ARTICLE
Auteur(s) : S
Dolbeault1,2,3, A Brédart1,4
1Institut Curie Paris, F-75005, France
2Inserm, U669, Paris, France
3Université Paris-Sud, Université Paris-Descartes,
UMR-S0669, Paris, France
4Laboratoire de psychopathologie
et de neuropsychologie clinique, Université Paris-V,
Paris, France
Article reçu le 1 Decembre 2009, accepté le 3 Juillet 2010
Comme toutes les annonces de maladies potentiellement graves ou
susceptibles d'engager le pronostic vital, l'annonce du diagnostic
de cancer représente un moment clé dans le cheminement du sujet qui
va intégrer un parcours de soins dont les patients et leurs
accompagnants se souviennent longtemps, et qui va initier, parfois
même sceller, le mode de relation avec le médecin.
Le caractère grave, intense, souvent douloureux de l'annonce
ne peut être occulté ou dénié, et il s'agit d'une caractéristique
intrinsèque à la problématique de l'annonce d'une mauvaise
nouvelle. Cela est vrai pour l'individu qui reçoit la nouvelle
comme pour le professionnel qui a la charge de délivrer ce message.
En revanche, les circonstances dans lesquelles se déroule cette
annonce sont déterminantes. « Réussir » ce moment fort sur le plan
relationnel peut s'avérer d'une aide considérable pour la suite de
la prise en charge du patient. À l'inverse, une annonce réalisée
dans des conditions jugées difficiles, périlleuses, voire parfois
traumatiques du point de vue du médecin et/ou pour le patient, peut
compliquer l'établissement d'une relation de confiance entre eux.
Pour les deux protagonistes de cet échange, le risque de séquelles
traumatiques existe [1].
S'il s'agit d'une étape symboliquement si importante pour le
patient, c'est qu'elle représente un véritable acte thérapeutique
en elle-même, dont la portée dépasse souvent largement ce que les
professionnels peuvent en concevoir.
Cette étape de l'annonce est décrite ici au moment de l'entrée
dans la maladie, mais cette description pourrait s'appliquer tout
autant à bien d'autres moments du parcours du patient, et l'on sait
la quantité d'annonces que le « binôme » ainsi constitué du médecin
référent et de son patient va être amené à partager au fil de la
prise en charge. Ainsi, annonce d'un traitement lourd ou mutilant,
annonce de séquelles irréversibles, annonce d'une récidive ou de
l'absence de traitements étiologiques restants, mais aussi annonce
de la fin de la prise en charge dans le milieu spécialisé
représentent autant de moments forts de cette relation, dont
l'impact en termes de vécu subjectif sera souvent fort, pour
le patient concerné tout autant que pour le médecin [2,
3].
Le développement proposé ici dans le contexte du dispositif
d'annonce peut donc être transposé à tous ces autres moments
d'annonces de nouvelles, à tonalité objective « bonne » ou «
mauvaise » d'un point de vue strictement médical, mais toujours
chargés sur le plan émotionnel par d'autres dimensions subjectives
à l'œuvre, qu'il est utile de repérer et de prendre en compte dans
l'objectif de la meilleure adéquation relationnelle possible.
Enjeux de l'annonce, côté professionnel et côté
patient
Si l'annonce d'un diagnostic de cancer a un impact certain sur les
individus en interaction à ce moment, elle revêt cependant une
signification très différente pour le sujet qui la reçoit et pour
le médecin qui la délivre. Elle nous oblige à interroger les
mécanismes qui sous-tendent la relation, très déséquilibrée à ce
moment particulier, du médecin à son patient. En effet, alors que
le médecin s'y trouve dans un rôle actif, choisi et autodéterminé,
dans une position de savoir et avec le recours possible à ses
collègues ou à son équipe, l'individu est lui dans une situation
plus passive, subie, dont il ne contrôle en rien les tenants et les
aboutissants, et dans une situation d'isolement subjectif [3, 4].
Le sujet qui se trouve confronté à ce diagnostic traverse
souvent une phase de déstabilisation psychique, voire se confronte
à l'irruption d'une situation de détresse [5, 6] liée à ce que
lui renvoie cette découverte, dont l'intensité peut s'avérer
d'autant plus dramatique que la maladie n'est pas symptomatique et
survient sans facteur de risque. De nombreux éléments
émotionnels et cognitifs se mettent alors à ébranler le sujet :
perte subjective du sentiment d'immortalité, confrontation directe
et irréversible à la notion de finitude, d'incertitude ;
confrontation à ses représentations personnelles de la maladie et
de la mort, teintées de l'expérience du cancer acquise dans son
environnement socioaffectif ; angoisses diagnostiques et
pronostiques ; anticipation de difficultés de tolérance aux effets
secondaires des traitements et à leurs séquelles potentielles, mais
aussi des examens de surveillance itératifs qui caractériseront la
période de rémission. Mais il peut aussi s'agir d'un sentiment de
submersion par les bouleversements conséquents pour le conjoint, la
famille, les proches ; d'un vécu de marginalisation, d'isolement,
d'exclusion sociale ; d'une mise au défi de trouver de nouveaux
repères donnant sens à une vie dont les fondements vont parfois
être largement remis en cause par la maladie… Les enjeux sont
multiples et pourraient sembler infinis. Pour le patient confronté
au diagnostic de cancer, un processus vital est engagé, qui génère
une crise [6-10].
Lorsqu'il y a eu crise, l'évolution et les modalités de sa
résolution vont dépendre de nombreux facteurs, au premier rang
desquels les capacités adaptatives de l'individu en situation de
stress : comment le sujet va-t-il faire face, surmonter la vague de
désorganisation qui suit la survenue de l'événement, et à quel prix
? Quelles ressources adaptatives, internes et externes
(environnementales), sont les plus appropriées [9] ? Indépendamment
du niveau de gravité objective de l'atteinte organique, on doit
considérer cette annonce comme un événement venant menacer
psychiquement l'équilibre du sujet et qui l'oblige à réaliser ces
importants efforts d'adaptation — c'est la notion
anglo-saxonne de coping — pour intégrer ce qui vient de lui
être dit et en prendre la mesure.
Mais c'est aussi cette déstabilisation entraînée par l'irruption
du cancer et le travail d'adaptation qui s'ensuit qui peuvent
permettre au patient, avec plus ou moins de succès, de rétablir un
équilibre de vie ; passant le plus souvent par des modifications de
son fonctionnement antérieur et l'amenant à réenvisager les points
de repère qui préexistaient à l'irruption de la maladie.
Pourquoi de telles difficultés à établir
une relation à ce moment ?
Le moment de l'annonce génère un souvenir cognitif et émotionnel
précis, qui s'ancre souvent dans l'histoire du sujet d'une manière
qui se cristallise, devient indélébile. Ce vécu subjectif
semble prendre une place très particulière dans l'histoire du sujet
et colorer sa capacité à mettre en place les perspectives liées à
la prise en charge oncologique qui débute. On connaît l'impact
potentiel des premières consultations difficiles au plan
relationnel, qui peuvent générer un certain nombre de risques, tant
sur le versant somatique du fait d'une mauvaise compliance pouvant
aller jusqu'à un refus de soins, que sur le plan
psychologique — avec de fréquentes décompensations anxieuses,
dépressives, voire des réactions psychotiques ; ces troubles étant
heureusement le plus souvent transitoires [11]. Dans la majorité
des cas en effet, les patients arrivent à faire face à
l'annonce d'un diagnostic de cancer, grâce à l'attitude sensible et
au soutien du médecin ainsi qu'à l'étayage procuré par leurs
proches [12].
Alors que de nombreux dispositifs ont été testés pour améliorer
cette étape de l'annonce dans des lieux de soins, des contextes
médicaux mais aussi des cultures très diverses [13], le discours
des professionnels de santé converge régulièrement vers les notions
de subtilité et de complexité à « réussir » ce temps.
Les travaux portant sur la communication sont issus de nombreux
auteurs ayant exploré ce champ en général (Roter, Buckman, Baile)
[3, 14] ou plus spécifiquement dans le domaine de l'oncologie, tels
Faulkner, Maguire ou plus récemment Razavi ou Fallowfield [1, 2,
15, 16]. Cette vaste littérature a cherché à identifier les
obstacles rencontrés, qui viennent fragiliser, voire mettre en
péril l'instauration d'une communication de qualité, permettant le
partage de l'information et de la décision à ce moment clé de
l'annonce diagnostique. Ces obstacles sont multiples et de
natures diverses [1, 16-18]. L'un des plus proéminents semble
lié à la difficulté à communiquer autour du sentiment de détresse,
souvent présente en situation d'annonce [19]. S'y ajoutent les
difficultés de communication au sein des équipes soignantes, qui
retentissent indirectement sur le patient.
Holland a décrit trois types d'obstacles [20] : les obstacles
liés au patient, ceux inhérents au professionnel, enfin ceux liés à
l'institution soignante.
Du côté du patient
Un certain nombre de facteurs peuvent être mis en avant :
- – fréquence des perturbations de l'état émotionnel du
sujet au moment de l'annonce générant une détresse de nature et
d'intensité variable, mais qui se manifeste souvent par des
troubles anxieux pouvant aller jusqu'à la sidération psychique.
Celle-ci s'associe à une incapacité du patient à faire part de ses
sentiments, qui le submergent ;
- – crainte d'une double stigmatisation : outre le
diagnostic de cancer qui peut donner au sujet un sentiment de
marginalisation par rapport aux individus en bonne santé, la
présence d'un trouble psychopathologique pourrait représenter un
deuxième facteur d'exclusion. C'est dans ce contexte qu'un certain
nombre de patients hésitent ou se refusent à faire part du
sentiment de détresse à leur oncologue, pris dans des
représentations selon lesquelles l'évocation du trouble est un
signe de « faiblesse », voire de « folie » ;
- – tentative de contrôle de l'expression de détresse,
issue de la crainte que celle-ci ne vienne perturber négativement
la relation au médecin, constituer un poids pour le clinicien ou
entraver la prise en charge du problème somatique ;
- – conviction de pouvoir et devoir s'en sortir par
soi-même, assumer seul les conséquences émotionnelles de l'annonce
diagnostique [21] ;
- – représentations portant sur le sentiment de ne pas
pouvoir être aidé : la détresse est une conséquence inévitable de
la maladie dans laquelle le sujet se sent pris et qui n'est pas
accessible aux soins ;
- – recours par le patient à différentes stratégies
d'adaptation dont le déni ou l'évitement [22] ; adoption d'une
attitude passive, d'une absence de recherche d'informations, d'un
optimisme inadapté concernant l'évolution de la maladie ou encore
mécanisme de distorsion de l'information afin de la percevoir sous
un jour meilleur [3].
Du côté du médecin ou soignant
On identifie diverses problématiques :
- – difficulté à repérer les manifestations émotionnelles
de détresse chez leurs patients, susceptibles d'altérer la qualité
de la communication lors de ce temps d'annonce ;
- – difficulté (évitement, mise à distance des aspects
émotionnels impliqués dans la situation) à explorer cette détresse
au même titre qu'un symptôme physique [23-25] ;
- – difficulté à orienter les patients vers les experts
alors même que la détresse est reconnue [26] ;
- – crainte de devoir y consacrer beaucoup de temps alors
que les conditions de la consultation sont elles-mêmes si
contraintes ;
- – perception de sa propre incompétence à gérer les
situations émotionnelles, associée à la peur de « mal faire » ou
encore de « faire du mal » (peur d'ouvrir la « boîte de Pandore »
et ne pas pouvoir faire face aux émotions intenses de désespoir,
d'angoisse ou de colère) ;
- – peur d'être confronté à ses propres sentiments
d'impuissance ;
- – mais il peut aussi s'agir de l'idée que les patients
aborderaient ces questions si elles étaient pertinentes pour eux
;
- – enfin pour certains médecins, l'obstacle vient d'une
vision négative de l'exploration des émotions, qui viendrait
s'opposer à leur approche scientifique [27].
Du côté de l'institution
Les obstacles sont également de taille :
- – sous-évaluation de l'impact des difficultés
émotionnelles et plus globalement psychosociales des patients
;
- – sous-évaluation du bénéfice des interventions existant
dans le registre de la communication ;
- – représentation négative de la démarche psychosociale
et mise en défaut de la difficulté à en faire l'évaluation, plus
que d'autres champs de la médecine ;
- – intérêt secondaire porté à l'amélioration de la
qualité de la prise en charge relationnelle ; problème considéré
comme marginal dans le cahier des charges de l'institution ;
- – crainte du surcoût potentiel.
De ce bilan, il résulte une insuffisance ou un dysfonctionnement
de la communication interindividuelle, au moment de l'annonce comme
à bien d'autres étapes de la prise en charge. Si ces problèmes sont
largement démontrés aussi dans d'autres champs de la médecine
somatique [28], il semble qu'ils occupent une place particulière en
cancérologie, du fait d'une part du caractère de plus en plus
souvent chronique de la maladie, d'autre part de l'organisation par
essence multidisciplinaire des soins oncologiques qui rend
l'organisation des soins d'autant plus complexe [29].
Indépendamment du temps de l'annonce, ces deux caractéristiques
sous-tendent pourtant la nécessité d'interactions au long cours
entre le patient et son médecin et d'un travail de liaison
permanent entre le médecin référent et ses collègues. Si ces
éléments représentent de toute évidence une richesse, pour autant,
ils sont aussi une source de complexité supplémentaire dans
l'organisation des soins…
Ces difficultés de communication doivent être par ailleurs mises
en lien avec le décalage, constaté et largement étudié depuis des
années, entre le ressenti du patient et la perception du soignant
[30]. En effet, un grand nombre d'auteurs ont mis en évidence
l'importante divergence existant entre les besoins subjectifs
exprimés par le patient dans le registre psychosocial et de la
communication, et la capacité du médecin à les repérer [23, 31-34].
En 2005, Thorne et al. proposent une synthèse de la
littérature empirique faisant état de l'impact des insuffisances ou
dysfonctionnements de communication entre cliniciens et patients
dans différents registres : non seulement concernant le vécu
psychosocial de la maladie et des traitements, la gestion des
symptômes, les prises de décision et la qualité de vie ; mais aussi
en termes de coût médicoéconomique [35].
Une littérature en plein essor s'intéresse aujourd'hui à la
question des besoins non satisfaits des patients (unmet needs),
c'est-à-dire ceux qui sont à la fois considérés par le patient
comme importants et pour lesquels il n'obtient pas de réponse «
jugée satisfaisante » [36-38]. Les besoins en communication font
partie de ceux qui émergent au premier plan. La littérature
portant sur la satisfaction des patients à l'égard des soins
reçus en fait également largement la démonstration [39].
Comment remédier aux difficultés à communiquer
dans le temps de l'annonce ?
Si les conditions de cette rencontre font toujours de l'annonce un
moment particulier, difficile à mener et à vivre, un certain nombre
de moyens peuvent permettre au professionnel d'améliorer son
aisance dans cette situation relationnelle. Celle-ci fait partie
intégrante du quotidien du médecin oncologue dont les consultations
consistent très régulièrement à annoncer des mauvaises nouvelles.
Pour autant, elle peut être facilitée par un certain nombre de
moyens. Il en va aussi de la santé mentale du professionnel et
de sa capacité à se protéger du risque d'épuisement professionnel,
dont on sait que la difficulté à vivre les interactions difficiles
médecin-patient représente une des sources non négligeables [40].
Nous proposons ici un certain nombre de pistes de réflexion
visant l'amélioration de la qualité de la communication et de la
relation.
Permettre une interaction médecin-patient
de qualité
Si aucune « recette » ne remplace les perceptions du médecin et la
richesse que peut apporter son attitude ouverte au moment
d'interagir avec le patient dont il va faire connaissance [14, 41],
l'annonce du diagnostic de cancer peut être facilitée par une bonne
compréhension des étapes à franchir dans cette interaction.
La littérature relevant du champ de la relation médecin-malade
est aujourd'hui très abondante, et des recommandations sont issues
de ces travaux, qui donnent au médecin un fil conducteur pour
l'aider à annoncer des nouvelles difficiles, identifiant les étapes
indispensables à la réussite d'une annonce graduelle, informative
mais adaptée au savoir du malade et à ses capacités de réception,
cherchant à diminuer le risque de déstabilisation psychique à un
moment déjà chargé de l'histoire de vie du sujet. Citons-en
quelques ingrédients, qui ont été très largement décrits et
inspirent de nombreuses recommandations de bonne pratique [42-46],
mais aussi de formations à la communication dans le milieu médical
et paramédical [15, 47-50]. Il s'agit de mettre en place les
différentes étapes incompressibles de la phase d'annonce :
préparation des conditions matérielles de l'entretien et adaptation
de son langage au patient ; évaluation du niveau d'information
initial du patient ; introduction des informations médicales par
étapes, en évitant à tout prix la submersion quantitative (qui
bloque toute capacité réceptive) et en invitant le patient à poser
des questions au fur et à mesure ; reprise des émotions émergentes
chez le patient sans en avoir peur, légitimation de celles-ci, sans
entrer pour autant dans un système de consolations précoces ou de
réassurance inappropriée ; abord sans crainte du champ émotionnel
— ne pas l'évoquer sous prétexte d'incompétence ou d'un risque
de majoration de la détresse aggrave la détresse du patient et
l'empêche d'entendre la suite ! ; reformulation des dires du
patient pour vérifier que l'on est « en phase », proposition d'une
synthèse de l'entretien et anticipation des prochaines étapes. Cet
échange s'appuie sur le principe de véritables allers-retours en
termes de communication médecin-patient, permettant de vérifier à
chaque étape de la délivrance d'information où se situe le sujet,
ce qui le préoccupe et ce qu'il est en capacité ou non de recevoir.
La recherche dans ce champ a largement démontré
les bénéfices associés à la délivrance d'une information
médicale « appropriée » : elle permet de réduire l'anxiété du
patient, d'améliorer ses capacités d'adaptation et détermine une
alliance thérapeutique de meilleure qualité [2]. Pour le patient,
la compréhension de ce qui lui arrive permet une meilleure adhésion
à une proposition de soins dont il réalise l'intérêt et à laquelle
il a la possibilité de participer activement ; pour le médecin, la
bonne gestion de cette étape permet une meilleure compréhension des
questions, des attentes et des préoccupations du malade, qui lui
permet d'ajuster sa stratégie informative [1, 4, 50-52].
Coordonner les interventions et assurer
la répartition des tâches entre les différents
professionnels concernés à cette étape
La présence de multi-intervenants au moment de l'annonce représente
une richesse mais aussi une difficulté supplémentaire en termes
d'organisation, et nécessite de redoubler les efforts en termes de
coordination des acteurs. La convergence et la congruence des
messages délivrés par les différents professionnels à ce moment y
revêtent une importance toute particulière, et ce, d'autant plus
qu'ils sont plus nombreux à intervenir. Alors que l'attention
apportée à ces aspects améliore la capacité du patient à intégrer
les informations dans les meilleures conditions possibles, la
divergence des messages reçus risque inversement d'aggraver la
détresse du patient et amoindrit ses capacités cognitives.
Un des enjeux de cette coordination consiste aussi à permettre
aux professionnels de se répartir la tâche informative entre eux,
afin que chaque protagoniste ne se sente pas pris par ce besoin
irrépressible, souvent observé, de vouloir « tout dire, tout de
suite et tout seul ». À l'inverse de la consultation libérale où le
médecin est dans un réel face-à-face avec son patient, le travail à
l'hôpital sous-tend la capacité et le désir de collaborer entre
professionnels, ainsi que le renoncement à l'idée de vouloir tout
faire seul dans une tentation d'approche holistique qui risquerait
d'exclure les autres protagonistes.
La bonne connaissance des rôles de chacun des intervenants
(médecins, infirmiers, professionnels du soin de support,
professionnels de ville) et l'acceptation du principe de
répartition des tâches permettent de limiter ces dérives mais aussi
de consolider l'objectif consistant à amoindrir les oppositions
entre les différents domaines qui font la qualité de vie du patient
et de ne pas hiérarchiser ses besoins a priori. Une étude récente
menée en France montre combien cette méconnaissance peut affecter
la satisfaction du patient à l'égard de sa prise en charge
[53].
Recourir à des outils de dépistage
des besoins et d'évaluation de l'état
émotionnel
Il s'agit d'un très vaste champ de recherche que nous ne pouvons
détailler ici. Citons-en seulement les grands principes.
L'aide au repérage des besoins psychosociaux et en matière
d'information du patient passe sans aucun doute par la
structuration de l'entretien clinique évaluant ces domaines, mais
aussi par le recours à des outils de dépistage simples,
susceptibles d'aider les professionnels non spécialistes de ce
champ [46, 54, 55]. Cette démarche de screening consiste non
seulement à repérer les patients qu'il sera nécessaire d'orienter
vers un autre professionnel (par exemple le psycho-oncologue en
présence d'un trouble psychopathologique suspecté ou avéré), mais
aussi ceux pour lesquels le principal besoin exprimé relève d'une
difficulté de communication avec l'équipe oncologique.
Préparer la consultation médicale en recourant à ces outils
d'autoévaluation des besoins du patient permet de partir des
besoins émergents de son point de vue personnel, et non de celui du
professionnel. Cette différence d'appréhension est fondamentale.
Cette démarche n'a cependant de sens que si un certain nombre de
conditions sont réunies : l'utiliser et en faire quelque chose dans
la suite du déroulement de la consultation ; ne pas imaginer
qu'elle puisse remplacer le dialogue ; accepter le partage des
tâches avec les autres intervenants dont le recours sera envisagé
suite à cette évaluation [56].
Les outils validés utilisés comprennent principalement des
questionnaires de qualité de vie, mais aussi des questionnaires
d'évaluation des besoins — dont le développement est plus
récent —, ou plus spécifiquement pour les aspects
psychologiques, des outils de dépistage de la détresse
psychologique. L'évaluation de la qualité de vie en pratique
clinique a notamment pour objectif de promouvoir une meilleure
communication et un partage des décisions médicales entre le
patient et le clinicien ; d'évaluer l'état de santé global du
patient avant de débuter une thérapeutique et traiter les problèmes
si nécessaire ; d'identifier les sources et l'importance des
dysfonctionnements physiques, émotionnels ou sociaux, de détecter
les effets secondaires des traitements [57]. La mise en place
de ces initiatives est de plus en plus fréquente en Amérique du
Nord et en Europe et des systèmes de remboursement de soins pour ce
type de consultation intégrant l'utilisation d'outils de qualité de
vie sont à l'étude.
Accepter d'intégrer des programmes de formation
à la communication, d'entraînement aux habilités
relationnelles
L'objectif est ici d'optimiser l'effort accompli par le médecin
pour informer mieux, effort susceptible de rester stérile lorsque
la dimension émotionnelle éprouvée par le patient ainsi que les
aspects de communication qui régissent l'interaction entre le
professionnel et son patient ne sont pas pris en compte.
Ce point représente un ingrédient indispensable à la réussite
du modèle de décision thérapeutique tel qu'il est engagé. En faire
un point marginal auquel l'intuition relationnelle de chaque
professionnel suffirait à répondre représente un danger majeur,
risquant d'en annuler tous les bénéfices escomptés sur le plan
relationnel.
Pour comprendre le cheminement psychique du patient dans cette
situation d'annonce, il est fondamental d'avoir décrypté au
préalable son mode de fonctionnement psychologique habituel et les
mécanismes de défense auxquels il peut avoir recours. Mais il est
tout aussi important d'analyser, en miroir, les modalités de
réaction du médecin et ses propres mécanismes de défense. En effet,
c'est la rencontre de ces deux systèmes complexes qui permettra
d'augurer du mode relationnel qui va s'établir entre le médecin et
le patient [3, 14]. La première étape de cette démarche passe
par l'analyse des positions respectives du médecin et du patient,
de la demande effective du patient en termes d'information, mais
aussi du style communicationnel du médecin. Lorsque le médecin
connaît ses caractéristiques relationnelles principales — avec
les qualités et les défauts qui s'y associent —, il lui est
plus facile de s'ajuster au plus près des besoins relationnels du
patient [2, 29].
Leur principe consiste à donner aux médecins accès à des outils
de communication très simples, susceptibles d'améliorer leurs
capacités relationnelles avec le patient et de se sentir plus à
l'aise dans les situations difficiles d'annonce de mauvaises
nouvelles. Ces formations recourent majoritairement à des formats
interactifs s'appuyant sur des discussions de cas [58], des groupes
Balint [59], des entretiens enregistrés ou filmés (avec ou sans
acteur). Ces situations sont travaillées en petits groupes et
permettent de pointer les moments de communication délicats, de
faire des propositions d'autres manières d'interagir et
d'identifier la modalité la plus fonctionnelle pour chacun [2, 7,
51, 58]. Notons un élément majeur en termes d'impact sur le
médecin : ces formations représenteraient un facteur de réduction
du syndrome d'épuisement professionnel [60].
Développer des programmes d'éducation thérapeutique
en cancérologie
Alors que ce domaine est encore en friche dans le champ de la
cancérologie, on doit pouvoir s'inspirer des modèles d'éducation
thérapeutique développés dans d'autres pathologies somatiques
chroniques, qui aident le patient à se situer dans une relation de
partenariat plus équilibrée avec le médecin et l'équipe soignante
et favorisent sa participation aux décisions.
Ces éléments doivent être introduits dès le début de la prise en
charge [2]. Ils concernent des aspects divers dont nous ne
citons ici que quelques exemples : encourager le patient à ce qu'il
vienne accompagné lors des consultations ; l'encourager à préparer
les consultations et sa liste de questions ; lui expliquer qu'il va
recevoir beaucoup d'informations dans les premiers temps du
parcours de soins et qu'il aura diverses occasions d'y revenir ;
favoriser les supports à la communication orale, tels que des
documents écrits qui complètent la consultation ou encore leur
enregistrement audio [61].
La revue de littérature de Rodin et al. [50] a permis de
mettre en exergue les éléments les plus appréciés du patient aux
moments forts d'annonces, et sont résumés dans le tableau 1.
Tableau 1 Éléments généraux des recommandations
cliniques de bonne pratique pour la communication médecin-patient
en oncologie issus des référentiels anglais (NICE) et australiens
(NBCC) (items non hiérarchisés).
|
Recommandations générales
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Les nouvelles importantes sont communiquées par un clinicien
senior
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Des soins de support sont disponibles
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La consultation peut se dérouler dans un cadre adéquat
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Des ressources sont disponibles pour communiquer avec
des patients de langue ou culture différentes
|
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Les préférences des patients en termes de souhait d'information ou
de valeurs par rapport aux caractéristiques des traitements sont
sollicitées
|
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L'annonce de mauvaises nouvelles est réalisée au bon moment et avec
authenticité
|
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La possibilité d'entretien postconsultation existe
|
|
L'institution propose des formations à la communication
|
|
Le patient peut recevoir un enregistrement de sa consultation
|
Organiser le déroulement pratique de cette étape
de l'annonce. Exemple d'un dispositif d'annonce : bénéfices
attendus et limites
L'importance à accorder au temps de l'annonce initiale du
diagnostic de cancer a été légitimée par le premier Plan cancer et
a permis de tester un processus de dispositif d'annonce dans un
certain nombre de structures de soins « pilotes », dont l'institut
Curie a fait partie. Pour illustration, nous montrons ici un modèle
de structuration des étapes de l'annonce diagnostique, mis en place
au moyen d'une consultation de décision thérapeutique ciblant des
patients atteints de cancer de différents types. Dans les sept à
dix jours qui suivent la consultation d'annonce du diagnostic
définitif par le chirurgien — période durant laquelle les
examens complémentaires nécessaires sont réalisés —, le
patient est invité à se rendre à cette consultation
multidisciplinaire. Il y rencontre dans la même demi-journée
le chimiothérapeute, le radiothérapeute puis une infirmière du
plateau de consultations dédiée à cette consultation. En amont du
temps de consultation, les spécialistes ont pu étudier le dossier
médical du patient et discuter de la meilleure stratégie
thérapeutique à adopter. Il rencontre successivement les deux
médecins spécialistes qui présentent tour à tour le traitement
envisagé, en expliquent les bénéfices escomptés, les avantages et
les inconvénients, les modalités de déroulement. À l'issue de ces
deux consultations, le patient est reçu par l'infirmière qui, au
cours d'un entretien partiellement structuré, va reprendre les
éléments d'information remis, en vérifier la bonne compréhension,
répondre aux questions supplémentaires du patient et réaliser une
évaluation de ses besoins psychosociaux. Cette étape sera complétée
dans les jours qui suivent par la rencontre d'autres professionnels
qui lui remettront des informations supplémentaires, notamment lors
de l'entretien d'accueil à l'hôpital de jour de chimiothérapie, et
ultérieurement à la consultation d'accueil de radiothérapie. Chaque
fois que la décision thérapeutique ne relève pas
d'une situation décrite par nos référentiels, le dossier
médical est présenté en réunion de concertation pluridisciplinaire.
Médecins et soignants s'appuient souvent sur des documents
écrits remis à l'issue de ces consultations, permettant au patient
de retrouver et de compléter les principales informations données
oralement. Notons par ailleurs que celui-ci est régulièrement
encouragé à venir accompagné d'un proche.
Cette organisation a fait l'objet d'une évaluation dans les
différents centres qui l'ont appliquée [62].
La structuration du temps d'annonce offre un certain nombre
d'avantages, repérés tant par le patient et son proche que par le
médecin ou l'infirmière concernée. Sur un plan pratique d'abord :
le patient n'est mobilisé qu'une fois, il reçoit l'ensemble des
informations le même jour et repart en principe de cette
consultation de décision thérapeutique avec son programme de soins
personnalisé, en ayant déjà fait connaissance avec les médecins qui
seront amenés à le prendre en charge. Il importe de souligner la
quantité d'informations, à la fois médicales et organisationnelles,
qui lui sont remises dès ce jour. Cependant, la structuration
multidisciplinaire de ce temps d'annonce oblige les professionnels
à s'organiser entre eux pour élaborer une vision commune
du traitement offert à leur patient(e). Elle oblige à
améliorer la cohérence des informations respectives remises par les
différents professionnels, ce qui passe par une coordination
explicite entre les médecins responsables du traitement et par une
répartition précise des rôles de chacun. La décision
thérapeutique est consignée de façon multidisciplinaire dans le
dossier médical, ce qui en permet la traçabilité. Elle permet au
patient et à son proche d'anticiper dès ce moment la stratégie
globale des soins. Elle lui donne en principe du temps pour réagir
et poser des questions au fur et à mesure de la consultation.
Le temps infirmier organisé à l'issue du temps médical
peut être l'occasion de repérer ses besoins psychosociaux et de
l'orienter vers d'autres professionnels issus du champ des soins de
support, en bonne coordination et complémentarité avec les médecins
référents pour le traitement spécifique. Enfin, on ne peut omettre
la facilitation par cette organisation de l'inclusion des
patients dans des essais thérapeutiques.
Ce modèle entraîne très probablement une amélioration globale de
la qualité des soins reçus et de la satisfaction des patients qui
en bénéficient. Pour autant, il nous oblige à en évaluer en
parallèle les limites. Nous insisterons ici sur trois d'entre
elles. Il s'agit en effet d'un modèle très centré sur
l'information remise au patient et à son proche.
En premier lieu, rappelons qu'informer n'est pas synonyme de
communiquer ; et l'enjeu de cette consultation de décision
thérapeutique est bien là : transmettre au sujet les informations
nécessaires à une bonne compréhension de son état de santé et de
ses besoins de soins ; tout en vérifiant pas à pas sa capacité à
intégrer les informations « brutes » pour les faire siennes,
l'absence d'obstacle d'autre nature qui l'empêcherait d'accéder à
la proposition thérapeutique et freinerait sa coopération, voire sa
compliance au projet de soins établi pour lui. Or, on connaît bien
les risques de dérives émanant des deux partenaires : du côté du
patient, le risque de submersion lié à un trop-plein d'informations
ou à un décalage trop important entre les agendas respectifs du
médecin et de son patient, à risque de générer de grands
malentendus. Du côté du médecin, sa tendance à se « réfugier » dans
un processus exclusif de remise d'informations, lorsque la
confrontation avec un patient dans sa globalité, susceptible
d'exprimer sa détresse, la perte de repères, le sentiment de
vulnérabilité, la mise en déroute de son projet de vie représente
un trop grand danger relationnel pour lui.
Autre point à souligner, cette modalité d'organisation reste
encore très « traditionnelle », laissant aux professionnels
l'entière responsabilité en matière de décision thérapeutique, en
amont de la rencontre. On est donc encore loin des modèles
émergents de décision partagée — ou informée — où une
place importante est laissée au patient pour faire connaître ses
valeurs et ses préférences, lorsque toutefois une alternative entre
différents traitements est envisageable [63].
Enfin, dans le déroulement de cette consultation de décision
thérapeutique, on peut souligner la persistance d'un clivage entre
les aspects physiques objectifs abordés par les médecins et les
aspects psychologiques et sociaux laissés à l'appréciation de
l'infirmière, elle-même étant plus ou moins formée à l'appréhension
de ce type de besoins. Or, en principe, la hiérarchie des besoins
du patient ne répond pas à notre classification médicale
habituelle, qui donne toujours la priorité aux symptômes physiques
au risque de sous-estimer, voire d'occulter des symptômes ou
difficultés d'autre nature (psychologique, sociale, matérielle,
spirituelle…). On sait pourtant bien qu'un état psychologique aigu
(troubles de l'adaptation de nature anxieuse ou dépressive,
sidération anxieuse, déréalisation, voire dépersonnalisation…),
souvent rencontré dans ce temps de l'annonce, peut mettre en péril
le bénéfice de la consultation et qu'on doit impérativement en
tenir compte pour atteindre sa cible.
C'est sans doute au prix de tous ces aménagements que le temps
de l'annonce, qui reste un moment fort, chargé sur le versant
émotionnel et dont on ne peut pas toujours atténuer le caractère
intense ou dramatique, pourra représenter l'initiation d'un
processus de soins centré sur le patient, lui donnant toute sa
place et amenant les professionnels à travailler dans la recherche
d'une cohésion et d'une articulation de leurs compétences
respectives toujours plus grandes [64].
On peut observer ces dernières années un certain nombre de
progrès dans le domaine de la reconnaissance et de la prise en
charge des difficultés de communication médecin-patient, notamment
avec la mise au point de recommandations [42-46] et la
multiplication des formations à la relation médecin-patient. En
effet, nombreux sont les ouvrages d'oncologie qui comportent
désormais un chapitre présentant les enjeux de l'approche
psychosociale en cancérologie, et les sites professionnels qui
développent des informations relevant de ce champ. L’International
Psychooncology Society (IPOS) a par exemple été à l'origine d'une
initiative de formation originale à destination des professionnels
de la cancérologie, via des conférences de psycho-oncologie
traduites en plusieurs langues et accessibles gratuitement en ligne
sur les sites respectifs de l'IPOS et de la European School of
Oncology (ESO) [65]. En France, un certain nombre de formations à
la communication sont offertes à des médecins, financées soit par
l'industrie pharmaceutique (exemple des programmes EPAC : «
Ensemble parlons autrement du cancer »), soit par les institutions
elles-mêmes. Pour autant, même si ces efforts de formation se
multiplient, ils restent modestes et surtout très hétérogènes d'un
lieu de soins à l'autre.
Conclusion
Face au retentissement émotionnel éprouvé, tant du côté du patient
que du clinicien ou de l'équipe soignante, la communication de
mauvaises nouvelles en oncologie se heurte à de nombreuses
difficultés qui risquent d'altérer la qualité de la prise en
charge, l'état de santé ou la qualité de vie du patient.
Les politiques de santé ont souligné l'importance de la prise
en compte des besoins du patient atteint de cancer au niveau de
l'information mais aussi des aspects relationnels de la prise en
charge. Différentes initiatives ont été mises en œuvre dans la
pratique clinique, tels le dispositif d'annonce, la mise au point
de questionnaires visant l'identification des difficultés des
patients ou encore la structuration des soins de support. Par
ailleurs, en France comme dans de nombreux pays, des programmes de
formation à la communication spécifiques aux enjeux de la
cancérologie se développent. Ils reposent sur une activité de
recherche foisonnante portant sur les obstacles à la communication
dans ce domaine, et sur les besoins des patients et des cliniciens
à cet égard.
La prise en charge en oncologie s'avère particulièrement longue
et complexe ; elle fait appel à de nombreuses disciplines et
professionnels de santé. La qualité de la communication au
sein de la consultation dépend également d'une qualité de
communication et de coordination au sein de l'équipe.
Le dispositif de la consultation d'annonce y est sensible mais
reste à améliorer ; nous en avons pointé les lacunes.
La collaboration interprofessionnelle au sein des services de
soins est complexe et nous manquons encore d'expérience et de
données objectives pour en démontrer les effets positifs sur le
processus de soins et son impact auprès du patient [66].Conflits
d'intérêts : aucun.
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