ARTICLE
Auteur(s) : Géraldine Daquin, Charlotte Dravet, Danièle
Viallat, Nathalie Villeneuve, Michelle Bureau
Hôpital Henri-Gastaut, Centre Saint-Paul, 300 bd de
Sainte-Marguerite, 13009 Marseille
Correspondance :G. Daquin E-mail : gedaquin-hopital
henrigastautwanadoo.fr
L'existence de crises réflexes est connue depuis le
XIXe siècle. Pour Gastaut (1989), les épilepsies
réflexes sont celles dans lesquelles toutes les crises ou la
majeure partie d'entre elles sont provoquées de façon fiable par
une stimulation naturelle ou artificielle d'un groupe de
récepteurs. Il distingue deux groupes : dans le pré-mier, les
crises sont déclenchées par un stimulus sensoriel simple (visuel,
somesthésique ou auditif) selon un arc réflexe plus ou moins
spécifique ; dans le deuxième groupe, elles sont induites par
des stimuli émotionnels complexes selon un mécanisme non encore
élucidé ne pouvant être expliqué par la notion d'arc réflexe.
L'alimentation est une source de stimulations multiples et
variées, somesthésiques, sensorielles, émotionnelles, capables de
provoquer, dans de rares cas, des crises réflexes.
La prévalence de ces crises en Occident est très faible, environ
0,5 à 1 pour 1 000 patients épileptiques (Vizioli, 1962).
Elle est nettement plus élevée dans certaines régions de l'Inde et
du Sri Lanka.
Leur reconnaissance a cependant un intérêt pratique. En effet,
elles peuvent avoir des conséquences nutritionnelles et
psychologiques graves ; or une prise en charge thérapeutique
adaptée peut résoudre un certain nombre de ces problèmes.
Sur le plan théorique, leur physiopathogie, à rapprocher de
celle des autres épilepsies réflexes, est complexe et
intéressante.
Nous illustrerons d'abord cette pathologie par 4 cas
cliniques. Une cinquième observation a pour but d'évoquer les
diagnostics différentiels. Nous évoquerons ensuite, à travers la
littérature, les aspects clinique, physiopathologique et
thérapeutique.
Cas cliniques
Observation NM
Il s'agit d'une enfant née prématurément avec une hypotrophie,
il existe une notion imprécise de souffrance néonatale. Elle a
présenté une retard de développement d'emblée associé à une
hémiparésie gauche.
Sa première crise survient à 14 mois dans un contexte
fébrile ; il s'agit d'une crise hémiclonique droite. Malgré un
traitement par carbamazépine, quelques crises vont survenir jusqu'à
l'âge de 2 ans. À 2 et 3 ans, surviennent deux états de
mal hémicloniques droits prolongés, au décours desquels
apparaissent une monoplégie brachiale droite et une régression
psychomotrice.
Lorsque l'enfant est examinée au centre Saint-Paul, à
5 ans, les crises ont changé ; il s'agit d'une extension
tonique du membre supérieur droit souvent associée à une
contraction de l'hémiface et à une rotation de la tête du même
côté. Elles peuvent se terminer par quelques clonies. Ce sont donc
des crises partielles posturales, brèves, 10 à 30 s, et
pluriquotidiennes. Elles sont systématiquement déclenchées par les
repas, parfois par la toilette et plus rarement par des bruits
soudains. Un sursaut les précède parfois, mais le caractère inopiné
des stimulations n'est pas nécessaire pour les déclencher.
Les EEG intercritiques montrent deux foyers de pointes
indépendants temporal droit et frontal gauche (figure 1). Les crises
sont constituées d'un aplatissement diffus, suivi de rythmes
rapides prédominant parfois à gauche (figure 2).
Deux pneumoencéphalographies réalisées à 3 et 5 ans mettent en
évidence l'apparition, dans l'intervalle, d'un élargissement
ventriculaire diffus prédominant à droite (figure 3).
Ces crises sont restées très pharmacorésistantes.
Observation KF
Cette enfant, née le 3 décembre 1976, ne présente aucun
antécédent personnel jusqu'à l'âge de 6 mois ; on note
chez un oncle maternel une épilepsie-absence de l'enfant très
vraisemblable.
À 6 mois apparaissent des secousses brèves et massives des
membres supérieurs, groupées en bouffées. Elles surviennent
systématiquement lors de la prise du biberon et à l'endormissement,
plus rarement spontanément. L'examen clinique est normal ainsi que
le développement psychomoteur. Après une disparition transitoire
sous valproate, les myoclonies réapparaissent et résistent alors à
l'association du valproate et du clobazam.
Lorsque nous la voyons, l'enfant a 18 mois. Les myoclonies
persistent, mais sans autres types de crises. Le développement
ainsi que l'examen clinique sont toujours normaux, un scanner
cérébral se révèle également sans anomalie.
On réalise un enregistrement EEG polygraphique. Le tracé de fond
est parfaitement organisé à la veille comme au sommeil. La SLI est
sans effet. Il existe des bouffées de polypointes rapides, diffuses
ou à prédominance bi-centrale, concomitantes des myoclonies pendant
la veille (figure 4a). Pendant le
sommeil les anomalies EEG persistent, mais les myoclonies
disparaissent progressivement (figure 4b). Lors de la
tétée, des myoclonies apparaissent au bout de 30 à
60 secondes ; elles sont associées systématiquement à des
polypointes (figure 5). Si on
retire la tétine, les myoclonies disparaissent ; si on
réintroduit le biberon, elles réapparaissent avec la même latence
de 30 à 60 secondes. La succion d'une tétine seule ou du pouce
ne provoque pas de myoclonies. Boire au verre, par contre, provoque
quelques myoclonies, moins importantes qu'au biberon et toujours au
bout d'une minute environ.
L'évolution a été très favorable ; en effet l'augmentation de
la posologie du valproate (le taux thérapeutique était à
66 mg/L) a fait disparaître les myoclonies, le tracé s'est
normalisé progressivement en 1 an. À 5 ans, il s'agissait
d'une petite fille au développement normal, libre de crises sans
traitement.
Devant ce tableau, le diagnostic d'épilepsie myoclonique bénigne
du nourrisson (EMBN) a été posé.
Observation MB
MB est née le 22 septembre 1993, avec une avance
staturo-pondérale et une macrocéphalie. Elle a présenté un retard
du développement psychomoteur important d'emblée (début
d'acquisition de la marche à 4 ans et absence de langage).
Ses premières crises surviennent à 4 ans. Elles sont
d'allure généralisée, avec un arrêt de l'activité, une hypertonie
diffuse, suivie ou non d'une phase clonique. Un an plus tard
apparaissent des spasmes en flexion, survenant en série. Ils
surviennent systématiquement à chaque repas, plutôt au milieu du
repas, et sont suivis d'une période réfractaire qui permet
l'alimentation. Ils peuvent également survenir hors des repas,
notamment au réveil. Ils sont accompagnés d'une régression des
acquis (perte de la marche).
L'enregistrement EEG-vidéo prolongé met en évidence une
dysrythmie lente avec des pointes multifocales à la veille (figure 6) ; pendant
le sommeil, elle se fragmente et des anomalies paroxystiques
diffuses apparaissent. Il n'y a pas d'éléments physiologiques du
sommeil. Au milieu du repas, l'enfant présente un premier spasme
violent et prolongé constitué d'un cri, d'une chute du buste en
avant et d'un sursum vergens ; au décours immédiat de
cet épisode, une série de spasmes plus discrets débute, il y aura
27 spasmes en 10 minutes. Le premier épisode est associé
à un complexe lent diffus suivi d'un aplatissement avec une
discrète décharge rapide sous-jacente (figure 7a) ;
chaque spasme comprend une onde lente diffuse suivie d'un
aplatissement du tracé plus ou moins marqué (figure 7b).
L'IRM encéphalique montre une atrophie diffuse, une hydrocéphalie
externe et des hypersignaux de la substance blanche
périventriculaire postérieure. Les potentiels évoqués
multimodalitaires sont mal organisés et peu amples ; le fond
d'œil est normal.
La radiographie du squelette met en évidence un retard de l'âge
osseux associé à une avance staturo-pondérale. Le bilan métabolique
et la biopsie de peau sont normaux, ainsi que le caryotype. Aucun
diagnostic étiologique n'a pu être établi.
L'épilepsie de cette enfant a été pharmaco-résistante, seule la
prise de clobazam, une heure avant chaque repas, a permis de
diminuer les spasmes au cours des repas.
Elle est décédée à 7 ans, pendant son sommeil.
Observation AX*
Cette jeune fille est née le 11 juin 1988, après une
grossesse et un accouchement normaux.
À 7 mois, alors que son développement psychomoteur est
normal, elle présente un syndrome de West typique, qui répond
favorablement au synacthène. À 9 mois, une méningite à
listeria avec un abcès temporo-pariétal gauche complique ce
tableau. Une évacuation chirurgicale de cet abcès est effectuée. Au
décours de cette complication, une hémiparésie droite et des
« spasmes » en série, asymétriques qui prédominent au
membre supérieur et à l'hémiface droite apparaissent. Ils
deviennent pharmaco-résistants. À partir de l'âge de 9 ans,
ils surviendront essentiellement au cours des repas. Il n'existe
pas d'autres types de crise. Ces spasmes nous semblent être des
crises partielles simples survenant en série.
À 15 ans, à l'interrogatoire, la patiente explique que les
crises surviennent lorsqu'elle mange un aliment semi-liquide
(soupe, yaourt, compote...) à la cuillère, dans un bol ou dans un
pot, et cela quel que soit le repas, le moment du repas (début ou
fin), la saveur ou la température de l'aliment et la main utilisée.
Par contre, elles ne surviennent jamais si elle boit sa soupe au
bol, si elle mange avec une fourchette, si on lui donne à manger,
durant d'autres activités manuelles (couture, écriture...) ou lors
de stimulations soudaines.
Elle pense que c'est le mouvement « de prendre le yaourt
dans le pot avec la cuillère » qui déclenche la crise.
Elle déclare également pouvoir stopper la série de crises par deux
manœuvres simples, soit en respirant rapidement dans ses mains,
soit en « buvant 2 gorgées d'eau successivement, en
posant le verre sur le côté droit de la bouche ».
Un enregistrement EEG-vidéo au cours d'un repas est réalisé. En
intercritique, il existe un foyer important d'ondes lentes et de
pointes lentes temporal gauche diffusant parfois en postérieur
gauche (figure 8). Le repas se
déroule normalement jusqu'au dessert, un yaourt. Après quelques
cuillerées, apparaissent des contractions du membre supérieur droit
avec une élévation et une abduction d'une à deux secondes, une
contraction simultanée de l'hémiface et parfois du membre inférieur
droit. Les contractions surviennent d'abord clairement alors que la
cuillère commence à monter vers la bouche et, dès la fin de la
contraction, la patiente avale sa cuillérée. L'amplitude des
contractions augmente progressivement et peut s'accompagner d'une
rotation de la tête à gauche. La cinétique des crises par rapport
aux mouvements paraît alors moins nette ; on demande à la
patiente, qui garde un contact parfait, d'arrêter de manger, les
crises persistent. Au bout d'une minute, à notre demande, elle
arrête très rapidement la série en buvant de l'eau comme indiqué
ci-dessus.
Les modifications EEG critiques sont discrètes, il existe
essentiellement une onde lente, surtout visible sur la région
centrale gauche et le vertex (figure 9).
Une nouvelle IRM est réalisée lors de cette hospitalisation
(figure 10) ; elle
montre des hypodensités temporopariétales gauches étendues.
Un traitement chirurgical de l'épilepsie est évoqué.
* Cette observation a déjà été présentée
par le Dr Perrine Plouin, à la journée Jean-Bancaud en 2001 (Plouin
P, 2001).
Observation AF
Cet enfant, né le 6 juillet 1994, n'a aucun antécédent
significatif jusqu'à l'âge de 5 mois où il subit un violent
polytraumatisme, avec au niveau céphalique, une fracture pariétale
droite et une hémorragie intracérébrale. Il présente, dans les
suites de ce traumatisme, une tétraparésie, une régression
psychomotrice et une épilepsie pharmaco-résistante d'emblée. Le
scanner à distance montre des lésions clastiques séquellaires
importantes, diffuses, cortico-souscorticales (figure 11).
L'enfant est examiné au centre à l'âge de 4 ans. Nous
enregistrons alors deux types d'épisodes paroxystiques. Le premier
survient au cours d'un repas ; l'enfant présente un cri, puis
une extension tonique des 4 membres avec une rotation de la
tête pendant plusieurs secondes ; l'épisode se termine par des
mouvements incoordonnés des yeux. Sur l'EEG, on note un
aplatissement diffus, suivi par des rythmes rapides généralisés
puis des ondes lentes post-critiques (figure 12a). D'autres
épisodes similaires ou de moindre intensité surviendront, aussi
bien pendant qu'en dehors des repas. Le deuxième phénomène
enregistré survient, d'après les parents, surtout pendant les
repas. Il s'agit d'une secousse généralisée, sans anomalie EEG
concomitante claire, si ce n'est un artefact lent et diffus de
mouvement (figure 12b). On a pu
reproduire ce phénomène en percutant la bouche ainsi que le vertex
avec un marteau à réflexe. Il correspond donc à un sursaut non
épileptique.
Discussion
Définition
Les crises à l'alimentation sont donc des manifestations
paroxystiques de nature épileptique, déclenchées par l'alimentation
de façon fréquente ou systématique (Rémillard et al.,
1998).
Pour parler de crise à l'alimentation, il faut donc que la
nature épileptique de la crise soit démontrée. Les crises doivent
survenir au cours d'une prise alimentaire, le plus souvent un
repas, certains auteurs incluent une période postprandiale précoce
(Boudouresque et Gastaut, 1954), souvent de l'ordre de
30 minutes. Elles peuvent également survenir lors d'une prise
alimentaire isolée entre deux repas.
Des crises spontanées peuvent être associées mais les crises
alimentaires doivent rester fréquentes. Différents critères sont
utilisés, par exemple plus de la moitié des crises déclenchées par
l'alimentation.
Le patient AF illustre bien les limites de cette définition. En
effet, cet enfant présentait des crises épileptiques pendant les
repas, mais pas plus nombreuses qu'en dehors des repas. De plus, il
présentait d'autres manifestations paroxystiques,
préférentiellement pendant les repas, mais celles-ci n'étaient pas
de nature épileptique puisqu'il s'agissait de sursauts
pathologiques dans le cadre d'une infirmité motrice d'origine
cérébrale.
Les différents tableaux cliniques
L'ensemble de ces patients n'ont pratiquement en commun que le
mode de déclenchement des crises et les tableaux cliniques sont
très variés. Cependant, quelques formes cliniques principales se
détachent. En Occident, on oppose les formes partielles et les
formes généralisées. Un tableau très particulier d'épilepsie
partielle idiopathique existe en Inde et au Sri Lanka, nous le
traiterons à part.
Les crises partielles
Les crises partielles sont les plus fréquentes. Rémillard et
al. (1989) distinguent deux tableaux, l'un temporo-limbique et
l'autre suprasylvien ou périrolandique.
Dans le premier, les crises sont essentiellement de type partiel
complexe, évoquant une localisation temporale, avec une sémiologie
végétative, dysmnésique, des automatismes, une rupture de contact…
Une généralisation secondaire est possible, mais peu fréquente.
La crise survient plutôt tardivement au cours du repas, parfois
même au décours immédiat de celui-ci.
Le goût des aliments et le contexte affectif jouent également un
rôle prépondérant.
L'épilepsie débute dans la deuxième ou la troisième décennie,
les crises alimentaires surviennent d'emblée et persistent tout au
long de la maladie. Il y a peu de crises spontanées.
Le plus souvent, on ne retrouve pas de lésion.
Chez les patients présentant une forme suprasylvienne, les
crises ont une sémiologie évoquant volontiers la région centrale et
une généralisation secondaire est fréquente. Classiquement, une
aura sensitive précède une sémiologie motrice avec ou non une
marche bravais-jacksonnienne.
Les crises surviennent au début du repas.
Les facteurs déclenchants sont plutôt les mouvements des membres
supérieurs ou oro-mandibulaires et les afférences somatosensitives.
La texture des aliments joue un rôle important.
L'épilepsie débute précocement, au cours de la première ou de la
deuxième décennie, les crises alimentaires survenant souvent après
plusieurs années de crises spontanées. Le caractère déclenchant de
l'alimentation est ensuite variable au cours de l'évolution.
Fréquemment, des crises spontanées coexistent.
Ces épilepsies peuvent être associées à un tableau d'hémiparésie
et/ou de retard mental. Elles sont le plus souvent symptomatiques,
parfois cryptogéniques. Notre patiente NM en est un exemple.
Notre patiente AX présente des crises alimentaires caractérisées
par des contractions brèves bilatérales mais très prédominantes sur
les membres supérieur et inférieur droits, se répétant plusieurs
fois par minute, pendant quelques minutes. Des cas assez semblables
d'épilepsie partielle symptomatique avec une sémiologie évoquant
des « spasmes » asymétriques survenant en série ont été
décrits par Cirignotta et al. (1977) et Nakasawa et
al. (2002).
Les étiologies de ces épilepsies partielles sont variées et
n'ont rien de spécifique. Le plus souvent, il s'agit de lésions
fixées partielles ou diffuses. On retrouve à plusieurs reprises des
anomalies du développement cortical : dysplasie focale,
polymicrogyrie (Kishi et al., 1999), pachygyrie (Verdu et
Ruiz-Falco, 1991), des anoxies et accidents vasculaires néonataux
(Loretto et al., 2000], des malformations vasculaires
(Biraben et al., 1999), des encéphalites virales (Mateos
et al., 1995), post-vaccinales (Rémillard et al.,
1998). Il y a très peu de cas de lésions évolutives, un cas de
gliome (Robertson et Fariello, 1979).
Les crises généralisées
Il y a peu de cas de crises généralisées d'emblée lors de
l'alimentation dans la littérature. Et souvent ces cas sont peu
convaincants, soit parce qu'ils ne sont pas assez explorés, soit
parce que le contexte évoque plutôt une généralisation secondaire
rapide. Cependant, deux tableaux font exception.
D'abord le syndrome de Lennox-Gastaut (ou des formes
apparentées) (Lee et al., 2001 et Aguglia et Tinuper,
1983) : les crises sont souvent atoniques avec une chute de la
tête ou du buste associée ou non à une perte de conscience. Elles
sont parfois myoclono-atoniques. Elles peuvent être uniques au
cours d'un repas ou survenir en cluster et sont en général
suivies d'une période réfractaire qui permet l'alimentation.
Les anomalies électro-encéphalographiques sont généralisées,
plus ou moins typiques.
Ces crises sont fréquemment pharmacorésistantes et associées à
un retard mental, dans le contexte d'une encéphalopathie le plus
souvent fixée. C'est le cas de notre patiente MB.
Le deuxième tableau est celui de l'EMBN dans lequel entre notre
patiente KF. Celle-ci présente, en effet, des accès myocloniques
diffus brefs, spontanés mais également à l'endormissement et
surtout lors de chaque repas. Ces accès myocloniques sont isolés,
ils ont débuté avant 3 ans, alors que le développement
psychomoteur était normal ; l'évolution sous valproate a été
favorable. Sur les EEG, l'activité de fond était normale et chaque
accès myoclonique était accompagné d'une bouffée de polypointes
rapides et diffuses.
Plusieurs auteurs (Dravet et Bureau, 2002, Ricci et al.,
1995) ont relevé la possibilité d'accès myocloniques réflexes dans
le cadre de l'EMBN. Les stimuli déclenchants peuvent être
plurimodaux (toucher, bruit). Deonna (1998) décrit 2 cas
déclenchés par le contact buccal d'aliments ou d'une cuillère et
Schmidt et al. (1979) rapportent un cas semblable déclenché
par la déglutition.
Ces patients partagent toutes les autres caractéristiques de
l'EMBN. Il semble donc s'agir d'un sous-groupe d'EMBN avec
déclenchement réflexe, notamment par l'alimentation.
Le cas de l'Inde et du Sri Lanka
La situation en Inde, dans la vallée du Kashmir et au Bengale
notamment, ainsi qu'au Sri Lanka est différente.
En effet la prévalence des crises réflexes alimentaires y est
élevée de l'ordre de 5 % de l'ensemble des épilepsies (Koul
et al., 1989, Seneviratne et al., 2003). Ce serait la
plus fréquente des épilepsies réflexes (Senanayake, 1994).
Il s'agit le plus souvent de crises temporales, elle peuvent
être associées à des crises spontanées avec une fréquence
variable : 15 % pour Koul et al. (1989) et
70 % pour Senanayake (1990). Elles surviennent en deuxième
partie de repas ou en post-prandial immédiat.
Les formes familiales sont beaucoup plus fréquentes qu'en
Occident (Loiseau et al.,1986), de 6 % (Koul et
al.,1989) à 50 % (Nagaraja et Chand, 1984) suivant les
études et cette épilepsie est particulièrement concentrée dans des
isolats géographiques, ce qui est en faveur d'une étiologie
génétique. Une analyse génétique est d'ailleurs en cours au Sri
Lanka. Elle porte sur 9 familles comportant une quarantaine de
sujets atteints (Senanayake et al., 2003).
Des facteurs culturels coexisteraient : souvent, en effet,
les crises ne surviennent que lors des repas pris à la maison
(Ahuja et al., 1988) ; de plus, au sein des familles,
les sujets atteints ont presque toujours été élevés sous le même
toit. Le fait de manger avec les doigts augmente significativement
les afférences somatosensitives.
Le nombre de crises varie également beaucoup, de quelques crises
dans une vie à plusieurs crises par jour.
Les crises alimentaires débutent chez l'adolescent ou l'adulte
jeune. Cependant, quand il existe des crises spontanées, celles-ci
ont débuté plus tôt (Ahuja et al., 1988). Les patients ont
un développement psychomoteur normal et l'imagerie, quand elle est
faite, est négative.
Ces crises sont souvent pharmacosensibles, mais il y a cependant
des cas de pharmacorésistance.
La modification des habitudes alimentaires (comme manger avec
une cuillère, manger de la main gauche) entraîne des résultats
inconstants.
En résumé, il s'agit d'un tableau évoquant une épilepsie
partielle temporale réflexe idiopathique.
Physiopathologie
Rôle des afférences
La physiopathologie des crises alimentaires est complexe. Si on
l'envisage sous l'angle d'une épilepsie réflexe, on peut faire
l'hypothèse que les différentes séquences de l'alimentation créent
des afférences (sensitives, sensorielles, émotionnelles) qui
activent les aires corticales sentivomotrices correspondantes. Si
ces aires sont hyperexcitables, leur activation peut entraîner une
crise (Rémillard et al., 1998). La sémiologie de la crise
sera fonction de l'aire corticale excitée et donc de la nature de
l'afférence.
Les afférences au cours de l'alimentation sont nombreuses,
variées (tableau 1) et le plus souvent
associées entre elles de façon complexe.
Tableau 1 - Afférences
créées au cours de l'alimentation
– Afférences viscéroceptives
– Afférences émotionnelles |
| • Vision de la nourriture |
| • Odeur de la nourriture |
• Mouvement
– Afférences proprioceptives (membres
supérieurs)
– Afférences somatosensitives
(doigts) |
• Contact (lèvres, muqueuse
buccale, langue)
– Afférences somatosensitives
– Afférences thermo-algiques |
• Mastication
– Afférences proprioceptives
(articulation temporo-mandibulaire) |
• Goût
– Afférences sensorielles
– Afférences émotionnelles |
• Déglutition
– Afférences proprioceptives
– Afférences viscérosensitives |
• Distension gastrique
– Afférences viscérosensitives |
| • Satiété |
Goût
Les informations liées au goût transitent à travers les nerfs
crâniens VII et IX jusqu'au pont, puis vers le noyau
ventro-postéro-médian (VPM) du thalamus. Elles aboutissent au
niveau du cortex dans la zone primaire du goût, située à proximité
(ou dans) l'aire somesthésique primaire de la langue, au niveau de
l'opercule pariétal.
Chez le singe, des aires gustatives secondaires ont été mises en
évidence dans l'opercule frontal, le cortex orbitofrontal et
l'insula (Rolls 1989).
Du pont, des afférences se projettent également vers le système
limbique dans le noyau latéral de l'hypothalamus et le noyau
central de l'amygdale. Le goût est d'ailleurs un facteur
déclenchant de crises alimentaires plutôt temporo-limbiques.
Afférences somato-sensitives et proprioceptives
La séquence alimentaire entraîne des afférences proprioceptives
liées à la mobilisation des articulations du membre supérieur et de
l'articulation temporo-mandibulaire, au cours de la mastication.
Elles entraîne également des afférences somatosensitives, notamment
au niveau des doigts et de la cavité buccale.
Ces informations vont se projeter sur le cortex primaire
sensori-moteur via le noyau ventro-postéro-latéral (VPL) du
thalamus. Elles déclencheront donc plutôt une crise de la région
centrale.
L'étude des réflexes transcorticaux d'origine proprioceptive
(Gioanni et al., 1981) a montré qu'une afférence
proprioceptive déclenchait, au niveau d'un cortex moteur
hyperexcitable, une pointe évoquée, c'est-à-dire un potentiel
évoqué physiologique, puis une pointe épileptique. Cette pointe
déclenche elle-même un potentiel myographique étroitement corrélé,
par sa topographie et sa latence, à la pointe corticale.
Redet et Wright (1982) rapportent par ailleurs le cas d'un
patient dont les crises à l'alimentation ont cessé après qu'il se
soit accidentellement coupé plusieurs doigts de la main
dominante.
Afférences viscéroceptives
Des afférences viscéroceptives sont créées par la déglutition,
la dilatation œsophagienne et la distension gastrique. Elles
transitent par la dixième paire crânienne. Une étude des potentiels
évoqués déclenchés par la distension de l'œsophage chez l'homme a
mis en évidence des générateurs corticaux dans l'insula (Weusten
et al., 1994). Les crises post-prandiales immédiates sont
généralement temporales ; or, on connaît les liens de l'insula
avec le système limbique
La survenue de crises à la fin ou au décours immédiat du repas a
suggéré le rôle déclenchant possible de la distension gastrique.
Cependant, une latence importante entre le début des stimulations
et le déclenchement d'une crise est un phénomène fréquent dans les
crises réflexes complexes (épilepsie de la lecture, à la prise de
décision). Et elle est plutôt interprétée comme la nécessité d'une
phase cumulative de stimuli pour déclencher une décharge
hypersynchrone.
Facteurs généraux
Ces afférences sensitives déjà nombreuses semblent être de plus
modulées par des facteurs plus généraux.
Il a été démontré en effet que le fait de distraire l'attention
portée au repas, par exemple par des tests neuropsychologiques ou
une conversation sans rapport, pouvait empêcher la survenue de la
crise (Ganga et al., 1988).
La modulation du niveau de vigilance influencerait également la
survenue des crises. La formation réticulée a été mise en cause
dans ces phénomènes.
Les facteurs affectifs et émotionnels entrent également en jeu,
le contexte dans lequel se déroule le repas, à la maison ou à
l'extérieur (Ahuja et al., 1988) par exemple.
Le fait que la seule vue de la nourriture entraîne des crises
peut être interprété de deux façons. Soit le stimulus visuel serait
déclenchant, soit il existerait un phénomène de conditionnement
(Scollo-Lavizzari et Hess, 1967) : l'association de crises à
la prise alimentaire pendant des années crée alors un réflexe
pavlovien où la crise survient de façon anticipée, à l'idée même de
se mettre à table.
Ces différents facteurs excitateurs ou inhibiteurs sont
probablement le plus souvent associés entre eux pour provoquer les
crises. En effet, si on essaie d'isoler dans la séquence
alimentaire un facteur qui semble déclenchant, par exemple regarder
la nourriture, manipuler une cuillère sans la porter à la bouche,
déposer une solution aromatisée dans la cavité buccale, mastiquer à
vide... la plupart du temps on n'obtient pas de crises. Il y a
cependant des exceptions (Nick et Grasset, 1962 ; Biraben
et al., 1999). À l'inverse, si l'on essaie d'enlever de la
séquence alimentaire le facteur qui semble déclenchant, par exemple
en faisant manger le patient par une tierce personne, en évitant
les températures extrêmes, en buvant à la paille, en anesthésiant
la cavité buccale le plus souvent on réduit le nombre de crises de
façon plus ou moins transitoire, sans les faire disparaître.
Modèle expérimental
Un modèle expérimental de crise épileptique apporte un éclairage
intéressant à la physiopathologie des épilepsies partielles
réflexes complexes. C'est celui de Wyler et Ward (1980) à partir
d'un foyer lésionnel cortical aigu, à la pénicilline, chez le
singe.
Dans ce modèle, il y a deux groupes de neurones. Le
groupe 1 est constitué de neurones intrinsèquement
hyperexcitables, qui déchargent de façon spontanée, importante et
stable, sans modification par des facteurs extérieurs. Le groupe
2 comporte des neurones labiles qui déchargent moins et sont
influencés par les facteurs externes (afférences sensitives, niveau
de vigilance…).
Le groupe 1 jouerait donc le rôle de pace maker,
mais ne serait pas suffisant pour atteindre « la masse
critique » nécessaire au déclenchement d'une crise. La mise en
jeu progressive du groupe 2 par des stimuli extérieurs permettrait
d'atteindre cette masse critique. Ce modèle est particulièrement
bien adapté aux crises réflexes complexes (Wieser, 1989). En effet,
il permet d'expliquer la nécessité de stimuli déclenchants
externes, le fait que l'intensité, la répétition, la durée de ces
stimuli soient souvent déterminantes. De plus, il éclaire le rôle
des facteurs inhibiteurs, comme le détournement de l'attention, qui
maintiennent le groupe 2 dans un état inexcitable.
Ces explications physiopathologiques sont plutôt en faveur de la
genèse de crises alimentaires réflexes focales. Or des crises
généralisées sont également décrites dans la littérature.
Dans les épilepsies généralisées idiopathiques avec
photosensibilité, on a montré que la stimulation rétinienne
entraîne une décharge épileptique des aires corticales striées et
pré-striées qui s'étend rapidement mais secondairement à l'ensemble
du cortex (Binnie et al., 1985). D'ailleurs, en faisant
varier l'intensité de la stimulation (par exemple en réalisant une
stimulation monoculaire) ou le seuil épileptogène (par exemple en
donnant un traitement anti-épileptique incomplet), on peut
maintenir cette décharge focale. Le même phénomène existe donc
probablement dans d'autres crises réflexes, comme les crises à
l'alimentation, qui, prises pour des crises généralisées, seraient
en fait des crises focales rapidement généralisées.
Par ailleurs, les crises généralisées à l'alimentation
surviennent, en général, sur terrain prédisposé, c'est-à-dire au
sein de syndromes épileptiques où les crises spontanées sont
généralisées, comme le syndrome de Lennox-Gastaut ou l'EMBN.
En résumé, les afférences sensorielles liées à l'alimentation
recrutent un groupe de neurones corticaux potentiellement
excitables, permettant la formation d'une masse neuronale
hyperexcitée critique. Celle-ci crée une décharge hypersynchrone
focale qui, en fonction du terrain sous-jacent, lésion épileptogène
focale ou seuil épileptogène bas diffus, va entraîner une crise
partielle ou d'allure généralisée.
Traitement
Le traitement des crises à l'alimentation est souvent difficile.
En effet, le taux de pharmacorésistance est élevé. On doit noter
cependant l'aide que peut apporter, comme chez notre patiente MB,
la prise de clobazam, une heure avant chaque repas (Aguglia et
Tinuper, 1983).
La chirurgie de l'épilepsie est indiquée dans certains cas
d'épilepsie temporale ; dans le cas d'épilepsie de la région
centrale, le risque fonctionnel est souvent trop élevé.
Or les conséquences des épilepsies à l'alimentation peuvent être
graves, tant sur le plan nutritionnel si le patient ne peut plus
s'alimenter correctement, que sur la plan psychologique, les repas
occupant en effet une place importante dans les relations
familiales et sociales.
Spector et al. (2000) interrogent une population de
patients épileptiques et pharmaco-résistants : 90 %
d'entre eux peuvent identifier au moins un facteur déclenchant,
52 % essaient consciemment de les éviter et 47 %
affirment pouvoir parfois les arrêter. Wolf et Okujava (1999)
obtiennent des résultats très satisfaisants sur une population de
patients refusant un traitement pharmacologique, en travaillant
avec eux sur l'éviction des facteurs déclenchants.
Schmid-Schonbein (1998) utilise une technique de
self-control sur 16 patients atteints d'épilepsie
partielle pharmacorésistante. Les patients apprennent à reconnaître
et à éviter les facteurs déclenchants, mais également à reconnaître
et à stopper les premiers symptômes d'une crise. On obtient une
réduction de 80 à 100 % des crises dans 68 % des cas.
Ces études montrent donc l'importance, dans toutes les
épilepsies, en particulier dans les épilepsies pharmacorésistantes,
de reconnaître et d'éviter les facteurs favorisants ou
déclenchants, de reconnaître et d'apprendre à contrôler le début
des crises, quand c'est possible, par différentes méthodes :
neurofeedback (Nagai et al., 2003), relaxation…
Dans le cas des crises réflexes à l'alimentation, les facteurs
déclenchants jouent un rôle très important, mais leur éviction
n'est pas toujours possible. Certaines mesures cependant (par ex.
changer de main, boire à la paille, éliminer certains aliments dont
le goût ou la texture semblent responsables…) peuvent entraîner une
amélioration.
Des psychothérapies comportementales complémentaires, notamment
pour déconditionner certains patients ou pour leur apprendre à
détourner leur attention du repas, ainsi que des psychothérapies de
soutien peuvent compléter utilement l'ensemble de ces mesures
thérapeutiques. n
Références
Aguglia U, Tinuper P. Eating seizures. Eur Neurol
1983 ; 22 : 227-31.
Ahuja GK, Mohandas S, Narayanaswamy AS. Eating epilepsy.
Epilepsia 1980 ; 21 : 85-9.
Ahuja GK, Pauranik A, Behari M, Prasad K. Eating epilepsy. J
Neurol 1988 ; 235 :444-7.
Binnie CD, Findlay J, Wilkins AJ. Mechanism of epileptogenis in
photosensitive epilepsy implied by the effect of moving patterns.
Electroencephalogr Clin Neurophysiol 1985 ; 52 :
461-8.
Biraben A, Scarabin JM, de Toffol B, Vignal JP, Chauvel P.
Opercular reflex seizures : A case report with
Stereo-electroencephalographic demonstration. Epilepsia
1999 ; 40 : 655-63.
Boudouresque J, Gastaut H. Le mécanisme réflexe de certaines
épilepsies temporales. Rev Neurol 1954 ;
90 :157-8.
Cirignotta F, Marcacci G, Lugaresi E. Epileptic seizures
precipitated by eating. Epilepsia 1977 ; 18 :
445-8.
Deonna T. Reflex with somatosensory precipitation :
clinical and electroencephalographic patterns and differential
diagnosis, with emphasis on reflex myoclonic epilepsy in infancy.
In :. Zifkin B, Andermann F, Beaumanoir A, Rowan J. (eds)
Reflex epilepsies and reflex seizures. Advances in
Neurology. Vol. 75 Philadelphia Lippincott-Raven Press,
1998.
Dravet C, Bureau M. Epilepsie myoclonique bénigne du nourrisson.
In : Roger J, Bureau M, Dravet C, Genton P, Tassinari CA, Wolf
P (eds). Les syndromes épileptiques de l'enfant et de
l'adolescent (3e édition). Eastleigh : John
Libbey & Co 2002 : 69-81.
Ganga A, Sechi G.P, Porcella V, Traccis S, Rosati G, Agnetti V.
Eating seizures and distraction arousal functions. Eur
Neurol 1988 ; 28 : 167-70.
Gastaut H. Historical averview on reflex epilepsies with special
emphasis on photogenic epilepsy. In : Beaumanoir A, Gastaut H,
Naquet R eds. Reflex seizures and reflex epilepsies.
Geneva : Médecine et Hygiène, 1989.
Gioanni Y, Lamarche P, Chauvel P, Encabo H. Réflexes
transcorticaux d'origine proprioceptive et épilepsie motrice.
Rev EEG Neurophysiol 1981 ; 11 : 317-23.
Kishi T, Moriya M, Kimoto Y, Nishio Y, Tanaka T. Congenital
bilateral perisylvian syndrome and eating epilepsy. Eur
Neurol 1999 ; 42 : 241-3.
Koul R, Koul S, Radzan S. Eating epilepsy. Acta Neurol
Scand 1989 ; 80 : 78-80.
Lee IH, Kwan SY, Su MS. Eating seizures in Lennox-Gastaut
syndrome. Eur Neurol 2001 ; 45 : 123-5.
Loiseau P, Guyot M, Loiseau H, Rougier A, Desbordes P. Eating
seizures. Epilepsia 1986 ; 27 : 161-3.
Loreto V, Nocerino C, Striano P, D'Aulos F, Boccela P, Striano
S. Eating epilepsy. Heterogeneity of ictal semiology : the
role of video-EEG monitoring. Epileptic Disorders
2000 ; 2 : 93-7.
Mateos V, Salas-Puig J, Campos D.M, Carrero V, Anddermann F.
Acquires bilateral opercular lesions or Foix-Chavagny-Marie
syndrome and eating epilepsy. J Neurol Neurosurg Psychiatry
1995 ; 44 : 747-8.
Nagai Y, Goldstein LH, Fenwick PBC, Trimble MR. Clinical
efficacy of galvanic skeen response (GSR) biofeedback on
epilepsy : randomised controlled study. Epilepsia
2003 ; 44(suppl 8) ; 51.
Nagaraja D, Chand RP. Eating epilepsy. Clin Neurol
Neurosurg 1984 ; 86 : 95-9.
Nakasawa C, Fujimoto S, Watanabe M, Tanaka M, Kageyama M,
Ishikawa T, Watanabe Y. Eating epilepsy caracterized by periodic
spasms. Neuropediatrics 2002 ; 33 : 294-7.
Nick J, Grasset A. Crises d'épilepsie déclenchées par
l'introduction de liquides dans la cavité buccale. Rev
Neurol 1962 ; 107 : 6-7.
Plouin P, Soufflet C, Kaminska A, Chiron C, Dulac O. Des spasmes
épileptiques aux crises manducatoires : à propos d'une
observation. Epilepsies 2001 ; 13 : 277.
Reder AT, Wright FS. Epilepsy evoked by eating :the role of
peripheral input. Neurology 1982 ; 32 :
1065-9.
Rémillard G, Zifkin B, Andermann F. Seizures induced by eating.
In : Zifkin B, Andermann F, Beaumanoir A, Rowan J.(eds)
Reflex epilepsies and reflex seizures : advances in
neurology. Vol. 75 Philadelphia Lippincott-Raven Press
1998.
Rémillard G, Andermann F, Zifkin B, Olivier A, Rasmussen T.
Eating epilepsy : a study of ten surgically treated patients
suggests the presence of two separate syndromes. In :
Beaumanoir A, Gastaut H, Naquet R eds. Reflex seizures and
reflex epilepsies. Geneva : Médecine et Hygiène, 1989.
Ricci S, Cusmai R, Fusco L, Vigevano F. Reflex myoclonic
epilepsy in infancy : a new age-dependent idiopathic epilepic
syndrome related to startle reaction. Epilepsia 1995 ;
35 : 342-6.
Robertson WC, Fariello RG. Eating epilepsy associated with a
deep forebrain glioma. Ann Neurol 1979 ; 6 :
271-3.
Rolls ET. Information processing in the tast system of primates.
J Exp Biol 1989 ; 146 : 141-64.
Schmidt G, Todt H. Durch taktile und viscerale reize ausgeloste
reflexepilepsie beim kind. Kinderartzl Praxis 1979 ;
47 : 482-7.
Scollo-Lavazzari G, Hess R. Sensory precipitation of epileptic
seizures : report on two unusual cases. Epilepsia
1967 ; 8 : 157-61.
Senanayake N. Familial eating epilepsy. J Neurol
1990 ; 237 : 288-91.
Senanayake N. Reflex epilepsie : experience in Sri Lanka.
Ceylon Med Journal 1994 ; 39 : 67-74.
Senanayake N, Weerasooriya S, Bandara I, Johnson E. Genetic
analysis of familial eating epilepsy in a Sri Lanka population.
Epilepsia 2003, 44(suppl 8) ;132.
Senevitrane U, Seetha T, Pathirana R, Rajapakse P. High
prevalence of eating epilepsy in Sri Lanka. Seizure
2003 ; 12 : 604-5.
Schmid-Schonbein C. Improvement of seizure control by
psychological methods in patients with intractable epilepsies.
Seizure 1998 ; 7 : 261-70.
Spector S, Cull C, Goldstein LH. Seizure precipitants and
perceived self-control of seizures in adult with poorly-controlled
epilepsy. Epilepsy Res 2000 ; 38 : 207-16.
Verdu A, Ruiz-Falco M. Eating seizures associated with cortical
dysplasia. Brain Dev 1991 ; 13 : 352-4.
Vizioli R. The problem of human reflex epilepsy and the possible
role of masked epileptic factors. Epilepsia 1962 ;
3 : 293-302.
Weusten BL, Franssen H, Wieneke GH, Smout AJ. Multichannel
recording of cerebral potentials evoked by oesophageal ballon
distention in humans. Dig Dis Sci 1994 ; 39 :
2074-83.
Wieser HG. Seizure inducing and preventing mechanisms. In :
Beaumanoir A, Gastaut H, Naquet R (eds). Reflex seizures and
reflex epilepsies. Geneva : Médecine et Hygiène 1989.
Wolf P, Okujava N. Possibilities of non-pharmacological
conservative treatment of epilepsy. Seizure 1999 ;
8 : 45-52.
Wyler AR, Ward AA. Epileptic neurons. In Lockark JS, Ward AA jr,
(eds). Epilepsy : a window to brain mechanisms. New
York : Raven Press, 1980.
|