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L'instabilité génétique, moteur de l'oncogenèse


Bulletin du Cancer. Volume 97, Numéro 11, 1241-51, novembre 2010, Synthèse

DOI : 10.1684/bdc.2010.1202

Résumé   Summary  

Auteur(s) : C Cazaux , Institut de pharmacologie et de biologie structurale, UMR5089 CNRS, Université Paul-Sabatier, Université de Toulouse, 205, route de Narbonne, 31077 Toulouse Cedex 04, France.

Résumé : L'ADN de nos cellules n'est pas composé d'une structure canonique et figée. Il est en effet soumis en permanence à des « stress génotoxiques », spontanés ou induits par l'environnement ou la pression thérapeutique, qui modifient la constitution et la forme de la double hélice. Plusieurs mécanismes moléculaires permettent à la cellule de réparer ces dommages. D'autres ont été conservés dans le but de seulement les tolérer, au prix souvent de mutations. Le maintien de la structure du génome s'effectue donc au travers d'un équilibre entre processus de réparation « fidèles » et « mutagènes ». Nous abordons ici l'importance de cet équilibre dans la protection des cellules somatiques contre la transformation tumorale et le rôle moteur d'une perte de cet équilibre dans la cancérogenèse.

Mots-clés : instabilité génétique, oncogenèse, réparation de l'ADN, réplication de l'ADN, recombinaison de l'ADN

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : C Cazaux

Institut de pharmacologie et de biologie structurale, UMR5089 CNRS, Université Paul-Sabatier, Université de Toulouse, 205, route de Narbonne, 31077 Toulouse Cedex 04, France

“If I was the czar of cancer research, I would give a higher priority to recruiting more of our best young scientists to decipher the detailed mechanisms of both apoptosis and DNA repair, and I would give them the resources to do so.”(Bruce Alberts, editor-in-chief of Science, News & Views item, April 2008.)

Une théorie qui prône la fidélité mais qui va à l'encontre de l'observation…

Au cours de l'évolution, l'organisme humain a sélectionné et conservé de multiples systèmes de défense pour se protéger de la survenue de cancers. La structure de l'ADN génomique et le code génétique qu'il recèle, porteur d'une information a priori favorable à la survie de l'espèce, est en particulier maintenue constante grâce à la « fidélité » du processus de duplication de l'ADN qui précède la division cellulaire. Le taux de mutagenèse spontanée, des bactéries aux mammifères en passant par les eucaryotes inférieurs et les plantes, est ainsi très faible, de l'ordre de 10–10, soit une base modifiée pour dix milliards « répliquées » [1]. Ce taux s'explique, d'une part, par le fait que les deux ADN polymérases responsables de la réplication du génome, Pol β et Pol ε (figure 1), possèdent une sous-unité appelée proofeading capable d'exciser un nucléotide incorporé de façon erronée, avant que l'activité polymérase proprement dite ne réintroduise un nucléotide correct. Il existe, d'autre part, un système de réparation « postréplicatif » des mésappariements de bases (réparation des mésappariements [RMM]), qui « sécurise » doublement le système (figure 1).

Chez l'homme, ce taux de mutagenèse de 10–10 signifie donc qu'une mutation apparaît en moyenne une fois au cours de trois divisions cellulaires. Sachant qu'environ 90 à 95 % du génome n'est pas codant ; que, du fait de la sénescence cellulaire et du mécanisme de mort programmée (apoptose), peu de cellules de l'organisme se divisent plus de 100 à 1 000 fois au cours d'une vie humaine (à l'exception des cellules souches) ; que, pour qu'une mutation soit « signifiante », elle doit toucher généralement les deux premières bases des codons ; et qu'enfin la copie allélique indemne compense souvent ladite mutation, ce taux permet en théorie un « verrouillage » complet du processus de duplication génomique et le respect tout au long du génome de la conformation « Watson-Crick ».

Cette fréquence de mutagenèse ne permet ainsi pas de comprendre et d'expliquer le chaos génétique caractéristique des tumeurs solides humaines, né de la capacité intrinsèque des cellules cancéreuses à accumuler en nombre des mutations (de l'ordre de dizaines de milliers dans les tumeurs solides), ce que Loeb et al. ont appelé le « phénotype mutateur » tumoral [2]. Dans les populations peu concernées par les maladies infectieuses, une personne sur cinq verra en effet une sous-population des 1013 cellules (qui constituent peu ou prou l'organisme humain) acquérir la faculté intrinsèque d'accumuler des désordres génétiques qui permettront la sélection néodarwinienne de cellules multirésistantes aux contraintes physiologiques et aux traitements thérapeutiques, et qui donneront in fine naissance à des tumeurs malignes.

Quelles sont les causes du chaos génétique inhérent aux cellules cancéreuses ?

Comment donc expliquer la présence de tant de mutations dans une tumeur, alors que l'évolution a conservé a priori un système de duplication du génome parfaitement précis ?

L'ADN canonique n'existe pas

Le taux de mutagenèse théorique est calculé sur la base d'un ADN intègre. Or, il nous faut considérer la molécule d'ADN comme constamment endommagée [3].

D'une part, la plupart des cellules humaines vivent en effet en aérobie, leur ADN est donc soumis chaque jour et pour chacune d'entre elles à environ 103 agressions de nature génotoxique (qui fixent et modifient l'ADN) et clastogène (qui provoquent des cassures de l'ADN), émanant de sous-produits de la respiration cellulaire, les radicaux oxygénés (radical hydroxyle OH°, peroxyde d'hydrogène H2O2, ion superoxyde O2°–). De même, la structure de l'ADN est « naturellement » malmenée via des modifications spontanées de bases nucléiques (dépurinations, désaminations, méthylations, etc.).

D'autre part, les cellules épithéliales de nombreux tissus, qui recouvrent les parois d'organes exposés à l'environnement, sont sujettes à l'action d'agents extérieurs. C'est le cas du foie, soumis en particulier à l'aflatoxine B1 issue de graines et d'arachides trop longtemps stockées à l'humidité ; du côlon, exposé via l'alimentation aux hydrocarbones aromatiques polycycliques (HAP) ou aux amines hétérocycliques (AHC), comme le phénylimidazo-pyridine (PhIP), molécules générées, par exemple, par la viande grillée ou des aliments organiques cuits à trop haute température ; du poumon (HAP issus de la pollution ou de la fumée de cigarette, comme le benzopyrène) ; et de la peau (rayonnement UV solaire). Ces agents extérieurs peuvent aussi provenir de la pression thérapeutique antitumorale, la grande majorité des stratégies utilisées en l'espèce ciblant en effet l'ADN (agents alkylants, antimétabolites, inhibiteurs d'ADN topo-isomérases, rayonnements, etc.).

3R

Le maintien, au cours du temps et des divisions cellulaires, de la stabilité du génome dépend principalement de l'efficacité de gènes dits des « 3R », codant pour protéines impliquées dans les mécanismes de Réplication, Réparation et Recombinaison de l'ADN endommagé [4].

Premier R

Le premier R (réplication) recouvre notamment dix ADN polymérases qui ont été découvertes, à l'exception de Pol β, ces dix dernières années (Pol β, κ, λ, ι, η, ζ, ν, θ, μ, Rev1). Ces enzymes sont mutagènes et spécialisées dans la réplication de lésions de l'ADN. La plus connue d'entre elles est Pol η, capable de répliquer un des deux types de dommages induits par les rayons UV solaires (le plus dangereux, le dimère cyclobutane de thymidines), et dont l'absence conduit à une forte incidence de cancers cutanés chez une sous-population d’« enfants de la Lune » (Xeroderma pigmentosum [XP] variant), condamnés à vivre la nuit ou dans un environnement protégé [5].

Deuxième R

Le deuxième R (réparation) sous-entend la RMM de bases (par exemple G/T) mais aussi l'excision de bases modifiées ou de dommages capables de tordre la double hélice de l'ADN, comme ceux provoqués par les UV ou les agents alkylants antitumoraux (par exemple les dérivés du platine).

Troisième R

Le troisième R (recombinaison) permet des échanges génétiques par exemple entre les chromatides sœurs, qui facilitent ainsi le « contournement » et la tolérance par la cellule de lésions capables de bloquer (appelées « non codantes ») l'avancée des ADN polymérases.

Les gènes des 3R jouent donc un rôle de « gènes de ménage » (housekeeping) garant de la « propreté », de l'intégrité de l'ADN. Ils sont aussi appelés « gardiens du génome ». Leur expression est perturbée dans les cancers, par exemple celui du côlon [6]. Des souris transgéniques exprimant une forme mutante de l'acteur principal de la réplication, l'ADN polymérase δ, alors dépourvue de son activité « proofreading », développent ainsi toutes des tumeurs malignes, incluant des lymphomes, des carcinomes et d'autres formes rares de cancers [7]. Un consortium de laboratoires académiques et cliniques du cancéropôle Grand Sud-Ouest, que j'anime, a aussi montré pour la première fois une association très significative entre l'expression d'une ADN polymérase, Pol θ, et le pronostic vital d'un cancer, celui du sein (brevet CNRS #09306096.0 du 13 novembre 2009). Une déficience génétique dans un gène de la RMM (MLH1, PMS1, etc.) est par ailleurs associée au cancer héréditaire du côlon non polyposique (HNPCC), et il en va de même pour les gènes impliqués dans la recombinaison des cassures de l'ADN cassé (BRCA1, BRCA2) et la forme familiale du cancer du sein [8, 9].

Cellules souches cancéreuses

L'impact de la stabilité du génome sur la progression tumorale doit aussi être ici abordé à la lumière de récentes découvertes concernant le rôle de cellules souches dites « cancéreuses » (ou cancer stem cells) dans l'émergence d'un « phénotype mutateur ». Il est admis que les tumeurs solides (au moins celles issues du sein ou du cerveau) et les leucémies présentent une hétérogénéité cellulaire et abritent des sous-populations de cellules aux capacités très similaires à celles des cellules souches adultes [10, 11]. Si les cellules épithéliales différenciées sont pour la plupart rapidement éliminées, car exposées aux dommages génotoxiques de l'environnement (les kératinocytes meurent en 20 à 30 jours, les cellules du côlon en cinq à sept jours), ces cellules progénitrices sont en revanche par définition immortelles, possèdent la capacité de s'autorenouveler et de « répliquer » donc de façon ininterrompue leur ADN. Lorsqu'elles ne sont pas protégées par un compartiment physiologique, elles sont ainsi sujettes à une mutagenèse réplicative élevée. L'expression dirigée dans des cellules souches kératinocytaires de l'oncogène ras, qui in fine provoque un déséquilibre de l'expression des gènes de la réplication et un « stress réplicatif », induit ainsi le développement de carcinomes chez la souris, alors que l'expression de ras dans les kératinocytes différenciés ne provoque que l'apparition de papillomes bénins [12]. Autre exemple : la leucémie myéloïde chronique (LMC) est provoquée par l'expression d'un néogène transformant qui est issu d'une translocation entre les chromosomes 9 et 22 (chromosome de Philadelphie). Or, cette marque oncogénique est observée non seulement dans la lignée lymphoïde (lymphocytes B et T), mais aussi dans la lignée myéloïde (neutrophiles, granulocytes, érythrocytes, mégacaryocytes, etc.), suggérant fortement que l'anomalie génétique initiale a eu lieu dans les cellules couches pluripotentes, mères de l'ensemble des cellules hématopoïétiques (Goldman et Melo 2008).

Puisque ces cellules souches cancéreuses sont sujettes aux mutations, du fait, comme nous l'avons écrit, qu'elles répliquent fréquemment leur ADN et sont immortelles, celles-ci ont a contrario développé des systèmes de protection et de maintenance du génome [13]. Elles surexpriment ainsi la protéine MDR1 (multi-drug resistance 1), une pompe membranaire capable d'expulser de la cellule les molécules affines pour l'ADN. Par ailleurs, les cellules souches se localisent souvent dans des compartiments cellulaires particuliers (par exemple des muqueuses), protégées ainsi de l'attaque de composés mutagènes de l'environnement. Enfin, elles semblent capables de réparer très efficacement certains dommages à l'ADN, comme les cassures provoquées par des radiations [14, 15]. Ces propriétés suggèrent malheureusement qu'une grande part de l'arsenal thérapeutique, qui cible majoritairement l'ADN tumoral, est inefficace vis-à-vis des cellules souches tumorales. Elles ouvrent toutefois la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant spécifiquement les propriétés de ces dernières, qui pourraient déboucher sur des molécules plus efficaces contre la recrudescence tumorale ou la génération de foyers secondaires.

L'inflammation est mutagène

Lors d'une réponse inflammatoire, par exemple lors d'une infection du foie par les virus de l'hépatite B et C, de l'épithélium cervical par le papillomavirus humain (HPV) ou de l'épithélium gastrique par la bactérie Helicobacter, les phagocytes détruisent les cellules infectées via le « relargage » de molécules oxydantes, comme l'oxyde nitrique NO, l'ion superoxyde O2°–, l'ion hypochlorite OCl ou le peroxyde d'hydrogène H2O2 [16]. Si elles tuent la grande part des cellules infectées, ces espèces nucléophiles fixent l'ADN et provoquent aussi des mutations dans les cellules survivantes et voisines, comme l'atteste la présence massive de 8-oxoguanine (8-oxo-dG, capable de s'apparier avec l'adénine A au lieu de la cytosine C) dans et au voisinage des tissus enflammés, en comparaison des tissus sains.

Comment répondent les cellules à l'endommagement de leur génome ?

Détoxication des dommages

Avant d'atteindre leur cible (l'ADN), les composés génotoxiques oxydants peuvent être éliminés par des enzymes de détoxication [17], comme la catalase et la superoxidase dismutase (qui éliminent respectivement H2O2 et O2°–), les vitamines C et E ou encore la glutathion-S-transférase (GST), qui facilite une réaction entre la molécule ciblée et le tripeptide glutathion (acide γ-glutamique-cystéine-glycine) et qui, via son groupement SH, réduit les radicaux oxygénés les rendant non affins pour l'ADN. Nous pouvons aussi citer l'alkyltransférase (MGMT), qui permet un transfert « suicide » de groupements alkylants présents sur l'ADN vers l'enzyme elle-même, ou les dioxygénases, qui permettent l'oxydation et l'élimination spontanée, sous forme de formaldéhyde, de ces groupements alkylants. Il est à noter que ces gènes de détoxification sont généralement sous-exprimés dans les tumeurs humaines, via une hyperméthylation des îlots CpG de leurs promoteurs (ayant pour effet de perturber l'accès de l'ARN polymérase II et donc la transcription). Cette sous-expression favorise ainsi l'action mutagène de molécules procarcinogènes. À l'inverse, l'expression de formes polymorphiques de ces enzymes peut aussi altérer l'efficacité de traitements thérapeutiques. Parmi des patientes atteintes de cancers du sein et traitées par radiothérapie et traitements alkylants (doxorubicine et cyclophosphamide), celles qui expriment une GST sauvage meurent ainsi toutes au bout de six ans, alors que celles n'exprimant pas la forme sauvage mais un allèle mutant survivent aux deux tiers après huit ans [18] !

Signalisation des dommages

Les dommages à l'ADN génèrent un signal nucléaire induisant l'activation d'un point de contrôle du cycle cellulaire (DNA damage response ou DDR), induisant l'arrêt temporaire de celui-ci, à des fins de réparation de l'ADN endommagé, et le cas échéant de déclenchement de l'apoptose [19, 20]. Les protéines kinases ATM et ATR sont alors recrutées au niveau des dommages (respectivement, les cassures double brins de l'ADN ou les portions simple brins de l'ADN générées par un arrêt ou un ralentissement des fourches de réplication). Elles activent alors par phosphorylation d'autres protéines kinases, Chk1 et Chk2, qui inhibent l'action de kinases dépendantes du cycle cellulaire (CDKs), conduisant à des arrêts de ce cycle aux phases G1-S, intra-S ou G2-M. Parallèlement, cette double voie de signalisation ATM/ATR permet, via une modification posttraductionnelle (phosphorylation, acétylation, sumoylation, etc.) des protéines concernées, l'activation de multiples voies de réparation de l'ADN. Puisque la réparation de l'ADN est associée à la plupart des mécanismes tumoraux de résistance thérapeutique, plusieurs molécules anti-DDR, comme par exemple des inhibiteurs de Chk1 qui facilitent la radiosensibilisation de tumeurs, sont en cours de développement clinique [21].

Réparation des dommages

La réparation par excision de bases ou REB [22] est initiée par une batterie d'ADN glycosylases spécifiques qui excisent la base altérée de la chaîne désoxyribonucléosidique. Le sucre correspondant est ensuite incisé en 5’ par une endonucléase nommée APE. Ensuite l'ADN polymérase spécialisée Pol β, à la double action AP lyase (incision du sucre en 3’) et ADN « insertase », achève généralement l'excision du désoxyribose associé à la base modifiée tout en permettant l'insertion d'un nucléotide correct en lieu et place du nucléotide endommagé. Enfin, une ADN ligase achève le processus de réparation. La REB concerne essentiellement la réparation de lésions dues à des sources endogènes (désamination de bases, pertes de bases, bases oxydées, cassures simple brins de l'ADN, etc.). En ce sens, il s'agit d'un phénomène physiologique essentiel, et il n'est pas surprenant de constater qu'aucun cancer n'est associé à ce jour à des mutations dans des gènes du REB [17] (tableau 1).

Il n'en est pas de même pour la réparation par excision de nucléotides ou REN qui concerne les dommages dits « encombrants » capables de modifier et de « tordre » la structure double hélice de l'ADN [23]. Il s'agit par exemple des dimères de pyrimidines induits par les UV solaires, les médicaments alkylants utilisés en chimiothérapie, comme les dérivés du platine, mais aussi l'aflatoxine, les AHC, les HAP précédemment évoqués. La REN peut être subdivisée en deux voies : l'une appelée réparation couplée à la transcription (RCT), qui concerne le brin « codant » de l'ADN (celui concerné par l'action transcriptionnelle de l'ARN polymérase II) et plus généralement la partie codante du génome (5 à 10 % de l'étendue totale). La seconde voie REN prend en charge le reste du génome (réparation globale du génome [RGG]). Une douzaine de protéines participent à cette voie de RGG, conduisant à la reconnaissance, à l'incision puis à l'excision des dommages et du brin d'ADN qui porte le dommage.

Les gènes de la voie RGG étant sous le contrôle de p53, l'instabilité génétique inhérente aux tumeurs déficientes pour p53 s'explique grandement par un défaut de la REN. Une déficience génétique dans un gène de la RGG est par ailleurs associée au syndrome XP, caractérisé par une incidence 1 000 fois supérieure à la normale de cancers cutanés (100 000 fois pour le carcinome de la langue). Les cancers de la peau apparaissent alors à un âge médian de huit ans pour les patients XP (50 ans dans la population générale). Contrairement à la voie RGG, des déficiences génétiques dans la voie RCT concernent des maladies du développement, comme le syndrome de Cockayne ou la trichothiodystrophie, qui ne sont pas associées à une incidence tumorale accrue. En effet, une déficience de la voie RCT provoque un retard d'expression de plusieurs gènes endommagés, notamment au cours du développement, mais n'affecte pas la réparation globale des dommages du génome.

XP a été le premier syndrome humain associant un risque élevé à développer des cancers et une déficience dans la réparation de l'ADN. Plusieurs autres syndromes ont ensuite été découverts.

Un premier est le HNPCC, qui recouvre 2 à 3 % des cas de cancers colorectaux. La progression tumorale de l'adénome au carcinome, estimée de huit à dix ans dans la population globale, est réduite à deux-trois ans dans le cas du HNPCC. La majorité des patients HNPCC sont concernés par des mutations germinales dans des gènes qui gouvernent la RMM, phénomène postréplicatif de correction de mutations [24], mentionné plus haut. Ces gènes sont généralement MSH2, MLH1, MSH6 ou PMS2. Les erreurs de réplication étant fréquentes au niveau des séquences répétées du génome, comme les séquences « microsatellites », une simple PCR multiplex permet de déterminer l’« instabilité des microsatellites », alors très généralement associée à un défaut de RMM. Un tel défaut conduit à l'accumulation de mutations, pouvant affecter plusieurs gènes participant à la progression tumorale, comme le récepteur du facteur de croissance antimitotique TGF-β. Ce test moléculaire permet donc de diagnostiquer la maladie chez des patients à l'histoire familiale concordante.

Un deuxième cancer associé à un défaut de réparation de l'ADN est celui du sein, sous sa forme familiale. Soixante-dix à 80 % de ses cas sont dus à des mutations germinales dans les gènes BRCA1 ou BRCA2. Ces deux protéines interviennent principalement dans la réparation par recombinaison homologue (RRH) des cassures de l'ADN. Cette réparation s'effectue via un échange postréplicatif entre une chromatide cassée et sa chromatide sœur intègre [25]. Elle permet ainsi de restaurer l'intégrité de la chromatide lésée. BRCA1 et BRCA2 facilitent l'invasion, gouvernée par l'ADN « recombinase » Rad51, de la chromatide intègre par l'ADN endommagé, mais aussi l'évacuation de Rad51 pour que cette protéine cruciale puisse être régénérée et agir sur d'autres cassures. L'absence de BRCA1 ou de BRCA2 conduit donc à une accumulation de cassures de l'ADN et à un phénotype mutateur protumoral. Le dépistage de la pathologie par ce nouveau test moléculaire pose d'ailleurs un problème déontologique médical, puisque les femmes concernées doivent être suivies très fréquemment via des mammographies, qui, elles-mêmes, génèrent des cassures de l'ADN non réparées du fait de l'absence même de BRCA1 ou de BRCA2…

La réparation des cassures de l'ADN, responsable majeur des phénomènes de radiorésistance, est aussi pilotée par une seconde voie, celle de la jonction des extrémités non homologues (JENH) [26], qui n'est pas associée à des formes héréditaires de cancers, probablement parce que les déficiences dans les gènes de ce mécanisme (DNAPK, KU, Ligase IV, XRCC4, Artemis, etc.) entraînent préférentiellement et plus précocement un défaut de la recombinaison VDJ (qui est régie par le même processus) et donc du système immunitaire (syndrome SCID des « enfants bulles »). En revanche, un défaut de JENH est très probablement lié à la survenue d'anomalies chromosomiques (translocations, délétions, inversions, etc.), « signatures » des cancers hématopoïétiques.

L'observation d'une autre maladie rare et orpheline, l'anémie de Fanconi, a aussi permis de découvrir des mécanismes dits « de ménage », qui concernent l'ensemble de nos cellules et toute la population [27]. Outre une incidence tumorale accrue, cette maladie se caractérise en effet par une hypersensibilité aux agents « pontants » l'ADN [28], c'est-à-dire capables de lier de façon covalente les deux brins de l'ADN (cis-platine, melphalan, cyclophosphamide, mitomycine C, psoralène, moutardes azotées, etc.). Les 13 protéines correspondantes aux 13 groupes de complémentation de la maladie forment, suite à un endommagement de l'ADN, un complexe (dit de Fanconi), auquel appartiennent BRCA2 et un partenaire de BRCA1 (FANC J), qui semble contrôler de multiples mécanismes nécessaires à la réparation des lésions « pontantes » comme le maintien de la stabilité des fourches de réplication bloquée au niveau de ces lésions non passantes, la RRH ou la synthèse d'ADN au travers de la lésion.

Tableau 1 Voies de réparation de l'ADN endommagé, maladies et stratégies adjuvantes associées.

Types de dommages

Exemples de dommages

Acteurs moléculaires (exemples)

Maladies associées

Inhibiteurs (stratégies adjuvantes antitumorales)

Réparation des mésappariements de bases (RMM)

Mésappariements de bases

Mésappariement G/T

MLH1, MSH2, PMS1, PMS2

Cancer héréditaire du côlon non polyposique (HNPCC)

Réparation par excision de bases (REB)

Bases endommagées (oxydées, alkylées, modifiées etc.) Sites abasiques Certains mésappariements Cassures simple brins de l'ADN

8-oxo-guanine Sites abasiques Uraciles Lésions induites par la radiothérapie Antimétabolites (5-FU, analogues folates, thiopurines)

ADN glycosylases, APE1, Pol b, PARP1, PARP2, PNK

Ataxie-apraxie oculomotrice

Inhibiteurs PARP

Réparation par excision des nucléotides (REN)

Adduits « encombrants » (distordant l'ADN)

Lésions UV Chimiothérapie alkylante (dérivés platine, témozolomide, nitrosourée, moutardes azotées)

Protéines XP, ERCC1, CS1, CSB, TFIIH, Pol k

Xeroderma pigmentosum, syndrome de Cockayne Syndrome de sensibilité aux UV (UV-SS) Trichothiodystrophie

Terminateurs de chaîne (inhibition synthèse d'ADN réparatrice) Inhibiteurs protéasome

Réparation par recombinaison (RRH/JENH)

Cassures de l'ADN Fourches de réplication arrêtées

Lésions induites par la radiothérapie (cassures de l'ADN) Inhibiteurs d’ADN topo-isomérases (camptothécines, étoposide, anthracyclines)

ATM, ATR, Chk1, Chk2, KU, DNAPK, XRCC4, Rad51, Rad52, Rad54, BRCA1, BRCA2, Pol m, Pol l, Pol h

Ataxie télangiectasique Syndrome de Nijmegen

Inhibiteurs de la signalisation des dommages (Chk1) Inhibiteurs de DNAPK

Réparation par recombinaison et excision (voie de Fanconi)

Pontages interbrins (reliant les deux brins de l'ADN)

Mitomycine C Moutardes azotées Irradiation

Protéines FANC, BRCA2

Anémie de Fanconi

Tolérance des lésions

Adduits de l'ADN Lésions intrabrins

Tout type de dommages

ADN polymérases TLS (Pol b, k, h, z, etc.) BLM, WRN, Pol z, Rad51

Xeroderma pigmentosum variant Syndromes de Werner et de Bloom

Inhibiteurs des ADN polymérases TLS

Tolérance des dommages (ADN Pols et cancer)

Énergétiquement, la réparation dite « vraie », c'est-à-dire suivie d'un « retour à l'état antérieur » à l'endommagement de l'ADN, est davantage consommatrice d'énergie pour la cellule qu'une simple « tolérance » de la lésion (illustrée par une persistance et une dilution de celle-ci au cours des divisions cellulaires successives). Les bactéries induisent par exemple préférentiellement, en condition de stress génotoxique, une réponse enzymatique appelée SOS, concernant l'induction d'une vingtaine de gènes qui leur permettent de survivre aux prix de mutations [29]. Parmi les gènes SOS, trois jouent un rôle majeur : il s'agit des ADN polymérases « translésionnelles » ou TLS Pol II, IV et V. Ces enzymes permettent en effet la poursuite de la réplication en présence de lésions de l'ADN, alors que l'ADN polymérase constitutive Pol III, impliquée en absence de stress, en est incapable. Ce système SOS permet donc d'engendrer une « infidélité », un degré contrôlé de mutagenèse et de flexibilité, qui permet aux bactéries de s'adapter à l'agression environnementale.

Chez l'homme, un système équivalent existe. Il est principalement piloté par les ADN polymérases spécialisées ou TLS évoquées plus haut, qui incorporent face à la lésion des nucléotides le plus souvent erronés mais qui permettent la poursuite de la synthèse génomique et à terme la division cellulaire [30]. Ces ADN polymérases semblent être recrutées spécifiquement et à dessein au niveau du dommage soit pour faciliter le franchissement de la fourche de réplication (Pol η pour les adduits UV, Pol κ pour les adduits aromatiques, Pol ι pour les dommages oxydatifs, etc.), soit pour participer à la synthèse d'ADN après excision du dommage (Pol η, Pol λ et Pol μ après réparation d'une cassure via les voies RHH ou JENH, Pol β, nous l'avons vu, mais aussi Pol θ et Pol λ après excision d'une base endommagée (REB), Pol κ après excision de nucléotides (REN), etc.). L'expression de ces enzymes est toutefois très finement régulée, car, hors leur rôle spécifique au niveau de la lésion, elles sont excessivement mutagènes. Il semble qu'au cours de la progression tumorale, cette propriété soit « utilisée » par la tumeur naissante pour accroître son instabilité génétique et sa faculté d'adaptation dans l'organisme. L'expression de l’ensemble des ADN polymérases spécialisées humaines est, en effet, dérégulée dans plusieurs cancers [6, 31-34] soit dans le sens d'une sous-expression (altérant alors la synthèse réparatrice d'ADN et donc la réparation des dommages), soit dans celui d'une surexpression (induisant alors l'accumulation de mutations).

Les ADN polymérases TLS ne sont pas les seules enzymes responsables de la « tolérance » des lésions ; les fourches de réplication sont aussi capables, via une gymnastique moléculaire complexe générant des intermédiaires appelés chicken foot ou « hémicaténanes », de « contourner » la lésion et de poursuivre leur chemin sans excision de celle-ci. Plusieurs ADN hélicases interviennent dans ces mécanismes, une déficience génétique de celles-ci conduisant à des syndromes (Werner, Bloom, etc.) associés à un vieillissement accéléré, probablement dû à une sénescence tissulaire accrue résultant d'une incapacité cellulaire de tolérer les dommages à l'ADN.

Anomalies chromosomiques

Notre revue s'est focalisée sur les « mutations » de l'ADN, terme qui recouvre généralement les modifications de la séquence de l'ADN mais aussi les changements structuraux du génome. Nous ne devons toutefois pas ignorer qu'une modification majeure des tumeurs solides est le gain ou la perte de chromosome (aneuploïdie). Toutes les tumeurs solides d'origine épithéliale sont ainsi aneuploïdes. Au moins dans le cancer colorectal, il semble que l’« important » pour la tumeur soit en fait de favoriser l'instabilité génétique soit par mutations (tumeurs MIN pour microsatellite instability), soit par aneuploïdie (tumeurs CIN pour chromosome instability). En effet, les tumeurs MIN développent peu de CIN, et réciproquement [35]. Le débat entre spécialistes qui concerne la question de l'impact de l'instabilité génétique, qu'elle soit CIN ou MIN, dans la progression tumorale est « sensible » ; plus généralement, la question est de savoir si l'instabilité génétique est un moteur ou bien une conséquence de l'hyperprolifération tumorale [36]. L'idée peu à peu admise est que lorsque certains gènes « gardiens du génome », impliqués dans la partition chromosomique ou le point de contrôle de la mitose sont touchés, comme BUB1, MAD1/2, ATM, Aurora ou CHFR, l'instabilité CIN se met en place et confère un avantage sélectif de croissance (il est possible in vitro de transformer une cellule en modifiant cinq à dix gènes suppresseurs de tumeurs et/ou proto-oncogènes cruciaux [37]). La tumeur n'a alors « pas besoin » d'instabilité de type MIN (mutations). En revanche, si l'accumulation de mutations ne concerne pas ces gènes là, celle-ci se poursuit (sous la forme MIN) jusqu'à conférer à la cellule un phénotype tumoral. Il est à noter qu'une étude sur le mélanome a montré que les gènes des 3R sont moins dérégulés dans une tumeur primitive ayant engendré des métastases que dans des tumeurs n'ayant pas essaimé [38]. L'idée intéressante est de considérer alors l'instabilité génétique (CIN et/ou MIN) comme une condition nécessaire à l'établissement d'une tumeur maligne, mais qu'une certaine stabilité est requise pour qu'ensuite les foyers secondaires puissent proliférer dans l'organisme. Cette hypothèse expliquerait la résistance thérapeutique des tumeurs secondaires vis-à-vis d'agents ciblant l'ADN.

Discussion et perspectives

Depuis l'apparition des premières cellules, il y a 3,5 milliards d'années, les organismes vivants ont évolué en tentant de conserver un fragile équilibre entre, d'une part, une préservation « trop fidèle » de la structure génomique, qui empêcherait non seulement toute flexibilité et tolérance vis-à-vis des dommages spontanés ou environnementaux de l'ADN, mais aussi la nécessaire diversité génétique darwinienne de l'espèce, et d'autre part une variabilité trop importante, source de cancérogenèse et de vieillissement accéléré. Chez les bactéries, le « système mutagène SOS » contribue majoritairement à l'établissement de cet équilibre (figure 2). Dans les cellules humaines, cet équilibre semble maintenu par les processus de réparation caretakers (gardiens du génome) illégitimes (mutagènes) ou non, décrits dans cette revue. Les ADN polymérases mutagènes TLS pourraient en être des représentants majeurs.

Au cours de la progression tumorale, cet équilibre est très sûrement rompu au profit d'une accumulation accélérée de désordres génétiques. Plusieurs hypothèses ont été proposées pour expliquer la mise en place d'un tel « phénotype mutateur » [3]. Les fréquentes altérations du gène p53 mais aussi de ses « cousins » p63 ou p73, connus pour réguler des voies de réparation comme la REN, peuvent expliquer l'incapacité tumorale à réparer les dommages de l'ADN et donc l'accroissement de l'instabilité génétique. Ce chaos génétique provient sûrement aussi grandement de la « sénescence réplicative », un phénomène associé au raccourcissement des chromosomes, qui sont alors reconnus « par erreur » comme des « cassures de l'ADN » et sont objets de fusions anarchiques des chromosomes, deux à deux, via la voie JNHE évoquée plus haut. Ces jonctions conduisent alors inévitablement en mitose à des ségrégations anormales et à une aneuploïdie.

En résumé, l'idée communément admise, à l'heure actuelle, est que l'acquisition d'un phénotype tumoral passe par deux chemins :

  • d'une part, la survenue de quelques mutations dans des gènes clés, « gardiens » de la structure du génome (gènes des 3R ou caretakers), qui vont alors jouer un « effet de levier » et provoquer une déstabilisation générale de ce génome (figure 3) ;
  • d'autre part, un « brouillage » global du génome (scrambling) dû à des fusions télomériques ou bien une déficience de gènes garants de la division cellulaire (gatekeepers).

Très récemment, de nouveaux travaux, particulièrement intéressants, ont renforcé ce modèle. Les laboratoires de J. Bartek et T. Halozenetis ont, en effet, parallèlement montré que les cellules issues de tissus précancéreux (hyperplasiques) étaient déjà le siège d'une instabilité génétique intrinsèque, illustrée par des cassures en des sites dits « fragiles » du génome [39-41]. Ils montrent aussi que ces cassures induisent l'activation du point de contrôle DDR et donc l'inhibition de la réplication de l'ADN. Cette instabilité génétique latente, appelée « stress réplicatif », jouerait donc un rôle « suppresseur de tumeurs » naturel. Elle permettrait donc à nos cellules de contrôler sans cesse leur prolifération. En revanche, la pression de sélection contre le point de contrôle deviendrait alors si intense que dans certaines cellules, à terme, elle entraînerait des mutations dans les gènes gouvernant cet arrêt cellulaire (ATM, ATR, Claspine, Chk1, Chk2, p53, Cdc25A, Cdk2, etc.). Plus rien n'autoriserait alors la cellule à réfréner ses divisions en présence de dommages à l'ADN, et la progression tumorale poursuivrait alors sa route (figure 3).

L'instabilité génétique inhérente à quasiment toutes les cellules cancéreuses peut être utilisée à l'avenir et a contrario contre celles-ci, dans une stratégie de thérapie individualisée ou « à la carte ». Le plus bel exemple est illustré par le traitement de tumeurs du sein BRCA2–/– par des inhibiteurs de la protéine PARP, un acteur de la réparation des cassures simple brins de l'ADN (REB). Ces cassures deviennent, en effet, alors rapidement « double brins », et comme les cellules concernées, en absence de BRCA2, sont incapables de promouvoir la RRH de ces cassures, celles-ci meurent rapidement, d'un « trop plein » d'instabilité génétique, conformément au modèle présenté (figure 2). Le tableau 1 signale l'utilisation d'autres stratégies adjuvantes destinées à réduire de façon semblable la capacité résiduelle des cellules cancéreuses à réparer leur ADN, afin d'exacerber le chaos génétique et de générer la mort cellulaire.

Les modèles proposant un rôle moteur de l'instabilité génétique sur la cancérogenèse ont été pour la plupart élaborés grâce à, ou plutôt à cause de, l'existence de syndromes génétiques rares (XP, HNPCC, anémie de Fanconi, etc.) associée à des mutations germinales dans des gènes de réparation de l'ADN. La perte ultérieure par perte d'hétérozygotie (LOH) de l'allèle restant et intègre conduit alors, dans les cellules somatiques, à la perte du gène « gardien » du génome et à un phénotype mutateur et tumoral précoce. Il est d'ailleurs intéressant, d'un point de vue socio-économique, de remarquer que l'étude, par quelques laboratoires opiniâtres, de maladies rares et orphelines, a permis la découverte de processus universels qui maintenant intéressent un bien plus grand nombre de laboratoires et aussi l'industrie pharmaceutique…

Il ne faut toutefois pas réduire la progression tumorale à ce seul moteur génétique. En effet, d'autres paramètres interviennent nécessairement pour expliquer qu'une déficience dans des gènes de « ménage » présents dans toutes nos cellules, comme ceux impliqués dans la réparation des cassures de l'ADN (BRCA1, BRCA2, BARD1, BACH1), la synthèse au travers d'un dommage (Pol η) ou la RMM (MLH1, PMS1, etc.) provoquent un seul type de cancer héréditaire (respectivement du sein, de la peau, du côlon) et non pas comme attendu des cancers généralisés. Ainsi, les souris mimant HNPCC (déficientes pour un gène de RMM) développent de multiples cancers mais pas des cancers colorectaux. De même, les souris porteuses d'une déficience dans BRCA2 ne développent pas préférentiellement des tumeurs mammaires. L'environnement et la régulation hormonale sont donc, bien entendu, prépondérants dans l'initiation et la progression néoplasiques. Il serait ainsi intéressant de nourrir nos souris HNPCC par quelque alimentation surcuite ou oxydante dont nous raffolons et d'observer probablement que cette ingestion modifie la localisation des tumeurs générées…Conflits d'intérêts : aucun.

Références

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