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Complications ostéoarticulaires de la corticothérapie


Hépato-Gastro. Volume 7, Numéro 3, 173-8, Mai - Juin 2000, Mini-revues


Résumé  

Auteur(s) : Christine Brousse, .

Résumé : Le traitement prolongé par glucocorticoïdes engendre des effets secondaires multiples. Parmi ceux-ci, les complications ostéo-articulaires peuvent retentir largement sur le pronostic fonctionnel du patient. La perte osseuse accélérée conduit à une ostéoporose, source de fractures. Les progrès récents dans la compréhension du mode d’action des glucocorticoïdes et du métabolisme osseux permettent aujourd’hui de proposer une attitude préventive. L’ostéonécrose aseptique est source de douleur et d’arthrose. Malheureusement, on ne connaît pas aujourd’hui de moyens préventifs.

Mots-clés : corticoïde, ostéonécrose, ostéoporose, myopathie.

Illustrations

ARTICLE

Utilisés en thérapeutique dès 1948, ayant fait l'objet du prix Nobel de médecine en 1949, les glucocorticoïdes demeurent des agents anti-inflammatoires et immunodépresseurs fondamentaux.

Les progrès faits dans la compréhension de leur mode d'action et de leurs effets secondaires permettent d'améliorer la maîtrise de leur rapport efficacité/
risque.

Cette revue fait le point sur leurs effets secondaires ostéoarticulaires, leur physiopathogénie et les moyens thérapeutiques préventifs et curatifs. La puissance thérapeutique, et par là même les effets secondaires de chaque dérivé glucocorticoïde, dépendent pour beaucoup de leur capacité à freiner l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et de leur demi-vie plasmatique. Le tableau 1 rappelle les principaux glucocorticoïdes utilisés par voie générale et leur équivalence par rapport au pouvoir anti-inflammatoire de référence de l'hydrocortisone.

L'ostéoporose

La corticothérapie est la première cause d'ostéoporose secondaire. Sa prévalence exacte est difficile à préciser, mais on estime que 30 % à 50 % des patients sous corticothérapie au long cours présentent des complications fracturaires [1]. Des tassements vertébraux peuvent survenir pour des traumatismes mineurs. Ils sont à l'origine de douleurs aiguës, et leur répétition amène des déformations en cyphose et des complications arthrosiques, source de douleurs chroniques.

La perte osseuse prédomine sur l'os trabéculaire, ce qui explique qu'en plus des tassements vertébraux (figure 1), les fractures costales et des branches ischio-pubiennes soient très fréquentes. Malheureusement, l'os cortical n'est pas épargné et le risque relatif de fracture de l'extrémité supérieure du fémur est lui aussi augmenté.

L'importance de la perte osseuse dépend de la dose totale de glucocorticoïde reçue. Les fortes posologies sont particulièrement responsables d'ostéoporose. Cependant, on sait aussi maintenant que même des petites doses (5 à 7 mg/j), si elles sont maintenues au long cours, sont délétères à l'os [2]. La maladie sous-jacente justifiant de la corticothérapie peut aussi être responsable d'ostéoporose. Parmi les hépatopathies, certaines s'accompagnent plus fréquemment d'ostéoporoses : la cirrhose biliaire primitive, les hépatopathies alcooliques, l'hémochromatose [3, 4]. Au cours des entérocolopathies inflammatoires et des hépatopathies cholestatiques, la malabsorption favorise des troubles du métabolisme phospho-calcique, qui altère le remodelage osseux.

La perte osseuse sous glucocorticoïde est précoce et rapide. Elle débute dès les premiers mois de traitement et peut atteindre 5 % à 15 % en 1 an [5]. Même si elle semble se ralentir après 18 mois, elle se poursuit inexorablement. Sa réversibilité à l'arrêt du traitement est malheureusement incomplète, ce d'autant qu'elle était sévère.

La masse osseuse, qui est un déterminant du risque fracturaire, est actuellement mesurée de façon fiable et reproductible par l'ostéodensitométrie à rayons X. L'évaluation peut avoir lieu sur plusieurs sites osseux : le rachis lombaire et le radius qui reflètent l'os trabéculaire, l'extrémité supérieure du col fémoral qui reflète l'os cortical. Le contenu minéral osseux est exprimé en g/cm2, mais sa valeur doit être interprétée en fonction du site, de l'âge et du sexe du patient. Aussi, deux autres résultats sont calculés : le Z score qui exprime la différence en nombre d'écarts-types avec des sujets normaux de même âge et même sexe, le T score qui exprime la différence en écart-type avec des adultes jeunes (20-30 ans). L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a retenu une définition de l'ostéoporose reposant sur le T score (tableau 2).

Physiopathogénie

L'os est un tissu vivant ; chez le sujet adulte, il est renouvelé en permanence afin de conserver ses qualités biomécaniques. Le remodelage osseux est possible, grâce à deux types de cellules : les ostéoclastes et les ostéoblastes. Les ostéoclastes sont capables de résorber l'os vieilli, créant ainsi une lacune qui sera comblée par de l'os nouveau. Ce sont les ostéoblastes qui synthétisent la nouvelle matrice osseuse, puis la minéralisent. Ce métabolisme osseux est contrôlé principalement par des hormones : la parathormone, la vitamine D et les stéroïdes sexuels (œstrogène et androgène). La dynamique du remodelage est telle que 20 % à 25 % de l'os trabéculaire est renouvelé en 1 an et seulement 4 % à 5 % de l'os cortical. Cela explique que l'os trabéculaire soit plus rapidement altéré par une modification du remodelage.

Les glucocorticoïdes agissent en freinant les ostéoblastes et en stimulant les ostéoclastes. La diminution de la formation osseuse et l'accélération de la résorption aboutissent ainsi à une perte osseuse [6].

Les glucocorticoïdes ont une action directe sur les ostéoblastes. Ils diminuent leur recrutement, leur différenciation ainsi que leur activité. La quantité de matrice osseuse produite est donc moindre. Par ailleurs, ils stimulent la résorption osseuse de façon indirecte. L'absorption intestinale du calcium est en effet diminuée. Cela se produit indépendamment du métabolisme de la vitamine D, par action directe des glucocorticoïdes sur l'entérocyte. De plus, la réabsorption tubulaire du calcium est aussi diminuée, entraînant une augmentation de la calciurie, et ce d'autant que les apports sodés sont importants puisque l'excrétion de ces deux ions est couplée. Ces deux faits conduisent à une balance calcique négative, entraînant une hyperparathyroïdie réactionnelle qui stimule les ostéoclastes.

Les glucocorticoïdes sont aussi à l'origine d'une carence en hormones sexuelles par diminution de synthèse des gonadotrophines et action dépressive directe sur les ovaires et les testicules [7]. La diminution du taux circulant d'œstrogène et d'androgène favorise aussi l'hyper-résorption osseuse.

Dans la genèse de cette ostéopathie, il faut aussi considérer le rôle possible :

­ de la maladie sous-jacente justifiant la corticothérapie,

­ du terrain, en particulier chez la femme ménopausée,

­ d'une éventuelle intoxication alcoolique ou tabagique, dont on sait qu'elle peut altérer le métabolisme osseux,

­ d'une possible myopathie cortisonique qui favorise les chutes et majore donc le risque fracturaire,

­ d'une réduction de l'activité physique engendrée par la maladie sous-jacente.

Les moyens préventifs et thérapeutiques

* Pour corriger la carence calcique. Les besoins calciques quotidiens d'un adulte sain sont estimés à 1 000 mg/j. Chez l'adolescent, la femme enceinte, la femme ménopausée, le vieillard et le sujet corticothérapé 1 500 mg/j sont nécessaires. Compte tenu des apports alimentaires habituels, de l'ordre de 600 mg/j, une supplémentation médicamenteuse de 1 000 mg/j est justifiée. Une carence en vitamine D sera recherchée et corrigée, d'autant que la maladie sous-jacente s'accompagne d'une malabsorption ou une profonde altération de l'état général, confinant le patient à son domicile. Dans tous les cas, un complément à dose physiologique (600 à 800 UI/j) de vitamine D est recommandé pour positiver la balance calcique. La 25 (OH) vitamine D (calcifédiol) est le métabolite le plus adapté dans cette indication : par exemple Dédrogyl® III à IV gouttes par jour (1 goutte = 200 UI).

Actuellement, il existe des formes galéniques, en comprimés ou sachets, contenant 800 à 1 000 mg de calcium et 600 à 800 UI de 25 (OH) vitamine D, qui facilitent l'administration. Il est possible de limiter l'hypercalciurie en administrant un diurétique thiazidique : hydrochlorothiazide 25 mg/j. Cependant, son effet réel dans ce contexte n'a jamais été vraiment étudié et il majore le risque d'hypokaliémie. En revanche, le régime peu sodé est utile pour limiter la calciurie.

* Corrections de la carence hormonale. Il est indispensable que les femmes ménopausées bénéficient d'un traitement hormonal substitutif, en respectant bien entendu les contre-indications (en premier lieu les cancers gynécologiques hormono-dépendants et la maladie thrombo-embolique). Les maladies du foie ne sont pas une contre-indication. Il existe cependant une dose minimale d'œstrogène nécessaire à un impact osseux significatif (ta-bleau 3). Une éventuelle aménorrhée secondaire, favorisée par la maladie sous-jacente, doit aussi être recherchée et traitée.

* Lutte contre l'hyper-résorption osseuse. Les bisphosphonates sont des analogues des pyrophosphates qui limitent la résorption osseuse. Leur absorption intestinale est médiocre, mais leur affinité pour l'os est très grande. Ils se fixent sur le cristal d'hydroxyapatite et inhibent le recrutement et l'action des ostéoclastes. Leur efficacité est reconnue dans le traitement de l'ostéoporose post-ménopausique. Deux produits sont actuellement disponibles : l'étidronate cp à 400 mg ou Didronel®, qui est administré par cure de 2 semaines tous les 3 mois, en alternance avec du calcium, l'alendronate cp à 10 mg ou Fosamax® qui est administré de façon quotidienne. Aujourd'hui, seul le Didronel® dispose d'une autorisation de mise sur le marché pour le traitement et la prévention de l'ostéoporose cortisonique [8, 9]. Dans cette indication, il est recommandé de l'alterner avec une supplémentation vitamino-calcique plutôt que calcique seule. Ce traitement est habituellement bien toléré. Il est contre-indiqué en cas d'insuffisance rénale sévère, de grossesse ou d'allaitement. Il faut signaler qu'il existe des études démontrant aussi l'efficacité de l'alendronate [10] et du risédronate.

* Stimuler la formation osseuse. Il n'existe pas actuellement de produit capable de stimuler ce versant du remodelage osseux. Le fluor, efficace pour augmenter la masse osseuse, s'est montré insuffisant pour limiter le nombre de fractures. Dans cet objectif, certains produits sont actuellement en développement : le strontium, la parathormone à petite dose alternative, l'IGF1.

* Autres moyens à ne pas négliger. La prescription de la plus petite dose de glucocorticoïde efficace est bien sûr indispensable. La prescription un jour sur deux n'a, en revanche, pas d'intérêt en termes de protection osseuse. Le déflazacort, dérivé oxazolique de la prednisone, semblait moins délétère sur l'os dans une étude portant sur le traitement de syndromes néphrotiques. Malheureusement, cela n'a pas été confirmé. Il est important aussi de lutter contre l'intoxication alcoolique ou tabagique et contre la sédentarité.

En pratique

Tout sujet recevant une corticothérapie dont la durée est susceptible d'excéder 2 mois est à risque d'ostéoporose. Il convient donc d'envisager une prévention primaire. L'ostéodensitométrie osseuse aide à évaluer le risque fracturaire et guidera donc la stratégie thérapeutique.

À la lumière de la littérature, la conduite pratique actuelle peut être schématisée comme il est précisé dans la figure 2.

L'ostéonécrose aseptique

L'ostéonécrose aseptique épiphysaire (ONA) est une complication de la corticothérapie. Après les formes idiopathiques, il s'agit de la première étiologie (tableau 4). Actuellement, aucun glucocorticoïde commercialisé ne met à l'abri de cette complication. Elle peut survenir même au décours d'un traitement bref (bolus de corticoïde).

L'ONA cortisonique atteint avec prédilection la tête fémorale (que nous prendrons pour type de description), mais peut aussi toucher la tête humérale, le condyle fémoral, l'astragale, le coude. Elle est souvent bilatérale ; des atteintes multiples sont possibles, concomitantes ou successives. C'est une affection invalidante car elle évolue inexorablement vers l'arthrose et la destruction articulaire.

Physiopathogénie

Elle reste imparfaitement inconnue, probablement multifactorielle. La nécrose est médullaire et osseuse, c'est-à-dire atteignant le tissu hématopoïétique et le tissu osseux qui constituent la tête fémorale. Les glucocorticoïdes modifient le métabolisme lipidique et la coagulation. Les perturbations lipidiques entraîneraient une augmentation du nombre et du volume des cellules graisseuses. Ce phénomène se produisant dans un espace clos, non expansible, l'hyperpression locale engendre une ischémie. Les perturbations de la coagulation et une maladie vasculaire sous-jacente (au cours des connectivites par exemple) sont des facteurs favorisants [11].

À un stade précoce, et lors des formes peu étendues, la nécrose pourrait être réversible par revascularisation, à partir du tissu sain adjacent.

Signes cliniques

Chez un patient sous glucocorticoïdes, toute douleur épiphysaire, volontiers de début brutal, doit attirer l'attention. Il s'agit d'une douleur siégeant à la région inguinale ou à la face externe de la hanche, irradiant parfois à la cuisse et au genou. Elle est de rythme mécanique, mais elle peut être nocturne. L'impotence fonctionnelle qu'elle entraîne est variable ; une boîterie est fréquente. À l'examen, l'articulation coxo-fémorale est peu limitée, mais douloureuse dans les extrêmes, particulièrement en rotation.

Imagerie

L'imagerie est indispensable pour confirmer le diagnostic.

* La radiographie standard, longtemps normale, est de toute façon indispensable pour éliminer une autre cause de douleur coxo-fémorale (fracture du cadre obturateur sur ostéoporose cortisonique, par exemple). Il faut réaliser un cliché du bassin de face et de la hanche douloureuse de profil. Le premier signe radiologique est une hétérogénéité de la tête fémorale, dans sa région supéro-externe le plus souvent, faite de la juxtaposition d'images de déminéralisation et de condensation. Puis survient une fracture sous-chondrale, visible sous la forme d'un fin liseré clair qui borde le contour interne de la tête fémorale (signe de la coquille d'œuf, figure 3). Enfin, se produit l'affaissement du segment nécrosé (la tête perd sa sphéricité régulière) puis la chondrolyse qui aboutit à l'arthrose.

* L'imagerie par résonance magnétique (IRM) est l'examen clé (figure 4) ; elle permet l'étude simultanée des deux hanches et peut donc révéler une ostéonécrose controlatérale asymptomatique. Sa sensibilité est estimée à 95 % et sa spécificité proche de 100 %. Elle montre une anomalie du signal de la tête fémorale, délimitée par un liseré grossièrement convexe vers le bas qui apparaît en hyposignal T1 et hyposignal T2. Ce liseré correspond à la zone d'interface os nécrosé/os sain ; il est pathognomonique de l'ONA. Le signal du segment nécrosé varie dans le temps, selon l'ancienneté de la lésion. À un temps précoce, l'aspect est celui d'un tissu graisseux (hyper-signal T1 et hypersignal T2), plus tardivement celui d'un tissu fibreux (hyposignal T1 et hyposignal T2). Tous les intermédiaires sont possibles. Il existe fréquemment un épanchement articulaire peu abondant, qui apparaît sous la forme d'un hypersignal intra-articulaire en T2.

* La scintigraphie osseuse a perdu de son intérêt depuis le développement de l'IRM. Elle montre une hyperfixation de la tête fémorale atteinte. Sa sensibilité est de 85 % et sa spécificité seulement de 75 %.

Attitudes thérapeutiques

* Traitement médical. Le repos avec décharge est important. Parce qu'il lève la pression articulaire, il est antalgique et permet, si le diagnostic est fait précocement, d'éviter l'extension de la zone nécrotique. Le double béquillage sans appui est indispensable pendant 6 à 8 semaines. Un traitement anticoagulant à dose préventive est alors conseillé ; cependant, il ne supprime pas entièrement les forces de pression, puisque le tonus musculaire péri-articulaire persiste. Les antalgiques simples sont nécessaires. L'intérêt des vasodilatateurs (inhibiteurs calciques) n'a jamais été prouvé. Il est important de corriger un désordre métabolique patent.

* Traitement chirurgical. Plusieurs méthodes de chirurgie conservatrice sont possibles :

­ le forage de la tête fémorale ne peut être proposé qu'à un stade précoce, avant l'enfoncement du séquestre : en prélevant une carotte osseuse, on espère diminuer l'hyperpression dans un but antalgique et peut-être aussi favoriser la revascularisation ;

­ le greffon osseux autologue consiste à apporter in situ un tissu osseux sain riche en éléments ostéoformateurs, afin de recoloniser le séquestre ;

­ l'injection de ciment permet de réhausser le séquestre qui, en s'enfonçant, fait perdre à la tête fémorale sa sphéricité ;

­ l'ostéotomie de varisation, valgisation ou flexion permet de mettre en décharge le segment nécrosé.

La prothèse totale de hanche est la seule solution satisfaisante lorsque l'arthrose est apparue. On propose une prothèse totale de hanche dès que la gêne fonctionnelle est trop importante. Les indications dépendent du stade de la nécrose, du terrain et de l'expérience de chaque chirurgien. Dans le contexte d'une ONA cortisonique, le traitement est surtout médical. En effet, les interventions chirurgicales conservatrices sont plus délicates sur un os cortisoné.

La myopathie

Les glucocorticoïdes peuvent être responsables d'une myopathie métabolique. Il s'agit d'un effet secondaire apparaissant pour une posologie quotidienne supérieure à 10 mg. Les dérivés fluorés sont les plus incriminés, mais tous les glucocorticoïdes sont susceptibles d'engendrer cette complication.

La myopathie cortisonique survient insidieusement avec un délai variable (un à plusieurs mois). Il s'agit d'une faiblesse musculaire indolore, prédominant sur la musculature proximale des membres inférieurs. Le patient signale une fatigabilité des membres inférieurs, la démarche est dandinante et on retrouve le signe du tabouret. Les chutes sont possibles, favorisant les complications fracturaires de l'ostéoporose. L'examen neurologique est normal, il peut exister une amyotrophie musculaire.

* Les examens paracliniques ne sont pas indispensables au diagnostic. Les enzymes musculaires (CPK, LDH, aldolases, ASAT) sont normales. La créatinurie est augmentée. L'électromyogramme montre un tracé d'allure myopathique. La biopsie musculaire retrouve une atrophie des fibres glycogéniques de type II [12] La myopathie régresse lors de la diminution de la posologie et est réversible à l'arrêt du traitement. Il n'y a malheureusement pas de traitement spécifique ; la prise en charge kinésithérapique peut améliorer la situation.

Les tendinopathies

L'action délétère des glucocorticoïdes sur certaines fibres du collagène peut aussi se manifester sur les tendons qui peuvent ainsi être le siège de dégénérescences localisées favorisant la rupture après un effort mécanique peu intense. Le tendon d'Achille et le tendon rotulien sont particulièrement concernés. Il n'y a pas de traitement préventif. Il est recommandé d'éviter la prescription concomitante de quinolones qui sont, elles aussi, toxiques sur les tendons. Le traitement de la rupture tendineuse repose sur l'immobilisation, la rééducation et, dans certaines indications, la réparation chirurgicale.

REFERENCES

1. American College of Rheumatology. Recommandations for the prevention and treatment of glucocorticoïd-induced osteoporosis. Arthritis Rheum 1996 ; 39 : 1791-801.

2. Caldwell J, Furst DE. The efficacity and safety of low dose corticosteroids for rhumatoïd arthritis. Semin Arthritis Rheum 1991 ; 21 : 1-11.

3. Eastell R, Dickson ER, Hodgson SF, Wiesner RH, Porayko MK, Wahner HW, et al. Rates of vertebral bone loss before and after liver transplantation in women with primary biliary cirrhosis. Hepatology 1991 ; 14 : 296-306.

4. McDonald JA, Dunstan CR, Dilworth P, Sherbon K, Ross Sheil AG, Evans RA, et al. Bone loss after liver transplantation. Hepatology 1991 ; 14 : 613-9.

5. Dempster DW. Bone histomorphometry in glucocorticoid-induced osteoporosis. J Bone Miner Res 1989 ; 4 : 137-41.

6. Truham AP, Ahmed AR. Corticosteroids : a review with emphasis on complications of prolonged systemic therapy. Ann Allerg 1989 ; 62 : 375-91.

7. Mac Adams MR, White RH, Chipps DE. Reduction of serum testosterone levels during chronic glucocorticoid therapy. Ann Intern Med 1986 ; 104 : 648-51.

8. Adachi JD, Cranney A, Goldsmith GH, Bensen WG, Bianchi F, Cividino A. Intermittent cyclic therapy with etidronate in the prevention of corticosteroid induced bone loss. J Rheumatology 1994 ; 21 : 1922-6.

9. Adachi JD, Bensen WG, Brown J, Hanley D, Hodsmann A, Josse R. Intermittent etidronate therapy to prevent corticosteroid-induced osteoporosis. N Engl J Med 1997 ; 397 : 382-7.

10. Askari A, Vignos PJ, Moskowits RW. Steroid myopathy in connectivite tissue disease. Am J Med 1976 ; 61 : 485-92.

11. Saag KG, Emkey R, Schnitzer TJ, Brown JP, Hawkins F, Goemaere S. Alendronate for the prevention and treatment of glucocorticoid induced osteoporosis. N Engl J Med 1998 ; 339 : 292-9.

12. Paolaggi JB, Leparc JM, Durignon M, Barres D, Arfi S, Auquier L. Ostéonécroses cortisoniques : acquisitions tirées de l'observation chez l'homme et confrontation avec les résultats de l'expérimentation animale. Rev Rheum 1980 ; 47 : 719-29.


 

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