ARTICLE
Intérêt des modèles d'étude
in vivo de l'hématopoïèse humaine ?
L'analyse de la reconstitution hématopoïétique in
vivo après transplantation de cellules hématopoïétiques
est le seul test capable de démontrer sans ambiguïté
l'existence dans le greffon de cellules totipotentes2 dont
l'activité persiste in vivo plusieurs mois3.
Le transfert à une souris irradiée de cellules souches
murines génétiquement marquées a révélé
que la reconstitution à long terme est généralement
oligoclonale, et que l'activité des clones peut fluctuer dans
le temps [1]. Il semble aussi que les cellules primitives puissent contribuer
non seulement à la reconstitution à long terme mais aussi
à la reconstitution à court terme [2,3], ce qui devra
être confirmé. Le comportement des cellules souches humaines
après transplantation à l'homme est probablement très
similaire, mais son analyse se heurte à l'absence d'un modèle
expérimental. Une telle analyse pouvait apparaître comme
sans grand intérêt pratique tant que les greffons (moelle
ou cytaphérèse) n'étaient soumis à aucun
traitement ex vivo, mais la généralisation de l'utilisation
de certaines cytokines en thérapeutique, et le développement
des techniques de « thérapie cellulaire », en particulier
celles dont le but est d'accroître le nombre de cellules souches
transplantables, rendent souhaitable l'évaluation de l'innocuité
et de l'efficacité de ces approches. Aucun des tests in vitro
classiques (test de colonies identifiant les CFC, culture à long
terme identifiant les LTC-IC4) ne permet d'évaluer
le compartiment des cellules souches primitives, prises au sens strict
du terme, c'est-à-dire responsables de la reconstitution à
long terme, ce qui justifie les efforts de mise au point d'un modèle
animal.
Dans une perspective d'évaluation de protocoles précliniques,
un modèle de transplantation autologue chez le primate (singe)
est certainement d'évaluation à long terme plus facile,
et les observations plus directement extrapolables à la situation
humaine que le modèle des souris immunodéficientes, même
si celui-ci est très précieux pour une approche plus fondamentale.
En effet, un obstacle immédiat à l'évaluation
de la reconstitution de l'hématopoïèse humaine chez
l'animal est que donneur et receveur sont de races différentes
(et souvent de taille différente !). Pour tolérer une greffe
xénogénique, l'animal receveur doit donc avoir un déficit
immunologique profond, ce qui est réalisé soit pendant la
période ftale, soit s'il existe un déficit immunologique
constitutionnel. Dans un article publié précédemment
dans Hématologie, Zanjani décrit son expérience
de greffe de cellules humaines à des ftus de mouton [Hématologie,
1996 ; 2 : 487-98], réalisant chez l'animal adulte un chimérisme
persistant au-delà de deux ans, avec même possibilité
de greffe des cellules humaines issues du receveur primaire à un
receveur secondaire. Malgré les nombreux avantages qu'offrent ces
animaux (durée de vie prolongée, taille plus proche de celle
de l'homme, possibilité de prélèvements itératifs),
peu de laboratoires ont accès à un élevage de moutons
et une alternative plus réaliste consiste à utiliser des
souris porteuses d'un déficit immunitaire constitutionnel.
Les premières expériences utilisant des souris
SCID5 et réalisées par Mosier en 1988 avaient
pour but l'analyse des fonctions immunitaires humaines in vivo,
après injection intrapéritonéale de cellules immunocompétentes.
Il s'agissait du transfert transitoire de cellules matures fonctionnelles
et non pas de l'implantation de progéniteurs actifs pendant plusieurs
mois [4].
Des tentatives de greffe véritable de progéniteurs myéloïdes
humains à des souris immunodéficientes ont été
réalisées cette même année 1988 par deux
stratégies totalement différentes : 1) le groupe de J.
McCune [5] implantait des fragments de tissus lympho-hématopoïétiques
ftaux humains (thymus et foie initialement, puis os secondairement)
sous la capsule rénale, dans le péritoine ou sous la peau
de souris SCID. Ces tissus humains se vascularisent et on peut y analyser,
plusieurs mois après, le développement des progéniteurs
hématopoïétiques endogènes, ou de progéniteurs
allogéniques qui peuvent y être implantés [6]. 2)
Le groupe de J. Dick optait pour un protocole de transplantation classique
par voie intraveineuse, avec évaluation de la prise de greffe
sur la proportion de cellules humaines détectée dans la
moelle des souris 4 à 5 semaines plus tard. Deux paramètres
distinguent le modèle de J. Dick de celui de J. McCune : l'absence
de micro-environnement humain et la nécessité d'une étape
de migration. Le modèle de J. McCune a été développé
par B. Péault dans un numéro antérieur [Hématologie,
1997 ; 3 : 299-307], et l'objectif de cette revue est de discuter
la signification du modèle de J. Dick maintenant largement utilisé
en hématologie expérimentale.
Quelles souris immunodéficientes
utiliser ?
De nombreuses souches de souris dont le déficit immunitaire
est soit constitutionnel soit acquis (souris knock-out ou transgéniques
pour des régulateurs essentiels du développement immunitaire)
acceptent les greffes de cellules humaines. Les souris CB-17 SCID [7]
et les souris NIH Beige-Nude-Xid (appelées souris BNX, homozygotes
pour les gènes bg, nu et Xid) se caractérisent
par une absence de cellules T et B matures à laquelle s'associe
une diminution des activités NK6 et LAK7
pour les souris BNX. Ces deux souches de souris ont été
très utilisées jusqu'en 1995, mais tendent à être
remplacées maintenant par la souche non-obese-diabetic/LtSz-SCID
(appelées souris NOD-SCID), qui résulte du croisement
de souris SCID et de souris de fond génétique NOD/Lt.
Le déficit immunitaire des souris NOD-SCID est plus sévère
que celui des SCID en raison d'une altération de l'immunité
naturelle médiée par les cellules NK, le complément
et les macrophages. Ce déficit immunitaire prévient le
développement du diabète insulino-dépendant qui
caractérise la souche NOD/Lt [8]. Les souris invalidées
pour le récepteur de l'IL-7, pour Rag ou pour la b2-microglobuline
sont aussi des receveurs potentiels. Mais la présence d'un déficit
immunitaire sévère chez le receveur n'est pas un gage
de succès, et par exemple, les souris Rag2/,
ou beige/SCID ne permettent pas le développement de cellules
hématopoïétiques humaines [9]. Le fond génétique
des souris influence aussi le profil de différenciation des cellules
humaines : l'environnement bg/nu/xid, au contraire de celui des souris
SCID et NOD-SCID, ne permet pas un développement efficace de
la lignée lymphoïde B humaine [10].
Stratégie expérimentale et contraintes
du modèle murin
La stratégie de greffe est identique quels que soient
la source et le phénotype des cellules hématopoïétiques
humaines : l'injection se fait par voie intraveineuse à des souris
irradiées la veille à faible dose (300-400 rads) en raison
de la sensibilité particulière à l'irradiation des
souches SCID/NOD-SCID [11, 12]. Dans cette situation xénogénique,
l'irradiation du receveur n'a pas pour but d'abroger l'hématopoïèse
murine endogène, mais de réduire la cellularité médullaire
pour faciliter l'implantation des cellules humaines [9]. En effet, dans
les modèles murins de transplantation, donneur et receveur sont
de même race et immunologiquement identiques (syngénie),
et le système hématopoïétique du donneur se
substitue à celui du receveur, détruit par une irradiation
létale. En situation xénogénique, l'objectif est
de créer un chimérisme dans les compartiments de progéniteurs
immatures, mais il serait irréaliste de penser remplacer l'ensemble
du système hématopoïétique du receveur (souris)
par celui du donneur (homme). Non seulement la maturation terminale des
cellules humaines se fait mal, mais il serait surprenant que les polynucléaires,
les globules rouges et les plaquettes humaines fonctionnent correctement
dans les souris immunodéficientes.
Deux autres aspects distinguent le modèle de J. Dick
de celui de J. McCune : 1) La nécessité pour les cellules
humaines, injectées par voie intraveineuse, de migrer jusqu'aux
os et d'y coloniser les logettes hématopoïétiques.
Cette étape de homing introduit un biais très important
sur lequel nous reviendrons. 2) Les cellules humaines se développent
dans un environnement médullaire murin, alors que dans le modèle
de McCune, le tissu environnant est humain. De façon surprenante,
mais cohérente avec les données in vitro, l'environnement
murin in vivo n'est pas un obstacle à l'implantation d'une
hématopoïèse humaine active.
Enfin, un élément fondamental de la réussite des
greffes xénogéniques est la qualité de l'élevage
de ces souris particulièrement fragiles, élevées
et manipulées dans des conditions stériles, le meilleur
critère de qualité étant la résistance des
animaux à une irradiation de 4 Gys.
Phénotype et fonction
des cellules hématopoïétiques humaines qui se développent
dans la moellen des souris immunodéficientes
Dans les expériences initiales, faites en injectant
des cellules mononucléées de moelle osseuse adulte humaine
à des souris BNX, la proportion de cellules humaines n'excédait
pas 1 % des cellules médullaires [11]. Depuis, plusieurs éléments
essentiels ont contribué, au cours de ces dix dernières
années, à l'amélioration du modèle :
1) L'utilisation de souris CB-17 SCID, puis NOD-SCID qui
s'avèrent de meilleurs receveurs que les souris BNX.
2) L'administration aux souris SCID de cytokines humaines,
justifiée par l'efficacité faible, voire nulle, de certaines
cytokines murines sur les cellules humaines, a amélioré
de façon spectaculaire le chimérisme [12]. Depuis la généralisation
de l'utilisation de receveurs NOD-SCID, l'apport de cytokines n'est plus
indispensable, sauf peut-être pour les transplantations secondaires
[9, 13].
3) L'utilisation de cellules ftales ou de sang de cordon [14,
15], dont tous les auteurs reconnaissent la supériorité
par rapport aux cellules adultes (moelle ou cytaphérèses)
confirme les observations faites in vitro. Pour cette raison
nous analyserons en détail les études utilisant des cellules
ftales, et nous mentionnerons à la fin les particularités
et les difficultés relatives à l'utilisation de cellules
provenant de tissus adultes.
Comment estimer la prise de greffe ?
Le critère le plus communément utilisé
est la proportion de cellules humaines dans la moelle extraite des quatre
os longs (deux fémurs et deux tibias) des souris, déterminée
soit 4 à 5 semaines (court terme) après la greffe, soit
au-delà de 4 mois (long terme). Les cellules humaines sont distinguées
des cellules murines par leur expression d'antigènes humains, CD45
ou HLA-I, détectée en cytométrie de flux, ou par
la présence de séquences humaines dans le génome
(Southern blot ou PCR8). Même si des cellules humaines
sont souvent détectées dans la rate et le sang périphérique
[9, 13, 16], seules les cellules médullaires sont prises en compte
dans l'appréciation quantitative de la prise de greffe. On admet
qu'il y a prise de greffe (ou que la souris est « positive »)
lorsque >= 0,1 % des cellules isolées de la moelle des souris
médullaires sont humaines, sur des critères immunologiques
ou après analyse génomique. En dessous de cette limite de
0,1 % (qui correspond à environ 20 000 cellules humaines pour quatre
os longs), la présence de cellules humaines ne peut pas être
affirmée avec certitude. Le critère de positivité
varie selon les laboratoires : dans notre laboratoire nous avons fixé
la limite à 0,3-0,5 % de cellules CD45+, d'autres exigent
la présence simultanée de lymphocytes B (CD34
CD19+) et de progéniteurs myéloïdes
(CD34+CD19 ± présence de CFC)
pour affirmer la prise de greffe, d'autres acceptent une limite de 0,1
% d'ADN humain (estimé par rapport à une gamme étalon).
Lorsqu'on injecte plus de 10 000 cellules CD34 +
de sang de cordon (ou au moins 5 x 10 6 cellules mononucléées),
il est habituel que 100 % des souris soient « positives », cette
proportion étant d'environ 50 % pour 5 000 cellules CD34 +
injectées ; mais l'implantation de cellules humaines peut
être détectée même si seulement 1 000 cellules
CD34 + sont injectées (voir ci-dessous). En revanche,
pour un même nombre de cellules injectées, provenant de la
même suspension cellulaire, la proportion de cellules humaines détectée
dans la moelle des receveurs peut varier de 0,5 à 80 %. Cette hétérogénéité,
probablement d'origine multifactorielle et incontrôlable expérimentalement,
est un des inconvénients majeurs de ce modèle in vivo
(figure 1) et rend difficile
toute comparaison de la fonction de reconstitution in vivo de deux
greffons, jugée sur la seule proportion de cellules humaines, du
moins 5 semaines après la greffe. Il semble en effet que cette
variabilité soit moindre si l'analyse est faite 4 mois après
la greffe [Pflumio, observations personnelles] ( figure
1). Cette hétérogénéité impose
non seulement d'utiliser un grand nombre d'animaux, mais aussi de développer
un test plus quantitatif (voir ci-dessous).
Les cellules de moelle adulte (ou de cytaphérèse) s'implantent
beaucoup moins efficacement, puisqu'il faut injecter de 100 000 à
500 000 cellules CD34+ de l'une ou l'autre source (ou 5 x
107 cellules mononucléées) pour obtenir le
développement d'une hématopoïèse humaine significative
dans au moins 50 % des animaux.
Caractéristiques phénotypiques des
cellules humaines
L'analyse phénotypique des tissus hématopoïétiques
de souris SCID ou NOD-SCID greffées avec des cellules de sang de
cordon (ou de moelle ftale) quel qu'en soit le phénotype
(mononucléées, fractions CD34+ ou CD34+CD38)
révèle plusieurs constantes :
La plus frappante est la prédominance de la lignée
lymphoïde B (tableau, figure
2). Ainsi, dans la moelle des souris, au moins 50 % des cellules
humaines sont des précurseurs lymphoïdes B (CD19 +)
et toutes les étapes du développement B sont représentées,
du stade proB CD34 +CD19 + aux cellules B matures
sIgM + [13, 14, 16, 17]. Cela est vrai aussi lorsque le greffon
a été préalablement déplété
de toute cellule CD19 + et/ou CD10 + démontrant
qu'il s'agit bien de la différenciation de progéniteurs
plus immatures, et non de la survie de précurseurs B déjà
engagés [13, 18]. Il faut souligner la richesse de la rate en précurseurs
lymphoïdes matures (CD20 +, CD22 +, sIgM +),
les précurseurs immatures (CD34 +CD19 +sIgM )
étant localisés surtout dans la moelle, ce qui suggère
qu'ils migrent vers les organes lymphoïdes secondaires pour compléter
leur maturation [13, 19].
Contrairement à celle des précurseurs B, la
différenciation terminale des précurseurs granuleux et érythroïdes
est très incomplète, et le reste même après
administration de cytokines humaines [20]. Ceci pourrait expliquer l'enrichissement
relatif en cellules CD34 + dont la proportion dépasse
souvent 20 %, ce qui est très supérieur aux 0,5-1 % de CD34 +
présents dans l'inoculum (lorsqu'il s'agit de sang de cordon).
Cependant, la majorité des cellules humaines CD34 + (80
% en moyenne) sont des précurseurs pro-B, et co-expriment les antigènes
CD38, CD10 et CD19, et seule la fraction CD34 +CD19
(15-20 % des CD34 +) reflète le compartiment des progéniteurs
myéloïdes précoces. Parmi ces cellules CD34 +CD19 ,
2 à 5 % sont CD38 ±/neg, et une proportion identique
est Thy1 + (figure 3)
[Pflumio, Robin, soumis]. Le phénotype de ces deux fractions
suggère l'existence de progéniteurs primitifs, ce que confirment
les tests fonctionnels (voir ci-dessous).
Une troisième caractéristique de ce modèle est
l'absence de lymphocytes T et de cellules NK matures (tableau,
figure 2). L'origine des cellules CD3+ détectées
dans la moelle des souris BNX transplantées avec des cellules
CD34+ de moelle humaine adulte est incertaine [21]. Cette
absence de lymphocytes T ne peut être interprétée
qu'après injection de cellules CD34+ débarrassées
de tout contaminant lymphocytaire mature. En effet, l'absence de déplétion
des lymphocytes T du greffon entraîne une infiltration massive
des tissus murins par les lymphocytes T humains qui rend ininterprétable
la prise de greffe [22 ; Tourino, Pflumio, observations non publiées].
Trois raisons peuvent expliquer cette absence de différenciation
lymphocytaire T : l'implantation de progéniteurs dépourvus
de potentiel lymphoïde T ou NK, l'incapacité des micro-environnements
thymique et médullaire de la souris à assurer une différenciation
lymphocytaire T et NK respectivement, l'incapacité des progéniteurs
médullaires à migrer secondairement vers le thymus. Nous
avons exclu la première hypothèse, et en partie la seconde,
en démontrant que des cellules CD34+ humaines issues
de la moelle de souris NOD-SCID pouvaient se différencier in
vitro en lymphocytes CD4+CD8+ dans un système
FTOC 9 [23, 24 et Robin, Pflumio, soumis pour publication]
et en cellules NK. Si le peu d'efficacité des cytokines IL-2
et IL-15 nécessaires à la maturation NK explique l'absence
de ces cellules, en revanche un défaut de migration est plus
probablement responsable de l'absence de la lignée T : nous avons
en effet montré que le thymus NOD-SCID embryonnaire permettait
la maturation de précurseurs T humains [23], mais il est très
rare d'observer spontanément, après greffe de cellules
CD34+, une colonisation du thymus NOD-SCID murin in situ
[13]. En revanche, l'injection aux souris de G-CSF10 et de
SCF11 après la greffe induit la production de cellules
CD4+CD8+, peut-être en facilitant la «
mobilisation » des progéniteurs humains [19]. Des progéniteurs
humains issus de la moelle murine peuvent aussi coloniser un fragment
thymique humain greffé secondairement sous la capsule rénale
[16]. Ces deux études suggèrent que l'altération
des processus normaux de migration explique en partie l'absence in
vivo de précurseurs lymphocytaires. S'y associe la faible
efficacité des processus de sélection intrathymique par
les cellules stromales murines qui compromet la production de cellules
T fonctionnelles in vivo. Si ces données se confirment,
on peut imaginer dans l'avenir lever l'obstacle que constitue, dans
ce modèle, l'absence de développement in vivo de
cellules immunocompétentes en stimulant la migration cellulaire
et en utilisant des souris NOD-SCID transgéniques pour les molécules
HLA de classe I et II humaines.
Caractéristiques fonctionnelles des progéniteurs
hématopoïétiques présents dans la moelle des
souris NOD-SCID
Si la maturation hématopoïétique terminale
est très incomplète, en amont, en revanche, on détecte
l'ensemble des progéniteurs hématopoïétiques
organisés selon la hiérarchie classique. Ainsi, les tests
in vitro détectent, dans la moelle des souris NOD-SCID transplantées
avec des cellules humaines, des CFC (CFU-GM12, BFU-E13
et CFU-GEMM14) et des LTC-IC. Leur fréquence est de
50-60 CFU-GM et 10-20 BFU-E/5 x 104 cellules humaines [16,
20], identique à celle du tissu originel. En revanche, la fréquence
de CFC (1/50-100) et LTC-IC (1/300) au sein de la population de cellules
CD34+ est anormalement basse, ce qui s'explique par l'inflation
du compartiment pro-B CD34+CD19+ dans les souris
NOD-SCID (voir ci-dessus). L'analyse de la fraction CD34+CD19
serait certainement un indicateur plus fiable de la reconstitution myéloïde
[16, 17]. à titre indicatif, environ 40-100 000 CFC et 200-1 000
LTC-IC sont détectées dans la moelle des quatre os longs
d'une souris injectée 4-6 semaines auparavant avec des cellules
de sang de cordon, ce qui représente une amplification de 100 à
1 000 fois du nombre de ces cellules [13, 20]. Le rapport du nombre des
CFC/nombre de LTC-IC est de 10-100, proche de ce qu'il est dans la moelle
humaine normale ou le sang de cordon [17], suggérant que la transition
LTC-IC-CFC s'effectue normalement dans l'environnement médullaire
murin en l'absence de cytokines humaines [9]. Rappelons que ces chiffres
sont sous-estimés puisque les quatre os longs analysés (deux
fémurs et deux tibias) ne contiennent que 20 % du tissu médullaire
total de la souris.
La seule présence de CFC et de LTC-IC 5 semaines
après la greffe ne prouve cependant pas l'implantation de cellules
« souches ». Ceci requiert de démontrer 1) la multipotence
à l'échelon clonal des cellules implantées, et idéalement
leur capacité à reconstituer un receveur secondaire, 2)
leur activité à long terme. De quels arguments expérimentaux
dispose-t-on ?
1) Nos propres études nous ont permis de démontrer
que la fraction CD34+CD19 humaine isolée
de la moelle des souris contient des progéniteurs capables, in
vitro, de différenciation T (dans un système FTOC),
mais aussi NK (co-culture en présence de cellules stromales et
d'IL-15). L'identification dans cette fraction de progéniteurs
« myélo-lymphoïdes » (LTC-ICML), produisant
à l'échelon individuel, des lymphocytes B et des cellules
granuleuses [18], et comme nous l'avons montré récemment,
de cellules capables de produire simultanément des lymphocytes
T, B, NK et des cellules granuleuses [Robin, Pflumio, Coulombel, soumis]
prouve la présence, dans la fraction CD34+ issue de
la moelle des souris NOD-SCID, de cellules totipotentes. Une déduction
logique de ces données est qu'il existe dans le sang de cordon
des cellules souches transplantables capables de reconstituer dans un
environnement murin, et en l'absence de cytokines humaines exogènes,
une hiérarchie hématopoïétique complète,
y compris probablement un compartiment de cellules souches totipotentes
primitives.
2) L'analyse de la cinétique d'implantation des cellules
humaines chez la souris apporte deux informations importantes (figure
4) : seule une toute petite fraction (0,1-1 %) des cellules injectées
s'implante dans la moelle des souris [9, 20]. Dans notre expérience
aussi, 24-48 heures après la greffe de 100-500 000 cellules CD34 +,
environ 500 seulement sont détectées dans la moelle des
souris. En revanche, au cours des 5 semaines qui suivent la greffe, certaines
de ces cellules prolifèrent de façon spectaculaire puisque
le nombre de cellules CD34 +, CD34 +Thy-1 +,
de CFC et de LTC-IC est multiplié par 8-10, 4-5, 8-10 respectivement
[20] (figure 4). Cette
amplification est environ deux fois moindre lorsque des cellules de moelle
adulte sont injectées. La persistance pendant plus de 4 mois (jusqu'à
24 mois dans une étude) d'un nombre élevé de progéniteurs
humains en phase proliférative témoigne d'une hématopoïèse
active [20]. En revanche, l'injection à des receveurs secondaires
des cellules humaines isolées de la moelle des receveurs primaires
est moins efficace [13, 20], ce qui va à l'encontre de ce que l'on
attendrait d'une cellule primitive, mais peut-être se heurte-t-on
à un problème de migration (voir ci-dessous).
Une cinétique identique se voit après injection
de cellules de moelle osseuse humaine, à ceci près que l'hématopoïèse
humaine semble s'épuiser au-delà de 8 semaines, ce dont
témoigne la diminution du nombre des cellules nucléées,
des CFC et des LTC-IC, et surtout leur quiescence [20].
Il est donc acquis qu'une fraction de progéniteurs
humains très immatures colonise la moelle des souris, y prolifère
et s'y différencie efficacement. Le micro-environnement murin (ou
ovin) ne semble donc pas compromettre le déroulement des premières
étapes de l'hématopoïèse humaine. Cela peut
paraître surprenant puisque beaucoup des cytokines murines ne sont
pas actives chez l'homme (IL-2, IL-3, GM-CSF, IL-6) ou le sont à
des concentrations très élevées (Epo15,
SCF, IL-7), ce qui suggère l'intervention d'autres molécules
stromales, ou une production endogène de cytokines humaines, ce
d'autant que l'administration de cytokines humaines aux souris NOD-SCID
ne modifie pas de façon majeure les caractéristiques de
la prise de greffe, du moins à court terme, et peut même
être délétère [25]. En revanche, les cytokines
faciliteraient l'activité des progéniteurs humains au-delà
de 4 mois [9], et leur transplantation à des receveurs secondaires.
Il faut souligner cependant que ces conclusions ne sont pas extrapolables
à d'autres souches de souris, et que les greffons de tissus ftaux
sont moins dépendants de la présence d'une source de cytokines
humaines que les cellules adultes.
Néanmoins, comment interpréter les résultats ci-dessus
dans une perspective clinique ? 1) Quelle est la filiation entre les
cellules humaines responsables de la production de cellules hématopoïétiques
dans la souris, les cellules souches responsables des prises de greffe
en transplantation humaine, et les LTC-IC identifiées in vitro
? 2) Y a-t-il une corrélation entre le test NOD-SCID et les
résultats cliniques ? La réponse à ces questions
ne pourra être obtenue que par la comparaison des propriétés
biologiques et des fréquences de ces cellules et par l'analyse
individuelle des clones contribuant à la reconstitution.
Caractérisation
des cellules humaines à l'origine de développement d'une
hématopoïèse active dans les souris NOD-SCID
Définition et quantification des NOD-SCID-RC
NOD-SCID-RC (ou NOD-SCID-CRU, ou SRC)16 sont quantifiées
dans des expériences de transplantation faites à dilution
limite où le critère de positivité n'est plus la
proportion de cellules humaines, mais la proportion de souris positives
(ou négatives) pour les critères décrits précédemment.
Des concentrations décroissantes de cellules (au moins 2-3 concentrations)
sont injectées à des groupes de 5 à 10 souris et
la proportion de souris positives (ou négatives) est déterminée
après 4 à 5 semaines (figure
5). L'observation d'une relation linéaire entre le nombre
de cellules injectées et la proportion de souris négatives
(exprimée en coordonnées logarithmiques) garantit que
seul le nombre de cellules influe sur le résultat final, et autorise
le calcul de la fréquence des cellules ayant contribué
à ce critère de positivité (figure
5). Compte tenu du petit nombre de cellules test injectées
(parfois < 1 000), on injecte avec les cellules à tester un
nombre fixe de cellules accessoires irradiées (généralement
des cellules mononucléées de moelle osseuse ou de sang
de cordon). Ces cellules n'entrent pas en compétition avec les
cellules à tester pour la reconstitution de l'hématopoïèse,
mais peuvent minimiser la perte cellulaire dans l'espace vasculaire
et faciliter leur migration et leur implantation dans la moelle, peut-être
par leur sécrétion de cytokines.
La fréquence des NOD-SCID-RC/CRU dans le sang de
cordon est de l'ordre de 1/0,5-1 x 10 6 cellules mononucléées
(soit 1-3 CRU par ml de sang), 1/1 000 cellules CD34 +CD38
de sang de cordon [26, 27] (figure
5). La fréquence des cellules ayant une fonction identique
dans la moelle osseuse (ou le sang périphérique après
mobilisation) est beaucoup plus faible, 1/3 x 10 6 cellules
mononucléées et 1/150 000 cellules CD34 +CD38
[27]. Un calcul approximatif permet d'estimer qu'une CRU de sang de cordon
pourrait générer 2 x 10 6 cellules CD34 +,
32 000 CFC et 250 LTC-IC [26].
Il est frappant de constater que ces fréquences sont
très inférieures (d'un facteur 10-50) à celles des
LTC-IC identifiées in vitro, dans les mêmes fractions
cellulaires, ce qui n'est pas le cas chez la souris où LTC-IC et
CRU ont une fréquence très similaire, suggérant leur
proximité dans la hiérarchie hématopoïétique
(figures 6 et
7). Cette différence de fréquence entre
NOD-SCID-RC et LTC-IC chez l'homme pourrait témoigner du caractère
très primitif des NOD-SCID-RC et les placer hiérarchiquement
en amont des LTC-IC. L'échec initial des tentatives d'infection
rétrovirale de ces NOD-SCID-RC, contrastant avec le succès
de l'infection des LTC-IC, arguait aussi en faveur de cette hypothèse
[28]. Depuis, l'infectabilité des NOD-SCID-RC a été
démontrée [29-32], et l'existence d'une corrélation
entre la proportion de LTC-IC et de NOD-SCID-RC infectées [30]
suggère un chevauchement entre LTC-IC et NOD-SCID-RC (figure
6). Surtout, il faut insister sur le biais introduit, dans le
test in vivo, par le processus de homing, qui n'intervient
pas in vitro, de même qu'il n'intervenait pas non plus dans
le modèle chimérique de McCune.
Si la fraction CD34+CD38 est enrichie en
NOD-SCID-RC (fréquence 1/500 à 1/1 000), il semble que
ces progéniteurs soient aussi présents dans la fraction
CD34+CD38+ à une fréquence certes
plus faible (1/20 000), mais leur nombre, compte tenu de l'importance
quantitative de cette fraction, représente 25 % du nombre total
de NOD-SCID-RC [20]. Ce point reste cependant controversé [32].
Enfin, la présence de progéniteurs immatures (dont des
NOD-SCID-RC et LTC-IC) dans la fraction CD34, reconnue
initialement chez la souris [33], se confirme chez l'homme [34]. Reste
à déterminer si ces progéniteurs diffèrent
fonctionnellement de ceux qui expriment l'antigène CD34.
Analyse in vivo du devenir
de clones individuels
L'analyse de la potentialité et du devenir des clones individuels
actifs in vivo n'est pas possible en l'absence d'un marqueur
clonal. Il est possible [33], mais peu réaliste, en routine,
de travailler à l'échelon unicellulaire in vivo.
La seule alternative est d'infecter les NOD-SCID-RC avec un vecteur
rétroviral dont le site d'intégration servira de marqueur
clonal. Les progrès de la vectorologie et l'amélioration
des protocoles d'infection rétrovirale font qu'il est actuellement
possible d'infecter 20-30 % de cellules CD34+CD38
et plus de 50 % des CFC et LTC-IC (ou CAFC). L'utilisation de transgènes
dont l'expression est détectable sur des cellules vivantes (marqueur
de surface, CD2 par exemple dans notre étude, NGF-R17
[29], ou fluorescent comme la GFP18 [32]) permet de sélectionner
100 % de cellules infectées, étape nécessaire si
l'objectif est de suivre de façon quantitative le devenir de
clones individuels, in vitro comme in vivo. La présence,
dans la moelle des souris 4 semaines et jusqu'à 7 mois après
greffe, de cellules humaines transduites est démontrée
à présent par de nombreuses équipes [29-32]. Toutes
les lignées sont concernées dans des proportions variables,
et on trouve entre 10 et 30 % de progéniteurs clonogéniques
transduits y compris dans notre propre expérience [31]. Cependant,
les proportions de CFC et de cellules infectées détectées
dans la moelle des souris sont en général faibles comparées
à celles des CFC et LTC-IC (CAFC) avant transplantation [16,
30, 32], et ce surtout lorsque des cellules CD34+CD38
sont infectées [32]. Plusieurs raisons peuvent être invoquées
: l'absence d'infection efficace des NOD-SCID-RC par les rétrovirus
classiques, si on admet que ces cellules sont en G0 [35], qui justifie
l'essai des lentivirus [36]. Mais il faut surtout évoquer la
possible modification de la migration des cellules par les cytokines
utilisées pour permettre l'intégration rétrovirale
[37]. S'y ajoutent les difficultés techniques d'analyse des sites
d'insertion, liées au petit nombre de cellules humaines des différentes
lignées produites chez la souris. Jusqu'à présent
seul le groupe de J. Nolta a démontré l'origine commune
de cellules CD3+ (lymphoïdes) et CD33+ (myéloïdes)
isolées de la moelle de souris BNX greffées avec des cellules
CD34+ de moelle humaine adulte [21, 38] et a estimé
à 1-5 le nombre de clones contribuant au compartiment de progéniteurs
clonogéniques 4-6 mois après greffe [38].
Difficultés d'interprétation
particulières au modèle xénogénique :
migration cellulaire dans les souris NOD-SCID
En conclusion, on peut tirer deux types d'informations de
l'étude du modèle NOD-SCID (figure
8) :
1) Il est acquis qu'existe dans les tissus hématopoïétiques
humains une population de cellules capables de coloniser la moelle des
souris NOD-SCID, d'y proliférer activement, et de produire des
précurseurs de toutes les lignées lymphoïdes et myéloïdes,
et ce pendant au moins 4 à 6 mois, du moins lorsqu'on utilise comme
greffon des cellules ftales. Indépendamment de leur signification
physiologique, ces observations suggèrent que le modèle
NOD-SCID peut être un outil performant pour identifier les signaux
présents dans l'environnement murin et qui, in vivo, contrôlent
les processus de prolifération/différenciation de ces cellules,
en particulier dans la lignée lymphoïde B. Il est possible,
en particulier dans le cas de la lignée lymphoïde B, que la
situation xénogénique soit particulièrement favorable
à une amplification cellulaire considérable, par l'absence
d'action de certaines molécules inhibitrices sur les cellules humaines.
2) En revanche, il serait hasardeux d'assigner une place
à ces NOD-SCID-RC au sein de la hiérarchie hématopoïétique
: une question essentielle et non résolue dans ce modèle
est de comprendre si la colonisation de la moelle des souris est un processus
sélectif mettant en jeu des molécules de reconnaissance
particulières aux cellules primitives, ou si elle se produit au
hasard.
* La migration des cellules humaines injectées par voie intraveineuse
peut être profondément altérée dans la souris.
Dans les greffes murines syngéniques, 20 à 40 % des cellules
du donneur migrent dans la moelle en quelques heures. Dans le modèle
chimérique homme/souris NOD-SCID, nous n'avons aucune maîtrise
des processus de migration et de colonisation de l'espace médullaire
(homing). Les processus de homing commencent à
être décryptés chez la souris, où ils impliquent
VCAM1, les sélectines [39] et le couple SDF1/CXCR4. Dans le modèle
NOD-SCID, deux études suggèrent le rôle des intégrines
VLA-5 [40], et du couple SDF-1/CXCR4 [41]. Mais il n'est pas exclu que,
malgré la compatibilité entre espèces des molécules
de reconnaissance citées plus haut, la situation xénogénique
ne limite considérablement le homing des cellules humaines,
puisque moins de 1 % des cellules injectées sont détectées
dans la moelle quelques heures après la greffe. Il ne faut pas
exclure non plus une inadéquation du calibre des vaisseaux murins
aux cellules humaines, ou un « piégeage » non spécifique
des cellules humaines dans le poumon, la rate, ou le foie.
* Selon plusieurs études récentes, l'état prolifératif
des cellules conditionnerait leur capacité de homing.
Ainsi, après injection de cellules dans la phase G0 du cycle
cellulaire, la proportion de cellules humaines détectée
dans la moelle des souris est plus importante qu'après injection
de cellules en phase G1 [35], et des variations identiques ont été
observées dans le système murin [37]. Que ces différences
résultent d'une modulation de la propriété de homing
(via une modulation de l'expression des récepteurs d'adhérence
en fonction du cycle cellulaire) est possible mais non démontré.
En tout cas, s'il se confirme que la capacité de homing
varie en fonction des phases du cycle cellulaire, cela pourrait expliquer
la moindre efficacité (ou du moins la variabilité) de
la prise de greffe après transfert de gènes et inciter
à une certaine prudence dans l'établissement des protocoles
d'expansion. Il est certain que ce champ d'investigation va s'éclaircir
au cours des années qui viennent, mais à l'heure actuelle,
notre absence de maîtrise des processus de migration et de colonisation
incite à être prudent sur l'interprétation du modèle
NOD-SCID.
2. Le terme totipotence définit ici la capacité d'une
cellule à se différencier dans toutes les lignées
hématopoïétiques lymphoïdes (T, B, NK) et myéloïdes
(érythroïde, granuleuse, mégacaryocytaire).
3. Cette activité prolongée définit la propriété
de reconstitution à long terme (> 3 mois chez la souris).
4. CFC : colony forming cell ; LTC-IC : long-term culture
initiating cell.
5. SCID : severe combined immunodeficient.
6. NK : natural killer.
7. LAK : lymphocyte activated killer.
8. PCR : polymerase chain reaction.
9. FTOC : fetal thymic organotypic culture.
10. G-CSF : granulocyte colony-stimulating factor.
11. SCF : stem cell factor (ou c-kit ligand, ou steel factor).
12. CFU-GM : colony forming unit-granulocyte-macrophage.
13. BFU-E : burst forming unit-erythroid.
14. CFU-GEMM : colony forming unit-granulocyte-erythroid-macrophage-megakaryocyte.
15. Epo : érythropoïétine.
16. NOD-SCID-RC : NOD-SCID repopulating cells ; CRU : competitive
repopulating unit ; SRC : SCID repopulating cell.
17. NGF-R : récepteur du NGF de faible affinité.
18. GFP : green fluorescent protein.
CONCLUSION
Une observation incontestable est que des cellules souches humaines
peuvent se développer dans la moelle osseuse de souris NOD-SCID,
et ce, à long terme, mais qu'il n'y a pas, actuellement, de reconstitution
spontanée dans les lignées lymphoïdes T et NK. Toutefois,
cette restriction de la différenciation sera probablement levée
par l'addition de cytokines nécessaires et d'un greffon thymique.
La principale question est celle de l'intérêt de ce modèle
pour l'évaluation préclinique. Même si on ne connaît
pas rééllement les populations qu'identifie le modèle
NOD-SCID, il pourrait être très utile dans des études
pilotes s'il s'avérait qu'existe une corrélation entre
la prise de greffe dans la souris, et la prise de greffe chez l'homme
ou dans un modèle de gros animal. Cela implique que l'on dispose
de données comparatives entre les résultats de transplantation
de cellules humaines chez la souris, chez le singe et chez l'homme,
et une telle étude n'a pas encore été faite. Enfin,
un domaine qui n'a pas été discuté dans cette revue
(il le sera dans un numéro ultérieur), mais qui a une
importance considérable est celui de la conception de modèles
d'hémopathies humaines chez la souris NOD-SCID, soit par transfert
de cellules leucémiques, soit par transfert de cellules souches
normales transduites par un gène transformant.
Remerciements
Nous remercions tout particulièrement la Fondation contre
la leucémie pour le financement qu'elle a accordé à
C. Tourino et la Société Française d'Hématologie
pour la bourse accordée à C. Robin. Ce travail a été
financé par l'INSERM, L'ARC, l'électricité de
France et l'Institut Gustave Roussy
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