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Sélection somatique de l'allèle G6PD normal dès le stade de précurseur hématopoïétique pluripotent chez les femmes hétérozygotes pour un déficit sévère


Hématologie. Volume 3, Numéro 2, 197, Mars - Avril 1997, Brèves


Auteur(s) : Dominique Labie

Résumé : Parmi les très nombreux mutants de la glucose-6-phosphate déshydrogénase (G6PD), on a pu individualiser des formes marquées par une anémie chronique chez les hommes hémizygotes. L'étude chez les femmes hétérozygotes de ces formes, désignées comme classe I, a montré dans le globule rouge un biais d'inactivation du chromosome X : les cellules porteuses de l'allèle G6PD normal sont plus abondantes que celles qui sont déficientes. Un travail récent a cherché à déterminer à quel moment de l'évolution s'opérait cette sélection de cellules somatiques [1]. La fréquence de la G6PD mutée a pour ce faire été estimée dans différentes lignées cellulaires hématopoïétiques et non hématopoïétiques, puis comparée à la fréquence d'un ADN témoin méthylé sur le chromosome X inactivé. Le gène codant la sous-unité alpha du récepteur d'androgène humain (HUMARA) a été choisi ; dans ce gène, en effet, un site HpaII correspond au chromosome X inactivé, il y est méthylé ; il est par ailleurs très proche d'une séquence répétée (STR) variable, qui permet donc l'identification des allèles par leur taille. L'exploration a été faite chez des femmes hétérozygotes pour un variant G6PD de classe I et pour la STR HUMARA. Une digestion par HpaII, sensible à la méthylation, précédant l'amplification de la zone STR, permet une évaluation quantitative du mosaïcisme : alors que deux bandes sont d'intensité égale chez les témoins, un allèle l'emporte de beaucoup sur l'autre chez les hétérozygotes G6PD. Après avoir éliminé l'hypothèse d'une instabilité de l'ARNm, le mosaïcisme G6PD a été évalué dans diverses lignées cellulaires. Il a été retrouvé de façon uniforme identique à celui du gène HUMARA dans toutes les cellules hématopoïétiques, réticulocytes, granulocytes, lymphocytes T et B, monocytes et plaquettes. Malgré une expression préférentielle au niveau de la lignée érythrocytaire, cela témoigne d'une sensibilité du déficit G6PD à un stress oxydatif dès le niveau de précurseurs nucléés pluripotents, dont il pourrait sans doute modifier la croissance et/ou la survie. Dans les cellules non hématopoïétiques, en revanche, le mosaïcisme est presque équilibré.

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