ARTICLE Le
cathétérisme de l'ampoule de Vater et les premières
opacifications rétrogrades endoscopiques de la voie biliaire principale
sont apparus en 1968 et 1969 [1, 2]. La sphinctérotomie endoscopique
et le drainage nasobiliaire ont été développés
de 1974 à 1976 [3, 4]. Dès 1979, Burcharth et al. [5]
ont posé des prothèses biliaires en plastique par voie transpariétale
et c'est en 1980 que Soehendra et al. [6] mirent en place la première
prothèse par voie endoscopique. Cette technique a été
par la suite reprise, puis adoptée dans le traitement palliatif des
ictères par obstacles néoplasiques.
Les années 1980-1990 ont été marquées par l'apparition
des duodénoscopes à gros canaux opérateurs, ce qui
a permis d'accroître le diamètre des prothèses biliaires
[7]. Dès 1983-1984 des prothèses ont été posées
dans certains cas de lithiases cholédociennes inextirpables du sujet
âgé, de sténoses post-chirurgicales de la voie biliaire
principale ou de tumeurs intra-hépatiques [8-10]. Les principales
indications des prothèses biliaires sont actuellement les cancers
inopérables de la tête du pancréas ou ceux de la voie
biliaire principale [11, 12].
Durant cette dernière décade les données de la littérature
ont contribué à une meilleure compréhension des facteurs
limitant le bon fonctionnement des prothèses en plastique puis est
apparu un nouveau concept de prothèses métalliques expansives.
Prothèses en plastique
Le diamètre des prothèses est exprimé en French
(1 French = 0,33 mm) et il est intimement lié à la largeur
du canal opérateur de l'endoscope, au caractère sténosant
de la tumeur et à la sphinctérotomie. Deux diamètres
doivent être considérés : l'externe qui doit être
inférieur au calibre du canal opérateur et l'interne qui
intervient dans l'efficacité du drainage biliaire. Les duodénoscopes
de dernière génération possèdent un canal
opérateur de 4,2 mm de diamètre, ce qui permet le passage
d'une prothèse de 12 Frenchs.
Le débit biliaire est donné par la loi de Poiseuille de
l'écoulement laminaire des flux. Le diamètre interne est
le paramètre le plus important, l'augmentation de 0,2 mm entraîne
une augmentation du flux biliaire de 300 %. Rey et al. [13] ont
montré in vitro que le flux biliaire était proportionnel
au calibre interne de la prothèse, à la viscosité
biliaire et à la longueur de la prothèse. La longueur de
la prothèse est choisie en fonction du siège de l'obstacle,
elle doit être plus courte pour les obstacles du tiers inférieur
de la voie biliaire que pour les tumeurs du hile hépatique.
La forme des prothèses varie : « Queue de cochon »
simple faisant issue dans le duodénum, « Queue de cochon
» double, serpentine (une extrémité présente
une boucle), coudée simple (angulation de la partie centrale) ou
droite. Des études préliminaires ont montré que les
prothèses droites non effilées, à orifices latéraux
ovalisés et de longueur aussi courte que possible donnaient les
meilleurs résultats. Plusieurs prothèses de petit calibre,
positionnées en parallèle seraient moins efficaces qu'une
seule prothèse de gros calibre [13-16]. Il a également été
rapporté que le nombre croissant d'orifices latéraux nuisait
au bon écoulement du flux biliaire, en créant des micro-courants
qui favoriseraient les précipitations dans les prothèses
[13, 17]. Les orifices latéraux de la partie centrale de certaines
prothèses peuvent également être envahis par la tumeur.
Le téflon fut initialement utilisé car sa surface interne
était considérée parfaitement lisse, puis Lammer
et al. [18] montrèrent que le taux d'occlusion du téflon
était supérieur aux autres matériaux (en microscopie
électronique la surface interne de la prothèse en téflon
est irrégulière et présente de nombreuses crevasses).
Les nouveaux copolymères (polyéthylène, polyuréthane,
percuflex) sont plus souples et beaucoup plus lisses, moins propices à
la multiplication des bactéries ou à l'adhérence
des protéines [14, 18].
La prothèse la plus utilisée actuellement est droite (ou
coudée simple), en polyéthylène et d'un diamètre
externe de 10 Frenchs. Elle est constituée de 3 portions : une
centrale de longueur variable sans orifices latéraux mais avec
présence d'orifices à la base des ergots la délimitant
(5 à 7 cm) ; une supérieure avec une extrémité
effilée, siège d'orifices latéraux destinés
à drainer les canaux biliaires secondaires et une portion inférieure
dépassant dans le duodénum. De part et d'autre de la partie
centrale, deux paires d'ergots triangulaires dirigés en sens inverse,
maintiennent la prothèse au niveau de la tumeur et évitent
sa migration. Toutefois les orifices à la base d'implantation des
ergots pourraient fragiliser la prothèse (risque de fracture à
leur niveau) et correspondraient aux sites d'obstruction principaux (figure
1).
Récemment le groupe de Soehendra [19] a préconisé
l'utilisation d'une nouvelle prothèse droite en téflon qui
comporte plusieurs fins ergots latéraux à chacune de ses
extrémités. Les ergots de cette prothèse sont obtenus
par pelage superficiel du téflon et il n'y a pas d'orifices à
leur base, diminuant ainsi le risque d'occlusion. Ces auteurs préfèrent
le téflon plus rigide et plus glissant que les nouveaux copolymères.
Les prothèses en plastique sont visibles radiologiquement et permettent
un éventuel centrage pour une radiothérapie.
Technique de mise en place
Une sphinctérotomie endoscopique de 6 à 8 mm de longueur
est la plupart du temps nécessaire à la pose d'une prothèse
biliaire. Les risques de complication doivent être expliqués
au patient et à sa famille. Les patients sont à jeun depuis
la veille et un groupage ABO-rhésus, un taux de plaquettes sanguines
et un bilan de coagulation doivent avoir été réalisés.
En cas d'anomalie du taux de prothrombine, on peut préalablement
administrer de la vitamine K, du plasma frais congelé ou des facteurs
spécifiques de la coagulation. La sphinctérotomie facilite
l'accès à la voie biliaire principale, notamment pour la
pose de prothèses de gros calibre et elle prévient le risque
de pancréatite secondaire par occlusion de l'orifice du canal pancréatique
[20].
Le matériel d'insertion de la prothèse biliaire est constitué
: (1) d'un système tuteur qui comprend un cathéter en polyéthylène
(avec raccord d'opacification) et un fil guide à extrémité
souple (350 et 450 cm de longueur) - le fil guide est introduit dans le
cathéter, son extrémité souple permet de franchir
des obstacles très serrés ou anfractueux (variateur de tension
de l'extrémité, nouveaux fils hydrophiles) ; (2) d'un pousse
prothèse en polyéthylène servant à faire glisser
la prothèse sur le couple tuteur (le calibre du pousse-prothèse
étant identique à celui de la prothèse et sa couleur
différente) (figure 2).
Dans un premier temps, le fil guide et le cathéter en polyéthylène
sont montés le plus haut possible dans les voies biliaires intra-hépatiques
puis la prothèse est poussée à l'aide du pousse-prothèse
sur le système tuteur préalablement siliconé. L'insertion
de la prothèse s'effectue sous surveillance radioscopique et endoscopique
en s'aidant de l'ergot. L'endoscope doit pour cette étape être
en position droite et rester le plus proche possible de la papille afin
d'éviter que le système tuteur ne fasse de coudure (figure
3). Si le système tuteur forme une large courbe entre l'extrémité
de l'endoscope et la papille il faut retirer et tendre le fil guide ou
le cathéter afin que la prothèse se remette dans l'axe de
la voie biliaire principale. Il faut également retirer le système
tuteur lorsque ce dernier forme une boucle sur laquelle bute la prothèse
(figure 4).
En cas de sténose très irrégulière et étendue
la progression de la prothèse s'effectue pas à pas en utilisant
au mieux les deux éléments du système tuteur. Il
peut être utile de reculer le cathéter afin de changer la
direction du fil guide, voire de faire une boucle avant avec l'extrémité
du fil guide, puis de pousser le cathéter au fond de la boucle.
Un contrôle radioscopique est nécessaire pour apprécier
la position de l'extrémité supérieure de la prothèse,
laquelle doit être au-dessus de la sténose. Une fois la prothèse
positionnée, le fil guide et le cathéter sont retirés
en maintenant la pression à l'aide du pousse-prothèse, puis
ce dernier et l'endoscope sont secondairement extraits.
La prothèse doit dépasser de 1 à 2 cm dans le duodénum
afin de permettre son extraction si nécessaire. Cela peut accroître
le risque d'obstruction, Groen et al. [21] ont trouvé dans
20 % des prothèses des fibres alimentaires au niveau de la lumière
distale.
Immédiatement après la pose de la prothèse un flot
de bile dans le duodénum témoigne de la perméabilité
des voies biliaires. Certains patients, après cet acte technique,
présentent une aérobilie liée au bon fonctionnement
de la prothèse.
L'acte dure approximativement 30 à 45 minutes, il se pratique en
une seule séance, le plus souvent à l'issue de la cholangiographie
rétrograde diagnostique. Si une indication chirurgicale est envisagée
la prothèse permet de drainer la voie biliaire opacifiée
(risque majeur d'angiocholite par stase du produit de contraste). Lors
d'obstacles très sténosants on peut effectuer une dilatation
de la sténose ou mettre en place une prothèse de 7 ou 8,5
Frenchs.
L'âge moyen des patients traités par prothèses biliaires
est de 70 ans et les succès de la technique (86 % des cas) dépendent
du siège de l'obstacle et du caractère sténosant
de la tumeur. Le siège des obstacles est le plus fréquemment
situé au niveau du tiers inférieur de la voie biliaire principale
(2/3 des cas) ce qui conditionne les taux de succès [22, 23]. Dans
les obstacles du tiers supérieur de la voie biliaire principale,
un drainage efficace est obtenu le plus souvent si les deux lobes hépatiques
sont drainés. Théoriquement, 30 % du parenchyme hépatique
drainé suffisent à lever l'ictère mais parfois le
drainage des deux lobes hépatiques est nécessaire [24, 25].
Kautz et al. en 1983 ont décrit une technique permettant
la pose de prothèses biliaires de gros calibres, sans la nécessité
de recourir aux duodénoscopes à large canal opérateur
de type « Jumbo » [26]. Après sphinctérotomie,
un fil guide est introduit à travers la sténose et est fixé
par recourbement de l'extrémité distale dans les voies biliaires
dilatées. Le duodénoscope standard est retiré, la
prothèse est poussée sur le fil guide sous contrôle
radioscopique (méthode peu utilisée).
La méthode du « rendez-vous », plus récente
combine la voie percutanée transpariétale et endoscopique
rétrograde. Elle nécessite la participation d'un radiologue
et d'un gastroentérologue et s'applique aux obstacles ne permettant
pas le succès endoscopique seul ou à la pose de prothèses
de gros calibres [27, 28]. Le fil guide est positionné dans l'arbre
biliaire par voie transpariétale, il est ensuite récupéré
à l'aide d'un duodénoscope au niveau de la papille, puis
la prothèse est mise en place par voie endoscopique.
Chez les patients ayant subi une gastrectomie de type Billroth II, l'insertion
d'une prothèse nécessite un endoscope à vision axiale
[29].
Complications et évolution
Complications précoces (avant le 30e jour)
L'opacification et la sphinctérotomie entraînent un certain
nombre de complications spécifiques : hémorragies 1 à
4,8 %, perforations 0,5 à 1 %, pancréatites 0,5 à
2 %, angiocholites 1 à 2 %, cholécystites 1,6 à 16
% [30, 31].
Les complications précoces après la mise en place d'une
prothèse en plastique varient de 10 à 33 % [9, 11, 32].
Le risque principal est l'apparition d'une angiocholite dans 8 à
28 % des cas. Une désinfection des cathéters et des endoscopes
ainsi qu'une antibio-prophylaxie tend à limiter ce risque infectieux,
mais le facteur principal dans la genèse de l'angiocholite précoce
reste l'inefficacité du drainage.
L'obstruction précoce de la prothèse peut être liée
à un caillot sanguin (microtraumatismes lors de la pose), à
une accumulation de débris muco-purulents ou à l'impossibilité
de drainer les différents lobes et segments en cas de tumeur du
hile.
L'incidence de l'angiocholite après implantation d'une proèse
est près de quatre fois supérieure chez les patients insuffisamment
draînés. Le diamètre interne de la prothèse
est un des facteurs à prendre en considération dans ce type
de complications immédiates. Cremer et al. [33] ont noté
une plus grande fréquence d'angiocholites précoces avec
des prothèses de 5 Frenchs comparées à des 7 Frenchs
et Hatfield et al. [34] ont rapporté 79 % de fièvres
secondaires à la pose de prothèses de 8 Frenchs contre 25
% en cas de prothèses 10 Frenchs.
Le risque d'angiocholite est plus important en cas obstacles du tiers
supérieur de la voie biliaire principale que pour ceux du tiers
inférieur. Il augmente de 2,7 à 22,5 % lors de la multiplication
des essais et diminue en fonction de l'expérience de l'opérateur
[22, 32, 35].
Complications tardives (après le 30e jour)
Elles surviennent dans 9 à 37,5 % [9, 36]. L'obstruction tardive
de la prothèse apparaît dans 30 % des cas à 3 mois
et 70 % à 6 mois [37]. Les dépôts obstructifs observés
par Groen et al. [21] étaient constitués d'agrégats
de bilirubinate et palmitate de calcium, le cholestérol n'était
présent qu'en faible quantité. Un rôle prépondérant
fut attribué aux entérobactéries (E. coli) car elles
ont la propriété d'adhérer aux surfaces étrangères,
de synthétiser une ß-glycuronidase permettant une déconjugaison
de la bile et la formation de bilirubinate de calcium. L'apparition de
micro-agrégats de bilirubinate de calcium semble être le
premier maillon de la chaîne du phénomène occlusif.
La spectrophotométrie infrarouge permet une analyse précise
de ce matériel occlusif [38]. L'obstruction est observée
en moyenne 3 à 5 mois après la pose de la prothèse
et se manifeste soit par une angiocholite, soit par des perturbations
du bilan hépatique. Le traitement le mieux adapté est le
remplacement du matériel prothétique. Une nouvelle duodénoscopie
permet son extraction à l'aide d'une anse diathermique ou d'une
dormia. L'impaction de la prothèse obstruée est rare (prolifération
tumorale excessive), une seconde prothèse peut être posée
en parallèle.
Les prothèses imprégnées d'antibiotiques n'ont pas
fait la preuve de leur efficacité dans la prévention de
l'angiocholite tardive [39]. Une antibiothérapie orale et l'acide
ursodésoxycholique seraient succeptibles de diminuer le risque
d'obstruction du matériel prothétique [40].
Une migration de la prothèse (0,5 %) peut être la conséquence
d'une prothèse trop courte, elle peut entraîner une obstruction
secondaire, voire une ulcération de la paroi externe duodénale
ou une perforation biliaire [32].
La fracture de la prothèse est rare. Elle survient tardivement
après la pose (3 à 8 mois), au niveau de la base des ergots
et semble être favorisée par une migration [41].
De rarissimes perforations biliaires sont possibles et l'apparition de
cholécystites secondaires fut rapportée [33]. Une sténose
digestive par accroissement du volume tumoral survient dans environ 5
% des cas à un an [32, 42].
Evolution clinique et biologique
Quatre-vingts pour cent des patients ont une prothèse fonctionnelle,
cela au prix d'une courte durée d'hospitalisation [42]. L'amélioration
clinique se traduit par une régression du prurit et de l'ictère
avec chute de la bilirubine dans 65 à 97 % des cas (50 % des cas
avec des prothèses de 8 Frenchs, 75 % des cas avec des 10 Frenchs,
mais pas de différence significative entre les prothèses
de 10 et 12 Frenchs). Il ne semble pas que les prothèses de 12
Frenchs diminuent le risque d'angiocholite tardive par rapport aux prothèses
de 10 Frenchs [32, 34, 43]. Lorsque la prothèse est efficace, les
taux de bilirubine, de phosphatases alcalines et des transaminases diminuent
de moitié en 14 à 21 jours [32]. Pour Classen et al.
une rapide décroissance des taux de bilirubine aurait une valeur
prédictive sur la survie à long terme [35].
Les échecs de la pose endoscopique de prothèses sont estimés
à 14 %. Il s'agit le plus souvent d'échecs de passage du
fil guide au travers de la sténose. Ils sont fréquents lorsque
l'obstacle est serré ou siège sur le tiers supérieur
de la voie biliaire principale [23, 34]. La mortalité immédiate
varie de 0 à 8 % et celle à 30 jours de 8 à 20 %
selon les séries [44, 45].
Huibregtse et al. ont noté 15,3 % d'ictères récurrents
avant le décès des patients, liés dans la moitié
des cas à une obstruction de la prothèse et dans l'autre
moitié à son déplacement ou à l'évolution
de la pathologie néoplasique [32].
L'intérêt majeur des prothèses en plastique réside
dans leur faible coût, leur facilité d'extraction et la possibilité
de les utiliser dans certains cas d'obstacles bénins.
Prothèses métalliques
expansives
Les prothèses métalliques expansives ont un calibre interne
après expansion qui avoisine 10 mm (contre 3,3 mm pour une prothèse
plastique de 10 Frenchs). Elles ont pu être insérées
par voie endoscopique dès 1990 et leur apparition a constitué
une étape importante dans le traitement endoscopique des ictères
[46]. Le flux biliaire étant proportionnellement lié au
diamètre de la prothèse, la largeur des prothèses
métalliques est l'atout essentiel dans l'efficacité du drainage.
Les prothèses expansives sont constituées par une maille
d'un métal biocompatible doué d'une mémoire flexible,
elles sont onéreuses et inextirpables (Tableau
1).
Il existe des prothèses à expansion par ballonnet de type
Strecker® et des prothèses auto-expansives de type Wallstent®
(plus grand calibre interne et plus souples). En position repliée
le diamètre des prothèses métalliques varie de 7
à 12 Frenchs et l'orifice central admet le passage d'un fil guide.
Leur diamètre après expansion varie de 21 à 33 Frenchs
(7 à 11 mm) et leur longueur de 40 à 80 mm (elles présentent
à leur extrémité des marqueurs radio-opaques, un
raccourcissement de 3 à 15 mm est observé après expansion
pour les Wallstents®). Des prothèses métalliques de
7 mm de diamètre (après expansion) peuvent être posées
avec un duodénoscope standard ayant un canal opérateur de
3,2 mm. Un nouveau type de prothèse métallique constitué
d'une spire de nitinol (Endocoil®) est actuellement en cours d'évaluation
(figure 5).
Une sphinctérotomie puis une dilatation pneumatique de la sténose
sont souvent nécessaires avant la mise en place d'une prothèse
métallique (la prothèse est positionnée à
cheval sur la sténose). Les prothèses de type Strecker®
ont une expansion provoquée par gonflage d'un ballonnet (liquide
de contraste dilué), permettant aux forces élastiques de
redonner le diamètre original (pression de 6 atmosphères
maintenue pendant 3 minutes, risque de rupture du ballonnet si la pression
est supérieure). La rigidité de ce système rend son
utilisation délicate lors de courbures de la voie biliaire. Les
prothèses de type Wallstent® sont contraintes sous une membrane
externe. Pour les libérer, la membrane est déroulée
en maintenant une pression de 6 atmosphères par du produit de contraste.
Le système de mise en place a été récemment
simplifié (type Unistep).
En dehors des erreurs de manipulation, les problèmes de malposition
des prothèses métalliques sont dus à leur raccourcissement
(possibilité de faire chevaucher deux prothèses métalliques)
ou au risque d'expansion incomplète (absence de dilatation préalable)
[47].
Après la pose d'une prothèse métallique, l'épithélium
biliaire disparaît et il est remplacé par un tissu inflammatoire.
La surface interne de la prothèse est en totalité recouverte
en 3 mois à 1 an. Une hyperplasie épithéliale peut
parfois apparaître (avant le sixième mois) et être
responsable d'une obstruction [48]. D'exceptionnelles migrations ou des
érosions duodénales peuvent apparaître [49]. A court
terme, des épisodes régressifs de fièvre et d'ictère
peuvent être rencontrés avec cependant une moins grande fréquence
que pour les prothèses plastiques. L'obstruction de la prothèse
métallique survient tardivement (5 à 9 mois contre 3 à
5 mois pour les prothèses plastiques) et par un mécanisme
différent (repousse tumorale entre les mailles ou hyperplasie épithéliale).
En cas d'obstruction une reperméabilisation de la prothèse
peut être obtenue soit par mise en place d'une autre prothèse
(métallique ou plastique), soit par désobstruction laser
ou diathermique [50, 51]. Les études comparant prothèses
plastiques de gros calibre et prothèses métalliques ont
montré que le drainage biliaire était plus efficace avec
des prothèses métalliques avant ou après le 30e jour.
En revanche, il n'existe pas de différence sur la survie à
6 mois en cas d'obstacles néoplasiques [52, 53].
CONCLUSION Dans
les obstacles néoplasiques de l'arbre biliaire, la décision
d'un traitement palliatif endoscopique est fondée sur les critères
d'inopérabilité du patient et d'inextirpabilité de
la tumeur. Le choix du type de prothèse est guidé par l'estimation
de la survie du patient et du coût du matériel prothétique.
L'utilisation des prothèses métalliques, bien que plus onéreuses
que les prothèses en plastique, semble diminuer le nombre de réhospitalisations
pour obstruction à moyen terme.
Certains cas de sténoses bénignes post-chirurgicales ou de
pancréatites chroniques peuvent justifier la pose d'une prothèse
métallique mais uniquement après une tentative de traitement
par prothèses en plastique [54, 55]. En revanche la présence
d'une plaie ou d'une fistule de la voie biliaire principale contre-indique
l'utilisation de prothèses métalliques.REFERENCES
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