ARTICLE
RÉSEAUX NEURONAUX
Réseaux neuronaux en développement
Réseaux neuronaux et imagerie du développement chez
l’homme
C. Chiron
Hôpital Necker-Enfants Malades, Paris, service hospitalier
Frédéric-Joliot, Orsay, INMED, Inserm U29, Marseille
La mesure de la consommation cérébrale régionale du glucose
(CMRGlu) par la tomographie d’émission de positons (TEP) et du
débit sanguin cérébral régional (DSCr) par la tomographie de
simples photons (SPECT) est un moyen d’étudier le développement
fonctionnel des réseaux neuronaux in vivo chez l’homme ainsi
que les relations entre l’épilepsie et le développement cérébral.
Les valeurs de CMRGlu et DSCr dans une région sont en effet
proportionnelles à la fonction synaptique dans cette région. Chez
le sujet normal, CMRGlu et DSCr augmentent rapidement pendant les
toutes premières années de la vie pour atteindre un maximum entre 3
et 8 ans puis rediminuer lentement jusqu’à la fin de la
puberté où ils se stabilisent à la valeur adulte qui reste à peu
près stable jusqu’à la vieillesse. Ce profil d’évolution correspond
précisément à celui du développement de la synaptogenèse
post-natale. Mais ce profil a des particularités selon les régions
du cerveau, avec un gradient droit/gauche et un gradient
postéro-antérieur. Par ailleurs, l’IRM montre que la myéline est
immature à la naissance et atteint sa maturité adulte vers
4 ans.
Ces caractéristiques sous-tendent nombre des relations des
épilepsies de l’enfant avec le développement cérébral telles
que leur incidence plus importante que chez l’adulte et la plus
forte avant 2 ans, l’âge d’apparition précoce des épilepsies
occipitales et tardif des épilepsies frontales, l’asynchronisme
inter et intrahémisphérique des décharges chez le nourrisson, leur
retentissement cognitif précoce, ainsi que la pharmacorésistance et
la tendance à la persistance des crises chez l’enfant jeune.
Réseaux : fondements et
applications
D. Estève LAAS/CNRS Toulouse
La modélisation d’un comportement ou d’un fonctionnement par des
techniques d’apprentissage est une voie prometteuse pour le
développement de systèmes de surveillance, notamment lorsque
l’opérateur humain est impliqué.
Les réseaux de neurones définissent une des approches possibles
sur laquelle de nombreux chercheurs travaillent depuis une
vingtaine d’années. Cette approche peut être efficacement appliquée
à la surveillance multi-capteur et diagnostique par fusion
multi-sensorielle. Elle consiste à d’abord acquérir un modèle
comportemental (empirique) caractérisant le fonctionnement normal
de l’objet à surveiller. Ce modèle est alors mémorisé et comparé,
en temps réel, au fonctionnement courant de cet objet.
Le traitement des écarts est finalement exploité pour
diagnostiquer le changement qui peut être le résultat d’une
évolution interne à l’objet ou de l’intervention des facteurs
d’influence extérieurs.
Les domaines d’application sont nombreux, qu’il s’agisse de
surveiller l’opérateur humain, ou qu’il s’agisse de surveiller et
commander des systèmes techniques.
Nous présenterons deux applications particulières : la
surveillance du conducteur automobile, la surveillance des
personnes âgées ou handicapées à domicile, et tenterons
d’extrapoler ces premiers acquis vers d’autres applications plus
futuristes.
Réseaux neuronaux en
crise
Dynamique des réseaux neuraux dans les épilepsies partielles
humaines
F. Bartolomei
Service de Neurophysiologie clinique et Épileptologie, Inserm
EMI-U 9926, CHU Timone et Université de la Méditerranée,
13385 Marseille Cedex 5
Au cours des crises épileptiques partielles, les structures
cérébrales impliquées émettent des oscillations caractéristiques
qui peuvent entrer en synchronie ou au contraire entraîner une
désynchronie transitoires des rythmes cérébraux habituels. Ces
rythmes physiologiques sous-tendent les processus cognitifs et
émotionnels qui peuvent ainsi être altérés dans une épilepsie
partielle, même à distance du site d’origine de la décharge. Dans
cet exposé nous décrivons un modèle d’organisation des crises
partielles humaines, à travers l’étude des phénomènes de
synchronisation que nous avons menée depuis plusieurs années. Nous
proposons que les crises naissent dans un ensemble de structures
hautement épileptogènes (réseau de la zone épileptogène, RZE)
synchronisant leur activité avant d’émettre des oscillations
rapides qui se désychronisent transitoirement. Dans un deuxième
temps, d’autres structures corticales et sous-corticales sont le
siège de modifications rythmiques plus lentes qui se synchronisent
(réseau de la zone de propagation, RZP). L’émergence d’une
sémiologie clinique dans la crise dépend probablement de ces
phénomènes qui peuvent dans certains cas mimer un fonctionnement
cognitif normal ou au contraire entraîner une rupture profonde dans
le fonctionnement cérébral normal.
Les réseaux neuronaux dans les épilepsies temporales
« plus »
P. Kahane1, P. Ryvlin2
1 Neurophysiopathologie de l’épilepsie et
JE2413, CHU de Grenoble
2 Unité de Neurologie fonctionnelle et
Épileptologie, Hospices Civils de Lyon
Le concept d’épilepsie « temporale plus » (ET +)
est un concept relativement récent, rendu nécessaire par la
constatation qu’un nombre substantiel de patients souffrant d’une
épilepsie dite temporale voient leurs crises persister en dépit
d’une lobectomie temporale standard. Un tel concept suppose que la
décharge épileptique, telle qu’enregistrée au moyen d’électrodes
intracérébrales, affecte simultanément des régions distinctes (mais
interconnectées) de différents lobes d’un même hémisphère. Une
telle situation n’est pas rare, retrouvée chez 20 % de nos
patients considérés initialement comme candidats à une chirurgie du
lobe temporal. Sur la base d’enregistrements SEEG, il semble
possible d’identifier au moins trois grands cadres
d’ET + selon que les décharges, qui compromettent une ou
plusieurs structures du lobe temporal, affectent aussi les
territoires jonctionnels temporo-pariétaux-occipitaux (ET +
postérieures, ETP), les régions insulo-operculaires (ET +
périsylviennes, ETS) et le cortex frontal antérieur
(ET + temporo-frontales, ETF). La sémiologie qui en
résulte se distingue le plus souvent singulièrement de celle
observée dans les crises dites « mésio-temporales » avec
survenue, souvent précoce et prévalente, d’un phénomène de
déviation forcé de la tête et des yeux (ETP), de manifestations
motrices simples faciales ou brachio-faciales (ETS), ou de
comportements moteurs complexes volontiers spectaculaires (ETF).
Cette liste n’est évidemment pas exhaustive car, comme le disent
Jean Talairach et Jean Bancaud (1991), il est clair en effet que,
pour la décharge, le lobe temporal, comme les autres lobes, n’a pas
de limites autres que celles du cerveau.
Réseaux épileptiques et striatum
S. Dupont
Unité d’Épileptologie, Clinique P. Castaigne, Hôpital
Salpêtrière, Paris
Le striatum est une entité anatomique formée par le noyau caudé
et le putamen qui ont une origine embryologique commune. Il joue un
rôle prépondérant dans le circuit des ganglions de la base qui
inclut également la substance noire et le noyau sub-thalamique.
En épilepsie, il existe des arguments tout à la fois
expérimentaux, électro-cliniques et de neuroimagerie pour penser
que le striatum joue un double rôle :
– rôle symptomatogène en tant que site de propagation
privilégié de certaines crises épileptiques : certains
phénomènes dystoniques ou gyratoires critiques seraient ainsi liés
à la propagation de la décharge épileptique au striatum ;
– rôle de contrôle exerçant un effet modulateur sur le
réseau épileptique, notamment par l’intermédiaire de la
neurotransmission dopaminergique.
Il n’existe par contre pas à l’heure actuelle d’arguments
expérimentaux ou cliniques formels suggérant que le striatum puisse
être un site générateur de crises épileptiques.
Le rôle modulateur exercé par le striatum sur les réseaux
épileptiques pourrait ouvrir la porte à de nouvelles perspectives
thérapeutiques : neurostimulation, médications
dopaminergiques, neuroprotection.
Méthode d’analyse des
réseaux neuronaux
Dynamique des réseaux oscillatoires synchronisés à différentes
échelles : des enregistrements EEG intracérébraux à l’EEG/MEG
de surface
O. Bertrand
Inserm U280, Processus mentaux et activation cérébrale,
Lyon
La synchronisation oscillatoire de réseaux neuronaux (dans les
bandes bêta/gamma) est actuellement proposée comme mécanisme de
coopération dynamique entre les régions cérébrales impliquées dans
des processus sensoriels, moteurs ou cognitifs. Ces activités
oscillatoires ont été observées à différents niveaux
d’enregistrement : dans les décharges unitaires, les
potentiels de champs locaux, l’électro-corticogramme et les
électro- et magnéto-encéphalogrammes de scalp. Ces activités
« induites » par une stimulation se distinguent des
réponses évoquées traditionnelles par leur variabilité d’apparition
dans le temps, mais sont toutefois détectables par des méthodes
d’analyse temps-fréquence. Elles peuvent apparaître à différentes
échelles et avec différentes dynamiques temporelles et sont
modulées à la fois par des processus bottom-up et
top-down. Elles peuvent être restreintes à des aires
sensorielles de bas niveau (synchronisation locale) ou distribuées
dans un réseau plus étendu pour des traitements de plus haut niveau
(synchronie à distance). Différents niveaux de synchronisation ont
été observés dans des enregistrements EEG de scalp et EEG
intracrâniens, et plus récemment en MEG, montrant de multiples
foyers bêta/gamma dans les modalités visuelles et auditives,
modulés dans le temps et en amplitude par le stimulus et la tâche
comportementale. La confrontation de ces différents niveaux
d’enregistrement sera discutée.
Analyse des réseaux en TEP et TEMP
F. Semah
SHFJ-CEA, Orsay
L’imagerie fonctionnelle, quelle que soit sa modalité,
tomographie par émission de positons (TEMP), tomographie par
émission monophotonique (TEP) ou imagerie par résonance magnétique
fonctionnelle (IRMf), permet d’explorer de nombreux paramètres du
fonctionnement cérébral, des activations neuronales, au métabolisme
synaptique ou aux constituants de divers systèmes de
neurotransmission. Ces méthodes d’imagerie analysent maintenant de
façon globale le cerveau sans a priori et ainsi permettent
de mettre en évidence des anomalies focales ou régionales ainsi que
les relations éventuelles qui existent entre des zones contiguës ou
à distance les unes des autres.
C’est ainsi que la TEMP a été à l’origine de la description des
relations entre les dystonies des membres supérieurs survenant chez
des patients ayant une épilepsie de la face interne du lobe
temporal et l’implication des noyaux gris centraux, qui fut par la
suite précisée par la TEP. De même, dans ces épilepsies, la TEP
nous a permis de mettre en évidence les relations entre la région
responsable des crises et certaines zones corticales, comme
l’insula, ou sous-corticales, comme le thalamus. Dans d’autres
types d’épilepsies, des anomalies sous-corticales de certains
neurotransmetteurs, comme la dopamine, ont pu être
individualisées.
La TEMP, qui peut fournir une image des modifications du débit
sanguin cérébral pendant la crise, a ouvert la voie de l’imagerie
de la crise et donc du réseau mis en jeu lors ce des dernières.
L’IRMf a également permis l’obtention de ce type de données mais
est, comme la TEP, pour des raisons méthodologiques moins adaptée
que la TEMP à l’imagerie critique. Les données acquises en imagerie
fonctionnelle ont enrichi notre connaissance sur les réseaux mis en
jeux dans les épilepsies ou lors des crises d’épilepsie mais
doivent toujours être associées à de nombreux autres paramètres, au
premier rang desquels la sémiologie clinique et
électroencéphalographique, afin de permettre de bien comprendre
leur signification.
IRM fonctionnelle et EEG dans l’analyse des décharges
épileptiques
J. Gotman
Institut neurologique de Montréal, Université McGill
Il est maintenant possible d’effectuer un enregistrement EEG de
bonne qualité à l’intérieur de la machine d’IRM et ainsi de faire
des mesures d’IRM fonctionnelle (IRMf) en réponse aux décharges
épileptiques intercritiques. Les problèmes techniques pour
l’obtention d’un bon EEG et d’images de qualité sont nombreux mais
surmontables. La méthode d’analyse du signal d’IRMf est encore
incertaine, principalement car la réponse hémodynamique des pointes
est mal connue et paraît variable. Les études publiées récemment
font état de l’existence d’une réponse chez environ 50 % des
malades. La présence de réponse est en partie fonction du nombre de
pointes.
Des améliorations aux méthodes d’analyse nous ont permis
d’obtenir une réponse chez 83 % d’un groupe de 35 malades
ayant une épilepsie temporale. Ces réponses sont le plus souvent
dans le lobe temporal affecté, mais aussi souvent dans la région
homologue controlatérale et fréquemment en dehors du lobe temporal.
Les réponses les plus fréquentes sont des activations, mais les
désactivations sont présentes dans plus de la moitié des cas.
Chez 15 malades ayant une épilepsie généralisée et des
bouffées de pointe-ondes, des réponses sont présentes dans tous les
cas, sous forme d’activations ou désactivations corticales
étendues, autant postérieures qu’antérieures, ainsi que d’une
fréquente activation thalamique.
Ces résultats indiquent clairement que les réponses IRMf ne
correspondent pas toujours à la localisation des décharges EEG.
Elles pourraient représenter l’implication de réseaux plus vastes
que ceux visibles à l’EEG. La présence fréquente de désactivation
reste encore difficile à expliquer dans le contexte d’une décharge
épileptique.
ÉPIFORMATION
Clinique des épilepsies
P. Martinez
CH Montauban
La démarche clinique constitue la première et la plus importante
des étapes qui amènent au diagnostic et à la caractérisation d’une
épilepsie. L’analyse clinique doit être très soigneuse pour
déterminer le traitement et la prise en charge la plus adaptée.
Cette étape est basée sur l’interrogatoire du patient, et surtout
des témoins qui ont pu assister à la crise. Les crises d’épilepsie
sont des événements de survenue brutale, brefs (quelques secondes à
quelques minutes), suivis d’une phase de récupération dite phase
post-critique, plus ou moins prolongée.
Si la décharge épileptique concerne l’ensemble du cerveau, on
parle de crise généralisée ; dans ce cas, le patient présente
une perte de connaissance brutale, avec une phase tonique, suivie
de clonies, et d’un coma post-critique se résolvant
progressivement.
Si la décharge épileptique concerne simplement une région
cérébrale, on parle de crise partielle ; les signes cliniques
peuvent être très différents selon la région concernée. Les types
de crise partielle les plus souvent rencontrés, temporale et
frontale, seront décrits et illustrés par des documents vidéo.
Neuro-psychologie des épilepsies : diagnostic des troubles
cognitifs liés à l’épilepsie
F. Marlats
CHU Rangueil, Toulouse
Les personnes souffrant d’épilepsie se plaignent souvent de
troubles de mémoire, de manques du mot. Une évaluation
neuro-psychologique est un examen essentiel dans la compréhension
du fonctionnement cognitif des personnes souffrant d’épilepsie.
Elle comprend la prise en compte d’informations familiales,
sociales, thymiques, psychiatriques et médicales. Puis, elle passe
à l’administration d’une batterie de tests neuropsychologiques.
L’interprétation des performances obtenues suit des techniques
rigoureuses qui doivent être parfaitement maîtrisées par le
neuropsychologue. Les données des résultats aux tests informent sur
les capacités mnésiques, langagières, attentionnelles,
visuo-constructives, praxiques et exécutives du sujet.
L’observation de déficits, d’habiletés et les informations
recueillies au cours de l’anamnèse permettent de comprendre
efficacement la sévérité de l’atteinte épileptique et d’offrir des
indications sur la localisation du foyer épileptogène. Le suivi
médical et la prise en charge du patient épileptique font
intervenir le diagnostic des troubles cognitifs. L’évaluation
neuro-psychologique préchirurgicale donne des informations
pronostiques sur les risques d’altération neuro-psychologique
postopératoire. L’évaluation neuro-psychologique post-chirurgicale
vérifie l’évolution des capacités cognitives. Les effets d’un
traitement antiépileptique sont aussi observés à l’aide de
l’investigation neuro-psychlogique pour ensuite limiter au maximum
leurs répercussions néfastes sur le fonctionnement cognitif du
patient. Mais encore, le diagnostic des troubles cognitifs peut
déboucher sur des propositions de prises en charges telles que des
séances orthophoniques, de la rééducation neuro-psychologique ou
encore du soutien psychologique.
Principes du traitement des épilepsies
M.-C. Perrier
MECSS, Castelnouvel, Leguevin
La pharmacopée anti-épileptique s’est particulièrement enrichie
depuis 10 ans avec 15 molécules actuellement disponibles
en pharmacie de ville ou hospitalière. Pour autant les stratégies
thérapeutiques obéissent à des lignes de conduite que nous
détaillerons dans l’exposé.
Initier un traitement implique la connaissance de trois
variables :
– la maladie épileptique : type de crises observées,
syndrome épileptique, étiologie ;
– le sujet : âge, pathologies intercurrentes,
contraception, désir d’enfant, troubles psycho-pathologiques
associés...
– l’environnement : profession, scolarité, conduite
automobile...
(Des cas cliniques illustreront mon propos à ce sujet ainsi que
les contraintes propres aux médications en terme d’AMM, de mono ou
polythérapie...)
Prescrire un médicament, c’est informer le sujet sur les effets
attendus, les effets secondaires possibles, la durée du traitement
et les modalités éventuelles d’arrêt du traitement.
Surveiller un traitement, c’est s’assurer de son observance, de
son efficacité mais pas seulement sur les crises (la cognition et
la qualité de vie font partie de la donne), de sa tolérance.
S’interroger régulièrement sur la pertinence du traitement et
l’adapter aux aléas de la vie du sujet.
S’interroger sur un traitement qui ne fonctionne pas en se
posant les bonnes questions.
Telles sont les questions qui seront abordées sans méconnaître
les mesures d’accompagnement d’une maladie particulière dans sa
représentation sociale et son retentissement psycho-affectif.
Ateliers épiformation
Travail : de l’intérêt des réseaux pour optimiser
l’insertion professionnelle
P.-M. Gonnaud
Centre hospitalier Lyon-Sud, Hospices Civils de Lyon,
69495 Pierre-Bénite
Dans un contexte socio-économique tendu, les postes les moins
qualifiés sont aussi les plus fragiles ; or les personnes
porteuses d’épilepsie ont à affronter un triple handicap :
– leur maladie, l’impact des crises et/ou du
traitement ;
– la persistance du caractère stigmatisant de l’épilepsie dans
la population générale, malgré les campagnes d’information et de
sensibilisation ;
– parfois une mauvaise orientation ou une
sous-qualification.
Notre conviction et notre expérience plaident pour la
constitution de réseaux plus ou moins formalisés associant
épileptologues, médecins du travail, Cotorep et organismes
d’insertion. Un « nœud » de réseau, départemental ou
régional, constitué d’une équipe pluridisciplinaire rompue aux
problèmes d’insertion des personnes épileptiques, fonctionne à la
manière d’un centre-ressource pour cette thématique : grâce à
un travail d’information et de sensibilisation auprès des
professionnels, il facilite la mise en lien des différents
intervenants autour de la personne épileptique ; ceux-ci
apprennent ainsi à mieux identifier et connaître les champs de
compétences des autres intervenants, le « circuit » des
patients en est facilité et le chemin vers l’insertion (un peu)
aplani...
Cette prise de connaissance mutuelle nous semble d’autant plus
importante que les règles du jeu des dispositifs d’insertion sont
volontiers mouvantes et qu’il nous semble essentiel, pour des
patients souvent en situation vulnérable, d’éviter des erreurs
(d’orientation professionnelle, mais aussi de modalités
d’accompagnement et de prise en charge) vécues comme autant
d’échecs inutiles et accablants. Enfin, certains parcours s’avèrent
longs, voire usants, pour les patients comme pour les
intervenants : la solidité du réseau permet de se sentir moins
seul et désarmé face à des situations difficiles, et de
« tenir la distance »...
Loisirs et épilepsie : comment gérer qualité de vie,
risques et responsabilités à travers l’expérience de professionnels
institutionnels
M.-C. Perrier
MECSS, Castelnouvel, Leguevin
La deuxième journée mondiale de l’épilepsie avait pour thème
l’intégration du sujet épileptique. C’est dire l’impact de cette
affection particulière dans la vie quotidienne du sujet qui en est
affecté. Quel que soit son âge, le sujet épileptique doit en effet
composer, pour les activités, même les plus élémentaires, avec le
risque, les interdits réels ou fantasmés et le bénéfice.
La MECSS de Castelnouvel accueille depuis 35 ans des
enfants, des adolescents et de jeunes adultes présentant une
épilepsie sévère et des troubles associés de nature
psycho – pathologiques ou déficitaires. Concilier cette
réalité avec qualité de vie et responsabilités a toujours été la
préoccupation des équipes. La confrontation du savoir-faire et des
dispositifs réglementaires, l’approche pluri-disciplinaire ont
permis l’élaboration de procédures. Ces procédures seront exposées
par l’intermédiaire de cas cliniques et ouvriront la discussion que
nous souhaitons interactive. Nous aborderons entre autres, la
redoutable question des activités aquatiques, des sports possibles
avec précaution.
La loi étant ce qu’elle est, seront ensuite discutées la place
et la responsabilité de chacun dans l’autorisation,
l’accompagnement d’une activité en recentrant le propos sur la
notion de citoyenneté du patient, la responsabilité médico-légale
des soignants et autres partenaires.
ATELIERS DE PSYCHOPATHOLOGIE
La parole aux patients : de quelques expériences
d’éducation à la maladie
R. Bobet
Laboratoire de psychologie clinique et de psychopathologie,
Université Paris 5
La qualité des soins dans les maladies chroniques dépend de la
capacité des patients à gérer au quotidien leur maladie, ce qui
nécessite, au-delà des conseils habituels prodigués lors de la
consultation médicale, une véritable éducation du patient.
L’éducation à la maladie, sous la forme de sessions d’information
sur la maladie, de formation à la conduite du traitement ou de
groupes de paroles, non seulement augmente la compliance au
traitement, mais influence de façon positive l’évolution de la
maladie elle-même, comme l’a montré Assal à propos du diabète.
Les buts d’une éducation à la maladie sont de permettre au
patient d’acquérir et de conserver les capacités et les compétences
pour vivre de manière optimale avec sa maladie et d’améliorer ainsi
sa qualité de vie ainsi que celle de sa famille. Il ne s’agit pas
d’offrir une formation ou une culture médicale, mais d’acquérir les
compétences pour gérer au quotidien la maladie et son traitement.
Outre cet apprentissage de nature cognitive, certains programmes
d’éducation à la maladie proposent un soutien psychologique du
patient adulte ou de l’enfant malade et de sa famille. Car au-delà
d’un simple apprentissage, il s’agit de faire face à une maladie au
long cours, posant la question des phases d’acceptation de la
maladie (Assal et Lacroix à propos du diabète par exemple) ou celle
d’un nécessaire « travail de la maladie » (Bobet au sujet
des enfants épileptiques).
L’éducation à la maladie s’adressant à des patients chroniques
pose également la question de la formation du personnel
soignant : un rapport de l’OMS de 1998 propose d’ailleurs
l’expression « d’éducation thérapeutique » du patient. Un
groupe de travail réunissant des médecins, des infirmières, des
éducateurs et d’autres personnels soignants de différents pays
européens, a proposé une définition de « l’éducation
thérapeutique du patient », s’est interrogé sur les aptitudes
que le patient devait apprendre et a décrit le contenu et
l’organisation de plusieurs programmes de complexité
croissante.
En nous référant plus particulièrement à l’enfant, des
programmes d’éducation à la maladie pour les jeunes diabétiques et
leurs parents, des « Ecoles du souffle » pour les enfants
asthmatiques se sont développés, notamment en France.
En ce qui concerne l’épilepsie, une première étude-pilote a été
réalisée par Lewis et son équipe au Medical Center de l’université
de Los Angeles, puis a été appliqué au Chili. Regan et al.
(1993) ont mis au point ce qu’ils appellent un programme de
« récréation thérapeutique », visant à améliorer l’estime
de soi et l’acceptation de la maladie. D’autres expériences
d’éducation à la maladie (Bianchini, 1993, Tieffenberg, 2000...) se
sont développées dans les pays anglo-saxons, nordiques et
européens. Elles seront présentées lors de ces ateliers de
psychopathologie, en insistant sur les convergences et les
différences conceptuelles et méthodologiques. Par contre, à notre
connaissance, il n’existe aucune expérience ou étude publiée sur
cette thématique en France, concernant l’enfant épileptique et à sa
famille. Toutefois, à l’initiative des associations de personnes
épileptiques ou de parents (Éole, Ariane, Arpeije), des groupes de
parole ou des réunions à thèmes ont vu le jour ces dernières
années, répondant à une demande insistante des patients et/ou de
leurs familles. Outre les difficultés d’organisation de ces
groupes, les objectifs des réunions, les cadres de travail mis en
place, les modalités de leur animation, sont extrêmement divers et
manifestent des conceptions divergentes de l’éducation à la
maladie, des besoins et des demandes des patients et de leurs
proches.
Épi-Emploi Insertion : un exemple de prise en charge
psychosociale des épilepsies en région Ile-de-France
B. Gueguen1,2, B.
Piel-Desruisseaux2, F. Odier1, L.
Grosso1
1 Neurophysiologie, Épileptologie, Centre
hospitalier Sainte-Anne, Paris
2 Bureau Français de l’Épilepsie, Paris
<gueguen@chsa.broca.inserm.fr>
Les épilepsies sévères ont un retentissement important sur le
plan psychologique et sur le plan social. La dépression est une
comorbidité psychiatrique fréquente. Les patients épileptiques ont
souvent des perturbations psychologiques avec perte de la confiance
en soi, image négative d’eux-mêmes qui contribuent à la dégradation
de leur qualité de vie. À cela s’ajoutent les conséquences des
difficultés d’insertion sociale et professionnelle. La possibilité
de guérir définitivement des patients épileptiques de longue date
soit avec la chirurgie, soit avec les nouveaux traitements
antiépileptiques, rend plus aiguë encore la nécessité d’une prise
en charge globale des épilepsies sur trois plans : médical,
social et psychologique. Nous rapportons l’expérience menée depuis
2 ans en région Ile-de-France d’une organisation en réseau,
regroupant des compétences variées et complémentaires :
associations de patients épileptiques et leur famille, organismes
spécialisés dans l’insertion professionnelle des personnes
handicapées, consultation médico-psychologique spécialisée en
épileptologie regroupant un neurologue, un neuro-psychologue, un
psychiatre.
Les lois protégeant les personnes handicapées en France ne
suffisent pas à résoudre les problèmes d’insertion des patients
épileptiques. Une approche individualisée est toujours plus
positive car elle permet seule de trouver des solutions adaptées à
chaque cas, ce qui est important pour les épilepsies, les
problématiques se posant à chaque personne étant souvent
particulières du fait de la nature de leur épilepsie, de leur
histoire personnelle. L’expérience menée en région Ile-de-France a
permis de souligner la grande importance de l’accompagnement de la
personne dans la tentative d’insertion et du soutien psychologique
prolongé qui sont les vrais garants du succès de l’action d’aide à
l’insertion.
L’interdisciplinarité dans un hôpital spécialisé :
complémentarité des approches de la psychologie clinique et de la
neuropsychologie
G. Delahaye, V. Laguitton
Centre Saint-Paul-hôpital Henri Gastaut, 300 bd de
Sainte-Marguerite, 13009 Marseille
Nous présenterons brièvement l’évolution historique du Centre
Saint-Paul, devenu hôpital Henri Gastaut en 1998. Son ancien statut
de MECSS a été modifié pour devenir en 1994 un établissement de
court séjour participant au service public hospitalier.
Une convention a été passée avec le service d’exploration
fonctionnelle du CHU de la Timone pour une première phase
d’évaluation de la possibilité d’un traitement chirurgical de
l’épilepsie. Cette nouvelle dimension est venue s’ajouter à un
travail de bilans à visée diagnostique et à un suivi des
traitements médicamenteux, pratiqués dès l’origine dans une
perspective d’approche globale du patient et de sa maladie. Elle a
déterminé, entre autres, la création d’un poste de
neuropsychologue.
Virginie Laguitton (neuropsychologue) et Ghislaine Delahaye
(psychologue clinicienne) présenteront tour à tour les grands axes
de leur travail, les différentes demandes qui leur sont adressées
par l’équipe médicale, paramédicale et par les patients eux-mêmes.
Des vignettes cliniques illustreront, pour certains patients, la
nécessaire articulation de ces approches entre elles et avec les
autres intervenants (médecins, équipe paramédicale, assistante
sociale, rééducateurs extérieurs).
Réinsertion professionnelle pluridisciplinaire et réalité
psychique dans l’épilepsie réfractaire
B. de Toffol
Clinique Neurologique, CHU Bretonneau, Tours
Cette communication rapporte les données recueillies chez des
patients épileptiques examinés à la consultation épilepsie et
travail d’Indre-et-Loire. Cette structure, composée d’un médecin de
la Cotorep, d’un conseiller professionnel et d’un épileptologue, se
réunit avec le patient et sa famille pour discuter des projets de
réinsertion en fonction de la nature de l’épilepsie, du cursus
professionnel antérieur et du degré de handicap reconnu. Deux
profils types peuvent être distingués : le premier correspond
aux patients dont les projets sont réalistes et cohérents, en
adéquation avec le degré de contrôle de l’épilepsie et des
antécédents professionnels. Le second correspond aux patients dont
le projet est irréaliste. Il s’avère que la démarche de réinsertion
professionnelle permet une mesure de la réalité psychique
subjective, c’est-à-dire de la manière dont un sujet perçoit sa
maladie et ses conséquences. L’intérêt de cette approche est
qu’elle est indépendante de l’évaluation psychologique ou
psychiatrique. Deux exemples sont discutés : un projet très en
deça des possibilités théoriques du sujet, en rapport avec une
perception distordue exagérément pessimiste de la situation
médicale en l’absence de syndrome dépressif patent au sens
clinique ; un projet très au-delà des espérances légitimes du
sujet, en rapport avec une surestimation des possibilités offertes
par la consultation épilepsie et travail.
Du neuropédiatre au pédopsychiatre et aux associations
(avantages, inconvénients et précautions)
G. Diebold
Dijon
L’auteur entend décrire rapidement le parcours banal d’un enfant
épileptique d’abord soigné par un neuropédiatre puis adressé
ensuite à un pédopsychiatre, sous le regard parfois critique et en
tout cas de plus en plus puissant des associations. L’impossibilité
pratique de dominer la totalité des connaissances accroît le poids
des « croyances » qui peuvent être mises en concurrence
ou en opposition par les patients, lorsqu’il s’agit d’adultes ou
par leurs parents au sein des associations. Les
« options » face à la connaissance médicale neurologique
et psychopathologique se trouvent ainsi fortifiées et ceci surtout
depuis la loi du 4 mars.
Il paraît nécessaire de ne pas renoncer pour autant aux
bénéfices escomptés de l’idée de réseau, mais cela nécessitera de
repenser l’articulation entre les différents acteurs. L’auteur
compte illustrer ce point de vue par une ou plusieurs situations
cliniques.
JOURNÉE JEAN-BANCAUD
Ataxie épisodique associée à des convulsions néonatales
bénignes
G. Daquin, C. Dravet, N. Villeneuve
Hôpital Henri Gastaut, Marseille
A.P., 12 ans, a présenté plusieurs épisodes convulsifs
entre le 3e et le 21e jour de vie. Le bilan
étiologique était négatif. L’enfant s’est développée normalement
ensuite. A partir de 19 mois, des épisodes paroxystiques à
type de « troubles de l’équilibre et de mouvements
saccadés » durant 1 à 2 minutes ont débuté. Ils ont
persisté malgré plusieurs traitements anti-épileptiques. La maman
d’A.P. a présenté les mêmes troubles jusqu’à sa première grossesse,
ils ont ensuite disparu. En 2004, nous avons pu enregistrer un
épisode et évoquer le diagnostic d’ataxie épisodique de type 1
(EA1). L’étude génétique est en cours.
L’EA1 est une affection neurologique rare, familiale, de
transmission autosomique dominante. Dans sa forme la plus
caractéristique, elle associe de brefs épisodes d’ataxie
cérébelleuse et des myokimies. Il n’y a aucun déficit neurologique
permanent. Une dizaine de mutations différentes ont été retrouvées
sur le gène responsable, KCNA1, qui code pour la sous-unité alpha1
d’un canal potassique voltage dépendant.
L’association d’une EA1 et d’une épilepsie n’est décrite que
dans quatre familles à notre connaissance. De plus, dans notre cas,
il s’agit de convulsions néonatales bénignes qui pourraient
également être liées à une « canalopathie
potassique ».
Syndrome hémiconvulsion-hémiplégie-épilepsie : corrélation
neuropathologique et électro-clinique. Implications
physiopathologiques
S. Auvin1, C.-A. Maurage2, L.
Devisme2, M.-D. Lamblin3, S.
Joriot-Chekaf1, F. Leclerc4, L.
Vallée1
1 Service de neurologie pédiatrique,
2 d’anatomopathologie,
3 de neurophysiologie clinique,
4 de réanimation pédiatrique, CHRU de Lille,
59037 Lille Cedex
Les mécanismes du syndrome hémiconvulsion-hémiplégie-épilepsie
(HHE) restent méconnus. Il s’agit d’une enfant de 17 mois
ayant présenté un état de mal épileptique inaugural responsable du
décès au 5e jour.
Cas clinique et méthodes. Une fille de 17 mois dont
l’histoire de la maladie débutait deux jours avant l’état de
mal épileptique par une fièvre. L’enfant est retrouvée le matin
dans son lit (6 heures sans surveillance) avec une rupture de
conscience et un état de mal clonique hémicorporel gauche. Elle a
reçu comme traitement du diazépam, de la phénytoïne, du
phénobarbital puis du thiopenthal qui a permis l’arrêt de la crise.
Elle était transférée en réanimation pédiatrique. L’EEG montre des
pointes périodiques et des ondes lentes (1 Hz) à prédominance
droite. L’analyse du LCR et le scanner cérébral sont normaux. Au
deuxième jour, l’examen clinique montre une hémiplégie gauche.
L’EEG montre des complexes pseudopériodiques de pointes-ondes à
droite. L’IRM cérébrale au 5e jour montre un
hypersignal homogène de l’ensemble de l’hémisphère droit en T2 et
en séquence de diffusion. A l’EEG au 5e jour existe
une baisse d’amplitude de l’électrogenèse. Au
6e jour, l’enfant présente une hypotension et un
coma aréactif avec disparition des réflexes du tronc cérébral.
L’EEG est plat. Le décès survient au 6e jour. Une
nécropsie était réalisée avec une analyse cérébrale (microscopie
optique, immunohistochimie, amylose, PAS, neurofilament et
microscopie électronique).
Résultats. Les études d’imagerie montrent un œdème
hémisphérique droit. L’étude neuropathologique confirme l’œdème
hémisphérique droit homogène. Il n’y a pas de thrombus, de réponse
inflammatoire cellulaire ou de malformation cérébrale. Il y a des
signes d’atteinte axonale au niveau du thalamus droit. Il
s’agit d’images ovoïdes de rétractions axonales avec
immunohistochimie positive en neurofilament et en PAS.
Discussion. Les anomalies dans les images de diffusion
suggèrent un œdème cytotoxique de l’hémisphère droit. La présence
de cet œdème est confirmée par l’étude anatomopathologique. Cet
œdème est responsable d’un souffrance neuronale. Les anomalies
observées dans le thalamus pourraient induire une dysfonction de la
boucle thalamo-corticale et jouer un rôle dans la survenue de cette
épilepsie. Dans la phase aiguë du syndrome HHE, l’emploi de
traitement anti-œdémateux pourrait donc être indiqué.
Crises atoniques et épilepsie focale pré-centrale chez un
nourrisson traité chirurgicalement
P. Vrielynck, M.-P. Valenti, A. de Saint-Martin, P.
Kehrli, S. Chassagnon, C. Sabourdy, E. Hirsch
Unité d’Épileptologie, Strasbourg
La séméiologie des crises focales frontales est constituée
essentiellement de manifestations motrices positives (tonique,
clonique) chez le nourrisson et rarement hypermotrices. Les crises
motrices négatives, atoniques, sont dans la grande majorité
observées dans des épilepsies généralisées, très rarement décrites
dans les épilepsies focales. Deux aires motrices négatives ont été
identifiées, l’une mésio-frontale en avant de l’aire motrice
supplémentaire, l’autre au niveau du gyrus frontal inférieur. Les
rares cas décrits de crises atoniques focales, ont une
origine mésio-frontale. Nous rapportons le cas d’un nourrisson
présentant des crises focales pré-centrales se caractérisant par
une atonie progressive et massive.
Matériel et méthodes. Nous avons étudié le cas d’un
nourrisson de 24 mois. Des crises focales, prolongées, sans ou
avec généralisation secondaire, ont débuté à l’âge de 6 mois.
Le développement psychomoteur a été marqué par une hypo-motricité
du membre supérieur droit et un retard d’acquisition du langage.
Des enregistrements EEG-vidéo-polygraphiques prolongés ont été
réalisés. L’IRM a montré une malformation du développement
cortical, pré-centrale gauche étendue, « en pince de
crabe ». En raison de la pharmacorésistance, l’enfant a
bénéficié d’une lésionnectomie, avec une disparition des
crises.
Résultats. Quatre crises ont été analysées. La
séméiologie des crises est stéréotypée, caractérisée par un arrêt
de l’activité en cours (phénomène hypomoteur), une hypotonie axiale
(chute lente de la tête et du tronc), une déviation lente des yeux
et de la tête vers la gauche, une rubéfaction. L’EEG inter-critique
met en évidence des anomalies focales fronto-pré-centrales gauches.
L’activité critique impliquait initialement de façon prédominante
la région pré-centrale gauche, accompagnée par une bradycardie
précoce.
Conclusion. Il s’agit de crises atoniques, dont le début
est focal sur la base des anomalies EEG et la présence d’une lésion
pré-centrale. La symptomatologie pourrait résulter d’une
implication précoce de l’aire motrice négative décrite par
Lüders, située au niveau du gyrus frontal inférieur, zone en
rapport étroit avec la malformation du développement cortical.
Épilepsie fronto-centrale pharmaco-résistante : dépression
à long terme du réseau épileptique par stimulation magnétique
transcrânienne répétitive du cortex pré-central
S. Chassagnon1,3, J. Foucher2,3, L.
Minotti4, P. Kahane4, E.
Hirsch1
1 Neurologie, Strasbourg,
2 Psychiatrie, Strasbourg,
3 Inserm 405, Strasbourg,
4 Neurologie, Grenoble
Les épilepsies frontales pharmacorésistantes impliquant le
cortex pré-central (EFPC) font souvent l’objet d’une
contre-indication chirurgicale, en raison du risque d’hémiplégie
définitive. La stimulation directe de la zone épileptogène pourrait
théoriquement avoir un effet anti-épileptique sans déficit
fonctionnel, si on se réfère aux études pilotes réalisées dans le
cas d’épilepsies du lobe temporal.
L’excitabilité du cortex pré-central peut être déprimée de façon
non invasive par la stimulation magnétique transcrânienne
répétitive (SMTr) à basse fréquence.
Méthodes. Un patient de 34 ans a été pris en charge
pour une épilepsie frontale pharmacorésistante cryptogénique se
traduisant par des crises motrices débutant par une brève bouffée
de chaleur ascendante et d’une flexion de la tête vers le bas et la
gauche, constamment suivie d’une prise de posture hypertonique en
abduction-élévation du membre supérieur droit, entraînant une chute
en cas d’orthostatisme ; la fréquence des crises oscillait
entre 20 et 50 accès hebdodamaires, fréquemment subintrants.
L’exploration stéréo-électro-encéphalographique a mis en évidence
une implication étendue du cortex prémoteur et précentral.
L’intervention à visée curative a été récusée en raison du risque
d’hémiplégie.
Une SMTr à basse fréquence de la partie antérieure et dorsale du
gyrus précentral a été effectuée, sous neuro-navigation, à une
intensité correspondant à 100 % du seuil moteur, sous forme de
sessions biquotidiennes d’une durée de 30 minutes,
5 jours consécutifs.
Résultats. L’intensité des crises a transitoirement
diminué sous l’effet de la SMTr. En effet, plus de 50 % des
épisodes critiques « avortaient » durant la semaine de
stimulation et ce, de façon reproductible (2 sessions de SMTr
à 1 mois d’intervalle). Les crises se limitaient alors à la
sensation de chaleur ascendante hypogastrique ou à un bref
mouvement d’élévation du membre supérieur droit de faible
amplitude.
Discussion. Une étude est en cours pour évaluer l’effet
anti-épileptique de la SMTr sur les épilepsies fronto-centrales. La
neuro-navigation couplée à la SMTr constitue une aide précieuse
pour comparer l’effet de la stimulation de cibles différentes
(pré-motrice versus pré-centrale).
Crises versives du cortex rétrosplénial
C. Sabourdy1, P. Kahane2, E.
Hirsch1
1 Hôpital civil, Strasbourg
2 Neurophysiopathologie de l’épilepsie et JE2413, CHU,
Grenoble
Dans la dernière classification de la Ligue internationale
contre l’épilepsie, les crises versives sont définies comme des
épisodes au cours desquels le patient présente, soit un mouvement
conjugué des yeux, soit de la tête ou occasionnellement du corps,
d’un côté. Historiquement, le terme neutre de « version »
avait été utilisé par Gastaut pour décrire un phénomène percritique
de détournement de la tête et des yeux, sans tenir compte du point
de départ de la crise, le bilan ultérieur électroencéphalographique
permettant de classer ce mouvement comme ipsiversif ou adversif, en
fonction de la latéralisation du foyer épileptique.
Parmi les innombrables symptômes observés au cours des crises
d’épilepsie qui peuvent aider le clinicien à circonscrire le foyer
épileptogène, les manifestations versives ne possèdent pas
intrinsèquement une forte valeur localisatrice puisqu’elles ont été
rapportées aussi bien au cours des épilepsies focales
symptomatiques frontales, temporales, pariétales ou occipitales,
qu’au cours des épilepsies focales idiopathiques, voire lors des
généralisations. De même, en ce qui concerne leur valeur
latéralisatrice, certaines études plaident en faveur du caractère
ipsilatéral au foyer épileptique de la version mais d’autres, en
faveur du caractère controlatéral.
Nous avons été amenés à explorer six patients présentant à la
phase initiale ou presque de leur crise, un tableau relativement
pur de version tonique, lente de l’extrémité céphalique, confinant
à la giration, en relation chez cinq d’entre eux avec une lésion de
la partie postérieure du gyrus cingulaire controlatéral. Nous avons
identifié cette région comme étant le cortex rétrosplénial
correspondant aux aires 29 et 30 de Brodmann. Or, récemment, des
études expérimentales chez la souris ont souligné la forte
implication de cette région dans le contrôle des mouvements de la
tête, grâce aux cellules de direction de la tête (head direction
cells).
Nous rapportons particulièrement l’observation de Mr B
atteint d’une épilepsie focale cryptogénique depuis l’âge de
8 ans, caractérisée par deux types de crises. Les plus
fréquentes débutaient par une rupture de contact suivie d’une
déviation lente et tonique des yeux et de la tête vers la gauche.
Suite aux données acquises sur ce type de version avec les patients
précédents, nous avons orienté l’exploration de ce patient vers les
régions postérieures internes droites. Les données issues de la
SEEG ont confirmé l’implication d’une vaste zone pariéto-occipitale
interne et hippocampique droite.
Compte tenu de ces éléments, nous proposons :
– qu’un phénomène de version lente, tonique de l’extrémité
céphalique, confinant à la giration, à la phase initiale d’une
crise d’épilepsie doit faire envisager la région pariétale interne
controlatérale au sens de la version, comme point de départ de la
décharge épileptique ;
– que le cortex rétrosplénial se situe au cœur d’un circuit
fronto-pariétal qui pourrait être à l’origine des mouvements
versifs particuliers que nous avons rapportés.
Versions ipsilatérales précoces dans les épilepsies
frontales
S. Rheims, G. Demarquay, J. Isnard, M. Guenot, F.
Mauguière, P. Ryvlin
Service de Neurologie fonctionnelle et d’Épileptologie,
Lyon
Les versions de la tête et des yeux sont des symptômes fréquents
au cours des crises d’épilepsie d’origine frontale. Alors que les
versions toniques controlatérales au foyer épileptogène sont bien
connues, il existe peu de données concernant les versions
ipsilatérales précoces.
Nous avons étudié 14 patients ayant bénéficié d’une
cortectomie frontale déterminée après un bilan préchirurgical
comportant dans tous les cas une vidéo-électroencéphalographie et
une stéréo-électroencéphalographie pour 13 d’entre eux.
Nous avons constaté une ipsiversion précoce chez 5 patients
(36 %). Dans chaque cas, ce mouvement était régulier, non
forcé, sans caractère tonique. En revanche, sa direction pouvait
varier : oblique vers le bas chez 3 patients, strictement
latérale chez 2 autres. Chez 2 patients, l’ipsiversion
pouvait être suivie d’une version tonique controlatérale pouvant
précéder une généralisation secondaire. Quatre des 5 patients
(80 %) présentaient un foyer épileptogène frontal
antérieur : orbitofrontal ou polaire. Le 5e
souffrait d’un foyer dorsolatéral prémoteur (aire 6).
Nos données indiquent que les versions ipsilatérales précoces
représentent un phénomène sémiologique non rare au cours des crises
frontales, orientant plus particulièrement, bien que de manière non
spécifique, vers les structures frontales antérieures.
Jargon ictal et anomalie morphologique du néo-cortex temporal
postérieur
A. Didelot, J.-P. Vignal, B. M. Braun, H.
Vespignani
CHU de Nancy, Nancy
Nous rapportons le cas d’une patiente âgée de 42 ans qui
présente une épilepsie partielle pharamaco-résistante depuis l’âge
de 16 ans. Les crises, chez cette patiente ambidextre, sont
caractérisées par des bourdonnements d’oreille suivis de
l’apparition d’une modification de la mimique puis d’une activité
verbale constituée d’onomatopées et d’une jargonophasie.
Cette séméiologie a fait évoquer une épilepsie du néo-cortex
temporal postérieur gauche impliquant la région de Wernicke. Le
pattern électro-physiologique a confirmé cette hypothèse
avec des crises débutant en région temporale postérieure gauche.
Les paroxysmes intercritiques sont de localisation identique et la
scintigraphie cérébrale percritique révèle un hypermétabolisme de
cette région.
Une première IRM avait été rendue normale mais cette coïncidence
électro-clinique a permis de mettre en évidence un trouble de la
corticogenèse situé dans la partie postérieure du sillon latéral
gauche et du sillon temporal supérieur gauche soit précisément au
niveau de l’aire de Wernicke. L’anomalie constatée peut en effet
parfaitement rendre compte de la symptomatologie.
L’épilepsie partielle continue peut révéler une cytopathie
mitochondriale
S. Auvin
Service de neurologie pédiatrique, hôpital Roger Salengro,
Lille
L’épilepsie partielle continue est considérée comme un état de
mal épileptique partiel somatomoteur se présentant par une
contraction myoclonique ou clonique d’un groupe musculaire pendant
une période donnée. Elle évolue vers un déficit moteur et une
atrophie corticale. Les étiologies les plus fréquentes sont le
syndrome de Rasmussen et les encéphalites post-infectieuses.
Patients. Trois patients (deux garçons, une fille) ont
débuté leur état de mal partiel myoclonique à 8 mois,
11 mois et 6 ans pour lesquels l’EEG montrait une
dissociation électro-clinique. Le développement psychomoteur
antérieur était jugé normal chez deux des trois patients. L’examen
clinique montrait des signes extrapyramidaux chez les trois
patients. Le diagnostic de cytopathie mitochondriale était suspecté
sur l’analyse des lactates et pyruvates dans le sang et dans le
LCR. Un déficit en complexe I de la chaîne respiratoire était
confirmé par analyse spectrophotométrique sur biopsie musculaire.
L’IRM cérébrale normale initialement évoluait rapidement vers une
atrophie corticale diffuse. Une cytolyse hépatique était noté chez
deux patients.
Discussion. Des cas similaires ont déjà été rapportés
dans la littérature (n = 3). Nous reprenons les
caractéristiques communes de nos patients afin de les distinguer
d’une épilepsie partielle continue « classique ». Le
diagnostic de maladie mitochondriale doit être évoqué dans le cas
d’une épilepsie partielle continue, en particulier lorsqu’il existe
un retard des acquisitions antérieur, des signes extrapyramidaux ou
une atteinte hépatique.
Réseau diagnostique et maladie rare : syndrome de Kuf
(2 observations EEG-vidéo)
L. Vercueil, J.-F. Pellisier, P. Genton
Service d’Explorations fonctionnelles neurologiques, CHU
Grenoble
Le diagnostic de maladies rares et exceptionnelles avec
épilepsie est difficile, consommateur de temps, d’énergie et
d’examens. Le cheminement diagnostique suivi dans deux observations
récentes de maladie de Kuf (forme adulte de céroïde-lipofuscinose)
peut servir d’exemple. L’observation 1 concerne un homme de
41 ans qui a débuté la maladie à 18 ans, avec la séquence
cécité-épilepsie-démence-myoclonies. L’observation 2 concerne une
femme de 39 ans qui a débuté à 32 ans, avec la séquence
myoclonies-épilepsie-démence-troubles visuels. D’autres séquences
sont possibles d’après les données de la
littérature. L’optimisation des procédures diagnostiques
semble devoir passer par la mise en commun, à un échelon national,
des observations concernant les pathologies les plus rares,
afin d’éviter les délais diagnostiques et de recourir le plus
précocement possible aux examens pertinents : ceux-ci peuvent
en effet être représentés, comme dans ces observations, par des
procédures invasives qui doivent faire l’objet d’un consensus au
sein d’un réseau.
Épilepsie et hétérotopie nodulaire périventriculaire
bilatérale : caractérisation du réseau épileptogène selon une
approche multimodale
L. Valton, F. Bartolomei, P. Marquis, F. Wendling, A. Mc
Gonigal, M. Guye, M. Gavaret, J. Régis, P. Chauvel
Service de Neurologie et d’EFN, hôpital Rangueil,
Toulouse
Le traitement chirurgical est rarement efficace chez les
patients souffrant d’une épilepsie partielle pharmacorésistante
associée à une hétérotopie nodulaire périventriculaire bilatérale
(HNPB), posant la question de la détermination de la localisation
de la zone épileptogène, et de ses rapports avec les résections
corticales proposées.
Le but de cette étude a été d’explorer le réseau épileptogène
impliqué au cours des crises épileptiques enregistrées chez un
patient avec HNPB, selon une approche multimodale.
Méthodes. Le patient âgé de 41 ans souffrait de
crises partielles complexes depuis 18 ans, malgré une
polythérapie antiépileptique. Un bilan préchirurgical non invasif,
puis une stéréoélectroencéphalographie (SEEG) ont été réalisés pour
explorer l’hypothèse d’une épilepsie temporale droite et pour
déterminer l’implication respective des structures corticales et
hétérotopiques dans le réseau épileptogène. L’étude du réseau
épileptogène a reposé sur l’analyse des périodes intercritiques, de
la sémiologie électroclinique des crises, des résultats des
stimulations et des potentiels évoqués intracérébraux. Le signal
SEEG enregistré au cours des crises a été analysé par une méthode
de quantification non linéaire pour mettre en évidence les
couplages fonctionnels apparaissant entre les différentes
structures cérébrales au cours des crises.
Résultats. Trois crises spontanées ont été enregistrées,
avec une décharge initiale dans l’hétérotopie (2) ou dans les
structures temporo-mésiales (1). La propagation de la décharge
concernait un large réseau sur l’hémisphère droit qui comprenait
l’hétérotopie, les structures temporo-mésiales, l’insula et des
régions frontales. L’analyse des signaux SEEG au cours des périodes
interictales, après les stimulations, et les résultats des
potentiels évoqués ont retrouvé l’existence d’un vaste réseau
impliquant les structures temporo-mésiales et hétérotopiques.
L’analyse des couplages fonctionnels entre ces structures au cours
des crises a confirmé cette hypothèse, en montrant que les
structures temoporo-mésiales et hétérotopiques exerçaient le rôle
de leader.
Conclusions. Ces résultats suggèrent qu’il existe des
connections étroites entre les neurones de l’hétérotopie
périventriculaire et les neurones corticaux, comme cela a pu être
observé chez l’animal par ailleurs. Cela confirme que ces neurones
font partie d’un vaste réseau épileptogène à l’origine des crises
chez ces patients avec HNPB.
Aggravation d’une épilepsies partielle par carbamazépine et/ou
phénytoïne, avec anomalies IRM transitoires
V. Bourg, C. Lebrun, S. Jeannin, J. Breloin, P.
Thomas
Service de Neurologie, hôpital Pasteur, CHRU de Nice
Observation no 1. Un patient de
33 ans, aux antécédents de médulloblastome (cérébelleux en
1978, récidive frontale en 1987) était hospitalisé en août 2003 à
la suite de plusieurs crises partielles complexes. Il décrivait des
phénomènes sensitifs au niveau du membre supérieur droit suivis
d’une rupture du contact. Le scanner puis l’IRM encéphalique
montraient une image suspecte dans la région pariéto-occipitale
gauche (hypersignal cortical T2, rehaussement par le gadolinium en
T1). Lors de l’hospitalisation, le patient présentait plusieurs
épisodes d’hallucinations visuelles. La vidéo-EEG confirmait le
caractère critique des manifestations. L’ensemble du bilan (étude
du LCR) et la normalisation de l’IRM encéphalique permettaient de
conclure à une origine critique des anomalies morphologiques.
Observation no 2. Un patient de
39 ans suivi depuis 6 ans pour une épilepsie partielle
traitée par carbamazépine était adressé en décembre 2003 pour des
crises épileptiques somato-motrices droites puis gauches
fréquentes. Deux IRM avaient déjà été réalisées et étaient
normales. La posologie de carbamazépine était alors augmentée. Un
bolus de fosphénytoïne IV suivi d’une coprescription de phénytoïne,
350 mg par jour, n’entraîna aucune amélioration. Entre février
et mai 2004, la fréquence des crises continuait d’augmenter pour
atteindre 50 à 60 crises par jour. L’IRM montrait de nombreux
hypersignaux T2 de la substance blanche périventriculaire et
sous-corticale ainsi que des noyaux gris centraux faisant évoquer
le diagnostic de vascularite cérébrale. Un traitement par bolus de
méthylprednisolone IV permettait une amélioration très transitoire.
L’ensemble du bilan réalisé ne retrouvait pas de vascularite
systémique. Dans l’hypothèse d’une aggravation syndromique par la
carbamazépine puis par la phénytoïne, ces thérapeutiques furent
stoppées. Progressivement, une amélioration des crises survint,
corrélée à une disparition des anomalies morphologiques.
Déficit en réseaux inhibiteurs, épilepsie et syndrome de
Down : à propos d’une épilepsie myoclonique sénile
A. Chaanine, A. Eusebio, J. Salas-Puig, P.
Genton
Centre Saint Paul, HHG, 13258 Marseille 09
Les auteurs présentent deux observations vidéo-EEG de patients
trisomiques 21, issues d’une population de 5 cas
semblables : peu après l’installation de signes de
détérioration cognitive de type Alzheimer, apparition de myoclonies
massives évidentes ou parcellaires, plus discrètes, puis de crises
épileptiques généralisées tonico-cloniques. L’évolution se fait,
parallèlement à celle de la détérioration cognitive, vers une lente
aggravation, mais la réponse thérapeutique est satisfaisante
(valproate, piracétam, lévétiracétam, benzodiazépines). Cette
entité encore méconnue s’inscrit, comme les autres formes
d’épilepsie survenant dans la trisomie 21, dans un contexte
particulier de déficience des mécanismes inhibiteurs, qui peut
s’exprimer plus tôt dans la vie de ces patients par des spasmes
infantiles ou des épilepsies réflexes. L’épilepsie myoclonique
sénile de la trisomie 21 représente donc une forme assez
spécifique d’épilepsie dans ce contexte, mais pourrrait également
se rencontrer dans les maladies d’Alzheimer habituelles.
Tableau clinique associant myoclonus segmentaire - dystonie -
crises épileptiques généralisées dans une fratrie :
difficultés diagnostiques
A. Pasnicu1, A. Biraben1, L.
Lazaro2, A. Beauplet1, M.
Verin1
1 Service de neurologie, hôpital
Pontchaillou
2 Service de pédiatrie, hôpital Sud, 35000 Rennes
Cedex
L’objectif de ce travail est de préciser le cadre nosologique
d’un tableau familial inhabituel avec des épisodes de myoclonies
segmentaires accompagnées par une dystonie et des crises
épileptiques généralisées.
Nous rapportons un cas familial, une jeune femme de 22 ans
et son frère de 18 ans, présentant une symptomatologie
identique : début à l’âge de nourrisson des épisodes de
myoclonies segmentaires touchant surtout les yeux et les membres
inférieurs, accompagnés de dystonie segmentaire. La durée de ces
épisodes est variable, entre quelques minutes et plusieurs jours.
Ils se finissent parfois par une crise généralisée tonico-clonique,
surtout si les épisodes de myoclono-dystonie sont longs. Il n’y a
pas de facteur déclenchant mais le stress émotionnel, la lumière
très forte ou les bruits intenses favorisent les malaises. Par
contre, l’arrêt de l’activité et de la parole et l’éloignement de
milieu favorisant améliorent les malaises. L’effet de l’alcool
n’est pas évalué car aucun n’en consomme. L’évolution de la maladie
parait stationnaire.
Il n’y a pas d’antécédent familial similaire, pas d’antécédent
personnel notable et le développement psychomoteur dans l’enfance
s’est fait normalement ; les performances scolaires sont
au-dessus de la normale.
Des nombreuses examens paracliniques ont été réalisés
(biologiques, immunologiques, endocrinologiques, métaboliques,
imagerie cérébrale, enregistrements vidéo-EEG de longue durée) et
multiples essais thérapeutiques ont été faits à la recherche d’une
chanelopathie, d’une maladie métabolique, d’un syndrome
myoclonus-dystonie héréditaire... Malgré ces efforts, le diagnostic
des deux cas reste toujours un sujet de débat.
Réseaux épilepsie et réseaux sommeil : à propos d’une
observation EEG-vidéo d’hamartome hypothalamique diagnostiqué chez
une femme de 66 ans
M. Sarr1, G. Lavernhe2, G.
Daquin1, P. Genton1
1 Centre Saint Paul, HHG,
13258 Marseille 09
2 2 bis rue d’Abon, 05000 Gap
Le syndrome associé aux hamartomes de l’hypothalamus est
classiquement constitué par une puberté précoce et une épilepsie
d’allure frontale ou généralisée symptomatique, avec des crises
gélastiques ou dacrystiques. Nous rapportons l’observation d’une
patiente âgée de 66 ans, qui avait mené une vie normale, avec
des grossesses multiples et une ménopause à l’âge habituel. Le
symptôme principal, existant depuis l’âge de 15 ans, était
représenté par une désorganisation du sommeil nocturne, avec de
nombreux éveils intermédiaires souvent associés à un ricanement ou
à un rire plus franc, et très rarement à d’autres symptômes
plus évocateurs de crises focales complexes. La patiente avait
présenté à l’adolescence des crises focales et
secondairement généralisées diurnes qui avaient été contrôlées
par le traitement. Le diagnostic d’hamartome hypothalamique (HH) a
été facilement confirmé par une IRM cérébrale. L’organisation du
sommeil est fréquemment perturbée dans les HH, surtout chez les
patients présentant des crises s’exprimant plus volontiers pendant
le sommeil, comme nous l’a montré l’analyse détaillée du sommeil de
nuit dans quatre observations récentes. Les crises prenant leur
origine au niveau du mésencéphale perturbent la structure du
sommeil, et les relations entre les circuits du sommeil et le
réseau épileptique pathologique des HH seront discutées.
Épilepsie « frontale » nocturne d’origine
insulaire
P. Ryvlin, L. Minotti, G. Demarquay, E. Hirsch, A.
Arzimanoglou, D. Hoffman, M. Guenot, F. Mauguière, P.
Kahane
Service d’Épileptologie et de Neurochirurgie fonctionnelle de
Lyon, Grenoble, Strasbourg, et Paris (hôpital Robert Debré)
Les épilepsies caractérisées par des crises hypermotrices
nocturnes sont habituellement considérées comme de nature frontale,
en rapport avec une zone épileptogène le plus souvent frontale
interne. Cette hypothèse est renforcée par le caractère familial de
la comitialité, rentrant alors dans le cadre des épilepsies
frontales nocturnes autosomales dominantes. Peu de données EEG
intra-cérébrales ont jusqu’à ce jour permis d’étayer ces hypothèses
chez des patients présentant une forme familiale ou sporadique
cryptogénique de la maladie.
Nous rapportons ici 3 dossiers de patients présentant des
crises hypermotrices nocturnes, évocatrices d’une origine frontale
interne, pour lesquels l’exploration
stéréo-électroencéphalographique effectuée aux centres de Grenoble
et de Lyon, a révélé une participation initiale exclusive ou
prévalente du cortex insulaire dans la genèse de la décharge
épileptique. Deux de ces patients étaient sans antécédent
particulier, alors que le 3e présentait un tableau
d’épilepsie familiale d’allure autosomale dominante. Les crises
avaient débuté entre 3 et 9 ans et avaient évolué vers une
pharmaco-résistance avérée justifiant un bilan préchirurgical. Dans
chaque cas, la sémiologie critique était dominée par des activités
hypermotrices à type de pédalage, de mouvements du bassin et de
retournement du patient. Il s’y associait des cris et des
modifications de l’expression faciale à type de grimaces ou
d’évocation d’un sentiment de peur, sans phase confusionnelle
post-critique. Dans les deux cas sporadiques, la décharge
intra-cérébrale inaugurale était observée au niveau de l’insula
antérieure, droite ou gauche, alors que, dans le cas familial, la
décharge critique prenait son origine de manière simultanée dans
l’insula antérieure gauche et l’opercule frontal ipsilatéral. Dans
tous les cas, la décharge diffusait rapidement vers les structures
frontales internes, dont l’envahissement était concomitant de
l’activité hypermotrice.
Nous concluons que les épilepsies caractérisées par des crises
hypermotrices nocturnes, qu’elles soient de formes sporadique
cryptogénique ou familiale autosomale dominante, peuvent admettre
une zone épileptogène localisée au niveau de l’insula
antérieure.
TEMP critique pour une épilepsie réflexe
« cryptique »
J.-C. Sol, J.-A. Lotterie, M.-C. Perrier, M. Kany, M.
Tiberge, G. Géraud, J. Lagarrigue, C. Mascott, L.
Valton
Hôpital Rangueil, Toulouse
Nous rapportons l’observation d’une jeune femme droitière suivie
depuis 20 ans pour une épilepsie réflexe cryptogénique
pharmaco-résistante. Elle présentait des crises partielles simples
motrices brèves de l’hémicorps gauche depuis l’âge de 6 ans,
parfois déclenchées par un bruit, un contact ou l’extension du
membre supérieur. Les explorations morphologiques cérébrales
(scanner et IRM) réalisées à l’occasion d’aggravations précédentes,
ne montraient pas d’anomalie.
Elle a été hospitalisée pour une aggravation de la fréquence des
crises, compliquée d’une gène motrice d’installation progressive de
l’hémicorps gauche, prédominant au membre inférieur. Le contrôle de
l’imagerie cérébrale a permis de découvrir une hémorragie
pré-rolandique droite au contact du cortex rolandique ;
l’IRM retrouvait un aspect compatible avec un cavernome
sous-jacent, ce qui a conduit à un bilan préchirurgical malgré la
localisation centrale de la zone épileptogène supposée.
L’exploration vidéo-EEG a permis d’enregistrer les crises
habituelles de la patiente. Les crises, pluriquotidiennes
prédominant le matin, étaient caractérisées par un sursaut tonique
puis clonique du membre supérieur gauche, mais également du membre
inférieur gauche et du membre supérieur droit, précédés par une
sensation fugace de bouffée de chaleur. Les données électriques
intercritiques et critiques orientaient vers la région
fronto-centrale mésiale droite. Une tomographie d’émission
monophotonique (TEMP) a pu être réalisée en percritique avec une
injection très précoce du traceur (ECD). L’examen a montré une
hypofixation profonde paramédiane droite correspondant à la lésion
avec une hyperfixation très nette en région centrale supérieure
droite, au contact du bord postérieur de la lésion, comme cela a
été confirmé par le post-traitement (analyse statistique sous SPM
et Siscom). La superposition des images montre un chevauchement des
hyperfixations avec l’activation fonctionnelle motrice de la main
et de la jambe (IRMf).
L’approche chirurgicale reposait sur une lésionnectomie élargie
en fonction des données de l’exploration électrophysiologique
peropératoire. Les zones motrices ont été précisées par stimulation
corticale. L’électrocorticographie retrouvait des paroxysmes sur la
région post-centrale de la main, qui persistaient après exérèse de
la lésion, et qui ont disparu après transsections sous piales de la
région. L’examen anatomo-pathologique a retrouvé un hématome
organisé sans lésion associée identifiable.
L’évolution à un an est globalement favorable avec disparition
progressive des paresthésies de la main gauche et la survenue de
crises rares en contexte de dette de sommeil (Engel IIB).
Ce ne sont pas des spasmes ?
M.-P. Valenti1, P. Vrielynck1, C.
Sabourdy1, S. Chassagnon1, M.
Bourgeois2, C. Sainte-Rose2, A.
Arzimanoglou3, E. Hirsch1
1 Département de Neurologie, Strasbourg
2 Hôpital Necker, Paris
3 Hôpital Robert-Debré, Paris
Les crises frontales pré-centrales peuvent se caractériser par
des crises hypermotrices brèves survenant à la veille et souvent au
cours du sommeil. Les spasmes épileptiques se définissent par des
crises motrices brèves (< 1 sec.) d’intensité
croissante, survenant en salve. Les spasmes épileptiques peuvent
être associés à des crises focales, y compris dans le syndrome de
West. Les réseaux corticaux impliqués dans l’émergence des
symptômes hyper-moteurs des crises frontales commencent à être
élucidés grâce à l’apport des enregistrements S-EEG. La
physiopathologie des spasmes épileptiques est inconnue. Des réseaux
corticaux sous-corticaux pourraient être à l’origine des
spasmes.
Nous rapportons les observations de deux enfants présentant
l’association de crises hypermotrices et de spasmes épileptiques
ayant débuté tardivement après l’âge de 5 ans. Nous avons pu
démontrer dans les deux cas une relation entre les crises
pré-centrales et les spasmes. Un patient a bénéficié d’une
résection fronto-polaire limitée permettant une disparition de
toutes les crises avec un recul de deux ans.
Le résultat favorable de la chirurgie de l’épilepsie dans le
premier cas suggère que les crises précentrales hyper-motrices et
les spasmes épileptiques ont comme substratum deux réseaux
interdépendants. Une approche chirurgicale dans le cas
cryptogénique mérite donc d’être discutée.
Orage épileptique et polyarthrite rhumatoïde
H. Sediri, W. Szurhaj, P. Derambure
Service de neurophysiologie clinique, Hôpital Roger-Salengro,
Lille
Nous rapportons l’observation d’une patiente âgée de
20 ans, hospitalisée dans l’unité d’épileptologie pour une
recrudescence brutale de crises résistantes au traitement
anti-épileptique dans le cadre d’une épilepsie partielle
diagnostiquée deux ans auparavant.
Nous retrouvons dans ses antécédents personnels, la survenue à
l’âge de 12 ans d’une forme sévère de polyarthrite rhumatoïde,
traitée par des corticoïdes et des immunosuppresseurs. La mère
présente un LED traité par Plaquenil®. La description
des manifestations électro-cliniques est évocatrice de crises à
localisation temporo-mésiale gauche. L’IRM cérébrale montre une
anomalie amygdalienne en bonne corrélation avec les données
vidéo-EEG. L’évolution se fera vers une amélioration de l’état
clinique et une disparition des images notées en période d’état de
mal épileptique.
La discussion porte sur l’étiologie de cette épilepsie partielle
symptomatique pharmaco-résistante et le rôle joué par la maladie
inflammatoire et/ou les traitements anti-inflammatoires et
immuno-suppresseurs.
Crises épileptiques, spasmes ou sursauts ?
C. Cancès1, I. Glorieux2,
J.-P. Carrière1, Y. Chaix1
1 Unité de neurologie pédiatrique, hôpital
d’Enfants, CHU Toulouse
2 Unité de néonatologie, hôpital d’Enfants, CHU
Toulouse
En période néonatale, la différenciation entre manifestations
paroxystiques non épileptiques et véritables crises d’épilepsie
n’est pas toujours aisée.
Observation. G. L. présente, dès J1 de vie, l’association
d’une encéphalopathie sévère avec dysmorphie, microcéphalie,
lymphoedème, arthrogrypose et manifestations toniques
pluriquotidiennes parfois de type réflexe. Lors de l’enregistrement
de ces manifestations, seul un aplatissement du tracé est alors
repéré de manière concomitante. Ces épisodes vont se compléter par
l’apparition d’une composante clonique, correspondant sur l’EEG à
la survenue de décharges lentes rythmiques sur un tracé de fond
désorganisé de type « suppression-burst ».
L’évolution à moyen terme reste très péjorative, malgré une
thérapeutique anti-épileptique, sans diagnostic étiologique précis
établi.
Commentaires. Les manifestations paroxystiques non
épileptiques peuvent parfois être d’origine centrale, profonde. La
discussion portera sur les caractéristiques sémiologiques des
événements visualisés (vidéo-EEG) et leur physiopathologie :
crises épileptiques avec une origine profonde ou plus
vraisemblablement phénomènes récurrents de désinhibition du tronc
cérébral.
RÉSEAUX DE SOINS
Expérience du réseau Épilepsie Sud-Est (RESE)
G. Lavernhe, P. Gros, G. Durand et le RESE
2, bis rue d’Abon, 05000 Gap
Le réseau Épilepsie Sud-Est (RESE) a été créé à l’initiative des
neurologues libéraux de la région PACA-Corse en collaboration avec
les médecins hospitaliers particulièrement impliqués dans
l’épileptologie. Il fonctionne pour le moment sous forme d’une
association loi 19001 depuis février 2002. Le RESE a déjà mené
un certain nombre d’actions en terme de formation, recherche
thérapeutique, information du public, contact avec les associations
de patients et avec le réseau Mali.
L’étape ultérieure repose dans un premier temps sur une demande
de Fonds d’Aide à la Qualité de Soins en Ville pour avoir une
reconnaissance officielle de réseau de soins. Dans un deuxième
temps, il nous paraît logique que ce type de réseau puisse être
reconnu en tant que réseau de santé vu les implications multiples
des épilepsies sur la vie sociale, familiale et professionnelle des
patients.
Dans cette communication, nous présentons le réseau, ses actions
réalisées et ses ambitions pour le futur.
Un réseau régional de soins en épileptologie : EPIMIP
L. Valton, F. Formosa, M.-C. Perrier, A. Sempé, C. Cancès,
J.-M. Faucheux, C. Guiraud-Chaumeil, P. Henry, J.-F. Lafontan, B.
Lange, C. Mascott, G. Géraud
pour le Réseau EPIMIP, région Midi-Pyrénées
L’épilepsie est une maladie fréquente, dont la prévalence en
région Midi-Pyrénées a été estimée entre 15 et
20 000 patients. Dans 25 à 30 % des cas, la maladie
est sévère par la répétition des crises et leurs conséquences
physiques et psycho-sociales, les effets iatrogènes, son
retentissement sur la vie familiale, sociale, scolaire et
professionnelle. La prise en charge est complexe et fait appel à de
multiples intervenants. C’est conscient de ces réalités que nous
avons conçu un réseau de soins comme un outil pour améliorer la
prise en charge globale des patients épileptiques de la région
Midi-Pyrénées, avec trois préoccupations principales :
– mettre la personne soignée au cœur du dispositif,
– assurer une continuité de la prise en charge dans le
temps et dans les lieux occupés par la personne
– permettre une réponse pluridisciplinaire de qualité pour les
soins, l’accompagnement, la formation et la recherche.
Les objectifs sont centrés sur la prise en charge des épilepsies
pharmaco-résistantes : identifier les patients qui pourraient
bénéficier d’une chirurgie de l’épilepsie, élaborer en commun des
pratiques professionnelles adaptées dans les domaines diagnostique,
thérapeutique et pour aider à l’insertion socio-professionnelle des
patients, développer l’information et l’éducation des patients,
répondre aux demandes d’information des professionnels de santé.
Ces objectifs ont été définis après évaluation des besoins et des
attentes des patients et des professionnels. Les acteurs du réseau
sont les neurologues traitants, et tous les professionnels de santé
investis dans la prise en charge diagnostique, thérapeutique mais
également socio-professionnelle des patients épileptiques, et les
associations de patients. Après une période de préparation avec le
comité de pilotage nous avons mis en place l’organisation
administrative du réseau et son mode de fonctionnement. Nous
travaillons maintenant à la réalisation des objectifs, et à
l’évaluation du bon fonctionnement du réseau EPIMIP.
Réseau de soins Épilepsies Languedoc-Roussillon :
10 ans d’expérience
A. Crespel, P. Gelisse, M. Baldy-Moulinier
Service Explorations neurologiques et Épileptologie, hôpital
Gui de Chauliac, 80 avenue Fliche, 34295 Montpellier
Cedex 05
Depuis 10 ans, des avancées très importantes dans la prise
en charge des patients épileptiques ont été faites (compréhension
de cette maladie, développement de nouvelles thérapeutiques
médicales et chirurgicales, développement des techniques
radiologiques et d’électro-encéphalographie). Ainsi, un diagnostic
précis, un choix thérapeutique, et un pronostic pour une meilleure
prise en charge de cette pathologie chronique sont effectués. La
prise en charge des patients présentant une épilepsie sévère est
devenue trop complexe pour être assurée seule par un médecin non
spécialisé en épileptologie. En Languedoc-Roussillon, une unité
médico-chirurgicale de l’épilepsie existe depuis 1994 à
Montpellier. Rapidement s’est imposée une demande croissante des
neurologues hospitaliers et libéraux de travail en commun afin
d’analyser et discuster des dossiers pour adopter une prise en
charge commune des patients difficiles. Au fil des années, un
travail collaboratif très concret s’est installé et un véritable
réseau de soins s’est créé. Puis, s’est rajouté un réseau d’analyse
EEG assorti d’avis neurologiques et épileptologiques non seulement
avec les membres du réseau mais aussi avec les centres hospitaliers
ne disposant plus de neurophysiologiste. Enfin les médecins
généralistes et des centres pour patients épileptiques (foyers,
MAS, CAT, etc.) sont venus progressivement rejoindre ce réseau de
soins.
Nous avons d’abord fait le choix d’une convention constitutive.
Nous envisageons maintenant en parallèle de répondre à l’appel à
projets pour le développement des réseaux de santé de l’URCAM et de
l’ARH.
La nécessité de travail en réseau entre le centre
d’épileptologie, les neurologues, les médecins généralistes et des
centres spécialisés est devenue impérative. Ce travail conjoint
permet au patient d’avoir une prise en charge rapidement adaptée
mais aussi globale de son épilepsie et des problèmes inhérents,
aide à sa réinsertion et assure le maintien d’un suivi local.
L’ensemble de ces éléments participe à l’amélioration de la qualité
des soins.
Les réseaux de soins : réseau alsacien dimension
sociale
J. Penot, A. Thibault-Menard, M.-P. Valenti, C. Sabourdy,
S. Chassagnon, A. de Saint-Martin, N. Libbrecht, E.
Hirsch
Strasbourg
Le réseau de soins en Alsace a des objectifs à la fois médicaux
et sociaux.
Les objectifs médicaux correspondent : i) Prise en charge
en urgence des crises épileptiques, ii) Evaluation et prise en
charge médico-chirurgicale des épilepsies pharmaco-résistantes de
l’adulte et de l’enfant. L’organisation et l’activité de ces
filières de soins ont déjà été rapportées au cours des précédentes
JFE. Nous rapportons l’organisation et les résultats d’une prise en
charge en réseau centrée sur les interventions sociales portant sur
l’année 2002.
Patients et méthodes. Cette étude rétrospective, concerne
les patients adressés pour une prise en charge sociale en 2002. Les
demandes de consultation sociale émanent d’un service hospitalier
orienté vers la prise en charge des épilepsies de l’adulte. Les
données démographiques, le type d’épilepsie ont été recueillis.
L’origine des patients (neurologue CHU, neurologue CHG, neurologue
libéral), les motifs de la consultation (suivi social, préparation
à la sortie, accès aux droits scolaires et/ou professionnels, accès
aux soins) et les mesures mises en place (aides à la vie
quotidienne, reconnaissance travailleur handicapé RTH, ALD 30, CMU,
mutuelles, formation scolaire et professionnelle, contact médecin
du travail, allocation adulte handicapé, invalidité, tierce
personne, carte d’invalidité, cure, placement en établissement
spécialisé pour épileptiques) ont été recensés. En 2004, tous les
patients ont été revus et le bénéfice des mesures sociales mises en
route en 2002 a été évalué.
Résultats. 86 patients (39 H/47 F) d’un
âge moyen de 38 ± 19 ans, ont bénéficié d’une prise
en charge sociale. 83 % des patients (71/86) présentent une
épilepsie (48 focale symptomatique dont 77 %
pharmaco-résistante, 8 focale cryptogénique dont la moitié
pharmaco-résistante, 5 généralisée idiopathique, 3 crise
unique, 3 indéterminée, 2 focale idiopathique,
1 généralisée symptomatique).
Le nombre de patients adressés est de 43 (neurologue CHU),
22 (neurologues libéraux), 4 (neurologues CHG).
Les motifs de consultation sociale ont été pour 30 patients
l’accès aux droits scolaires et professionnels, pour
17 l’accès aux soins, pour 14 un suivi social et pour
13 la préparation à la sortie de l’hôpital.
Les moyens mis en jeu lors de la consultation sont :
19 patients (reconnaissance travailleur handicapé RTH ou ALD
30 ou CMU ou mutuelles), 14 (cures), 10 (formation scolaire et
professionnelle), 5 (aides à la vie quotidienne), 3 (placement
établissement spécialisé pour épileptiques), 2 (allocation adulte
handicapé, invalidités), 1 contact avec le médecin du
travail.
En 2004, 14 patients sont entrés dans une filière de
chirurgie de l’épilepsie. 11 patients ont été opérés et les
résultats sont les suivants (8 classe I, 2 classe II,
1 classe IV, classification de Engel). Un patient est décédé
(noyade au cours d’une crise).
Conclusions. Ce travail rétrospectif souligne
l’importance d’un accompagnement socioprofessionnel en milieu
hospitalier pour des patients ayant une épilepsie. La prise en
charge sociale permet d’apporter conseils, soutiens et aides à des
malades souvent fragilisés par ces pathologies parfois invalidantes
pouvant entraîner une désocialisation. Un travail multicentrique
contrôlé prospectif pourrait être mis en place afin de mieux
définir les besoins des patients et l’impact d’une consultation
sociale sur la qualité de vie.
Réseau multidisciplinaire pour la chirurgie des épilepsies de
l’enfant : 10 ans d’expérience
A. Arzimanoglou1, M. Bourgeois1, E.
Hirsch2, P. Kahane3, P. Ryvlin4,
C. Sainte-Rose1 et les équipes des hôpitaux participant
au réseau
1 Paris,
2 Strasbourg,
3 Grenoble,
4 Lyon
Les recommandations récemment publiées par l’ILAE, à propos des
besoins avérés dans le domaine de la chirurgie de l’épilepsie de
l’enfant, font état de chiffres atteignant 4 enfants à opérer
par an et par million d’habitants, soit un besoin annuel de
240 chirurgies de l’épilepsie de l’enfant à l’échelle de la
France. Ces chiffres représentent sans doute une vision minimaliste
de l’appréciation du problème, car ils se fondent sur l’expérience
d’équipes médico-chirurgicales qui ne bénéficient pas de l’atout
important que représentent les enregistrements intracérébraux pour
l’exploration des cas les plus difficiles, et ne prennent pas en
compte les progrès les plus récents de l’imagerie qui permettent là
encore de proposer un geste chirurgical à un plus grand nombre de
patients.
L’activité du réseau multidisciplinaire, créé par Claudio Munari
et Christian Sainte-Rose en 1995 et regroupant aujourd’hui
plusieurs CHU parisiens et de province, permet, par an,
l’évaluation d’au moins 80 cas sélectionnés, dont plus de la
moitié sont effectivement opérés.
En utilisant comme exemple les résultats d’enfants opérés pour
une épilepsie partielle en rapport avec une tumeur
dysembryoplasique neuroépithéliale nous allons présenter les
critères que nous utilisons pour définir la stratégie
pré-chirurgicale, critères forgés au fil des années par les
discussions aux réunions du réseau avec la participation des
différentes disciplines impliquées. A savoir :
1. Dans la très grande majorité des cas d’épilepsie
partielle, la résistance aux traitements médicamenteux est établie
dans la première année d’évolution. La faisabilité d’un geste
chirurgical et le rapport bénéfice/risque doivent donc être évalués
très précocement et par une équipe pluridisciplinaire. Ceci est
particulièrement vrai chez l’enfant dans le but de préserver
l’impact de l’épilepsie sur son développement neuro-cognitif et sa
qualité de vie.
2. Un patient peut être considéré comme candidat à la
chirurgie sans autre investigation préalable quand les critères
suivants sont réunis : i) présence d’une lésion clairement
délimitée par l’IRM ; (ii) parfaite concordance des
manifestations cliniques ictales, décrites par le patient et son
entourage, avec la topographie de la lésion ; (iii) anomalies
EEG interictales concordantes (même lobe que la lésion). Dans cette
configuration, le geste chirurgical consiste en une simple exérèse
de la lésion.
3. Dans toutes les autres situations, l’enregistrement
vidéo-EEG des crises est obligatoire. Une concordance absolue des
corrélations anatomo-électro-cliniques autorise la chirurgie.
L’extension de la résection (simple exérèse de la lésion ;
gyrectomie ; lobectomie standardisée) doit faire l’objet d’une
évaluation sur mesure et consensuelle.
4. Dans les situations où le bilan vidéo-EEG n’est pas
concluant (discordances entre les données anatomiques, EEG et
cliniques) une exploration intracrébrale, notamment SEEG, s’impose.
Elle va permettre de définir l’étendue de la résection sur mesure.
Compte tenu des moyens limités à notre disposition, l’âge du
patient et son développement psychomoteur rentrent en ligne de
compte pour définir l’ordre d’accès prioritaire à cette
investigation de pointe.
Un exemple de réseau de soins en Afrique : le réseau
Action-Recherche sur l’épilepsie au Mali (RARE)
G. Farnarier1, K.
Nimaga2
1 Marseille,
2 Bamako
Dans le cadre d’un programme visant à améliorer l’accessibilité
des populations rurales à des soins médicalisés de qualité au Mali
(partenariat entre l’ONG Santé Sud et l’Association des Médecins de
Campagne du Mali), des action-recherches en réseau concernant la
prise en charge et le suivi de maladies chroniques ont été mises en
place.
Le réseau épilepsie (le premier mis en place) est composé de six
médecins de campagne, choisis parmi ceux qui ont manifesté leur
intérêt pour la prise en charge, le suivi et l’étude de
l’épilepsie. Un médecin « tête de réseau », a reçu une
formation spécifique lui permettant de jouer un rôle de formateur
auprès de ses confrères.
Lors d’un séminaire de formation initiale tenu à Bamako, les
membres du réseau étaient encadrés par un binôme de référents
malien et français les accompagnant par la suite durant toute la
période de l’action-recherche.
Un protocole rigoureux de suivi comporte les étapes
suivantes : le patient est inclus dans l’étude lors de la
première consultation, revu un mois plus tard, puis trois mois plus
tard, et ensuite tous les quatre mois. Des fiches (fiche initiale
et fiches de suivi), comportant un grand nombre d’items
(identification, contexte, antécédents, sémiologie détaillée,
effets du traitement, évolution, etc.) sont remplies à chaque
consultation.
Le principal médicament anti-épileptique utilisé (pour des
raisons économiques et de large spectre d’action) est le
phénobarbital générique.
En plus de la prise en charge de nombreux patients épileptiques,
cette action-recherche doit permettre de recueillir un grand nombre
de données cliniques dans différentes régions du Mali, base d’une
recherche opérationnelle en épidémiologie et en santé publique.
Réseau régional et international de télémédecine
D. Parain1, A. Mrabet2
1 Service Neurophysiologie, CHU Charles
Nicolle, 76031 Rouen Cedex
2 Hôpital Charles Nicolle, Tunis
Les réseaux d’EEG-vidéo via internet existent déjà en France.
Celui de Haute-Normandie utilise un serveur FTP qui se
trouve à l’hôpital Charles Nicolle de Rouen, qui reçoit via
internet rapide les documents enregistrés dans les CHG d’Elbeuf ou
d’Evreux.
Les systèmes d’acquisition sont identiques dans les trois
hôpitaux. Ce réseau sert surtout au transfert d’EEG pédiatriques et
permet de donner un avis de neuropédiatre expert immédiat pour la
prise en charge des patients.
Par la suite, du fait d’un jumelage entre les deux hôpitaux
Charles Nicolle de Rouen et Tunis, nous avons projeté d’étendre ce
réseau pour permettre le transfert de documents EEG- vidéo entre
les deux hôpitaux afin d’optimiser la prise en charge des
épilepsies difficiles. Dans un premier temps, il a fallu équiper le
service de Neurologie de l’hôpital de Tunis d’un système
d’acquisition EEG-vidéo du même type que celui de Rouen avec un
poste de relecture qui est branché sur internet. Récemment, une
ligne spécialisée de 2 Mhertz a été mise en place dans le
service de neurologie de Tunis. Des fichiers de plusieurs centaines
de Mo peuvent maintenant être transférés rapidement. Un soutien
informatique est apporté par l’équipe d’informatique du service de
Neurophysiologie de Rouen.
L’objectif de ce réseau est de permettre de discuter de dossiers
difficiles d’épilepsie. Les histoires cliniques, les examens
neuropsychologiques, les images numérisées d’IRM peuvent être
envoyés en même temps que les documents EEG-vidéo. Il est prévu
également de faire à Tunis des phases 1 en vue de la chirurgie de
l’épilepsie. Un neurochirurgien tunisien se forme aux lobectomies
temporales internes réglées et il sera possible d’initier la
chirurgie de l’épilepsie à Tunis. D’autres dossiers, après
transfert à Rouen, pourront être montrés dans les réseaux de
discussion de l’épilepsie en France.
TRAVAUX SCIENTIFIQUES DES BOURSIERS 2003 DE LA LFCE
Interneurones et oscillations dans l’hippocampe sain et
épileptique
S. Gaige
Laboratoire de Physiologie neurovégétative (UMR CNRS 6153,
UMR INRA), Faculté des sciences et techniques Saint-Jérôme,
Université Aix-Marseille 3
La majorité de l’activité cérébrale est constituée
d’oscillations. Ce type d’activité est directement associé à des
tâches comportementales et cognitives. Ces rythmes biologiques sont
perturbés dans le tissu épileptique et cette perturbation résulte
des réorganisations morpho-fonctionnelles qui se produisent dans le
réseau. Avant d’étudier les mécanismes responsables de ces
modifications, il est nécessaire de déterminer comment les
oscillations sont générées dans le tissu sain. Ce projet de
recherche a donc consisté à analyser le comportement des neurones
pendant ces oscillations en condition contrôle. Nous avons mis au
point une nouvelle préparation qui permet d’enregistrer des
oscillations dans des conditions physiologiques. Grâce à
l’utilisation de souris transgéniques (dans lesquelles des
populations spécifiques d’interneurones sont fluorescentes), nous
pouvons enregistrer le patron de décharge (sortie) et les courants
synaptiques glutamatergiques et GABAergiques reçus (entrées) par
les neurones pendant les oscillations. Ce projet consistait à
déterminer les fonctions de transfert (entrée/sortie) des
différents interneurones pendant ces activités rythmiques. Nous
avons constitué une librairie de 140 interneurones avec leurs
entrées et leurs sorties. Nous avons montré que la fonction de
transfert dépend de la classe morphologique à laquelle
l’interneurone appartient. Cette base de données va maintenant
servir de référant pour l’étude du tissu épileptique.
Modèle d’épilepsie partielle (modèle kaïnate) chez la
souris : analyse génétique
E. Lapouble1, A. Depaulis2, B.
Martin1
1 Laboratoire de Neurobiologie, Université
d’Orléans, Équipe « Génétique des Épilepsies chez la
Souris », Bât Physique/Chimie, 1 rue de Chartres,
45067 Orléans Cedex 2
2 JE 2413 MRNT Université Joseph Fourier, Équipe
« Contrôle des Réseaux Synchrones Épileptiques », UFR
Biologie - Bâtiment B 2280, rue de la piscine, 38400 St
Martin-d’Hères
Des études ont montré que l’injection intra-hippocampique d’une
faible dose de kaïnate chez la souris adulte induit une sclérose de
l’hippocampe et, dans les semaines qui suivent l’injection, une
dispersion des cellules granulaires du gyrus denté. Les
caractéristiques histologiques, comportementales,
électro-encéphalographiques et pharmacologiques de ce modèle sont
en tout point comparables à celles observées dans l’épilepsie
mésio-temporale associée à une dispersion des cellules granulaires
du gyrus denté chez l’homme.
Un projet en cours vise à identifier les gènes impliqués dans ce
modèle murin d’épilepsie mésio-temporale. Il nécessite au préalable
que l’on étudie la variabilité phénotypique du modèle kaïnate dans
un grand nombre de lignées consanguines de souris. En effet, cet
ensemble de lignées représente la population souris et modélise
ainsi l’hétérogénéité rencontrée dans la population humaine.
Notre travail vise donc à déterminer s’il existe des lignées
résistantes ou au contraire très sujettes à l’instauration de
l’épileptogenèse et/ou des lignées qui présentent des modifications
histologiques contrastées, suite à l’injection intra-hippocampique
de kaïnate.
Au vu des résultats obtenus, certaines lignées seront
préférentiellement choisies pour la réalisation du projet
engagé.
Nouvelles approches thérapeutiques sur un modèle d’épilepsie
pharmaco-résistante de la région motrice chez le rat
S. Chabardès
Service de Neurochirurgie, CHU Michallon, Grenoble Section of
Adult Epilepsy, Department of Neurology, The Cleveland Clinic
Foundation, Cleveland, OH, USA
Le développement de nouvelles approches thérapeutiques afin de
traiter l’épilepsie partielle pharmaco-résistante de patients pour
lesquels aucune chirurgie d’exérèse n’est envisageable est un défi
toujours d’actualité.
En effet, la chirurgie d’exérèse de zones épileptogènes (ZE)
situées en zones « éloquentes » (cortex sensori-moteur,
aires du langage,...) est possible mais s’accompagne alors d’un
déficit neurologique post-opératoire irréversible et difficilement
acceptable. De nouvelles techniques neurochirurgicales telles que
la stimulation de la ZE ou la stimulation cérébrale profonde (SCP)
thalamique ou du noyau subthalamique sont en cours de développement
chez l’animal, et ont été récemment appliquées chez l’homme.
Cependant, les résultats préliminaires encourageants ne doivent pas
occulter le manque de données expérimentales chez l’animal. D’autre
part, les premières études cliniques (non contrôlées) chez l’homme,
bien qu’encourageantes, laissent entrevoir une hétérogénéité des
résultats et placent ces nouvelles techniques au niveau palliatif.
De plus, le manque de critères stricts d’inclusion des patients
ainsi que le choix des modes de stimulation (thalamique,
hippocampique, et du noyau subthalamique) souffrent d’un certain
empirisme permettant d’expliquer les difficultés d’analyse des
essais de nouvelles stratégies chirurgicales. En effet, si les
données expérimentales chez l’animal sont abondantes concernant les
mécanismes endogènes de contrôle à distance des épilepsies, peu de
données sont disponibles concernant les modalités thérapeutiques
elles mêmes, le type de stimulation à utiliser, mais aussi le type
d’épilepsie susceptible d’être traitée.
Le but de cette étude était d’évaluer les effets thérapeutiques
de la SCP du noyau subthalamique sur un modèle d’épilepsie
partielle motrice chez le rat. Pour cela, il a été
nécessaire : i) de développer dans un premier temps un modèle
fiable d’épilepsie de la région motrice chez le rat ; ii) dans
un deuxième temps, d’appliquer sur ce modèle une stimulation à
haute fréquence du noyau subthalamique en modifiant les paramètres
de stimulation ; iii) de comparer cette technique de
stimulation à d’autres approches innovantes comme le
« cooling » de la ZE ou bien la libération locale de
drogues anti-épileptiques au niveau de la ZE.
Les résultats de ces différentes approches indiquent que la SCP
utilisée de façon aiguë sur ce modèle de crises motrices est peu
efficace et rend peu probable son utilisation en « closed
loop » alors que la libération intra-corticale à faible dose
de phénytoïne est à même de modifier de façon considérable la
fréquence et l’amplitude des activités épileptiques. Le
« cooling » de la ZE est efficace sur ce même modèle,
ayant l’avantage d’une efficacité très rapide mais pose le probleme
de difficultés techniques et technologiques nécessitant de futures
mises au point.
Analyse du transcriptome dans les épilepsies temporomésiales
humaines
S. Jamali
Équipe « Génétique des Epilepsies », Inserm U491,
Faculté de Médecine Marseille – La Timone,
13385 Marseille
Les épilepsies pharmaco-résistantes (2/3 des épilepsies
partielles) représentent un enjeu scientifique, médical et
économique majeur. Les épilepsies temporales mésiales (MTLE) sont
la forme la plus fréquente d’épilepsies partielles et sont très
fréquemment réfractaires aux médicaments anti-épileptiques.
Les crises épileptiques entraînent des modifications immédiates
et transitoires, ainsi qu’à plus long terme d’aires spécifiques du
cerveau. Ces modifications pourraient conférer de nouvelles
propriétés au tissu épileptogène (résistance aux médicaments
anti-épileptiques, etc.).
Les mécanismes physiopathologiques de ces épilepsies sont encore
mal connus ; néanmoins avec les nouveaux outils de la
génomique, et en particulier les puces à ADN, il est possible
d’étudier plus globalement au niveau moléculaire, et sans a
priori, les modifications associées à ces épilepsies, ceci afin
de mieux comprendre la physiopathologie des MTLE, et de définir
éventuellement de nouvelles stratégies diagnostiques, préventives,
exploratoires, thérapeutiques.
Le projet de recherche présenté ici consiste à étudier à grande
échelle, les variations transcriptionnelles liées aux modifications
lésionnelles se produisant dans le cortex entorhinal de patients
avec MTLE. Cette étude fait appel aux techniques de puces à ADN
(cDNA microarrays) et est réalisée à partir de prélèvements
chirurgicaux d’épilepsies mésio-temporales humaines.
L’analyse d’une première série de cinq patients a permis la
détection de 20 gènes dont l’expression est significativement
(p < 4.10 – 7) et communément
altérée dans les MTLE. Certains de ces gènes codent pour des
récepteurs de neurotransmetteurs, d’autres pour des protéines du
système immunitaire, peut-être en rapport avec une origine
auto-immune déjà suspectée pour certains types d’épilepsies.
La poursuite de ce projet de recherche se décomposera en
plusieurs étapes.
Tout d’abord, il s’agira de préciser et confirmer nos résultats
au niveau transcriptionnel au moyen d’une technique indépendante.
En effet, le profil d’expression des gènes identifiés par les puces
à ADN, sera analysé par la technique de RT-PCR quantitative sur les
échantillons de la première série des cinq patients. En parallèle,
nous comparerons de la même manière les profils d’expression des
gènes sélectionnés, dans les cortex entorhinal et temporal externe
autopsiques de 4 sujets-contrôles non épileptiques.
Dans un second temps, les gènes dont la variation d’expression
est définitivement confirmée (après les deux étapes
sus-mentionnées), seront analysés au niveau protéique par les
techniques de Western Blot quantitatif et/ou
d’immunohistochimie sur les prélèvements disponibles de la première
série de patients. Afin d’étendre les résultats, une nouvelle série
de patients sera analysée.
Par ailleurs, et compte tenu des liens suspectés entre
antécédents de convulsions fébriles et développement d’épilepsies
mésio-temporales, les gènes identifiés par notre approche sont
autant de candidats qui seront testés dans le cadre d’études
d’association génétique, sur une population de sujets ayant
présenté des convulsions fébriles et/ ou une MTLE. Une association
significative serait un fort argument en faveur de l’implication
dans la pathogenèse des MTLE humaines et permettrait d’envisager un
dépistage génétique des populations à risque.
A plus long terme, l’expression comparative des différents
orthologues murins des gènes-candidats identifiés chez l’homme
pourrait permettre de déterminer celui ou ceux des modèles murins
de MTLE (pilocarpine, kaïnate, kindling) semblant le plus pertinent
au niveau moléculaire et contribuer à plus long terme à tester
certaines hypothèses thérapeutiques ayant pour cible les protéines
ou les mécanismes physiopathologiques sélectionnés par notre
approche.
Un nouveau modèle de tolérance épileptique par
hyperthermie : effets neuroprotecteurs et
anticonvulsivants
V. Duveau
Laboratoire d’Epileptologie Exp & Clin, EA 2967,
Bordeaux
Toute agression cérébrale sévère susceptible d’entraîner des
effets délétères peut, lorsqu’elle se manifeste en dessous du seuil
d’apparition des dommages cellulaires, mettre en place des
mécanismes de protection endogène capables de réduire
considérablement les séquelles d’une agression sévère ultérieure.
Ce phénomène de tolérance est surtout connu en ce qui concerne
l’ischémie, mais il a aussi été démontré à propos des effets
cytotoxiques induits à la suite d’un état de mal épileptique.
Le but de ce travail était de montrer qu’une stimulation
préconditionnante de nature physiologique non invasive, comme une
hyperthermie modérée, pouvait exercer : 1) un effet
neuroprotecteur contre les dommages neuronaux induits par
l’évocation d’un état de mal épileptique et 2) un effet
anticonvulsivant contre les crises provoquées par la
bicuculline.
Nous avons montré que l’application préalable d’un choc
thermique transitoire et modéré diminue la mort cellulaire induite
par l’acide kainique et atténue la sévérité des crises provoquées
par la bicuculline. La neuroprotection est observée in vitro
sur des cultures organotypiques d’hippocampes de rats et in
vivo chez des rats adultes après administration icv d’acide
kainique. La protection est efficace après une douzaine d’heures,
maximale à 3 ou 4 jours et diminue graduellement environ 7 à
10 jours après le préconditionnement.
Ce travail constitue la première démonstration d’une tolérance
croisée hyperthermie et épilepsie. Ainsi, dans une fenêtre de temps
de l’ordre de 1 à 10 jours, une hyperthermie modérée est
capable d’exercer une protection transitoire à la fois sur les
crises induites par un convulsivant et sur les séquelles
histopathologiques d’un état de mal épileptique. Une meilleure
compréhension des mécanismes à l’origine de cette protection
endogène devrait permettre le développement de nouvelles stratégies
thérapeutiques.
Épilepsie temporale unilatérale chez l’enfant : étude
anatomique et du développement de quelques compétences
socio-cognitives des cortex temporaux
A. Laurent1,2, A. Arzimanoglou1, S.
de Schonen1,2
1 Programme Épilepsie de l’enfant, Service de
neuropédiatrie et des maladies métaboliques, hôpital Robert-Debré,
Paris
2 LCD, CNRS, Université de Paris 5, Paris
Les « compétences socio-cognitives » permettent à un
individu d’intégrer et de donner un sens à des indices non-verbaux
provenant de son environnement humain. Des études en imagerie
cérébrale fonctionnelle chez l’adulte montrent une implication du
cortex temporal dans le traitement de ces indices. On sait
également, que les enfants autistes qui ont des difficultés dans ce
domaine de la cognition sociale présentent un hypométabolisme de
repos au niveau des cortex temporaux. Corollairement, c’est chez
des enfants présentant un foyer épileptique bi-temporal qu’on note
l’émergence de traits autistiques. Ces données suggèrent donc
qu’une anomalie au niveau des cortex temporaux pourrait engendrer
un développement socio-cognitif anormal dans une ou plusieurs
composantes. Nous avons ainsi étudié le traitement perceptif de
différents systèmes d’indices visuels contenus dans un visage
(identité, direction du regard, expression émotionnelle) et
auditifs fournis par la voix (identité, prosodie phrastique et
émotionnelle) chez des enfants présentant une épilepsie temporale
unilatérale. L’objectif de ce travail est l’étude des déficits pour
comprendre le développement normal de ces compétences, l’étude des
effets d’une atteinte temporale sur ces compétences ainsi que
l’étude d’une différence éventuelle entre la plasticité dans le
domaine auditif et visuel. Les déficits sont analysés en fonction
de la localisation du foyer et ou de la lésion, de la date de début
et de la durée de la maladie, des données issues de l’imagerie
cérébrale (IRM anatomique, PET, EEG). Les résultats préliminaires
obtenus auprès d’enfants sains (40) et épileptiques (10) seront
présentés.
RÉSEAUX D’ENSEIGNEMENT ET DE RECHERCHE
Réseau Eurepa d’enseignement et de formation en
Épileptologie
M. Baldy-Moulinier
Montpellier
Eurepa (European Epilepsy Academy) est une institution
européenne fondée au début des années 1990, en lien avec la Ligue
Internationale Contre l’Epilepsie. Elle est composée de membres
individuels, de structures collectives et de partenaires de
l’industrie pharmaceutique. Elle comprend un bureau exécutif, un
comité scientifique et un conseil consultatif. Ses programmes
d’action sont orientés sur l’enseignement et la formation en
épileptologie des médecins et professionnels de santé participant à
la prise en charge de personnes épileptiques.
La priorité a été donnée à la formation de formateurs en
épileptologie (training of trainers).
Les sessions de formation avec participation interactive ont
d’abord concerné les pays de l’Est de l’Europe et ont
progressivement été étendues à d’autres pays. Une section
francophone, récemment créée met en œuvre un programme de formation
en réseau pour les pays du Maghreb et d’Afrique subsaharienne. Les
formateurs certifiés regroupés en club échangent leur expérience au
cours des congrès internationaux. Les divers programmes sont
évalués selon un barème de points destinés à la reconnaissance d’un
curriculum européen en épileptologie.
Commission francophonie
S. Garrel
Grenoble
En septembre 2001 a été créée à la LFCE la commission
francophonie. Cette commission a pour but d’aider à la formation en
épileptologie les pays fracophones en voie de développement qui en
font la demande.
Plusieurs moyens peuvent être proposés en réponse à une
demande d’un partenaire d’un pays du Sud.
Bourse. Une bourse de recherche et d’action en
épileptologie en zone de soidarité des pays francophones du Sud a
été mise en place par la LFCE en partenariat avec l’industrie
pharmaceutique. En novembre 2003, lors des JFE, a été remise pour
la première fois une bourse de 10 000 euros, au meilleur
candidat (Dr Léopold Boissy, Sénégal) Le lauréat nous tient
régulièrement informés de la pousuite de ses travaux et présentera
dans 2 ans le résultat final de ses travaux. Une bourse de
5 000 euros sera remise en 2004 au meilleur candidat
choisi par le jury selon des critères précis (cf site de la
LFCE).
Partenariat avec les Ligues des pays francophones en voie de
développement. Une convention est en voie de constitution entre
la Ligue sénégalaise contre l’épilepsie (LSCE) et la Ligue
française contre l’épilepsie (LFCE). Nous espérons que d’autres
ligues des pays en voie de développement établiront des contrats de
partenariat avec la LFCE, prochainement.
Ouverture de la revue Épilepsies à la
francophonie. La revue édite (John Libbey Eurotext)
4 numéros annuels comportant des articles originaux, des
articles de mise au point, des nouvelles professionnelles, des
analyses de livres, des CR de congrès... et envisage de publier des
rubriques de cas cliniques, des actualités bibliographiques.
Une ouverture vers l’épileptologie francophone est bien sûr à
l’ordre du jour.
Aides à la formation. – Journées françaises de
l’épilepsie : Une aide financière de la LFCE pour 1 à
3 jeunes épileptologues d’un pays du Sud a été proposée. Les
dossiers seront examinés et choisis par la commission francophonie
de la LFCE. – Formations LFCE/Pays du Sud : Eurepa
(commission de la ILAE) propose la formation de formateurs. La
première réunion de ce type a eu lieu en septembre 2004 à Usson en
Forez. D’autres réunions sont prévues pour 2005 (Afrique du Nord)
et 2006 (Sénégal). D’autres formations peuvent aussi être
envisagées, comme l’inscription au DIU d’épileptologie...
Introduction du Club ÉpilepsieS et de son site web
B. Martin, S. Kocher
Laboratoire de Neurobiologie, Equipe Génétique des
Épilepsies, Université d’Orléans, BP 6759, 45067 Orléans Cedex
2
Actuellement, en France, plus de 200 chercheurs,
cliniciens, ingénieurs ou techniciens s’intéressent de près ou de
loin à l’épilepsie. Des chercheurs et des cliniciens ont récemment
créé une association loi 1901 sous le nom de Club
ÉpilepsieS. Cette association est aussi reconnue par la Société
de Neurosciences afin de bénéficier d’une visibilité auprès de la
communauté scientifique. Le Club ÉpilepsieS a pour but d’encourager
les rencontres et les échanges entre chercheurs, ingénieurs,
techniciens et cliniciens impliqués dans la recherche en épilepsie
ou dans des domaines scientifiques associés. Plus précisément, le
club ÉpilepsieS souhaite être une plateforme permettant au monde
médical d’échanger avec le monde de la recherche (et inversement),
mais aussi aux neuroscientifiques, aux physiciens, aux
mathématiciens (etc) de trouver facilement des interlocuteurs dans
le domaine de l’épileptologie. De même, le club EpilepsieS souhaite
entretenir des relations suivies avec les sociétés savantes et les
associations qui s’intéressent à la recherche en épileptologie.
Ce club possède son propre site web
(http ://www.club-epilepsies.asso.fr). Ce site s’adresse au
grand public y compris aux personnes épileptiques désirant
s’impliquer dans des programmes de recherche. Un espace-membres à
accès limité permet d’obtenir des informations plus
professionnelles. Une présentation du site sera faite durant
l’exposé.
Évaluation médico-économique de la chirurgie de
l’épilepsie
M.-C. Picot
Unité épidémiologie et recherche clinique, Département de
l’Information Médicale, hôpital Arnaud de Villeneuve, CHU
Montpellier
Bien que pratiqué depuis plus de 40 ans, le recours à la
chirurgie de l’épilepsie reste relativement faible. Les principales
raisons invoquées sont que ses indications sont encore
insuffisamment connues des neurologues et que les capacités
d’explorations préchirurgicales sont relativement limitées. Les
résultats de cette chirurgie sont pourtant excellents puisque 65 à
80 % des patients opérés pour épilepsies temporales sont
libres de crise un an après la chirurgie. Les épilepsies
pharmaco-résistantes ont, par ailleurs, un lourd retentissement
psychologique et social et, ce d’autant plus important que la durée
d’évolution de l’épilepsie est longue. Or, on a pu constater que la
chirurgie de l’épilepsie était envisagée en moyenne 20 ans
après le début de la maladie. Enfin, d’un point de vue économique,
ces épilepsies sont responsables d’un coût global élevé, en raison
des dépenses liées aux soins et des difficultés d’apprentissage et
d’insertion scolaire et socio-professionnelle de ces patients.
Toutes ces raisons nous ont amené à mettre en place un projet de
recherche multicentrique réunissant la plupart des centres français
d’épileptologie, permettant ainsi la création d’un réseau de
recherche national. Le lancement de ce projet a bénéficié du
soutien du Groupe de Recherche en Épileptologie qui a pour vocation
de faire émerger ou favoriser ce type d’étude.
Objectif. L’objectif de ce projet est d’évaluer les
résultats cliniques, la qualité de vie, les coûts directs et
indirects de la prise en charge médicale et chirurgicale sur une
cohorte prospective de patients adultes présentant une épilepsie
pharmaco-résistante partielle potentiellement opérable afin de
réaliser une étude coût-efficacité.
Population et méthodes. Les patients âgés de moins de
60 ans présentant une épilepsie partielle pharmaco-résistante
(évoluant depuis au moins deux ans et ayant bénéficié d’au moins
deux traitements antiépileptiques) symptomatique ou cryptogènique,
pouvant relever d’un traitement chirurgical ont été inclus dans
l’étude. Les patients ont été évalués tous les 6 mois pendant
2 ans.
Résultats. Plusieurs analyses ont été
réalisées :
– Étude des facteurs prédictifs de l’opérabilité chez les
patients adultes : les principaux facteurs correspondent aux
caractéristiques de l’épilepsie (présence d’une sclérose
hippocampique, fréquence des crises supérieure à 1/semaine, une
épilepsie de type temporal), à l’existence d’un handicap important
lié à l’épilepsie, à la présence de difficultés relationnelles ou
familiales et le fait que le patient ait rencontré des difficultés
scolaires.
– Étude coût-efficacité (résultats préliminaires présentés
à la conférence de consensus concernant la prise en charge des
épilepsies phramacorésistantes en mars 2004) : Un an après
chirurgie, 83 % des patients sont libres de crise. A moyen
terme, la chirurgie devient coût-efficace entre 7 et 8 après
l’intervention. La qualité de vie est améliorée de manière très
significative dès la première année.
Retombées et perspectives. Une meilleure connaissance des
critères d’opérabilité permettrait de mieux cibler les patients
devant être adressés en centre d’épileptologie et d’optimiser la
prise de décision chirurgicale, évitant ainsi la poursuite
d’explorations préchirurgicales lourdes à des patients n’ayant
qu’une très faible probabilité d’aller jusqu’à la chirurgie. Ces
patients pourraient être adressés plus précocement en centre
d’épileptologie limitant ainsi les conséquences psychosociales de
l’épilepsie. Enfin une connaissance plus précise du ratio
bénéfice-risque pour les différents type d’épilepsie permettrait
éventuellement d’élargir les indications de la chirurgie de
l’épilepsie. Le réseau de recherche en interface avec les réseaux
de soins devrait permettre une diffusion plus rapide de ces
données.
Réseau PLAMAIVIC
P. Ryvlin, J.-P. Armspach, B. Gibaud, N. Costes, J.-A.
Lotterie, C. Labbe, P. Jannin, F. Cervenansky, T. Berst, B.
Sirivong, S. Sinapin, Y. Brahami, F. Heitz, I. Berry, A.
Colin
Laboratoire d’imagerie médicale de Lyon (Cermep et EA 1880),
Strasbourg (UMR 7004 et 7005 ULP/CNRS), Rennes (EA 3192), Toulouse
(LU 1931), et Société Medasys
Le réseau PLAMAIVIC a été mis en place grâce au partenariat
établi entre les différents centres d’épileptologie français au
sein du Groupe de Réflexion en Épileptologie (GRE) soutenu par les
Laboratoires Pfizer. L’objectif du projet Plamaivic (ou Plateforme
d’analyses multi-modales avancées des images à visée clinique) est
la mise à disposition du clinicien d’outils de traitement d’images
validés, dont l’utilité diagnostique a été reconnue mais qui
restent habituellement confinés au sein des laboratoires de
recherche. Pour atteindre cet objectif, le réseau PLAMAIVIC a
répondu à l’appel d’offre du RNTS 2002 (Réseau National pour les
Technologies de la Santé) en partenariat avec la Société MEDASYS,
spécialisée dans les logiciels en santé. Une subvention de près
d’un million d’euros a ainsi été obtenue, permettant la
contractualisation de 6 ingénieurs informatiques à plein temps
pour le développement du produit envisagé. Celui-ci se caractérise
tout d’abord par un socle logiciel déjà diffusé auprès de la
communauté des médecins nucléaires et des radiologues (logiciel
DXMM), intégrant les fonctions communes de visualisation 2D et
l’ensemble des outils permettant les échanges de fichiers images au
sein des réseaux informatiques hospitaliers. Sur ce socle,
plusieurs modules de traitement d’images ont été développés, dont
un dédié à l’épilepsie, incluant les techniques de SISCOM,
d’analyses de texture des IRM, de modélisation des images
paramétriques des récepteurs aux benzodiazépines en TEP, de
recalage multimodal des images, et de comparaison statistique d’une
image patient à une base de données témoins selon la méthodologie
développée dans le logiciel SPM. Par ailleurs, les outils de
visualisation 3D ont été implémentés. La version bêta du logiciel
sera disponible à l’automne 2005 et pourra alors faire l’objet
d’une évaluation par l’ensemble de la communauté épileptologique,
en vue d’une commercialisation effective du produit au printemps
2006. Le cahier des charges prévoit que le produit diffusé par la
société MEDASYS reste d’un coût accessible pour la majorité des
services susceptibles d’utiliser cet outil d’analyse d’images qui
fonctionnera sur un ordinateur de type PC (ensemble ordinateur +
logiciel environ 10 000 euros).
Le réseau PLAMAIVIC illustre ainsi les possibilités offertes aux
cliniciens, et dans le cas présent à la communauté épileptologique,
de participer activement au développement d’outils nécessaires à
l’optimisation de leurs pratiques grâce à une mutualisation des
moyens d’un grand nombre d’équipes, en partenariat avec
l’industrie.
Stimulation du nerf vague dans les épilepsies
pharmaco-résistantes de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte
jeune : évaluation du rapport coût/efficacité, étude
randomisée et contrôlée (étude ESTIM)
D. Parain, M.-C. Picot, L. Vallée, P. Ryvlin
Service Neurophysiologie, CHU Charles Nicolle,
76031 Rouen Cedex
Cette étude porte sur 240 patients âgés de 3 à 21 ans
et sur 20 centres. Elle entre dans le cadre du soutien aux
innovations thérapeutiques 2003.
L’objectif principal de cette étude est d’apprécier le rapport
coût/efficacité de la stimulation du nerf vague dans les épilepsies
réfractaires non chirurgicales. L’efficacité sera mesurée au
travers de la réduction de la fréquence des crises. Les coûts
directs médicaux et non médicaux seront estimés.
Les objectifs secondaires seront d’évaluer l’évolution de la
sévérité des crises, des fonctions cognitives, de la présence de
troubles de l’humeur et le retentissement sur la qualité de
vie.
Chaque patient aura donc un suivi clinique portant sur la
fréquence des crises, leur sévérité (échelle de Chalfont), une
évaluation neuropsychologique avec des tests de QI adaptés à l’âge,
une échelle du niveau adaptatif (Vinland), une échelle de
dépression, la figure de Rey et une évaluation des coûts.
Trois types d’épilepsie pourront être inclus : épilepsie
réfractaire non chirurgicale, syndrome de Lennox et Gastaut et
épilepsie absence.
Cette étude est randomisée et contrôlée. Le tirage au sort se
fera à l’intérieur de chaque type d’épilepsie. Il existe un groupe
implanté d’emblée (groupe A) et suivi sur 18 mois, sans
changement de traitement médical et un groupe contrôle (groupe B)
qui sera suivi encore un an de façon purement médical avec des
possibilités de changement de traitements, puis implanté et stimulé
et suivi pendant 18 mois, sans changement de traitements. On
pourra donc comparer les données médico-économiques durant la
première année entre le groupe A de patients implanté et le groupe
B de patients suivi de façon médicale, et durant la deuxième année
entre le groupe A anciennement implanté et l’autre groupe B
récemment implanté.
COMMUNICATIONS LIBRES
Détection automatisée en temps réel des événements épileptiques
au cours de l’EEG-vidéo de 24 heures
C. Soufflet, B. Gueguen, I. Inisan, A. Rancaud
Service de Neurophysiologie Clinique, Centre hospitalier
Sainte-Anne, Paris
L’enregistrement EEG-vidéo continu est une technique extrêmement
utile dans les épilepsies partielles, permettant de confirmer le
diagnostic de crises d’épilepsie, d’en déterminer les
caractéristiques sémiologiques, leur localisation, leur place dans
la classification syndromique préconisée par la ILAE (éléments
critiques et intercritiques)
Cependant cette méthode n’est pas sans écueils : la lecture
des données (critiques et intercritiques) nécessite de nombreuses
heures de travail. Les analyses automatisées pourraient apporter la
solution pour diminuer le temps de lecture ; cependant un
événement intercritique isolé ou un événement critique très bref
peut parfois passer inaperçu, donnant alors un aspect de
« faux négatif », les nombreux artefacts obligatoirement
présents lors d’un enregistrement continu sont parfois sources de
« fausses alertes ».
L’objectif de cette étude est de tester les capacités d’un
logiciel de lecture automatique de l’EEG à détecter des événements
au cours des 24 heures, qu’il s’agisse de manifestations
épileptiques ou non épileptiques.
Dix sujets ont été enregistrés en vidéo-EEG continu avec un
système Micromed selon la technique classique (montage 10-20,
enregistrement 24 h sur 24, vidéo couplée à l’EEG). L’EEG a
été analysé par le médecin électroencéphalographiste dans un
premier temps.
Puis la lecture automatique de l’EEG a été effectuée par le
logiciel Smart en réseau.
Les auteurs testent la capacité du système à détecter la
présence d’événements paroxystiques, la nature épileptique ou non
épileptique de ces événements, leur localisation focale,
hémisphérique ou généralisée.
Évaluation d’un logiciel d’analyse automatisée de l’EEG chez
des patients explorés pour une épilepsie partielle
pharmacorésistante
F. Satta, M. Tiberge, C. Mascott, G. Géraud, L.
Valton
Service de Neurologie et d’explorations fonctionnelles du
système nerveux, Unité Sommeil et épilepsie, hôpital Rangueil, CHU
Toulouse
Le monitoring vidéo-EEG est au cœur du bilan préchirurgical des
épilepsies partielles pharmaco-résistantes (EPPR), pour
caractériser la sémiologie électro-clinique des crises et la zone
irritative (ZI). L’interprétation classique par analyse visuelle
est très consommatrice de temps et observateur dépendante, d’où
l’intérêt porté aux logiciels d’analyse automatisée des tracés EEG
pour la détection et la caractérisation des événements
paroxystiques. L’objectif de ce travail a été de tester la capacité
d’un logiciel d’analyse automatisée de l’EEG (Smart
EEGR, Micromed) pour caractériser la localisation de la
ZI dans une population de patients explorés en bilan préchirurgical
d’une EPPR.
Méthodes. La population étudiée comprend tous les
patients répondant aux critères suivants :
– patients souffrant d’une EPPR, explorés, opérés (CM), et
suivis dans le programme de chirurgie de l’épilepsie de Toulouse
(LV), entre 2001 et 2004 ;
– les enregistrements vidéo-EEG prolongés de phase 1, ont
été réalisés sur matériel Micromed entre janvier 2001 et janvier
2004 ;
– la qualité et la durée des extraits d’EEG intercritiques
sauvegardés au cours de la phase 1, étaient suffisantes pour faire
une analyse.
Pour chaque patient ont été sélectionnés les tracés
inter-critiques qui contiennent au moins une partie
d’enregistrement effectuée les yeux fermés ; les tracés
contenant HPN et SLI ont été préférés.
Pour tous les tracés sélectionnés deux analyses différentes ont
été conduites indépendemment et en aveugle l’une de l’autre, d’une
part par le logiciel SmartEEG, d’autre part en analyse visuelle par
un neurologue (LV). Le logiciel réalise une analyse des tracés par
« réseau neuronal » époque par époque (2 sec.). Les
sorties du réseau sont filtrées opportunément et successivement
élaborées par les règles du système expert pour préparer un rapport
en language naturel qui décrit les caractéristiques les plus
importantes des tracés.
Des comptes rendus fournis par le logiciel et par l’analyse
visuelle n’ont été retenues que les informations sur la présence
d’activités paroxystiques épileptiques, et sur leur localisation
hémisphérique et lobaire.
Les conclusions des deux analyses sont comparées entre elles,
puis chacune à la conclusion du bilan pré-chirurgical
(= région opérée), utilisée pour notre étude comme Gold
Standard.
La base des données ainsi sélectionnée compte 56 tracés
pour une durée totale de 14 h 41 min 03 sec
d’enregistrement.
Résultats. À part un cas (frontale gauche), l’exérèse
chirugicale concernait la région temporale (8 à droite, 9 à
gauche). Des anomalies paroxystiques ont été retrouvées sur les
tracés de tous les patients par les 2 analyses. Le rapport du
logiciel trouve une focalisation dans 15 cas, concordante avec
la chirurgie. Parmi ces 15 cas la latéralisation des anomalies
est concordante avec la chirurgie dans 11 cas ; la
plupart des erreurs. L’interprétation visuelle de l’EEG a donné une
focalisation lobaire, dans tous les cas concordante avec la
chirurgie ; la latéralisation est concordante dans
13 cas, incertaine dans 4 cas, fausse dans
1 cas.
Conclusion. Dans cette étude, nous avons retrouvé qu’un
logiciel expert d’analyse automatisée de l’EEG permettait de
détecter les activités paroxystiques épileptiques, et d’orienter
sur la localisation lobaire de la ZI. La validité du diagnostic de
localisation de la ZI, avec cette version du logiciel a été plus
faible que le résultat de l’analyse visuelle du tracé par un
neurologue entrainé.
Application de la méthode des récurrences aux signaux EEG pour
la détection anticipée des crises d’épilepsies
W. Hamadene, L. Peyrodie, C. Vasseur, P. Gallois, G.
Forzy, P. Derambure, H. Sediri
HEI, Mons-en-Barœul
Notre équipe de recherche travaille depuis plusieurs années sur
l’application de l’analyse non-linéaire à l’étude du signal EEG.
Nous utilisons la méthode des récurrences, cette méthode graphique
appliquée sur les séries temporelles a été proposée par Eckmann,
Kamphorst et Ruelle en 1987. A partir de la représentation des
récurrences, il est possible d’extraire des indices informatifs tel
que le pourcentage de récurrences, le pourcentage de déterminisme
et l’indice de Shannon. Nous avons développé une collaboration avec
des équipes de neurologues, celle du Pr PH. Derambure du CHU de
Lille et celle du Pr P. Gallois de la Faculté libre de médecine de
Lille. Cette double collaboration permet une double analyse de nos
résultats et une confrontation d’idées tant sur la méthode utilisée
que sur les conclusions elles-mêmes.
Notre étude consiste à appliquer la méthode des récurrences
appliquée à l’EEG d’un patient épileptique dont l’enregistrement
comporte ou non une crise. Nous avons observé les variations des
indices non linéaires calculés à partir de l’EEG et à partir de
cette analyse, nous déduisons l’instant du début de ce que l’on
nomme le chemin vers la crise. Le début de ce chemin est pour nous
l’instant à partir duquel la crise se produira inévitablement.
Afin de ne pas biaiser le résultat de nos analyses nous avons
procédé en aveugle. Après calcul, nous avons repéré l’instant du
début du chemin vers la crise et ensuite nous avons soumis notre
analyse aux neurologues. Leurs conclusions montrent d’une part la
cohérence des variations des indices non linéaire en fonction des
événements repérables sur l’EEG et d’autre part dans la plupart des
cas étudiés, notre détection s’effectue avant que l’EEG-iste ne
décèle quelque chose sur l’EEG. Cette détection anticipée par
rapport à celle de l’EEG-iste peut-être de quelques secondes ou de
quelques minutes selon le type de crise analysée.
Caractérisation des réseaux neuronaux impliqués dans une tâche
de mémoire de travail, chez l’homme
J.-P Lachaux, N. Mainy, P. Kahane
Inserm U280, Lyon
Nous avons enregistré le signal EEG intra-cérébral de patients
ayant une épilepsie pharmaco-résistante, implantés pour des raisons
thérapeutiques, réalisant une tâche de mémoire de travail verbale
ou visuo-spatiale (tâche de Sternberg). Les deux tâches avaient
pour même principe la présentation d’une série de stimuli visuels,
dont la moitié devait être mémorisée. Ces stimuli étaient des
lettres pour la tâche verbale, et des configurations géométriques
pour la tâche visuo-spatiale. Le protocole nous a permis de séparer
l’encodage d’un item vs la préparation attentionnelle pour
le mémoriser. Nous avons comparé l’activité oscillatoire induite
par la présentation de ces stimuli visuels et nous avons trouvé de
fortes modulations de l’activité oscillatoire dans la bande de
fréquence gamma (de 40 à 150 Hz), selon que l’item devait ou
non être mémorisé. En particulier, nos résultats suggèrent que
certaines de ces réponses feraient partie du réseau qui sous-tend
la boucle phonologique pendant la tâche de mémoire de travail
verbale.
Prolifération de cellules immatures dans les foyers temporaux
humains : réseau complexe d’interactions neurogliales et
vasculaires
M. Lerner-Natoli, A. Crespel, V. Rigau, P. Coubes, M.-C.
Rousset, J. Bockaert, M. Baldy-Moulinier
Cnrs, CCIPE, Montpellier
Dans des foyers provenant de la chirurgie de l’épilepsie
temporale adulte, présentant une sclérose hippocampique et une
dispersion du gyrus denté, nous avons observé plusieurs phénotypes
cellulaires évoquant des stades immatures du développement. Une
importante neurogenèse est retrouvée dans la couche sous-granulaire
du gyrus denté et dans la zone périventriculaire qui borde
l’hippocampe, deux régions connues comme neurogéniques chez les
rongeurs en conditions pathologiques, mais aussi dans une troisième
zone : la fissure hippocampique. Les cellules semblent migrer
depuis ces zones dans la couche granulaire dispersée, vers le hile
et toutes les couches des aires CA1 et CA3/4. Cependant, à
l’inverse des modèles murins, ces cellules néo-formées ne semblent
pas générer de neurones matures et montrent en général un phénotype
neuroglial peu différencié (Nestine +, Vimentine +).
L’expression intense par ces cellules de facteurs développementaux
qui contrôlent la division asymétrique suggère qu’une multitude de
cellules neurales progénitrices restent dans un état prolifératif
et immature dans les foyers temporaux chroniques. Si ces cellules
survivent, une évolution neuronale ne semble pas aboutir ; en
revanche, il est probable qu’elles génèrent des astrocytes qui
alimenteraient la gliose, elle aussi chronique dans ces foyers. De
plus, ces cellules gliales immatures, qui possèdent des propriétés
électriques particulières, pourraient participer à
l’hyperexcitabilité ou à la synchronisation des neurones
hippocampiques. Enfin, d’autres remaniements rappellent aussi une
étape développementale : de nombreux microvaisseaux, dont les
cellules, adoptent des phénotypes immatures, s’organisent de façon
radiaire dans la couche granulaire du gyrus denté, particulièrement
dans les zones de dispersion. Cette néo-vascularisation, par un
apport sanguin de facteurs trophiques, peut stimuler les processus
neurogéniques et permettre le remodelage du tissu épileptique. Ces
données sont autant d’arguments qui supportent la théorie d’un
retour vers l’immaturité dans l’épilepsie temporale. Leur
compréhension nécessite l’identification des facteurs
environnementaux (trophiques et inflammatoires) qui contrôlent le
nombre et la destinée des divers types cellulaires présents dans
les foyers chroniques.
Imagerie par SPECT-SISCOM du rôle des régions extra-temporales
au cours de crises du lobe temporal
S. Chassagnon1, M.-P. Valenti1, L.
Vercueil2, P. Kehrli3, E. Hirsch1,
C. Marescaux1, J. Namer Izzie4
1 Neurologie, 67091 Strasbourg
2 Neurologie, 38043 Grenoble
3 Neurochirurgie, 67098 Strasbourg
4 Médecine Nucléaire,
67098 Strasbourg
Des données électro-cliniques et d’imagerie fonctionnelle
suggèrent la mise en jeu de régions extra-temporales lors de la
propagation et l’expression clinique de crises impliquant le lobe
temporal. Nous rapportons l’étude par SISCOM-SPECT du réseau mis en
jeu lors de crises liées à une sclérose temporo-mésiale.
Matériel et méthodes. Vingt-quatre patients souffrant
d’une épilepsie pharmaco-résistante liée à une sclérose
hippocampique (n = 23) ou une gliose amygdalienne
(n = 1) ont été étudiés par soustraction des SPECT
critique et intercritique et superposition sur l’IRM (SISCOM).
Trois patients ont bénéficiés de 2 SISCOM portant
respectivement sur une crise partielle simple et une crise
partielle complexe. Ces 24 patients ont été sélectionnés au
sein d’une population de plus de 150 patients épileptiques
étudiés par SISCOM dans le même temps, en raison de la coexistence
de 4 critères : données EEG-vidéo du SPECT critique
accessibles et interprétables, injection d’ECD critique précoce,
lobectomie temporale standard, guérison après chirurgie avec un
recul supérieur à 2 ans. Des mesures semi-quantitatives des
variations de débit sanguin cérébral (DSC) ont été faites dans
20 structures d’intérêt de façon bilatérale. Les
27 examens SISCOM ont été classés en 2 groupes en
fonction de l’absence (groupe 1, n = 9) ou de la présence
(groupe 2, n = 18) d’une rupture de contact accompagnant
une sémiologie automotrice.
Résultats. Dans le groupe 1, l’hyperperfusion était
limitée au pôle temporal, alors que les variations de perfusion
étaient variables dans les structures temporo-mésiales. Les crises
du groupe 1 étaient caractérisées par une sensation
épigastrique ascendante. Dans le groupe 2, l’hyperperfusion ictale
ipsilatérale affectait également l’insula, le thalamus et à un
moindre degré l’hippocampe et l’amygdale. Dans le groupe 2, les
crises comportaient une sémiologie automotrice et une rupture de
contact survenant d’emblée (n = 5) ou après un signal
symptôme (n = 13). Lors de crises du groupe 2, les
régions comportant une perfusion significativement plus élevée que
celle mesurée lors de crises du groupe 1 étaient le pôle
temporal, l’insula et le thalamus, alors que d’autres régions
paralimbiques et sous-corticales n’étaient pas affectées.
Conclusion. Dans cette étude et lors de crises du lobe
temporal se limitant à la perception par le patient d’un
signal-symptôme viscéro-moteur, seul le pôle temporal paraît
hyperperfusé en SISCOM. Les crises partielles complexes à
sémiologie automotrice impliquent un réseau
temporo-insulo-thalamique, au sein duquel l’insula pourrait jouer
un rôle pivot entre le lobe temporal et les structures
sous-corticales.
Conséquences métaboliques de la chirurgie sélective et de la
radiochirurgie dans l’épilepsie mésio-temporale
E. Lopez1, J. Régis2, F.
Bartolomei3, S. Dupont4, S.
Clemenceau5, M. Baulac4, F.
Chassoux1, F. Semah1
1 Service hospitalier Frédéric Joliot/CEA,
Orsay
2 Département de Neurochirurgie, hôpital La
Timone, Marseille
3 Unité d’Épileptologie, hôpital La Timone,
Marseille
4 Unité d’Épileptologie, hôpital La
Pitié-Salpêtrière, Paris
5 Département de Neurochirurgie, hôpital La
Pitié-Salpêtrière, Paris
L’objectif de notre étude était de comparer les conséquences sur
le métabolisme cérébral de la chirurgie par
amygdalo-hippocampectomie sélective (AHS) et de la radiochirurgie
par gamma-knife (GK) dans l’épilepsie mésio-temporale (EMT).
Méthodes. Nous avons inclus 18 patients présentant
une EMT pharmaco-résistante associée à une sclérose de
l’hippocampe. Dix patients ont été traités par AHS (groupe 1) et 8
par radiochirurgie GK (groupe 2). Nous avons réalisé des études en
tomographie par émission de positons (TEP) avec du
18F-fluorodéoxyglucose (FDG) et imagerie par résonance magnétique
(IRM) avant AHS et GK et au moins un an après pour chacun des
patients. Nous avons réalisé des analyses de groupes des données
TEP avec le logiciel Statistical Parametric Mapping (SPM99).
Résultats. Nous avons observé une aggravation
statistiquement significative du métabolisme aussi bien après AHS
qu’après GK. Dans le groupe 1, nous avons mis en évidence une
diminution statistiquement significative du métabolisme après SAH
au niveau du pôle temporal, du noyau caudé et du thalamus
ipsilatéraux (p < 0,001) et évidemment une aggravation
de l’hypométabolisme pré-existant au niveau des structures
temporales mésiales qui ont été réséquées (p < 0,001).
Dans le groupe 2, après GK, nous avons montré une aggravation de
l’hypométabolisme au niveau du pôle temporal ipsilatéral
(p < 0,007) et au niveau de la région temporale
médiale (p < 0,01) mais à un seuil statistique de
significativité beaucoup moins restreint qu’après AHS. La
comparaison statistique des données métaboliques du groupe 1, après
AHS, par rapport au groupe 2, après GK, montre une aggravation de
l’hypométabolisme au niveau du pôle temporal qui est similaire
après les deux méthodes, néanmoins l’aggravation au niveau des
structures temporales mésiales est moins sévère après GK
(p < 0,001).
Conclusion. Cette étude montre une aggravation de
l’hypométabolisme aussi bien après AHS que GK. Cette aggravation
concerne des structures à distance épargnées par la chirurgie
sélective (pôle temporal, noyau caudé et thalamus ipsilatéraux) ou
par la radiochirurgie (pôle temporal ipsilatéral) en plus de la
cible chirurgicale (structures temporales mésiales). Au niveau des
structures temporales mésiales, cette aggravation apparaît moins
sévère après GK mais au niveau du pôle temporal ipsilatéral elle
apparaît similaire. Il serait intéressant de corréler ces résultats
au devenir neuropsychologique des patients ainsi qu’à l’efficacité
du traitement sur les crises.
Interruption du réseau épileptogène par une chirurgie sélective
dans le traitement des épilepsies temporales
C. Mascott, J.-C. Sol, M. Tiberge, J. Albert Lotterie, M.
Kany, L. Valton, T. Frederick
Hôpital Rangueil, Toulouse
Si l’efficacité du traitement chirurgical de l’épilepsie est
bien démontrée, en particuliers en cas d’épilepsie temporale,
l’approche chirurgicale reste discutée. Certaines équipes proposent
une résection standardisée plus ou moins large du lobe
temporal ; d’autres avancent qu’au prix d’une exploration
détaillée du réseau épileptogène et des zones fonctionnelles on
peut réaliser une résection plus sélective, « sur
mesure », qui permettrait d’obtenir un meilleur contrôle des
crises et une réduction des séquelles cognitives (principalement
sur la mémoire et le langage). Nous présentons ici les résultats
obtenus après chirurgie de l’épilepsie du lobe temporal selon une
approche sélective ou hypersélective.
Nous avons revu, parmi les patients souffrant d’une épilepsie
temporale, opérés par CM entre 1990 et 2003, à Tulasne (Louisiane,
États-Unis) ou à Toulouse (France), ceux pour lesquels les
explorations pré-opératoires (bilan de phase 1, test de Wada,
électro-corticographie peropératoire, et enregistrements EEG
invasifs chez certains patients) avaient conduit à une approche
chirurgicale non standardisée avec résection sélective ou
hypersélective. L’approche hypersélective a été réalisée dans la
plupart des cas afin de préserver la mémoire verbale par des
résections subtotales des structures mésio-temporales ou la
compréhension du langage en limitant la résection corticale ou en
réalisant des transections sous-piales dans les régions présentant
une activité épileptique lors de l’électrocorticographie. Pour ces
raisons, dans la majorité des cas choisis, il s’agit d’une
épilepsie du lobe temporal gauche.
Tous les patients y compris les 5 cas porteurs de lésions
ont été opérés selon une approche sélective ou hypersélective de la
région temporale. Quinze des 17 patients opérés étaient libres
de toute crise à un an de suivi.
Dans cette courte série, l’approche chirurgicale temporale
non-standardisée paraît donner des résultats épileptologiques au
moins comparables à ceux obtenus après lobectomie temporale
antérieure, suggérant qu’elle permet une interruption suffisante du
réseau épileptogène. L’étude doit être poursuivie pour rechercher
si « notre approche sélective » permet également une
bonne protection des fonctions cognitives comme cela a été retrouvé
ailleurs.
Facteurs associés au suicide des adolescents épileptiques
N. Jovic, V. A. Milovanovic
Clinique pour la Neurologie et la Psychiatrie infantile,
Belgrade, Serbie et Monténégro
Le taux de suicides est 4 à 5 fois plus élevé chez les
épileptiques que dans la population générale. Épilepsie temporale,
états dépressifs, difficultés du fonctionnement psychosocial,
effets iatrogènes des médicaments sont reconnus comme des facteurs
majeurs associés à la « suicidogenèse ». Une étude
rétrospective à cinq ans (1998-2003) a été éffectuée concernant
l’incidence des adolescents épileptiques qui se sont suicidés ou
ont tenté de le faire. Pour identifier des facteurs de risque, on a
analysé des variables liées à l’épilepsie (contrôle de crises,
anomalies à l’EEG, fonctionnement cognitif, traitement
antiépileptique), des données socio-économiques et des facteurs
psychodynamiques. Trois patients, une fille et deux jeunes hommes,
âgés de 14, 16 et 17 ans, se sont suicidés à la maison, sans
témoins et de façon différente : surdosage du médicament
antiépileptique, coup de feu et saut dans le vide. Sur
11 patients, 10 ont tenté de se suicider par un surdosage du
médicament antiépileptique prescrit. L’analyse des facteurs
cliniques a montré la prédominance des épilepsies à crises
partielles complexes (8) et l’épilepsie myoclonique juvénile (4).
Aucun de ces patients n’avait de crises pharmaco-résistantes. Dans
tous les cas, excepté une fille avec une épilepsie temporale, le
contrôle des crises a été complet ou favorable à long terme (deux
ans au moins). Un déficit intellectuel existant avant le début des
crises, n’est constaté que chez les trois épileptiques qui ont
tenté de se suicider. Une association avec des troubles émotionnels
antérieurs est retrouvée dans trois cas, tandis qu’il y avait une
psychopathologie familiale dans deux autres cas. La latéralisation
du foyer épileptogène n’a pas d’influence significative. Le VPA, la
CBZ et la LTG ont été prescrits en monothérapie (10 cas) ou en
comédication avec les benzodiazépines. Les taux plasmatiques
étaient recommandés. L’analyse des facteurs psychodynamiques et des
lettres d’adieu a démontré la souffrance psychique chez les trois
suicidés et chez 7 des 11 patients qui ont tenté de se tuer.
La maladaptation, la stigmatisation, l’exclusion des activités des
jeunes du même âge, les craintes confuses de séquelles et
d’anormalités, les mauvaises interactions relationnelles avec la
famille et les restrictions excessives et prolongées, dictées par
le médecin ou par la surprotection parentale ont été identifiés
comme des facteurs de risque.
Les variables liées à l’épilepsie ne semblent pas être des
facteurs de risque majeurs pour le suicide des adolescents étudiés.
Une évolution psychosociale défavorable et la souffrance psychique
sous-estimée sont identifiées comme étant les facteurs les plus
importants.
La psychothérapie comme méthode de soutien au traitement des
malades atteints d’épilepsie
V. Lukic
Clinique neurologique et psychiatrique pour enfants et
adolescents, Belgrade
Il y a un besoin indiscutable d’une approche thérapeutique
pluridisciplinaire dans le traitement des épileptiques. Établir
principalement le contrôle des crises est la première tâche du
traitement, suivie par l’intention d’empêcher le déclin dans la
qualité de vie. En fait, ces malades ont des problèmes dans les
relations psychosociales, même après avoir réussi le contrôle des
crises. Ainsi, la psychothérapie est combinée avec la thérapie
antiépileptique (TAE) avant que le contrôle ne soit pas atteint. La
psychothérapie est une méthode de soutien associée au traitement
antiépileptique.
Objectif. Présenter la pratique psychothérapique avec les
adolescents, qui améliore le fonctionnement psychosocial général et
soutient l’intellect ainsi que les potentiels éducatifs des
malades ; dépeindre le défi psychothérapique spécial qu’est le
phénomène « d’habiter avec la maladie » pour des malades
en train de guérir – améliorer la qualité de vie des
malades et réduire la possibilité d’être étiqueté et d’être rejeté
socialement.
Matériel et méthodes. Cet article comprend six cas
d’adolescents avec épilepsie partielle, ayant une TAE. Ont été
appliquées les techniques différentes et spécifiques de la
Gestalt-thérapie (GT) dans un cadre de référent holistique, qui
soutient l’intégration de la psyché et du corps. Le développement
de différents modes d’expression, et de la sensibilité des sens au
monde extérieur, l’utilisation de la fantaisie, sont les techniques
appliquées pour explorer et élargir la conscience. Avec l’accent
mis sur l’importance de l’expression grâce à la précision du
langage, pendant ce procédé, les adolescents apprennent à
verbaliser des pensées, à sentir, faire et essayer une hypothèse, à
résoudre des problèmes, et découvrent la manière de protéger leur
santé mentale et physique, etc.
Résultats. Les adolescents qui ont été impliqués dans la
psychothérapie pendant 3-6 mois, avaient fait l’objet d’une
évaluation psychologique. Six patients (quatre jeunes hommes et
deux jeunes femmes), majeurs entre 14 et 19, possédaient une
intelligence normale et sans troubles de la personnalité ou du
comportement. L’âge moyen de ces malades est de 16 ans, et
l’âge moyen de leur première crise de 9,6 ans. La moitié des
malades a réussi le contrôle entier des crises. Cependant, au début
du procédé, de même que les autres malades, ceux-ci ont été
détectés à un niveau supérieur d’anxiété, le lieu externe de
contrôle, et éprouvant leur « maladie » comme un
stigmate. Basé sur l’évaluation de soi et les données obtenues des
parents, la diminution de l’anxiété, de même que l’acceptation
meilleure de la maladie, ont été retrouvées chez deux tiers des
malades.
Résumé. La psychothérapie est une méthode significative
dans l’approche pluridisciplinaire du traitement de l’épilepsie,
surtout en vu des implications psychosociales de la maladie d’une
part, et, d’autre part des autres besoins de développement
spécifiques aux adolescents. Ce genre de thérapie qui soutient et
facilite l’indépendance est extrêmement apprécié par les jeunes
hommes. Le plus efficace est la relation établie pendant le travail
thérapeutique, encore plus importante que les techniques appliquées
ou le message transmis. Un changement clé arrive chez les malades
lorsqu’ils s’acceptent eux-mêmes tels qu’ils sont.
Femmes épileptiques, mères épileptiques : le désir
d’enfant
C. Legrand1, D. Legrand2, B.
Guegen3, R. Bobet4
1 Étudiante à l’École de Psychologues
Praticiens (Paris), mémoire de 5e année
2 Médecin généraliste (Tourcoing)
3 Neurologue, hôpital Sainte-Anne (Paris)
4 Laboratoire de psychologie clinique et de
psychopathologie, Université Paris 5
Les risques médicaux de l’épilepsie et de son traitement sur la
grossesse et l’enfant à venir, les conséquences de la grossesse sur
le cours de l’épilepsie chez la femme enceinte ont fait l’objet de
nombreux travaux et publications. Par contre, aucune recherche à
notre connaissance ne s’est intéressée aux représentations et aux
attentes des femmes épileptiques qui envisagent une maternité.
Qu’en est-il du désir d’enfant chez la femme
épileptique ?
« Le désir d’enfant serait la traduction naturelle du désir
sexuel dans sa fonction collective d’assurer la reproduction de
l’espèce et dans sa fonction individuelle de transmission de
l’histoire personnelle et familiale ». Il s’inscrit à
l’articulation du transgénérationnel et de l’histoire individuelle.
Le désir d’enfant vise à satisfaire l’idéal du moi. Il trouve ses
racines en partie dans l’inconscient : « ce qui est
désiré dans un couple, ce n’est pas pour ainsi dire l’enfant réel à
venir, mais la réalisation des souhaits infantiles inconscients de
chacun des membres du couple » (Bydlowski).
Cette recherche clinique aborde la thématique du désir d’enfant
auprès de 8 femmes souffrant d’une épilepsie idiopathique,
informées des objectifs de la recherche et consentantes pour y
participer. Elles sont âgées de 22 à 40 ans : une jeune
femme, sans enfant, n’a pas encore de projet d’enfant,
2 femmes primipares sont enceintes, 5 femmes ont déjà un
ou plusieurs enfants.
Réalisés à partir d’un guide d’entretien, les entretiens
enregistrés et retranscrits ont fait l’objet d’une analyse
informatisée à l’aide du logiciel Tropes (analyse automatique du
discours). Cette méthode d’analyse, initiée par Ghiglione,
correspond à une orientation cognitiviste et pragmatique du
discours. Des premiers résultats, on peut retenir plusieurs
problématiques :
– le désir inconscient d’enfant se trouve en conflit avec
les angoisses des risques liés à l’épilepsie et à son traitement.
Ce conflit entre en résonance avec les pressions et les angoisses
parentales (notamment les mères de ces femmes
épileptiques) ;
– la grossesse est marquée par une crainte d’une
transmission héréditaire de l’épilepsie à l’enfant à naître, une
culpabilité des risques possibles, le souhait d’un IVG en cas de
malformations du fœtus ;
– l’enfant fantasmatique chez les femmes sans enfant et
l’enfant réel chez les femmes déjà mères sont investis
paradoxalement d’un rôle protecteur : il est capable de
protéger et de rassurer sa mère lors de crises (inversion du rôle
maternant).
L’intérêt de cette recherche est de souligner l’importance du
vécu subjectif du désir d’enfant chez la femme épileptique, sur
l’investissement de la grossesse et l’établissement du lien mère
enfant. Une demande de soutien psychologique est parfois
exprimée.
La perception subjective de leur qualité de vie par les parents
d’un enfant épileptique, diabétique ou autiste
R. Bobet1, A. Gary2, S.
Gicquiaud1, A.-S. Salle3, N.
Boucher4, A. Aboulabdeh5, D.
Thibaut5, C. Bulteau6, J.-L.
Adrien1
1 Laboratoire de psychologie clinique et de
psychopathologie, institut de Psychologie, Université Paris V
2 Psychologue praticienne
3 Étudiante à l’Ecole de Psychologues Praticiens
4 Laboratoire des Sciences de l’Education,
Université Paris 5
5 Service de pédiatrie, hôpital de Melun
6 Fondation Rothschild, Paris
La prise en compte de la qualité de vie des patients souffrant
d’une affection chronique ou d’un handicap est un enjeu majeur de
société. Elle est primordiale lorsqu’il s’agit d’un enfant.
Peu de recherches systématisées ont envisagé l’évaluation de la
qualité de vie, aussi bien dans l’épilepsie que dans le diabète
insulino-dépendant ou l’autisme. L’intérêt est récent en France par
rapport aux pays anglo-saxons ou nordiques où les cliniciens et les
chercheurs disposent de nombreuses échelles génériques et/ou
spécifiques pour évaluer la qualité de vie de patients chroniques.
Peu d’échelles de qualité de vie ont été traduites et adaptées au
contexte francophone.
Cette recherche clinique exploratoire s’intéresse à la
perception subjective de la qualité de vie par les parents d’un
enfant épileptique (épilepsie idiopathique), diabétique (DID) ou
autiste.
Un entretien clinique approfondi a été réalisé avec chacun des
parents participant à la recherche sur l’histoire de la maladie de
l’enfant ou de la découverte du handicap (autisme infantile). A
partir de ce fil conducteur, les retentissements de l’épilepsie, du
diabète ou de l’autisme sur les différents domaines de la qualité
de vie ont été systématiquement envisagés, comme l’incidence de la
maladie ou du handicap sur la famille restreinte (couple et
fratrie), la famille élargie, les relations amicales, les loisirs,
le travail des parents, l’éducation des enfants, les
investissements personnels...
Les familles ayant participé à cette étude sont :
15 familles d’un enfant épileptique, 10 familles d’un
enfant diabétique, 10 familles d’un enfant autiste bénéficiant
d’un projet d’intégration scolaire.
Les entretiens enregistrés et retranscrits ont été soumis à une
analyse automatique informatisée (logiciel Tropes). Cette méthode
d’analyse, initiée par Ghiglione, correspond à une orientation
cognitiviste et pragmatique du discours.
L’exposé se propose de présenter la méthodologie d’analyse et
les premiers résultats de cette recherche sous l’angle des
mécanismes de coping mis en œuvre par les parents pour faire face à
la maladie ou au handicap de leur enfant. Il existe une grande
variabilité individuelle dans la perception de leur qualité de vie
à l’intérieur de chaque couple parental, qu’il s’agisse de
l’épilepsie, du DID ou de l’autisme. Si des problématiques
similaires peuvent être dégagées (impact du regard d’autrui, le
vécu de la temporalité et la projection dans l’avenir...), elle
prennent une tonalité subjective et psychosociale
différente : énigme de l’autisme, stigmatisation plus grande
de l’épilepsie par rapport au DID par exemple.
Évaluation de la scolarité des enfants épileptiques
N. Villeneuve1, V. Laguitton1,
Josette Mancini2
1 Centre Saint-Paul-hôpital Henri Gastaut,
Marseille
2 Inserm U379
But. Evaluer le parcours scolaire et les difficultés
scolaires des enfants épileptiques, apprécier les rééducations
proposées pour réfléchir aux moyens d’améliorer leur situation
scolaire.
Moyens. 180 questionnaires ont été adressés aux
parents d’enfant épileptique âgé de 3 à 18 ans. Le diagnostic
de l’épilepsie a été noté pour chaque patient. Les résultats de
l’évaluation neuropsychologique étaient connus pour
82 enfants
Résultats. 136 réponses étaient analysables.
110 enfants étaient scolarisés dans l’Éducation nationale et
26 hors Éducation nationale. 72 % des enfants ont des
difficultés scolaires et elles ont débuté avant l’âge de 8 ans
pour 81 % d’entre eux. 33 % ont redoublé au moins une
classe. 73 % ont des troubles du comportement. L’analyse
statistique (Anova) montre que les difficultés scolaires sont
corrélées aux troubles du comportement (lenteur, troubles de
l’attention et fatigabilité) (p < 0,001) et aux
résultats de l’efficience intellectuelle globale
(p < 0,001). L’efficience intellectuelle globale des
enfants épileptiques est inférieure à celle de la population
générale, cependant les enfants ayant une épilepsie idiopathique
ont des résultats comparables à ceux de la population générale. Il
y a une dissociation visuo-verbale pour 58,2 % des enfants, au
profit du verbal pour 89,2 %. Les déficits spécifiques sont
mis en évidence quel que soit le résultat de l’éfficience
intellectuelle. Les rééducations sont fréquentes
(orthophonie : 43 %, psychomotricité : 24 %,
suivi psychologique 22 %) mais diminuent au cours du
temps.
Conclusions. Les difficultés scolaires sont fréquentes
chez les enfants épileptiques. Elles sont liées à des déficits
spécifiques complexes et souvent intriqués. La rééducation est la
solution proposée. L’adaptation de la scolarité peut se faire par
les CLIS et les AVS, mais surtout par les établissements
spécialisés pour l’épilepsie pour permettre une prise en charge
globale de la maladie.
Examen neuropsychologique des épilepsies temporales
pharmaco-résistantes
M. Denuelle, F. Marlats, C. Mascott, M. Tiberge, G.
Géraud, L. Valton
CHU Rangueil, Toulouse
L’évaluation neuropsychologique participe au bilan
préchirurgical des patients souffrant d’une épilepsie partielle
pharmaco-résistante (EPPR). Cependant, sa valeur pour déterminer la
localisation de la zone épileptogène est souvent faible au niveau
individuel.
Objectifs. Décrire le profil cognitif observé chez les
patients souffrant d’une EPPR temporale, et étudier dans quelle
mesure l’altération cognitive dépend de la localisation de la zone
épileptogène.
Sujets et méthodes. Nous avons étudié l’évaluation
préchirurgicale des fonctions cognitives (langage, organisation
visuo-spatiale, attention, fonctions exécutives, et mémoires
verbales et visuelles) de 29 patients opérés pour une
épilepsie temporale droite (13) ou gauche (16), qui présentaient
une pathologie mésiale (sclérose hippocampique = 22), ou
néocorticale (7).
Résultats. La majorité des patients (26/29) présentait un
ou plusieurs troubles cognitifs. L’atteinte de chaque fonction
cognitive n’est pas significativement plus fréquente que
l’épilepsie soit droite ou gauche, que la lésion soit mésiale ou
néocorticale. Par contre, lorsque le bilan neuropsychologique
permet, globalement, une latéralisation du déficit cognitif
(14/29), soit à l’hémisphère dominant en cas d’atteinte du langage
et/ou de la mémoire verbale, soit à l’hémisphère mineur en cas
d’atteinte de l’organisation visuo-spatiale et/ou de la mémoire
visuelle, cette latéralisation correspond à celle de la zone
épileptogène (13/14, p < 0,05).
Conclusion. Bien que le bilan neuropsychologique soit
fréquemment altéré chez les patients souffrant d’une EPPR
temporale, l’altération est souvent diffuse et non spécifique. En
revanche, lorsque le déficit cognitif est en faveur d’un
dysfonctionnement latéralisé, il correspond à la latéralisation de
la zone épileptogène.
Acquisition de nouvelles connaissances sémantiques chez
2 enfants amnésiques
S. Martins, B. Guillery-Girard, I. Jambaqué, F.
Eustache
Inserm E2018 Paris
De nombreuses recherches montrent, chez certains adultes
souffrant d’un syndrome amnésique permanent, l’existence de
capacités préservées en mémoire sémantique malgré des troubles
massifs en mémoire épisodique. Toutefois, peu de chercheurs se sont
intéressés aux capacités mnésiques de jeunes enfants amnésiques. En
1997, l’équipe de Vargha-Khadem a publié un article majeur montrant
que des enfants victimes de lésions temporales internes précoces
possèdent, à l’adolescence, un niveau de connaissances générales
proche de la norme. Cependant, aucune étude ne s’est intéressée à
la formation de ce savoir au cours de l’enfance. La présente étude
vise à démontrer la possibilité d’acquérir de nouveaux concepts
(noms et caractéristiques sémantiques) flexibles et durables chez
deux enfants amnésiques et à préciser la contribution de la mémoire
épisodique dans l’apprentissage de ces concepts.
Méthode. Un protocole original comprenant des
illustrations et des textes descriptifs a été proposé à deux
enfants présentant un syndrome amnésique permanent, celui-ci étant
consécutif à un état de mal épileptique pour KF (7 ans) et à
un craniopharyngiome pour RH (9 ans et 6 mois).
L’acquisition porte sur 8 nouveaux concepts constitués chacun
d’un nom et de 4 caractéristiques. Ce protocole
comporte : 1) l’apprentissage stricto sensu qui
s’appuie sur plusieurs méthodes (méthode d’apprentissage sans
erreur et technique d’estompage dont le but est d’optimiser
l’acquisition de connaissances) et 2) l’évaluation de la mémoire
épisodique au cours de cet apprentissage au moyen d’épreuves
originales et du paradigme Remember/Know.
Résultats. L’ensemble des résultats montre que les
enfants amnésiques sont capables d’acquérir de nouveaux noms et de
nouvelles caractéristiques concernant plusieurs concepts ; de
façon stable dans le temps et comparable aux enfants sains. Les
réponses des enfants amnésiques au paradigme R/K et aux épreuves de
reconnaissance sont proches de celles des enfants témoins mais les
enfants amnésiques ne peuvent justifier la nature de leur état de
conscience par des indices spatio-temporels contrôlés.
Discussion. Cette étude met en évidence, chez KF et RH,
une acquisition de novo de concepts complexes et montre
qu’ils réalisent les épreuves de mémoire épisodique sur la base
d’un sentiment de familiarité relevant de la mémoire sémantique.
Ces résultats : 1) modèrent l’idée selon laquelle la mémoire
épisodique est indispensable à l’apprentissage sémantique et 2)
confortent l’hypothèse de Tulving postulant qu’un sujet peut
acquérir de nouvelles connaissances sans que celles-ci n’accèdent
au statut de souvenir. Le protocole élaboré pour cette recherche
pourrait donc constituer le point de départ pour l’élaboration d’un
programme de rééducation tenant compte des capacités préservées
chez l’enfant amnésique.
Troubles du langage dans le syndrome de pointes-ondes continues
du sommeil (POCS)
S. Debiais1,2, C. Hommet1,2, L.
Tuller3
1 Service de Neurologie, CHU Bretonneau,
37000 Tours
2 Unité Inserm U 619, 37000 Tours
3 Laboratoire Langage et Handicap, Université
François-Rabelais, 37000 Tours
Le syndrome de pointes-ondes continues pendant le sommeil (POCS)
est un syndrome épileptique rare de l’enfant, associant une
épilepsie, des troubles cognitifs, et des anomalies paroxystiques
généralisées pendant le sommeil. Le pronostic est essentiellement
déterminé par l’intensité des troubles neuropsychologiques
séquellaires. Ces troubles peuvent concerner différents domaines
cognitifs, et notamment celui du langage. Les perturbations des
compétences langagières ont souvent été rapportées mais rarement
explorées spécifiquement. Elles pourraient concerner plus
particulièrement le domaine de la pragmatique. Le but de cette
étude était d’étudier les performances linguistiques de
10 sujets porteurs d’un syndrome de POCS, âgés de 9 à
23 ans. Les compétences morphosyntaxiques et lexicales dans le
langage oral et écrit ont été analysées à l’aide d’une batterie
standardisée (BILO). Les compétences pragmatiques ont été évaluées
par des épreuves de récit procédural et de narration d’après images
séquentielles. Les résultats ont été comparés à ceux d’une
population témoin d’enfants scolarisés, âgés entre 6 et
10 ans. Les performances non verbales ont été évaluées à
partir de deux sub-tests de l’échelle d’intelligence de Wechsler
(cubes et arrangement d’images). Nous avons constaté des troubles
langagiers majeurs, touchant l’ensemble des aspects
morphosyntaxiques et lexicaux. La compréhension orale était le seul
domaine préservé chez tous les sujets, et les domaines de jugement
grammatical et lexical étaient les plus altérés. Les perturbations
langagières étaient donc différentes de celles classiquement
observées dans un syndrome épileptique voisin, le syndrome de
Landau Kleffner (agnosie auditivo-verbale). Malgré des résultats
non homogènes, nous avons mis en évidence une atteinte des
compétences pragmatiques. Nos observations dans ce domaine
encouragent à poursuivre l’évaluation de la pragmatique, notamment
dans des populations de patients plus importantes, comparés avec
des échantillons de témoins plus nombreux et appariés sur l’âge. De
plus, nos résultats nous ont conduit à évoquer la possibilité d’un
syndrome dysexécutif. Les fonctions exécutives mériteraient donc
d’être explorées plus précisément. La comparaison entre les
performances des sujets en période active de POCS et celles des
sujets dits guéris ne montrait pas de différence, ce qui confirme
le mauvais pronostic neuropsychologique de ce syndrome. Cette
observation soulève également la problématique plus générale de
l’interaction entre anomalies épileptiques, développement des
fonctions cognitives et maturation cérébrale. Cette étude
préliminaire incite à poursuivre l’évaluation standardisée du
langage, et particulièrement de la pragmatique, dans le syndrome
des POCS, ainsi que dans des syndromes apparentés (EPR,
Landau-Kleffner).
Épilepsies généralisées idiopathiques de l’adolescent aggravées
par l’oxcarbazépine
C. Kuate, P. Gélisse, P. Genton, M. Baldy-Moulinier, A.
Crespel
Unité Médico-Chirurgicale de l’épilepsie, hôpital
Gui-de-Chauliac, Montpellier Centre Saint-Paul-hôpital Henri
Gastaut, Marseille
Plusieurs études ont montré que la carbamazépine (CBZ) pouvait
aggraver une épilepsie généralisée idiopathique (EGI).
L’oxcarbazépine (OXC) est un nouveau médicament antiépileptique
proche de la CBZ. Nous rapportons 6 cas d’EGI de l’adolescent
aggravés par l’OXC.
Méthodologie. Nous avons analysé rétrospectivement les
dossiers de tous les patients avec EGI adressés pour la
1e fois dans l’unité médico-chirurgicale de l’épilepsie
de Montpellier, de janvier 2001 à juin 2003 et traités par OXC.
Résultats. Pendant cette période, nous avons identifié
six patients. Tous ont eu une aggravation de l’épilepsie sur le
plan clinique et électroencéphalographique. L’OXC avait été
utilisée suite à un diagnostic erroné d’épilepsie partielle ou à un
diagnostic d’épilepsie avec crises généralisées tonico-cloniques
d’étiologie indéterminée (absence de classification syndromique de
l’épilepsie). Avant l’OXC, seul un patient avait déjà été aggravé
par la CBZ. Quatre avaient une épilepsie myoclonique juvénile, un
avait une épilepsie-absences juvénile et le dernier une EGI non
déterminée. L’OXC administrée à la dose de 300 à 1200 mg/j a
été utilisée en monothérapie chez tous, sauf pour un patient.
L’aggravation a consisté en une augmentation (5 cas) ou
l’apparition (1 cas) de secousses myocloniques. Trois sujets
ont eu une aggravation des absences dont un état mal. L’effet de
l’OXC sur les crises généralisées tonico-cloniques a été moins
prononcé avec absence d’aggravation chez trois patients et légère
augmentation de la fréquence des crises chez les trois autres.
Conclusion. L’OXC fait bien partie des médicaments
susceptibles d’aggraver les EGI en particuliers les myoclonies et
les absences.
Perte de poids sous lévétiracétam
P. Gélisse, C. Kuate, O. Diaz, M. Baldy-Moulinier, A.
Crespel
Unité Médico-Chirurgicale de l’épilepsie, hôpital
Gui-de-Chauliac, Montpellier
Le principal médicament antiépileptique (MAE) connu pour
entraîner une perte de poids est le topiramate. Le lévétiracétam
(LEV) est un nouvel antiépileptique qui n’est pas apparenté
chimiquement à d’autres MAE. Nous rapportons six observations de
perte de poids sous cette molécule.
Méthodologie. Patients suivis au niveau de l’unité
médico-chirurgicale de l’épilepsie de Montpellier ayant rapporté
spontanément une perte de poids importante sous LEV.
Résultats. Cinq femmes et un homme âgés de 20 à
62 ans ont rapporté une perte de poids importante sous LEV
(9,5 kg en moyenne) survenant dans les 3 premiers mois de
traitement. Aucun des sujets n’avait de surpoids sauf une patiente
qui pesait 66 kg pour 1m59. Trois patients avaient une
épilepsie partielle temporale, deux avaient une épilepsie
myoclonique juvénile et un une épilepsie-absences avec
photosensibilité. Les doses de LEV au moment de la perte de poids
étaient faibles et comprises entre 500 mg/j et
1 000 mg/j. Tous ont bénéficié d’un bilan thyroïdien,
inflammatoire et d’une glycémie à jeun qui se sont révélés normaux.
Chez quatre patients, la responsabilité propre de la molécule est
hautement probable avec notamment chez un la perte de 12 kg en
2 mois malgré un régime hypercalorique. Chez une patiente, la
perte de 10 kg coïncida avec un arrêt du vigabatrin. Chez la
dernière patiente, la mise en route du LEV s’accompagna en début du
traitement de vomissements et d’une dysphagie qui a pu favoriser la
perte de poids.
Discussion. Récemment, Hadjikoutis et al. (2003)
ont rapporté une perte de poids de 20 à 27 kg chez quatre
patients traités par LEV en traitement additif à des doses de
2 000 à 3 000 mg/j. Les auteurs mentionnèrent une
stabilisation du poids après réduction de la posologie de 250 à
500 mg/j.
Conclusion. Notre étude confirme la possibilité d’une
perte de poids importante sous LEV mais à des doses plus faibles.
Cette perte de poids survient rapidement après la mise en route du
traitement. Dans notre expérience, cet effet secondaire apparaît
comme rare mais mérite d’être connu.
Lévétiracétam et agressivité : étude prospective de
12 patients
M. Tribout, V. Laguitton, P. Genton
Centre Saint-Paul, HHG, 13258 Marseille 09
Le lévétiracétam (LEV) est un antiépileptique récent à large
spectre, caractérisé par un profil de tolérabilité favorable.
L’utilisation pratique du LEV a permis de constater que deux types
d’effets collatéraux étaient assez fréquemment rencontrés en début
de traitement, la somnolence et des modifications du caractère.
Cette étude prospective porte sur 12 patients consécutifs
adultes vus avant et après addition de LEV au traitement antérieur.
Nous avons administré l’inventaire d’anxiété-état de Spielberger,
l’échelle de dépression d’Hamilton, et l’échelle SDAS évaluant
l’agressivité et le dysfonctionnement social. Aucune anomalie
significative n’est apparue, en dehors d’une augmentation
significative de l’agressivité, portant exclusivement sur
l’agressivité tournée vers l’extérieur, qui est généralement
méconnue du patient. Les conséquences cliniques de ces
modifications du caractère ont été fonction de l’état antérieur du
patient, et n’ont posé de réels problèmes que chez une minorité.
Cet effet collatéral original doit être connu et peut imposer
certaines précautions lors de la mise en route d’un traitement par
LEV. Son évolution à long terme n’est pas encore bien cernée.
Apport du lévétiracétam dans les épilepsies myocloniques
progressives : mythe ou réalité ?
A. Rouvel, C. Soufflet, B. Gueguen, I. Inisan, A.
Rancaud
Service de Neurophysiologie Clinique, Centre hospitalier
Sainte-Anne, Paris
Nous rapportons les cas de deux patientes jeunes âgées de
16 et de 21 ans présentant une épilepsie myoclonique
progressive familiale de type Unverricht-Lundborg très invalidées
par des crises tonico-cloniques généralisées fréquentes, une
ataxie, des myoclonies incessantes et intenses ayant entraîné une
exclusion scolaire et sociale.
Les difficultés thérapeutiques rencontrées dans ces épilepsies
myocloniques progressives sont classiquement rapportées dans la
littérature. Devant la pharmaco-résistance de l’épilepsie de ces
jeunes patientes un traitement par le lévétiracétam en
association avec le valproate de sodium a été instauré et a
permis une amélioration électro-clinique rapide et notable qui
a pu être suivie par la réalisation d’un enregistrement
EEG-vidéo-continu.
Le lévétiracétam est un anti-épileptique de nouvelle génération
dont l’efficacité est connue sur les crises
partielles. Certains auteurs ont décrit une amélioration avec
diminution des myoclonies chez des patients ayant reçu du
lévétiracétam en monothérapie.
L’action bénéfique retrouvée chez nos deux patientes déjà
traitées par le valproate de sodium soulève l’hypothèse d’une
potentialisation du valproate de sodium par le lévétiracétam
dans les épilepsies myocloniques progressives.
Place du topiramate dans les stratégies thérapeutiques en
neurologie libérale : enquête auprès de
312 neurologues
G. Lavernhe, M. Mann, A. Grinspan, P. Genton,
ANLLF et réseau Epilepsie Sud-Est
RESE, 2 bis rue d’Abon, 05000 Gap
Le topiramate (TPM) a été introduit dans la pharmacopée
antiépileptique des neurologues en 1998, après plusieurs années
d’essais cliniques, avec indication limitée au traitement en ajout
dans des épilepsies focales rebelles. Le TPM a reçu en
2003 une indication en monothérapie dans les épilepsies
généralisées et focales de l’adulte et de l’enfant à partir de
2 ans. Pour cet antiépileptique récent, il nous a semblé
important de faire le point sur les conditions d’utilisation de la
molécule dans la pratique quotidienne des praticiens prenant en
charge les patients en ambulatoire. Une enquête par questionnaire,
a permis de recueillir 312 réponses émanant de neurologues à
activité libérale. Les principaux résultats montrent :
– que 68,8 % des neurologues utilisent le TPM aussi
bien dans les épilepsies focales que généralisées,
– que 34,8 % l’utilisent aussi dans le traitement des
épilepsies myocloniques, en raison des publications récentes sur ce
sujet,
– que le TPM est utilisé dans les épilepsies idiopathiques
autant que dans les épilepsies symptomatiques,
– que des paliers très progressifs, de 25 mg/semaine,
étaient préférés par la grande majorité des prescripteurs (avec
moins de 1 mg/kg par palier pour plus de la moitié chez
l’enfant),
– que la dose d’entretien était souvent inférieure à
5 mg/kg chez l’enfant,
– que l’efficacité était bien perçue, avec 31 % des
patients libres de crises,
– et que les effets secondaires étaient dominés par la
perte de poids, effet significatif chez plus de 5 % des
patients pour 77 % des praticiens, alors que les effets
secondaires neurologiques sont présents chez moins de 5 % pour
les 2/3 des praticiens.
Cette enquête se situe encore dans une période d’utilisation du
TPM majoritairement en association, et mérite d’être répétée
lorsque la monothérapie par TPM représentera une habitude
thérapeutique.
AME : acceptabilité et tolérance du valproate de sodium,
granulés à libération prolongée, en monothérapie chez l’enfant à
partir de 3 ans
J. Motte1, Clinact2, M.
Sevestre3
1 Unité de Neuropédiatrie, service de
Pédiatrie, American Memorial Hospital, CHU de Reims
2 Sèvres
3 Sanofi-Synthélabo, Paris
Etude de phase IV, multicentrique, non comparative, ayant pour
objectif principal d’évaluer l’acceptabilité d’une nouvelle
galénique de valproate (VPA) à libération prolongée
(Micropakine® chez l’enfant épileptique de plus de
3 ans.
Méthodologie. Il a été proposé aux neuropédiatres
hospitaliers français, de participer à cette étude et d’inclure des
enfants âgés de 3 ans à 15 ans recevant déjà ou relevant
d’un traitement par VPA en monothérapie. Le critère principal
d’efficacité était le score d’acceptabilité du traitement obtenu à
l’aide d’une auto-évaluation (échelle visuelle
hédonique – EVH) à J 90.
Résultat. Sur une période d’1 an,
76 neuropédiatres hospitaliers ont inclus 306 patients,
35,6 % (n = 109) étaient âgés de 3 à 5 ans,
57,8 % (n = 177) avaient de 5 à 10 ans et
6,5 % (n = 20) plus de 10 ans. Les posologies
moyennes (ET) quotidiennes étaient respectivement de 440 mg
(113), 606 mg (174) et 742 mg (218) en 2 prises.
L’EVH à 2 figurines adaptée aux enfants de moins de 5 ans
(n = 111) a montré : une bonne tête dans 52,3 %
des cas et une mauvaise tête dans 9,9 % (DM :
37,8 %). L’EVH à 4 figurines pour les enfants de plus de
5 ans (n = 194) a montré : très mauvaise tête
3,1 %, mauvaise tête 15,5 %, bonne tête 42,3 % et
très bonne tête 25,3 % (DM : 13,9 %).
L’un des critères secondaires était de comparer l’acceptabilité
du traitement entre J1 et J90 par les enfants recevant déjà à J1
une forme liquide de VPA, soit 2/3 d’entre eux. On observe une
franche amélioration de ce critère puisqu’à J1, chez les enfants de
moins de 5 ans, les parents estimaient avoir des difficultés à
donner le médicament dans 43 % des cas et qu’à J90 ils ne
sont plus que 16 %. Parmi les enfants de plus de 5 ans ce
pourcentage passe de 55 à 22 %. Par ailleurs sur le suivi des
patients restant dans l’étude à J90 on note 39 sorties
d’essai dont 7 pour efficacité insuffisante et 4 pour effets
indésirables. Les résultats des autres critères secondaires seront
présentés qu’il s’agisse des liens retrouvés entre acceptabilité et
observance ou entre acceptabilité et qualité de vie.
Conclusion. Cette étude a permis de mettre en évidence
l’amélioration de l’acceptabilité par les enfants de cette nouvelle
forme galénique par voie orale à libération prolongée. Cette
amélioration a pu être objectivée à la fois par les enfants
eux-mêmes mais également par leurs parents. Cette galénique
innovante de VPA représente un apport majeur dans l’arsenal
thérapeutique du neuropédiatre. Elle permet de réduire de moitié
l’amplitude des fluctuations plasmatiques et favorise une
administration en deux prises quotidiennes. Enfin cette forme est
particulièrement adaptée chez l’enfant de moins de 6 ans, en
raison de son goût neutre permettant une meilleure observance
améliorant ainsi la qualité de vie de l’enfant et de ses
parents.
Quels prolongements pour la conférence de consensus sur la
prise en charge des épilepsies partielles
pharmaco-résistantes ? Développement des réseaux. Présentation
d’une initiative émanant du groupe bibliographique
S. Chassagnon1, A. Kaminska2, L.
Vercueil3 pour le groupe bibliographique de la
conférence de consensus sur les EPPR4
1 Strasbourg
2 Paris
3 Grenoble
4 France
Au-delà de la participation à la revue exhaustive de la
littérature dans la préparation de la conférence de consensus sur
les épilepsies partielles pharmaco-résistantes, les membres du
groupe Bibliographique ont été frappés par le déficit en études
contrôlées multicentriques disponibles dans le champ des épilepsies
de l’enfant et de l’adulte. Une recherche complémentaire réalisée
en Juillet 2004 dans la base bibliographique PubMed a mis en
évidence que les études françaises participaient pour 1.5 %
des publications multicentriques, alors que cette proportion était
plus élevée dans d’autres disciplines de la Neurologie :
maladie de Parkinson (3 %), maladie d’Alzheimer (3 %),
neuropathie (2.5 %)... ; de plus, comparée aux autres
pays européens, et concernant le seul domaine de l’épilepsie, la
contribution française est inférieure quantitativement à celle de
la plupart de ses pays voisins européens. De nombreux facteurs
peuvent rendre compte de ce retard, dont, peut-être, une certaine
tradition nationale... Il est possible également que le caractère
rare, hétérogène et relativement récent de certains syndromes
épileptiques rende la réalisation des études de cohorte
méthodologiquement difficiles. Dès lors, comment favoriser une
collaboration entre équipes ?
Le premier pas serait de diffuser et veiller à l’entretien d’un
dossier patient type permettant un recueil standardisé des données
cliniques. Pour s’inscrire dans la durée, il serait nécessaire de
concilier concision, précision et modularité en ce qui concerne le
recueil des informations cliniques. En fonction des compétences et
collaborations de différentes équipes françaises et Européennes,
une meilleure coordination faciliterait probablement la réalisation
d’études multicentriques, qu’elles soient épidémiologiques,
génétiques, thérapeutiques... Un exemple de coopération
multicentrique sera présentée avec la méthodologie des oncologues
français. La méthodologie d’une première étude clinique prospective
concernant les modalités d’arrêt d’un traitement anti-épileptique
est présentée, à titre d’exemple. L’objectif de cette présentation
est de susciter une prise de conscience et un débat.
Apport diagnostique de l’EEG après privation de sommeil :
une étude prospective consécutive sur 21 semaines
S. Hamelin, L. Vercueil
CHU Grenoble, Service Neurologie
La privation de sommeil permet d’augmenter la pertinence des
enregistrements EEG chez les sujets épileptiques, mais son apport
diagnostique concernant l’exploration de malaises d’étiologie
indéterminée est peu étudié.
Méthode. Nous avons réalisé sur une période de
21 semaines une étude prospective chez 34 patients
consécutifs, explorés avec un EEG prolongé après privation de
sommeil. Les sujets inclus étaient explorés en raison de
malaises d’étiologie épileptique suspectée. Un minimum d’un
EEG standard avait été réalisé avant l’inclusion pour tous les
patients sauf un.
Résultats. 16 hommes, 18 femmes, d’un âge moyen
de 32,5 ans (13 à 59 ans) ont été enregistrés. 67 %
d’entre eux ne suivaient pas de traitement antiépileptique. La
privation de sommeil était complète pour 67 % des sujets,
partielle (0-4 heures de sommeil) pour 23 %, et un temps
de sommeil de plus de 4 heures avait été relevé chez 3 %
(2 valeurs manquantes). Il n’était pas retrouvé de corrélation
entre le temps de sommeil et l’évaluation subjective du niveau de
vigilance mesurée avant le début de l’enregistrement. Seuls
2 patients n’ont pas dormi. La majorité (93 %) a atteint
les stades légers du sommeil lent.
Un total de 6 crises épileptiques (34 % des sujets)
ont été enregistrées, permettant le diagnostic d’épilepsie
généralisée idiopathique pour 4 sujets, et celui
d’épilepsie partielle pour 2. Dix-neuf tracés
(56 %) présentaient des anomalies intercritiques, dont
13 étaient évocatrices du diagnostic d’épilepsie partielle, 2
d’épilepsie généralisée idiopathique, et 4 étaient non
spécifiques. Enfin, pour trois patients (9 %),
l’enregistrement de manifestations non épileptiques permettait de
porter un diagnostic. L’EEG après privation de sommeil permettait
de porter un diagnostic chez 19 patients soit 56 % des
sujets explorés.
Conclusion. L’apport diagnostique de l’EEG prolongé après
privation de sommeil, lorsque celui-ci a été demandé par un
neurologue devant un malaise suspect d’épilepsie, paraît élevé
(plus de 50 % de diagnostic positif). Dans notre étude, les
seuls éléments prédictifs positifs étaient le sexe féminin et
la présence d’un traitement antiépileptique.
Prévalence des troubles du sommeil et de la vigilance dans une
population de patients épileptiques
A.-M. Denizon, C. Monaca, A. Duhamel, W. Szurhaj, C.
Daems, P. Derambure
Service de Neurophysiologie clinique, hôpital Roger Salengro,
CHRU de Lille
Les troubles du sommeil et de la vigilance sont une plainte
fréquente des patients épileptiques.
Objectifs. Estimer la prévalence de ces troubles dans une
population de patients épileptiques, en fonction du traitement
antiépileptique et du type d’épilepsie.
Patients et méthodes. 243 patients épileptiques et
186 témoins ont rempli un questionnaire comportant des items
sur la qualité du sommeil nocturne et de la vigilance, les échelles
de Pittsburg et d’Epworth. Pour les patients épileptiques, des
informations sur leur épilepsie ont été demandées (traitement,
nombre de crises, types de crises...).
Résultats. Comparativement aux témoins, les patients
épileptiques ont significativement plus de troubles du sommeil
(score moyen à l’échelle de Pittsburg de 6,2 et 4,9 ;
p < 0,05). Concernant la vigilance, bien que le score
à l’échelle d’Epworth ne soit pas significativement différent entre
les deux populations, les sujets épileptiques rapportent plus de
siestes et d’attaques de sommeil que les témoins. Dans la
population épileptique, il existe un lien entre le degré de
somnolence et la prise de médicaments. Par ailleurs, les patients
épileptiques rapportant une somnolence diurne excessive ont une
symptomatologie évocatrice de syndrome d’apnées du sommeil.
Conclusion. Les troubles du sommeil et de la vigilance
sont plus fréquents dans la population épileptique et doivent donc
être recherchés systématiquement, notamment chez les patients
présentant une épilepsie partielle pharmaco-résistante.
Épilepsie partielle et frottement de nez péricritique : à
propos d’une série de 18 patients
V. Bourg, S. Jeannin, J. Breloin, G. Durand, M. Chatel, P.
Thomas
Service de Neurologie, hôpital Pasteur, CHRU de Nice
Le frottement de nez (FdN) a été décrit comme un signe
latéralisateur et localisateur dans les épilepsie partielles. Nous
avons voulu vérifier ces hypothèses chez nos patients.
Patients et méthode. Nous avons recherché
rétrospectivement dans la base de donnée d’épileptologie les
patients dont le compte-rendu de vidéo-EEG mentionnait l’existence
d’un FdN. L’ensemble des examens a été revu et nous avons
déterminé : le nombre de crises avec FdN, le nombre de FdN,
leur caractère per ou post-critique, la main utilisée et son
caractère homo ou ipsilatéral à la décharge EEG. Les patients ont
été séparés en 2 groupes en fonction du caractère temporal ou
extra-temporal de l’épilepsie.
Résultats. Dix-huit patients (4,5 %) ont été
identifiés : 8 hommes, 10 femmes, âge moyen
35,8 ans. Treize patients avaient une épilepsie temporale,
5 une extra-temporale. Au total, 97 crises ont été
enregistrées dont 53 avec FdN. Le nombre de FdN au cours d’un même
épisode variait de 1 à 9 (132 FdN). Les FdN survenaient en
période critique (5 patients), post-critique (7 patients)
ou au cours des 2 périodes (6 patients). Un tiers des
patients utilisait les 2 mains, 38,9 % la main
ipsilatérale et 27,8 % la main controlatérale. Dans le groupe
avec épilepsie temporale, un FdN est retrouvé dans 71,4 % des
crises, 77 % des patients utilisent la main controlatérale à
la décharge ou les deux mains. Dans le groupe 2, un FdN est présent
dans 37,5 % des crises, 4 patients sur 5 utilisent
la main ipsilatérale.
Conclusion. L’existence d’un FdN apparaît plus fréquente
dans les épilepsies temporales mais n’en est pas spécifique. La
valeur latéralisatrice n’est retrouvée que dans le groupe des
épilepsies extra-temporales.
Évaluation à long terme de la réponse à la corticothérapie dans
l’encéphalite de Rasmussen
N. Bahi-Buisson, V. Villanueva, R. Nabbout, C. Bulteau, O.
Delalande, O. Dulac, C. Chiron
Hôpital Necker, Enfants Malades, Paris
L’encéphalite de Rasmussen (ER) est une encéphalopathie
épileptique et inflammatoire sévère, d’étiologie inconnue, qui
conduit a une détérioration progressive des fonctions motrices et
cognitives. Dans une étude précédente, nous avons décrit
l’efficacité initiale de la corticothérapie à fortes doses si elle
est administrée dès la première année d’évolution.
L’objectif de ce travail est d’évaluer son bénéfice à long
terme. Après un suivi de 9 ± 2 ans, nous avons revu
de façon rétrospective, 11 patients (7 filles et
4 garçons) atteints d’une ER de l’hémisphère droit
(7 cas) ou gauche (4 cas). L’âge du début de l’ER était
compris entre 2 et 14 ans. 6/11 patients n’ont pas
répondu à la corticothérapie, et ont subi une hémisphérotomie
précoce, permettant une disparition complète des crises. Dans
5/11 cas, la corticothérapie a permis une diminution
significative de la fréquence des crises avec une disparition de
l’épilepsie partielle continue et une amélioration de la fonction
motrice. Parmi ces 6 patients, 2 ont été victimes d’une mort
subite respectivement 5 et 7 ans après la rémission,
2 autres ont rechuté, 1 et 4 ans après la fin de la
corticothérapie, avec une réapparition progressive des crises,
conduisant à une hémisphérotomie. Dans un seul cas, les crises ont
totalement disparu sous corticoïdes pendant 3 ans, mais elles
sont progressivement réapparues avec une fréquence modérée. L’âge
des patients ayant bénéficié le plus longtemps des corticoïdes est
significativement plus élevé (7,4 ans) que l’âge des
non-répondeurs (4,8 ans). Aucune corrélation n’a été observée
entre la durée de la corticothérapie et son efficacité. Ces données
confirment que les corticostéroïdes peuvent s’avérer utiles dans la
prise en charge d’un certain nombre de patients atteints d’une ER,
à condition de les débuter précocement. Toutefois, en dépit d’un
grand nombre de réponses initiales, la majorité des patients
rechutent tardivement conduisant une deconnexion hémisphérique
tardive, ce qui pose le problème de la durée de
l’immunothérapie.
Corrélations éléctrocliniques dans une série de patients avec
syndrome de Rasmussen opérés par hémisphérotomie
M. V. Perrone1, C. Jalin2, C.
Bulteau2, M. Fohlen2, O.
Delalande2
1 Département de Neurologie, unité Epilepsie
et malaises, CHU Grenoble, 38043 Grenoble
2 Service de Neurochirurgie pédiatrique, Fondation
ophtalmologique A. de Rothschild, 75940 Paris
L’hémisphérotomie est une technique opératoire fiable avec un
bon résultat sur l’épilepsie dans le syndrome de Rasmussen (SR).
Une intervention précoce semble réduire le risque d’une
épileptogenèse secondaire dans l’hémisphère non atteint. L’âge
moyen au moment de l’hémisphérotomie était de 6 ans. 80 %
des patients ont arrêté de faire des crises et 76 % n’ont
présenté aucune complication post-opératoire. Avant l’intervention,
tous les enfants avaient eu des crises partielles simples
(52 %) et/ou complexes (44 %) et/ou secondairement
généralisées (36 %), et/ou une épilepsie partielle continue
(72 %). L’âge du début de l’épilepsie etait entre 1,2 et
13,5 ans avec un âge moyen de 6 ans. L’EEG montrait
4 tableaux différents : ralentissement ou absence du
rythme de fond qui reste toujours présent dans l’hémisphère
déconnecté (100 %) ; présence d’une activité lente focale
polymorphe (ADPI, ATPI) dans l’hémisphère atteint (100 %) qui
persiste après l’intervention ; anomalies intercritiques
hémisphériques multifocales (92 %) qui persistent dans
l’hémisphère déconnecté (72 %) mais qui peuvent affecter dans
des cas limités l’hémisphère contro-latéral (12 %) ;
anomalies intercritiques bilatérales synchrones (16 %) qui
persistent après l’intervention.
25 enfants (15 filles et 10 garçons) vus à la
Fondation Rothschild entre 04/1992 et 12/2002 avec un diagnostic de
SR, ont été opérés par hémisphérotomie (HD 16 cas, HG
9 cas). Tous les enfants ont été revus en consultation
avec : 1) recueil des données médicales pré-opératoires et
post-opératoires sur le plan épileptique et sur le plan
neurologique 2) évaluation électrophysiologique : EEG de
veille et de sommeil préopératoires, à 3 mois et 1 an
après l’intervention ; enregistrement vidéo des crises
pré-opératoires 3) IRM cérébrales pré-opératoires, à 3 mois et
1 an après l’intervention. A partir d’ une série rétrospective
d’enfants ayant eu une hémisphérotomie, nous avons étudié le
devenir à long terme sur le plan clinique et
électrophysiologique.
Le syndrome de Rasmussen est une maladie rare, d’étiologie
incertaine, survenant en général chez l’enfant, caractérisée par le
développement de crises partielles intraitables, d’une hémiplégie
progressive, et un retard mental évolutif. Les caractéristiques
anatomo-pathologiques sont celles d’une encéphalite chronique
latéralisée, et la neuroimagerie montre le développement d’une
hémi-atrophie cérébrale progressive. Le traitement médical et les
résections localisées sont d’utilité limitée pour le contrôle des
crises, mais l’hémisphérotomie peut les améliorer et prévenir la
survenue d’une détérioration globale.
Les épilepsies généralisées idiopathiques de l’enfance
ont-elles un pronostic favorable ?
N. Jovic
Clinique pour la Neurologie et la Psychiatrie Infantile,
Belgrade, Serbie et Monténégro
Les épilepsies généralisées idiopathiques (EGI) sont qualifiées
de bénignes, impliquant leur nature non lésionnelle, les crises
bien maîtrisées par le traitement et les EEG normalisés.
Patients et méthodes. On a effectué l’étude prospective
(au cours de 3 à 5 ans), portant sur 93 enfants et
adolescents, présentant une EGI, âgés de 7 à 17 ans et
comparés à un groupe témoin de 100 sujets appareillés en âge
et sexe. Les enfants ont bénéficié d’une évaluation
neuropsychologique qui a comporté l’échelle d’intelligence
Wechsler-WISC-R et la batterie Reitan-Halstead des tests.
Résultats. Les crises n’ont pas été contrôlées chez 7 sur
43 enfants ayant une épilepsie-absences et chez 5/39
adolescents ayant une EMJ. Il n’y a pas eu de détérioration
intellectuelle chez les 28 patients ayant une pycnolepsie
(QIt-102,5), une EMJ ou une épilepsie grand mal du réveil
(QIt-100,2). L’épilepsie-absences complexe ou myoclonique a été
associée à une baisse du QI chez 8 sur 15 enfants
(QI/test : retest 98,2 : 90,8). Une déficience aux tests
des capacités attentionnelles et constructives, de l’activité
perceptive et de la mémoire visuelle a été notée chez
6 pycnoleptiques et chez 7 enfants ayant un autre type d’
épilepsie-absences. Des difficultés scolaires, observées chez un
tiers des patients avec absences ont été associées avec des
troubles de l’attention et du comportement. Parmi les adolescents
avec EMJ, 30,7 % ont montré une maladaptation émotionelle et
des troubles du comportement psychosocial, tandis que 39,4 %
ont présenté des difficultés d’apprentissage, et une diminution de
l’efficience mnésique et attentionnelle.
Conclusions. Détérioration mentale, capacités cognitives
diminuées, difficultés scolaires et troubles comportementaux ont
été observés chez un certain nombre d’enfants présentant différents
types d’EGI. Malgré le contrôle favorable des crises,
l’amélioration de l’EEG et du comportement, ces dysfonctions ne
doivent pas être sous-estimées.
RÉSEAUX ASSOCIATIFS
Les associations confrontées à la prise en charge psychologique
des malades et de leur famille
J. Beaussart-Defaye
Présidente Aispace, Lille
Parmi les raisons qui conduisent les personnes épileptiques et
leurs parents à prendre contact avec une association de malades, le
besoin d’être « entendues » pour soulager une souffrance
psychique est prioritaire.
Le mal être, l’angoisse, la dépression sont présents avec des
degrés divers et ceci chez l’enfant comme chez l’adulte. Cette
« plainte » latente, plus ou moins formalisée, a ses
modes d’expression lesquels peuvent aller du silence mental et
moteur aux comportements déviants et aux discours et actes
agressifs. Les demandes de plus en plus nombreuses d’information
sur la maladie, les traitements, les médecins, les droits
sociaux... masquent souvent l’attente réelle de soutien
psychologique.
Il semble aujourd’hui que soit reconsidérée l’approche
psychiatrique parfois associée aux épilepsies. Cependant un espace
très large des troubles psychiques qui relèvent de la psychologie
clinique voire de la psychopathologie n’est pas couvert car n’étant
ni de la neurologie ni de la psychiatrie. Les associations de
malades en deviennent le réceptacle, souvent au même titre que le
recours à des thérapies extra-médicales plus ou moins rigoureuses
et non accréditées par la profession.
La question se pose donc de savoir si, parmi leurs rôles, les
associations de malades doivent prendre en charge les besoins
d’aides psychologiques et, dans ce cas, comment et avec quels
moyens ?
Arpeije : compte-rendu des États Généraux des épilepsies
de l’enfant
C. Chiron, Arpeije
Hôpital Necker-Enfants Malades, Paris et INMED, Inserm U29,
Marseille
Association pour la Recherche, pour l’Éducation et l’Insertion des
Jeunes Épileptiques
L’association Arpeije a recueilli 281 questionnaires
remplis par les parents et amis d’enfants épileptiques lors de
réunions sur les épilepsies de l’enfant qui se sont tenues dans
22 villes de France en 2001. Cette enquête reflète les
problèmes rencontrés au sein d’une population d’épilepsies sévères
car la moitié de ces enfants ont des difficultés de traitement, les
trois quarts ont encore des crises et presque tous présentent des
difficultés d’apprentissage.
Le problème les plus souvent signalé concerne les troubles des
apprentissages (87 %) et les difficultés de scolarisation
(57 %) : ces dernières touchent 75 % des enfants
entre 3 et 12 ans, 50 % entre 12 et 18 ans, et sont
significativement plus fréquentes en Ile-de-France (80 %) que
dans les autres régions (50 %). Un second problème est de
trouver un centre pour l’enfant, c’est difficile pour
20 % des familles, encore plus en Ile- de-France (33 %).
Un autre problème concerne le passage à l’âge adulte de ces
enfants : en moyenne 1 jeune adulte épileptique sur 3 a
des difficultés de prise en charge, 1 sur 2 en Ile-de-France.
Enfin, 38 % des familles se plaignent du manque d’information
sur l’épilepsie.
Bien que cette enquête n’ait pas valeur épidémiologique, elle
fait ressortir que les principaux besoins des familles d’enfants
avec épilepsie grave sont d’améliorer les possibilités de
scolarisation, d’augmenter le nombre de centres pour patients
épileptiques y compris pour jeunes adultes et d’améliorer
l’information sur cette maladie.
La maison des épilepsies et de Lou-Têt
M. Dezès
Toulouse
Évocation de l’expérience, tentée et réussie, en Midi-Pyrénées
de fédérer les associations de parents et de malades existantes,
sans création d’une nouvelle association et sans porter ombrage à
qui que ce soit.
Tout n’est pas rose et les difficultés, notamment financières,
se font jour. Le local associatif, pourtant vital pour notre
fonctionnement, pourra-t-il être conservé ?
Nos relations avec les autres intervenants, tant médicaux que
sociaux. Le passé de ces relations, le présent et l’avenir que nous
souhaiterions dans l’intérêt des malades.
Un échange avec la salle sera le bienvenu, afin que les
associations puissent mieux connaître les attentes de la sphère
médicale traitant les épileptiques. Un point sera fait sur la
situation du dossier de création d’un établissement pour adultes
atteints d’épilepsie sévère en Midi-Pyrénées : situation
actuelle des malades, besoins à couvrir, position des autorités de
tutelle, état d’avancement du dossier.
Groupes de parole pour personnes souffrant d’épilepsie
R. Salbreux, T. Servet
Paris
ÉOLE est un sigle qui signifie : « Expression,
Ouverture, Libération des Épileptiques ».
La mise en œuvre du premier terme de ce sigle, qui avec l’entraide
et la convivialité constituent les objectifs essentiels de notre
association, trouve son application dans les « Groupes de
parole » qui font partie des services que nous
proposons.
Certes, l’existence de lieux de libre expression ne constitue
pas une nouveauté, puisque depuis près d’une trentaine d’années,
cette technique a été appliquée, surtout dans les pays
anglo-saxons, à des pathologies et à des situations sociales très
diverses. Plusieurs modalités ont été expérimentées et
utilisées : groupes ouverts ou fermés, animés par des
professionnels ou autogérés (self helped groups), de durée
plus ou moins limitée, etc.
Nous présentons ici une expérience française de plus de deux
ans, appliquée à des personnes souffrant d’épilepsie et organisée
sous la forme de groupes semi-fermés, animés par l’un ou l’autre
d’entre nous. Après en avoir exposé les modalités de
fonctionnement, variables selon les cas, nous tenterons d’en
dégager l’intérêt et aussi les limites pour les patients, ainsi que
les contraintes et les écueils pour les organisateurs.
ÉCHANGES PARAMÉDICAUX
Objectif lune : du PDP11 à la lune
R. Blasquez, S. Leleu, M. Jan
Service de neurophysiologie, CHU, 76031 Rouen
Cedex
Du traitement du rythme alpha chez le sujet âgé sur les bandes
magnétiques du PDP11 dans les années 1970, à la révolution du tout
numérique. Il a fallu 20 ans de travail acharné et d’efforts
pour changer les mentalités. Depuis le bug de l’an 2000, le virus
du réseau nous a assaillis : réseau interne local,
départemental, régional, international...
Nous vous invitons à partager notre aventure de la terre à la
lune...
Réseaux de soins et pseudocrises : parcours de trois
patients présentant des pseudocrises enregistrées en vidéo-EEG
I. Inisan, A. Rancaud, C. Soufflet, B. Gueguen
Service de Neurophysiologie clinique Centre hospitalier
Sainte-Anne, Paris
Les auteurs proposent d’étudier le recrutement, le parcours
médical de trois patients, le premier présentant uniquement des
pseudo-crises, le deuxième faisant des pseudo-crises et des crises
épileptiques intriquées, le troisième présentant de vraies crises
étiquetées non épileptiques avant leur enregistrement.
Le diagnostic différentiel entre les vraies crises et les
manifestations non épileptiques n’est pas toujours aisé : la
technicienne présente auprès du patient pendant l’enregistrement,
doit pouvoir être alertée par certains signes cliniques orientant
vers une pseudo-crise (manifestation déclenchée ou provoquée par
l’intervention d’un tiers, enchaînement incohérent des différents
signes cliniques...)
Lorsque le diagnostic de manifestation non épileptique est
confirmé, il est souhaitable que les patients concernés puissent
bénéficier d’une prise en charge multidisciplinaire. Les réseaux de
soins associant neurologues, neuropsychologues et psychiatres
indispensables pour ces patients sont peu nombreux et nécessitent
d’être développés.
La crise a des réseaux que la raison ne connaît peut-être
pas
B. Couffignal, S. Bocquet, S. Verre, C. Maurin
Explorations préchirurgicales de l’épilepsie, CHU,
34295 Montpellier
En veille ou en sommeil, pourquoi la crise préfère-t-elle
s’exprimer dans un état plutôt que dans l’autre ?
Nous savons par exemple que certains types de crises surviennent
électivement dans le sommeil (crises toniques du syndrome de
Lennox-Gastaut, crises oro-faciales de l’épilepsie à paroxysmes
rolandiques...). D’autres s’expriment plus volontiers dès le
réveil : spasmes, myoclonies, crises grand mal du réveil. Ces
moments privilégiés de survenue sont une aide à la classification
syndromique.
À partir de quelques cas cliniques, nous essaierons de savoir ce
qu’il en est des crises partielles complexes : les crises
d’origine temporale qui surviennent plutôt dans la veille et avec
des horaires favoris, les crises du lobe frontal qui préfèrent le
sommeil.
La revue de la littérature permet-elle des hypothèses quant à
ces propensions spécifiques ?
Dans tous les cas, l’enregistrement EEG-vidéo 24h/24, paraît
nécessaire pour évaluer objectivement la fréquence des crises ainsi
que leur moment privilégié de survenue. Par ailleurs, il nous sera
également possible d’évaluer l’incidence des crises sur la qualité
du sommeil et vice versa.
Méthodologie de détermination du seuil moteur avant stimulation
magnétique transcrânienne et principales applications
pratiques
M. Leblanc, G. Valéro, G. Cabelguen, C. Tranulis, B.
Gueguen
Service de Neurophysiologie clinique, Centre hospitalier
Sainte-Anne, Paris
La stimulation magnétique transcrânienne permet l’induction d’un
courant électrique à la surface du cortex cérébral. Depuis les
premières applications (Becker 1985), la technique a été largement
utilisée dans des pathologies diverses, à visée thérapeutique
(affections psychiatriques, notamment dépression, Parkinson,
dystonie, douleur) ou, à visée physiopathologique (étude de
l’excitabilité corticale chez le sujet normal ou pathologique
notamment dans les épilepsies, physiologie de la perception,
plasticité et étude des réseaux fonctionnels intra-corticaux).
Pour toutes ces applications, la détermination du seuil moteur
est une étape primordiale qui demande le respect de critères
méthodologiques stricts. Plusieurs façons de procéder ont été
proposées (Rossini 1994, Rothwell 1999, Mills et Nithi 1997,
Awiszus 2003).
Les avantages respectifs de chacune de ces méthodes sont passées
en revue. Des critères de procédure sont proposés pour une pratique
simple et efficace de la mesure du seuil moteur en pratique
courante.
Électro-corticographie peropératoire dans l’exploration du
réseau épileptogène, indications et technique
M. Bousquet, M. Chamayou, G. Bequé, C. Mercadier, J.
Fernandez, J. Paletta, C. Antolin, M. Tiberge, C. Mascott, L.
Valton
Unité de sommeil et d’épileptologie, hôpital Rangueil,
31000 Toulouse
L’enregistrement de l’activité électro-encéphalographique au
contact du cortex cérébral pendant l’intervention chirurgicale
(électrocorticographie peropératoire) a été utilisée comme aide à
la résection de la zone épileptogène dès les années 1950 par Jasper
et Penfield : cela permet de préciser la distribution de la
zone irritative évaluée en EEG de scalp. Nous rapportons ici notre
expérience, à partir d’une série de 12 patients explorés dans
le service.
Méthodologie. La zone épileptogène et les modalités de la
chirurgie de l’épilepsie ont été définies pour tous les patients au
terme d’un bilan de phase 1 ; l’électro-corticographie a été
indiquée pour répondre à des questions précises sur la distribution
de la zone irritative. L’enregistrement a été effectué avant
(distribution des activités paroxystiques (AP)) et après résection
de la zone épileptogène (persistance des AP, ou apparition de
nouvelles AP) au moyen d’électrodes profondes ou de contact.
L’anesthésie a été réduite avant chaque enregistrement ; le
propofol a été utilisé pour les activations pharmacologiques. L’EEG
est interprété en peropératoire.
Résultats. Les premiers enregistrements étaient très
artéfactés ce qui a été corrigé après le changement de terre. Des
AP localisées ont été enregistrées avant exérèse, dans la zone
épileptogène chez 10 patients. Les AP étaient plus typiques et
plus abondantes en cas de chirurgie à l’éveil. Après exérèse, des
AP ont été enregistrées chez 5 patients (AP persistantes chez
4, et nouvelles AP chez 1). La persistance d’AP a conduit à étendre
la zone d’intervention chez 2 patients.
Conclusion. L’électro-corticographie peropératoire permet
d’enregistrer des anomalies paroxystiques dans la zone épileptogène
supposée chez la plupart des patients. La qualité de
l’enregistrement dépend de facteurs techniques mais surtout de
l’environnement anesthésique.
La persistance d’AP aurait une valeur pronostique. Cela devra
être évalué sur une population plus importante avec un suivi plus
prolongé.
Apports mutuels de l’EEG standard et de l’EEG-vidéo en
épileptologie
B. Lebourdais, J-P. Gagnepain
Unité de neurophysiologie clinique et d’épileptologie, CHU de
Bicêtre, Paris.
L’EEG standard et l’EEG-vidéo forment un couple d’examens
complémentaires dans la démarche diagnostique en épileptologie.
Leurs apports mutuels au sein d’un service de neurophysiologie
clinique seront envisagés ici à propos de 3 observations
d’enfants dont les crises ont été enregistrées au moyen des deux
techniques électro-encéphalographiques.
Réseaux de soins à l’hôpital de jour pour épileptiques de
Créteil
F. Lassée, C. Chamon, C. Soler
Hôpital de jour pour épileptiques, 94003 Créteil
L’hôpital de jour est géré par l’association « L’aide à
l’épileptique ». Il accueille des adolescents et adultes à
partir de 16 ans présentant une épilepsie non stabilisée, avec
pour la plupart des troubles et handicaps associés. L’accueil sera
réalisé après une consultation d’admission avec le médecin,
l’assistante sociale et l’infirmière et après constitution d’un
dossier.
L’objectif de l’établissement est d’offrir à ces sujets des
soins et un espace social leur permettant d’acquérir une meilleure
autonomie, un meilleur épanouissement personnel et de maintenir
ainsi une insertion socio-familiale. Pour atteindre cet objectif,
la personne est prise en charge dans sa globalité par une équipe
pluridisciplinaire : médecins, (neurologue, psychiatre),
psychologue, psychomotricienne, IDE, assistante sociale. Une
technicienne EEG effectue les EEG standards systématiquement
couplés à la vidéo, ainsi que les enregistrements de longue durée.
Une équipe éducative anime et encadre les activités
socio-éducatives.
Un projet individualisé pour chaque patient est fondé sur une
action thérapeutique s’adressant à la fois à la maladie épileptique
et aux troubles associés. Il a pour but le maintien et le
développement optimal des capacités en vue d’une
réhabilitation.
L’établissement entretient des contacts avec les différents
partenaires médicaux, sociaux, soit tout professionnel intervenant
auprès des patients et de leur famille.
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