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La radiothérapie en territoire irradié des tumeurs de la tête et du cou


Bulletin du Cancer. Volume 98, Numéro 12, 1477-88, December 2011, Synthèse

Texte intégral   Summary  

Auteur(s) : Raphaëlle Mouttet-Audouard, Louis Gras, Bénédicte Comet, Éric Lartigau

Résumé : La survenue d’une récidive ou d’un nouveau cancer de la tête et du cou a été pendant longtemps synonyme d’impasse thérapeutique. La chirurgie était considérée comme le traitement standard, mais seuls 25 % des patients y sont éligibles. Un essai randomisé GETTEC-GORTEC (99-01) a démontré le bénéfice en survie sans récidive de l’adjonction d’une radiochimiothérapie à la chirurgie chez une population très sélectionnée. Pour les patients inopérables, trois options peuvent être discutées : les soins de supports seuls, la chimiothérapie ou la radiothérapie associée ou non à la chimiothérapie. Le protocole EXTREME a montré que l’association sels de platine, 5-fluoro-uracile (5FU) et cétuximab améliorait la survie globale pour des récidives ou des formes métastatiques. Cela constitue certainement la meilleure option pour les formes évoluées non accessibles à la radiothérapie. Pour la radiothérapie, seule une étude randomisée a comparé la radiochimiothérapie à la chimiothérapie par méthotrexate seul. L’objectif principal en survie globale split-course n’a pas montré d’amélioration, toutefois, le recrutement était incomplet et les tumeurs de stades évolués. Les autres éléments de la littérature se sont basés sur les travaux initiaux de Vokes proposant une radiochimiothérapie en split sur une durée de 11 semaines. Toutes les séries, en radiothérapie conventionnelle puis conformationnelle avaient montré des taux de contrôle local et de survie sans récidive satisfaisants, mais aux dépens de niveaux de toxicités aiguës et tardives conséquentes imposant une sélection drastique des patients. Les nouvelles techniques de radiothérapie, soit par modulation d’intensité (RCMI), soit par stéréotaxie (SBRT) ont permis de diminuer les toxicités avec une probable amélioration des résultats carcinologiques, en proposant des traitements étalés sur six à sept semaines pour la RCMI et deux semaines pour la stéréotaxie. La meilleure tolérance de ces traitements permet ainsi d’élargir le nombre de patients pouvant en bénéficier. Le principal travail à venir sera de déterminer les indications spécifiques de la RCMI et de la stéréotaxie.

Mots-clés : récidive ou second cancer primitif de la tête et du cou, radiothérapie, chirurgie, chimiothérapie, RCMI, stéréotaxie, définition de la cible, radiothérapie guidée par l’image, réirradiation, retraitement, revue de la littérature

 

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