|
|
 |
 |
| |
Version imprimable |
Explorations neurophysiologiques et épilepsie en milieu tropical |
Epilepsies. Volume 22, Numéro 2, 151-8, avril-mai-juin 2010, Épilepsie et pathologies tropicales
|
Texte intégral
Summary
|
Auteur(s) : Guy Farnarier, Lamine Gueye |
Résumé : L'électroencéphalographie (EEG) demeure l'outil diagnostique de prédilection en épileptologie. Tout hôpital de référence devrait comporter un local adapté avec au minimum un appareil de vidéo-EEG et pouvoir réaliser des examens sous sommeil. La polygraphie montre les corrélations entre EEG et EMG. EMG et potentiels évoqués sont utiles dans les épilepsies myocloniques. Le climat tropical peut donner des problèmes pour le matériel, la protection est suffisante en institution mais pas en zones rurales. Les préjugés et les croyances peuvent retarder le diagnostic, l'EEG et la prise en charge médicale. Des séances d'information, d'éducation et de communication montrent la possibilité de faire progresser les connaissances des tradipraticiens et de la population. Lorsque les possibilités économiques sont limitées et les besoins sanitaires importants, le matériel d'exploration neurophysiologique n'est pas prioritaire, mais le rapport entre le coût d'investissement et d'utilisation doit être mis en balance avec le coût d'une pathologie non explorée. Les examens doivent cependant être financièrement accessibles aux patients. La fiabilité des explorations neurophysiologiques dépend de la qualité de l'enregistrement et de l'interprétation, ce qui implique une bonne formation à la manipulation du matériel et à la sémiologie de l'EEG corrélée à la clinique. Des formations complémentaires aux cursus médicaux et paramédicaux sont nécessaires telles que des formations de formateurs. Le manque de spécialistes implique la formation des médecins généralistes à la prise en charge des patients épileptiques. Des formations spécifiques pour les manipulateurs en EEG sont souhaitables. Deux facteurs peuvent influer sur l'électrogenèse cérébrale en milieu tropical et donner lieu à des réponses particulières : l'organisation du sommeil et la moindre réponse à la lumière chez les sujets de phénotype mélanique. Dans les grands hôpitaux africains, l'épilepsie représente au moins 50 % des indications de l'EEG. La pathologie tropicale, en particulier les affections parasitaires, peut se traduire par des anomalies à l'EEG, parfois spécifiques. Les crises psychogènes non épileptiques (CPNE) sont souvent prises pour d'authentiques crises d'épilepsie. Différentes stratégies ont été adoptées pour la prise en charge de l'épilepsie en zone rurale : consultations de spécialistes se déplaçant en région, consultations itinérantes. La mise en place de réseaux de médecins généralistes formés au management de l'épilepsie et à l'accès aux médicaments a montré son efficacité. Le niveau des équipements dépend des choix politiques et des priorités retenues, mais le défi principal est d'obtenir la meilleure mise en adéquation entre ce qu'il faudrait faire et ce qu'il est possible de faire en fonction des réalités de terrain. |
Mots-clés : neurophysiologie clinique, EEG, EMG, épilepsie, pays en développement, tropical |
|