ARTICLE
Auteur(s) : Pierre Fenaux
Service d'hématologie clinique, Hôpital Avicenne, Assistance
publique des hôpitaux de Paris, Bobigny ; et Université Paris
13
Lors du congrès 2010 de la Société française d'hématologie, le
programme concernant les syndromes myélodysplasiques (SMD) a été
assez riche.
La revue des présentations effectuées dans la biologie des SMD
par O. Kosmider fait notamment apparaître des avancées dans les
anomalies moléculaires des anémies sidéroblastiques
constitutionnelles et, surtout, dans la physiopathologie de la
LMMC, aussi bien pour ce qui concerne la biologie cellulaire que
pour les mutations génétiques ponctuelles.
Lors de la séance des internes en hématologie, coordonnée par M.
Fontenay, les nouvelles techniques d'analyse du génome dans
les SMD ont été analysées par M. Wémeau et al. Ces méthodes,
et en particulier les techniques de SNP-array, permettent
de mettre en évidence des anomalies non détectables par
la cytogénétique et de découvrir des gènes importants dans la
physiopathologie des SMD tels que le gène TET2 ou les
gènes de la famille CBL.
L. Calvet a fait un point sur la surcharge en fer dans les SMD
multitransfusés. Cette surcharge en fer apparaît après un nombre
notable de concentrés érythrocytaires, et les indications d'un
traitement chélateur chez ces patients se précisent.
M.-A. Couturier et al. ont décrit l'importance de la
méthylation génique dans la progression des SMD, base actuelle du
traitement par les agents hypométhylants.
L. Vincent, de son côté, a fait un point sur les anomalies
géniques qui semblent être à l'origine du syndrome 5q- et ne
se limitent pas à l'haplo-insuffisance pour le gène RPS14.
Enfin, T. Braun a résumé la session organisée par le Groupe
francophone des myélodysplasies sur les essais cliniques.
Ces protocoles sont, dans les formes de haut risque, des
essais d'association entre azacitidine et d'autres molécules dans
le but d'améliorer l'effet observé avec l'azacitidine seule.
Dans les faibles risques, des traitements de seconde ligne après
échec de l'EPO sont surtout développés et, en particulier, des
associations à base d'azacitidine ou de lénalidomide. Enfin, dans
les SMD de haut risque avec délétion 5q, généralement de très
mauvais pronostic, des essais utilisant l'activité « ciblée » du
lénalidomide sur la délétion 5q pour l'associer à la chimiothérapie
ou l'azacitidine sont actuellement développés.
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