ARTICLE
ers.2012.0559
Auteur(s) : Lucie Anzivino-Viricel1 lucie.anzivino@ors-rhone-alpes.org,
Nicole Falette2 nicole.falette@lyon.unicancer.fr,
Julien Carretier2,3 julien.carretier@lyon.unicancer.fr,
Lucile Montestrucq1 lucile.montestrucq@ors-rhone-alpes.org,
Olivier Guye1 olivier.guye@ors-rhone-alpes.org,
Thierry Philip2 thierry.philip@lyon.unicancer.fr,
Béatrice Fervers2,3 beatrice.fervers@lyon.unicancer.fr
1 Observatoire régional de la santé Rhône-Alpes
9, quai Jean-Moulin
69001 Lyon
France
2 Centre Léon-Bérard
Unité cancer et environnement
28, rue Laënnec
69373 Lyon cedex 08
France
3 Université de Lyon 1
EA 4129 « Santé, Individu, Société »
Faculté de Médecine Laënnec
7-11 rue Guillaume Paradin
69372 Lyon cedex 08 France
Tirés à part : N. Falette
La production croissante de déchets et leurs divers modes de
gestion contribuent aux rejets dans l’environnement de substances
potentiellement dangereuses qui suscitent de multiples
interrogations quant à leur risque pour la santé humaine. En
France, 868 millions de tonnes de déchets, dont 5 % de
déchets ménagers et assimilés (DMA), ont été produits en 2008 [1].
En 40 ans, le tonnage des DMA a doublé en France, tendance
liée au développement de l’économie de marché, par la production
accrue des déchets issus de la consommation des ménages et des
processus industriels.
Dans ce contexte, l’impact sur la santé des professionnels et
des populations riveraines des installations, des différentes
filières de traitement<strike>s</strike> des DMA
constitue une préoccupation tant pour les chercheurs que pour les
décideurs politiques, les industriels et les citoyens. La question
des enjeux sanitaires liés aux déchets est difficile à appréhender
et donne lieu à de nombreux débats de société. Devant la diversité
des polluants en présence, la multitude de modes de gestion et des
différentes voies et durées d’exposition, les connaissances sont
abondantes mais restent imparfaites et perfectibles. Les effets sur
la santé des DMA sont divers et dépendent de la nature des déchets
et de leur mode de traitement : ils peuvent être liés à la
présence de matières organiques, donc de micro-organismes parfois
pathogènes, à des matières combustibles susceptibles de dégager des
substances nocives, ou à la présence de résidus de substances
toxiques. Plusieurs enquêtes auprès de la population française ont
montré en outre que la question de l’impact potentiel des déchets
sur la santé humaine est une préoccupation importante, et notamment
pour les populations riveraines des sites.
L’objectif de cette revue transversale est d’établir un état des
connaissances scientifiques concernant l’impact sanitaire de la
gestion des DMA sur la santé des populations riveraines et
professionnelles. La revue s’est intéressée plus particulièrement
aux DMA gérés par les collectivités. Le présent travail s’est
efforcé de mettre en évidence des domaines de convergence et de
divergence des données scientifiques disponibles ainsi que
d’identifier des questions de recherche où les données
scientifiques font actuellement défaut.
Méthodologie
La méthode a consisté en une revue systématique des données de
la littérature scientifique relatives à l’évaluation des effets
sanitaires identifiés chez les populations riveraines des unités de
traitement et les professionnels du secteur, liés à quatre modes de
gestion des DMA : collecte des bacs à domicile et tri des
matières recyclables (papiers, plastiques, métaux, verres…),
compostage (valorisation organique des déchets verts tels que
feuilles mortes, tontes de gazon, tailles de haies…), incinération
(brûlage des ordures ménagères collectés dans des fours spéciaux à
850 °C) et stockage (mise en « décharges »). Le terme de
DMA regroupe l’ensemble des déchets produits dans le cadre de la
vie quotidienne (restes de repas, emballages, électroménagers,
vieux meubles, vieux vêtements, déchets verts, etc.), ainsi que les
déchets industriels banals (DIB). Il s’agit de déchets
d’entreprises qui ressemblent, par leur nature et leur composition,
aux déchets ménagers (vieux papiers, cartons, emballages,
plastiques, chutes diverses, invendus d’un marché). Les déchets
dangereux et des activités de soins, des traitements de recyclage,
des boues et des eaux usées et des déchets d’équipements
électriques et électroniques ne font pas partie du présent
travail.
La recherche bibliographique a porté sur les rapports de
synthèse et revues systématiques reprenant les résultats d’études
épidémiologiques publiés entre 1995 et 2009, ainsi que sur les
études épidémiologiques publiées entre 2005 et 2010 (dénommées
« études individuelles » dans le présent article). La
recherche bibliographique a été effectuée en langues française et
anglaise dans Medline, TOXNET, BDSP, NIOSHTIC-2 et ROD avec
les mots clés suivants : déchets/waste,
collecte/collection, tri/sorting,
incinérateur/incinerator, compostage/composting,
stockage/landfill, gestion des déchets/waste
management, santé/health, exposition
professionnelle/occupational exposure, santé
environnementale/environmental health, santé au
travail/occupational health, effets secondaires/adverse
effects. Nous avons également interrogé 35 sites Internet
institutionnels spécialisés dans le domaine (16 en France,
10 en Europe et 9 au niveau international). Des rapports
institutionnels (internationaux, européens, parlementaires) et des
revues publiées par des associations ont été identifiés afin de
compléter les publications académiques. Enfin, les études
épidémiologiques mentionnées dans plus de trois rapports de
synthèse (dénommées « études majeures »), ainsi que
celles qui ont été réalisées en France, ont été analysées
individuellement. Les études portant exclusivement sur l’étude des
polluants et/ou l’évaluation des expositions, les études
toxicologiques et les évaluations quantitatives
de<strike>s</strike> risques sanitaires (EQRS) n’ont
pas été prises en compte dans le présent travail.
Des grilles de lecture ont été utilisées pour juger de la
qualité des rapports de synthèse [2, 3] et des études
épidémiologiques [4]. Les rapports de synthèse dont la qualité se
conformait à moins de 5 critères sur les 12 retenus ont
été écartés (tableau
1).
Tableau 1 Liste des critères pour l’analyse de la qualité
méthodologique des rapports de synthèse [2, 3].
List of criteria for the analysis of the methodological quality
of the reviews [2, 3].
| Champs et objectif |
| 1. L’(les) objectif(s) du document est(sont)
décrit(s) explicitement |
| 2. La(les) question(s) couverte(s) par le
document est(sont) décrite(s) explicitement |
| 3. Les populations auxquelles le document
doit s’appliquer sont décrites explicitement |
| Participation des intervenants |
| 4. Le groupe ayant rédigé la synthèse sont
des professionnels de la thématique |
| 5. Les utilisateurs cibles du document sont
clairement définis |
| Rigueur d’élaboration du document |
| 6. Des méthodes systématiques ont été
utilisées pour rechercher les preuves scientifiques |
| 7. Il y a un lien explicite entre les
conclusions et les preuves scientifiques sur lesquelles elles
reposent |
| 8. Le document a été revu par des experts
externes avant sa publication |
| 9. Les forces et les limites des preuves
scientifiques sont clairement définies |
| Clarté et présentation |
| 10. Les recommandations/conclusions sont
précises et sans ambiguïté et sont facilement identifiables |
| Applicabilité |
| 11. Les barrières potentielles à
l’application des conclusions ont été discutées |
| Indépendance éditoriale |
| 12. La rédaction du document est
indépendante et sans conflits d’intérêts des membres du groupe
ayant élaboré les conclusions |
Adapté des grilles AGREE (Appraisal of Guidelines Research
and Evaluation) [2] et de CONSORT statement [3].
Adapted from the AGREE instrument [2] and
CONSORT statement [3].
Afin d’évaluer la force des preuves disponibles dans la
littérature pour chacun des modes de traitement des DMA, nous avons
adapté une grille de niveaux de preuve à partir des échelles
utilisées par cinq organisations au niveau international (tableau 2) [5-7]. L’attribution des
niveaux de preuve (tableau 3 et en
italiques dans le texte) repose sur le type, la qualité et la
quantité des données disponibles ainsi que sur la concordance ou
non de leurs résultats.
Tableau 2 Grille de qualification des « niveaux de
preuve ».
Scale of levels of evidence.
| Niveaux de preuve |
Définitions |
| Convaincant |
Repose sur des preuves solides suffisantes pour
soutenir un jugement convaincant : nombreuses synthèses dont
les conclusions sont homogènes ; études initiales de bonne
qualité, nombreuses et cohérentes |
| Probable |
Repose sur des preuves suffisamment solides
(nombreuses synthèses), en faveur d’une association (études
individuelles bien menées et cohérentes) et dont les conclusions
sont en majorité homogènes |
| Possible |
Repose sur des preuves suggérant l’existence d’une
association, mais des limites existent (nombre de synthèses
disponibles limité et/ou conclusions divergentes et/ou faiblesses
méthodologiques des études individuelles et/ou études individuelles
aux résultats divergents) |
| Conclusion impossible |
Repose sur des preuves limitées ne permettant pas
de conclure à l’existence d’une association entre l’exposition et
l’effet sur la santé (nombre de synthèses trop faible et nombre
très faible d’études initiales et conclusions discordantes).
L’absence de preuve ne signifie pas la preuve de l’absence
d’effet |
Tableau 3 Synthèse des résultats sur les effets
sanitaires et l’exposition aux différents traitements des déchets
ménagers sur les professionnels et les riverains.
Summary of results about the health effects of exposure to
different household waste treatment methods on workers and
neighbors.
|
| Collecte et tri |
Plateformes de compostage |
Usines d’incinération ancienne
génération |
Installations de stockage |
| Pathologies |
Niveau de preuve
Professionnels |
Niveau de preuve
Riverains |
Niveau de preuve
Professionnels |
Niveau de preuve
Riverains |
Niveau de preuve
Professionnels |
Niveau de preuve
Riverains |
Niveau de preuve
Professionnels |
Niveau de preuve
Riverains autour des sites étrangers |
| Tous types cancers |
- |
- |
- |
- |
Conclusion impossible |
Possible chez la femme |
- |
Possibleb |
| Cancer du poumon |
- |
- |
- |
- |
Conclusion impossible |
Possible |
- |
- |
| Cancer gastro-intestinal |
- |
- |
- |
- |
Conclusion impossible |
Possible |
- |
- |
| Cancer du foie |
- |
- |
- |
- |
- |
Possible |
- |
- |
| Cancer du sein chez la femme |
- |
- |
- |
- |
- |
Possible |
- |
- |
| Leucémies aiguës et chroniques (LLC) |
- |
- |
- |
- |
- |
Conclusion impossible |
- |
- |
| Lymphome non hodgkinien (LNH) |
- |
- |
- |
- |
- |
Probable |
- |
- |
| Sarcome des tissus mous (STM) |
- |
- |
- |
- |
- |
Probable |
- |
- |
| Troubles du développement fœtal |
- |
- |
- |
- |
Conclusion impossible |
- |
- |
Possible pour petits poids à la
naissanceb |
| Malformations congénitales |
- |
- |
- |
- |
- |
Possible |
- |
Possibleb |
| Troubles de la reproduction |
- |
- |
- |
- |
- |
Possible |
- |
- |
| Troubles respiratoires aigus |
Convaincant |
- |
Convaincant |
Possible |
Possible |
Conclusion impossible |
Conclusion impossiblea |
Possibleb |
Conclusion impossible |
| Troubles respiratoires chroniques |
Conclusion impossible |
- |
Conclusion impossible |
- |
- |
- |
- |
Conclusion impossible |
| Troubles cardiovasculaires |
- |
- |
- |
- |
Conclusion impossible |
Conclusion impossible |
- |
- |
| Symptômes divers/subjectifs |
- |
- |
- |
Possible |
- |
- |
Conclusion impossiblea |
Possibleb |
Conclusion impossible |
| Troubles dermatologiques |
Conclusion impossible |
- |
Possible |
- |
- |
- |
Conclusion impossiblea |
Possibleb |
Conclusion impossible |
| Troubles gastro-intestinaux |
Probable |
- |
Possible |
- |
- |
- |
Conclusion impossiblea |
Possibleb |
Conclusion impossible |
| Troubles musculosquelettiques (TMS) |
Convaincant |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
| Maladies infectieuses |
Convaincantb |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
- |
| Troubles oculaires |
Conclusion impossible |
- |
Possible |
- |
- |
- |
Conclusion impossiblea |
Possibleb |
Conclusion impossible |
(-) : pas de données disponibles/no data
available.
a Sur la base des données françaises/based
on French data.
b Issu des données à l’étranger ne répondant
pas aux mêmes critères pour le stockage des déchets/from foreign
data not meeting the same criteria for waste storage.
Un groupe interdisciplinaire de dix experts, issus des domaines
de la santé publique, de la santé au travail, de l’épidémiologie,
de l’environnement, des déchets, de la maîtrise de l’énergie et de
la toxicologie, a été consulté pour la validation de la grille des
niveaux de preuve ainsi que pour la discussion des conclusions. Ces
professionnels ont signé une déclaration de conflits
d’intérêts.
Résultats
Un total de 1 011 rapports de synthèse et revues
systématiques et 140 études épidémiologiques ont été
identifiés par la recherche documentaire, dont respectivement 219
(22 %) et 54 (39 %) ont satisfait aux critères
d’inclusion. Après analyse critique selon les grilles de lecture,
seuls 26 rapports de synthèse et revues systématiques
(12 %) et 19 études épidémiologiques (35 %)
(Annexe 1), publiées depuis 2005, ont été
inclus dans le rapport final [8]. De plus, 29 études issues
des rapports ont été analysées (Annexe 1).
Collecte et tri
Chaque année en France, environ 47 millions de tonnes de
DMA sont collectées par le service public, soit un ratio par
habitant de 588 kg par an. Les centres de tri reçoivent les déchets
issus de la collecte sélective, en augmentation puisque les
quantités collectées sont passées de 69 à 74 kg par habitant
entre 2005 et 2009 [1]. Même si la collecte et le tri des DMA
sont deux modes de gestion très différents, on constate que la
majorité des études regroupent les deux procédés.
Huit rapports de synthèse publiés entre 1995 et
2009 sur les effets sanitaires encourus par les travailleurs,
une au Danemark [9], six en France [10-15] et une en Italie [16],
ont été retenus. Dans les rapports de synthèse, les auteurs font
référence aux six études majeures réalisées au Danemark [17-20], au
Pays-Bas [21] et au Royaume-Uni [22]. Six études individuelles
publiées entre 2005 et 2010 ont été retenues, une en
Europe [23] et les autres dans des pays étrangers (Brésil
[24, 25], Grèce [26, 27], Inde [28]).
Dans ces études, les effets sur la santé des salariés sont bien
documentés. Ces filières exposent les travailleurs essentiellement
à des poussières d’agents biologiques dispersés dans l’air
(bioaérosols), et à des composés organiques volatils non microbiens
dans des environnements confinés. En revanche, très peu de données
ont été retrouvées sur les riverains. Le contraste des contextes
étudiés (Brésil, Grèce, Danemark, Inde) limite la comparabilité des
résultats. Cependant, le choix d’inclure ces études a été fait afin
d’avoir une vision globale des impacts sanitaires des activités de
collecte et de tri.
Les études retenues montrent une fréquence importante de
troubles respiratoires aigus et de troubles gastro-intestinaux,
souvent liés aux bioaérosols présents dans les ambiances de
travail. Les données suggèrent une association convaincante
entre la survenue de troubles respiratoires aigus et l’exposition
de ces professionnels (tableau
3). Néanmoins, si les effets à court terme sont bien
documentés, les effets à long terme restent mal connus et les
données disponibles ne permettent pas de conclure quant à
l’existence d’une éventuelle association entre troubles
respiratoires chroniques et exposition des salariés.
Les troubles digestifs rapportés dans la littérature sont
principalement des diarrhées, des vomissements et des nausées, qui
touchent aussi bien les professionnels de la collecte que ceux du
tri. Les données permettent d’établir une association
probable entre le taux élevé de polluants d’origine microbienne
présents dans l’atmosphère au niveau des postes de travail et la
survenue de ces troubles gastro-intestinaux. Par ailleurs, les
données disponibles sont insuffisantes pour conclure à une
augmentation de risques de troubles dermatologiques et oculaires.
En revanche, il existe une association convaincante entre la
survenue de troubles musculosquelettiques (TMS) et les gestes et
postures de travail des salariés, cela aussi bien pour la collecte
que pour le tri des DMA [24, 25, 29].
Dans certains pays (Grèce et Brésil), les études montrent une
augmentation du risque de contamination par l’hépatite B pour
les professionnels ayant été exposés à du sang par le biais de
matériel médical présent dans les ordures ménagères, suggérant un
niveau de preuve convaincant. Cependant, ce risque reste
très faible en France (un seul cas de séroconversion
professionnelle au VIH avant 2007 – www.inrs.fr/eficatt), en raison
des mesures réglementaires (articles R.1335-1 à
R.1335-14 du code de la santé publique –
www.legifrance.gouv.fr) et sanitaires en vigueur pour les déchets
d’activités de soins.
Plateformes de compostage
Le compostage est un procédé de traitement biologique, aérobie,
en conditions contrôlées, des matières fermentescibles contenues
dans les déchets. Il peut se réaliser sur différents types de
déchets : déchets verts, fraction fermentescible d’ordures
ménagères, biodéchets collectés sélectivement. En France, environ
800 plateformes ont produit 4 Mt de compost en 2009.
Neuf rapports de synthèse
[11, 13, 15, 16, 30-34] portent sur les
symptômes et maladies survenus chez des salariés des centres de
compostage dont quatre [15, 30, 32, 33] analysent
également les effets sanitaires chez les riverains. Dans les revues
de synthèse, les auteurs font référence à quatre études majeures
(Annexe 1) [35-38]. Deux études individuelles
publiées entre 2005 à 2010 viennent compléter cette revue
[39, 40]. Les études sur les risques sanitaires liés au
compostage concernent surtout les professionnels, les effets dans
les populations riveraines sont moins documentés. Les principales
expositions liées au compostage des déchets comprennent des
émissions atmosphériques chimiques (divers gaz et poussières) et
des microorganismes et toxines. Leurs natures sont variables en
fonction de la nature des déchets et étapes de traitement.
Chez les professionnels de plateformes de compostage, les
résultats montrent une association convaincante entre
l’exposition aux bioaérosols et le risque d’inflammation aiguë et
transitoire des muqueuses respiratoires (même si les taux des
bioaérosols dans l’air peuvent varier considérablement d’un site à
l’autre) (tableau 3).
Concernant les troubles respiratoires chroniques, il est
impossible de conclure car une seule étude [39] rapporte une
augmentation significative du nombre de cas de bronchite chronique
chez des employés exposés pendant cinq ans sur leur lieu de
travail. Les données disponibles concernant le risque de maladies
allergiques et d’altération de la fonction respiratoire à long
terme sont insuffisantes pour conclure. Enfin, les résultats
des données de la littérature suggèrent une association
possible entre l’exposition aux agents biologiques et une
augmentation des troubles gastro-intestinaux, dermatologiques et
des irritations oculaires. Une seule étude individuelle aborde le
risque de cancer chez les travailleurs [40] qui semble augmenté,
mais les données ne permettent pas de conclure. L’analyse
des études montre la difficulté de caractériser de façon fiable les
expositions sur le plan individuel limitant la possibilité de
conclure quant à l’importance des risques. Par ailleurs, il n’est
pas possible d’exclure l’existence d’un possible effet du
travailleur sain.
Chez les riverains, les données disponibles apportent des
arguments en faveur d’une association possible entre
symptômes divers (nausées, maux de tête, vomissements, fatigue) et
exposition aux émissions des plateformes de compostage (tableau 3). Une étude menée en
Allemagne suggère des risques de bronchite, de difficultés
respiratoires (dyspnée) et de toux chez les personnes ayant résidé
plus de cinq ans à moins de 200 m, sous le vent d’un site de
compostage [35]. Les résultats sont en faveur d’une association
possible entre la survenue de troubles respiratoires et
l’exposition aux émissions des plateformes de compostage chez les
riverains.
Usines d’incinération d’ordures ménagères (UIOM)
En France, en 2008, 13 millions de tonnes de DMA ont été
incinérés sur les 47 millions de tonnes collectés par le
service public, soit 28,7 % [1]. Avec 130 incinérateurs
en 2010, la France représente le plus grand parc d’Europe en
nombre, mais non en capacité. Le type et la concentration des
substances émises dépendent essentiellement du procédé
d’incinération, du type de déchets brûlés, des conditions de
combustion et du dispositif de traitement des fumées. Certaines
substances sont inhérentes à la nature des déchets incinérés,
d’autres sont formées au cours de la combustion incomplète des
déchets, ou encore lors du refroidissement des gaz. Les principales
substances concernées sont l’oxyde de carbone (CO), les oxydes
d’azote (NOx), le dioxyde de soufre (SO2), l’acide
chlorhydrique (HCl), les dioxines et furanes (PCDD/F) et les
polychlorobiphényles (PCB), les hydrocarbures aromatiques
polycycliques (HAP), les poussières et des métaux lourds
(aluminium, arsenic, cadmium, cobalt, chrome, cuivre, fer,
manganèse, mercure, nickel, plomb, zinc). Les usines d’incinération
sont réglementées par l’arrêté ministériel du
20 septembre 2002 (modifié le 3 août 2010) qui
constitue une transposition en droit national de la directive
européenne du 4 décembre 2000. L’adaptation des
technologies à l’évolution de la réglementation entre 1995 et
2010 a conduit à une division de l’émission des dioxines des
UIOM par un facteur supérieur à 100 (de 1 090 à 8,5 g par an).
Parallèlement, les émissions de métaux ont diminué (huit fois moins
de mercure et 12 fois moins de plomb).
Treize rapports de synthèse publiés entre 2001 et 2009
[15, 16, 30, 31, 33, 41-48] ont été
retenus. Six rapports de synthèse concernent les professionnels
exposés aux incinérateurs dont cinq s’intéressent aux troubles
respiratoires, cardiaques, digestifs et troubles de la reproduction
[16, 30, 41, 42, 44], un seul aborde les
cancers [43]. Dans les rapports de synthèse, neuf études majeures
sont incluses de façon récurrente et en particulier des études
réalisées en France [49-53], en Italie [54], en Suède [55], en
Grande-Bretagne [56, 57] et aux États-Unis (Annexe
1) [58]. Sept études individuelles publiées entre
2005 à 2010 ont été analysées [58-64]. L’ensemble des
études porte sur des périodes antérieures à la mise aux nouvelles
normes des UIOM. Les résultats sur les effets possibles d’une
exposition aux rejets des UIOM sur la santé de la population
riveraine et les professionnels apparaissent fortement liés aux
niveaux de performance<strike>s</strike> des
installations. La transposabilité des données aux UIOM fonctionnant
selon les normes en vigueur depuis 2002 est donc limitée.
Aucune des études qui rapportent un risque n’a été réalisée sur des
installations conformes aux normes européennes actuellement en
vigueur.
Depuis plus de 10 ans, l’incinération reste le mode de
traitement des déchets le plus documenté, notamment en France, avec
des études plus nombreuses pour les riverains que pour les
professionnels. Seules deux études, publiées depuis 2005,
concernent les effets sur la santé des salariés d’UIOM, une en
France sur la fonction pulmonaire [59], et l’autre en Italie, sur
la survenue de troubles du développement fœtal et d’anomalies
congénitales [60]. Ces troubles ont également été étudiés chez les
riverains dans trois études individuelles récentes, deux en Europe
[61, 62] et une à Taïwan [63]. En 2007, une étude italienne
[64] étudie le risque de sarcome lié aux émissions de dioxines
d’incinérateurs. Une étude française, publiée en 2008, analyse
l’incidence des cancers à proximité des usines d’incinérations
[65]. L’ensemble des 13 rapports de synthèse s’intéresse
également aux effets sanitaires chez les riverains. Les principaux
effets sanitaires étudiés sont les troubles respiratoires,
l’apparition de cancers et les troubles de la reproduction et du
développement des enfants.
Chez les professionnels, les résultats des études analysées sont
en faveur d’une association possible entre l’exposition aux
rejets d’UIOM et l’apparition d’effets sur les voies respiratoires
(tableau 3). Il est
impossible de conclure concernant les autres effets
sanitaires. Les rares données disponibles à l’étranger concernant
les professionnels des incinérateurs ne permettent pas
d’apporter de conclusions ni pour les cancers ni pour les
troubles de la reproduction.
Chez les riverains, les données montrent une augmentation
possible de la fréquence globale de tous types de cancers chez
la femme, et en particulier du cancer du sein, ainsi que pour les
deux sexes, une augmentation de la fréquence du cancer du poumon,
des cancers gastro-intestinaux et du cancer du foie (tableau 3). Les résultats des études
évoquent également un probable excès de risque de lymphomes
malins non hodgkiniens et de sarcomes des tissus mous pour les deux
sexes. Les données d’une étude française permettent d’évoquer une
association possible entre l’exposition aux rejets
d’incinérateurs et la survenue de malformations congénitales
urinaires chez des enfants nés de mères exposées aux rejets
[62].
Centres de stockage
Le stockage représente une part importante du traitement des DMA
en France, environ 12 millions de tonnes de déchets sont
stockés en installations de stockage de déchets non dangereux
(ISDND) [1]. Des mesures de rejets atmosphériques dans des sites de
stockage des DMA ont montré la présence de composés organiques
volatils, d’hydrocarbures, de benzène et trichlorobenzène
[66, 67].
Onze rapports de synthèse ont été analysés, trois s’intéressent
aux troubles de santé chez les travailleurs [13, 16, 68].
Dix concernent les riverains
[16, 30, 31, 33, 46, 47, 68-71]. Dans
les revues de synthèse, les auteurs font référence à six équipes de
recherche qui ont mené des études sur des sites de stockage
étrangers dont deux en Amérique du Nord [72, 73], les autres
en Europe (Annexe 1) [74-77]. Pour la période
de 2005 à 2010, quatre études individuelles ont été retenues,
deux portent sur les populations riveraines [78, 79], et deux
autres sur les travailleurs [66, 80]. La présence de déchets
industriels dangereux non présents dans les DMA français et/ou
l’absence de précisions sur la nature des déchets stockés ou les
modes de gestion limitent la transposabilité des résultats de ces
études au contexte français [66, 73-75, 77].
Chez les professionnels, une seule étude a été réalisée en
France sur deux centres de stockage des DMA [67]. Les résultats de
cette étude montrent une augmentation des symptômes respiratoires
(épisodes de toux, troubles rhinopharyngés, états grippaux) et
d’autres symptômes divers comme des troubles gastro-intestinaux,
oculaires et dermatologiques. D’autres troubles non spécifiques,
comme des céphalées ou des vertiges, sont retrouvés dans une étude
d’un grand site en Arabie Saoudite [80]. Toutefois, l’insuffisance
des données et les disparités des modes de gestion et de la nature
des déchets d’un pays à l’autre ne permettent pas de
conclure à une éventuelle association entre la survenue de ces
troubles et l’exposition aux polluants chez les employés des ISDND.
Deux études sur des travailleurs de sites recevant des déchets non
dangereux et industriels dangereux (déchets mixtes) aux États-Unis
[72] et en Inde [66] montrent une association possible entre
troubles respiratoires, dermatologiques, cutanés et neurologiques
et l’exposition aux polluants émis par ces installations.
En population générale, une étude italienne récente [79], autour
de plus de 200 différents sites de stockage (déchets
uniquement ménagers et/ou déchets dangereux), renforce deux études
réalisées au Canada [82] et en Grande-Bretagne [76]. Ces données
sont en faveur d’une possible association entre l’exposition
à ce type d’installations de stockage et le risque de survenue de
cancers chez les riverains (tableau
3). Toutefois, les données sont insuffisantes
pour conclure à une association entre cette exposition et un
type spécifique de cancer. Par ailleurs, deux études de grande
envergure, une canadienne [73] et une britannique [75], concluent à
une association possible entre le taux d’enfants de faible
poids à la naissance et la présence de décharges à proximité du
lieu de résidence des mères. Concernant les effets non spécifiques,
les résultats ne permettent pas de conclure à une
association entre la survenue de ces troubles et le fait d’habiter
à proximité d’une ISDND. En effet, il semble difficile de
déterminer si ces troubles sont la conséquence des polluants émis
par les sites ou s’ils sont liés à la seule inquiétude des
populations.
Accidents du travail
Devant le manque d’études portant sur la problématique des
accidents de travail (AT) chez les professionnels du traitement des
DMA, nous avons complété notre revue de la littérature par une
analyse des données de la Caisse nationale d’assurance maladie des
travailleurs salariés (CNAMTS) relatives aux AT pour l’année 2008
[83]. Ces données concernent la fréquence des accidents ayant
entraîné une interruption de travail d’un jour complet pour les
travailleurs du régime général de la Sécurité sociale (secteur
privé), elles ne concernent pas les maladies professionnelles et
les accidents de trajet.
Comparé à l’ensemble des neuf grandes branches d’activité ou
Comités techniques nationaux (CTN), le nombre d’AT pour
1 000 salariés était plus élevé dans les trois filières
d’activité étudiées, avec en 2008 respectivement 79
(collecte), 76 (traitement) et 42 AT (incinération) contre
38 AT pour l’ensemble des branches d’activité. Quelle que soit
la filière de gestion des déchets, les douleurs, les lumbagos et
les contusions représentent toujours la plus grande part des AT
avec arrêt. En ce qui concerne les éléments matériels, les
accidents dus à des objets en cours de manipulation, les accidents
de plain-pied ainsi que les chutes avec dénivellation constituent
la première cause d’arrêt de travail. Par ailleurs, les accidents
touchent en majorité les ouvriers, catégorie socioprofessionnelle
la plus représentée dans ce secteur d’activité. L’analyse des
statistiques nationales d’AT de la CNAMTS est cohérente avec celle
des données de la littérature [9, 10, 29]. Elle montre
une association convaincante entre la fréquence des AT qui donnent
suite à des arrêts de travail et le fait d’exercer une activité
professionnelle dans les domaines de la collecte ou du traitement
des DMA. Cette tendance semble se vérifier dans le temps, hormis
pour la filière incinération qui, depuis 2008, a vu son indice de
fréquence des AT diminuer.
Discussion
La présente étude constitue une synthèse transversale des
travaux épidémiologiques conduits pour quatre modes de gestion des
DMA. Elle s’intéresse aux effets sur la santé observés tant chez
les employés de ces installations que dans les populations vivant à
proximité. La précision de « niveaux de preuve », selon
une grille formalisée, constitue un point fort du présent
travail.
L’analyse montre que les données disponibles ne sont pas
également réparties selon les pays, les modes de gestion des
déchets ménagers étudiés et les populations ciblées. Ainsi, les
études sur l’impact des UIOM sont plus nombreuses que celles
concernant les trois autres modes de gestion des DMA analysés dans
le présent article (collecte et tri, installations de stockage,
plateformes de compostage). Sur un plan géographique, les études
réalisées sur des installations françaises sont relativement rares,
à l’exception des études portant sur les UIOM. Les effets
sanitaires étudiés chez les salariés et chez les riverains ne sont
pas du même ordre.
Les données disponibles montrent qu’aucun mode de gestion des
DMA n’est exempt de risque. Cependant, les associations entre les
différents modes de gestion des DMA et le risque pour la santé des
professionnels et des populations riveraines sont le plus souvent
d’un faible niveau de preuve (possible ou conclusion
impossible). Les principaux troubles associés à un niveau de
preuve convaincant sont chez les professionnels de la
collecte, du tri et du compostage : atteintes
musculosquelettiques (TMS), troubles respiratoires aigus,
gastro-intestinaux, cutanés, oculaires et divers (nausées, maux de
tête) et maladies infectieuses. Ces troubles, hors TMS,
apparaissent principalement du fait de l’inhalation de bioaérosols
et au contact direct avec des déchets contenant certaines
substances chimiques toxiques.
Les études portant sur les incinérateurs ont été réalisées sur
des installations fonctionnant avec un système de traitement des
fumées non conforme aux normes européennes actuellement en vigueur.
Ces études d’envergure se sont notamment intéressées aux cancers,
aux malformations congénitales et aux troubles du développement
fœtal, pathologies qui n’ont pas été étudiées ou mises en évidence
chez les salariés. Bien que certains risques mis en évidence dans
ces études s’accompagnent d’un niveau de preuve probable,
ces risques apparaissent très liés aux niveaux de performances des
installations : la transposabilité des résultats aux
installations mises aux normes depuis 2002 est donc limitée.
Concernant les installations de stockage, les données disponibles,
issues essentiellement d’études menées à l’étranger, suggèrent que
l’impact sur la santé des professionnels et populations riveraines
dépend de la nature des déchets stockés (présence de déchets
dangereux notamment) et des pratiques d’exploitation. Le niveau de
preuve attribué aux associations suggérées par ces études est
faible (possible ou conclusion impossible) et la
transposabilité dans le contexte français est limitée. Des biais
liés au ressenti des populations ne peuvent pas être exclus pour
les troubles décrits, du fait de leur caractère subjectif et non
spécifique.
Devant la multitude de données à analyser dans une approche
transversale, les rapports de synthèse permettent de rassembler les
connaissances publiées et d’identifier les domaines de convergence
et de divergence des données scientifiques disponibles. Mais
parfois, la comparabilité des résultats est limitée ou les données
sont trop peu nombreuses pour pouvoir conclure. Même s’il existe
des règles d’élaboration et de publication d’un rapport de
synthèse, faisant l’objet de consensus internationaux [2, 3],
celles-ci ne sont pas toujours appliquées. Ainsi après analyse de
leur qualité, seulement un quart des rapports et revues éligibles
ont été inclus dans le présent travail. Plus particulièrement, les
critères d’inclusion et d’exclusion des études individuelles ne
sont pas toujours mentionnés, la langue de recherche
bibliographique est souvent restreinte à l’anglais, et une
surreprésentation des études ayant des résultats statistiquement
significatifs est fréquente. De ce fait, l’élaboration d’une
synthèse, à partir de revues, peut amplifier les biais de
sélection. L’analyse exhaustive des études individuelles, publiées
depuis 2005, permet de pallier au moins partiellement ce
problème.
Les délais d’apparition de certaines pathologies, telles que les
cancers, peuvent atteindre plusieurs années, postérieures au début
de l’exposition. Ces paramètres impliquent que les études
disponibles pour ces pathologies portent le plus souvent sur des
installations ayant fonctionné dans le passé limitant la
transposabilité des résultats observés. Enfin, les effets
sanitaires s’inscrivent souvent dans le domaine des risques faibles
associés à des expositions multiples et pour lesquelles il n’existe
souvent pas d’effets spécifiques. Le manque de données relatives
aux émissions et les difficultés à caractériser avec précision les
expositions conduit parfois à des résultats contradictoires ou trop
peu concluants.
Conclusion et perspectives
Tout en incitant à la réduction de la production des déchets,
notre revue transversale encourage la réalisation d’un travail plus
approfondi sur les questions pour lesquelles les données
scientifiques sont contradictoires ou non concluantes, comme par
exemple le risque de troubles respiratoires chroniques chez les
professionnels de la collecte et du tri et des plateformes de
compostage ou encore l’attribution des troubles observés à des
polluants spécifiques. En effet, seul un ensemble de données
épidémiologiques, toxicologiques et expérimentales permettrait de
juger de la plausibilité d’un lien causal entre une exposition et
un effet sur la santé. Nos résultats incitent aussi à des travaux
de recherche dans les domaines où les données font défaut, comme
par exemple la méthanisation ou les UIOM mises aux normes. Pour ces
dernières, il pourrait être intéressant d’initier chez les
professionnels, la mise en place d’études prospectives
longitudinales. Chez les riverains des UIOM, il convient de rester
prudent et de ne pas tirer de conclusions définitives avant que des
études complémentaires permettent de mieux documenter les niveaux
d’exposition. En population générale, la caractérisation des
expositions reste complexe à réaliser, du fait notamment des
expositions multiples et de la difficulté de prendre en compte les
facteurs de risques individuels dans les analyses. Par ailleurs,
les rejets plus importants des années 1990 ont certainement
entraîné une contamination rémanente des sols, qui soulève des
questions relatives à l’exposition par ingestion d’aliments
produits localement. De plus, des études sur les odeurs et le bruit
permettraient d’étudier l’impact sur la qualité de vie des
populations riveraines.
Les conclusions du présent rapport peuvent évoluer avec de
nouvelles données scientifiques nécessitant l’actualisation de ce
travail. Il pourrait être pertinent de mettre en place une veille
des nouvelles études publiées.
Remerciements et autres mentions
Les auteurs remercient toutes les personnes ressources et
experts consultés pour l’élaboration du rapport scientifique de
synthèse des données de la littérature : E. Adler
(Aconsult), E. Amar (Institut génomutation), P. Bajeat
(ADEME), C. Boudet (Ineris), B. Charbotel (UMRESTTE),
S. Cordier (Inserm), M. Colonna (Registre des cancers),
I. Déportes (ADEME), P. Empereur-Bissonnet (InVS),
Y. Perrodin (ENTPE de Lyon). Qu’ils soient vivement remerciés
pour leur aide. Le contenu et les conclusions du travail n’engagent
que les auteurs et non les personnes ressources et experts
consultés. Nous remercions le Dr. Anne Bataillard pour son
travail de recherche bibliographique et d’analyse.
Financement : ce travail a reçu le soutien financier
d’AMORCE et de la région Rhône-Alpes sans aucune implication dans
sa phase d’élaboration ; conflits d’intérêts :
aucun.
Annexe 1 . Tableau des études
« individuelles » et « majeures ».
Appendix 1. Table of individual and major studies.
| Références |
Contexte et type d’étude |
Évaluation de l’exposition et nature des
effets |
Résultats |
| Collecte et tri |
| Professionnels |
Malmros et al., 1992 [19]
Danemark |
Étude de cohorte
Usines de tri 15 salariés (déchets bruts)
33 salariés (tri papiers)
23 salariés (déchets secs triés à la source) |
Plaintes rapportées |
Symptômes gastro-intestinaux :
OR = 7,3 ; IC 95 % [2,5-21,3]
Démangeaisons oculaires : OR = 3,8 ; IC 95 %
[1,6-9,4]
Démangeaisons cutanées : OR = 14,7 ; IC 95 %
[1,5-132,2] |
Sigsgaard et al., 1994
[17] Danemark |
Étude cas-témoins
20 salariés (tri papiers)
44 éboueurs
8 agents de compostage
119 témoins |
Mesures en poussières totales et endotoxines
Plaintes rapportées/exploration fonctionnelle respiratoire |
Prévalences chez les travailleurs (par rapport
aux témoins)
Oppression thoracique : 14 %
- État grippal : 14 %
- Démangeaison des yeux : 27 %
- Démangeaison du nez : 14 %
- Mal de gorge : 21 %
Chute significative de la fonction vitale expiratoire |
Ivens et al., 1999 [20]
Danemark |
Étude cas-témoins
1 747 collecteurs de déchets de sexe masculin et un groupe
témoin de 1 111 hommes employés municipaux |
Élaboration d’une matrice emploi et exposition à
des champignons |
Si endotoxines > 5,102 EU
(endotoxin units, unités d’endotoxines)
- Nausées : prévalence proportion ratio
(PPR) = 1,6 ; IC 95 % [0,88-2,90]
- Diarrhées : PPR = 4,59 ; IC 95 %
[2,74-7,71]
Si champignons > 1,107 unités formant colonies
(UCF)
- Diarrhées : PPR = 5,6 ; IC 95 %
[2,39-10,08] |
Wouters et al., 2002 [21]
Pays-Bas |
Étude cas-témoins
47 collecteurs de déchets, 15 témoins |
Prévalence et ratio de prévalence (RP) pour les
symptômes respiratoires analysés par régression binomiale afin
d’évaluer l’association entre les symptômes de santé et les
résultats des lavages nasaux par dosage d’interleukine 8 (IL8)
avant et après le travail |
RP des symptômes respiratoires chez les
collecteurs de déchets et augmentation des concentrations d’IL8
[IL8]
Chez les travailleurs présentant des sifflements
- RP [IL8] = 1,51 (avant exposition) et 4,28 (après
exposition) (p = 0,05)
Chez les travailleurs ayant une toux chronique depuis
3 mois
- RP [IL8] = 1,47 (avant exposition) et 7,7 (après
exposition) (p = 0,05)
Chez les travailleurs ayant de la toux
- RP [IL8] = 1,40 (avant exposition) et 2,52 (après
exposition) (p = 0,05) |
Gladding et al., 2003 [22]
Royaume-Uni |
Étude de cohorte
9 unités de recyclage des déchets soit 159 salariés |
Mesures en endotoxines et glucanes
Répartition en gradient d’exposition
Plaintes rapportées |
Groupe le plus exposé
- Diarrhées : OR = 3,55 ; IC 95 %
[1,29-9,76]
- Problèmes gastriques : OR = 5,73 ;
IC 95 % [1,44-22,79] |
Kuijer et al., 2005 [23]
Europe |
Évaluation des troubles musculosquelettiques (TMS)
après mise en place d’un système de rotation sur les postes de
travail |
Étude sur la réduction des TMS en fonction des
rotations |
Aucun résultat significatif n’a été trouvé |
Da Silva et al., 2005 [25]
Brésil |
Étude cas-témoins
990 sujets (455 collecteurs de déchets et
535 témoins) |
Questionnaire sur l’activité, les conditions
sociodémographiques et les facteurs comportementaux |
Risques ergonomiques
Risques chimiques
Risques biologiques |
Dounias et al., 2005 [26]
Grèce |
Étude transversale
166 employés municipaux |
Évaluation des marqueurs HBV et des facteurs
sociodémographiques |
Association possible entre exposition
professionnelle et infection HBV. L’exposition aux déchets et l’âge
sont indépendamment associés à la présence d’anti-Hbc positive |
Da Silva et al., 2006 [24]
Brésil |
Étude cas-témoins
990 sujets (455 collecteurs de déchets et
535 non-collecteurs) |
Autoquestionnaire standard (SRQ-20) sur les
TMS |
Prévalence des TMS
- Pour les collecteurs de déchets : 44,7 %
- Pour les non-collecteurs de déchets : 33,6 %
(p < 0,001) |
Dounias et Rachiotis, 2006 [27]
Grèce |
Étude de cohorte
151 travailleurs municipaux (72 exposés et 79 non
exposés) |
Questionnaire : informations
sociodémographiques
Mesures des anticorps totaux anti-hépatite A |
Les travailleurs municipaux ont des concentrations
d’anticorps anti-hépatite A plus élevées comparativement aux
travailleurs municipaux non exposés |
Yogesh et Zodpey, 2008 [28]
Inde |
Étude cas-témoins
Groupe de cas : population de professionnels. Groupe
témoins : travailleurs dans des bureaux. |
Plaintes rapportées : maladies chroniques de
l’appareil respiratoire |
Pathologies respiratoires chroniques parmi les
éboueurs : OR = 4,24 ; IC 95 % [1,24 à
14,5]
Le risque augmente de manière significative avec l’âge :
OR = 1,75 ; IC 95 % [1,09-2,81] |
| Compostage |
| Riverains |
Herr et al., 2003 [35]
Allemagne |
Étude de cohorte
214 résidents exposés et 142 résidents non exposés |
356 questionnaires : symptômes rapportés
par les sujets et diagnostic médical
Mesure des concentrations en bactéries et moisissures cultivables à
différentes distances |
Bronchite : RR = 3,02 ;
IC 95 % [1,35-7,06]
Réveil dû à la toux : RR = 2,70 ; IC 95 %
[0,23-6,10]
Dyspnée de repos : RR = 3,99 ; IC 95 %
[1,31-15,19]
Dyspnée d’effort : RR = 4,23 ; IC 95 %
[1,74-11,34]
Toux au réveil ou durant la journée : RR = 2,67 ;
IC 95 % [1,17-6,10]
Fatigue excessive > 5 × par an : RR = 2,80 ;
IC 95 % [1,22-6,72]
Tremblement : RR = 4,63 ; IC 95 %
[1,44-20,85] |
| Professionnels |
Bünger et al., 2000 [37]
Allemagne |
Étude cas-témoins
58 travailleurs et 40 témoins |
Questionnaires et études des concentrations
d’anticorps IgG |
Association significative entre exposition élevée
aux bioaérosols et symptômes respiratoires (p = 0,003),
troubles cutanés (p = 0,002)
Concentration plus importante en anticorps chez les sujets
exposés |
Heldal et al., 2003 [36]
Norvège |
Étude transversale
25 travailleurs de centre de compostage (22 collecteurs
de déchets ménagers et 3 collecteurs de déchets papiers) |
Troubles respiratoires et inflammatoires
Examen des crachats |
Prévalence de maladies respiratoires liées aux
expositions
- Troubles d’oppression thoracique : 29 %
- Toux avec mucosité : 14 %
- Toux sans mucosité : 10 % |
Bünger et al., 2007 [38]
Allemagne |
Étude de cohorte
41 centres de compostage
123 travailleurs exposés et 48 non exposés |
Symptômes rapportés par les sujets et troubles
respiratoires traités médicalement |
Augmentation des irritations oculaires
- Sujets exposés : 13 % (sujets non exposés :
2,1 %)
Yeux larmoyants
- sujets exposés : 11,4 % (sujets non
exposés : 0 %)
Bronchites chroniques
- Sujets exposés : 8,1 % (sujets non exposés :
0 %)
Maladies cutanées
- Sujets exposés : 30,1 % (sujets non
exposés : 16,7 %) |
Nadal et al., 2009 [40]
Espagne |
Évaluation de l’exposition professionnelle aux
agents chimiques et biologiques au niveau des établissements de
traitement des déchets inorganiques |
Évaluations des risques microbiologiques et
chimiques sur la santé humaine |
À la sortie de la cabine de la plateforme de
compostage, les professionnels sont très exposés aux polluants
chimiques et microbiologiques
Les risques de cancer résultent d’effets cumulatifs dus aux
expositions des divers polluants contenus dans l’air |
Schlosser et al., 2009 [39]
France, Royaume-Uni, Espagne |
Évaluation des risques sur la santé des
travailleurs de 6 plateformes de compostage |
Expositions à des taux élevés de poussières, de
bactéries et d’endotoxines dans l’air ambiant de l’usine en
particulier lors du maintien des structures de travail |
Association avérée entre l’exposition
professionnelle aux bioaérosols et risques d’apparition d’allergies
respiratoires et inflammatoires
Les taux moyens d’exposition sont de 100 à plus de
10 000 fois supérieurs aux seuils mesurés à l’extérieur de
l’usine |
| Incinération |
| Riverains |
Shy et al., 1995 [58]
États-Unis |
Évaluation des risques sur la santé chez des
riverains de 3 centres d’incinérateurs |
Modélisation de la dispersion des polluants
(métaux lourds) et étude de la prévalence de maladies
respiratoires |
Augmentation des troubles respiratoires aigus ou
chroniques associés à des émissions de particules fines comme le
plomb, mercure élevés |
Elliott et al., 1996 [56]
(étape1) ; 2000 (étape 2) [57]
Grande-Bretagne |
Étude écologique
72 incinérateurs de déchets ménagers
14 millions de Britanniques
Étape 1 (en 1996) : 20 incinérateurs tirés au
sort
Étape 2 (en 2000) : 52 autres |
Prise en compte de la distance entre lieu de
résidence des riverains et les incinérateurs :
8 zones : 0,5-1-2-3-4,6-5,7-6,7-7,5 km
Évaluation des risques de cancers en fonction de la durée et du
lieu de résidence |
Zone < 3 km et 10 années de résidence
Tous cancers
- Étape 1 : RR = 1,08 ; IC 95 %
[1,07-1,10]
- Étape 2 : RR = 1,04 ; IC 95 %
[1,03-1,04]
Cancer estomac
- Étape 1 : RR = 1,07 ; IC 95 %
[1,072-1,13]
- Étape 2 : RR = 1,05 ; IC 95 %
[1,03-1,08]
Cancer colorectal
- Étape 1 : RR = 1,11 ; IC 95 %
[1,07-1,15]
- Étape 2 : RR = 1,04 ; IC 95 %
[1,02-1,06]
Cancer foie
- Étape 1 : RR = 1,29 ; IC 95 %
[1,10-1,51]
- Étape 2 : RR = 1,13 ; IC 95 %
[1,05-1,22]
Cancer poumons
- Étape 1 : RR = 1,14 ; IC 95 %
[1,11-1,17]
- Étape 2 : RR = 1,07 ; IC 95 %
[1,07-1,09] |
Viel et al., 2008 [52]
France |
Étude écologique
Incinérateur de déchets ménagers
Besançon |
Évaluation de l’incidence de syndrome des tissus
mous (STM), lymphome non hodgkinien (LNH) de 1980 à 1990 |
Taux supérieurs aux taux régionaux
- 110 cas STM : standardized incidence ratio
(SIR) = 1,44 (p = 0,004)
- 803 cas LNH : SIR = 1,27 (p < 0,001) |
Floret et al., 2003 [53]
France |
Étude transversale
Incinérateur de déchets ménagers
Besançon |
Modélisation de la dispersion des rejets de
dioxines
3 catégories d’exposition (forte, modérée, faible)
222 cas de LNH diagnostiqués entre 1980 et 1995 |
Selon les catégories d’exposition
- Forte : OR = 1,3 ; IC 95 %
[0,8-2,0]
- Modérée : OR = 1,0 ; IC 95 %
[0,6-1,6]
- Faible : OR = 2,1 ; IC 95 %
[1,1-3,7] |
Cordier et al., 2004 [50]
France |
Étude écologique exploratoire de la répartition
des risques de développement de malformations congénitales pour les
enfants nés de mères exposées aux rejets de fumées d’incinérateurs
entre 1988 à 1997 |
Proximité avec site et anomalies congénitales
70 incinérateurs Rhône-Alpes
194 communes exposées
2 678 communes non exposées |
Excès de risque pour certaines
anomalies
- Fentes faciales : RR = 1,30 ; IC 95 %
[1,06-1,22]
- Dysplasie rénale : RR = 1,55 ; IC 95 %
[1,03-1,22] |
InVS, 2006 [51]
France |
Étude écologique
16 incinérateurs
4 départements français
2,5 millions de personnes |
Modélisation de la dispersion des polluants émis
par les sites
Accumulation et dégradation des polluants dans l’environnement et
risques de cancers |
Chez la femme
- Tous cancers : RR = 1,06 ; IC 95 %
[1,01-1,12]
- Cancer du sein : RR = 1,09 ; IC 95 %
[1,01-1,18]
Chez l’homme
- Myélomes multiples : RR = 1,23 ;
IC 95 % [1,00-1,52]
Deux sexes
- LNH : RR = 1,12 ; IC 95 %
[1,00-1,25]
- STM : RR = 1,22 ; IC 95 %
[0,98-1,51]
- Cancers du foie : RR = 1,16 ; IC 95 %
[0,99-1,37] |
Lin et al., 2006 [63]
Taïwan |
Étude de cohorte |
Estimation des effets de l’exposition aux dioxines
sur les naissances
Sélection de 40 quartiers exposés (avec concentration de
dioxines > 0,03 pg TEG/m3) et 40 quartiers
(avec concentration de dioxines = 0) |
Analyse du poids de naissance : pas de
différence significative entre zones exposées et les municipalités
contrôles entre 1991 et 1997 |
Zambon et al., 2007 [64]
Italie |
Étude de cohorte
172 cas et 405 témoins |
Évaluation de l’association exposition à la
dioxine et risques de sarcomes |
Pour une longue période d’exposition à des niveaux
élevés de dioxine
Risque de développer un sarcome
- Deux sexes : OR = 3,30 ; IC 95 %
[1,24-8,76])
- Chez la femme : OR = 2,41 ; IC 95 %
[1,04-5,59]
Risque de développer un cancer des tissus mous et
connectifs
- Deux sexes : OR = 3,27 ; IC 95 %
[1,35-7,93] |
Fabre et al., 2008 [65]
France |
Étude écologique
25 millions personnes-années
Quatre départements français |
Étude d’incidence des cancers à proximité des
usines d’incinération d’ordures ménagères |
Chez la femme
- Cancers du sein : RR = 1,09 IC 95 %
[1,01-1,18]
- Cancer du poumon : RR = 1,11 IC 95 %
[0,93-1,33]
Chez l’homme
- Cancer du poumon : RR = 1,05 IC 95 %
[0,95-1,18] |
Vinceti et al., 2008 [60]
Italie |
Étude de cas-témoins
Femmes âgées de 16 à 49 ans
3 796 riverains dont 695 professionnelles |
Étude d’incidence du risque d’avortements
spontanés et d’anomalies congénitales
Utilisation de deux modèles : ISCMST (Industrial Source
Complex Model-Short Term) et modèle de dispersion model SPRAY
(Stochastic lagrangian dispersion model) |
Riverains
- Risques d’avortements spontanés : RR = 1 ;
IC 95 % [0,65-1,48] (tous riverains) ;
RR = 0,87 ; IC 95 % [0,22-2,38] (riverains très
exposés)
- Risques anomalies congénitales : RR = 0,64 ;
IC 95 % [0,20-1,55]
Populations professionnelles
- Risques d’avortements spontanés : RR = 1,04 ;
IC 95 % [0,38-2,30]
- Risques anomalies congénitales : RR = 2,26 ;
IC 95 % [0,57-6,14] |
Vinceti et al., 2009 [61]
Italie |
Étude cas-témoins
Évaluation d’exposition maternelle aux émissions d’un incinérateur
de déchets solides municipaux, chez des femmes âgées de 16 à
44 ans |
Recensement des anomalies congénitales et des cas
d’avortements selon 3 zones d’exposition aux rejets
d’incinérateurs grâce à un modèle de dispersion |
228 cas d’anomalies congénitales sur une
population de 183 naissances et 45 avortements
induits |
Cordier et al., 2010 [62]
France |
Étude cas-témoins
Étude du lien entre le risque d’anomalies rénales et l’exposition
des mères pendant les premiers mois de grossesse
304 enfants avec anomalies du tractus urinaire et
226 témoins |
Modélisation des rejets
Évaluation des risques d’anomalies des voies urinaires à la
naissance et du lieu d’habitation proche UIOM |
Augmentation du risque d’anomalies des voies
urinaires chez les enfants nés de mères exposées durant le
1er trimestre de leur grossesse :
OR = 2,95 ; IC 95 % [1,47-5,92] |
| Professionnels |
Gustavson, 1989 [55]
Suède |
Étude écologique
176 travailleurs dans incinérateur de déchets municipaux |
Hommes ayant travaillé au moins un an entre
1920-1985
Calcul des taux de décès locaux et nationaux |
Excès de décès de cancers du poumon et de maladies
cardiaques après un suivi prolongé |
Rapiti et al., 1997 [54]
Italie |
Étude de cohorte
2 usines : incinération et recyclage |
Suivi de 532 hommes du
1er janvier 1965 au 31 décembre 1992
Incidence des cancers du poumon et cancers gastriques |
Mortalité toutes causes :
SMR = 0,71 IC90 % [0,51-0,95]
Mortalité par cancer : SMR = 0,95 IC90 %
[0,58-1,46]
Mortalité par cancer du poumon : SMR = 0,55 IC90 %
[0,15-1,42]
Excès de risque de cancer gastrique :
SMR = 2,79 IC90 % [0,94-6,35] |
Hours et al., 2003 [49]
France |
Étude de cohorte
102 salariés de 3 incinérateurs
94 travailleurs d’industries témoins |
Questionnaire et examen médical
Exploration de la fonction respiratoire et examen sanguins |
Symptômes cutanés : OR = 4,85 ;
IC 95 % [2,04-11,51]
Excès de problèmes respiratoires : OR = 6,58 ;
IC 95 % [2,18-19,85] |
Charbotel et al., 2005 [59]
France |
Étude cohorte
3 incinérateurs
83 travailleurs exposés et 76 travailleurs non
exposés |
Observation des fonctions respiratoires pendant
3 ans |
Troubles des fonctions respiratoires modérés chez
les travailleurs exposés par rapport aux non exposés
Présence de maladies obstructives des voies respiratoires |
| Stockage |
| Professionnels |
Gelberg, 1997 [72]
New York, États-Unis |
Étude transversale
Comparaison de la prévalence des symptômes entre travailleurs
employés à la décharge de Fresh Kills |
Évaluation de troubles généraux |
Troubles dermatologiques : OR = 2,7 ;
IC 95 % [1,11-3,84]
Troubles neurologiques : OR = 1,89 ; IC 95 %
[1,08-3,32]
Troubles auditifs : OR = 1,73 ; IC 95 %
[1,03-2,90]
Troubles respiratoires : OR = 2,14 ; IC 95 %
[1,35-3,38]
Mal gorge : OR = 2,26 ; IC 95 %
[1,33-3,82] |
Ray et al., 2005 [66]
Inde |
Étude cas-témoins
96 travailleurs et 90 témoins
Études des fonctions respiratoires et de l’état de santé en
général |
Questionnaire, examen clinique
Évaluation de la fonction respiratoire par examens spirométriques,
prise de sang et analyse des crachats chez des professionnels |
Fréquence supérieure de symptômes
respiratoires : OR = 2,1 ; IC 95 %
[0,77-5,79]
Profil hématologique anormal chez 42 % des travailleurs par
rapport à 10 % des témoins |
Abdou, 2007 [80]
Arabie Saoudite |
Étude transversale
Évaluation des risques sur la santé chez 29 professionnels du
site de déchets de Jeddah |
Symptômes divers et TMS |
65,5 % d’infections et/ou allergies
respiratoires
48,3 % d’infections de l’œil
20,7 % d’infections gastro-intestinales
17,2 % de TMS |
| Riverains |
Goldberg et al., 1995 [73]
Canada |
Étude de cohorte
7 403 enfants prématurés et 7 834 témoins
7 977 enfants de petits poids et 7 856 témoins |
Troubles de la reproduction en fonction du lieu de
résidence selon trois zones d’exposition : forte, moyenne,
faible |
Petit poids à la naissance : OR = 1,2 ;
IC 95 % [1,04-1,39]
Retard de croissance : OR = 1,09 ; IC 95 %
[0,96-1,24] |
Dolk et al., 1998 [74]
Belgique, France, Royaume-Uni et Danemark |
Étude cas-témoins
21 sites de déchets industriels
245 cas et 2 412 témoins |
Malformations congénitales dans un rayon de 3 km
par rapport au site |
Malformations congénitales :
OR = 1,41 ; IC 95 % [1,00-1,99] |
Elliott et al., 2001 [75]
Royaume-Uni |
Étude de cohorte
9 565 sites de stockage de déchets mixtes
8,2 millions de naissances
43 471 mort-nés et 124 597 malformations
congénitales |
Malformations congénitales
Études des troubles de la reproduction dans un rayon de 2 km par
rapport aux sites |
Malformations congénitales
- Global : RR = 1,01 ; IC 95 %
[1,005-1,023]
- Tube neural : RR = 1,05 ; IC 95 %
[1,01-1,10]
- Paroi abdominale : RR = 1,08 ; IC 95 %
[1,01-1,15]
- Hypospadias : RR = 1,07 ; IC 95 %
[1,04-1,10]
- Laparoschisis : RR = 1,19 ; IC 95 %
[1,05-1,34]
Petit poids à la naissance
- RR = 1,05 ; IC 95 % [1,05-1,06] |
Jarup et al., 2002 [76]
Royaume-Uni |
Étude de cohorte
9 565 sites de stockage de déchets mixtes
63 367 cas de cancer de la vessie
25 452 cas de cancer du cerveau
15 396 cas de cancer du foie
26 279 de leucémies chez l’adulte
2 886 de leucémies chez l’enfant |
Cancers dans un rayon de 2 km par rapport aux
sites |
Cancer de la vessie : RR = 1,01 ;
IC 95 % [1,00-1,02]
Cancer du cerveau : RR = 0,99 ; IC 95 %
[0,98-1,01]
Cancer du foie : RR = 1,00 ; IC 95 %
[0,98-1,03]
Leucémie chez l’adulte : RR = 0,99 ; IC 95 %
[0,98-1,01]
Leucémie chez l’enfant : RR = 0,96 ; IC 95 %
[0,91-1,00] |
Vrijheid et al., 2002 [77]
Belgique, France, Royaume-Uni et Danemark |
Étude cas-témoins
21 sites de déchets industriels
245 cas de lésions chromosomiques
2 412 témoins dans un rayon de 3 km |
Lieu de résidence dans un rayon de 3 km par
rapport au site |
Lésions chromosomiques : OR = 1,41 ;
IC 95 % [1,00-1,99] |
Palmer et al., 2005 [78]
Pays de Galles |
Étude transversale
24 centres d’enfouissement |
Étude du taux d’anomalies congénitales chez des
enfants de riverains |
Avant ouverture des sites
- Taux d’anomalies congénitales : RR = 0,87 ;
IC 95 % [0,75-1,00]
Après ouvertures des sites
- Taux d’anomalies congénitales : RR = 1,21 ;
IC 95 % [1,04-1,40]
- Rapport normalisé du risque : RR = 1,39 ;
IC 95 % [1,12-1,72]. |
Martuzzi et al., 2009 [79]
Italie |
Études écologiques
196 municipalités des provinces de Naples et de Caserta |
Étude de corrélation de neuf causes de décès (pour
les années 1994-2001) et de 12 types d’anomalies congénitales
(1996-2002) |
Excès de risque de mortalité toutes
causes
- Chez l’homme : RR = 9,2 ; IC 95 %
[6,5-11,9]
- Chez la femme : RR = 12,4 ; IC 95 %
[9,5-15,4]
Excès de risque de cancer du foie
- Chez l’homme : RR = 19,3 ; IC 95 %
[1,4-40,3]
- Chez la femme : RR = 29,1 ; IC 95 %
[7,6-54,8] |
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l’eau, du gaz, de l’électricité, du livre et de la
communication. France : Caisse Nationale d’Assurance
Maladie des Travailleurs Salariés, 2009.
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