Accueil > Revues > Médecine > Hématologie > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Hématologie
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Biologie et recherche
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable

Epidémiologie et facteurs étiologiques des syndromes myélodysplasiques


Hématologie. Volume 3, Numéro 5, 431-8, Septembre-Octobre 1997, Mini-revues et revues


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Catherine Nisse, Pierre Fenaux, .

Résumé : Les données épidémiologiques spécifiques aux syndromes myélodysplasiques sont rares. Pour cette affection du sujet âgé et à prédominance masculine, dont le taux d'incidence varie entre 1 et 4 pour 100 000 personnes par année, les multiples dénominations et classifications qui ont eu cours avant la détermination de la classification FAB ont rendu difficile l'exploitation des données étiologiques. La responsabilité des radiations ionisantes, qu'il s'agisse d'exposition accidentelle, professionnelle ou à visée thérapeutique, ne fait aucun doute, de même que celle du benzène et de la chimiothérapie anticancéreuse. Les autres hypothèses qui ont été évoquées pour les leucémies aiguës myéloïdes restent encore à démontrer pour les syndromes myélodysplasiques tels que le radiodiagnostic, l'exposition aux radiations non ionisantes, à des solvants autres que le benzène, aux éthers de glycol, à l'oxyde d'éthylène, aux produits agricoles, au tabac. La genèse des syndromes myélodysplasiques comme celle d'autres affections est assurément multifactorielle, faisant intervenir non seulement l'exposition à certaines nuisances professionnelles ou de l'environnement, mais également des facteurs génétiques.

Mots-clés : syndromes myélodysplasiques, épidémiologie, étiologies, professions, environnement.

Illustrations

ARTICLE

Les syndromes myélodysplasiques, autrefois appelés anémies réfractaires, sont des affections clonales des cellules souches myéloïdes caractérisées par une hématopoïèse inefficace, aboutissant à des cytopénies sanguines. Ils évoluent fréquemment en leucémies aiguës myéloïdes.

Durant la dernière décennie, les syndromes myélodysplasiques ont suscité l'intérêt croissant des cliniciens et chercheurs du fait probablement du statut d'état préleucémique qui leur avait été conféré dès 1949. Toutefois, les données épidémiologiques spécifiques aux syndromes myélodysplasiques sont récentes et peu nombreuses. Les dénominations variées dont les syndromes myélodysplasiques ont fait l'objet pendant cinquante ans ont rendu difficiles les recherches sur les facteurs étiologiques ainsi que la comparaison des données. La classification internationale des maladies de 1977 ne permettait pas encore de classifier les syndromes myélodysplasiques, seule la leucémie myélomonocytaire chronique était identifiée (code 205.1) alors que les autres classes (anémie réfractaire, anémie réfractaire avec excès de blastes, anémie réfractaire avec sidéroblastes en couronne, anémie réfractaire avec excès de blastes en transformation) étaient le plus souvent classées avec les aplasies, les leucémies aiguës ou les leucémies myéloïdes chroniques. La dernière classification (ICD10) identifie les syndromes myélodysplasiques comme une entité propre (code D46.9) mais classifie encore les leucémies myélomonocytaires chroniques (code C92.7) avec les leucémies myéloïdes chroniques (code C 92.1), et les anémies réfractaires (code D46.4) et les anémies réfractaires avec sidéroblastes en couronnes (code D 46.1) séparément. Ce n'est finalement qu'en 1982 qu'une classification cytologique des syndromes myélodysplasiques a été proposée par le groupe franco-américano-britannique.

La reconnaissance récente des syndromes myélodysplasiques par rapport aux leucémies aiguës myéloïdes fait que certains facteurs étiologiques reconnus dans les leucémies aiguës myéloïdes (exposition aux radiations ionisantes, aux agents alkylants, au benzène...) correspondent probablement dans un certain nombre de cas à des agents responsables de syndromes myélodysplasiques ayant secondairement évolué en leucémies aiguës myéloïdes. De ce fait, l'analyse épidémiologique des syndromes myélodysplasiques suppose la référence aux données portant sur les leucémies aiguës myéloïdes, notamment celles publiées avant 1980.

Épidémiologie descriptive

Les données sur l'incidence des syndromes myélodysplasiques sont peu nombreuses. Les registres sont rares. L'exhaustivité du recueil est rendue difficile du fait des problèmes de diagnostic (erreur de classification) et de l'âge des patients qui limite parfois la recherche d'un diagnostic précis (refus du myélogramme). Enfin, les statistiques de décès ne font pas ressortir ce type de pathologie, les sujets âgés souffrant de polypathologie, le décès est rarement imputé au syndrome myélodysplasique directement. Ces raisons conduisent probablement à une sous-estimation de l'incidence des syndromes myélodysplasiques.

Le taux d'incidence des syndromes myélodysplasiques varie de 1 à 4 pour 100000 habitants et par an, selon les auteurs (tableau I). Les syndromes myélodysplasiques touchent essentiellement les personnes âgées de plus de 70 ans. Ainsi, avant 50 ans, le taux d'incidence des syndromes myélodysplasiques est respectivement de 0,22 pour 100 000 pour Aul et al. [1], de 0,7 pour 100 000 pour Radlung et al. [2] et de 0,5 pour 100000 pour Williamson et al. [3]. Après 70 ans, l'incidence pour 100 000 personnes se porte à 15 pour Radlung et al. [2] entre 1988 et 1992 et à 49 pour Williamson et al. [3].

Plusieurs auteurs ont rapporté une augmentation de l'incidence des syndromes myélodysplasiques [1, 7], pouvant s'expliquer par l'amélioration du diagnostic grâce à une meilleure connaissance de l'affection, par le vieillissement global de la population ou l'augmentation de l'exposition aux facteurs de risque liés à cette maladie. Cette augmentation d'incidence n'est toutefois pas confirmée par Radlung et al. [2] dans une étude longitudinale effectuée de 1978 à 1992 (tableau I).

La répartition des syndromes myélodysplasiques selon les sous-groupes de la classification FAB peut varier selon les études [1, 2, 5, 6]. Cela pouvant s'expliquer par les différences de recrutement en terme d'effectif, de durée, de répartition selon le sexe ou selon l'âge, du moment du diagnostic par rapport au stade évolutif de la maladie, du caractère de novo ou secondaire des syndromes myélodysplasiques...

L'anémie réfractaire, l'anémie réfractaire avec sidéroblastes en couronnes et l'anémie réfractaire avec excès de blastes sont généralement rapportées comme les sous-groupes les plus fréquents. Le sex ratio hommes/femmes montre globalement une prédominance masculine (1,2 à 1,9). Les anémies réfractaires avec sidéroblastes en couronnes et surtout la leucémie myélomonocytaire chronique sont les sous-groupes pour lesquels la prédominance masculine est la plus importante. Chez la femme, le groupe le plus fréquent est constitué par l'anémie réfractaire.

Hypothèsesétiologiques

L'épidémiologie analytique des syndromes myélodysplasiques est encore peu développée. La relative rareté de l'affection nécessite de mettre en place des études longues et multicentriques afin d'obtenir une puissance statistique suffisante. Les dénominations et classifications multiples utilisées avant 1982 rendent difficiles les comparaisons entre études, en particulier dans le cadre des enquêtes de mortalité. La réalisation d'enquêtes cas-témoins semble la plus adaptée pour l'étude des facteurs de risque de ces affections, dont la survenue est en général différée de plusieurs années par rapport à l'exposition présumée responsable. L'évaluation des expositions est souvent sujette à caution dans les enquêtes rétrospectives. Enfin, les facteurs de confusion ne sont pas toujours pris en compte.

Facteurs génétiques ou prédispositions familiales

Les syndromes myélodysplasiques restent rares chez les enfants bien que des séries de quelques dizaines de cas aient été rapportées [8]. Les cas familiaux ne permettent d'expliquer que 2 % environ des syndromes myélodysplasiques. Ils sont souvent le fait des syndromes myélodysplasiques du sujet jeune. Fenaux et al. [9] ont retrouvé, parmi 554 cas de syndromes myélodysplasiques de novo, 13,5% (5/37) de formes familiales chez les moins de 50 ans contre seulement 0,38 % (2/517) de formes familiales chez les plus de 50 ans (p < 0,05). Les anomalies cytogénétiques semblent plus fréquentes dans les formes familiales et chez les enfants et adultes jeunes. Wegelius [8] rapporte une fréquence accrue de la monosomie 7 chez les enfants atteints de syndromes myélodysplasiques (50 %); de même, Fenaux et al. [9] identifient 44% de monosomie 7 chez les adultes de moins de 50 ans contre 4,5 % chez les syndromes myélodysplasiques de plus de 50 ans.

Syndromes myélodysplasiques secondaires aux traitements antinéoplasiques [10]

Environ 10 % des syndromes myélodysplasiques sont secondaires à une chimiothérapie ou radiothérapie à visée anticancéreuse. Ce sont les agents alkylants qui sont le plus souvent incriminés, surtout en cas de dose cumulée importante ou d'utilisation prolongée. Après utilisation de ces agents, le délai de survenue est généralement de 3 à 10 ans. Le tableau clinique est, dans la plupart des cas, celui d'un syndrome myélodysplasique évoluant en leucémie aiguë myéloïde. Des anomalies chromosomiques sont observées dans 85% des cas : prédominent les délétions du chromosome 7 (-7 ou moins souvent délétion 7q), celles du chromosome 5 (5q- ou -5) suivies des délétions 17p et de la trisomie 8. Les anomalies sont fréquemment multiples. En revanche, les drogues ayant comme cible la topo-isomérase II (épipodophyllotoxines, anthracyclines) donnent des leucémies aiguës secondaires généralement non précédées d'une phase de syndromes myélodysplasiques, d'un délai de survenue court (1 à 2 ans), et qui comportent des anomalies chromosomiques portant sur la bande 11q23 (t(9 ; 11) principalement) ou plus rarement 21q22 (t(8 ;21), t(3 ;21)).

Exposition à des nuisances chimiques ou physiques

Peu d'enquêtes portant sur les syndromes myélodysplasiques sont actuellement disponibles. Nous avons regroupé les enquêtes cas-témoins sur les syndromes myélodysplasiques dans le tableau II, en mentionnant leurs principales caractéristiques.

Les résultats significatifs, portant uniquement sur des données d'ordre qualitatif (avoir été ou non exposé aux produits cités) ou semi-quantitatif (exposition faible, moyenne, importante) sont synthétisés dans le tableau III. Dans les différentes études mentionnées, les expositions ont été codifiées par des experts (hygiénistes).

Les études de Goldberg et al. [11] et de Ciccone et al. [12] portent sur de petits effectifs, ce qui rend difficile l'interprétation des résultats. L'étude de Ciccone et al. [12] s'intéresse à une population regroupant à la fois des leucémies aiguës myéloïdes, des syndromes myélodysplasiques et des leucémies myéloïdes chroniques ; les données n'ont pas été calculées isolément sur les syndromes myélodysplasiques, de plus l'effectif comporte globalement plus de femmes que d'hommes, sans que la répartition ne soit précisée pour les syndromes myélodysplasiques. La non-représentativité de la population de patients atteints de syndromes myélodysplasiques en terme de sex ratio risque de fausser les résultats relatifs aux expositions professionnelles.

- Exposition aux radiations ionisantes

L'existence d'un risque accru de cancers après irradiation à fortes doses, et le plus souvent à fort débit de dose, est établi alors que l'effet des faibles doses, telle l'irradiation subie lors de clichés à visée de diagnostic reste encore controversé.

Ainsi, le suivi d'une cohorte de 14106 patients irradiés pour spondylarthrite ankylosante [13] a mis en évidence un excès de leucémie, particulièrement significatif pour les leucémies aiguës myéloïdes (ratio décès observés sur décès attendus par leucémies aiguës myéloïdes = 3,92). De même, la surveillance de patientes traitées par radiothérapie pour cancer du col de l'utérus [14] a montré un excès de risque de leucémie, dépendant de la dose ; le pic maximal de survenue se situant entre 2,5 et 5 Gy d'irradiation médullaire, puis dégressif pour des doses supérieures. Ces études ne font pas spécifiquement référence aux syndromes myélodysplasiques, mais l'analyse des cas de leucémies aiguës myéloïdes décrits précisément après irradiation médicale montre pour la majorité d'entre eux une phase prolongée de cytopénies très évocatrice d'un syndrome myélodysplasique. Une hypothèse explicative consiste à considérer que de fortes doses entraînent la mort cellulaire alors que de faibles doses d'irradiation induisent des altérations génétiques favorisant la survenue de syndromes myélodysplasiques et de leucémies aiguës myéloïdes.

En ce qui concerne le radiodiagnostic, la relation avec la survenue de leucémie est controversée [15]. Evans et al. [16] estiment que 1 % de l'ensemble des leucémies en population générale serait attribuable au radiodiagnostic. Pour ce qui est des syndromes myélodysplasiques, seuls West et al. [17] dans le cadre de leur étude cas-témoins trouvent une association entre le fait d'avoir subi des radiographies dentaires et la survenue de syndromes myélodysplasiques (Odds ratio = 1,85 ; IC à 95 % = 1,25-2,76). Pour les autres types de clichés aucune association n'est rapportée.

Enfin la relation entre l'exposition au thorotrast (dioxyde de thorium) produit de contraste libérant des particules a, utilisé dans les années 30 à 50 pour les angiographies, et la survenue de leucémie ne fait aucun doute. En particulier, l'excès de leucémies aiguës myéloïdes a commencé à se développer cinq à dix ans après l'utilisation, et reste encore présent plus de quarante ans après. À nouveau, il est probable que bon nombre des cas de leucémies aiguës myéloïdes décrits ont été précédés de syndromes myélodysplasiques. En particulier, Anderson et al. [18] ont rapporté 7 cas de syndromes myélodysplasiques pour 100 personnes exposées au thorotrast.

Les radiations ionisantes restent probablement l'étiologie la mieux identifiée des leucémies induites par des facteurs professionnels ou environnementaux. Les rapports décrivant les effets des explosions d'Hiroshima et Nagasaki ne mentionnent pas explicitement les syndromes myélodysplasiques qui ont probablement précédé les leucémies aiguës myéloïdes, mais les myélodysplasies étaient alors classées avec les leucémies aiguës myéloïdes ou les leucémies myéloïdes chroniques. Toutefois, l'analyse des cas de leucémies aiguës myéloïdes qui ont été décrits avec précision montre qu'ils étaient très souvent précédés d'une phase de syndromes myélodysplasiques ; de plus, dans certaines observations étiquetées leucémies aiguës myéloïdes, la blastose médullaire était en fait réduite, ce qui se traduirait aujourd'hui par une classification en tant qu'anémie réfractaire avec excès de blastes.

Dans le cadre de leur exposition professionnelle, l'excès de risque de leucémies et plus particulièrement de leucémies aiguës myéloïdes a bien été décrit chez les radiologues et manipulateurs radio [19-21]. En revanche, les nombreuses études menées dans l'industrie nucléaire depuis 1985 n'ont pas montré d'excès de mortalité par leucémie chez les salariés [22-26], à l'exception de celle de Wing [27] à Oak Ridge (États-Unis), en 1991, qui montre un ratio standardisé de mortalité (SMR) significatif à 163 (toutes leucémies confondues). Dans les études cas-témoins portant spécifiquement sur les syndromes myélodysplasiques, West et al. [17], montrent chez les cas un excès d'exposition professionnelle aux radiations ionisantes à faible dose (moins de 10 heures et à faible niveau d'exposition): 15 cas pour 7 témoins, le Odds ratio (OR) n'est toutefois pas significatif : OR = 2,14 (IC à 95 % = 0,82-5,79), et cette tendance n'est pas confirmée pour les niveaux d'exposition supérieurs.

- Exposition aux radiations non ionisantes

Les champs électriques et magnétiques ont également fait l'objet de controverses dans le débat sur leur responsabilité dans la survenue de leucémie notamment chez l'enfant [28-31]. Pour les populations professionnellement exposées aux champs électromagnétiques de basses fréquences, les nombreuses études bien que souvent contestées sur le plan méthodologique (petits effectifs, pas de prise en compte de l'exposition à d'autres facteurs cancérogènes) ont montré une tendance à l'augmentation du risque de leucémie, en particulier de leucémies aiguës myéloïdes [32-35]. L'étude franco-québécoise de Thériault et al. [36] portant sur plus de 220 000 employés de compagnies d'électricité montrait un risque accru de leucémies aiguës myéloïdes pour des expositions cumulées supérieures à la médiane (soit 3,1m Tesla x années) avec un Odds ratio pour la leucémie aiguë myéloïde égal à 3,15 (IC 95 % 1,2-8,27). Aucune donnée comparable n'est encore disponible pour les syndromes myélodysplasiques. Pourtant, West et al. [17] dans leur étude cas-témoins montrent chez les patients atteints de syndromes myélodysplasiques un excès modéré et non significatif d'exposition aux radiations non ionisantes (au plus haut niveau d'exposition): ligne à haute tension : OR = 1,88 ; (IC à 95 % = 0,75-4,82), transmission radio: OR = 3 (IC à 95 % = 0,75-13,94), micro-ondes et radar : OR = 4 (IC non précisé). En regroupant les expositions aux radiations ionisantes et non ionisantes, ce qui peut paraître critiquable, ces auteurs trouvent une relation significative avec la survenue de syndromes myélodysplasiques : OR = 2,05 (IC à 95% : 1,15-3,68) pour les expositions moyennes et OR = 2,25 (IC à 95 % : 1,10-4,70) pour les expositions plus importantes.

- Expositions aux agents chimiques

Ce sont les solvants qui ont été le plus souvent incriminés dans la survenue de leucémies, en particulier dans l'industrie de la chaussure (solvant des colles), de la peinture, du caoutchouc. Les études cas-témoins sur les syndromes myélodysplasiques suggèrent une relation entre certains types de solvants ou d'hydrocarbures et la survenue de syndromes myélodysplasiques. Pour Farrow et al. [37], l'exposition aux gaz et vapeurs de pétrole ainsi qu'au pétrole liquide est plus fréquente chez les cas (p <0,01). Pour West et al. [17] le Odds ratio pour les dérivés halogénés (anesthésiants, solvants de nettoyage à sec, solvants chlorés, agents dégraissants) est de 2,17 (IC 95 % = 1-4,5) pour des expositions importantes (plus de 2 500 heures et forte intensité d'exposition). Inversement, Goldberg et al. [11] dans son étude sur 52 cas de syndromes myélodysplasiques et 52témoins montrent une exposition aux solvants plus fréquente chez les témoins (9/21) que chez les cas (5/24) (p=0,089). Vineis et al. [38] dans leur étude descriptive portant sur 11cas de syndromes myélodysplasiques (anémie réfractaire et anémie réfractaire avec excès de blastes) retrouvent une exposition aux solvants certaine ou possible dans 5 cas sur 11. Enfin dans une étude personnelle récente (manuscrit en préparation), portant sur 204 patients atteints de syndromes myélodysplasiques et 408témoins appariés sur le sexe et l'âge, nous retrouvons également que les patients ont été plus souvent que les témoins professionnellement exposés aux solvants (43 cas/60 témoins) : OR (en analyse appariée) = 1,7 (IC à 95 % = 1-2,9).

L'effet aplasiant du benzène est connu depuis 1897. Certains cas « d'aplasie » qui ont été décrits correspondaient en fait très vraisemblablement à des syndromes myélodysplasiques. L'effet leucémogène du benzène n'a été évoqué que plus tardivement [39, 40]. Ce sont surtout des leucémies aiguës myéloïdes qui ont été décrites, mais elles comportaient généralement une phase préleucémique associant anémie, leucopénie et thrombopénie avec une moelle normo- ou hypercellulaire ou une infiltration blastique partielle, autant d'arguments suggérant qu'un syndrome myélodysplasique avait précédé la survenue de la leucémie aiguë myéloïde [41, 42]. Le temps de latence moyen d'apparition est de 10 ans après l'exposition. Différentes études [39, 40, 43] concluent que les niveaux moyens d'exposition responsables de syndromes myélodysplasiques et leucémies aiguës myéloïdes sont supérieurs à 10 ppm. Il n'est toutefois pas exclu que des expositions répétées à la dose de 1ppm ne montrent un excès de risque significatif. Le benzène étant un toxique cumulatif, une relation dose-effet a été rapportée entre exposition cumulée au benzène et la survenue de leucémies aiguës myéloïdes dans une cohorte de travailleurs de l'industrie du caoutchouc (Pliofilm) ; cette relation déjà évoquée par Rinski et al. [44], a été plus récemment confirmée par Wong [45] : pas d'excès de risque en dessous de 200 ppm-année (SMR = 0,91) mais augmentation entre 200 et 400 ppm-année (SMR = 27,21) pour atteindre SMR = 98,37 à plus de 400ppm-année (p < 0,01).

D'autres solvants ont pu être incriminés, surtout les homologues supérieurs du benzène : toluène et xylènes [42]. Il semble toutefois que les cas décrits soient imputables aux impuretés de benzène présentes dans les mélanges de solvants.

En 1993, Jakobson et al. [46] retrouvaient entre 1971 et 1984 à partir du registre des cancers suédois (population suédoise de référence en 1970 = 3308444 personnes de 20 à 64 ans), 10 cas de leucémies aiguës myéloïdes chez des pompistes masculins contre 2,8attendus (SMR = 3,6 ; IC à 95 % : 1,7-6,6). L'un d'entre eux au moins avait connu une phase préleucémique. Les auteurs précisent que l'essence, en Suède, contient comme aujourd'hui encore en France 3 à 5 % de benzène.

Les éthers de glycol sont largement utilisés depuis les années 70, tant sur le plan professionnel que domestique. En expérimentation, on connaît l'effet hémolytique du butyl-glycol, moins probable chez l'homme dont le globule rouge est moins sensible à la formation d'acide butoxyacétique. Par contre, l'effet hypoplasiant du méthyl et de l'éthyl glycol et de leurs acétates est décrit depuis 1936. L'effet leucémogène des éthers de glycol a été suspecté plus récemment à partir de quatre observations décrites par Mantelet [47].

Hours et al. [48] dans leur étude cas-témoins n'ont cependant pas montré de surexposition des patients atteints de leucémies aiguës myéloïdes aux éthers de glycol, pas plus que West et al. [17] pour les syndromes myélodysplasiques. Ces derniers auteurs ne s'intéressent cependant qu'à l'éthylène glycol.

L'oxyde d'éthylène, utilisé dans la production des éthers de glycol et pour la stérilisation du matériel médical est un puissant agent alkylant. Dès 1979, Hogstedt et al. [49] rapportent plusieurs cas de leucémies myéloïdes chez des travailleurs exposés à ce produit. Seules trois des nombreuses enquêtes qui leur ont succédé ont montré un excès de décès par leucémie. Shore et al. [50] dans une récente métaanalyse a conclu à l'absence d'excès de risque significatif de leucémie OR = 1,06 (0,7-1,5). Il y fait tout de même ressortir, parmi les leucémies, la prépondérance des cas de type myéloïde. La responsabilité de l'oxyde d'éthylène dans les différentes études peut également être controversée du fait de l'exposition à d'autres substances cancérogènes.

L'excès d'hémopathies malignes est souvent rapporté dans le milieu agricole. Bien qu'il s'agisse le plus souvent de lymphomes, des leucémies aiguës myéloïdes ont également été rapportées. Ainsi, Richardson et al. [51] recensent-ils plus de patients (8) que de témoins (5) agriculteurs (OR = 4,6 ; p = 0,011) dans leur étude cas-témoins sur les leucémies aiguës (185 cas et 513 témoins appariés sur le sexe, l'âge, le lieu de résidence).

Nous n'avons pas retrouvé d'étude de mortalité portant sur le milieu agricole, qui dissocie les syndromes myélodysplasiques des autres hémopathies. Dans leurs enquêtes cas-témoins sur les syndromes myélodysplasiques, Nisse et al. [52] montrent un excès non significatif d'agriculteurs chez les cas (22 patients atteints de syndromes myélodysplasiques pour 13témoins) (OR = 1,89 ; IC = 0,89-3,93) et West et al. [14] ne retrouvent pas d'excès d'agriculteurs parmi les patients atteints de syndromes myélodysplasiques (21 patients pour 33 témoins) (OR = 0,57; IC = 0,29-1,09). En revanche, dans notre étude personnelle (manuscrit en préparation) sur 204 cas et 408témoins, significativement plus de patients que de témoins ont exercé au moins pendant 6 mois un métier agricole (29 patients, 33 témoins appariés, OR = 2,1 ; IC à 95 % = 1,1-3,9 ; analyse appariée).

Il semble très difficile, dans les études humaines, de déterminer précisément dans l'exercice agricole les produits potentiellement responsables ; en effet, ils sont extrêmement nombreux, et les données sur leur toxicité à long terme sont généralement assez limitées. Ainsi a-t-on d'abord incriminé les pesticides. Goldberg et al. [11] trouvent une exposition plus fréquente aux pesticides (insecticides d'intérieur ou d'extérieur, produits de traitement du bois, fongicides) chez les patients de leur étude atteints de syndromes myélodysplasiques (17/24) par rapport aux témoins (6/21) (p = 0,002) ; toutefois, seulement 1 patient et 1 témoin avaient été exposés professionnellement. Les autres études cas-témoins ne confirment pas ces données [17, 37, 52].

D'autres étiologies ont pu être évoquées, les engrais et les poussières de céréales [52], les solvants des pesticides, les risques bactériologiques, viraux, mycosiques...

Un important facteur extraprofessionnel est souvent mentionné dans les études sur les leucémies. Il s'agit du tabac. Brownson et al. [53], en reprenant 11 études prospectives et 11 études cas-témoins dans le cadre d'une métaanalyse, ont estimé que pour les leucémies aiguës myéloïdes, le risque attribuable au tabagisme était de 17 %. Dans leur étude sur les syndromes myélodysplasiques, West et al. [17] ne retrouvent pas d'excès significatif de fumeurs parmi leurs cas : (72 % de fumeur ou ex-fumeur chez les patients, et 69 % chez les témoins ; OR = 1,16 (IC à 95 % = 0,8-1,6)).

Alors que Nisse et al. [52] rapportent un nombre significativement plus important de fumeurs chez les patients atteints de syndromes myélodysplasiques : 59 % contre 44 % chez les témoins. OR = 1,83 (IC à 95 % = 1,04-3,2). Le benzène qui fait partie des composants de la fumée de tabac pourrait être l'un des facteurs responsable.

Enfin, d'autres facteurs ont montré de façon isolée une relation avec la survenue de syndromes myélodysplasiques : l'ammoniac pour Farrow [37], les poussières minérales pour Nisse [52], les métaux et en particulier le cuivre pour West [17]. Toutefois, ces relations devraient être confirmées par d'autres auteurs pour être prises en considération.

CONCLUSION

Les données épidémiologiques spécifiques des syndromes myélodysplasiques sont encore rares et méritent d'être développées. La responsabilité des agents alkylants, du benzène, des radiations ionisantes est admise dans la survenue des syndromes myélodysplasiques. D'autres facteurs, rapportés par certains auteurs, tels que la tabagisme, l'exposition aux pesticides ou à des solvants autres que le benzène, semblent constituer des pistes de recherche intéressantes.

Même si la relation entre certains xénobiotiques est suspectée, le mode d'action de ces produits, les modalités d'exposition au risque en terme de niveaux et de durée restent souvent méconnus.

L'analyse univariée des facteurs telle qu'elle est le plus souvent pratiquée dans les études n'est pas satisfaisante, dans la mesure ou la genèse des syndromes myélodysplasiques comme celle d'autres affections est probablement multifactorielle. Ainsi, dans la survenue d'un effet toxique, en plus de l'interaction ou de l'action complémentaire de plusieurs nuisances entre elles, s'ajoute l'aspect génétique qui rend différent chaque individu dans sa réponse vis-à-vis d'un facteur extérieur, tel que les polymorphismes responsables d'activités enzymatiques différentes et de pouvoir de détoxification, variable selon les personnes. La prise en compte de tous ces facteurs complique considérablement le traitement et l'interprétation des données. Seule une meilleure connaissance et compréhension du rôle de chacun de ces paramètres pourrait conduire à la maîtrise des risques liés aux expositions professionnelles ou environnementales et à la prévention des affections qui en sont la conséquence.

REFERENCES

1. Aul C, Gatterman N, Schneider W. Age-related incidence and other epidemiological aspects of myelodysplastic syndromes. Br J Haematol 1992 ; 82 : 358-67.

2. Radlung A, Thiede T, Hansen S, CarlssonM, Engquist L. Incidence of myelodysplastic syndromes in a Swedish population. Eur J Haematol 1995 ; 54 : 153-6.

3. Williamson PJ, Kruger AR, Reynolds PJ, Hamblin TJ, Oscier DG. Establishing the incidence of myelodysplastic syndrome. Br J Haematol 1994 ; 87 : 745-6.

4. Cartwright RA. Incidence and epidemiology of the myelodysplastic syndromes. In : Multi GJ, Galton DAG, eds. The myelodysplastic syndromes, Edinburgh : Churchill Livingston, 1992: 23-31.

5. Fenaux P, Nisse C, Declercq C, Preudhomme A, Preudhomme C, Grahek D, Bauters F, Haguenoer JM. Registre des myélodysplasies dans la région Nord-Pas-de-Calais. Bilan au 01/12/92. Rapport de l'Observatoire Régional de La Santé du Nord-Pas-de-Calais, 1992.

6. Flandrin G. Classification of myelodysplastic syndroms in clinical practice : frequency of subtypes in myelodysplastic syndroms. Schmalzl F, Multi GJ, eds. New York : Springer Verlag.

7. Reizenstein P, Dabrowski L. Increasing prevalence of the myelodysplastic syndrome : an international delphi study. Anticancer Res 1991; 11 : 1069-70.

8. Wegelius R. Preleukemic states in children. Scand J Haematol 1986 ; 36 (suppl. 45) : 133-9.

9. Fenaux P, Preudhomme C, Estienne MH, Morel P, Laï JL, Gardin C, Jouet JP, Bauters F. De novo myelodysplastic syndromes in adults aged 50 or less. A report on 37 cases. Leukemia Research 1990 ; 14 : 1053-9.

10. Fenaux P. Myelodysplastics syndromes. Hematol Cell Ther 1996 ; 38 : 363-80.

11. Goldberg H, Lusk E, Moore J, Nowell PC, Besa EC. Survey of exposure to genotoxic agents in primary myelodysplastic syndrome. Correlation with chromosome patterns and data on patients without haematological disease. Cancer Res 1990 ; 50 : 6876-81.

12. Ciccone G, Mirabelli D, Levis A, GavarottiP, Rege-Cambrin G, Davico L, Vineis P. Myeloid leukemias and myelodysplastic syndromes : chemical exposure, histologic subtype and cytogenetics in a case-control study. Cancer Genet Cytogenet 1993 ; 68 : 135-9.

13. Darby SC, Doll R, Gill SK, Smith PG. Long term mortality after a single treatment course with X rays in patients treated for ankylosing spondytitis. Br J Cancer 1987 ; 55 : 179-90.

14. Boice JD, Blettner M, Kleinerman RA, Stovall M, Moloney WC, Engholm G, Austin DF, Bosch A, Cookfair D, Krementzie T. Radiation dose and leukemia risk in patients treated for cancer of the cervix. J Natl Cancer Inst 1987 ; 79 : 1295-311.

15. Linos A, Gray JE, Orvis AL, Kyle RA, O'Fallon M, Kurland LT. Low dose radiation and leukemia. N Engl J Med 1980 ; 302 : 1101-5.

16. Evans JS, Wennberg JE, McNeil BJ. The influence of diagnostic radiography on the incidence of breast cancer and leukemia. N Engl J Med 1986 ; 315 : 810-5.

17. West R, Stafford DA, Farrow A, Jacobs A. Occupational and environmental exposures and myelodysplasia : a case-control study. Leukemia Research 1995 ; 19 (2) : 127-39.

18. Anderson M, Carstensen B, Visfeldt J. Leukemia and other related hematological disorders among Danish patients exposed to thorotrast. Radiat Res 1993 ; 134 : 224-33.

19. Smith PG, Doll R. Mortality from cancer and all causes among British radiologists. Br J Radiol 1981 ; 54 : 182-94.

20. Matanoski GH. Risk of cancer associated with occupational exposure in radiologists and other radiation workers. In : Burcxhenal JH, Oettgen HF, eds. Cancer achievement, challeng and prospects for 1980. New York : Grune and Stratton, 1981 : 241.

21. Wang J, Boice JD, Inskip PD. Leukemia among medical diagnostic X ray workers in China. Proceedings of the Chinese Academy of medical sciences and the Peking union medical college 1990 ; 5 : 194-9.

22. Beral V, Inskip H, Fraser P, Booth M, Caleman D, Rose G. Mortality of employees of the United Kingdom atomic energy authority 1946-1979. Br Med J 1985 ; 291 : 440-7.

23. Beral V, Fraser P, Carpenter L, Booth M, Brown A, Rose G. Mortality of workers of the atomic weapons establishment 1951-1982. Br Med J 1988 ; 297 : 755-70.

24. Smith PG, Doouglas A. Mortality of workers at the Sellafield plant of British nuclear fuels. B Med J 1976 ; 293 : 845-54.

25. Checkoway H, Pearce N, Crawford-BrownDL, Cragle DL. Radiation doses and cause specific mortality among workers at a nuclear materials fabrication plant. Am J Epidemiol 1988 ; 127: 255-66.

26. Wilkinson GS, Tietjen GL, Wiggs LD. Mortality among plutonium and other radiation workers at a plutonium weapons facility. Am J Epidemiol 1987 ; 125 : 231-50.

27. Wing S, Shy CM, Wood JL. Mortality among workers at Oak ridge national laboratory. J Am Med Assoc 1991 ; 265 : 1397-402.

28. Fechting M, Ahlbom A. Magnetic fields and cancer in children residing near Swedish high voltage power lines. Am J Epidemiol 1993 ; 138 : 467-81.

29. Olsen JH, Nielson A, Schulgen G. Residence near high voltage facilities and risk of cancer in children. Br Med J 1993 ; 307 : 891-5.

30. Verkasalo PK, Pukkala E, Hongistom Y, Valjus JE, Jarvinen PJ, Heirkkila KV, Koskenvuo M. Risk of cancer in Finnish children living close to power lines. Br Med J 1993 ; 307 : 895-9.

31. Li CY, Thériault G, Lin RS. Residential exposure to 60-Hertz magnetic fields and adult cancers in Taiwan. Epidemiology 1997 ; 8 : 25-30.

32. Savitz DA, Calle EE. Leukemia and occupational exposure to electro magnetic fields : review of epidemiologic surveys. J Occup Med 1987 ; 29 : 47-51.

33. Ahlbom A. A review of the epidemiologic literature on magnetic fields and cancer. Scand J Work Environ Health 1988 ; 14 : 337-45.

34. Theriault G. Electromagnetic fields and cancer risks. Rev Epidemiol Sante Publique 1992 ; 40 : S55-62.

35. Knave B. Electric and magnetic fields and health outcomes - an overview. Scand J Work Environ Health 1994 ; 20 special issue : 78-89.

36. Theriault G, Goldberg M, Miller AB, Armstrong B, Guenel P, Deadman J, Imbernon E, Tot Chevalier A, Cyr D, Wall C. Cancer risks associated with occupational exposure to magnetic fields among electric utility workers in Ontario Lud Quebec Canada and France 1970-1989. Am J Epidemiol 1994 ; 139 : 550-72.

37. Farrow A, Jacobs A, West RR. Myelodysplasia, chemical exposure and other environmental factors. Leukemia 1989 ; 3 : 33-5.

38. Vineis P, Avanzi GC, Giovinazzo B, Ponzo G. Cytogenetics and occupational exposure to solvents : a pilot study on leukemias and myelodysplastic disorders. Tumori 1990 ; 76 : 350-2.

39. Aksoy M, Erden S, Dincol G. Types of leukemia in chronic benzene poisoning : a study in 34 patients. Acta Haematol 1976 : 55-65.

40. Vigliani EC. Leukemia associated with benzene exposure. Ann NY Acad Sci 1976 ; 271: 143-51.

41. Aksoy M. Benzene as a leucemogenic and carcinogenic agent. Am J Ind Med 1985 ; 8 : 9-20.

42. Brandt L. Exposure to organic solvents and risk of haematological malignancies. Leukemia Research 1992 ; 1 : 67-70.

43. Rinsky RA, Young RJ, Smith AB. Leukemia in benzene workers. Am J Ind Med 1981 ; 2 : 217-45.

44. Rinsky RA, Smith AB, Hornung R, Filloon TG, Young RG, Okun AH, Landrigan PJ. Benzene and leukemia, an epidemiologic risk assessment. N Engl J Med 1987 ; 316 : 1044-50.

45. Wong O. Risk of acute myeloïd leukemia and multiple myelomia in workers exposed to benzene. Occup Environ Med 1995 ; 52 : 380-4.

46. Jakobson R, Ahlbom A, Bellanger T, Lundberg I. Acute myeloid leukemia among petrol station attendants. Arch Env Health 1993 ; 48: 255-9.

47. Mantelet H. Risques liés à l'exposition professionnelle aux éthers de glycol. Dijon, Thèse pour le Doctorat en médecine, 1990.

48. Hours M, Fevotte J, Ayzac L, Danache B, Bergeret A, Milan JJ, Bonhomme I, Fiere D, Philippe J, Fabry J. Expositions professionnelles et hémopathies malignes : une enquête cas-témoins réalisée à Lyon. Rev Epidemiol et Sante Publique 1995 ; 43 : 231-41.

49. Hogstedt C, Rohlen O, Bernstsson B, Axelson O, Ehrenberg L. A cohort study of mortality and cancer incidence in ethylene production workers. Br J Ind Med 1979 ; 36 : 276-80.

50. Shore RE, Martin JG, Pannette B. Ethylene oxide : an assessment of the epidemiological evidence on carcinogenicity. Br J Ind Med 1993 ; 50 : 971-97.

51. Richardson S, Zittoun R, Bastuji-Garin S, Lasserre V, Guihenneuc C, Cadiou M, ViguieF, Laffont-Faust I. Occupational risk factors for acute leukemia : a case control-study. Int J Epidemiol 1992 ; 21 : 1063-73.

52. Nisse C, Lorthois C, Dorp V, Eloy E, Haguenoer JM, Fenaux P. Exposure to occupational and environmental factors in myelodysplastic syndromes. Preliminary results of a case-control study. Leukemia 1995 ; 9 : 693-9.

53. Brownson RC, Novotny TE, Perry MC. Cigarette smoking and adult leukemia. Arch Intern Med 1993 ; 153 : 469-75.

54. Ido M, Nagata C, Kawakami N, ShimizuH, Yoshida Y, Nomura T, MizoguchiH. A case-control study of myelodysplastic syndromes among Japanese men and women. Leuk Res 1996 ; 20 : 727-31.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]