ARTICLE L'infection
bactérienne est une complication fréquente et grave de l'insuffisance
hépatique aiguë ou chronique. Au cours de l'insuffisance hépatique
aiguë, la fréquence des bactériémies varie de
20 à 90 % [1, 2] avec une mortalité de 40 à 60 % [3].
Si l'on considère l'ensemble des germes responsables des infections
quelle que soit leur porte d'entrée, les germes le plus souvent trouvés
sont des cocci Gram positif [2], alors que les infections du liquide d'ascite
et les septicémies associées sont surtout liées à
des bactéries Gram négatif [4]. Cette incidence élevée
des infections bactériennes est liée à l'immunosuppression
sous-jacente de l'insuffisance hépatique aiguë ou chronique.
Différents mécanismes sont responsables de la diminution des
défenses de l'organisme comme l'altération des fonctions des
cellules de Kupffer, des polynucléaires neutrophiles, des monocytes-macrophages
et une diminution de l'activité de facteurs circulants tels que la
fibronectine, les opsonines ou les divers facteurs chimiotactiques incluant
ceux du complément [5]. Associée à ces déficits
immunitaires, la fonction de biotransformation des médicaments du
foie est aussi perturbée et donc celle des antibiotiques. Le ralentissement
de cette biotransformation des antibiotiques a surtout été
observé chez les malades atteints de cirrhose ou d'hépatite
chronique. Les conséquences thérapeutiques conduisent essentiellement
à réduire la posologie ou à élargir les intervalles
de prise. Cependant, contrairement aux malades ayant une insuffisance rénale,
chez les malades ayant une insuffisance hépatocellulaire, les tests
usuels de fonction hépatique ne permettent pas d'adapter la posologie.
Nous nous attacherons à rappeler les modifications trouvées
au cours de l'insuffisance hépatique chronique, les principales infections
rencontrées ainsi que les différents schémas thérapeutiques
que l'on peut proposer tout en sachant qu'il n'y a actuellement aucun consensus.
Facteurs déterminant
l'élimination hépatique des antibiotiques
Le foie joue un rôle central dans la biotransformation des produits
liposolubles qui sont métabolisées en produits hydrosolubles
afin d'être éliminées [6]. Les réactions de
phase I sont surtout des réactions d'oxydation effectuées
dans le réticulum endoplasmique lisse par les cytochromes P450
localisés dans les régions péricentrales. Ces réactions
vont donner lieu à des métabolites pharmacologiquement actifs
ou inactifs. Une modification de ces réactions d'oxydation survient
surtout dans les hépatites aiguës virales ou alcooliques.
Dans les hépatites chroniques sans cirrhose ou dans la cirrhose
biliaire primitive à un stade précoce, il y a peu d'anomalies
de ce métabolisme oxydatif. Bien que le métabolisme de phase
I inactive le produit, il peut aussi augmenter l'effet pharmacologique
du produit mère en donnant un métabolite ayant soit une
plus grande activité et potentiellement toxique ou soit une activité
intrinsèque plus faible mais à demi-vie augmentée.
Les réactions de phase II ou synthétiques vont transformer
le médicament en un métabolite plus polaire biologiquement
inactif essentiellement par des réactions de glycuronidation. Les
enzymes responsables sont surtout localisés dans le réticulum
endoplasmique rugueux des régions périportales. Ces réactions
vont entraîner une inactivation du médicament. Cependant,
il existe des exceptions avec formation de métabolites actifs par
acétylation (isoniazide, ceftriaxone) et méthylation. Ces
réactions de glycuronidation ont été bien étudiées
dans les maladies hépatiques aiguës et chroniques et sont
relativement bien conservées.
Comme il est impossible de mesurer la quantité d'un médicament
à son site d'action, on utilise des modèles permettant de
prédire l'effet thérapeutique (figure
1). Le taux plasmatique d'un médicament dépend de plusieurs
réactions incluant : l'absorption intestinale, la lésion
aux protéines plasmatiques, le volume de distribution (VD), la
biodisponibilité systémique et la clairance (CI) sanguine.
L'absorption intestinale a été peu étudiée.
Dans l'hypertension portale ou la cirrhose, certains produits peuvent
avoir une absorption et un pic sérique retardés mais les
mécanismes et la signification clinique de ce retard restent inconnus.
La liaison aux protéines peut être altérée
par l'hypoalbuminémie ou par des modifications qualitatives. Le
volume de distribution des médicaments peut être modifié
par diminution de la liaison aux protéines plasmatiques, par augmentation
de la liaison tissulaire et par altération de la composition de
l'organisme. L'ascite a ainsi des conséquences majeures sur le
VD. Cette modification du VD peut être responsable de l'allongement
de la demi-vie (t1/2). En effet, la t1/2 est proportionnelle au VD et
inversement proportionnelle à CI (t1/2 = (VD) x (0,693)/CI). Ainsi
des modifications de t1/2 peuvent ne pas représenter des modifications
de la CI mais être directement proportionnelles aux modifications
de distribution du médicament. La CI reflète le profil d'élimination
d'une substance en termes de ml de plasma ou sang débarrassé
de cette substance en fonction du temps. La majorité des médicaments
est éliminée par le foie et le rein, la CI systémique
est alors la somme de la CI hépatique et de la CI rénale.
La CI hépatique est dépendante de 2 processus. Le premier
est le taux auquel le substrat est délivré à la masse
hépatocytaire, directement lié au flux sanguin hépatique.
Le second est l'efficacité de l'hépatocyte à extraire
le produit appelé coefficient d'extraction (CI hépatique
= flux sanguin hépatique x coefficient d'extraction). La CI d'un
médicament est habituellement classifiée suivant le facteur
limitant. Les antibiotiques sont surtout « capacité limitée
» et ont ainsi des clairances faibles. Les médicaments «
flux limité » sont ceux pour lesquels l'étape enzymatique
n'est pas limitante. La biodisponibilité systémique est
la proportion du médicament qui reste après le premier passage
hépatique. Ainsi, les produits qui sont normalement rapidement
extraits par le foie ont une extraction diminuée en cas de cirrhose
et deviennent plus « flux indépendant » et «
capacité limitée ». La CI systémique des produits
peut aussi être altérée en cas de diminution de la
CI rénale qui devrait toujours être évaluée
dans les études des médicaments dans les maladies hépatiques.
De façon générale, les malades ayant une cirrhose
compensée (Child A) nécessitent une adaptation minimale
des doses. En cas de cirrhose Child C, décompensée
et d'hépatite alcoolique, les doses des médicaments à
métabolisme hépatique doivent être modifiées
et adaptées également aux modifications de la CI rénale.
Pharmacologie des antibiotiques
au cours de la cirrhose
En raison de leur faible toxicité et de leur index thérapeutique
élevé, un ajustement des doses ou des intervalles de prescription
des antibiotiques est rarement nécessaire. Il existe cependant
quelques modifications de certaines données pharmacocinétiques
qui peuvent influencer la prescription surtout s'il existe une insuffisance
rénale associée à l'insuffisance hépatocellulaire.
Bêta-lactamines
Elles sont constituées de 4 groupes d'antibiotiques ayant en
commun un noyau bêta-lactame. Parmi les pénames, les pénicillines
G, V et M ont une cinétique influencée par l'insuffisance
rénale et non par l'insuffisance hépatocellulaire, à
l'exception de la naficilline [7]. La CI totale de la naficilline est
réduite de 50 % avec une prolongation de la t1/2 et une augmentation
du VD. Comme pour tous les dérivés isoxazolés, une
augmentation des transaminases est fréquente et réversible
à l'arrêt du traitement [8]. Les pénicillines A, ampicilline
et amoxicilline ont une t1/2 prolongée avec une réduction
de la CI totale associée à une CI métabolique augmentée,
et un ajustement des doses n'est nécessaire qu'en cas d'insuffisance
rénale associée [9]. Les carboxy-pénicillines comme
la carbénicilline et la ticarcilline ont une t1/2 très allongée
en cas d'insuffisance hépatocellulaire surtout s'il existe une
insuffisance rénale associée [10]. Parmi les amidino-pénicillines,
le mécillinam a une élimination biliaire importante (40
%) et sa CI pourraît être diminuée en cas d'hépatopathie
sévère [11]. Les uréido-pénicillines comme
l'azlocilline et la pipéracilline ont une cinétique dose-dépendante
avec, à dose élevée, une augmentation du rôle
de la CI non rénale du fait de la saturation des mécanismes
de transport actif, rénal et biliaire [12]. Chez le cirrhotique,
la CI non rénale est réduite jusqu'à près
de 50 % notamment en cas d'ictère [13], associée à
une prolongation de la t1/2 [14], justifiant la réduction des doses
ou l'augmentation de l'intervalle entre les prises. Les clavames sont
représentés par l'acide clavulanique, le sulbactam et tazobactam.
Ces inhibiteurs des bêta-lactamases sont généralement
associés à une bêta-lactamine (amoxicilline, ticarcilline,
ampicilline et pipéracilline). La cinétique du sulbactam
n'est pas modifiée au cours de la cirrhose [15].
Dans les céphèmes, les céphalosporines de première
et deuxième générations ont une élimination
essentiellement rénale, ainsi, en l'absence d'insuffisance rénale,
il n'est pas nécessaire d'adapter les doses chez le cirrhotique
[16, 17]. Le risque de néphrotoxicité est accru avec l'association
céfalotine ou céphaloridine et aminosides [18, 19] ce qui
n'est pas le cas pour la céfoxitine et le céfamandole [19].
Les céphalosporines de troisième génération
ont une élimination principalement rénale sauf pour la céfopérazone
et la ceftriaxone [20]. Chez le cirrhotique ou en cas de cholestase prononcée,
la CI totale peut être réduite de moitié suggérant
pour certains une réduction des doses de 25 à 50 % selon
la gravité de l'affection [21]. Pour le céfotaxime, l'allongement
de la t1/2 du métabolite désacétylé n'impose
pas d'ajustement des doses [22], au contraire de la ceftriaxone [23].
L'aztréonam est un monobactame dont la t1/2 est prolongée
dans la cirrhose en raison de la réduction des CI systémique
et non rénale mais, étant donné son index thérapeutique
élevé, la réduction des doses ne s'impose pas [24].
L'imipénème-cilastine est principalement éliminé
par voie rénale, sa t1/2 est donc prolongée avec nécessité
d'adapter les doses en cas d'insuffisance rénale [25].
Aminosides
Ils ne sont pas métabolisés et s'éliminent sous
forme inchangée dans la bile et dans les urines. Leur utilisation
doit être limitée chez le cirrhotique en raison de leur néphrotoxicité
pouvant être aggravée par l'utilisation concomitante du furosémide
et de leur ototoxicité [26]. Dans les sepsis sévères,
le VD est augmenté en particulier pour l'amikacine et la gentamicine,
les doses doivent donc être augmentées avec une surveillance
du pic sérique 2 heures après le début de la perfusion
[27].
Fluoroquinolones
Les fluoroquinolones les plus utilisées en France sont la péfloxacine,
l'ofloxacine et la ciprofloxacine. La péfloxacine et l'ofloxacine
ont une biodisponibilité proche de 100 %. La péfloxacine
étant principalement métabolisée par le foie, chez
le cirrhotique, il existe un doublement de la t1/2 et une accumulation
nécessitant une réduction et un espacement des doses [28,
29]. Pour l'ofloxacine (figure 2),
chez le cirrhotique, l'altération de la sécrétion
tubulaire peut donner lieu à une réduction de la CI totale
malgré une CI de la créatinine normale [30]. La CI de la
ciprofloxacine ne serait pas modifiée en l'absence d'insuffisance
rénale [31].
Macrolides
Pour l'érythromycine, chez le cirrhotique, il existe une augmentation
des concentrations sériques non liées aux protéines
avec une augmentation du VD, une réduction de la CI totale avec
une prolongation de la t1/2 [32]. Des modifications pharmacocinétiques
similaires sont trouvées pour les autres macrolides en particulier
pour la clarithromycine [33]. Cependant, leur index thérapeutique
étant large, l'ajustement des doses ne paraît pas indispensable.
Les lincosamides, apparentés aux macrolides, sont principalement
métabolisés par le foie, leur t1/2 est augmentée
en cas d'insuffisance hépatocellulaire [27] imposant une réduction
des doses pour la clindamycine.
Antituberculeux
Acétylé par le foie, l'isoniazide, en cas d'insuffisance
hépatocellulaire sévère, a une t1/2 prolongée
et il est raisonnable de diminuer les doses [34]. Pour la rifampicine,
les doses doivent être limitées à 6 à 8 mg/kg
dans les hépatopathies chroniques avec un contrôle rigoureux
des concentrations sériques [35]. L'éthambutol est peu métabolisé
par le foie et l'ajustement des doses se fera en fonction de l'insuffisance
rénale [35] ce qui n'est pas le cas de la pyrazinamide qui devra
être évitée chez le cirrhotique surtout en association
aux autres antituberculeux [36].
Divers
L'acide fusidique a une élimination essentiellement billiaire
et doit être utilisé avec prudence en cas d'insuffisance
hépatocellulaire [37]. Le chloramphénicol a une demi-vie
doublée dans la cirrhose avec une réduction d'autant de
la CI systémique. Chez le cirrhotique, un contrôle soigneux
des concentrations sériques est nécessaire [38] de même
pour la vancomycine [39]. Chez le cirrhotique, le métronidazole
a une t1/2 et une CI systémique diminuées, les doses doivent
être réduites de moitié en cas d'insuffisance hépatocellulaire
majeure [40].
Diffusion intra-ascitique
des antibiotiques
Pour certains antibiotiques, la diffusion intra-ascitique a été
évaluée le plus souvent par des rapports de concentrations
mesurées simultanément dans l'ascite et le plasma et rarement
par une cinétique vraie. Les concentrations intra-ascitiques des
principaux antibiotiques utilisés dans l'insuffisance hépatique,
en particulier dans la cirrhose, ont cependant été étudiées.
On peut schématiquement parler de diffusion péritonéale
faible lorsque les concentrations intra-ascitiques sont inférieures
au tiers de la concentration plasmatique, moyenne si ces concentrations
sont comprises entre le tiers et la moitié et forte lorsqu'elles
sont supérieures à 50 % des concentrations sériques
maximales (Tableau 1). L'antibiotique
doit aussi avoir une concentration intra-ascitique supérieure aux
concentrations minimales inhibitrices des germes le plus souvent responsables
d'infection. Le pic de concentration intra-ascitique doit être précoce
afin d'améliorer la vitesse de bactéricidie. Pour certains
antibiotiques comme la péfloxacine, il existe une accumulation
dans l'ascite justifiant d'autant plus l'espacement des doses [29, 30].
Insuffisance hépatique
et cirrhose : traitement des infections sévères
En 1985, l'antibiothérapie des infections sévères
du cirrhotique s'est complètement modifiée, Félisart
et al. [41] montrant alors que le céfotaxime était
plus efficace que l'association ampicilline-tobramycine. Dans cette étude,
plus de la moitié des malades avait une infection du liquide d'ascite
(ILA) et un tiers une septicémie. Les germes responsables étaient
dans la moitié des cas des bacilles gram négatif surtout
E. coli et dans l'autre moitié des cocci Gram positif essentiellement
des streptocoques. Les infections étaient guéries dans 85
% des cas par le céfotaxime comparés à 79 % par l'association
ampicilline-tobramycine. Il n'était pas noté de différence
significative en termes de néphrotoxicité et de mortalité.
Cela souligne le fait que la gravité de l'infection chez le cirrhotique
est liée à l'infection elle-même et à ses propres
complications, mais aussi à l'insuffisance hépatocellulaire
sous-jacente. La même équipe [42] a recherché les
facteurs prédictifs de guérison de l'infection et de survie
chez ces malades ayant une infection sévère traitée
par le céfotaxime. Les facteurs prédictifs les plus importants
étaient l'urée sanguine, l'aspartate aminotransférase
et le type de l'ILA (communautaire ou hospitalière). Une autre
équipe espagnole comparant l'aztréonam et le céfotaxime
dans le traitement de l'ILA a montré des taux de guérison,
de mortalité et de tolérance similaires mais l'aztréonam
était responsable de 15 % des surinfections à streptocoques
[43]. L'aztréonam ne paraît donc pas indiqué comme
antibiotique de première intention dans les ILA et les septicémies
d'autant qu'il est peu actif sur les germes Gram positif. D'autres céphalosporines
ont été utilisées telles que la ceftriaxone et le
cefonicid avec des taux de guérison un peu plus élevés
mais une mortalité hospitalière similaire [44]. La ceftriaxone
pourrait être préférée au cefonicid en raison
de sa meilleure pharmacocinétique intra-ascitique mais son utilisation
devra être limitée par l'existence de ses métabolites
acétylés actifs. Ces équipes ont évalué
des monothérapies, d'autres équipes ont utilisé soit
des molécules associées telles que l'amoxicilline-acide
clavulanique [45], soit des associations d'antibiotiques telles qu'une
quinolone et l'amoxicilline ou le sulfaméthoxazole-triméthoprime
[46]. Dans ce dernier cas, le traitement était uniquement oral.
Comme pour l'antibiothérapie parentérale, le taux de guérison
des infections sévères était de 85 % avec un taux
de survie à un an de 33 % identique à celui rapporté
par Tito et al. [47]. Le traitement oral apparaît donc efficace
et permet d'éviter une voie intraveineuse, porte d'entrée
potentielle des infections hospitalières. La durée de l'antibiothérapie
est toujours discutée, en moyenne, elle est de 10 à 14 jours
bien qu'il ait été montré qu'un traitement par le
céfotaxime de 5 jours était aussi efficace qu'un traitement
plus prolongé [48]. Dans les ILA, l'absence d'amélioration
clinique après 48 heures de traitement impose de répéter
la ponction d'ascite et d'adapter l'antibiothérapie.
Étant donné la gravité des complications infectieuses
des malades atteints de cirrhose alcoolique, leur prévention par
une antibiothérapie de décontamination bactérienne
digestive visant à éliminer les entérobactéries
en respectant les autres composants de la flore digestive est maintenant
proposée [49]. Cette prévention s'adresse aux malades cirrhotiques
à risque d'infections bactériennes sévères
incluant les malades ayant une hémorragie digestive aiguë,
les malades ayant une ascite dont le taux de protides intra-ascitique
est inférieur à 15 g/l, voire 10 g/l (prophylaxie primaire)
et ceux ayant guéri d'une première ILA à risque de
récidive infectieuse (prophylaxie secondaire). Les antibiotiques
les plus employés sont les fluoroquinolones comme la norfloxacine
peu absorbée (50 %) ou la ciprofloxacine fortement absorbée
(90 %). L'efficacité de la décontamination bactérienne
digestive par la norfloxacine a été montrée dans
la prévention de la récidive des ILA avec une bonne tolérance
au long cours [50]. La norfloxacine paraît aussi efficace dans la
prévention de la survenue d'ILA chez les malades hospitalisés
ayant un taux de protides intra-ascitiques inférieur à 15
g/l [51]. D'autres études sont nécessaires pour évaluer
si ces traitements prophylactiques doivent être proposés
à d'autres groupes de malades à haut risque d'infections
sévères et s'il existe un bénéfice en termes
de coût ainsi que d'efficacité de la décontamination
digestive comparée au traitement au coup par coup des complications
infectieuses en l'absence d'antibioprophylaxie.
REFERENCES
1. Wyke RJ, Canalese JC, Gimson AES, Williams R. Bacteraemia in patients
with fuminant hepatic failure. Liver 1982 ; 2 : 45-52.
2. Rolando N, Harvey F, Brahm J, Philpott-Howard J, Alexander G. Prospective
study of bacterial infection in acute liver failure : an analysis of fifty
patients. Hepatology 1990 ; 49-53.
3. Rimola A. Infections in liver disease. In : McInctyre N, Benhamou JP,
Bircher J, Rizetto M, Rodès J., eds. Oxford textbook of clinical
hepatology. Oxford : Oxford Medical Press, 1991: 1272-84.
4. Bismuth H, Samuel D, Gugenheim J. Emergency liver transplantation for
fulminant hepatitis. Ann Intern Med 1987 ; 107 : 337-41.
5. Wyke RJ. Problems of bacterial infection in patients with liver disease.
Gut 1987 ; 28 : 623-41.
6. Secor JW, Schenher S. Drug metabolism in patients with liver disease.
Adv Intern Med 1987 , 32 . 379-406.
7. Lesar TS, Waske DE. Modifying dosage regimens in renal and hepatic
failure. In : Ristuccia AM, Cunha BA, eds. Antimicrobial therapy.
New York : Raven Press, 1984 : 95-112.
8. Bruckstein AH, Attia AA. Oxacillin hepatitis : two patients with liver
biopsy and review of the litterature. Am J Med 1978 ; 64 : 519-22.
9. Lezis GP, Jusko WJ. Pharmacokinetics of ampicillin in cirrhosis. Clin
Pharmacol Ther 1975 ; 18 : 475-84.
10. Barret SP, Watt PJ. Antibiotics and the liver. J Antimicrob Chemother
1979 ; 5 : 332-48.
11. Roholt K. Pharmacokinetic studies with mecillinam and pivmecillinam.
J Antimicrob Chemother 1977 ; 3 (suppl B) : 71-8.
12. Wright AJ, Wilkowske CJ. The penicillins. Mayo Clin Proc 1987
; 62 : 806-20.
13. Meyers BR, Srulevitch EE, Sacks HS, Hirschman SZ, Wotner TM, Wormser
GP et al. Pharmacokinetics of mezlocillin in patients with hepato-biliary
dysfunction. J Antimicrob Chemother 1986 ; 18 : 709-13.
14. Bunke C, Aronoff GR, Brier ME, Sloan RS, Luft FC. Mezlocillin kinetics
in hepatic insufficiency. Clin Pharmacol Ther 1983 ; 11 : 73-6.
15. Galante D, Esposito S, Barba D, Ruffili MP. Clinical efficacy and
safety of sulbactam ampicillin in patients suffering from chronic liver
disease. J Antimicrob Chemother 1987 ; 19 : 527-32.
16. Ohashi T, Tsunoo M, Tsunecoka K. Pharmacokinetics and protein binding
of cefazolin and cephalotin in patients with cirrhosis. J Antimicrob
Chemother 1986 ; 17 : 347-51.
17. Georges CF, Watt PJ. The liver and response to drug. In : Wright R,
Alberti KG, Karran S, Millward-Sadler GH, eds. Liver and biliary disease
: pathophysiology, diagnosis, management. London : Saunders WB, 1979,
344-77.
18. Moore RD, Smith CR, Lipsky JJ, Mellits EM, Lietman PS. Risk factors
for nephrotoxicity in patients treated with aminoglycosides. Ann Intern
Med 1984 ; 100 : 352-7.
19. Neu HC. Pharmacology of aminoglycosides. In : Zhelton A, Neu HC. Dekker
M, eds. The aminoglycosides : microbiology, clinical use and microbiology.
New York : Basel, 1982 ; 125-42.
20. Brogard JM, Comte F. Pharmacokinetics of the new cephalosporins.
Antibiotics Chemother 1982 ; 31 : 145-8.
21. Brogard JM, Jehl F, Paris-Bockel D, Sini F, Blickle JF, Adloff M et
al. La ceftriaxone, céphalosporine à forte élimination
hépatique. Schweiz Med Wochenschr 1987 ; 117 : 1549-59.
22. Graninger W, Vihlein N, Ferenci P, Moser C, Georgopoulos A. Cefotaxime
and desacetyl-cefotaxime blood levels in hepatic dysfunction. J Antimicrob
Chemother 1984 ; 4 (suppl B) : 143-6.
23. Wise R, Wright N, Wills PJ. Pharmacology of cefotaxime and its desacetyl
metabolite in renal and hepatic desease. Antimicrob Agents Chemother
1981 ; 19 : 526-31.
24. Mattie H. Clinical pharmacokinetics of aztreonam. An update. Clin
Pharmacokinet 1994 ; 26 : 99-106.
25. Drusano GL. An overview of the pharmacology of imipenem/cilastin.
J Antimicrob Chemother 1986 ; 18E : 79-92.
26. Moore RD, Smith GR, Lietman PS. Increased risk of renal dysfunction
due to interaction of liver disease and aminoglycosides. Am J Med 1986
; 80 : 1093-7.
27. Lesar TS, Zaske DE. Modifying dosage regimens in renal and hepatic
failure. In : Ristuccia AM, Cunha BA, eds. Antimicrobiol therapy.
New York : Raven Press, 1984 : 95-112.
28. Cardey J, Silvain C, Bouquet S, Breux JP, Becq-Giraudon B, Fourtillan
JP, et al. Oral pharmacokinetics and ascitic fluid penetration
of pefloxacin in cirrhosis. Eur J Clin Pharmacol 1987 ; 33 : 469-72.
29. Danan G, Montay G, Cunci R, Erlinger S. Pefloxacin kinetics in cirrhosis.
Clin Pharmacol Ther 1985 ; 38 : 439-42.
30. Silvain C, Rochard E, Bouquet S, Becq-Giraudon B, Beauchant M. Oral
pharmacokinetics and ascitic fluid penetration of ofloxacin in cirrhosis.
Eur J Clin Pharmacol 1989 ; 37 : 261-5.
31. Lettieri J, Frost RW, Krol G, Lasseter K, Shamblen EC. Effects of
cirrhosis on ciproloxacin pharmacokinetics. 27th Interscience Conference
on Antimicrobiol Agents and Chemotherapy. New York, 1987 : 1268 (abstr).
32. Barre J, Mallat A, Rosembaum J, Deforges L, Houin G, Dhumeaux D, et
al. Pharmacokinetics of erythromycin in patients with severe cirrhosis.
Respective influence of decreased serum binding and impaired liver metabolic
capacity. Br J Clin Pharmacol 1987 ; 23 : 753-7.
33. Chu SY, Granneman GR, Pichotta PJ, Decourt JP, Girault J, Fourtillan
JB. Effect of moderate or severe hepatic impairement on clarithromycin
pharmacokinetics. J Clin Pharmacol 1993 ; 33 : 480-5.
34. Acocella G, Bonollo L, Garimoldi M, Mainardi M, Tenloni LT, Nicolis
FB. Kinetics of rifampicin and isoniazid administered alone and in combination
to normal subjects and patients with liver disease. Gut 1972 ;
13 : 47-53.
35. Davey PG. Pharmacokinetics in liver disease. J Antimicrob Chemother
1988 ; 21 : 1-5.
36. Van Scoy RE, Wikowske CJ. Antituberculous agents. Mayo Clin Proc
1987 ; 62 : 1129-36.
37. Barret SP, Watt PJ. Antibiotics and the liver. J Antimicrob Chemother
1979 ; 5 : 337-48.
38. Narang APS, Datta DV, Nath N, Marthur VS. Pharmacokinetics study of
chloramphenicol in patients with liver disease. Eur J Clin Pharmacol
1981 ; 20 : 479-83.
39. Moellering RC, Krogstag DJ, Greenblatt DJ. Vancomycin in patients
with impaired renal function : a normogram for dosage. Ann Intern Med
1981 ; 94 : 343-6.
40. Farell G, Baird-Lambert J, Cvejic M, Buchanan N. Disposition and metabolism
of metronidazole in patients with liver failure. Hepatology 1984
; 4 : 722-6.
41. Felisart J, Rimola A, Arroyo V, Perez-Ayuso RM, Quintero E, Gines
P, et al. Cefotaxime is more effective than is ampicillin-tobramycine
in cirrhotics with severe infections. Hepatology 1985 ; 5 : 457-62.
42. Toledo C, Salmeron JM, Rimola A, Navasa M, Arroyo V, Llach J et
al. Spontaneous bacterial peritonitis in cirrhosis : predictive factors
of infection resolution and survival in patients treated with cefotaxime.
Hepatology 1993 ; 17 : 251-7.
43. Ariza J, Xiol X, Esteve M, Baneres FF, Linares J, Alonso T, et
al. Aztreonam vs. cefotaxime in the treatment of gram-negative spontaneous
peritonitis in cirrhotic patients. Hepatology 1991 ; 14 : 91-8.
44. Gomez-Jimenez J, Ribera E, Gasser I, Artaza MA, Dell Valle O, Pahissa
R, et al. Randomized trial comparing ceftriaxone with cefonicid
for treatment of spontaneous bacterial peritonitis in cirrhotic patients.
Antimicrob Agents Chemother 1993 ; 37 : 1587-92.
45. Grangé JD, Amiot X, Grangé V, Gutmann L, Biour M, Bodin
F, et al. Amoxicillin-clavulanic acid therapy of spontaneous bacterial
peritonitis : a prospective study of twenty-seven cases in cirrhotic patients.
Hepatology 1990 ; 11 : 360-4.
46. Silvain C, Breux JP, Grollier G, Rouffineau J, Becq-Giraudon B, Beauchant
M. Les septicémies et les infections du liquide d'ascite peuvent-elle
être traitées exclusivement par voie orale ? Gastroenterol
Clin Biol 1989 ; 13 : 335-9.
47. Tito L, Rimola A, Ginès P, Llach J, Arroyo V, Rodès
J. Recurrence of spontaneous bacterial peritonitis in cirrhosis : frequency
and predictive factors. Hepatology 1988 ; 8 : 27-31.
48. Runyon BA, McHutchinson JG, Antillon MR, Akriviadis EQ, Montano AA.
Short-course versus long-course antibiotic treatment of spontaneous bacterial
peritonitis. A randomized controlled study of 100 patients. Gastroenterology
1991 ; 100 : 1737-42.
49. Grangé JD, Amiot X. La prophylaxie des complications infectieuses
par décontamination bactérienne digestive sélective
chez les malades atteints de cirrhose. Gastroenterol Clin Biol 1992
; 16 : 692-700.
50. Gines P, Rimola A, Planas R, Vargas V, Marco F, Almeda M et al.
Norfloxacin prevents spontaneous bacterial peritonitis recurrence in cirrhosis
: a result of a double-blind, placebo-controlled trial. Hepatology
1990 ; 12 : 716-24.
51. Soriano G, Guarner C, Teixido M, Such J, Barios J, Enriquez J, et
al. Selective intestinal decontamination prevents spontaneous bacterial
peritonitis. Gastroenterology 1991 ; 100 : 477-81.
|