ARTICLE Au
risque d'être réducteur, voire provocateur, on peut avancer
qu'il n'y a actuellement plus ou peu de controverses dans la prise en charge
de ces affections graves que sont les colites inflammatoires aiguës
graves (CIAG), à la différence sans doute des autres domaines
de la chirurgie colique d'urgence.
Malgré une terminologie très riche, le cadre des CIAG est
maintenant bien délimité. Une prise en charge médico-chirurgicale
assure au mieux l'approche diagnostique, l'évaluation de la gravité
de la CIAG et la réponse thérapeutique adaptée. Le
geste chirurgical optimal, lorsqu'il s'avère nécessaire, est
la colectomie presque totale avec iléostomie et sigmoïdostomie.
Le cadre nosologique des
colites inflammatoires aiguës graves
Diagnostic de colites inflammatoires
Face à une colite aiguë, caractérisée par
une diarrhée glairo-sanglante, des douleurs abdominales, de la
fièvre, et une atteinte débutante de l'état général,
le premier temps est d'exclure une colite spécifique infectieuse,
qu'elle soit d'origine bactérienne, virale ou parasitaire, en y
incluant les colites pseudo-membraneuses, par les examens biologiques,
endoscopiques et histologiques appropriés. Cette étape est
essentielle pour éviter la prescription, dans ce contexte, d'une
corticothérapie qui aggraverait l'évolution [1, 2].
Diagnostic de gravité
La gravité (la sévérité) de la CIAG est
liée à la mise en jeu du pronostic vital chez des sujets
le plus souvent jeunes. L'âge moyen lors du diagnostic est de 40
ans [3-5]. Si cette notion de mortalité potentielle tend à
disparaître grâce à la prise en charge actuelle, elle
était pourtant bien réelle dans les séries antérieures
à 1980 dans lesquelles le taux de mortalité se situait entre
25 et 50 % [2, 3]. En conséquence, l'évaluation précise
de la gravité de la poussée, tant à l'admission qu'au
cours des bilans successifs, représente une étape essentielle
dans la prise en charge des CIAG. Cette évaluation repose sur des
données cliniques, biologiques, endoscopiques et radiologiques
que nous détaillerons plus loin.
La survenue d'une complication fait la gravité d'une CIAG. Trois
complications majeures doivent être dépistées dans
l'évolution des CIAG. Elles sont sans doute devenues moins fréquentes
en raison de la prise en charge médicale précoce des CIAG
et du recours rapide à la chirurgie. La perforation colique est
le terme ultime de la destruction pariétale par l'atteinte inflammatoire.
Cette complication gravissime ne devrait plus se voir, car l'inoculation
péritonéale septique qu'elle provoque augmente considérablement
la mortalité et la morbidité des patients chez qui elle
survient [3, 4]. La colectasie (mégacôlon toxique) correspond
au développement plus ou moins rapide d'une dilatation colique
segmentaire ou diffuse de plus de 7 cm, sur une poussée de CIAG.
C'est le signe d'une perforation colique imminente, la colectasie traduisant
l'atteinte inflammatoire de la totalité de la paroi colique avec
destruction évolutive de sa couche musculaire [1, 4]. La CIAG hémorragique
est définie par l'association à la CIAG, d'une anémie
aiguë (hémoglobine inférieure à 6 g/100 ml)
ou la nécessité de transfusions abondantes et répétées
[3]. La diarrhée est, dans ces cas, particulièrement sanglante.
Il s'agit d'une complication rare à l'heure actuelle.
Quelle colite inflammatoire non spécifique
?
Le diagnostic de colite inflammatoire non spécifique en poussée
aiguë étant établi, il est souvent difficile dans les
formes inaugurales de la maladie (20 à 30 % des CIAG) de préciser
s'il s'agit d'une rectocolite ulcéro-hémorragique (RCH)
ou d'une maladie de Crohn colique (MCC) [2, 6]. Cette distinction, si
elle est toujours souhaitable [1], n'est pas indispensable pour la prise
en charge du patient à ce stade : l'anamnèse, une atteinte
anale associée, des données endoscopiques et histologiques
peuvent orienter. Ce n'est de toute façon qu'au décours
de l'accès aigu, quel qu'en ait été le traitement,
médical ou chirurgical, que se posera réellement la question
pas toujours résolue du type de la colite inflammatoire.
Stratégie médico-chirurgicale
La prise en charge d'une colite inflammatoire aiguë repose sur
l'évaluation précise de sa gravité (1re étape).
Le traitement est adapté en fonction de la gravité de la
poussée (2e étape) (figure
1).
1re étape : évaluation de la gravité
de la CIAG
Cette évaluation repose sur des données clinico-biologiques
et/ou morphologiques (endoscopiques et radiologiques).
* Les données cliniques et biologiques
Ce sont les critères classiques de Truelove et Witts [7] (Tableau
1), en principe recueillis à l'admission avant tout traitement
notamment corticoïde, ce qui est rarement le cas actuellement, les
patients ayant souvent été traités avant d'être
hospitalisés dans un centre spécialisé. La présence
de ces critères définit la CIAG [2].
Lévy et al. ont établi des critères de gravité
plus stricts [3]. Pour ces auteurs, une CIAG est définie par l'association
d'au moins 4 des signes suivants : (a) 10 émissions/j ; (b) tachycardie
à 120/min ; (c) fièvre supérieure à 38,5 °
pendant au moins 3 jours ; (d) amaigrissement supérieur à
10 % en moins de 10 jours ; (e) cholestérolémie inférieure
à 1 g/l ; (f) débit leucocytaire intestinal supérieur
à 5 millions/min.
Ces critères cliniques sont un reflet indirect de la gravité
de la poussée de CIAG. Ils permettent de définir par méthode
probabiliste un groupe de patients à haut risque de mortalité,
en l'absence d'un traitement adapté. Ce groupe de patients représente
une urgence thérapeutique médico-chirurgicale [5].
* Les données morphologiques
Ces données correspondent à la mise en évidence
des lésions anatomiques de base des CIAG que sont les ulcérations
profondes atteignant au moins la partie moyenne de la sous-muqueuse (figures
2-5). Elles sont le reflet direct de la gravité de la CIAG
[1, 5].
Le lavement opaque et plus encore la coloscopie donnent des informations
importantes pour l'évaluation de la sévérité
de la poussée et la prise de décision thérapeutique
(Tableau 2, figures 2-5). Ces
examens, lorsqu'ils sont réalisés par des opérateurs
entraînés et en dehors des contre-indications que sont les
formes compliquées (perforation, colectasie), présentent
peu de risques [8, 9].
Au terme de ce bilan : (a) une colite spécifique a été
éliminée ; (b) la poussée de colite inflammatoire
a été identifiée comme une forme grave ; (c) il existe
éventuellement une orientation diagnostique sur le type de la colite
inflammatoire (RCH ou MCC) ; (d) on est en mesure d'identifier une CIAG
autorisant un traitement médical d'essai sous surveillance stricte,
ou au contraire une CIAG d'emblée compliquée nécessitant
une prise en charge chirurgicale immédiate (figure
1).
2e étape : mise en oeuvre de la thérapeutique
* Colites inflammatoires aiguës compliquées
Les CIAG compliquées sont devenues plus rares. Penna et al.,
dans une série de 55 CIAG opérées entre 1983 et 1991,
ne font état d'aucune perforation ou péritonite [10]. Ces
auteurs recensent par contre 6 colectasies, soit 11 % de leur série
de CIAG. Notre expérience est concordante. Ainsi sur 36 colectomies
pour CIAG réalisées entre 1985 et 1994, nous n'avons observé
que 3 formes compliquées avec 2 colectasies et 1 perforation sigmoïdienne
bouchée.
En cas de colectasie (figure 2),
tous les auteurs proposent une colectomie en urgence, selon des modalités
que nous détaillerons plus loin. En effet, la colectasie doit faire
craindre une perforation colique imminente ou déjà installée.
La survenue d'une perforation modifie radicalement le pronostic et fait
courir un risque vital au patient. La réalisation d'une colectomie
en urgence immédiate est une sécurité pour le patient
et n'engage pas le pronostic fonctionnel dans ses conditions de réalisation
actuelle [4].
Dans les rares formes hémorragiques graves, la colectomie totale
avec conservation du rectum est également nécessaire. Les
irrigations rectales sont souvent efficaces pour contrôler les rectorragies.
La persistance du saignement peut contraindre à la proctectomie.
L'attitude vis-à-vis du canal anal dépend, dans ce cas,
de la possibilité de réaliser ultérieurement une
anastomose iléo-anale avec réservoir (AIA) (âge, état
sphinctérien, type de la colite inflammatoire).
* Colites inflammatoires aiguës non compliquées
Certains considèrent que les données de l'endoscopie sont
suffisantes pour décider, dès ce stade, de la chirurgie
[5, 6]. Le recours à un traitement médical d'épreuve,
proposé de longue date par Truelove, reste cependant la règle
[7, 11]. Ce traitement comporte l'arrêt de l'alimentation orale,
une nutrition parentérale totale, une corticothérapie générale
(1mg/kg/j) associé éventuellement à une corticothérapie
locale sous forme de lavements. L'anémie est corrigée et
une antibiothérapie instituée.
Ce traitement, établi pour une durée de 5 jours, sauf complications
impliquant une sanction chirurgicale immédiate, est mené
sous surveillance médico-chirurgicale étroite. Il est estimé
qu'un peu plus de la moitié des malades sont en rémission
complète au terme des 5 jours. La rémission complète
est affirmée sur la normalisation du transit (2 à 4 selles
non sanglantes/j), la normalisation du pouls et la disparition de la fièvre,
la normalisation de l'aspect endoscopique du recto-sigmoïde). L'absence
de réponse à ce protocole thérapeutique ou l'aggravation
en cours de traitement est une indication à la réalisation
rapide d'une colectomie en urgence différée [12]. Cette
situation est retrouvée dans 14 cas, soit 25 % de la série
récente de CIAG opérées de Penna et al [10] et dans
6 de nos 36 cas.
Les rémissions incomplètes, avec persistance de lésions
endoscopiques, autorisent la poursuite du traitement médical. Dans
ces cas de poussée de CIAG cortico-résistantes, la ciclosporine
A par voie intraveineuse est peut-être intéressante [13].
Cependant, pour de nombreux auteurs, la poussée non résolutive
de CIAG, malgré un traitement médical intensif bien conduit,
ou la reprise évolutive de la poussée à l'arrêt
du traitement représentent une indication à une colectomie
réalisée en urgence secondaire. Cette indication correspondait
à 35 des 55 malades de Penna et al. [10], soit 63,5 % des
cas et à 27 des 36 CIAG opérées de notre série
(75 %). L'intervention dans ce cadre est habituellement réalisée
avant la 3e semaine de traitement médical. Ces différentes
stratégies de prise en charge des CIAG peuvent être schématisées
sous forme d'un algorithme (figure
1).
La conduite de la chirurgie
Il y a dix ans, le rapport de lssociation Française de Chirurgie
sur le traitement de la RCH recommandait la colectomie presque totale
(CPT) avec iléostomie et sigmoïdostomie lorsqu'une CIAG devait
être opérée [2]. Ces recommandations restent valables
et l'expérience accumulée depuis 1984 confirme le bien-fondé
de cette intervention dans les CIAG au stade chirurgical.
Quels sont les buts du traitement chirurgical ?
L'intervention a pour but principal la suppression de la zone la plus
active de la maladie inflammatoire, c'est-à-dire le côlon.
Dans le contexte des CIAG, la colectomie doit être «presque»
totale, quels que soient le diagnostic de la colite inflammatoire et l'état
per-opératoire du côlon notamment sur la partie droite et
transverse parfois épargnée au moins extérieurement.
Ainsi, la chirurgie permet d'éviter les complications graves des
CIAG, qu'il s'agisse de complications locales (perforation et péritonite
qui en découle) ou de complications générales (altération
importante de l'état général et dénutrition
accompagnant les poussées de CIAG mal contrôlées médicalement).
La CPT permet l'arrêt ultérieur de tout traitement par voie
générale, et notamment la corticothérapie. La phase
de reconstruction digestive peut ainsi être abordée dans
les meilleures conditions, avec un état général restauré
chez un patient immunocompétent.
L'examen histologique de la pièce opératoire apporte des
arguments complémentaires importants pour identifier le type de
la colite inflammatoire à l'origine de la poussée aiguë.
Ce diagnostic entre RCH et MCC est en effet essentiel, non pas tant en
période aiguë que pour décider de la thérapeutique
médicale ultérieure et du type de reconstruction digestive.
Quels sont les avantages
de la colectomie « presque » totale (CPT) ?
Parmi tous les gestes chirurgicaux qui ont été proposés
dans les CIAG, seule, la CPT, à quelques exceptions près,
a conservé son intérêt et son actualité [1].
C'est en effet une intervention simple et rapide [2], ce qui est appréciable
chez des patients fatigués, parfois instables sur le plan hémodynamique.
C'est une intervention fiable et sûre, considérée
actuellement sans mortalité [10] (expérience personnelle)
et avec une morbidité inférieure à 20 %.
C'est également une intervention qui n'hypothèque pas l'avenir
fonctionnel digestif du patient, en conservant le rectum et le canal anal.
Elle autorise tous les choix techniques ultérieurs : (a) si le
diagnostic de RCH (ou de colite indéterminée) est retenu,
une AIA peut être envisagée dans de bonnes conditions de
sécurité 2 à 4 mois après la CPT [10]. La
CPT est sans effets délétères sur le résultat
fonctionnel ultérieur de l'AIA ; (b) si, au contraire, la preuve
est faite d'une MCC, une anastomose iléo-rectale peut être
envisagée sous réserve d'un état ano-rectal compatible
avec un tel geste [14]. Si les lésions ano-rectales sont incompatibles
avec un rétablissement rapide de continuité digestive, le
traitement médical doit être poursuivi et intensifié.
En cas d'échec, la proctectomie est à envisager secondairement
[1, 14].
Même si des AIA ont été réalisées «
d'emblée » et avec succès dans les CIAG [15], cette
attitude paraît discutable par les risques qu'elle fait courir au
patient, sur le plan général ou local, et à cause
de la fréquente incertitude diagnostique du type de colite lors
de l'intervention. Ce ne sera qu'avec des travaux très argumentés,
qu'il sera licite d'abandonner la CPT avec sa sécurité immédiate
[1, 4] et ses possibilités ultérieures [10] pour adopter
des attitudes médicales (ciclosporine A) [13] ou chirurgicales
(AIA d'emblée) [15] plus agressives, malgré leurs avantages
théoriques.
* Que faire du moignon sigmoïdien restant ?
Trois méthodes sont en concurrence pour le traitement du bout
recto-sigmoïdien après CPT : (a) la résection - fermeture
rectale selon Hartmann - son avantage théorique est de réséquer
une longueur supplémentaire de côlon pathologique ; elle
doit être abandonnée au vu des résultats de Carter
et al. (Toronto) [16] ; cette technique fait d'abord courir un
risque post-opératoire plus élevé d'abcès
pelvien par désunion de la suture rectale ; elle complique ensuite
nettement la dissection du rectum, rétracté dans le pelvis,
lors de la réalisation ultérieure de l'AIA ; (b) la fixation
du bout sigmoïdien fermé à la paroi abdominale antérieure
: son objectif est d'éviter la fistule muqueuse, son appareillage
et ses écoulements parfois gênants. En fait il n'est pas
rare qu'elle entraîne un abcès de paroi en regard et que
le sigmoïde s'ouvre spontanément à la peau (1 fois
sur 3 pour Carter et al.) [16] ; (c) la sigmoïdostomie ouverte
en fistule muqueuse a notre préférence. En effet, cette
technique ne comporte pas le risque d'une suture sur un côlon fragile
et inflammatoire. Elle permet de garder un moignon colique long, facile
à disséquer lors de la réintervention. Elle autorise
des irrigations thérapeutiques antérogrades évacuant
les sécrétions muco-purulentes et favorisant la cicatrisation
rectale. La technique que nous utilisons est l'abouchement du sigmoïde
au bas de la médiane : la pièce entière est extériorisée
au bas de la médiane en fin de colectomie ; l'iléon est
extériorisé à travers la paroi en un site choisi
avec le patient par l'infirmière stomathérapeute en pré-opératoire
; la paroi est refermée (le plus souvent sans drainage) en ménageant
un orifice pour la sigmoïdostomie ; après maturation de l'iléostomie
selon la technique de Brooke (iléostomie en trompe), le côlon
est sectionné au ras de la paroi sans tension et suturé
à la peau, puis appareillé. Cette technique évite
la section du côlon dans l'abdomen et la traversée de la
paroi de la fosse iliaque gauche, avec les risques septiques potentiels
qui en découlent ; elle raccourcit le moignon colique restant ;
dans notre expérience, elle n'a pas eu de conséquences néfastes
sur la cicatrisation pariétale, dans les conditions de réalisation
décrites ; nous n'avons jamais rencontré de sepsis local
extensif ou de réintégration de la stomie sigmoïdienne.
* Déroulement de la prise en charge chirurgicale
En pré-opératoire, le chirurgien a un rôle essentiel
pour prévenir le patient des modalités opératoires,
et de l'absolue nécessité de la création de stomies
à ce temps. La localisation idéale de l'iléostomie
sera précisée avec la coopération du patient. Il
faut informer le patient du caractère transitoire de ces stomies,
ce qui a habituellement un effet bénéfique sur le plan psychologique.
La voie d'abord est une laparotomie médiane ; il n'y a eu à
notre connaissance aucune tentative de coeliochirurgie dans le contexte
des CIAG : la friabilité des tissus rend la dissection per-coelioscopique
risquée, et l'altération de l'état général
des patients oblige à un geste rapide. Le premier temps est celui
de l'exploration, à la recherche d'une complication : l'état
du côlon est apprécié, l'intestin grêle est
examiné à la recherche d'une atteinte crohnienne non évoquée
antérieurement. Tout épanchement suspect est prélevé
pour examen bactériologique. Nous réalisons également
à ce temps et de manière systématique une biopsie
hépatique, à la recherche d'une atteinte hépatique
associée à la maladie inflammatoire intestinale, ou des
stigmates du traitement médical (nutrition parentérale).
La colectomie est menée de droite à gauche, après
section du grêle à proximité de la valvule iléo-cæcale,
à l'aide d'une pince à anastomose linéaire. Cela
permet de limiter la contamination péritonéale et pariétale.
Les décollements sont limités, le grand épiploon
est sacrifié en cas d'adhérences inflammatoires qui sont
abordées avec précaution car elles peuvent cacher une perforation
bouchée. La zone la plus fragile est le plus souvent l'angle splénique
du côlon, qui doit être bien exposé et enlevé
sans traction, au risque de provoquer une inondation septique du champ
opératoire toujours néfaste et qui imposerait un grand lavage
de la loge s'il survenait.
L'intervention est terminée selon les modalités décrites,
sans drainage et en confectionant les 2 stomies iléale et sigmoïdienne
après fermeture cutanée de la médiane (figure
6). Nous réalisons habituellement la fermeture de la fenêtre
mésentérique entre l'iléon et la paroi. Mais Leong
et al. ont montré récemment que ce geste était
inutile, car il ne modifie pas le risque d'occlusion post-opératoire
[17]. Une sonde rectale est mise par voie anale pour évacuer les
sécrétions purulentes résiduelles et démarrer
très précocément les lavages-irrigations du segment
digestif encore pathologique. Les gestes importants de la CPT pour CIAG
sont rappelés dans le Tableau
3.
CONCLUSION Les
colites inflammatoires aiguës graves demeurent un challenge pour l'équipe
médico-chirurgicale : le progrès essentiel dans les CIAG a
été de reconnaître l'urgence thérapeutique qu'elles
représentent [5]. Il a été ensuite possible de définir
les outils d'évaluation adéquats permettant de déterminer
la gravité de la poussée. Une sélection rapide et fiable
des patients à opérer peut être maintenant faite. Elle
évite la survenue de complications graves qui étaient autrefois
source de mortalité [1, 4, 12]. Les techniques de réanimation
et de chirurgie allient maintenant sécurité immédiate
et préservation ultérieure du schéma intestinal avec
conservation anale.REFERENCES
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