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Méningites carcinomateuses des cancers du sein surexprimant HER2 : pour un traitement spécifique ? |
Bulletin du Cancer. Volume 98, Numéro 4, 417-24, Avril 2011, Synthèse
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Article gratuit
Summary
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Auteur(s) : Maya Gutierrez, Souad Lyazidi, Louis Brasseur, Frédérique Cvitkovic, Romuald Le Scodan |
Résumé : Le cancer du sein est la tumeur solide responsable de la plus forte incidence de métastases méningées. Le pronostic est très défavorable à court terme avec une survie globale médiane inférieure à six mois. Les traitements actuellement disponibles sont décevants, reposant de manière historique et pragmatique sur la chimiothérapie intrathécale (IT). Malgré une prise en charge spécifique et symptomatique, l’amélioration de la survie et de la qualité de vie reste très modeste, soulignant l’importance de poursuivre des recherches vers de nouvelles molécules ou vers la meilleure utilisation de celles disponibles aujourd’hui. L’incidence des métastases méningées est en nette augmentation notamment en cas de surexpression de HER2. L’hypothèse principale serait un meilleur contrôle de la maladie extracérébrale grâce au trastuzumab « cantonnant » préférentiellement les rechutes dans les sites anatomiques non atteints par l’anticorps monoclonal de haut poids moléculaire (148 kD). Les analyses menées dans le liquide céphalorachidien après administration intraveineuse de trastuzumab montrent ainsi des concentrations extrêmement faibles de l’anticorps et confortent cette hypothèse. Les métastases méningées des carcinomes mammaires surexprimant HER2 restent donc potentiellement sensibles à une inhibition des récepteurs de type HER2 par un agent ciblé à la condition majeure que celui-ci parvienne à franchir la barrière hématoméningée ou à la contourner. Un traitement par trastuzumab, administré par voie intraventriculaire (IVE) ou par voie IT permettrait d’atteindre des concentrations locorégionales élevées et thérapeutiques sans risque sur le tissu normal cérébroméningé qui n’exprime pas HER2. Cette stratégie a été testée avec succès sur quelques modèles animaux. Chez l’homme, seules quelques utilisations ponctuelles avec des doses hebdomadaires pouvant aller jusqu’à 100 mg ont été rapportées dans la littérature. Aucune toxicité spécifique n’a été décrite et certaines données suggèrent un bénéfice possible notamment en termes de survie malgré une interprétation très difficile. Un essai thérapeutique de phase I-II multicentrique dont l’Institut Curie est le promoteur et explorant l’administration intrathécale et l’efficacité du trastuzumab devrait débuter très prochainement. Concernant les petites molécules inhibitrices des récepteurs tyrosine kinase, un plus grand recul sera nécessaire pour mesurer leur impact exact sur les localisations méningées. |
Mots-clés : méningite carcinomateuse, cancer du sein, HER2, thérapies ciblées, trastuzumab, intrathécal |
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