ARTICLE
La maladie de Crohn (MC) est surtout une maladie de l'adulte jeune survenant
entre 15 et 30 ans. Néanmoins, sa survenue durant l'enfance n'est
pas exceptionnelle, 10 à 15 % des MC survenant avant l'âge
de 15 ans. La MC est l'une des affections les plus sévères
pouvant survenir chez l'enfant. Elle associe, outre l'altération
de l'état général responsable d'une grande asthénie,
des signes cliniques très invalidants, des répercussions
sur la croissance et sur la puberté, nécessitant des traitements
lourds à l'origine d'une morbidité importante. L'absence
de guérison et le risque permanent de rechute dans les périodes
de rémission font de cette pathologie chronique une épreuve
permanente pour les enfants et leur entourage, nécessitant une
prise en charge médicale mais aussi psychologique.
Épidémiologie
La répartition dans la population pédiatrique est assez
stéréotypée, avec un pic de fréquence d'apparition
de la maladie entre 10 et 15 ans. L'incidence de la maladie varie suivant
les régions. Fréquente dans les pays scandinaves, en Amérique
du Nord et en Australie, la MC est rare dans les pays du pourtour méditerranéen,
et en Afrique noire. Son incidence annuelle dans les pays du Nord de l'Europe
est de 2,5/100 000 enfants de moins de 15 ans, sa prévalence est
de 13/100 000 chez les enfants de même âge [1]. En France,
son incidence a été évaluée dans la région
Nord-Pas-de-Calais à 1,86 cas annuel pour 100 000 enfants et adolescents
de moins de 17 ans [2]. Tandis que l'incidence de la recto-colite hémorragique
(RCH) est stable, l'incidence de la MC est en augmentation.
Diagnostic
positif
Expression clinique
Du fait de sa faible incidence, la MC est difficile à
diagnostiquer chez l'enfant, principalement à cause d'une méconnaissance
des signes révélateurs et de son début insidieux.
Le délai diagnostique moyen varie suivant les études entre
12 et 24 mois. Les douleurs abdominales isolées expliquent les
appendicectomies dans les années qui précèdent le
diagnostic, et les diagnostics histologiques après résection
appendiculaire, encore trop fréquents. La cassure staturale est
souvent isolée pendant plusieurs années et doit faire envisager
le diagnostic. Un retard pubertaire est quelquefois le seul motif de consultation,
il s'associe volontiers au retard statural.
Les signes digestifs restent les révélateurs les plus fréquents.
Ils rendent le diagnostic plus facile, en particulier la triade classique,
douleurs abdominales, perte de poids et diarrhée glairo-sanglante.
Une aphtose buccale, des lésions ano-périnéales (fissure
anale traînante, fistule) orientent et font pratiquer des examens
complémentaires.
Les manifestations extra-intestinales correspondent aux localisations
articulaires (arthralgies et arthrites des grosses articulations et du
rachis dorso-lombaire), dermatologiques (érythème noueux
et pyoderma gangrenosum) ou oculaire (conjonctivite, iridocyclite
ou uvéite).
Signes biologiques
Les examens biologiques mettent en évidence un syndrome
inflammatoire (vitesse de sédimentation et protéines de
l'inflammation augmentées) dont l'évolution est importante
pour le suivi et comme indice de réponse thérapeutique.
Des signes de carence sont mis en évidence, fer sérique,
folates abaissés, hypoalbuminémie. L'anémie fréquente
apparaît multifactorielle. Un bilan hépatique et pancréatique
est réalisé à la recherche d'atteintes associées.
Bilan initial
Le bilan d'extension comporte systématiquement une coloscopie
complète sous anesthésie générale avec biopsies
étagées. L'examen est conduit au-delà de la valvule
iléo-caecale et doit visualiser la dernière anse iléale.
L'examen anatomopathologique recherche les lésions spécifiques
de la maladie, granulome épithélioïde et gigantocellulaire
retrouvé dans 50 à 60 % des cas, fréquence comparable
à celle observée chez les adultes [4]. Dans le même
temps, une fibroscopieoesogastroduodénale recherche des localisations
hautes de la maladie, plus fréquentes que chez l'adulte, 42 % dans
l'étude de Mashako et al. Celles-ci peuvent être asymptomatiques
[5]. Le cliché d'abdomen sans préparation et le transit
du grêle éliminent une complication digestive et recherchent
une localisation de la maladie au niveau de l'intestin grêle.
Un bilan complet systématique est indispensable afin de pouvoir
juger de l'évolutivité et de l'extension ultérieure
des lésions, de guider les choix thérapeutiques et d'en
juger l'efficacité. Il joue un rôle important dans le diagnostic
différentiel de la maladie, en permettant de classer les observations
en diagnostic certain de MC (lésions spécifiques histologiques),
diagnostic probable (arguments cliniques, endoscopiques et radiologiques
suffisants sans lésions histologiques caractéristiques)
ou diagnostic possible. Le diagnostic différentiel le plus fréquent
est la RCH, entité particulièrement proche des atteintes
coliques crohniennes isolées.
Score clinique
Afin de faciliter le suivi des patients, un certain nombre de scores
de sévérité de la maladie ont été développés.
Le PCDAI (Pediatric Crohn Disease Activity Index), validé en 1991,
présente l'avantage de tenir compte aussi bien des données
cliniques (poids et taille, intensité des symptômes, signes
cliniques, manifestations extra-intestinales) que des données biologiques
(hématocrite, vitesse de sédimentation, albumine). Son intérêt
est de comparer les séries de malades de façon standardisée
[6].
Retard
de croissance
Fréquence
Le retard de croissance est une complication classique et fréquente
de la MC de l'enfant, il en fait toute la gravité. Des études
de suivi de cohortes d'enfants atteints de MC ont montré que la
taille définitive était inférieure à la normale
dans 31 à 48 % des cas [7-9]. La prévalence du retard statural
au moment du diagnostic se situe selon les auteurs et la définition
retenue entre 23 et 36 % [10]. La définition la plus largement
admise est une taille inférieure au 3e percentile au
moment du diagnostic. Cette définition ne prend pas en compte les
facteurs génétiques déterminant la taille, ce qui
a fait proposer une appréciation dynamique de la croissance par
la mesure de la vitesse de croissance staturale (VCS) rapportée
à l'âge. Ce marqueur est beaucoup plus sensible dans le dépistage.
Ainsi, sur une série de cinquante maladies de Crohn prépubertaires,
Kanof et al. rapportent une diminution significative de la vitesse
de croissance chez 44 enfants (88 %), dont 21 (42 %) présentant
une cassure staturale avant l'apparition des signes digestifs. Un tiers
de ces enfants avait un ralentissement de la VCS en dehors de toute perte
de poids [11].
La surveillance de la VCS est essentielle au cours de l'évolution
d'une MC traitée. Une VCS supérieure à la moyenne
pour l'âge entraîne une croissance de rattrapage et correspond
à un contrôle de l'activité de la MC et/ou à
l'efficacité de la prise en charge nutritionnelle. A l'inverse,
la diminution de la VCS peut être l'un des premiers signes de rechute
de la maladie ou être secondaire à une corticothérapie
prolongée et/ou inadaptée.
Le retard statural s'accompagne habituellement d'un retard de maturation
osseuse (âge osseux inférieur à l'âge réel),
souvent supérieur ou égal à deux ans. Enfin, le début
de la puberté est fréquemment retardé.
Mécanismes
Plusieurs facteurs, liés ou non à l'atteinte digestive
de la maladie, sont responsables du retard de croissance (tableau
1). Ils sont le plus souvent associés, majorant le risque
de malnutrition et de retard de croissance. Les deux principaux, liés
à la maladie, sont la malnutrition et le syndrome inflammatoire.
L'anorexie, qu'elle soit liée aux symptômes digestifs (douleurs,
vomissements, diarrhée), à l'action des cytokines ou à
des modifications du goût, entraîne une diminution des apports
nutritionnels, aggravée par la malabsorption intestinale (atteinte
jéjunale), alors même que les besoins protéino-énergétiques
sont augmentés. Dans une étude prospective, Motil et
al. ont montré que les apports énergétiques étaient
supérieurs de 8 % aux apports recommandés pour l'âge
statural et que 20 % des enfants avaient un retard de croissance en dépit
d'apports apparemment supérieurs [12]. Bien que les études
conduites chez l'adulte n'aient pas démontré d'augmentation
significative de la dépense énergétique de repos
(DER) [13], la DER est augmentée chez l'enfant en phase active
de MC et en dehors de toute hyperthermie [14]. Une augmentation, même
faible mais prolongée, de la DER, non compensée par les
apports énergétiques, peut rendre compte de la perte de
poids progressive. Cette augmentation de la DER est majorée au
cours des épisodes fébriles et/ou infectieux. Elle est probablement
secondaire au syndrome inflammatoire et à ses médiateurs
cytokiniques. L'altération assez spécifique et parfois isolée
de la croissance staturale est également multifactorielle. Bien
que l'étude du turn-over protéique, réalisée
chez l'enfant atteint de MC, n'ait pas mis en évidence de différences
de vitesse de synthèse ou de dégradation protéique
par rapport à des témoins [15], une balance protéique
inadaptée peut rendre compte des anomalies de la croissance. Le
syndrome inflammatoire et/ou la corticothérapie peuvent être
à l'origine d'un hypercatabolisme protéique.
Les études hormonales réalisées chez l'enfant atteint
de MC n'ont pas mis en évidence d'anomalie spécifique. Le
cortisol, les hormones thyroïdiennes sont normaux. Les taux d'hormone
de croissance sont normaux, voire légèrement élevés.
Les taux d'IGF1 sont significativement diminués et corrélés
au retard staturo-pondéral. Ce profil de résistance à
l'hormone de croissance n'est pas spécifique mais secondaire à
toute situation de malnutrition, et se corrige avec la renutrition. Il
peut représenter un marqueur précoce d'amélioration
de l'état nutritionnel, suivie d'une reprise de la croissance chez
l'enfant traité, et apparaît donc comme un critère
de suivi intéressant au cours de la renutrition.
Parmi les nombreux médiateurs de la réponse inflammatoire,
plusieurs ont été incriminés dans la suppression
de la croissance ; les cytokines, les interleukines et le tumor necrosis
factor alpha (TNFalpha) sont le plus souvent rapportés. Le
TNFalpha et l'IL-1, produits par le macrophage et le lymphocyte au niveau
intestinal, semblent jouer un rôle déterminant. Murch et
al. ont rapporté des taux élevés chez des enfants
atteints de maladies inflammatoires intestinales actives [16]. Le TNFalpha
pourrait agir à plusieurs niveaux, notamment au niveau du cartilage
de croissance où il inhibe la prolifération ostéoblastique
et stimule la résorption ostéoclastique ; cette action directe
pourrait rendre compte de la suppression de la croissance lors d'une production
prolongée de TNFalpha.
Traitement
Anti-inflammatoires
Le traitement médical repose sur des médicaments
anti-inflammatoires non stéroïdiens (sulfasalazine, acide
5-aminosalicylique), sur les corticoïdes et les immunosuppresseurs.
La prise en charge diététique est associée au traitement
médicamenteux et comporte une alimentation hypercalorique, riche
en protides et pauvre en résidus. La corticothérapie constitue
la thérapeutique la plus puissante dans toutes les localisations
de la maladie. Toutefois, ses effets secondaires particulièrement
sévères chez l'enfant limitent son utilisation. La voie
veineuse peut être utilisée dans les premiers jours à
la dose de 1 à 2 mg/kg/j, en utilisant la méthyl-prednisolone
en deux injections. Devant l'amendement rapide des signes cliniques, un
relais par prednisolone orale est pris pour 2 à 4 semaines, durée
moyenne nécessaire pour obtenir une rémission. Le traitement
est ensuite diminué progressivement. L'administration à
faibles doses et/ou sur un mode alterné (un jour sur deux) permet,
en fin de traitement, de diminuer ou d'annuler les effets secondaires,
notamment de diminuer le retentissement statural. En revanche, lorsqu'elle
est prolongée à des doses de prednisone supérieures
à 0,25 mg/kg/j, elle entraîne un ralentissement de la croissance
staturale secondaire à des altérations du métabolisme
protéique. La sévérité de la maladie et la
dose cumulée de corticoïdes semblent directement reliées
à l'importance du retard de croissance. Ainsi, dans les formes
corticodépendantes, l'association d'une MC encore active et des
corticoïdes est à l'origine des plus grands retards de croissance
staturale et justifie d'autres approches thérapeutiques, reposant
sur les immunosuppresseurs ou sur les techniques de nutrition thérapeutique.
Deux immunosuppresseurs sont utilisés chez l'enfant, le 6-mercaptopurine,
analogue de l'hypoxanthine, et l'azathioprine, dérivé imidazolé
de la mercaptopurine. Leur indication est la corticodépendance,
afin de limiter les effets secondaires de la corticothérapie au
long cours à niveau élevé [17].
Dans les formes peu évolutives, un traitement par mésalazine
à la dose de 30 mg/kg/j en deux prises peut être proposé
; la mésalazine est bien tolérée chez l'enfant, ses
effets secondaires possibles se résumant à des troubles
digestifs (nausées, vomissements et céphalées). Elle
est utilisée de préférence à la sulfasalazine,
responsable d'effets secondaires plus fréquents, notamment hépatiques.
Enfin, les corticoïdes, dont le métabolisme hépatique
est rapide (budésonide), ont moins d'effets systémiques
et sur l'axe hypothalamo-hypophysaire, mais leur efficacité dans
les poussées de MC de l'enfant n'est pas démontrée
Nutrition entérale
La nutrition entérale (NE) a été proposée
comme traitement d'attaque de la maladie. Les modalités de réalisation
pratique consistent à utiliser un soluté élémentaire
ou non élémentaire administré par une sonde naso-gastrique
souple. L'apport calorique souhaitable doit assurer 120 à 150 %
des besoins énergétiques recommandés. Cette nutrition
est initialement exclusive, et l'alimentation est réintroduite
très progressivement à distance de l'épisode. Les
contre-indications se limitent aux complications digestives de la maladie
(sténose serrée, colectasie). Ses indications sont résumées
dans le tableau 2.
La NE peut être utilisée dans deux perspectives, d'une part
le contrôle des poussées de la maladie, d'autre part la correction
des troubles nutritionnels, et en particulier de la croissance staturale
[18-21]. Dans le traitement des poussées de la maladie, on peut
considérer que la NE est aussi efficace que les corticoïdes.
La méta-analyse réalisée par Griffiths et al.
montre qu'elle serait moins efficace que les corticoïdes [22]. Cependant,
il n'est pas tenu compte de l'effet délétère des
corticoïdes sur la croissance et de l'éventuel effet bénéfique
de la poursuite de la NE. D'autre part, une importante étude multicentrique
pédiatrique, chez 68 enfants, montre que la NE est plus efficace
dans une première poussée de MC qu'au cours des récidives
[23].
Le type de diète utilisée pour la NE reste un sujet débattu.
Plusieurs études ont comparé l'efficacité de la NE
élémentaire ou non élémentaire, sans montrer
de différence significative [22-25]. La réponse à
la NE semble dépendre plus de l'âge de début de la
maladie et de sa durée que de sa sévérité
et de sa localisation.
Dans les études utilisant des nutritions entérales de durée
relativement brève, trois à six semaines, l'effet à
long terme de la NE par rapport aux corticoïdes sur la fréquence
et la précocité des rechutes n'est pas différent.
L'utilisation beaucoup plus prolongée de la NE pourrait maintenir
plus longtemps en rémission, tout en maintenant un bon état
nutritionnel. La NE cyclique intermittente telle que l'ont proposée
Belli et al. [26] ou la NE cyclique nocturne à domicile
permettent d'atteindre cet objectif sans altérer de façon
excessive la qualité de vie de ces enfants [27].
Nutrition parentérale
La nutrition parentérale (NP) par cathéter central
est plus rarement indiquée (tableau
3). Elle est utilisée dans les formes suraiguës, en
cas de complications à type de sténose ou de fistule, dans
les grandes dénutritions, dans les formes corticodépendantes
avec important retentissement sur la croissance et pour encadrer une intervention
chirurgicale programmée [28]. Elle entraîne rapidement une
amélioration de l'état nutritionnel et un contrôle
de la maladie. Elle permet dans certains cas l'arrêt de la corticothérapie
ou d'éviter une intervention chirurgicale pour sténose ou
fistule. Les résultats de la NE ou de la NP ont été
comparés dans les formes corticodépendantes ou résistantes
sans montrer de différence d'efficacité entre les deux modes
de nutrition [29]. Ceci pourrait suggérer que les deux techniques
ont le même « effet repos digestif » ou plutôt que
l'amélioration nutritionnelle est plus importante que le repos
digestif pour contrôler une MC active.
Chirurgie
La chirurgie n'est pas, en elle-même, un traitement de
la MC. En effet, l'exérèse des segments atteints expose
à plus ou moins long terme à une récidive sur une
autre partie du tube digestif. Toutefois, le recours à une résection
chirurgicale est fréquent chez l'enfant, dans des indications de
complications (sténose, abcès, fistules) ou d'échec
du traitement médical dans des atteintes localisées. L'exérèse
chirurgicale peut entraîner une reprise de la croissance et permettre
à la puberté de débuter. Pourtant, il n'a pas été
montré de bénéfice à long terme sur la taille
finale, ce qui complique beaucoup les indications.
CONCLUSION La
prise en charge thérapeutique des maladies de Crohn de l'enfant est
difficile. Elle justifie une prise en charge dans des centres pédiatriques
spécialisés réunissant médecins, chirurgiens,
endoscopistes, diététiciens et psychologues ayant une large
expérience de cette maladie. Le maintien ou la restauration d'un
état nutritionnel optimal, grâce à la nutrition thérapeutique,
sont les meilleurs garants d'une croissance permettant aux enfants et adolescents
atteints de MC de devenir des adultes de taille normale.REFERENCES
1.Olafsdottir EJ, Fluge G, Haug K. Chronic inflammatory bowel disease
in children in Western Norway. J Pediatr Gastroenterol Nutr 1989
; 8 : 454-8.
2. Gottrand F, Colombel JF, Moreno L, Salomez JL, Farriaux JP, Cortot
A. Incidence des maladies inflammatoires du tube digestif chez l'enfant
dans la région du Nord-Pas-de-Calais. Arch Fr Pediatr 1991
; 48 : 25-8.
3. Laschner BA, Evans A, Kirsner JB, Hanauer SB. Prevalence and incidence
of inflammatory bowel disease in family members. Gastroenterology
1986 ; 91 : 1396-400.
4. Keller KM, Bender SW, Kirchmann H, Ball F, Schmitz-Moormann P, Wirth
S, et al. Multicenter pediatric Crohn's disease study group. Diagnostic
significance of epithelioid granulomas in Crohn's disease in children.
J Pediatr Gastroenterol Nutr 1990 ; 10 : 27-32.
5. Mashako MNL, Cezard JP, Navaro J, Mougenot JF, Sonsino E, Gargouri
A, et al. Crohn's disease lesions in the upper gastrointestinal
tract : correlation between clinical, radiological, endoscopic and histological
features in adolescents and children. J Pediatr Gastroenterol Nutr
1989 ; 8 : 442-6.
6. Hyams JS, Ferry GD, Mandel FS, Gryboski JD, Kibort PM, Kirschner BS,
et al. Development and validation of a pediatric Crohn's disease
activity index. J Pediatr Gastroenterol Nutr 1991 ; 12 : 439-47.
7. Castille RG, Telander RL, Cooney DR. Crohn's disease in children
: assessment of the progression of disease, growth and prognosis. J
Pediatr Surg 1980 ; 15 : 462-9.
8. Puntis J, McNeish AS, Allan RN. Long term prognosis of Crohn's disease
with onset in childhood and adolescence. Gut 1984 ; 25 : 329-36.
9. Markowitz J, Grancher K, Rosa J, Aiges H, Daum F. Growth failure in
pediatric inflammatory bowel disease. J Pediatr Gastroenterol Nutr
1993 ; 16 : 373-80.
10. Hildebrand H, Karlberg J, Kristianson B. Longitudinal growth in children
and adolescents with inflammatory bowel disease. J Pediatr Gastroenterol
Nutr 1994 ; 18 : 165-73.
11. Kanof M, Lake AM, Bayless TM. Decreased height velocity in children
and adolescent before the diagnosis of Crohn's disease. Gastroenterology
1988 ; 95 : 1523-7.
12. Motil KJ, Grand R, Rosa J, Aiges H, Daum F. Growth failure in pediatric
inflammatory bowel disease. J Pediatr Gastroenterol Nutr 1993 ;
105 : 681-91.
13. Cosnes J. Dépenses énergétiques et masse maigre.
Gastroenterol Clin Biol 1993 ; 17 : 913-4.
14. Campanozzi A, Goulet O, Colomb V. Energy expenditure in children with
Crohn's disease. J Pediatr Gastroenterol Nutr 1995 ; 20 : 465A.
15. Motil KJ, Grand R, Matthews DE, Bier DM, Maletskos CJ, Young VR. Whole
body leucine metabolism in adolescents with Crohn's disease and growth
failure during nutritional supplementation. Gastroenterology 1982
: 82 ; 1359-68.
16. Murch SH, Lamkin JA, Savage MO, Walker-Smith JA, Mac Donald TT. Serum
concentrations of tumor necrosis factor alpha in childhood chronic inflammatory
bowel disease. Gut 1991 ; 32 : 913-7.
17. Ramakrishna J, Langhans N, Calenda K, Grand RJ, Verhave M. Combined
use of cyclosporine and azathioprine or 6-mercaptopurine in pediatric
inflammatory bowel disease. J Pediatr Gastroenterol Nutr 1996 ;
22 : 296-302.
18. O'Morain C, Segal AW, Levi AJ. Elemental diet as primary treatment
of acute Crohn's disease. Br Med J 1984 ; 288 : 1859-62.
19. Saverymutu S, Hodgson HJF, Chadwick VS. Controlled trial comparing
prednisone with an elemental diet plus non absorbable antibiotics in active
Crohn's disease. Gut 1985 ; 26 : 994-8.
20. Sanderson IR, Udeen S, Davies PSW, Savage MO, Walker-Smith JA. Remission
induced by an elemental diet in small bowel Crohn's disease. Arch Dis
Child 1987 ; 61 : 123-7.
21. Seidman EG, Roy CC, Weber AM, Morin Cl. Nutritional therapy of Crohn's
disease in childhood. Dig Dis Sci 1987 ; 32 : 825-8.
22. Griffiths AM, Ohlsson A, Shermann PM. Meta-analysis of enteral nutrition
as a primary treatment of active Crohn's disease. Gastroenterology
1995 ; 108 : 1056-67.
23. Seidman E, Grittiths A, Jones A, Issenman R. Semi elemental (SE) diet
vs prednisone in pediatrics Crohn's disease. Gastroenterology
1993 ; 104 : A778.
24. Cezard JP, Messing B. Enteral nutrition in inflammatory bowel diseases
: is there a specific role for elemental diets ? Clin Nutr 1993
; 12 : 875-81.
25. Ruuska T, Savilahti E, Maki M, Ormala T, Visakorpi JK. Exclusive whole
protein enteral diet vs prednisolone in the treatment of acute
Crohn's disease in children. J Pediatr Gastroenterol Nutr 1994
; 19 : 175-80.
26. Belli DC, Seidman E, Bouthillier L, Weber AM, Roy CC, Pletinex M,
et al. Chronic intermittent elemental enteral alimentation in children
with Crohn's disease and growth failure. Gastroenterology 1988
; 94 : 603-10.
27. Aiges H, Markowitz J, Rosa J, Daum F. Home nocturnal supplemental
nasogastric feedings in growth-retarded adolescent with Crohn's disease.
Gastroenterology 1989 ; 97 : 905-10.
28. McLain BI, Davidson PM, Stokes KB, Beasley SW. Growth after gut resection
for Crohn's disease. Arch Dis Child 1991 ; 65 : 370-6.
29. Greenberg GR, Fleming CR, Jeejeebhoy KN, Rozenberg LH, Sales D, Tremaine
WJ. Controlled trial of bowel rest and nutritional support in the management
of Crohn's disease. Gut 1988 ; 29 : 1309-15.
|