ARTICLE
bdc.2011.1326
Auteur(s) : Nicolas Foray1
nicolas.foray@inserm.fr,
Pierre Verrelle2,3
1 Inserm, U836, Institut des neurosciences, chemin
Fortuné-Ferrini, 38043 Grenoble, France
2 Université d’Auvergne, EA3846, France
3 Centre Jean-Perrin, rue de Montalembert, 63011
Clermont-Ferrand, France
Tirés à part : N. Foray
Introduction : la réponse au stress génotoxique, premières
mises en garde
Syndromes connus et inconnus
Avec chaque année plus de 300 000 nouveaux cas de cancers en
France, la radiothérapie et la chimiothérapie sont des
thérapeutiques anticancéreuses incontournables qui sont confrontées
quotidiennement au double défi d’éradiquer la tumeur et d’épargner
les tissus sains. Ces modalités posent le problème de la
susceptibilité individuelle au stress génotoxique en général, aux
agents chimiques pour la chimiothérapie et aux radiations pour la
radiothérapie, en particulier. On compte un grand nombre de
maladies génétiques associées à une forte hypersensibilité aux
radiations et/ou aux agents chimiothérapeutiques. Mais les
symptômes de ces maladies génétiques ne se réduisent pas à la
radio- et/ou la chimio-sensibilité et associent aussi de nombreuses
autres manifestations cliniques : c’est pourquoi on parlera
ici de syndromes génétiques. La plupart de ces syndromes restent
liés à des dysfonctionnements de la réparation des dommages de
l’ADN qu’ils soient chimio- ou radio-induits. Leur étude permet de
mieux comprendre les différents processus de réponse au stress
génotoxique. Ces syndromes, souvent de caractère récessif, ont une
incidence de l’ordre de 1/100 000 et restent donc exceptionnels. En
revanche, les réactions tissulaires aiguës comme les dermites, les
rectites, les fibroses ou les œdèmes, observées lors de traitements
radio- et/ou chimiothérapiques sont bien plus fréquentes et
pourraient être liées plutôt à des mutations hétérozygotes ou des
mutations homozygotes qui n’altéreraient pas drastiquement les
fonctions essentielles des gènes de réparation. L’effort de
recherche doit donc être double : recenser les cas cliniques
d’hypersensibilité afin d’en retirer les mécanismes moléculaires
et, inversement, développer des tests moléculaires à la fois
pronostiques et diagnostiques qui soient utiles aux praticiens dans
leurs décisions et leurs choix de traitement.
Entre les paradigmes moléculaires issus de modèles animaux et
la réalité clinique
Ces 20 dernières années ont été marquées par l’essor de la
biologie moléculaire avec des techniques qui rendent possibles des
investigations dans des dimensions spatiales (nanomètres,
micromètres) et temporelles (secondes, microsecondes
post-irradiation) peu explorées jusqu’à présent. Parallèlement, le
volume d’informations acquises en une seule expérience est
considérablement plus important que par le passé. Les exemples les
plus représentatifs de cette évolution sont notamment la
visualisation et la quantification des dommages radio-induits au
sein même du noyau des cellules grâce aux techniques
d’immunofluorescence [1] et l’analyse de l’expression ou des
mutations de milliers de gènes grâce aux plateformes de génomique
ou de protéomique [2]. Pourtant, en dépit de ces progrès
technologiques incontestables, les biais peuvent être nombreux.
C’est le cas notamment de l’usage des « modèles »
animaux. En effet, alors que l’apport des modèles comme les
micro-organismes (levures, bactéries) et les rongeurs a été
considérable dans la connaissance des mécanismes de réparation des
dommages radio- et chimio-induits, on a un peu oublié que la
transposition des résultats à l’homme est loin d’être
évidente :
- – les homologues humains des gènes animaux sont très rarement
des homologues fonctionnels qui montrent une très forte identité de
séquence avec le modèle utilisé (ex. : BRCA1, gène de
prédiposition aux cancers du sein familiaux
[3, 4]) ;
- – l’usage des modèles non humains, évidemment plus malléables
du point de vue du génie génétique, a biaisé la vision que l’on a
de la réponse aux radiations trop souvent décrite comme un
phénomène de tout ou rien avec des couples d’échantillons
hyper-radiorésistants et hyper-radiosensibles.
Les premiers essais prédictifs basés sur des concepts de
biologie moléculaire furent ainsi éprouvés, non sur une large gamme
de radiosensibilité mais avec des données non représentatives des
cas cliniques [5, 6]. Ainsi, face à la somme d’informations
disponibles, une très grande prudence s’impose. Le but de cette
revue est donc de cerner les enjeux et les concepts nouveaux de la
réponse aux radiations et du rôle de la réparation de l’ADN qui
sont en lien direct avec la réalité clinique et le plus compatibles
avec des conditions physiologiques.
C’est pourquoi, au rebours des nombreuses revues de la
littérature qui présentent les modèles moléculaires de réparation
issues d’expériences avec des protéines recombinantes et/ou de
modèles non humains, nous avons délibérément choisi de présenter
ici les syndromes humains dÛment observés et définis par des
symptômes cliniques indiscutables, puis d’évoquer plus
succinctement les voies de réparation et de signalisation
sous-jacentes qui pourraient expliquer un réponse radio-induite
anormale.
La fonction de réparation de l’ADN – Généralités
En amont de la mort cellulaire et du contrôle du cycle
cellulaire, se trouve la fonction de réparation de l’ADN. Parmi les
différentes lésions radio-induites de l’ADN, seules les cassures
double-brin de l’ADN (CDB) sont quantitativement liées à la
variation de la létalité quelles que soient les conditions de
l’irradiation : transfert d’énergie linéique (TEL),
oxygénation, température, etc. [5, 6]. Cependant, la
réparation des autres dommages de l’ADN peut influer sur la
sévérité des CDB. Toutefois, cette influence s’effectue
généralement de façon différée (quelques minutes à quelques heures
après la fin de l’irradiation). Par exemple, les dommages de bases
sont excisés et transformés en cassures simple-brin (CSB) pendant
leur « réparation » ; ce processus peut durer
quelques minutes à quelques heures. De même, une concentration
locale plus élevée de CSB, souvent produites par les substances
chimiothérapiques, peut former des CDB supplémentaires. Ainsi, il
est donc indispensable de suivre la réparation et la production des
CDB au cours du temps post-irradiation [5, 7].
Les données acquises sur les levures et les bactéries ont
suggéré l’existence de deux mécanismes majeurs de réparation des
CDB : la suture, principalement active en G1 et basée sur la
ligation des brins de l’ADN [8] et la recombinaison homologue
active seulement en S-G2/M et basée sur l’insertion de séquences
d’ADN copiées sur les brins homologues [9]. On verra d’ailleurs
plus loin que l’on a un peu oublié la dépendance de l’activité de
ces deux voies vis-à-vis du cycle cellulaire. Bien qu’accepté par
tous, un tel modèle dual, suture-recombinaison homologue, ne peut
expliquer deux phénomènes essentiels :
- – la cancérogenèse : la recombinaison homologue, qui est
essentielle aux processus mitotique et méiotique indispensables à
la vie et la prolifération cellulaire, est une réparation dite
« fidèle » car elle restitue une séquence inchangée. Son
défaut entraîne donc la mort cellulaire plutôt que le cancer.
Ainsi, ni le défaut ni la suractivité de la recombinaison homologue
ne peuvent expliquer la transformation cellulaire ;
- – les radiosensibilités modérées : les cellules humaines
en G1 montrant une radiosensibilité faible mais significative
réparent normalement par suture et par recombinaison homologue.
C’est le cas de nombreux syndromes génétiques comme Xeroderma
pigmentosum, le syndrome de Bloom ou l’anémie de Fanconi qui sont
d’ailleurs également associés à de fortes prédispositions aux
cancers.
De telles considérations évoquent donc l’existence d’un
troisième mode de réparation de CDB qui sera décrit dans le
chapitre suivant [5, 6].
Réparation, réparatoses et radiosensibilité
Les maladies de la signalisation des dommages de l’ADN :
kinases ATM et ATR
Avant d’aborder le cas des maladies de la réparation de l’ADN au
sens strict, nous avons délibérément choisi d’évoquer le cas des
mutations de la kinase ATM qui joue un rôle majeur dans la
reconnaissance, la signalisation et la réparation des cassures de
l’ADN (figure 1).
Les mutations homozygotes de ATM sont responsables de l’ataxie
télangiectasie (AT), le syndrome humain associé à la plus forte
radiosensibilité connue. Décrite pour la première fois par Syllaba
et Hennen en 1926 puis par Madame Louis-Bar en 1941 [10, 11],
l’AT se caractérise par une ataxie cérébelleuse de pronostic sévère
(l’espérance de vie moyenne n’excède généralement pas 30 ans) [12],
des télangiectasies oculo-cutanées [13], une synthèse déficiente
des immunoglobulines IgA, IgE et IgG2, une forte prédisposition à
certains cancers (principalement des leucémies et des lymphomes) et
un remaniement spontané des chromosomes (10 % des métaphases
présentent des aberrations sur les chromosomes 7 et 14) [14].
Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, l’incidence d’AT est estimée
à 1/100 000 [15]. Les lignées AT sont systématiquement
caractérisées par une hyper-radiosensibilité [16]. Les autres
caractéristiques radiobiologiques sont de nombreuses aberrations
chromosomiques [12], l’absence de contrôle du cycle en G1 et
d’inhibition de la synthèse de l’ADN (appelée synthèse
radiorésistante) [17, 18]. En revanche, aucune
hypersensibilité aux UV n’a été observée [12]. Le gène ATM a
été cloné et séquencé [15, 19, 20]. La structure de la
protéine ATM suggère qu’elle fait partie de la famille des kinases
qui possèdent un fort pouvoir de phosphorylation sur de nombreuses
autres protéines. Il existe une grande variété dans les mutations
de la séquence d’ATM. La plupart conduisent à l’inactivation totale
de la protéine [21]. Toutefois, 10-15 % des patients AT
appelés variants (ATV) souffrent de mutations qui conduisent à
l’expression d’une pathologie moins sévère, des signes cliniques
moins marqués et dont l’espérance de vie est de 50-60 ans
[22, 23]. Les porteurs hétérozygotes (ATH) représenteraient
1 % de l’ensemble de la population mondiale avec un risque
accru de cancer du sein [24] même si cette donnée épidémiologique
n’a pas été confirmée [25]. Certains ATH seraient significativement
plus radiosensibles et déficients dans la réparation des CDB que
les témoins radiorésistants [6, 26-28].
La kinase ATR, d’une structure semblable à ATM, possède des
propriétés de phosphorylation des sites SQ et TQ communs à ATM même
si ATR serait plus impliquée dans la réponse aux dommages de bases
qu’aux CDB et aux UV plutôt qu’aux radiations ionisantes [29]. ATR
pourrait être encore plus indispensable que ATM à la viabilité de
la cellule car seules des mutations ponctuelles de ATR ont été
observées et forment le syndrome de Seckel. Ce syndrome associe une
microcéphalie sévère, un retard de croissance et de développement
mais ne semble pas lié à une forte radiosensibilité ni à une forte
prédisposition au cancer [30]. Plus récemment, il a été montré que
certaines mutations de la péricentrine PCNT causent également un
syndrome semblable au syndrome de Seckel, suggérant une possible
interaction entre PCNT et ATR [31].
Les maladies de la réparation par suture :
radiosensibilité et immunodéficience
Ku et DNA-PK
La réparation par suture est le processus de réparation des CDB
majoritaire dans les cellules en G0/G1. Comme la très grande
majorité des cellules de mammifères sont en G0/G1, la réparation
par suture en est le mode majoritaire [5, 32]. Historiquement,
par opposition à la recombinaison homologue, il a été ajouté
« non homologue » au terme « suture » pour
donner « suture non homologue » (non-homologous
end-joining [NHEJ]). Comme nous l’avons expliqué dans une autre
revue, ce terme n’a fait qu’ajouter de la confusion puisque la
notion d’homologie de brin n’a pas de sens en G0/G1 (que
signifierait suture « homologue » ?) [5]. La suture
consiste en la ligation bout-à-bout des deux extrémités de l’ADN.
Les protéines Ku80 et Ku70 s’associent sur l’ADN pour former
l’hétérodimère Ku. Ku coulisse sur l’ADN et se fixe au niveau des
extrémités coupées : une troisième protéine, DNA-PKcs, est
alors recrutée et le complexe trimérique, nommé DNA-PK, ainsi
constitué a l’activité d’une sérine-thréonine kinase [8]. Une fois
activées, ATM et DNA-PK peuvent phosphoryler certaines protéines
comme les histones (c’est le cas du variant X de l’histone H2AX qui
permet, par immunofluorescence avec des anticorps
phosphospécifiques, la reconnaissance des CDB qui seront prises en
charge par la suture [1, 5]. La phosphorylation des histones
entraîne alors sa migration le long de l’ADN laissant la place aux
ligases, notamment la ligase IV (figure 1).
Une mutation de l’un des constituants du NHEJ aboutit à une
déficience sévère de la réparation des CDB et à une forte
radiosensibilité chez les rongeurs [33]. Chez l’homme, à
l’exception de la lignée tumorale gliale MO59J, mutée notamment
pour DNA-PKcs [34, 35] et d’un patient dont la mutation
récemment identifiée ne concerne pas le site kinase [36, 37],
il n’existe pas de syndrome connu associé aux mutations des
composants du complexe DNA-PK. Cette conclusion démontre ainsi le
caractère vital de la protéine DNA-PK chez l’homme. D’ailleurs, cet
état de fait tranche une nouvelle fois avec la situation chez les
rongeurs où les mutations de DNA-PK n’affectent pas la viabilité
puisque des lignées de rongeur mutées existent [33]. Les protéines
du NHEJ étant essentielles à la recombinaison V(D)J, processus
responsable de la production des anticorps, les syndromes dus aux
mutations des protéines du NHEJ associent donc généralement
hyper-radiosensibilité et immunodéficience [6, 38]. Notons
cependant que dans le cadre de certains lupus érythémateux, maladie
auto-immune, les taux d’expression de Ku sont généralement faibles.
Toutefois, aucun lien systématique n’a encore été clairement
démontré entre les lupus et une forte radiosensibilité. Il est
possible que des taux de Ku, bien que diminués, restent suffisants
pour assurer une radioréponse quasi normale [39]. D’ailleurs, il
existe la même incertitude concernant le lien entre
radiosensibilité et certaines maladies du tissu conjonctif (dont
font partie les lupus érythémateux) comme les sclérodermies
[40-42]. Ce problème est d’autant plus difficile à résoudre que les
modèles animaux de sclérodermies ne semblent pas convenir [43]. Une
analyse systématique de la quantité des protéines Ku et de la
fonctionnalité du NHEJ chez les patients souffrant de ces maladies
pourront peut-être clarifier le lien avec les réactions de
radiosensibilité.
Ligase IV et XRCC4
La ligase IV vient en aval de l’action de DNA-PK en s’associant
à XRCC4. O’Driscoll et al. (2003) ont identifié un syndrome
humain associé à des mutations de la ligase IV, qui est caractérisé
par une radiosensibilité et une immunodéficience très marquées, une
forte pancytopénie, un retard de croissance et des aspects faciaux
dysmorphiques. À ce jour, un seul cas a été décrit : il s’agit
d’un patient souffrant d’un lymphome qui a succombé à son
traitement radio-chimiothérapique au bout d’une quinzaine de jours
[44, 45]. Quelques polymorphismes ont été identifiés mais sans
réunir une liste de symptômes cohérents ni obtenir de
radiosensibilité comparable au seul cas décrit.
Aucun syndrome associé à des mutations de XRCC4 mais, là encore,
certains polymorphismes ont été observés mais dont les symptômes
associés ne suffisent pas à définir un syndrome particulier
[46-50].
Artémis, Cernnunos et 53BP1
En aval de l’action de la ligase IV, certains acteurs protéiques
ont été identifiés : c’est le cas de Artémis dont les
mutations sont responsables du syndrome Artémis associé à une forte
immunodéficience mais à une faible radiosensibilité, probablement
expliquée par l’action compensatrice d’une autre protéine [51].
Artémis est une nucléase qui serait indispensable pour le clivage
de séquence en épingle à cheveux mais pas pour la phase essentielle
de ligation [52, 53].
Plus récemment, un autre facteur important mais non essentiel du
NHEJ, XLF/Cernunnos, a été découvert. Il agirait en aval de la
fonction de DNA-PK et de XRCC4-LIG4 : [54, 55]. Les
mutations de ce gène peuvent donner le syndrome Cernunnos qui
rassemble retard mental, microcéphalie, forte lymphopénie,
immunodéficience sévère et ligation fautive in vitro causant
une radiosensibilité comparable au syndrome Artémis. Cinq patients
on été identifiés à ce jour. Cernunnos, qui montre quelques
similitudes de séquences avec XRCC4 ferait partie du complexe
ligase IV-XRCC4 [54-57].
La protéine 53BP1 serait également requise pour certaines étapes
du NHEJ même si son rôle dans les autres voies de réparation reste
encore mal connu. 53BP1 forme des foci nucléaires après irradiation
comme un grand nombre de protéines de réparation citées dans cette
revue [58]. C’est l’absence de foci nucléaires 53BP1 dans un
patient montrant une forte immunodéficience, des aspects
dysmorphiques, des difficultés intellectuelles et une
radiosensibilité comparable à Artémis qui est à l’origine de la
définition du syndrome RIDDLE (Radiosensitivity,
ImmunoDeficiency, Dysmorphic features and LEarning
difficulties). Pour autant, le syndrome RIDDLE n’est pas causé
par des mutations de 53BP1 mais plutôt de l’ubiquitine-ligase
RNF168 dont l’action pourrait être compensée par une autre protéine
[59-61].
Enfin, dans cette longue liste de syndromes associés très
fortement à une immunodéficience sévère, il faut citer le syndrome
d’Omenn, causé par les mutations des gènes RAG1 et
RAG2 mais aussi par certaines mutations d’Artémis qui lient
immunodéficience sévère, érythrodermie, hépato-splénomégalie,
lymphadénopathies et une certaine alopécie. Chez les patients
atteints de ce syndrome, les lymphocytes B sont presque absents. Le
peu d’études effectuées sur la radiosensibilité suggèrent néanmoins
une radiosensibilité comparable aux syndromes Artémis et Cernunnos
[36, 62, 63].
Ainsi, vu l’importance de la réparation par suture dans la
viabilité cellulaire, peu de syndromes associés à des mutations de
protéines majeures de la suture sont observés. Seuls sont décrits
des syndromes associés à des mutations de protéines
« secondaires » au bon fonctionnement de la suture, en
aval des étapes initiales du processus et dont la fonction pourrait
être compensée par d’autre acteurs en cas de mutation. Par voie de
conséquence, ces syndromes (à l’exception de celui de la Ligase IV)
ne montrent que des radiosensibilités modérées mais surtout une
immunodéficience sévère et éventuellement des désordres
neurologiques et du développement.
Les maladies de la réparation par recombinaison homologue
existent-elles chez l’homme ?
Les protéines rad51 et rad52
La réparation par recombinaison, en général, consiste à
remplacer la séquence endommagée soit par celle, identique, du
chromosome homologue (recombinaison homologue) [9, 64], soit
par une séquence, prise au hasard, les plus fréquentes étant les
séquences AGCT appelées Alu (recombinaison illégitime ou non
homologue) [64]. Alors que la recombinaison homologue est la règle
en mitose et plus généralement dans les organismes proliférants
(ex. : bactéries, levures), la recombinaison illégitime est le
mode de recombinaison qui prédomine dans les cellules humaines.
Bien que de nombreux travaux suggèrent que le complexe multimérique
Rad51-Rad52 est essentiel pour la reconnaissance des lésions
réparables par recombinaison homologue, le processus d’échange de
brins qui le suit est encore mal connu. La protéine Rad52, sous la
forme d’un anneau multimérique coulisserait le long de l’ADN et
s’arrêterait au site des cassures. Là, Rad51 s’associerait à Rad52
et sa phosphorylation en tyrosine lui permettrait de se mettre sous
forme de filament et d’activer sa fonction nucléasique (figure
1) [9, 64]. Pour illustrer les mises en garde
du premier chapitre, soulignons que la protéine RecA, essentielle
pour l’échange des brins chez la bactérie est considérée comme
l’homologue de Rad51. Pourtant, RecA montre une longueur de
séquence deux fois plus petite que Rad51 et ne présente aucun site
d’endonucléase comme Rad51, suggérant donc une vraie différence de
fonctions entre ces deux protéines considérées pourtant comme
homologues [65]. Enfin, malgré quelques tentatives, les résolvases,
c’est-à-dire les protéines impliquées dans l’échange de brins
(jonctions de Holliday), restent peu connues chez l’homme [66].
En résumé, comme on l’a vu pour la suture, les mutations des
acteurs principaux de la recombinaison homologue ne sont pas
viables et ne sont pas observées sous forme de syndromes génétiques
chez l’homme. En revanche, comme pour les protéines majeures de la
suture, on peut rencontrer des mutations de Rad51 et Rad52 dans des
clones tumoraux mais toujours associées à d’autres mutations de
gènes qui rendraient possible la viabilité mais à travers une
grande instabilité [67]. Notons enfin que les souches de levures
portant des mutations de type rad52 sont parmi les plus
hyper-radiosensibles [68], confirmant à la fois l’importance de la
recombinaison homologue pour les organismes en prolifération et
l’inadéquation entre la situation chez les levures et celle
rencontrée chez l’homme.
Hyper-recombinaison et cancer
À l’image des protéines en aval du processus principal de suture
(ex. : Artémis, Cernunnos), un grand nombre de protéines
peuvent être impliquées dans un processus de recombinaison,
homologue ou non, sans pour autant être indispensables. C’est
notamment le cas d’un très grand nombre de protéines BRCA1, BRCA2,
FANC, BLM, etc. qui ont pour seul point commun une forte
prédisposition au cancer à travers une perte de contrôle (voire un
« emballement ») du processus de recombinaison, appelé
hyper-recombinaison [64, 69-71]. L’hyper-recombinaison aboutit
à une accumulation d’erreurs et de cassures spontanées, notamment à
cause d’un manque de contrôle de la fonction nucléasique nécessaire
à l’échange de brins. Ces résultats incitent donc à attribuer à
l’hyper-recombinaison un rôle essentiel dans la cancérogénèse.
Cependant, il faut insister sur le fait que l’hyper-recombinaison
ne peut être une dysfonction de la recombinaison homologue (fidèle)
mais plutôt d’un processus recombinatoire qui s’effectue au hasard,
c’est-à-dire non homologue [64, 69, 70]. Il est important
de noter que la plupart de ces syndromes hyper-recombinants
montrent une radiosensibilité significative mais toujours plus
faible que les syndromes associés à un défaut de suture comme le
syndrome Ligase IV [6].
À ce stade, on peut dire que les défauts de suture seraient
plutôt associés à une forte immunodéficience et une
radiosensibilité de modérée à forte alors que le manque de contrôle
de la recombinaison (non homologue) serait plutôt associé à une
forte prédisposition au cancer et une radiosensibilité de modérée à
faible. Comme la protéine ATM est indispensable aux deux voies de
réparation, il est logique que les mutations d’ATM rassemblent à la
fois radiosensibilité, immunodéficience et prédisposition au
cancer. Les protéines citées dans ce dernier paragraphe (BRCA1,
BRCA2, FANC, BLM…) sont toutes des partenaires de la protéine MRE11
et peuvent jouer un rôle dans les cellules en G0/G1 (contrairement
à Rad52 et Rad51). Nous décrirons donc ces syndromes dans le
chapitre suivant dans le cadre des maladies de la recombinaison non
homologue.
Les maladies de la recombinaison non homologue :
radiosensibilité et cancer
Les maladies du complexe Rad50-MRE11-NBS1 : les
microcéphalies
Les protéines Rad50, MRE11 et NBS1 s’associent pour former un
complexe dont la fonction biologique reste encore à déterminer.
Avec la mise en évidence dans les années 1980 du syndrome de
Nijmegen, causé par les mutations de NBS1, longtemps considéré
comme une forme variante de l’ataxie télangiectasie mais montrant
une radiosensibilité légèrement inférieure à celle du syndrome
Ligase IV, il faut citer aujourd’hui l’existence de mutations de
Rad50 et de MRE11 dont les syndromes correspondants sont en cours
de définition.
En 1981, Weemaes et al. ont décrit un nouveau syndrome
appelé Nijmegen breakage syndrome (NBS1) ou syndrome de
Nimègue. Une microcéphalie, une petite stature, un retard mental,
une forte prédisposition aux lymphomes et une immunodéficience en
sont les principales manifestations cliniques [72]. Les patients
NBS1 ne présentent ni ataxie ni télangiectasie [73]. Les cellules
NBS1 sont caractérisées par une instabilité chromosomique [73-75].
Elles sont hypersensibles aux radiations ionisantes et présentent
une absence d’arrêt du cycle en G1 [73]. Deux groupes de
complémentations V1 (syndrome de Berlin) et V2 (syndrome de
Nimègue) [76, 77] ont été décrits avec aussi comme critère
cette absence d’arrêt du cycle en G1. Cependant, des travaux
récents de complémentation avec la survie et les aberrations
chromosomiques ont montré qu’il n’existait qu’un seul gène
NBS1 et qu’il était situé sur le chromosome 8 [78-80].
Des mutations de MRE11 ont été identifiées chez trois patients
dont les fibroblastes se sont avérés radiosensibles et déficients
dans la réparation. La radiosensibilité associée aux mutations de
MRE11 est moins élevée que pour des mutations de NBS1 et plutôt
semblable à celle observées pour les mutations d’Artémis (tableau 1) [6, 81].
Historiquement, la première famille porteuse des mutations
homozygotes de MRE11 qui a été décrite montrait des signes
comparables à ceux de l’ataxie télangiectasie mais avec une
intensité et une précocité des symptomes moins marquées. Le
syndrome associé a donc été dénommé
Ataxia-Telangiectasia-Like-Disorder (ATLD) [81]. Après
l’identification d’autres familles, ATLD serait un syndrome d’ordre
neurologique avec une radiosensibilité comparable au syndrome de
Nimègue mais sans être associé à une immunodéficience et une
prédisposition au cancer [82, 83].
Tableau 1 Syndromes génétiques évoqués dans cette revue et leur
radiosensibilité intrinsèque associée. Données personnelles et
tirées de la littérature [6, 90] sur des fibroblastes non
transformés de peau.
| Syndromes génétiques |
Gène impliqué |
Rôle du gène dans la réparation |
Survie clonogénique à 2 Gy (%) |
| Ataxie télangiectasie (mutations homozygotes
classiques) |
ATM |
Signalisation, contrôle NHEJ et MRE11 |
1-5 |
| Syndrome ligase IV |
LIG4 |
NHEJ |
2-6 |
| Syndrome de Nimègue |
NBS1 |
Voie MRE11 |
5-9 |
| Progeria (Hutchinson-Gilford) |
Lamin A |
transport d’ATM |
8-19 |
| Ataxie télangiectasie (mutations homozygotes
variantes) |
ATM |
Signalisation, contrôle NHEJ et MRE11 |
10-15 |
| Syndrome d’Usher |
Gènes USH |
? |
15-20 |
| Syndrome de Cockayne |
Gènes CS |
Hélicases, nucléases NER |
15-30 |
| Xeroderma pigmentosum |
Gènes XP |
Hélicases, nucléases NER |
15-30 |
| Syndrome ATLD |
MRE11 |
Endonucléase, Voie MRE11 |
15-40 ? |
| Chorée de Huntington |
IT15 |
? |
18-30 |
| Syndrome de Gardner |
APC ? |
MMR? |
20-30 |
| Syndrome de Turcot |
hMSH2 ? |
MMR? |
20-30 |
| Anémie de Fanconi et BRCA2 |
Gènes FANC |
Protéine support |
20-40 |
| Syndrome BRCA1 |
BRCA1 |
Protéine support |
20-40 |
| Syndrome Artémis |
Artémis |
NHEJ |
20-40 |
| Syndrome Cernunnos |
XLF/Cernunnos |
NHEJ |
20-40 |
| Syndrome d’Omenn |
RAG1, RAG2 |
NHEJ ? |
30-50 ? |
| Syndrome Rothmund-Thomson |
RecQ4 |
Hélicase |
30-50 |
| Syndrome de Werner |
WRN |
Hélicase |
30-50 |
| Syndrome de Bloom |
BLM |
Hélicase |
30-50 |
| Syndrome de Seckel |
ATR |
Signalisation |
60-80 |
| Témoins radiorésistants |
| 60-80 |
60-80 |
Enfin, plus récemment encore, le cas d’une patiente montrant une
mutation de Rad50 a été décrit avec une microcéphalie, un retard
mental, une face d’oiseau et une petite stature. La patiente Rad50
a développé un lymphome malin à l’âge de 23 ans sans présenter
d’immunodéficience sévère. Ses cellules montrent une
radiosensibilité comparable à un syndrome de Nimègue, c’est
pourquoi le syndrome décrit a été dénommé Nijmegen Breakage
Syndrome Like-Disorder (NBSLD) [84].
Les maladies des hélicases et des nucléases : cancer et
vieillissement
Souvent nécessaires pendant ou après le processus d’échange de
brins, les hélicases de type RecQ sont indissociablement liées à la
maintenance de l’intégrité du génome. La famille RecQ comporte
trois protéines identifiées chez l’homme dont WRN, BLM, RecQ4
[85, 86]. Les mutations de BLM, WRN et RecQ4 causent
respectivement les syndromes de Bloom (BLM), de Werner (WRN) et de
Rothmund-Thompson (RTS). Ces trois protéines montrent ou pourraient
montrer des sites nucléasiques, ce qui suggèrerait encore une fois
une implication dans les processus d’hyper-recombinaison [87-89].
En effet, en plus de troubles de la croissance et d’un
vieillissement accéléré, ces trois syndromes ont en commun une
forte prédisposition aux sarcomes. En ce qui concerne le
vieillissement et la prédisposition à une sénescence précoce, on
peut avancer l’hypothèse qu’une instabilité hélicace-endonucléase
serait responsable de la production de cassures spontanées
favorisant ainsi un phénomène de mort cellulaire comme à la suite
d’un stress oxydatif important [87-89]. Tous ces syndromes sont
associés à une radiosensibilité significative mais modérée,
suggérant une fois encore le rôle secondaire des protéines en
question dans les processus de réparation des cassures de l’ADN
mais majeur dans la réparation des télomères [6, 87-90].
Les syndromes progéroïdes : vieillissement et
radiosensibilité
On ne pouvait clore le paragraphe consacré au vieillissement
accéléré et aux complexes hélicases-nucléases sans évoquer les
syndromes de photosensibilité XP-CS-TTD et les syndromes
progéroïdes qui peuvent montrer des radiosensibilités importantes
voire plus marquées que les maladies des hélicases. En particulier,
le syndrome progéroïde de Hutchinson-Gilford, causé par les
mutations de la lamine A, fait partie de la grande famille des
laminopathies avec un vieillissement accéléré exceptionnel
[91, 92]. Associé à quelques rares cas de sarcomes, ce
syndrome montre une radiosensibilité qui peut être considérée comme
la troisième plus élevée chez l’homme (après les syndromes AT et
ligase IV) suggérant une implication très forte de la lamine A dans
le processus de réparation (tableau
1) [91]. La farnésylation de la lamine A dont
souffrent les patients HGPS contribuerait en effet à séquestrer
dans le cytoplasme un grand nombre de protéines de réparation et de
signalisation. C’est notamment le cas de ATM, expliquant ainsi une
telle réponse aux radiations. La lamine A ne peut, stricto
sensu, être considérée comme une protéine de réparation ou de
signalisation des dommages alors que ses mutations sont associées à
des désordres évidents de la réponse radio-induite. On voit bien
ici que le défaut des protéines qui assurent le transfert du
cytoplasme au noyau d’acteurs majeurs de la réparation peut avoir
les mêmes conséquences que des anomalies du processus de
réparation. D’ailleurs, une étude récente a montré que des
fibroblastes provenant du syndrome de Hutchinson-Gilford montrent
des foci nucléaires MRE11 aberrants et un défaut de phosphorylation
de DNA-PK, conséquence de l’absence de formes nucléaires de ATM
dans le noyau [91] (Pereira et al., soumis). Ces derniers
résultats soulignent l’importance du va-et-vient entre cytoplasme
et noyau pour les acteurs de la réparation et de la signalisation
des dommages de l’ADN.
Les maladies des protéines-supports : BRCA1, BRCA2 et
FANC
Les protéines BRCA1 et BRCA2 n’ont d’identique que le nom. En
effet, rien du point de vue de la séquence ne relie BRCA1 et BRCA2
[4]. La protéine BRCA1 est caractérisée par des sites dits BRCT
(BRCA1 C-terminal) que l’on retrouve dans certaines
protéines de réparation comme la ligase IV mais aucun autre site
fonctionnel kinase, ligase, nucléase, etc. n’a été identifié [93].
Cette protéine joue plutôt le rôle de support, partenaire d’une
multitude de substrats de phosphorylation d’ATM, étant substrat
d’ATM elle-même. Les mutations homozygotes de BRCA1 et BRCA2 ne
sont pas viables chez l’homme. Notons que la plupart des modèles de
souris portant des mutations homozygotes interdisant l’expression
des gènes Rad51, Brca1 ou Brca2 (mutations
nullizygotes) ne survivent que quelques jours à l’état
embryonnaire, sauf si elles sont associées à des mutations d’autres
gènes gardiens du génome comme p53. En revanche, les
mutations hétérozygotes de BRCA1 chez l’homme rendent compte de la
majorité des cancers familiaux du sein et de sein + ovaire
[4, 94, 95].
BRCA2 est une protéine encore plus grosse que BRCA1 et qui porte
des motifs dits BRC qui n’ont rien en commun avec les motifs BRCT
de BRCA1. Comme pour BRCA1, les mutations nullizygotes de BRCA2
n’existent pas chez l’homme [96, 97]. Les mutations
hétérozygotes de BRCA2 rendent compte de la majorité des cancers
familiaux de l’ovaire et du sein male. BRCA1 et BRCA2 seraient
indispensables à l’action de Rad51 et Rad52 dans la recombinaison
homologue active en G2/M (figure 1)
[4]. Leur action dans cette voie de réparation s’accompagne aussi
de défauts d’arrêt du cycle dans la phase G2/M. Une interaction
physique entre BRCA1 et MRE11 a été décrite, renforçant ainsi
l’hypothèse que BRCA1 participerait à la fois à la recombinaison
homologue mais aussi à la recombinaison non homologue. À ce titre,
la plupart des mutations de BRCA1 et BRCA2 confèrent une
radiosensibilité modérée en G1 comparable à celle observée dans le
cas de mutations de MRE11 (tableau
1). Certaines mutations de BRCA1 et BRCA2 seraient
également associées à de fortes chimiosensibilités, notamment aux
agents alkylants comme les substances platinées [6, 98].
L’anémie de Fanconi (FA), qui porte le nom du pédiatre suisse
Guido Fanconi qui l’a définie en 1927, fait partie des syndromes
héréditaires d’insuffisance médullaire. Elle est souvent associée à
des malformations congénitales (notamment microcéphalie), des
défauts de croissance (petite taille), des affections cutanées
(tâches café-au-lait) et évolue généralement vers une aplasie ou
une leucémie. La prédisposition au cancer liée à FA ne se limite
d’ailleurs pas aux lymphocytes puisqu’elle s’étend également au
cancer du sein [99]. FA peut être causée par la mutation de 13
gènes (FANCA à FANCN) dont les protéines
correspondantes ne montrent pas de fonctions particulières en soit
mais sont associées à des complexes impliqués dans
l’ubiquitination, la résistance aux agents alkylants et la
réparation des CDB. Le fait que le gène FANCD1 est en fait
BRCA2 montre l’extrême complexité et intrication des systèmes de
réparation [71]. Plutôt caractérisées par leur chimiosensibilité,
les cellules provenant de patients FA montrent une radiosensibilité
faible mais significative [6, 99].
Les autres syndromes génétiques associés à une radiosensibilité
significative
Une longue liste de maladies génétiques associées à une
radiosensibilité
Deschavanne et Fertil ont recensé en 1996 la radiosensibilité
(survie clonogénique) de près de 400 lignées cellulaires
différentes. Un classement a été effectué en fonction de la survie
clonogénique à 2 Gy et a été complété par nos soins (tableau 1). Le constat est que les
syndromes évoqués ci-dessus figurent en bonne place, suggérant
l’importance de la réparation des CDB dans la réponse cellulaire
aux radiations ionisantes [90]. Cependant, dans la longue liste des
syndromes radiosensibles, on peut également évoquer des réparatoses
qui concernent la réparation de dommages radio-induits de l’ADN
différents des CDB. C’est le cas de maladies liées à une forte
photosensibilité comme Xeroderma Pigmentosum (XP), la
trichothiodystrophie (TTD) et le syndrome de Cockayne (CS) qui sont
des réparatoses des nucléotides par excision-resynthèse
(nucleotide excision resynthesis [NER]) [100, 101] et
des cancers du côlon héréditaires non polyposiques (hereditary
non-polyposis colon cancer [HNPCC] [102]) qui sont des
réparatoses des mésappariements de l’ADN (mismatch repair
[MMR])[103]. Le lien causal exclusif entre radiosensibilité et
réparation des CDB n’est pas remis en cause car il est tout à fait
possible qu’après une irradiation une dysfonction du NER ou du MMR
aboutisse à des CDB. D’autres syndromes sont associés à une
radiosensibilité non négligeable alors que les protéines
incriminées n’ont, soit pas encore de rôle connu dans les
mécanismes de réparation des dommages de l’ADN, soit concernent des
protéines du transport du cytoplasme au noyau comme les syndromes
progéroïdes. C’est notamment le cas des pathologies intestinales
par mutation du gène APC, des syndromes d’Usher, la chorée
de Huntington [104-106]. Ce constat est d’autant plus stimulant que
peu de modèles homologues animaux sont disponibles. Leur
caractérisation radiobiologique est donc un vrai challenge pour le
progrès des connaissances fondamentales des mécanismes de
réparation spécifiquement humains. Nous avons choisi d’évoquer très
brièvement ces syndromes et, le cas échéant, les voies
sous-jacentes de réparation des dommages de l’ADN. Nous conseillons
aux lecteurs plus exigeants de se rapporter aux revues spécifiques
proposées [107].
Les maladies de l’excision-resynhèse des nucléotides :
Xeroderma Pigmentosum (XP), la trichothiodystrophie (TTD) et le
syndrome de Cockayne (CS)
Les gènes dont les mutations causent XP, CS et/ou TTD sont
nombreux et la mutation d’un même gène peut causer deux syndromes
très différents [100, 101]. Notons que le travail accompli
pour relier le phénotype et le génotype de ces gènes est
considérable et reste un modèle du genre. Les gènes XP-CS
sont notamment impliqués dans la réparation par excision-resynthèse
des nucléotides (nucleotide excision-resynthesis, NER) et
jouent essentiellement le rôle d’hélicases, de nucléases et de
polymérases orientées. Même si ces syndromes obéissent tous à un
certain vieillissement accéléré et une forte prédominance de la
sénescence, seul XP reste lié à des cancers de la peau
[100, 101]. XP et CS sont plutôt des maladies de la réparation
des dommages de bases et de la transcription souvent associées à
une forte photosensibilité. Enfin, certaines mutations des gènes
XP et CS peuvent être associées à des
radiosensibilités modérées mais significatives. C’est notamment le
cas des hélicases et endonucléases XPC et XPD, qui pourraient être
impliquées dans la réparation de certaines CDB [6, 108].
Les maladies de la réparation des mésappariements et
équivalents
Les cancers héréditaires non polyposiques du côlon sont souvent
regroupés sous la désignation de syndrome de Lynch même si certains
chercheurs ou médecins distinguent les deux appellations
[103, 109, 110]. Les syndromes HNPCC sont causés par des
mutations des gènes de réparation des mésappariements de l’ADN
(MMR) [102]. Pour illustrer encore les mises en garde du début de
cette revue, notons que beaucoup de gènes de MMR mis en évidence
chez les levures n’ont pas d’homologues humains. Les mutations des
gènes hMLH1, hMSH2, hMSH6 et hPMS2 sont
à l’origine de nombreuses formes de HNPCC
[102, 103, 107, 109, 110]. Les mésappariements
sont des erreurs commises au cours de la réparation de dommages de
l’ADN sur des cellules en croissance et qui peuvent être causés par
des agents physiques (radiations) ou chimiques. Les HNPCC montrent
une forte susceptibilité de développer un cancer du côlon mais
aussi un cancer de l’endomètre, de l’ovaire, de l’estomac, de
l’intestin grêle, du foie, de l’appareil urinaire supérieur, du
cerveau et de la peau [103, 109]. C’est plutôt la
chimiosensibilité des tissus sains qui est la plus évoquée dans le
cadre des HNPCC plutôt que la radiosensibilité. Pourtant, certains
cas de radiosensibilité significative ont été observés, mais
toujours dans le cadre du syndrome de Turcot, pathologie souvent
associée à la mutation de hMSH2 [111], qui figure parmi les
syndromes radiosensibles dans la liste de Deschavanne et Fertil
(tableau 1) [90].
Les pathologies intestinales généralement associées à des
mutations du gène APC comprennent les pathologies suivantes
dont les distinctions restent encore floues et peuvent également
être associées à des mutations du MMR : la polypose
recto-colique familiale et les formes atténuées de la polypose
recto-colique familiale, le syndrome de Gardner et le syndrome de
Turcot [110, 111]. Les deux derniers syndromes sont associés à
d’autres tumeurs comme des ostéomes, fibromes, lipomes et des
tumeurs de la thyroïde ou des surrénales pour le syndrome de
Gardner ou comme des tumeurs du système nerveux central pour le
syndrome de Turcot [110, 111]. Même si les polyposes sont
généralement associées à des mutations du gène APC, des
mutations de hMSH2 peuvent causer le syndrome de Turcot comme on
l’a dit plus haut [111]. De façon surprenante, les syndromes de
Gardner et de Turcot sont associés à des radiosensibilités
significatives suggérant que les gènes incriminés sont impliqués
soit dans la réparation des dommages de l’ADN soit dans le
transfert du cytoplasme au noyau [90]. Pourtant, les fonctions
biologiques du gène APC sont encore méconnues et les seuls
résultats marquants soulignent le rôle important de APC dans la
régulation des microtubules en mitose ce qui ne peut expliquer la
radiosensibilité observée en G1 [111].
Des voies de réparation sans syndromes ?
Deux voies de réparation n’ont pas été évoquées dans cette
revue à travers les réparatoses : la réparation des séquences
en tandem ou répétées (traduction libre de single-strand
annealing, SSA [107]) et la réparation des dommages de bases
par excision-resynthèse (base excision-resynthesis,
BER).
Le processus de réparation des séquences en tandem ou répétées
(SSA) a été mis en évidence in vitro sur des vecteurs d’ADN
de petite longueur où des gènes ont été délibérément placés très
proches (quelques centaines de bases au plus) les uns des autres
[107]. Ainsi, dans un système aussi limité, un phénomène même
d’origine aléatoire peut aboutir à une réparation fidèle. Il faut
donc rester prudent quant à l’extrapolation in vivo puisque
les séquences codantes sont généralement beaucoup plus espacées et
que le génome est beaucoup plus long que les constructions
utilisées : il n’est donc pas impossible que ce système,
construit par génie génétique, favorise une recombinaison qui
aurait peu de chances de survenir en réalité [5]. Enfin, peu de
protéines ont été considérées comme spécifiques aux SSA, ce qui
relativise encore plus l’existence de ce mode de réparation.
Il a été montré que la ligase III, PARP, XRCC1 et la polymérase
β sont des acteurs majeurs du BER et nous renvoyons le lecteur à
des revues publiées récemment pour connaître en détails le rôle
biologique de chacune de ces protéines [107, 112, 113].
Cependant, aucun syndrome génétique (maladie avec plusieurs
symptomes clairement définis) associé à des mutations de ces
protéines n’a encore été décrit chez l’homme. Il est fortement
probable que l’on soit face à la même situation évoquée dans les
chapitres précédents avec les protéines Ku et rad51-rad52 :
XRCC1, PARP, ligase III et la polymérase β seraient tellement
abondantes et indispensables à la survie que leur absence
entraînerait systématiquement une perte de viabilité. D’ailleurs,
les mutations homozygotes de ces trois gènes sont létales à l’état
embryonnaire. La littérature fait pourtant régulièrement état de
maladies associées à des défauts du BER mais ce sont en général
soit des syndromes déjà cités dont les gènes mutés ne sont pas
directement impliqués dans le BER, soit des polymorphismes, soit
des exemples de mutations que l’on retrouve uniquement dans les
tumeurs [113].
Les stratégies de radiosensibilisation et de prévention
Quels cas de radiosensibilité peut-on rencontrer en
clinique ?
La plupart des maladies génétiques décrites dans cette revue
sont associées à des mutations homozygotes, très caractérisées par
l’un de leurs symptomes cliniques et décelable à la naissance ou
dans les premières années de la vie : elles ne constituent
donc pas forcément la majorité des cas de réactions tissulaires
(dermites, rectites, fibroses, œdèmes, etc.) que l’on peut
rencontrer dans les services de radiothérapie à la suite d’un
traitement anti-cancéreux. En revanche, les mutations hétérozygotes
des gènes cités ici pourraient constituer la majorité des cas car
leurs manifestations cliniques n’ont pas l’ampleur des mutations
homozygotes. C’est évidemment le cas des patients AT hétérozygotes
qui pourraient représenter 1 % de la population générale [24].
De plus, comme on le verra plus loin, le fractionnement de la dose
de radiation qui est la base de la quasi-totalité des traitements
radiothérapiques anticancéreux peut ralentir, atténuer, voire
prévenir une manifestation de radiosensibilité, suivant la
localisation tumorale et la dose totale prescrite. Quantifier et
tenir compte de la susceptibilité individuelle reste donc un des
autres challenges de la radiothérapie et de la radioprotection de
demain [5]. Rappelons seulement que le patient portant une mutation
de la ligase IV a été soumis puis a succombé à son traitement
radiothérapique à la suite d’un lymphome détecté dans son
adolescence et que rien ne laissait supposer durant les premières
années de sa vie qu’il souffrait d’une telle radiosensibilité [5].
Plus récemment encore, en 2010, un patient atteint d’une tumeur de
Wilms a succombé après son traitement radiothérapique et une
analyse post-mortem a conclu à une mutation du gène ATM
[114]. Les doses appliquées en radiothérapie sont évidemment plus
élevées qu’un stress environnemental quotidien et mettent en
évidence brutalement des affections peu décelables dans la vie de
tous les jours.
Syndromes et polymorphismes
Les polymorphismes désignent des variations de paires de bases
du génome. En particulier, les polymorphismes concernant un simple
nucléotide (SNP) représentent 90 % des cas de polymorphismes
et se retrouvent dans notre génome toutes les 300 paires de
bases : un individu est donc porteur de plusieurs centaines de
milliers de SNP où généralement une cytosine se substitue à une
thymine. Les progrès de la génomique ont permis l’identification
d’un nombre considérable de SNP. Le lien entre polymorphisme et
syndrome n’est cependant pas évident puisque la substitution d’une
base par une autre ne suffit généralement pas à modifier le tableau
clinique. Des efforts considérables ont été fournis pour identifier
des SNP chez des patients souffrant de cancers particuliers.
Certains SNP des gènes ATM, XRCC1, XRCC3,
SOD2, RAD21,TGF-β1 et PARP-1 ont été
mis en évidence et éventuellement associés à une réponse anormale
aux radiations [115-118]. Cependant, parce que les porteurs d’un
même SNP peuvent montrer des réactions suraiguës de grades
différents, un seul SNP ne peut être corrélé per se à la
radiosensibilité. On peut donc raisonnablement imaginer que si la
prédiction de la radiosensibilité humaine par les SNP a un sens, il
faudra analyser un très grand nombre de SNP par individu. La
détermination de SNP pourrait cependant être utile dans la
prédiction de prédispositions à certains cancers et à des réponses
bien particulières sur des localisations tumorales spécifiques,
même si là encore on peut douter qu’un seul SNP rassemble des
individus avec exactement le même tableau clinique [115-118]. Par
exemple, les polymorphismes de la PARP-1 pourraient être associés à
certains cancers de la prostate, de l’œsophage et du poumon mais
n’ont pas abouti à la définition d’un syndrome [118]. On voit donc
ici que la mesure de l’expression des gènes comme la détermination
de mutations ponctuelles peuvent être utiles pour mieux rendre
compte de risques spécifiques à certaines affections mais ne
peuvent constituer des paramètres qui évolueraient en corrélation
avec la dose et la survie clonogénique afin de prédire la
radiosensibilité humaine [119].
Des stratégies de radiosensibilisation des tumeurs
Vu le lien étroit entre la radiosensibilité et les défauts de
réparation de l’ADN, il paraît logique de tenter d’inhiber les
voies de réparation de l’ADN dans les tumeurs afin de les
radiosensibiliser [120]. Ainsi, les inhibiteurs de la protéine ATM,
d’une part, et de la réparation par suture, d’autre part, font
toujours l’objet de nombreuses études. C’est notamment le cas de
substances comme la wortmannine. Pourtant, le caractère souvent peu
spécifique de ces substances augmente d’autant les effets
secondaires et limite donc leur transfert clinique systématique
[121]. Alors que les protéines du BER semblent, comme celles de la
suture, essentielles pour la viabilité cellulaire, des études
récentes ont montré tout l’intérêt que pouvait représenter les
inhibiteurs de PARP dans le traitement de certaines pathologies
comme le cancer du sein mais, là encore, dans certaines conditions
de mutations [122]. Notons enfin que certaines associations de
substances chimiothérapeutiques avec des radiations ionisantes sont
connues pour leurs effets synergiques. C’est le cas du cisplatine
qui, à travers les adduits qu’il crée, empêche la translocation des
protéines Ku le long de l’ADN et inhibe la réparation des CDB
radio-induits par suture, expliquant ainsi la synergie généralement
observée quand irradiation et cisplatine sont appliqués
[123, 124].
Parallèlement à la voie chimique, on peut envisager de saturer
les systèmes de réparation de l’ADN dans les tumeurs en rajoutant
des leurres. C’est notamment le cas de la
stratégie « Dbait » qui consiste à saturer la
réparation par suture en apportant aux cellules tumorales des
quantités importantes de fragments d’ADN [125, 126].
À travers ce bref paragraphe, on perçoit que les voies
prépondérantes de réparation constituent de véritables pistes pour
accroître l’efficacité thérapeutique. Cependant, la difficulté
essentielle réside dans la spécificité des approches inhibitrices
envers les tumeurs plutôt que dans leur réelle efficacité. En
effet, bien des effets secondaires aux tissus sains en limitent les
applications. Comment alors prédire les réactions des tissus sains,
c’est l’objet du prochain chapitre.
Prédire la radiosensibilité des tissus sains
Depuis les années 1950, de nombreuses stratégies ont été
élaborées pour rendre compte de la radiosensibilité par des tests
de cytogénétique et de biologie cellulaire [119]. L’une des
premières difficultés de ces tests prédictifs est de vérifier le
lien quantitatif entre le paramètre choisi et la mesure de la
radiosensibilité. Jusqu’à une dizaine d’années, le test des
colonies et celui des micronoyaux paraissaient être les plus
fiables pour rendre compte de la relation dose-effet. Toutefois,
ces tests restent lourds à mettre en place. À l’inverse, des tests
prédictifs basés sur l’apoptose radio-induite récemment proposés
sont facilement applicables mais posent le problème de la
prédictibilité des différents gradients de toxicité [127].
Quelques projets internationaux de recueil de matériels biologiques
de patients qui se sont avérés radiosensibles à la suite d’un
traitement radiothérapique ont été initiés. C’est le cas du projet
européen GENEPI (European genetic pathways for the prediction of
the effects of irradiation) qui permet d’accumuler un très
grand nombre d’échantillons biologiques à la fois (fibroblastes,
lymphocytes, ADN, ARN) pour les mettre à disposition des chercheurs
sans imposer de tests prédictifs particuliers [128]. La base de
données du projet GENEPI compte actuellement plus de 7 000 patients
et le premier rapport sur l’intérêt d’une telle base vient d’être
récemment publié [129].
Depuis bientôt une dizaine d’années, des tests moléculaires
basés notamment sur l’immunofluorescence de marqueurs de la
réparation et de la signalisation des dommages de l’ADN ont été
proposés [119]. Comme tous les autres tests prédictifs, il faut
vérifier le bien-fondé du choix des paramètres. Pour
l’immunofluorescence, c’est choisir le ou les marqueurs
moléculaires adéquats qui paraît encore le plus difficile. En 2003,
Rothkamm et Löbrich mettent en exergue un marquage des formes
phosphorylées du variant X de l’histone H2A, pH2AX. Formant des
foci nucléaires, il apparaît que les formes pH2AX observées au sein
des noyaux cellulaires sont quantitativement corrélées aux sites de
CDB à raison d’un foci pH2AX pour une CDB [1]. Toutefois, là
encore, la réalité expérimentale reste plus complexe puisque dans
certaines pathologies, notamment quand la chromatine est
décondensée ou en présence de CSB, l’aspect des foci nucléaires
reste très variée [6]. De plus, alors qu’une corrélation existe
entre la fraction survivante à 2 Gy (SF2) et le nombre de foci
pH2AX résiduels après une irradiation, l’immunofluorescence pH2AX
ne semble pas prédire la radiosensibilité associée à certains
syndromes quand ceux-ci sont caractérisés par une réparation par
suture normale, comme nous l’avons déjà évoqué dans le chapitre 2
[6]. Ainsi, une grande prudence est à nouveau de mise dans
l’interprétation des données issues de l’immunofluorescence. Des
expériences sont donc en cours afin d’analyser de façon
systématique la fonctionnalité des voies de réparation de l’ADN
avec différents marqueurs et de tenter de corréler quantitativement
les données moléculaires aux différents paramètres cliniques. En
plus des difficultés techniques et conceptuelles, il faut également
noter la difficulté pratique d’obtenir du matériel
biologique : le sang (les lymphocytes) apparaît immédiatement
comme le matériel le plus pratique. Pourtant, au moins en termes de
caractérisation radiobiologique, ce tissu est connu depuis les
années 1950 pour ne pas refléter systématiquement les réponses
aux radiations comme peuvent le faire les fibroblastes de peau dont
le prélèvement paraît plus compliqué à mettre en place
[130, 131]. Ainsi, prédire la radiosensibilité des tissus
sains reste donc un challenge passionnant pour la génotoxicologie
du futur mais n’est pas dépourvu d’écueils et de pièges. Quelques
modèles sont déjà proposés et éprouvés et mettent en œuvre un plus
grand nombre de marqueurs dans les algorithmes de diagnostic
[6].
Conclusions
Cette revue avait pour but de recenser les syndromes génétiques
majeurs associés à des défauts des différentes voies de réparation
des dommages de l’ADN et particulièrement des CDB. On a pu voir que
ces syndromes peuvent expliquer la très grande majorité des
génotoxicités associées ou non à de fortes prédispositions au
cancer (figures 2 et
3). Une des conclusions que l’on peut ainsi tirer
est l’importance relative du noyau cellulaire dans la réponse au
stress par rapport aux autres organites comme la membrane ou la
mitochondrie. On retrouve donc très logiquement la réparation de
l’ADN à la fois dans les approches anticancéreuses les plus
efficaces mais aussi dans l’incidence de complications observées
dans les tissus sains. Toutefois, l’importance du trafic
intracellulaire et des voies de signalisation facilitant le passage
de certaines protéines du cytoplasme au noyau est grande puisque
certains syndromes pourtant très radiosensibles ne sont pas causés
par des protéines impliquées dans la réparation proprement dite.
Ces réponses, ces syndromes, ces voies de réparation sont parfois
très spécifiques de l’espèce humaine et l’usage de modèles animaux
est source de nombreux biais. Encourager les études qui concernent
directement les cellules ou systèmes cellulaires humains doit donc
être une nécessité afin de mieux faire coïncider la réalité
clinique avec les modèles moléculaires.
Remerciements
Cette revue est le fruit du travail de nos collaborateurs que
nous remercions chaleureusement, notamment Emmanuel Chautard,
Aurélie Joubert, Muriel Viau, Adeline Granzotto et Clément Devic.
Nous remercions également pour leur soutien financier l’Association
pour l’ataxie télangiectasie (APRAT), Électricité de France (comité
de radioprotection), l’Institut national du cancer (INCa) et
l’Agence nationale pour la recherche (ANR).
Conflits d’intérêts: aucun.
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