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La répétition des crises alimentaires et nutritionnelles au Niger : la rénovation urgente des politiques de sécurité alimentaire


Cahiers Agricultures. Volume 21, Numéro 5, 302-10, Septembre-Octobre 2012, Étude originale

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : Denis Michiels, Johny Egg, Roger Blein

Résumé : Après la crise alimentaire très médiatisée de 2005, le Niger a connu en 2010 une crise de plus grande ampleur. Cet article cherche à analyser pourquoi les populations nigériennes sont confrontées à la répétition de crises sévères à un rythme tendant à s’accélérer. La crise de 2005 a mis en évidence l’important décalage entre le modèle explicatif de la crise alimentaire retenu par le Dispositif national de prévention et de gestion des crises alimentaires (DNPGCA), les déterminants réels de l’insécurité alimentaire et leurs représentations locales. L’origine de la crise n’était pas liée à un choc, mais au processus d’appauvrissement des ménages ruraux qui a conduit à une crise d’accessibilité aux denrées alimentaires. Par rapport aux crises antérieures, la spécificité de cette crise tient à la place prise par la question de la malnutrition des enfants, phénomène endémique au Niger, à travers l’apparition d’interventions de grande envergure. Le déroulement de la crise de 2010 présente de nombreuses similitudes avec la crise précédente. De plus grande ampleur en termes de population affectée, sa prise en charge tardive a débouché sur une réponse d’urgence impliquant une assistance humanitaire exceptionnelle de la communauté internationale. Davantage qu’en 2005, la gestion de la crise nutritionnelle s’est imposée aux intervenants humanitaires comme une priorité. Cela s’explique par l’insuffisance d’investissements jusqu’ici dans la prévention de la malnutrition, mais résulte aussi de la tendance à privilégier les indicateurs nutritionnels dans les diagnostics. Cette stratégie a permis d’éviter une catastrophe humanitaire, mais a, par contrecoup, réduit la mobilisation pour la préservation des moyens de production. Dans ce contexte d’affaiblissement de la capacité de réponse des populations, la politique de gestion de crise, centrée sur la réponse d’urgence, atteint ses limites : toujours plus coûteuse, elle ne parvient pas à enrayer la répétition des crises. Les politiques de sécurité alimentaire doivent évoluer afin de mieux assurer le renforcement des capacités des ménages et lier les interventions dans un continuum prévention-urgence-réhabilitation-développement.

Mots-clés : aide alimentaire, famine, malnutrition, Niger, secours d’urgence, sécurité alimentaire

 

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