une accumulation de fer
dans l'organisme. Trois phases peuvent schématiquement être
décrites. La première est totalement latente sur le plan
clinique et biologique. Puis apparaissent des anomalies biologiques (augmentation
du fer sérique et surtout du coefficient de saturation de la transferrine,
d'abord isolée, puis associée à l'augmentation de
la ferritine sérique) sans aucune symptomatologie clinique : cette
deuxième phase est très prolongée, s'étendant
le plus souvent de la deuxième à la cinquième décennie
de la vie. L'expression clinique de la maladie, qui définit la
troisième phase, est donc tardive, et les premiers symptômes
(asthénie, douleurs articulaires [6]) sont peu spécifiques
et souvent longtemps méconnus. L'âge moyen du diagnostic
se situe autour de 50 ans. Le tableau « historique » de la maladie,
associant cirrhose, diabète et mélanodermie, est de moins
en moins rencontré grâce au diagnostic précoce [7,
8]. Il est important de noter que l'existence de signes cliniques, d'un
diabète [7, 9] (figure
1) et la présence d'une cirrhose [9-11] sont clairement
corrélées à l'importance de la surcharge en fer,
dont la progression avec l'âge a été démontrée
lors du suivi de malades dépistés par enquête familiale
[12].
Le pronostic de l'hémochromatose a été établi
par des études de suivi comparant l'espérance de vie des
malades à celle d'une population de référence appariée
en sexe et en âge [9, 13, 14]. Ces études ont permis de démontrer
que l'hémochromatose est responsable d'une diminution significative
de la survie, mais uniquement chez les malades présentant une cirrhose
ou un diabète au moment du diagnostic. Les causes de décès
sont alors le carcinome hépatocellulaire, survenant pratiquement
toujours sur foie cirrhotique [9, 15, 16] ou la décompensation
d'une cardiomyopathie, d'une cirrhose hépatique ou d'un diabète.
Lorsque la cirrhose est installée, le risque de cancer persiste
après désaturation [9, 16]. En revanche, les malades diagnostiqués
au stade précirrhotique et traités par saignées ont
une espérance de vie identique à celle de la population
générale [9, 13, 14].
Le pronostic fonctionnel doit également être considéré.
La fatigue et la mélanodermie répondent souvent au traitement,
contrairement aux manifestations sexuelles et aux arthropathies. Ces dernières
sont souvent présentes dès le diagnostic initial et peuvent
s'aggraver malgré le traitement [9].
Toutes les études récentes convergent vers le fait qu'un
diagnostic précoce de l'hémochromatose, en particulier par
dépistage familial, permet de détecter des formes pauci-
ou asymptomatiques de la maladie, correspondant à des surcharges
en fer moins importantes que celles diagnostiquées auparavant [7,
8] (tableaux 1
et 2). Le diagnostic précoce est actuellement
plus fréquent, ce qui entraîne une amélioration concomitante
de la survie actuarielle des patients [9]. Cela correspond vraisemblablement
au fait que le diagnostic est plus souvent évoqué devant
des manifestations cliniques mineures et que le dépistage familial
s'est répandu. Cependant, il reste encore trop de patients diagnostiqués
au stade de lésions irréversibles, et seule la pratique
d'un dépistage systématique permettra de nouveaux progrès.
Certes, aucune étude à l'heure actuelle ne permet formellement
de démontrer l'efficacité clinique du dépistage de
l'hémochromatose, c'est-à-dire l'obtention d'une amélioration
potentielle de l'état de santé de la population dépistée
par rapport à une population qui ne le serait pas [2]. Mais il
existe un faisceau d'arguments convergents pour penser que tel serait
le cas.
Traitement
La maladie doit être accessible à un traitement, dont les
indications doivent être généralement acceptées.
Cette condition est parfaitement remplie par l'hémochromatose,
qui est la seule maladie génétique pour laquelle existe
un traitement simple, efficace et peu coûteux [9, 13-15]. Les phlébotomies
sont d'autant plus faciles et efficaces qu'elles sont commencées
tôt : la durée de la phase d'attaque nécessaire pour
désaturer un malade dépend de l'intensité initiale
de la surcharge. La tolérance de ce traitement est dans notre expérience
bonne : les malades décrivent un certain degré d'asthénie,
surtout le jour suivant la saignée. Son efficacité est totale
chez les malades asymptomatiques et non cirrhotiques. En revanche, certaines
manifestations (douleurs articulaires, impuissance) peuvent ne pas être
améliorées, et le risque de cancer primitif du foie persiste,
même après désaturation, lorsque la cirrhose est présente
à l'examen histologique initial. Du fait de ces possibilités
thérapeutiques, la pratique d'un dépistage anténatal
apparaît totalement injustifiée.
Procédures diagnostiques et dépistage
Les tests diagnostiques doivent être connus et acceptables par
la population. Cela est le cas pour l'hémochromatose. La séquence
largement proposée repose sur un premier test phénotypique,
suivi, en cas d'anomalie, de la recherche de la mutation C282Y du gène
hémochromatose ou HFE [17]. Le coefficient de saturation
de la transferrine est le test phénotypique de référence
à l'heure actuelle [17]. Ses performances sont relativement bien
établies, sur des études de population générale,
antérieures à la découverte du gène HFE
[2]. Pour un seuil de 60 %, sa sensibilité varie de 0,90 à
0,97, et sa spécificité de 0,9 à 0,98 [2]. La mesure
de la capacité libre de fixation du fer du sérum serait
aussi efficace et beaucoup moins onéreuse [18], mais elle manque
de validation à l'heure actuelle. La découverte du gène
HFE et la mise en évidence qu'une seule mutation, C282Y,
est responsable de la majeure partie des hémochromatoses familiales
représente un progrès majeur. Elles permettent une confirmation
aisée, non invasive et facilement disponible, du test de dépistage
phénotypique. De ce fait, les risques du dépistage deviennent
minimes en termes de morbidité et de mortalité. Le retentissement
psychologique de la réalisation des tests de dépistage peut
être tout à fait minimisé si des explications claires
concernant le mécanisme et les risques de la maladie sont données.
Reste le retentissement social, en particulier vis-à-vis des programmes
de santé non gouvernementaux ou des assurances : des discriminations
totalement injustifiées ont déjà été
notées [19]. Cela doit impérativement être réglé
avant de lancer des actions de masse.
Rapport coût/efficacité
Le dépistage doit être financièrement acceptable,
permettant au mieux une économie en diminuant, malgré le
coût de sa mise en uvre, les frais inhérents à
la prise en charge des formes diagnostiquées tardivement (traitement
plus long, traitement des complications, conséquences économiques
des arrêts d'activité, etc). Il doit être en tout cas
chiffré, exprimé au mieux par « année de vie
sauvée ». Les données actuelles seront présentées
dans les chapitres suivants.
En résumé, il est clairement démontré à
l'heure actuelle que le dépistage précoce de l'hémochromatose,
maladie potentiellement létale, avant l'apparition de signes fonctionnels
et l'installation d'une cirrhose, permet de normaliser la qualité
et l'espérance de vie des patients, au prix d'un traitement simple
et bien toléré. Les deux modalités essentielles,
dépistage familial et dépistage systématique «
de masse », vont être tour à tour envisagées.
Dépistage familial
Bases génétiques
Le premier individu d'une famille pour lequel le diagnostic d'hémochromatose
est posé, sur des données phénotypiques, est appelé
« probant ». La maladie se transmettant selon un mode autosomal
récessif, seuls les sujets porteurs, sur leurs deux chromosomes
6, du gène HFE muté (= homozygotes ou hh) expriment
la maladie. Les sujets porteurs d'un seul gène muté (= hétérozygotes
ou Hh) n'expriment pas la maladie en l'absence d'autres facteurs étiologiques
de surcharge en fer [20].
Le probant est le plus souvent issu de l'union de deux parents hétérozygotes,
et c'est dans sa fratrie qu'il y a le plus de risque de trouver un autre
homozygote : en effet, l'union de deux hétérozygotes donne
statistiquement naissance à 1/4 d'enfants homozygotes, 1/2 d'enfants
hétérozygotes et 1/4 d'enfants indemnes (figure
1, A).
Les enfants du probant sont au minimum hétérozygotes,
puisqu'ils reçoivent obligatoirement un gène muté
(figure 1, C). Cependant,
l'union du probant à un sujet hétérozygote est possible
(fréquence des hétérozygotes dans la population générale
bretonne : 12 %) et donne statistiquement naissance à une fratrie
constituée, à parts égales, de sujets homozygotes
et de sujets hétérozygotes (figure
1, B) ; dans ce cas, la transmission est pseudo-dominante, puisqu'un
sujet atteint donne naissance à un malade. Enfin, l'union de deux
homozygotes est exceptionnelle, avec, dans ce cas, homozygotie de tous
les descendants.
Les parents du probant sont également au minimum hétérozygotes.
Étant donné leur âge, il est rare, mais possible (surtout
chez les mères), de faire le diagnostic d'homozygotie chez l'un
des deux parents (ce qui renvoie à l'union homozygote-hétérozygote)
en partant d'un enfant.
Réalisation pratique
* Dépistage phénotypique
dépistage génétique
Le dépistage phénotypique reproduit la démarche
diagnostique de l'hémochromatose. Il repose sur la recherche de
signes cliniques de surcharge en fer et sur la mesure du coefficient de
saturation de la transferrine et de la ferritinémie, en précisant
les éventuelles causes de sous-expression d'une homozygotie (dons
de sang, pertes génitales) ou de faux positifs (alcoolisme chronique,
syndrome inflammatoire, hépatopathie...) des paramètres
sériques de charge en fer, ainsi que d'éventuelles causes
possibles de surcharge. La disponibilité du test génétique
a extraordinairement simplifié le processus, rendant obsolète
toute la démarche ancienne, basée sur l'étude de
la transmission intrafamiliale des haplotypes HLA. La réalisation
de ce test, comme celle de tout test génétique, répond
à une réglementation stricte (Loi n° 94-654 du 29 juillet
1994, relative à la « médecine prédictive et
identification génétique ») : le sujet à qui
il est pratiqué doit donner son consentement éclairé
par écrit. Le résultat doit lui être communiqué
et donner lieu à un conseil génétique. Le test n'est
actuellement pas inscrit à la nomenclature.
* Définition du probant
Dans l'état actuel des connaissances, le dépistage génétique
ne se conçoit que dans les familles des probants homozygotes C282Y.
En cas de tableau phénotypique évocateur d'hémochromatose
génétique, mais non marqué par l'homozygotie C282Y,
ce qui représente moins de 4 % des patients dans notre série,
un dépistage phénotypique simple peut être réalisé
dans la famille (avec une rentabilité nulle dans notre expérience)
[21].
* Apparentés
Le dépistage s'adresse en première intention aux apparentés
au premier degré du probant, c'est-à-dire aux parents, aux
frères et surs et aux enfants. Il sera étendu ensuite
à la descendance des homozygotes et hétérozygotes
dépistés.
Les parents sont souvent âgés, c'est dire qu'une éventuelle
homozygotie sera soit exprimée phénotypiquement, soit ne
s'exprimera probablement pas ou peu. Nous conseillons un dépistage
phénotypique, ne débouchant sur un test génétique
qu'en cas d'anomalies.
La fratrie doit faire l'objet d'un dépistage phénotypique
et d'un test génétique : en effet, certains homozygotes,
en particulier de sexe féminin, peuvent ne pas exprimer encore
de surcharge. Surtout, il importe de distinguer les sujets indemnes des
sujets hétérozygotes afin de conseiller ou non un dépistage
dans la descendance.
Les enfants posent le problème de l'âge optimal du dépistage.
Le Comité consultatif national d'éthique ne favorise pas
un dépistage avant la majorité, mais il faut bien dire que
ces recommandations ont été établies pour des maladies
génétiques extrêmement différentes en termes
de pronostic, comme la mucoviscidose ou la chorée de Huntington.
Certes, l'existence de lésions viscérales est exceptionnelle
avant l'âge de 35 ans, puisqu'il est maintenant démontré
que l'hémochromatose juvénile n'est pas associée
au gène HFE. Cependant, une surcharge en fer peut être
présente dès l'âge de 10 ans [22]. Une façon
élégante de résoudre le problème, en répondant
à l'inquiétude des parents, est de faire le test génétique
chez le conjoint du probant : si celui-ci n'est pas hétérozygote,
les enfants peuvent être rassurés. De plus, il a été
démontré que cette démarche est économique,
permettant de diminuer le coût de 40 % [23].
* Réalisation pratique
L'organisation du dépistage dans la famille d'un patient atteint
d'hémochromatose se heurte à deux types de difficultés
:
D'ordre pratique. Du fait qu'il s'agit d'une maladie de l'âge
adulte, les parents du probant sont souvent décédés
et la fratrie souvent dispersée. Le probant et son conjoint sont
surtout préoccupés par la possible atteinte de leurs enfants.
D'ordre éthique et même légal. Le patient
n'est pas obligé de prévenir ses apparentés, et son
médecin ne peut passer outre : La démarche recommandée
par le Comité consultatif national d'éthique implique que
le probant prévienne lui-même les membres de sa famille,
puis que ceux-ci prennent contact avec le corps médical, au mieux
par l'intermédiaire d'une consultation de conseil génétique,
pour la réalisation du dépistage [17]. Il revient au médecin
du probant de lui expliquer clairement l'utilité de dépister
ses apparentés. Il faut ensuite une information claire de chaque
apparenté sur la nature, les conséquences et le mode de
transmission de la maladie, ainsi que sur les modalités thérapeutiques
éventuelles et leur incidence sur le pronostic.
* Conséquences thérapeutiques
Les homozygotes C282Y doivent être traités. Un certain
nombre n'ont aucune expression de la maladie (7 % des apparentés
dépistés dans notre expérience) [R. Moirand, soumis
à publication]. Ceux-là doivent faire l'objet d'une surveillance
régulière, tous les ans, de la ferritinémie.
Avant la découverte du gène HFE et l'individualisation
de l'hépatosidérose dysmétabolique, il était
dit que les hétérozygotes pouvaient exprimer une surcharge
en fer modérée dans environ 20 % des cas, cette surcharge
étant toujours asymptomatique et n'entraînant pas de lésions
viscérales. Ces résultats doivent être réévalués
à la lumière des données récentes : une étude
préliminaire n'a pas mis en évidence de différence
entre hétérozygotes et indemnes de mutation en termes d'anomalies
biologiques, les déterminants essentiels de la fréquence
de l'élévation des paramètres sériques de
charge en fer étant la consommation excessive d'alcool et la présence
d'anomalies dysmétaboliques [20]. Une question importante est soulevée
par la possibilité d'un certain degré de surexpression d'une
surcharge en fer chez les hétérozygotes composites, hétérozygotes
à la fois pour les mutations C282Y et H63D. En fait, la différence
n'est pas cliniquement significative [24], et il ne paraît pas utile,
dans l'état actuel des connaissances, de préconiser la recherche
de la mutation H63D chez les hétérozygotes C282Y. En revanche,
l'existence d'anomalies martiales chez un hétérozygote doit
faire rechercher une autre cause de surcharge en fer. En leur absence,
aucune surveillance n'est théoriquement indiquée. Cette
proposition doit être tempérée par la possibilité,
pour un hétérozygote jeune, de développer ultérieurement
un autre type de surcharge en fer, telle qu'une hépatosidérose
dysmétabolique, avec possiblement une fréquence accrue par
rapport à la population sans mutation du gène HFE.
Un contrôle de la ferritinémie vers la cinquantaine pourrait
être conseillé. Mieux, ces sujets pourraient être dirigés
vers les centres de transfusion sanguine pour devenir donneurs de sang
réguliers, manière élégante de prévenir
l'apparition d'une surcharge tout en palliant la pénurie de dons.
Les sujets sans mutation peuvent être totalement rassurés,
aucune surveillance n'étant nécessaire.
* Efficacité et coût du dépistage
Le dépistage familial est beaucoup plus efficace que le dépistage
de masse, car s'adressant à une population à plus haut risque
d'homozygotie C282Y. Dans notre expérience, basée sur le
groupage HLA et portant sur 1 298 apparentés, le dépistage
a abouti à la suspicion d'une homozygotie chez 13 % des sujets
dépistés, la plupart exprimant une surcharge en fer [17].
Une étude basée sur une démarche analogue a conclu
à son efficacité en termes de jours de vie sauvés
et d'argent économisé [22]. La simplification de la démarche
diagnostique qu'apporte le test génétique devrait améliorer
cette efficacité.
Dépistage de masse
Expériences antérieures
Un certain nombre d'études de dépistage, toutes phénotypiques,
ont été réalisées avant l'ère génétique.
Elles ont permis d'établir l'efficacité des tests de dépistage
et la prévalence des surcharges en fer idiopathiques. Différentes
populations ont été étudiées, donneurs de
sang [18, 25-27], malades hospitalisés [28, 29] ou suivis en externe
[30], employés d'entreprises [31], diabétiques [32] ou jeunes
militaires [33]. Les tests de dépistage, les seuils choisis et
la démarche diagnostique étaient assez variables, mais comprenaient
au moins le coefficient de saturation ou la ferritine sérique,
une biopsie hépatique étant proposée aux malades
repérés. Toutes ces études ont permis le diagnostic
d'homozygotes non connus, avec une fréquence remarquablement similaire
et proche des prévisions [34], et ont donc préconisé
la mise en route d'un dépistage systématique.
Études d'évaluation clinique et
économique
Trois études théoriques, évaluant le rapport coût/efficacité
du dépistage, et basées sur des modèles d'aide à
la décision ont été publiées avant la découverte
du gène. Elles comparent le coût du dépistage d'un
homozygote asymptomatique à celui de la prise en charge des complications
de la maladie [35-37]. Un certain nombre de critiques ont été
soulevées quant à leur méthodologie (absence de prise
en compte des coûts indirects en particulier). Elles ont cependant
conclu que le dépistage de masse de l'hémochromatose pouvait
être financièrement rentable. L'étude d'Adams et
al. [37] identifiait comme paramètres les plus importants en
termes de rapport coût/efficacité le prix du test initial
et ses performances.
Faisabilité et acceptabilité d'un
dépistage de masse
C'est essentiellement sur des arguments de non-faisabilité et
de mauvaise acceptabilité de la biopsie hépatique, critère
diagnostique alors indispensable, que l'Andem (Agence nationale d'accréditation
et d'évaluation en santé) n'a pas recommandé la mise
en uvre d'une campagne de dépistage en 1995. À la
lumière des données récentes, l'OMS a recommandé
la réalisation d'études de grande ampleur testant les modalités
et évaluant la faisabilité d'un dépistage de masse.
CONCLUSION Tous
les cliniciens ainsi que les associations de malades considèrent
que le diagnostic de l'hémochromatose au stade asymptomatique est
hautement souhaitable. Lorsqu'un patient est diagnostiqué, l'enquête
familiale est donc primordiale, et il est regrettable qu'elle soit entravée
par certaines lourdeurs héritées d'autres maladies génétiques.
L'information du patient, puis de ses apparentés, apparaît
comme une étape clé, nécessitant de la part des médecins
une bonne connaissance de la maladie. Le dépistage de masse représente
l'avenir, et force est de constater que ce sont surtout des considérations
économiques qui en freinent la mise en place.REFERENCES
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