ARTICLE
Auteur(s) : Caroline
Bodet-Milin1,2, Pierre-Yves Salaun3,
Céline Crespin4, Jean-Philippe Vuillez4,5,
Françoise Kraeber-Bodéré1,2,4
1Service de médecine nucléaire, CHU
de Nantes, 5, allée de l’Île-Gloriette, 44093 Nantes,
France
2CRCNA Inserm U892, 9, quai Moncousu, 44093 Nantes
cedex, France
3Service de médecine nucléaire, CHU de Brest,
2, avenue Foch, 29609 Brest cedex, France
4Service de médecine nucléaire, CHU
de Grenoble, BP 217, 38043 Grenoble cedex, France
5Inserm U877, 38041 Grenoble cedex 09, France
6Service de médecine nucléaire, centre
René-Gauducheau, 44805 Saint-Herblain, France
Jusqu’à il y a moins de cinq ans, l’évaluation des lymphomes
était fondée essentiellement sur les résultats de l’examen
clinique, la tomodensitométrie (TDM) et la biopsie ostéomédullaire
(BOM), permettant de déterminer le stade initial de la maladie
selon la classification d’Ann Arbor et d’apprécier la réponse
thérapeutique selon des critères internationaux standardisés
rapportés par Brice Cheson et al. dans le Journal of clinical
oncology en 1999 [1]. La TDM présente une sensibilité et une
spécificité relativement élevées pour la stadification
préthérapeutique mais une spécificité basse pour l’évaluation
postthérapeutique du fait de la présence fréquente de masses
résiduelles (MR), notamment lors d’une atteinte bulky initiale
[2-5]. La réponse thérapeutique, fondée sur les dimensions des
masses lymphomateuses mesurées en TDM, est classée en :
- – réponse partielle (RP) : régression supérieure ou
égale à 50 % du plus grand diamètre transverse des six ganglions ou
masses ganglionnaires les plus importants ;
- – réponse complète incertaine (RCi) : masse
ganglionnaire résiduelle de plus de 1,5 cm de plus grand
diamètre transverse qui a régressé de plus de 75 % ; ganglions qui
étaient confluents ayant régressé de plus de 75 % dans leur plus
grand diamètre transverse ;
- – réponse complète (RC) : disparition de tout signe
clinique et radiologique de la maladie ; disparition de tout
symptôme lié à la maladie présent au diagnostic et normalisation
des anomalies biochimiques attribuables au lymphome, tous les
ganglions et masses ganglionnaires doivent avoir régressé jusqu’à
une taille normale : elle doit être inférieure ou égale à
1,5 cm pour les ganglions mesurant plus de 1,5 cm avant
le traitement, les ganglions envahis, qui mesuraient de 1,1 à
1,5 cm dans leur plus grand diamètre transverse avant le
traitement, doivent avoir une taille inférieure ou égale à
1 cm après le traitement ou avoir diminué de plus de 75 %
[1].
La limite de ces critères réside clairement dans la
caractérisation des MR présentes chez les patients en RP ou RCi,
retrouvées chez plus de 60 % des patients atteints de maladie de
Hodgkin (MDH) et probablement 40 % des patients atteints de
lymphome non hodgkinien (LNH) de haut grade [2, 5, 6].
L’intérêt évident de l’imagerie fonctionnelle ou moléculaire est
la caractérisation de ces MR en différenciant le tissu cicatriciel
et nécrotique du tissu viable. Une biopsie peut être proposée, mais
le geste est invasif, et le résultat n’a de valeur que positif, le
prélèvement pouvant être effectué dans une zone non active. Par
ailleurs, l’exploration n’intéresse évidemment pas l’ensemble de
l’organisme. L’imagerie moléculaire a connu un essor considérable
par le développement de la tomographie par émission de positons
(TEP) utilisant le fluorodéoxyglucose marqué au fluor 18 (FDG),
imagerie tridimensionnelle non invasive, dont les performances
diagnostiques en termes de sensibilité et de résolution sont bien
meilleures que les examens de médecine nucléaire conventionnelle.
Le FDG, traceur du métabolisme glucidique, est de fait un
traceur de viabilité cellulaire. Le FDG est transporté dans
les cellules de la même façon que le glucose. Au sein des cellules,
il est phosphorylé en position 6 par l’hexokinase pour donner le
FDG-6-phosphate. À l’inverse du glucose, le FDG-6-phosphate ne peut
ressortir de la cellule et s’y accumule, car il ne peut ni être
déphosphorylé par la glucose-6-phosphate isomérase ni subir les
étapes de la glycolyse. Le fluor 18 permettra de révéler
l’accumulation du FDG au sein des cellules tumorales.
La technique a également bénéficié du développement de
systèmes hybrides couplant une TEP et une TDM.
La co-acquisition puis la fusion des deux modalités d’imagerie
permettent de localiser les foyers anormaux et améliorent la
sensibilité et la spécificité par rapport aux deux autres
techniques utilisées de façon isolée [2].
L’apport de la TEP au FDG a été démontré dans l’évaluation des
lymphomes, et de nouveaux critères d’évaluation standardisés
intégrant l’approche d’imagerie moléculaire ont été publiés en 2007
[7]. Les auteurs ont distingué, pour la validation de la
technique, les différents types histologiques de lymphomes, leur
avidité pour le FDG et les objectifs du projet thérapeutique en
distinguant quatre étapes du parcours thérapeutique : le bilan
initial, l’évaluation thérapeutique intermédiaire, l’évaluation
thérapeutique finale et le suivi postthérapeutique.
Des critères d’interprétation standardisés pour la TEP
enregistrée en fin de procédure thérapeutique ont été proposés [8].
Quel que soit le type de lymphome, la TEP n’est pas recommandée
dans le suivi postthérapeutique. En effet, et en dehors de l’aspect
économique et même si l’examen permet sans doute de détecter plus
précocement les récidives, le bénéfice pour le patient n’a pas été
établi. De plus, il est logique que le taux de faux-positif
(FP) soit supérieur dans le suivi, ce qui impose de confirmer
histologiquement tout hypermétabolisme pathologique suspect [2-7].
La TEP au FDG est essentielle dans l’évaluation de fin de
traitement des lymphomes B diffus à grandes cellules (LBDGC) et des
MDH, car la guérison ne peut être envisagée que si l’examen est
normal. La TEP est fortement recommandée dans le bilan initial
de ces types de lymphome, afin de mieux évaluer l’extension de la
maladie et de faciliter l’exploration de fin de traitement. Pour
les lymphomes considérés incurables avides de FDG, qu’ils soient de
haut ou de bas grades, lymphome folliculaire (LF) ou lymphome du
manteau (LM) par exemple ou les lymphomes captant le FDG de façon
variable, la TEP peut être envisagée en début et fin de traitement
dans le cadre d’essais cliniques, si le lymphome est FDG positif
lors du bilan initial et que l’évaluation du taux de réponses
objectives est un des objectifs principaux. En ce qui concerne
l’évaluation thérapeutique intermédiaire, de nombreuses études ont
montré la valeur pronostique de la réponse métabolique après une à
quatre cures de chimiothérapie dans le LBDGC et la MDH. Cependant,
aucune publication n’a encore rapporté l’intérêt d’une modification
thérapeutique sur ce résultat. Aussi, la TEP au FDG en évaluation
intermédiaire ne doit être proposée que dans le cadre d’essais
cliniques évaluant l’examen dans ce contexte.
Dans le bilan initial, la TEP ne remplace pas encore
l’évaluation classique de Ann Arbor par la TDM et la BOM.
Cependant, l’évaluation par TEP-TDM présente une sensibilité et une
spécificité de plus de 95 % permettant des modifications du stade
dans 10 à 20 % des cas, avec un impact majeur sur les stades TDM
I-II [9-18]. La TEP-TDM apporte des informations
complémentaires par rapport à la TDM pour l’évaluation des
localisations ganglionnaires inférieures à 1 cm, des atteintes
hépatiques et spléniques et par rapport à la BOM pour l’évaluation
des localisations ostéomédullaires en détectant des atteintes
focalisées. La figure 1 montre l’exemple
d’un patient présentant une MDH avec atteinte ganglionnaire,
pulmonaire et osseuse.
C’est clairement dans le bilan de fin de traitement des
lymphomes curables que la TEP au FDG est déterminante, puisqu’elle
permet une évaluation avec une exactitude de 80 à 90 %, largement
supérieure à la TDM dont l’exactitude ne dépasse pas 40 % [19-23].
La TEP au FDG permet en effet de distinguer le tissu viable du
tissu cicatriciel des MR souvent présentes chez des patients sans
signes cliniques ou biologiques d’activité tumorale. Ainsi, Juweid
et al. ont comparé les critères d’évaluation classiques IWC
fondés sur la TDM à une évaluation intégrant la TEP et la TDM (IWC
+ PET) dans une série de 54 patients atteints de LBDGC traités
quatre à huit cycles de chimiothérapie [19]. Lorsque les deux
classifications étaient intégrées dans une même analyse
multivariée, seule la classification IWC + PET était un facteur
prédictif indépendant de la survie sans progression (PFS) [p =
0,008 vs p = 0,72 pour IWC]. Les patients en RP ou RC-RCi
selon IWC n’avaient pas de différence de PFS s’ils étaient en RC
selon IWC + PET, montrant que la TEP permettait de définir un
groupe à meilleur pronostic parmi les patients en RP selon IWC.
Aussi de nouveaux critères d’évaluation ont été publiés dans
lesquels les RCi ont disparu [7]. La réponse métabolique
apparaît plus déterminante que la réponse morphologique dans ces
critères en dehors vraisemblablement de la détection par TDM d’une
progression sous forme de l’apparition de petites lésions
pulmonaires FDG négative du fait de l’effet de volume partiel.
Cette situation reste cependant probablement rare en routine
clinique. Ainsi, une RC correspond à la disparition de toute
évidence de maladie avec, pour les masses nodales avides de FDG
avant le traitement, la possibilité de masses de toute taille si la
TEP est négative et, pour les masses nodales avec une avidité
variable ou TEP négative, une régression à des dimensions normales
en TDM. Une RP correspond à une régression des masses mesurables
sans nouveau site détectable (pour les masses nodales, une
diminution de 50 % des SPD d’au moins six des masses les plus
larges sans augmentation de la taille des autres ganglions). Pour
les masses nodales avides de FDG avant le traitement, la RP
nécessite la présence d’au moins une lésion TEP positive au niveau
d’un site initialement envahi et pour les masses nodales avec une
avidité variable ou TEP négative, une régression en TDM.
Ces nouveaux critères de Cheson ont également été validés dans
la MDH dans une série de 56 patients dont 9 avaient rechuté et 47
étaient en rémission avec un suivi de neuf ans [24]. Selon IWC, les
réponses étaient classées en 15 RC, 20 RCi, 19 PR et 2
stabilisations, sans différence significative en termes de devenir
entre les RC-RCi et les RP (p = 0,61). Selon IWC + PET, les
réponses étaient classées en 47 RC, 7 PR et 2 stabilisations sans
différence significative en termes de devenir entre les RC-RCi et
les RP (p = 0,61) avec un délai jusqu’au traitement suivant plus
court chez les RP que chez les RC (p = 0,01).
L’évaluation de fin de traitement nécessite de respecter des
délais suffisants par rapport à la fin des traitements pour réduire
l’impact des phénomènes inflammatoires, délais d’au moins trois
semaines après la fin d’une chimiothérapie et de 8 à
12 semaines après la fin d’une radiothérapie [8].
Les pièges d’interprétation en fin de thérapie sont bien
connus : les FP sur le site initial de la maladie liés à une
hyperplasie thymique, une inflammation postthérapie (radiothérapie
en particulier) ou une fixation des graisses brunes, les FP en
dehors du site initial de la maladie liés à une infection, une
hyperactivité médullaire et splénique après chimiothérapie ou
facteurs de croissance (figure 2), les
faux-négatifs (FN) pour les lésions de moins de 1 cm en raison
de l’effet de volume partiel. L’administration de bêtabloquants
avant l’examen TEP peut être proposée pour annuler une fixation des
graisses brunes qui peut gêner l’exploration des régions
cervicomédiastinales en particulier [25].
En fin de traitement, la valeur prédictive négative (VPN) de la
TEP est de l’ordre de 85 % dans l’ensemble des études incluant des
patients atteints de LBDGC ou de MDH. Les 15 % de FN
proviennent de l’incapacité de la technique à détecter des maladies
microscopiques qui conduiront inévitablement à des rechutes.
La valeur prédictive positive (VPP) est par contre plus basse,
notamment pour les MDH, avec des valeurs dépassant difficilement 65
%. Les premières études laissaient envisager que probablement
30 à 40 % des patients traités pour une MDH avec un TEP positive en
fin de traitement ne progressaient pas. Ces FP, liés
essentiellement à des fixations minimales résiduelles (FMR), sont
vraisemblablement à rapporter à des phénomènes inflammatoires
postthérapeutiques et suggèrent que les FMR de la TEP ne sont pas à
interpréter ou à intégrer dans le contexte clinique de la même
façon pour les LBDGC et les MDH [23]. Ces résultats
constituent cependant un progrès incontestable par rapport à
l’analyse TDM : le nombre de FP liés à la présence de MR y est
bien plus important.
Des recommandations avec des critères d’interprétation
standardisés issues d’un projet international d’harmonisation (IHP)
ont été proposées dans le but notamment de réduire le taux de FP
lié aux FMR détecté lors de l’évaluation de fin de traitement [8].
Les critères d’interprétation sont fondés sur une analyse
visuelle des images TEP. Les critères proposent d’interpréter
différemment la fixation d’une MR d’au moins 2 cm et d’une MR
de 1,1 à 1,9 cm dont l’analyse peut être modifiée par un
éventuel effet de volume partiel réduisant l’intensité du signal.
Ainsi, pour une MR d’au moins 2 cm, une TEP doit être
interprétée comme positive si l’activité est visuellement
supérieure au bruit de fond vasculaire médiastinal et pour une MR
de 1,1 à 1,9 cm si l’activité est visuellement supérieure au
bruit de fond avoisinant. La figure 3 montre l’exemple
d’un patient porteur d’une MDH médiastinale. L’évaluation de fin de
traitement montre la persistance d’une MR de taille supérieure à
2 cm avec une fixation inférieure à celle du bruit de fond
médiastinal donc considérée comme négative en TEP.
Des critères spécifiques sont proposés pour l’analyse de la
rate, le foie et des territoires ostéomédullaires. Pour les lésions
pulmonaires, il faut se méfier des FP fréquents liés à l’infection
et à l’inflammation, en particulier en l’absence d’atteinte
initiale. Les nouveaux nodules supérieurs ou égaux à
1,5 cm sont considérés TEP positifs si leur activité est
supérieure au bruit de fond vasculaire médiastinal et les nouveaux
nodules inférieurs à 1,5 cm quelle que soit la fixation.
L’analyse des lésions hépatospléniques est réalisée par comparaison
avec le foie et la rate. Une hyperactivité splénique diffuse peut
être induite par l’administration de facteurs de croissance. En ce
qui concerne les territoires ostéomédullaires, les atteintes
focalisées sont interprétées comme TEP positives et les atteintes
diffuses comme a priori réactionnelles. Une TEP négative n’élimine
pas la présence d’un envahissement faible à modéré, et la BOM reste
le standard diagnostique même si elle n’explore qu’un territoire
très limité.
Une première validation de ces critères a été rapportée sur une
série de 50 patients (26 MDH, 24 LNH agressifs) avec des examens
TEP/TDM enregistrés 3 à 12 semaines après la fin du traitement
et un suivi d’un an [26]. Cinquante-cinq MR étaient détectées en
TDM chez 29 patients, 31 mesurant au moins 2 cm.
La survie sans événement était de 0 % à un an chez les
patients présentant une MR positive selon les critères IHP et de 96
% chez les patients présentant une MR négative.
Beaucoup d’études suggèrent l’intérêt potentiel de la TEP au FDG
pour l’évaluation thérapeutique intermédiaire après une à quatre
cures de chimiothérapie ou chimio-immunothérapie ou avant
autogreffe [27-38]. Actuellement, la valeur pronostique de la
réponse métabolique précoce semble certaine, mais l’impact d’une
modification thérapeutique induite par la TEP n’a pas encore été
démontré. Les recommandations actuelles sont de réaliser ces
évaluations intermédiaires dans le cadre d’essais cliniques
uniquement. Ainsi, Corinne Haioun et al. ont établi la valeur
pronostique de la TEP enregistrée après de deux cures d’une
chimiothérapie d’induction contenant des anthracyclines, associée à
du rituximab dans 41 % des cas, dans une population de 90 patients
atteints de LNH agressifs (94 % de LBDGC) [29]. La TEP était
considérée négative chez 54 patients. Le pronostic des
patients TEP négative et TEP positive étaient significativement
différents, avec une survie sans événement à deux ans estimée à
respectivement 82 et 43 % (p < 0,001) et une survie globale à 90
et 61 % (p = 0,006). La valeur prédictive de la TEP était
observée dans les groupes IPI haut et bas. La valeur
prédictive de la TEP après deux cures de chimiothérapie a également
été montrée dans la MDH dans une étude conjointe italienne et
danoise incluant 260 patients avec un diagnostic nouveau (190
patients des stades IIB à IVB et 70 avec stade IIA des facteurs
pronostiques défavorables), 249 patients recevant un protocole
classique d’ABVD suivi d’une radiothérapie dans le cas de
présentation bulky ou de MR [31]. Le traitement n’était pas
modifié en fonction de la réponse TEP à deux cures. La PFS à
deux ans était de 12,8 % pour les patients TEP positive et 95,0 %
pour les patients TEP négative (p < 0,0001). La valeur
prédictive de la TEP était un facteur prédictif indépendant des
facteurs pronostiques IPI.
Ces différentes études ont été réalisées avec des méthodologies
très variables, et une standardisation des critères
d’interprétation d’un examen enregistré en cours de parcours
thérapeutique apparaît nécessaire. Les recommandations IHP
proposent de réaliser les TEP à distance de la dernière cure, entre
J17 et J21 pour des cycles de 21 jours et J10 et J14 pour des
cycles de 14 jours. Les méthodes semi-quantitatives
trouveront probablement une indication dans les évaluations
intermédiaires comme l’a suggérée l’étude de l’équipe de Créteil
[36, 37]. La littérature ne permet pas encore clairement de
répondre à la question des FMR retrouvées lors des évaluations
précoces. Il est probable qu’elles n’ont pas la même valeur
prédictive dans les LBDGC et les MDH [30, 35, 38]. En effet, les
travaux de Mikhaeel et al. et Hutchings et al. suggèrent
un impact plus clair pour les LBDGC que pour les MDH [30, 35].
Ainsi, dans l’étude de Gallamini et al. dans la MDH, ces FMR
définies comme des fixations de FDG de l’ordre du bruit de fond
vasculaire médiastinal avec une SUV de 2,0 à 3,5 étaient
considérées comme des TEP négatives [31].
Pour ce qui est des autres types histologiques de lymphomes, la
TEP au FDG peut être proposée en fin de traitement lorsque le taux
de réponse objective, en particulier le taux de RC, fait partie des
objectifs de l’étude [2, 7]. Il est recommandé de réaliser une
TEP dans le bilan d’inclusion, en particulier si l’avidité du
lymphome pour le FDG est variable. La place des évaluations
intermédiaires reste à déterminer en fonction du projet
thérapeutique et du type histologique. Dans le LF, la sensibilité
de TEP est élevée (94 à 100 %) dans le staging et le restaging de
la maladie, en dehors de l’étude des envahissements
ostéomédullaires [39, 40]. La TEP peut avoir un intérêt pour
distinguer les atteintes focalisées des atteintes diffuses.
Les séries de la littérature concernant l’évaluation
thérapeutique restent limitées. Bishu et al. rapportaient, en
2007, 31 cas de LF OMS 1-2 traités par chimio-immunothérapie (16
traitements initiaux, 15 traitements de rechute) [40]. Pour les
évaluations réalisées en fin de traitements initiaux, la PFS était
de 29,5 mois pour les TEP négatives et de 5,8 mois pour
les TEP positives (p = 0,00015). Pour les évaluations
intermédiaires, la PFS était égale à 30 mois s’agissant des
TEP négatives, et les patients en RP à la TEP intermédiaire
pouvaient être en RC en fin de traitement. Nous avons également
montré dans une étude évaluant la TEP chez des patients traités par
radio-immunothérapie, une durée de réponse significativement
réduite pour les patients TEP positive par rapport à la TEP
négative (15,6 vs 5,4 mois, p = 0,008) [41]. L’impact clinique
de la TEP dans le LF est plus difficile à établir que pour les
LBDGC potentiellement curables. La TEP de fin de traitement
qui semble prédire les rechutes précoces pourrait conduire à
l’indication de traitements de consolidation. La TEP
intermédiaire qui semble permettre la détection de répondeurs
précoces avec une PFS prolongée pourrait être utilisée pour
proposer des désescalades thérapeutiques. Ces propositions
restent à valider.
Schoder et al. avaient montré, dès 2005, des captations
différentes du FDG entre les lymphomes de haut et de bas grades, et
l’imagerie métabolique explorant le corps entier avait été
envisagée comme un outil intéressant pour détecter une
transformation agressive d’un lymphome de bas grade [42]. Nous
avons mené une étude prospective évaluant l’intérêt de la TEP au
FDG pour guider la biopsie chez des patients atteints de lymphomes
de bas grade suspects de transformation devant des signes cliniques
ou biologiques [43]. Une étude semi-quantitative des SUVmax
permettait de suspecter une transformation avec des valeurs
prédictives positive et négative de plus de 94 %. De façon
intéressante, la taille des lésions en TDM n’était pas prédictive
du syndrome de Richter (p = 0,094).
De nouveaux traceurs TEP seront également à étudier pour
l’exploration des lymphomes. Des traceurs de prolifération
comme la FLT pourraient avoir un intérêt dans l’évaluation
thérapeutique précoce ou le grading initial [44, 45]. De plus,
une imagerie phénotypique par immuno-TEP (ciblage des antigènes
tumoraux comme le CD20 par des anticorps marqués par des émetteurs
de positons comme l’iode 124) pourrait permettre une
caractérisation des MR, plus spécifique que celle obtenue avec le
FDG [46].
En conclusion, la place de la TEP dans l’évaluation des LBDGC et
des MDH est validée. La valeur prédictive de la TEP
enregistrée en fin de parcours thérapeutique est démontrée.
Des recommandations doivent être suivies pour l’interprétation
des images. La TEP est fortement recommandée lors du bilan
initial de la maladie, car c’est un examen de référence qui
facilite l’interprétation de fin de traitement et qui permet
d’évaluer l’extension de la maladie avec une sensibilité et une
spécificité supérieure à la TDM. La valeur pronostique des
évaluations intermédiaires apparaît certaine dans le LBDGC et la
MDH, mais l’impact d’un changement thérapeutique précoce induit par
la TEP reste à déterminer. Les critères d’interprétation des
évaluations précoces sont à standardiser. Pour les autres types de
lymphomes, la TEP peut avoir un intérêt pour confirmer les stades
localisés notamment pour les LF et orienter la biopsie chez un
malade atteint de lymphome de bas grade suspect de transformation
agressive.
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