Accueil > Revues > Médecine > Bulletin du cancer > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Bulletin du Cancer
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Biologie et recherche
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable
  Version PDF

Le point sur la toxicité pulmonaire des G-CSF


Bulletin du Cancer. Volume 99, Numéro 2, 211-7, Février 2012, Synthèse

DOI : 10.1684/bdc.2011.1534

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Élise Noël-Savina, Renaud Descourt, CHU de Brest, hôpital Morvan, service d’oncologie thoracique, 5, avenue Foch, 29200 Brest, France.

Résumé : L’utilisation des traitements par facteur de croissance est courante en oncologie et en hématologie. Dans la littérature, des cas d’atteinte lésionnelle pulmonaire sous G-CSF ( granulocyte colony-stimulating factor) sont décrits. L’imputabilité des lésions à ce traitement reste toujours controversée, principalement en raison du contexte de survenue : les atteintes décrites surviennent principalement en association à d’autres produits toxiques pour le poumon. Le mécanisme d’action des G-CSF permet d’expliquer en partie les atteintes pulmonaires retrouvées et principalement les syndromes de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Il existe une toxicité propre de ces traitements mais qui reste rare et sous-estimée. La plupart des lésions imputables aux G-CSF surviennent dans des situations à risque de toxicité pulmonaire, notamment en cas de pneumonie pendant la neutropénie. Ce contexte est pourtant une indication à l’instauration d’un traitement curatif par facteur de croissance en cas de neutropénie fébrile.

Mots-clés : granulocyte colony-stimulating factor, SDRA, pneumonie, neutropénie, sortie d’aplasie, toxicité pulmonaire

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Élise Noël-Savina, Renaud Descourt renaud.descourt@chu-brest.fr

CHU de Brest, hôpital Morvan, service d’oncologie thoracique, 5, avenue Foch, 29200 Brest, France

Tirés à part : R. Descourt

Introduction

Contexte

Les traitements par facteur de croissance sont utilisés en oncohématologie depuis plus de 20 ans. Plusieurs molécules sont à la disponibilité des cliniciens : lénograstim, filgrastim et pegfilgrastim. Les indications principales des G-CSF (granulocyte colony-stimulating factor) sont la réduction de la durée des neutropénies et de l’incidence des neutropénies fébriles chez les patients traités par une chimiothérapie cytotoxique pour une pathologie maligne. Ces facteurs de croissance sont également prescrits chez les donneurs sains dans le cadre de dons de cellules souches hématopoïétiques. Le recours à ces thérapies étant de plus en plus fréquent, les effets secondaires le sont également. Les plus observés (dans près de 30 % des cas) sont les céphalées, l’asthénie et les douleurs osseuses [1].

Il existe, dans la littérature, de nombreux cas décrits de lésions pulmonaires attribuées au G-CSF. Parmi les effets secondaires de ces traitements, les pneumopathies sont citées comme événements « rares », c’est-à-dire supérieures ou égales à 1/10 000 et inférieures ou égales à 1/1 000. La majorité des atteintes respiratoires observées chez des patients recevant ces traitements surviennent dans des situations particulières, dites à risque de toxicité pulmonaire. Il persiste toujours un doute sur l’imputabilité de ces lésions aux G-CSF. Les oncologues et les hématologues sont alors directement concernés par ces complications pulmonaires. Il est donc important d’en connaître les facteurs de risque lors de la prescription de G-CSF et l’attitude à avoir en présence de ces complications.

Modes d’action

Les G-CSF agissent en tant que facteur de compétence sur la cellule souche immature mais également en tant que facteur de différenciation tout le long de la lignée granuleuse. Les lésions pulmonaires observées peuvent en partie être expliquées par leurs modes d’action sur le polynucléaire neutrophile (PN) qui a lui-même été décrit comme la cellule-clé du syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Les G-CSF ont une fonction d’activation directe sur le PN non seulement de façon quantitative (augmentation de leur nombre dans le sang et dans les poumons), mais également de façon qualitative (augmentation de la production des dérivés réactifs de l’oxygène qui ont une toxicité directe sur la barrière alvéolocapillaire, de la bactéricidie et de la migration des PN au sein des sites infectés).

En parallèle, ils activent également les macrophages, les monocytes et les cellules endothéliales : il en découle une augmentation de la production de TNFα, d’interleukine (IL) : IL1β, IL8, IL6. Ces cytokines augmentent, notamment, la perméabilité alvéolaire et le flux des cellules de l’inflammation [2]. Les cytokines TNFα et IL8 ont montré un rôle important dans le développement des SDRA [3-6]. Cela suggère que les G-CSF par ses différents modes d’action favoriseraient les SDRA.

Les modes d’action des différentes cytokines recombinantes commerciales sont identiques, que ce soit le filgrastim, dérivé d’une protéine recombinante issue de Escherichia coli, le lénograstim, correspondant à une forme glycosylée de G-CSF, produit à partir d’une lignée cellulaire ovarienne de hamster chinois ou encore le pegfilgrastim issu de la pégylation du filgrastim lui conférant une plus grande stabilité et résistance à la dégradation enzymatique. Les G-CSF utilisés dans les cas rapportés et dans les études évaluant les toxicités pulmonaires sont principalement le lénograstim et le filgrastim. Les modes d’actions étant identiques et les atteintes pulmonaires liées directement à ces modes d’action, le risque devrait être similaire quelle que soit la cytokine recombinante commerciale mise en cause.

Les toxicités pulmonaires

Lesquelles ?

Les manifestations décrites dans la littérature sont des toux, dyspnées, pleurésies, pneumopathies interstitielles ou alvéolaires et SDRA. La plupart des cas publiés surviennent dans des situations à risque d’atteinte lésionnelle pulmonaire.

Les preuves directes d’une toxicité propre

Les cas rapportés

Les quatre cas publiés décrivent une atteinte pulmonaire directement imputable au G-CCF, sans que les patients ne reçoivent d’autre traitement (figure 1). Deux hommes de 30 et 38 ans, dans le cadre d’une allogreffe de cellules souches, ont développé respectivement une pneumopathie interstitielle hypoxémiante dès j4 et un SDRA dès j3. Un ancien médecin de 78 ans est décédé d’un SDRA dès j5 après une autoprescription pour une anémie [7, 9]. Le dernier cas est celui d’un patient traité pour une amylose, décédé d’un SDRA. L’autopsie retrouvait des dépôts amyloïdes dans les poumons. Le G-CSF aurait, dans ce dernier cas, majoré des lésions pulmonaires préexistantes [10].

Le G-CSF aurait donc une toxicité propre mais les événements observés semblent être très peu fréquents. Les contextes cliniques où des G-CSF sont prescrits seuls et non en association à d’autres toxiques pulmonaires sont rares, d’où la difficulté de regrouper tous les critères d’imputabilité et la probable sous-estimation des cas.

Les études

La responsabilité directe des G-CSF dans la survenue de lésions pulmonaires est évaluée principalement dans des études expérimentales sur des animaux. Pratiquées sur animal sain, elles mettaient en évidence un recrutement alvéolaire et un œdème pulmonaire uniquement lorsque le traitement était injecté par voie intratrachéale, ces lésions n’apparaissaient pas en cas d’injection par voie veineuse et sous-cutanée. D’autres études réalisées sur l’animal en situation d’agression pulmonaire aiguë sont contradictoires. Le rôle du G-CSF est soit protecteur, soit aggravant en fonction de l’étiologie de l’agression pulmonaire [7].

Le G-CSF a une action toxique directe sur l’hématose. C’est ce que met en évidence une étude prospective de 2006 [8] dont le but était d’évaluer l’effet d’un G-CSF sur l’hématose de 25 donneurs sains. Ceux-ci étaient traités par G-CSF dans le cadre d’une allogreffe de cellules souches. La dose injectée était de 10 μg/kg toutes les 24 heures. Des prélèvements effectués à j0, j3 et j5 mettaient en évidence une augmentation logique des taux sanguins de PN. Parallèlement, la PaO2 et la saturation en oxygène diminuaient de façon significative de j0 à j5 et la PaCO2 augmentait également de façon significative.

Les preuves indirectes d’une toxicité pulmonaire

Il s’agit là d’évoquer les situations qui sont associées à la survenue de lésions pulmonaires sous G-CSF. Trois circonstances ressortent dans la littérature :

  • –. en cas d’association des G-CSF à d’autres traitements pneumotoxiques ;
  • –. en cas de prescription de G-CSF :
    • •. en sortie d’aplasie,
    • •. en contexte de pneumonie pendant la neutropénie.


En association à d’autres toxiques pulmonaires

Les principaux traitements responsables de lésions pulmonaires en association aux G-CSF sont la bléomycine, le méthotrexate et le cyclophosphamide. Ces produits ont également une toxicité propre sur le poumon.

Une revue de la littérature de 2001 fait le point sur les cas publiés de toxicités sous G-CSF : 73 cas publiés entre 1993 et 1999. Quatre-vingt-quatre pour cent des patients étaient traités pour un lymphome non Hodgkinien (LNH) [7]. Plus de la moitié (55 %) avaient reçu du cyclophosphamide, 49 % de la bléomycine et 31,5 % du méthotrexate. Souvent, il s’agissait de polychimiothérapie avec combinaison de ces produits. Les principales complications pulmonaires observées étaient des pneumopathies interstitielles ou des SDRA.

D’autres cas plus exceptionnels ont été publiés : deux tableaux de pneumopathie oblitérante cryptogénique sous rituximab, cyclophosphamide, doxorubicine, vincristine et prednisone [11, 12], un cas de pneumopathie interstitielle sous cytarabine et un cas de granulomatose bronchocentrique sous doxorubicine [13].

Un point important est à souligner : la totalité des cas décrits surviennent après plusieurs cures du toxique pulmonaire associé mais semble survenir après la première prise de G-CSF. Il y a là un critère chronologique d’imputabilité qui pourrait impliquer les G-CSF dans la survenue des lésions pulmonaires. Par ailleurs, le nombre de cas décrits est un critère de récurrence qui renforce l’idée de toxicité pulmonaire des G-CSF.

La bléomycine est le seul traitement dont la toxicité a été étudiée en association avec les G-CSF. L’incidence propre de complications pulmonaires sous bléomycine est de 6 à 10 %. Cette incidence monte jusqu’à 46 % dans certaines études. Ces complications sont principalement des fibroses [14, 15]. Une étude expérimentale de 2003 a évalué la toxicité pulmonaire du G-CSF sur des poumons de rats [16]. Le groupe de rats ayant reçu de la bléomycine associée au G-CSF développait à j14 significativement plus de lésions pulmonaires, notamment des lésions de fibrose par rapport au groupe n’ayant reçu que de la bléomycine. Il existe donc une majoration des lésions due à l’adjonction de G-CSF à la bléomycine prouvée pharmacologiquement. Cet effet est plus difficile à démontrer dans des études cliniques en raison de la faible incidence de ces complications pulmonaires et du manque de puissance de ces études.

Ainsi, deux essais randomisés en 1994 ont évalué chez des patients traités pour des LNH les complications pulmonaires sous G-CSF : un bras sous bléomycine seul et un bras sous bléomycine associé au G-CSF ; aucune différence significative n’était mise en évidence [17]. Des études rétrospectives ont comparé également des chimiothérapies à base de bléomycine seules ou en association au G-CSF : elles ne retrouvaient pas de majoration des atteintes respiratoires chez les patients sous G-CSF. Mais toutes ces études manquent de puissance pour permettre de mettre en évidence une différence [14, 18, 19].

Le G-CSF aurait plutôt un rôle potentialisateur dans la survenue de lésions pulmonaires lorsqu’il est associé à d’autres toxiques pulmonaires.

En sortie d’aplasie

La prescription des G-CSF en sortie d’aplasie en traitement curatif constitue la deuxième situation à risque de lésions pulmonaires sous G-CSF.

Dans ces contextes de sortie d’aplasie, le risque de SDRA est majoré que les patients soient traités par G-CSF ou non [20]. Mais depuis la mise sur le marché des facteurs de croissance, une augmentation des cas rapportés de SDRA dans ces situations particulières est constatée (figure 2) [7, 21, 22].

Une étude de 2003 a évalué l’effet du G-CSF sur des poumons de rats en sortie d’aplasie. Dans le groupe sous G-CSF, ce travail montrait une augmentation significative de l’œdème lésionnel en situation d’agression pulmonaire (par l’injection d’HCL) [23]. Cette différence n’apparaissait pas en l’absence d’agression pulmonaire. De plus, l’injection de lidocaïne sous G-CSF et en situation d’agression pulmonaire a fait également disparaître cette majoration de l’œdème lésionnel. Or, la lidocaïne inhibe l’adhésion du G-CSF aux cellules endothéliales. Cela tend à renforcer le rôle toxique des G-CSF.

En cas de pneumonie pendant la neutropénie

La quasi-totalité des patients sous G-CSF ayant présenté une toxicité pulmonaire en sortie d’aplasie ont également présenté une pneumopathie infectieuse pendant la neutropénie (figure 2).

Une étude de cohorte rétrospective d’Azoulay et al., publiée en 2002 [20], incluait 62 patients admis en soins intensif pour une détresse respiratoire en sortie d’aplasie. Elle retrouvait que la pneumonie pendant la neutropénie était un facteur de risque de SDRA en sortie d’aplasie que ce soit avec ou sans G-CSF.

Les recommandations

Des recommandations pour l’utilisation du G-CSF en préventif et en curatif existent.

En préventif

Le G-CSF est indiqué lorsque le risque de neutropénie fébrile évalué avant la chimiothérapie est de plus de 20 % ou lorsque ce risque est situé entre 10 et 20 % en fonction des facteurs individuels de neutropénie fébrile [24].

En curatif

Le G-CSF ne doit pas être prescrit en cas de neutropénie fébrile en dehors de certaines situations (figure 3). En 2006, l’Asco a rédigé des recommandations [25], les indications sont :

  • –. neutropénie profonde inférieure à 100 PNN/mm3 ou prolongée de plus de dix jours ;
  • –. hypotension ;
  • –. sepsis sévère ;
  • –. pneumonie ;
  • –. infection fungique ;
  • –. âge supérieur à 65 ans ;
  • –. patient hospitalisé au moment de l’épisode fébrile.


Ces recommandations ont été révisées et simplifiées en 2009 par l’Esmo [24] :

  • –. durée prévue de la neutropénie de plus de sept jours ;
  • –. hypotension ;
  • –. sepsis sévère ;
  • –. pneumonie ;
  • –. infection fungique.


On peut retenir de ces recommandations qu’une pneumonie en contexte de neutropénie fébrile est une indication potentielle à mettre en place du G-CSF. Or, la pneumonie pendant la neutropénie fébrile est un facteur de risque de développer un SDRA en sortie d’aplasie.

Ces recommandations sont basées sur deux méta-analyses et un essai randomisé multicentrique espagnol.

La première méta-analyse regroupait 13 essais randomisés, soit 1 518 patients en situation de neutropénie fébrile [26]. Les essais comparaient un traitement par antibiotique seul à l’association antibiotique + G-CSF ou GM-CSF en traitement curatif. Les résultats de l’étude ne montraient pas de différence sur la mortalité (OR = 0,68 [0,43-1,08]), une diminution de la mortalité due aux infections (OR = 0,51 [0,26-1,00]), de la durée d’hospitalisation (OR = 0,63 [0,49-0,82]), de la durée de la neutropénie (OR = 0,32 [0,23-0,48]), une augmentation des effets secondaires mais pas plus d’événements pulmonaires (OR = 2,05 [1,22-3,46]).

La seconde méta-analyse regroupait huit essais randomisés, soit 962 patients [27]. Ces essais évaluaient un traitement par antibiothérapie seul à antibiothérapie associée au G-CSF ou GM-CSF. Cette seconde méta-analyse ne mettait pas en évidence de différence sur la mortalité. Les données n’étaient pas assez nombreuses pour pouvoir conclure sur les autres critères de jugement.

L’essai thérapeutique randomisait 99 patients dans un bras sous antibiothérapie seul et 104 dans le bras sous antibiothérapie associée au G-CSF chez des patients en situation de neutropénie fébrile à haut risque. Cet essai mettait en évidence une diminution de la durée de la neutropénie, de la durée de l’antibiothérapie et du séjour à l’hôpital pour une survie identique dans les deux groupes. Il n’y avait pas plus de toxicité pulmonaire retrouvée sous G-CSF [28].

Le rapport bénéfice-risque est en faveur de l’utilisation du G-CSF dans les situations de neutropénie fébrile à haut risque, quels que soient les facteurs de risque de toxicité pulmonaire associée et notamment la neutropénie pendant l’aplasie.

Prise en charge

En pratique, la prescription des G-CSF doit suivre les recommandations des différentes sociétés savantes.

Certaines situations imposent une surveillance stricte de la fonction respiratoire : lorsque le G-CSF est associé à d’autres toxiques pulmonaires, notamment après plusieurs cures de ces traitements, en sortie d’aplasie dans un contexte de traitement curatif et, enfin, lorsque le patient a présenté une pneumonie lors de la neutropénie fébrile.

Dans les situations de traitements curatifs, le G-CSF doit être immédiatement arrêté dès la sortie d’aplasie (taux de neutrophiles supérieur à 500/mm3).

En cas de suspicion de toxicité pulmonaire secondaire au G-CSF, il est tout d’abord important d’éliminer une infection par des prélèvements [29]. Le traitement par corticothérapie systémique peut ensuite être mis en place. La figure 4 rappelle la conduite à tenir avant de pouvoir porter le diagnostic de pneumopathie médicamenteuse. Les critères d’imputabilité intrinsèques (chronologiques et sémiologiques) et extrinsèques doivent être recherchés, les principaux diagnostics différentiels éliminés : l’œdème pulmonaire d’origine cardiaque, les causes infectieuses et les causes plus rares non infectieuses. Pour cela, certains examens sont indispensables, lorsqu’ils sont réalisables, notamment l’échographie cardiaque transthoracique (ETT), l’imagerie par tomodensitométrie (TDM) et les prélèvements biologiques, en particulier lors d’une fibroscopie bronchique.

Il est important de déclarer de façon systématique tous les cas d’atteintes pulmonaires survenues chez des patients sous G-CSF.

Conclusion

Il existe réellement une toxicité propre directement imputable au G-CSF qui peut être grave (SDRA). Mais ces événements restent rares et surtout sous-estimés, car sous-déclarés.

Les G-CSF agiraient en abaissant le seuil de toxicité pulmonaire des autres toxiques [1]. Aucun cas n’a, par ailleurs, été décrit pendant la neutropénie fébrile. Le risque est majeur en sortie d’aplasie et notamment lorsque le patient a présenté une pneumonie pendant la neutropénie.

Conflits d’intérêts: aucun.

Références

1. D'Souza A, Jaiyesimi I, Trainor L, Venuturumili P. Granulocyte colony-stimulating factor administration: adverse events. Transfus Med Rev 2008 ; 22 : 280-290.

2. Crea F, Giovannetti E, Zinzani PL, Danesi R. Pharmacologic rationale for early G-CSF prophylaxis in cancer patients and role of pharmacogenetics in treatment optimization. Crit Rev Oncol Hematol 2009 ; 72 : 21-44.

3. Windsor AC, Mullen PG, Fowler AA, Sugerman H.J. Role of the neutrophil in adult respiratory distress syndrome. Br J Surg 1993 ; 80 : 10-17.

4. Cranshaw JH, Griffiths J.D. Inflammatory processes in the acute respiratory distress syndrome. Curr Anaesth Crit Care 2003 ; 14 : 66-73.

5. Hierholzer C, Kelly E, Lyons V, et al. G-CSF instillation into rat lungs mediates neutrophil recruitment, pulmonary edema and hypoxia. J Leukoc Biol 1998 ; 63 : 169-174.

6. Inano H, Kameyama S, Yasui S, Nagai A. Granulocyte colony-stimulating factor induces neutrophil sequestration in rabbit lungs. Am J Respir Cell Mol Biol 1998 ; 19 : 167-174.

7. Azoulay E, Attalah H, Harf A, Schlemmer B, Delclaux C. Granulocyte colony-stimulating factor or neutrophil-induced pulmonary toxicity: myth or reality?: systematic review of clinical case reports and experimental data. Chest 2001 ; 120 : 1695-1701.

8. Yoshida I, Matsuo K, Teshima T, et al. Transient respiratory disturbance by granulocyte-colony stimulating factor administration in healthy donors of allogeneic peripheral blood progenitor cell transplantation. Transfusion 2006 ; 46 : 186-192.

9. Tigue CC, McKoy JM, Evens AM, Trifilio SM, Tallman MS, Bennett C.L. Granulocyte-colony stimulating factor administration to healthy individuals and persons with chronic neutropenia or cancer: an overview of safety considerations from the research on adverse drug events and reports project. Bone Marrow Transplant 2007 ; 40 : 185-192.

10. Gertz M, Lacy M, Bjornsson J, Litzow M.R. Fatal pulmonary toxicity related to the administration of granulocyte colony stimulating factor in amyloidosis: a review and report of growth factor-induced pulmonary toxicity. J Hematother Stem Cell Res 2000 ; 9 : 635-643.

11. Mian M, Rass C, Hutarew G, Kofler B, Fiegl M, Greil R. Extensive organizing pneumoniae during chemo-immunotherapy containing rituximab and G-CSF in a patient with diffuse large B-cell lymphoma: case report and review of the literature. Leuk Lymphoma 2006 ; 47 : 1683-1685.

12. Macartney C, Burke E, Elborn S, et al. Bronchiolitis obliterans organizing pneumonia in a patient with non-Hodgkin's lymphoma following R-CHOP and pegylated filgrastim. Leuk Lymphoma 2005 ; 46 : 1523-1526.

13. Eisenbeis CF, Winn D, Poelman S, Polsky CV, Rubenstein JH, Olopade O.I. A case of pulmonary toxicity associated with G-CSF and doxorubicin administration. Ann Hematol 2001 ; 80 : 121-123.

14. Azambujaa E, Flecka JF, Batistab RG, Menna Barretoc S.S. Bleomycin lung toxicity: who are the patients with increased risk?. Pulm Pharmacol Ther 2005 ; 18 : 363-366.

15. Fyfe AJ, McKay P. Toxicities associated with bleomycin. J R Coll Physicians Edinb 2010 ; 40 : 213-215.

16. Adachi K, Susuki M, Sugimoto T, Uetsuka K, Nakamaya H, Doi K. Effects of granulocyte colony-stimulating factor on the kinetics of inflammatory cells in the peripheral blood and pulmonary lesions during the development of bleomycine-induced lung injury in rats. Exp Toxicol Pathol 2003 ; 55 : 21-32.

17. Bastion Y, Reyes F, Bosly A, et al. Possible toxicity with the association of G-CSF and bleomycin. Lancet 1994 ; 343 : 1221-1222.

18. Saxman SB, Nichols CR, Einhorn L.H. Pulmonary toxicity in patients with advanced-stage germ cell tumors receiving bleomycin with and without granulocyte colony stimulating factor. Chest 1997 ; 111 : 657-660.

19. Evens AM, Cilley J, Ortiz T, et al. G-CSF is not necessary to maintain over 99% dose-intensity with ABVD in the treatment of Hodgkin lymphoma: low toxicity and excellent outcomes in a 10-year analysis. Br J Haematol 2007 ; 137 : 545-552.

20. Azoulay E, Darmon M, Delclaux C, et al. Deterioration of previous acute lung injury during neutropenia recovery. Crit Care Med 2002 ; 30 : 781-786.

21. Takatsuka H, Takemoto Y, Mori A, Okamoto T, Kanamaru A, Kakishita E. Common features in the onset of ARDS after administration of granulocyte colony-stimulating factor. Chest 2002 ; 121 : 1716-1720.

22. Karlin L, Darmon M, Thiéry G, et al. Respiratory status deterioration during G-CSF-induced neutropenia recovery. Bone Marrow Transplant 2005 ; 36 : 245-250.

23. Azoulay E, Attalah H, Yang K, et al. Exacerbation with granulocyte colony-stimulating factor of prior acute lung injury during neutropenia recovery in rats. Crit Care Med 2003 ; 31 : 157-165.

24. Crawford J, Caserta C, Roila F ESMO Guidelines Working GroupHematopoietic growth factors: ESMO recommendations for the applications. Ann Oncol 2009 ; 20 : 162-165.

25. Smith TJ, Khatcheressian J, Lyman GH, et al. American Society of Clinical Oncology 2006 update of recommendations for the use of white blood cell growth factors: an evidence-based clinical practice guideline. J Clin Oncol 2006 ; 26 : 3187-3205.

26. Clark OA, Lyman GH, Castro AA, Clark LG, Djulbegovic B. Colony-stimulating factors for chemotherapy-induced febrile neutropenia: a meta-analysis of randomized controlled trials. J Clin Oncol 2005 ; 23 : 4198-4214.

27. Berghmans T, Paesmans M, Lafitte JJ, Mascaux C, Meert AP, Jacquy C. Therapeutic use of granulocyte and granulocyte macrophage colony-stimulating factors in febrile neutropenic cancer patients: a systematic review of the literature with meta-analysis. Support Care Cancer 2002 ; 10 : 181-188.

28. García-Carbonero R, Mayordomo JI, Tornamira MV, et al. Granulocyte colony-stimulating factor in the treatment of high-risk febrile neutropenia: a multicenter randomized trial. J Natl Cancer Inst 2001 ; 93 : 31-38.

29. Azoulay E, de Miranda S, Bele N, Schlemmer B. Stratégie diagnostique dans l’insuffisance respiratoire aiguë des patients d’oncohématologie. Rev Mal Respir 2008 ; 25 : 433-449.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]