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Les corticostéroïdes à action topique dans les maladies inflammatoires cryptogénétiques de l'intestin


Hépato-Gastro. Volume 2, Numéro 5, 407-12, Septembre - Octobre 1995, Mini-revues

Article gratuit  

Auteur(s) : Robert MODIGLIANI

Résumé : Les corticostéroïdes jouent un rôle majeur dans les maladies inflammatoires de l'intestin, mais leur usage prolongé est limité par leur toxicité. Les éléments qui déterminent la puissance de l'activité biologique d'un corticoïde donné par voie digestive sont son affinité pour le récepteur et sa biodisponibilité, qui dépend elle-même de l'absorption intestinale et du degré de destruction lors du premier passage hépatique. Les corticoïdes à action topique diffèrent des corticoïdes classiques par une plus forte affinité pour le récepteur et une forte destruction lors du premier passage hépatique. Les principaux d'entre eux sont le pivalate de tixocortol, le dipropionate de béclométhasone, le propionate de fluticasone, et le budésonide. Le métasulfobenzoate de prednisolone est un corticoïde classique dont on tente de mettre à profit la mauvaise absorption rectocolique. Ces composés ont d'abord été testés, par voie rectale, dans les formes distales de rectocolite hémorragique évolutive où ils ont une efficacité supérieure à celle du placebo, et voisine de celle des corticoïdes classiques et de la mésalazine ; ils freinent fort peu l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Par voie orale, la fluticasone s'est révélée inefficace dans la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn. Le budésonide sous forme de capsules à libération iléale et à la dose de 9 mg par jour s'est révélé supérieur au placebo dans la maladie de Crohn active iléale et iléo-cæcale, donnant un taux de rémission de l'ordre de 50 % en 8 semaines. Le budésonide donne des résultats moins bons que la prednisolone prescrite à une dose initiale de 40 mg/j. Enfin, des résultats préliminaires suggèrent une certaine efficacité dans le maintien en rémission de la maladie de Crohn. Les effets secondaires du budésonide sont nettement moindres que ceux de la prednisolone, mais il induit un certain freinage de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien.

Mots-clés : MICI, corticoïdes, corticoïdes à action topique, rémission.

 

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