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Épilepsie et sommeil : des interactions réciproques


Epilepsies. Volume 16, Numéro 3, 121-51, Juillet-Août-Septembre 2004, Mise au point


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Arielle Crespel, Philippe Gélisse, Michel Baldy‐Moulinier , Unité médico‐chirurgicale de l’épilepsie, hôpital Gui de Chauliac, 80, avenue Fliche, 34295 Montpellier Cedex 05 .

Résumé : Les relations entre sommeil et épilepsie sont connues depuis l’Antiquité. Il existe un certain antagonisme puisque le sommeil a un effet protecteur mais aussi facilitateur. En fonction du syndrome épileptique, cet antagonisme est plus ou moins prononcé sur les anomalies intercritiques et\\ou sur les crises. L’épilepsie et les médicaments antiépileptiques ont un effet sur les macro et microachitectures du sommeil. Certaines pathologies telles que les syndromes d’apnées du sommeil et les parasomnies sont parfois difficiles à distinguer d’une crise d’épilepsie d’autant plus que ces pathologies peuvent être associées, provoquant à ce moment là un déséquilibre des deux pathologies. Dans cet article, nous abordons l’effet du sommeil sur l’épilepsie (crises, anomalies électroencéphalographiques, distribution des crises, privation de sommeil), le retentissement de l’épilepsie sur le sommeil (macro et microarchitectures, effet des thérapeutiques), les différences observées entre les épilepsies temporales et frontales, l’intérêt de l’étude du sommeil paradoxal dans les bilans préchirugicaux des épilepsies, les pathologies associées et les diagnostics différentiels (syndrome d’apnées du sommeil, parasomnies et autres). Puis, la méthodologie pratique et l’intérêt de réaliser un sommeil dans l’exploration d’une épilepsie sont décrits.

Mots-clés : épilepsie, sommeil, crise, nycthémère

Illustrations

Figure 1. Répartition de 100 crises temporales internes au cours du nycthémère chez 31 patients. Existence de deux pics de survenue à 8 h et vers 14-15 h.

Figure 2. Enfant présentant une EPCT. À gauche, tracé de veille montrant une décharge d’éléments répétitifs (A). Les anomalies gardent la même morphologie en sommeil lent léger (au milieu) et en sommeil lent profond (à droite).

Figure 3. (15 mm/s ; 20 µV/mm). Enfant de 9 ans présentant une épilepsie partielle idiopathique occipitale de type Gastaut. À gauche, l’enfant est éveillé. L’ouverture des yeux bloque les pointes ondes occipitales. À droite, l’enfant est en sommeil lent léger stade 2. Les pointes ondes ont la même morphologie qu’à la veille.

Figure 4. (30 mm/s ; 10 µV/mm). Crise tonique chez un patient adulte présentant un syndrome de Lennox-Gastaut. Noter l’apnée en cours de crise et la reprise inspiratoire ample.

Figure 5. (15 mm/s ; 10 µV/mm). Deux exemples chez un même sujet, de bouffées de polypointes généralisées au cours d’un syndrome de Lennox-Gastaut.

Figure 6. Répartition des crises frontales et temporales internes au cours du nycthémère. Les crises en sommeil sont plus fréquentes dans l’épilepsie frontale que dans l’épilepsie temporale mésiale (D’après Crespel et al., 1998).

Figure 7. (15 mm/s ; 10 µV/mm). Patiente ayant une EMJ. Tracé au réveil d’un sommeil de nuit. En A, allègement du sommeil. En B, polypointes ondes généralisées s’accompagnant de myoclonies bilatérales bien visibles sur les dérivations EMG des deltoïdes.

Figure 8. Patiente ayant une DNET temporale droite externe et présentant des crises de sémiologie temporale interne. Exploration par une électrode latéro-lésionnelle (LL), une électrode occipito-temporale interne (OT) et l’EEG de surface. Tracé de sommeil paradoxal (noter les mouvements oculaires rapides en A). Début de la crise sur l’électrode OT en B. Au bout de 25 secondes, activité rythmique en surface sur la région temporale (C). La patiente se réveille en fin de crise et rapportera a posteriori avoir eu un rêve.

Figure 9. (15 mm/s ; 10 µV/mm). Crise frontale gauche enregistrée directement à partir du sommeil lent léger après un complexe K (A).

Figure 10. (15 mm/s ; 20 µV/mm). Enfant de 6 mois présentant un syndrome de West. Tracé réalisé alors que la patiente est sous vigabatrin depuis une semaine. Le tracé s’est amélioré mais on note des passages en hypsarythmie lors de l’endormissement. Celle-ci n’est pas tout à fait typique. En effet, les pointes ne sont pas multifocales mais localisées en occipital gauche.

Figure 11. (15 mm/s ; 10 µV/mm). Patient présentant une EGI. Lors de l’endormissement, activation avec bouffées de pointes ondes généralisées.

Figure 12. (15 mm/s ; 10 µV/mm). Sur la planche de gauche, complexe K suivi d’un rythme appartenant à la bande alpha réalisant ce qu’on appelle un « complexe K alpha » qui traduit un allègement du sommeil. Sur la partie droite, complexe K d’aspect angulaire réalisant ce qu’on appelle un « complexe K épileptique ».

Figure 13. (15 mm/s ; 10 µV/mm). Patient présentant une épilepsie temporo-mésiale gauche. À gauche, le patient est en sommeil lent, pointes moyennement voltées en temporal gauche. À droite, phase de sommeil paradoxal. Les anomalies sont microvoltées bien visibles sous les électrodes temporales antéro-inférieures gauches (TA1 et T1).

Figure 14. (15 mm/s ; 10 µV/mm). Patient ayant été opéré d’un méningiome frontal volumineux et qui garde une épilepsie sévère. Le sommeil lent est caractérisé par des décharges de rythmes rapides en fronto-temporal droit apparemment infracliniques. Il existe en fait en cours de crise une augmentation de l’amplitude respiratoire.

Figure 15. (15 mm/s ; 10 µV/mm). Patiente présentant une malformation amygdalo-hippocampique avec crises partielles temporales internes typiques. Le sommeil paradoxal est très particulier car de façon inhabituelle les anomalies sont très activées et prennent un aspect de pointes lentes subcontinues.

Figure 16. POCS (15 mm/s ; 20 µV/mm) : Enfant de 10 ans présentant un syndrome des POCS. EEG de contrôle effectué alors que l’enfant est sous traitement. À gauche, l’enfant est éveillé. On remarque la présence de pointes ondes centro-temporales droites diffusant à gauche. À droite, l’enfant est en sommeil lent léger stade 2. Les anomalies sont diffuses et subcontinues. On remarque la présence de quelques fuseaux.

Figure 17. En haut enregistrement à 15 mm/s et 30 µV/mm chez un enfant présentant un syndrome de Landau-Kleffner dont les anomalies sont diffuses et prennent un aspect proche d’un POCS. En bas enregistrement à 15 mm/s et 15 µV/mm chez un enfant avec un syndrome de Landau-Kleffner dont les pointes ondes de haut voltage sont strictement localisées sur la région temporale moyenne gauche.

Figure 18. (15 mm/s ; 10 µV/mm). Patient présentant au cours du sommeil des manifestations toniques avec élévation des membres supérieurs. L’EEG révèle qu’il s’agit d’une syncope avec une pause cardiaque. Au bout de 13 secondes, on observe des ondes lentes diffuses de souffrance puis une absence d’activité cérébrale surchargée d’artéfacts musculaires (phase tonique). La pause cardiaque dure au total 24 secondes.

Figure 19. Sommeil paradoxal chez trois patients différents. A : ondes en dents de scie au niveau de la région du vertex des. B : « twitches » musculaires au niveau de la dérivation du menton mais aussi sur les voies d’EEG (artéfacts musculaires). Cette patiente se trouvait sous benzodiazépines, noter la présence de nombreux rythmes rapides. C : mouvements oculaires rapides bien visibles sur les dérivations fronto-polaires.

Figure 20. (15 mm/s ; 15 µV/mm). Ondes lentes sinusoïdales, diffuses, en bouffées correspondant à une hypersynchronie d’endormissement chez un enfant. Ces aspects sont souvent pris à tort pour des anomalies.

Figure 21. (15 mm/s ; 10 µV/mm). Exemple de pointes vertex chez un jeune adulte.

Figure 22. (15 mm/s ; 10 µV/mm). Rythmes à 6/14 Hz du sommeil. Ces rythmes se situent au niveau de la région du carrefour. Ils sont soit à 6 c/s soit à 14 c/s.

Figure 23. (15 mm/s ; 10 µV/mm). Chez deux patients : Wicket spikes ou pointes en palissade situées sur la région temporale droite (A) pour l’un et sur la région temporale gauche pour l’autre (B).

Figure 24. (15 mm/s ; 10 µV/mm). Sommeil lent léger stade 2 avec un complexe K en A et des pointes positives du sommeil sur les régions occipitales en B.

Figure 25. Rythme frontal d’éveil chez un enfant.


 

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