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Neurones intrinsèques de l'intestin : de la structure à la fonction (partie 1)


Hépato-Gastro. Volume 2, Numéro 6, 537-44, Novembre - Décembre 1995, Bases fondamentales… en physiologie


Résumé  

Auteur(s) : Fabielle ANGEL, Michel NEUNLIST, INSERM U. 381, 3, avenue Molière, 67200 Strasbourg, France..

Résumé : Différents mécanismes de modulation permettent aux fonctions digestives d'atteindre un haut degré de régulation. Il existe en effet une coordination complexe et efficace entre les influences endocrines, paracrines et nerveuses. Les structures anatomiques impliquées sont les différents types cellulaires localisés dans la paroi digestive. L'information nerveuse sensitive et motrice peut circuler entre les différentes structures ou effecteurs qui sont eux-mêmes reliés aux centres nerveux. Les circuits nerveux réalisés dans la paroi digestive par les fibres du système nerveux autonome constituent le niveau d'intégration intrapariétal, véritable cerveau qui intègre des informations multiples et règle de nombreuses fonctions. Le système nerveux entérique est constitué de récepteurs sensitifs localisés dans la muqueuse (récepteurs polymodaux) et dans la musculature lisse (mécanorécepteurs), et des prolongements des neurones sensitifs. Ceux-ci communiquent avec d'autres neurones (interneurones) par l'intermédiaire de collatérales axonales. Les supports chimiques de l'information nerveuse sont les neurotransmetteurs. Ces derniers ont fait l'objet d'un très grand nombre de travaux qui ont mis l'accent sur la diversité de leur structure moléculaire et des récepteurs membranaires qui les lient spécifiquement. Les neurones sont ainsi classés suivant la nature chimique des neurotransmetteurs qu'ils contiennent et qu'ils libèrent mais aussi selon leurs caractéristiques morphologiques et électrophysiologiques.

Mots-clés : tractus digest, système nerveux entérique, neurotransmetteurs, électrophysiologie, projections anatomiques, morphologie.

Illustrations

ARTICLE

L'entrée du chyme (bol alimentaire une fois dans l'estomac) dans différentes parties du tractus digestif est souvent le point de départ de l'une ou l'autre cascade d'événements tels que les phénomènes d'accommodation ou de distension de l'estomac, les mouvements péristaltiques qui déplacent le contenu intestinal le long du tube digestif (segmentation, mouvement pendulaire, complexe moteur migrant), les phénomènes d'absorption et de sécrétion. Ces différents événements ont lieu sous contrôle neuronal et/ou hormonal.
La régulation nerveuse de ces différents phénomènes est assurée principalement par le système nerveux autonome ou végétatif (qui échappe au contrôle volontaire), c'est-à-dire par l'innervation sympathique (préganglionnaire : acétylcholine ; post-ganglionnaire : noradrénaline), parasympathique (préganglionnaire : acétylcholine ; post-ganglionnaire : acétylcholine) et enfin par le système nerveux entérique (SNE).
Le système nerveux entérique ou intrapariétal est formé par un réseau de ganglions neuronaux distribués tout le long du tractus digestif. Ce système est capable d'initier et de régler à lui seul les principales fonctions du tractus digestif.
Le SNE fut décrit pour la première fois comme une troisième division du système nerveux autonome par Langley en 1921 [1]. Dans les années suivant le travail de Langley, le SNE a été considéré comme un simple relais post-ganglionnaire du système nerveux autonome. Ce n'est qu'avec un retour au concept de Langley qu'ont été initiés tous les progrès dans la neurophysiologie du système nerveux entérique. Le SNE possède à la fois des afférences (ou neurones sensitifs) et des efférences (ou neurones moteurs). Il possède en outre un ensemble d'interneurones. Grâce à ces trois types de neurones, nécessaires pour induire des arcs réflexes, le SNE est un système autonome capable de régler la majorité de ses fonctions sans aucun contrôle nerveux extrinsèque. En cela le SNE peut être comparé au système nerveux central et considéré comme un « petit cerveau ».
Les neurones efférents du SNE comprennent des neurones moteurs innervant le muscle lisse intestinal et réglant la motricité digestive, des neurones sécrétomoteurs innervant l'épithélium muqueux et contrôlant la sécrétion ou l'absorption et aussi des neurones vasomoteurs innervant le muscle lisse vasculaire et contrôlant le débit sanguin.
Certaines pathologies du système digestif ont été associées à un dysfonctionnement du SNE. Ainsi, récemment un modèle murin de sténose du pylore a pu être induit en produisant des souris transgéniques ne portant pas le gène responsable de la NO-synthase. La maladie de Hirschsprung où le sphincter anal interne est dans un état de contraction tonique et où il y a une absence de péristaltisme intestinal peut être la conséquence d'une absence de neurones entériques [2]. De plus, le SNE semble jouer un rôle dans différentes pathologies de l'inflammation telles que la maladie de Crohn ou les hémorragies recto-coliques. L'origine neurologique de maladies telles que le mégacôlon congénital et l'achalasie oesophagienne peut être également envisagée. Le SNE doit aussi être pris en compte lors du traitement de différentes maladies psychologiques ou psychiatriques. En effet, des altérations de la motricité digestive sont décrites après prise de médicaments antidépresseurs ou neuroleptiques.
Ainsi, une bonne connaissance du SNE est requise pour comprendre les divers mécanismes physiologiques contrôlant l'homéostasie du tractus digestif sain ou pathologique. Cette connaissance doit être acquise à différents niveaux d'organisation structurelle, en particulier, au niveau cellulaire avant de pouvoir intégrer ces connaissances à un niveau d'organisation supérieure.
La caractérisation de tout neurone peut se faire selon trois approches différentes :
- une approche électrophysiologique, caractérisant les mécanismes impliqués lors de l'excitation neuronale ;
- une approche morphologique, caractérisant l'anatomie du neurone ;
- une approche immunochimique, caractérisant le contenu neurochimique du neurone en question.
Ce n'est que récemment qu'il a été possible de corréler ces trois approches pour un même neurone et ainsi de caractériser les neurones participant à des circuits réflexes particuliers.
Nous nous proposons ici de présenter l'état des connaissances, à ce jour, concernant la nature et la fonction des neurones du SNE. Il faut cependant souligner que les données présentées proviennent principalement de travaux sur le tractus digestif du cobaye. En effet, très peu d'études ont été réalisées sur l'homme. Aussi, des précautions devront-elles être prises avant d'extrapoler ces résultats à l'homme car il peut exister des différences entre les espèces.

Anatomie du système nerveux entérique

Le système nerveux entérique a souvent été considéré, jusqu'à une époque encore récente, comme un simple relais post-ganglionnaire du système nerveux autonome. Mais, dès 1921, Langley, qui introduisit le terme de SNE, le caractérisa comme un système indépendant des ganglions situés hors de l'intestin. Le SNE est formé par un ensemble de réseaux de neurones, encore appelés plexus, regroupés en ganglions connectés entre eux par des faisceaux de fibres nerveuses. Ces ganglions sont entourés d'une membrane basale autour de laquelle les vaisseaux sanguins se concentrent ; cet ensemble a un rôle de protection du ganglion nerveux, semblable à la barrière hémoméningée du cerveau [3]. Le SNE contient une population de neurones dénombrés à 3-4 millions chez les petits mammifères et allant jusqu'à plusieurs dizaines de millions chez l'homme [4].
Le SNE est organisé en deux plexus principaux (figure 1) : le plexus myentérique (plexus d'Auerbach) et le plexus sous-muqueux (plexus de Meissner). Les premières descriptions anatomiques de ces plexus remontent au milieu du xixe siècle et ont été réalisées par Meissner, Billroth et Auerbach (dans [6]).
Le plexus myentérique, qui est le plus grand des deux plexus, est localisé entre le muscle longitudinal et le muscle circulaire tout le long du tube digestif. La densité de cellules nerveuses dans le plexus myentérique varie entre 1 000 et 15 000 neurones/cm2, en fonction de la localisation dans le tractus digestif : faible dans l'oesophage et l'estomac proximal, important dans le côlon et l'estomac distal [6]. Les neurones du plexus myentérique pénètrent peu dans l'épaisseur du muscle longitudinal, sauf dans les bandelettes coliques caractéristiques de certaines espèces (homme, cobaye). En général, le muscle longitudinal est innervé à son interface avec le plexus myentérique. La réponse synchrone de l'ensemble du muscle longitudinal est donc due, d'une part, à la diffusion intercellulaire des neurotransmetteurs libérés au niveau des varicosités se trouvant le long de l'axone terminal ; d'autre part, la propagation de la réponse musculaire se fait rapidement par l'intermédiaire de jonctions de type serré (nexus), connectant les cellules du muscle lisse entre elles. Les cellules du muscle circulaire sont, quant à elles, richement innervées par les neurones du plexus myentérique.
Le deuxième plexus, le plexus sous-muqueux, est situé entre le muscle circulaire et la musculaire muqueuse, le long du tube digestif. La distribution des ganglions du plexus sous-muqueux sur deux niveaux anatomiques suggère fortement qu'il est en fait composé de deux plexus : un plexus sous-muqueux interne (le plexus de Meissner, le plus proche de la musculaire muqueuse) et un plexus sous-muqueux externe (le plexus de Schabadash, le plus proche du muscle circulaire). Une telle distinction a été observée chez les grands mammifères tels que le chat, le chien, le porc ou chez l'homme.

Électrophysiologie des neurones du système nerveux entérique

Les connaissances électrophysiologiques sur les neurones du SNE ont surtout été acquises chez l'animal (rat, cobaye) et pour l'ensemble du tractus digestif [7-11]. Les caractéristiques électrophysiologiques de ces neurones sont déterminées grâce à différentes techniques, chacune d'entre elles apportant différentes données complémentaires.
Ainsi, les enregistrements réalisés avec des électrodes extracellulaires décrivent le comportement temporel électrique d'un ensemble de cellules nerveuses mais n'apportent pas d'information sur les caractéristiques du potentiel transmembranaire. Les enregistrements réalisés au moyen d'électrodes intracellulaires (figure 2) introduites dans le neurone, permettent de caractériser l'évolution temporelle du potentiel transmembranaire du neurone étudié en réponse à différentes stimulations : électrique, chimique ou mécanique. Finalement, l'emploi de la technique de patch-clamp permet de caractériser biophysiquement l'activité des différents canaux ioniques impliqués dans les variations du potentiel transmembranaire.
La classification électrophysiologique des neurones entériques est principalement le résultat d'enregistrements intracellulaires réalisés dans un neurone donné et permettant d'analyser la différence de potentiel existant entre l'intérieur et l'extérieur du neurone et son évolution suite à une stimulation électrique.

Enregistrements extracellulaires

Cette technique extracellulaire a permis de révéler l'existence de réponses électriques rapides (potentiels d'action) apparaissant de manière spontanée ou après stimulation [12-15]. Les neurones identifiés ont pu être classés en trois groupes distincts selon leur comportement électrique.
* Le premier groupe de neurones (figure 3) se caractérise par l'apparition régulière et périodique de salves de potentiels d'action (burst-type). Ces neurones sont probablement des neurones moteurs innervant directement les cellules effectrices (cellules musculaires lisses, cellules sécrétrices de l'épithélium, par exemple). Il semblerait que la fréquence d'apparition des salves de potentiels d'action et leur nombre dans chaque salve soient caractéristiques d'un type de neurotransmetteur donné [16]. Par exemple, des fréquences faibles d'apparition des salves provoquent la libération de neurotransmetteurs tels que la noradrénaline, l'adénosine triphosphate (ATP) ou l'acétylcholine, alors qu'une fréquence élevée induit la libération de neuropeptides tels que le neuropeptide Y (NPY) ou le vasoactive intestinal peptide (VIP) [17].
* Le deuxième groupe de neurones (figure 4) est caractérisé par le fait que ceux-ci répondent par une augmentation de leur activité électrique à la stimulation mécanique (c'est-à-dire distension intraluminale intestinale). Ils peuvent être également activés par les contractions du muscle intestinal circulaire [18]. Il semble donc que ces neurones sensitifs soient activés lorsque des mécanorécepteurs, localisés dans la musculature intestinale, sont stimulés [19].
* Enfin, il existe un troisième groupe de neurones (figure 5) révélé par l'apparition irrégulière de potentiels d'action uniques, à de basses fréquences [18]. Ces potentiels d'action ne dépendent pas d'une activation pré-synaptique mais semblent être sous le contrôle cholinergique (figure 5).

Enregistrements intracellulaires

* Classification

Ces enregistrements sont réalisés au moyen d'électrodes en verre de très faible diamètre (< 500 nm) empalées dans les neurones. Elles enregistrent la différence de potentiel entre le milieu intracellulaire et le milieu extracellulaire en réponse à différentes stimulations. Cette méthode a permis de classer les neurones du SNE en deux grandes classes principales dont la dénomination varie en fonction des auteurs. Celle-ci, bien qu'arbitraire, combine l'appellation alphabétique des neurones entériques selon Hirst, Holman et Spence [20, 21] et la désignation numérique de Nishi et North [22]. Les neurones identifiés correspondent donc, de manière la plus courante, aux types S/type 1 ou AH/type 2.
Ces deux catégories neuronales sont localisées tout le long du tractus digestif. Cependant, l'étude des neurones entériques de l'estomac a révélé l'existence de deux classes supplémentaires : il s'agit des neurones gastriques III et IV [8, 9, 11], correspondant respectivement aux types neuronaux III et IV.

- Neurones AH/type 2

Le type neuronal AH/type 2 est caractérisé par un certain nombre de propriétés électrophysiologiques. Il possède un potentiel membranaire de repos plus élevé que le type neuronal S/type 1. De plus, la stimulation par courant dépolarisant produit l'apparition d'un seul potentiel d'action suivi par une hyperpolarisation prolongée (figure 6A). Ces potentiels ne sont pas sensibles à la tétrodotoxine, excluant la participation des canaux sodiques à leur formation. Cependant, les canaux calciques semblent intervenir dans la modulation de l'excitabilité neuronale.

- Neurones S/type 1

Ces neurones possèdent un potentiel de repos plus faible que les autres types neuronaux. Pendant toute la durée de l'injection intracellulaire d'un courant dépolarisant, ces neurones S déchargent des salves de potentiels d'action dont la fréquence augmente avec l'amplitude du courant dépolarisant employé (figure 6B). La présence de tétrodotoxine bloque l'apparition de ces potentiels d'action, suggérant l'implication des canaux sodiques dans leur genèse.

- Neurones gastriques III (type 3)

Les neurones sont caractérisés par le fait que, quelle que soit l'amplitude du courant dépolarisant employé, celui-ci n'induit pas l'apparition d'un potentiel d'action. Cependant, ils répondent à l'excitation cholinergique présynaptique par un potentiel rapide appelé potentiel post-synaptique excitateur (PPSE).

- Neurones gastriques II (type 4)

Les neurones de l'antre gastrique sont caractérisés par des propriétés électrophysiologiques qui ressemblent à celles des neurones de type 2. Cependant, le potentiel d'action, induit au début de l'injection d'un courant dépolarisant, n'est pas suivi d'une hyperpolarisation, comme c'est le cas pour les neurones AH/type 2. Enfin, l'apparition de ce potentiel est liée à l'activité des canaux sodiques puisque son apparition est inhibée en présence de tétrodotoxine.
Ces dernières années de recherches dans le domaine ont permis de mettre en évidence une caractéristique importante et fascinante concernant le comportement électrophysiologique des neurones entériques : ce comportement n'est pas fixé de manière permanente pour un type neuronal donné et est donc soumis à un certain degré de plasticité neuronale. Par exemple, un neurone de type AH (type 2) peut subir une diminution d'excitabilité et se comporter comme un neurone de type 3 ; son niveau d'excitabilité peut également considérablement augmenter et, dans ce cas, il se comportera comme un neurone S/type 1. Ce phénomène de plasticité a été constaté dans l'estomac [23] et le côlon de cobaye [24].
La plasticité neuronale semble être, à l'heure actuelle, une propriété fondamentale des neurones entériques en ce qui concerne leurs propriétés électrophysiologiques. Ces changements de comportement sont probablement induits par des modifications des concentrations, dans le milieu extracellulaire, des neurotransmetteurs, des substances paracrines et de certaines hormones. Par exemple, il a été montré une augmentation de l'excitabilité neuronale dans l'intestin après sensibilisation par des antigènes étrangers. Cette augmentation serait produite par la libération mastocytaire d'histamine dans le milieu extracellulaire [25].

* Comportement électrophysiologique synaptique

Les mécanismes de base impliqués dans la transmission synaptique (communications interneuronales) et la libération du neurotransmetteur dans le système nerveux entérique sont identiques à ceux observés dans le système nerveux central. Les neurotransmetteurs, contenus dans des vésicules présynaptiques, sont libérés à l'arrivée d'un potentiel d'action axonal. Le calcium intracellulaire est alors nécessaire à l'exocytose des vésicules présynaptiques. Les événements électrophysiologiques déclenchés ensuite sont dits post-synaptiques, puisqu'ils surviennent de l'autre côté de la fente synaptique. Ils peuvent être de deux types : il s'agit de potentiels post-synaptiques excitateurs (PPSE) ou de potentiels post-synaptiques inhibiteurs (PPSI). De plus, des mécanismes d'inhibition présynaptiques ont été mis en évidence. La transmission synaptique est donc sous le contrôle de divers événements électriques.
Rappelons que toute dépolarisation augmente l'excitabilité du neurone, alors que toute hyperpolarisation la diminue.

- Excitation post-synaptique rapide

Celle-ci se caractérise par l'apparition de dépolarisations membranaires de courte durée (moins de 50 ms). Ces dépolarisations sont des potentiels post-synaptiques excitateurs (PPSE) rapides (figure 7). Elles ont pu être enregistrées dans différents types neuronaux (S/type 1, AH/type 2 et type 3), localisés dans le plexus myentérique aussi bien que dans le plexus sous-muqueux. Cette transmission synaptique rapide est également utilisée à l'interface du nerf vague et des neurones entériques. La plupart des PPSE rapides sont induits par la libération d'acétylcholine, se fixant sur des récepteurs post-synaptiques nicotiniques. Des études récentes suggèrent également l'implication de récepteurs post-synaptiques sérotoninergiques (5HT3) [26, 27].

- Excitation post-synaptique lente

Ce type d'événement post-synaptique (PPSE lents) se caractérise par l'apparition d'une dépolarisation lente (figure 8) qui peut durer de plusieurs secondes à plusieurs minutes. Cette dépolarisation conduit à une hyperexcitabilité neuronale qui se traduit parfois par l'apparition de potentiels d'action (figure 8).
Ce type d'événement synaptique se retrouve au niveau des neurones S/type 1 et des neurones AH/type 2 des deux plexus intramuraux. Plusieurs substances, dont la liste figure dans le Tableau 1, pourraient induire des phénomènes d'excitation post-synaptique lente. Bien que ne produisant pas toujours des potentiels d'action, les PPSE lents sont très importants pour moduler la fonction d'un neurone par un effet de porte (gating). Diminuer légèrement pendant plusieurs secondes la valeur du potentiel de membrane d'un neurone va rendre ce neurone plus excitable ; chaque PPSE rapide qui l'atteint va alors déclencher un potentiel d'action, ce qui n'aurait pas été forcément le cas sans cette augmentation d'excitabilité.

- Inhibition post-synaptique

Ce type d'événement post-synaptique (potentiel post-synaptique inhibiteur : PPSI) se traduit, au niveau électrique, par l'apparition d'une hyperpolarisation membranaire asssociée à une diminution de l'excitabilité neuronale (figure 9). L'hyperpolarisation ainsi produite est toujours lente. Cela signifie qu'il existe alors une probabilité bien moindre pour qu'apparaissent des potentiels d'action au niveau du neurone post-synaptique, même si celui-ci est soumis à l'influence de neurones présynaptiques excitateurs [28, 29]. Comme cela est signalé dans le cas des PPSE lents, mais en sens inverse, cette hyperpolarisation de la membrane neuronale fournit un effet de porte, qui peut cette fois bloquer le passage des influx à travers le neurone post-synaptique. Plusieurs neurotransmetteurs semblent responsables de cette activité post- synaptique inhibitrice (Tableau 2).

- Inhibition présynaptique de la libération de neurotransmetteur ; auto-inhibition

Cet événement synaptique correspond à des mécanismes supprimant la libération axonale des neurotransmetteurs. Les messagers chimiques impliqués agissent au niveau de récepteurs spécifiques situés sur l'axone du neurone, avant la synapse (figure 10A). La fixation sur ces récepteurs diminue la libération de neurotransmetteur par la terminaison nerveuse, avant la fente synaptique. Ce type d'inhibition présynaptique a été mis en évidence dans tous les types neuronaux précédemment décrits [22, 30, 31].
L'inhibition présynaptique prend quelquefois la forme d'une auto-inhibition, induisant un rétrocontrôle qui limite la libération de neurotransmetteur. Cet événement a lieu lorsque le neurotransmetteur libéré s'accumule dans la fente synaptique et se fixe sur des récepteurs spécifiques situés sur l'axone présynaptique. Dans ce cas, la libération du transmetteur en question est inhibée, et son effet naturellement diminué. Ce type de modulation présynaptique peut s'exercer au niveau d'une synapse axosomatique (figure 10B).
Enfin, il est intéressant de noter que les mécanismes d'inhibition présynaptique peuvent être induits par des substances non neuronales (paracrines, endocrines ou mastocytaires).

(à suivre...)

REFERENCES

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